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Parution : 24/09/2008
ISBN : 9782915378672
80 pages (11 x 17 cm)

8 €

Frank Zappa One Size Fits All

Cosmogonie du Sofa

« Le temps avait la lĂ©gĂšretĂ© d’un voile que l’on traverse Ă  volontĂ© sans risquer une Ă©gratignure. L’aventure se conjuguait au prĂ©sent, un prĂ©sent dĂ©mesurĂ©ment Ă©lastique. Les lendemains Ă©taient toujours plus beaux, semblables Ă  des copies perfectionnĂ©es. Au grand mĂ©pris de l’usure, on vivait. Vieillir n’inquiĂ©tait que les vieux. L’horizon Ă©tait une ligne floue.
La brume s’effilochait au-dessus de nos tĂȘtes. Le ciel serait bleu et les tempĂ©ratures afficheraient des records insolents. À l’heure exacte, regroupĂ©s Ă  la terrasse d’un cafĂ©, nous sommes lĂ . L’un vient des hauteurs de Belleville, un autre des Gobelins oĂč il a attendu celui qui demeure prĂšs du mĂ©tro Tolbiac. Le dernier, le plus prĂ©cieux, car nous l’espĂ©rons comme une pierre d’alchimie, arrive de Londres.
Je ne suis pas pressĂ©. Je flĂąne en suivant une ligne flexueuse, un serpent onirique dont la queue se trouve rue Charlot et la tĂȘte place du ChĂątelet. J’ai le goĂ»t de la lenteur et du paysage que l’on absorbe en faisant ribouler les yeux du dehors vers le dedans. La dĂ©rive continue telle qu’ Internationale Situationniste en livre la technique dans son bulletin numĂ©ro 1, je la conçois Ă  mon rythme, sans hĂąte Ă  travers les ambiances variĂ©es.
Des chats gris salingue miaoutent Ă  perte de rut. Les façades ne ressemblent pas Ă  un dĂ©cor de film. Elles sont d’écailles et elles menacent de poudroyer en millions de petites particules. Une sorte de pluie empruntant un chemin d’angle pourrait tomber des façades. Mais il ne pleuvra pas. SĂ©cheresse certaine.
TrĂšs tĂŽt, j’ai fermĂ© la porte de mon sixiĂšme Ă©tage. Afin de prendre le large, en passant par les rues de Turenne, des Minimes, des Tournelles. En m’écartant par la rue Saint-Antoine et son parcours rectiligne ocellĂ© de rares boutiques flamboyantes. Tout de mĂȘme, un disquaire ou trois. Et ces quelques bistros tenus par des patrons dĂ©calquĂ©s d’un rĂ©cit de Robert Giraud.
Une petite musique m’accompagne, lueur inextinguible, flamme accrochĂ©e Ă  la lanterne du souvenir. C’est un air qui chante en moi lorsqu’un bonheur est proche :
Oh no I don’t believe it
You say that you think you know the meaning of love
You say love is all we need
You say with your love you can change
All of the fools, all of the hate
I think you’re probably out to lunch »

Revue de presse

Guy Darol décode One Size Fits All Asparagus Oulala.net 22 novembre 2008
La Singette Missdinguette Le mag 30 octobre 2008
Jean-Marc Grosdemouge Site M-la-Music.net
Olivier Bride Guitarist magazine Novembre 2008
Mathieu Durand Jazz Magazine Janvier 2009
Zappa (1940-1993) :"la voix contraire qui annonce la fin des utopies" Olivier Bailly Agoravox 04/12/2008
Frederic Goaty Muziq Novembre-Décembre 2008
Sophie Chambon Les derniĂšres Nouvelles du Jazz Novembre 2008

Guy Darol décode One Size Fits All

QuatriĂšme livre de Guy Darol sur Franck Zappa, Cosmogonie du Sofa remonte aux sources de One Size Fits All.

Toujours plus pointu, Guy Darol consacre un volume Ă  One Size Fits All, l’album de Franck Zappa sorti en 1975. EnregistrĂ© en quadriphonie, ce disque possĂšde un son inoubliable et quelques invitĂ©s notoires (Johnny Guitar Watson, Captain Beefheart). Il se rattache Ă  la pĂ©riode funky merveilleusement reprĂ©sentĂ©e par la voix et le groove de George Duke.
Guy Darol dĂ©taille ici les conditions dans lesquelles il a dĂ©couvert cet album Ă  sa sortie ou peu s’en faut. Il narre les heures d’écoute et de dĂ©chiffrage des textes et des notes de pochette. Plus encore il consacre plusieurs chapitres au dĂ©cryptage de la couverture signĂ©e Cal Schenkel, ornĂ©e d’un sofa gigantesque et constellĂ©e de signes jusque lĂ  hermĂ©tiques.
Au moyen d’une loupe et de sa connaissance des donnĂ©e alchimistes, l’auteur de Franck Zappa ou l’AmĂ©rique en dĂ©shabillĂ© nous fait tourner la pochette dans tous les sens afin que l’on comprenne les relations entre la musique de Zappa et Fulcanelli, Paracelse, HermĂšs Trismegiste, Roberto Matta, Jacob Böhme, HĂ©raclite et le singe Ko-Ko.
La thĂšse de cet ouvrage dĂ©montre que le temps est la question centrale. Le temps est le principe qui rĂšgle la conception du travail musical de Zappa et celle de l’ordonnancement de ses Ɠuvres. L’inventeur de la continuitĂ© conceptuelle pensait le temps comme une constante sphĂ©rique et non comme une flĂšche. Comprendre cette approche revient Ă  penser Zappa autrement. Car non seulement Zappa a transgressĂ© tous les styles, bravĂ© les interdits et tenu tĂȘte Ă  toutes les censures mais il a, par la forme (sphĂ©rique) de son travail, annihilĂ© les postulats de l’entropie, ceux d’un temps rongĂ© par les mortelles mĂąchoires.
Passionnant volume (court mais dense), composĂ© avec gourmandise et d’une main qui sait trouver le mot prĂ©cis, One Size Fits All est le mode d’emploi du disque le plus populaire de Zappa en Europe.
Il est recommandĂ© cependant d’avoir dans sa discothĂšque le format vinyle pour scruter la pochette. Car One Size Fits All (le disque) est “l’album de tout l’univers” comme le dit Darol.

Asparagus
Oulala.net 22 novembre 2008

Une fois de plus, Guy Darol nous interprĂšte le rĂŽle du mariol avec son brio habituel et nous conte il Ă©tait une fois l’album de Frank Zappa, One Size Fits All (rĂ©alisĂ© en 1975), la tĂȘte dans les Ă©toiles musicales et les fesses calĂ©es dans le sofa sidĂ©ral. Histoire aussi d’entendre la zizique par delĂ  la pochette et entreprendre une complicitĂ© explicite entre le chef d’orchestre et le graphiste Calvin Schenkel.

La Singette Missdinguette
Le mag 30 octobre 2008

Grand connaisseur de Zappa, Guy Darol a dĂ©jĂ  consacrĂ© plusieurs livres Ă  son maĂźtre, comme Zappa de Z Ă  A ou Frank Zappa ou L’AmĂ©rique en dĂ©shabillĂ©, qui dĂ©cortiquaient toute l’oeuvre du musicien. Comme chaque livre de la collection “Solo”, cette Cosmogonie du sofa analyse le lien intime entre un homme et un album, un seul. Et nous fait revivre les annĂ©es Ă©tudiantes de Darol, Ă  Paris quand, en compagnie de ses potes, il dĂ©couvrait pour la premiĂšre fois l’album One size fits all.

M-la-Music.net

Jean-Marc Grosdemouge
Site M-la-Music.net

SpĂ©cialiste du gĂ©nie moustachu – l’auteur trĂšs Ă©clairĂ© a Ă©galement Ă©crit Frank Zappa ou l’AmĂ©rique en dĂ©shabillĂ© et co-Ă©crit Zappa de Z Ă  A -, Guy Darol invite ses lecteurs Ă  se frotter pendant moins d’une centaine de pages Ă  l’univers dadaĂŻste, brillantissime, sarcastique et hautement musical de l’un des compositeurs majeurs du XXĂšme siĂšcle. A partir de l’un des disques les plus emblĂ©matiques de l’Ɠuvre du maĂźtre, One Size Fits All, Guy Darol dĂ©crypte pour nous une partie des obsessions, codes secrets et private jokes du chef d’orchestre visionnaire que fut Zappa. ForcĂ©ment intello, Ă©maillĂ©e de souvenirs personnels, cette petite promenade dans l’antre zappienne en apprend beaucoup au fan, mĂȘme Ă©rudit, et donne au simple curieux l’envie d’en savoir plus, tant le butin partiellement dĂ©voilĂ© regorge de richesses. De l’album Lumpy Gravy (1967) Ă  l’aventure de l’orchestre symphonique Yellow Shark, l’inventeur des Mothers Of Invention n’a cessĂ© de questionner l’AmĂ©rique, d’ironiser sur ses valeurs fondatrices, en rĂ©vĂ©lant au passage Ă  son public une flopĂ©e de virtuoses avant lui inconnus (Vinnie Colaiuta, Ian Underwood, Ansley Dunbar, Steve Vai
). Se considĂ©rant lui-mĂȘme (Ă  tort) comme un guitariste Ă  la technique limitĂ©e et un crĂ©ateur Ă  l’aura finalement confidentielle, Zappa reste, encore aujourd’hui, un compositeur « rĂ©servĂ© » aux seuls musiciens. C’est bĂȘtement dommage et reprĂ©sentatif d’une certaine paresse intellectuelle caractĂ©ristique de notre Ă©poque. Puisse ce livre donner l’envie au plus grand nombre, et pas seulement aux guitaristes, d’écouter les disques du musicien majuscule que fut (et demeure) Frank Zappa.

Olivier Bride
Guitarist magazine Novembre 2008

Autour de One Size Fits All, Guy Darol, spĂ©cialiste Ă©mĂ©rite du gĂ©nial moustachu, rĂȘve, divague, conjecture. De la dĂ©couverte entre amis, comme dans une cĂ©rĂ©monie occulte, d’une pochette mystĂ©rieuse (souvenez-vous ces planĂštes, cette main Ă©voquant La Chose de la famille Adams, ce sofa d’un rouge intriguant) aux Ă©coutes quasi-mĂ©taphysiques des Florentine Pogen et autres Inca Roads, l’auteur transmet avec lyrisme son amour pour la musique de Zappa. Au fil de rĂ©flexions sur le temps, l’univers, et les signes du zodiaque, il distille ses souvenirs du Paris des seventies, une capitale emplie de bars, de disquaires et de salons d’écoute : une sorte de « Je me souviens » Ă  la PĂ©rec, Ă  commencer par le jour de l’achat du disque : « J’ignorais les consĂ©quences de cet acte, conclut-il. Une aventure Ă©poumonante. » Au sortir de court rĂ©cit, une seule envie nous traverse : rĂ©insĂ©rer One Size Fits All dans la chaine.

Mathieu Durand
Jazz Magazine Janvier 2009

Zappa (1940-1993) :"la voix contraire qui annonce la fin des utopies"

> Ă  lire et Ă  voir en ligne

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=48056

Olivier Bailly
Agoravox 04/12/2008

[
] C’est la belle littĂ©rature, on aimerait trousser du bel ouvrage avec autant de talent. Il va sans dire que l’on retrouve l’inaltĂ©rable Ă©motion suscitĂ©e par les 10457 premiĂšres Ă©coutes de ce chef-d’oeuvre zappaĂŻen, Ă  travers celles de l’auteur, qui sait si bien les coucher sur papier. Dans la mĂȘme collection, l’on signalera l’épatant Nirvana/Drain You d’Olivier Pilarczyk et le Cowboy Junkies/The Trinity Sessions d’Anne Savelli.

Frederic Goaty
Muziq Novembre-Décembre 2008

La maison d’édition marseillaise Le mot et le reste a sorti une ravissante petite collection intitulĂ©e Solo qui est un vrai plaisir de lecture. Un auteur dĂ©crit les Ă©motions suscitĂ©es Ă  l’écoute d’un disque, Ă  la vue d’une pochette ou aprĂšs un concert. L’idĂ©e est sĂ©duisante, les trouvailles ou les bonheurs d’écriture multiples selon la personnalitĂ© des auteurs. Le propos peut parfois s’obscurcir, l’écriture se regarder dans un miroir, fascinĂ©e par ses propres arabesques et son propre mouvement, l’exercice de style n’en demeure pas moins fascinant car il s’agit bien d’un moment singulier, d’une rencontre fondatrice avec une musique qui s’inscrit Ă  jamais dans une vie. Ainsi, Anne Savelli nous prĂ©sente son bonheur d’écoute des Cowboy Junkies et en particulier de la sĂ©ance de the Trinity Session de 1988, Guillaume Belhomme dĂ©voile ses rĂ©flexions trĂšs littĂ©raires avec Morton Feldman/For Bunita Marcus. Cet enthousiasme ressenti, chacun de nous, « hommes (et femmes) du commun Ă  l’ouvrage » comme disait Dubuffet est susceptible de le faire partager Ă  son tour. Se joue alors, nĂ©cessairement, un processus d’identification Ă  la lecture de ces solos, petites piĂšces rĂ©vĂ©latrices d’une Ă©coute attentive, passionnĂ©e. Cette expĂ©rience bouleversante donne matiĂšre Ă  Ă©crire un rĂ©cit composĂ© de brefs chapitres prĂ©sentant l’objet dâ€˜Ă©tude et d’admiration : s’y dĂ©veloppent en filigrane des sentiments trĂšs personnels, dĂ©coupant une tranche de vie, un parcours qui traque l’intime et aussi de petites histoires d’amour, des histoires de tous les jours.
RĂ©vĂ©lations parfois anodines, parfois brutales, qui en quelques lignes explosent Ă  la face du lecteur, qui, Ă  son tour peut entrer en rĂ©sonance. Il ne s’agit pas volontairement d’une critique Ă©rudite, trĂšs technique qui se veut « objective » . On a plus affaire Ă  un travail de passionnĂ©, un portrait vivant nĂ©cessairement documentĂ©, qui, en dĂ©pit de l’analyse originale et rigoureuse tient de l’essai, de la nouvelle. OĂč les digressions ne sont jamais suspectes, de rĂ©miniscences en associations d’idĂ©es, de souvenirs intimes en rĂ©flexions politiques ou poĂ©tiques sur la crĂ©ation et le sens de l’histoire.
Si vous en voulez une illustration des plus saisissantes, lisez l’ouvrage de Guy Darol vĂ©ritablement obsĂ©dĂ© par Frank Zappa qui nous fait partager ici La cosmogonie du sofa, le cĂ©lĂšbre OSFA pour les initiĂ©s (Ă  savoir One Size Fits All, rĂ©alisĂ© en 1975).
De la pochette aux textes, Guy Darol passe en revue de façon inĂ©puisable avec une maĂźtrise saisissante, l’histoire de l’album et surtout dĂ©crypte ce qui reste (pour lui) « l’album de l’univers entier ».
Certes on pĂ©nĂštre dans des zones d’inintelligibilitĂ© : le lecteur lambda n’aura pas toujours ces illuminations prodigieuses qui semblent avoir frappĂ© l’auteur, familier de l’underground zappaĂŻen
 mais par libres associations, citations, divagations impulsives, il traque nĂ©anmoins dans cette expĂ©rience une communautĂ© de sentiments. On dĂ©couvre ici une sorte de journal intime qui ne ressemble Ă  aucun autre, Ă©rudit et pourtant accessible, pour qui s’intĂ©resse un tant soit peu Ă  Frank Zappa. On est Ă©mu aussi de cet attachement indĂ©fectible Ă  un homme et sa musique. À dĂ©couvrir !

Sophie Chambon
Les derniĂšres Nouvelles du Jazz Novembre 2008