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Parution : 20/06/2019
ISBN : 9782361390228
154 pages (14,8 x 21 cm)

Et les Beatles montĂšrent au ciel

Le concert du rooftop

La trĂšs Ă©clectique Valentine del Moral raconte cet Ă©pisode majeur dans l’histoire de la musique moderne avec Ă©ducation, un luxe de dĂ©tails, un sens certain du suspense, et pas mal d’humour


Claude Perrier – Livres Hebdo

C’est leur dernier concert et les Beatles ne le savent pas encore. AprĂšs deux ans d’absence scĂ©nique, les Fab Four choisissent de se produire sur un toit terrasse dans un vent furibond, sans filles hystĂ©riques, devant un public clairsemĂ©. De ce mythique concert du Rooftop donnĂ© en janvier 1969, Valentine del Moral tire un rĂ©cit dĂ©calĂ©. Elle pose un regard vif, informĂ©, parfois drĂŽle sur ces quarante-deux minutes de lĂ©gende aux allures bibliques. Ringo y apparaĂźt en Saint-Esprit, George en Fils, John et Paul en PĂšres. Les fidĂšles lĂšvent la tĂȘte, les femmes au tombeau – Yoko en tĂȘte – s’exposent. Producteurs-Ă©vangĂ©listes, apĂŽtres-roadies, centurions-bobbies s’unissent pour que les Beatles nĂ©s dans une Cavern de Liverpool achĂšvent leur carriĂšre en montant au ciel.

Revue de presse

- Le concert du rooftop Patrick Benard Cultures Co 2 octobre 2019
- Et les Beatles montĂšrent au ciel Burn Burn Your Life 19 septembre 2019
- Yesterday Bernard Morlino Le Service Littéraire septembre 2019
- Dans l'actu Nicolas Aguirre Télé Star Jeux été 2019
- Et les Beatles montÚrent au ciel Guy Donikian La Cause littéraire 28 août 2019
- 1969, livres, disques & caetera rédaction Magic été 2019
- Et les Beatles montÚrent au ciel Frantz Hoëz L'OBS 29 juillet 2019
- Les fab four plus prÚs de Dieu? rédaction Baz'Art 20 août 2019
- Je vous salue, Beatles plein de grùce Auguste Schuliar Libération 31 juillet 2019
- Et les Beatles montĂšrent au ciel Nicolas Houguet - L'Albatros : le monde de Nicolas Houguet 10 juillet 2019
- Et les Beatles montĂšrent au ciel Macca Freshen Up - Paul McCartney 16 juillet 2019
- L’évangile de JĂ©sus Beatles, notre Seigneur musical, selon Sainte Valentine del Moral, Amen ! Garoupe Garoupe 16 juin 2019
- Édito Jean-Claude Vantroyen Le Soir 6 juillet 2019
- Books Éric Starck Émile juin 2019
- Focus sur le livre "Et les Beatles montĂšrent au ciel" Michel Dufranne RTBF // La Matinale 1 juillet 2019
- Quatre garçons dans le vent glacé, sur le toit d'un immeuble JérÎme EstÚbe La Tribune de GenÚve 28 juin 2019
- L'ascension des Beatles en plein Londres Jean-Claude Vantroyen Le Soir 29 juin 2019
- Barouf on the roof Libération 28 juin 2019
- Et les Beatles montÚrent au ciel Pierre Ahnne le nouveau blog littéraire de Pierre Ahnne 24 juin 2019
- Et les Beatles montĂšrent au ciel Wollanup Nyctalope 20 juin 2019
- Quand les Beatles envisageaient de donner leur dernier concert en Tunisie Ayda Labassi Huffington Post 22 juin 2019
- Quatre récits à glisser dans sa valise cet été Julien Bordier L'Express 23 juin 2019
- Et les Beatles montĂšrent au ciel Serge Hartmann Les DerniĂšres Nouvelles d'Alsace 24 juin 2019
- Quatre scarabées sur le toit Jean-Claude Perrier Livres Hebdo 17 mai 2019

- Le concert du rooftop

Que peut-on encore raconter sur les Beatles qui n’ait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dit et surtout comment narrer tout cela ?


Et bien, Valentine Del Moral a trouvĂ© le bon angle et rĂ©ussit parfaitement son idĂ©e. Ce ne fut pas simple sans doute et pourtant, en la lisant, c’est limpide, Ă©vident et drĂŽle.

En observatrice et en documentariste, elle regarde, imagine, le fameux dernier concert inattendu des Fab Four sur le toit de leur label, Apple (tiens, ça ne vous dis rien cette appellation ?).

30 janvier 1969

Nous sommes le 30 janvier 1969, il fait un froid de canard Ă  Londres, ce qui n’a rien d’original en cette pĂ©riode ni dans cette ville. Pour la premiĂšre fois depuis deux ans et demi, les Beatles vont jouer ensemble, histoire de promouvoir leur album « Abbey Road », sans public. Ou plutĂŽt si, mais il est six Ă©tages plus bas et progressivement tout le monde lĂšve la tĂȘte pour voir quatre anges qui montent dĂ©finitivement vers le ciel. Elle les compare Ă  des Dieux dans la religion grecque, au Christ dans la religion romaine et catholique. AprĂšs tout, John Lennon n’a-t-il pas dĂ©clarĂ© qu’ils Ă©taient devenus plus cĂ©lĂšbres que JĂ©sus lui-mĂȘme ?
 Elle se base sur l’histoire du groupe pour former un rĂ©cit au-delĂ  des religions, sans les rĂ©prouver.

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Voici un rĂ©cit inventĂ© et authentique, ou presque. Ce dernier concert des Beatles, est le plus long qu’ils n’aient jamais fait. Eh oui, en pleine Beatlemania, le groupe ne jouait pas plus de trente minutes car il ne s’entendait pas tellement les cris des filles et fans Ă©taient forts.

La chronique en ligne

Patrick Benard
Cultures Co 2 octobre 2019

- Et les Beatles montĂšrent au ciel

À la base, une idĂ©e : rĂ©aliser un film documentaire sur les fab four, jouant sur le toit de leur compagnie de disque Apple, en plein cƓur de Londres, capter ces images, cet instantanĂ© de ceux qui, durant dix ans ou presque ont rĂ©volutionnĂ© le monde de la pop, du rock, de la musique.

À cet instant fatidique nul ne sait encore que les Beatles gravent sur bande, leur Ă©pitaphe. Ni plus. Ni moins.

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Dehors les passants, les quidams en goguette, y compris les policiers qui accourent pour mettent fin Ă  ce carnage musical, eux, restent stupĂ©faits ; instinctivement, ils perçoivent que ces notes de musique dispersĂ©es aux quatre vents londoniens, sonnent comme elles ne l’ont jamais fait auparavant : elles sonnent le glas de ce qui fut, de ce qui restera Ă  jamais le plus grand groupe de rock du monde.

Aujourd’hui. Et à jamais


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Burn
Burn Your Life 19 septembre 2019

- Yesterday

Superbe hommage au dernier concert des Beatles du 30 janvier 1969.

Le nouveau livre de Valentine del Moral cĂ©lĂšbre le dernier concert des Beatles. Ils ont choisi l’adresse mythique de leur maison de productions (Apple), Ă  Londres. Choisir n’est pas le bon verbe. Disons que ce concert s’est imposĂ© par la force des choses, de l’Histoire et de leur histoire. Être sur le toit, telle une antenne qui envoie et reçoit toutes les ondes d’une gĂ©nĂ©ration. Tout le livre s’articule sur la phrase de John Lennon qui avait dit que les Beatles Ă©taient dĂ©sormais plus “populaires” que JĂ©sus. C’était vrai. Sa dĂ©claration a dĂ©clenchĂ© un scandale mondial. Bien avant le net, c’est dire la force de leur parole, de leurs paroles. Valentine del Moral nous fait revivre la mythique journĂ©e du concert du 30 janvier 1969, dans une grande fable religieuse. Livre maitrisĂ© de bout en bout. Une merveille. Mieux qu’un tĂ©moin oculaire. Tout est d’une grande finesse, avec une grande pertinence dans l’analyse des faits. Sans jamais forcer le trait. Pas un gramme de pĂ©dantisme ou de baratin de spĂ©cialiste barbant. Sur le toit d’Apple, les rares privilĂ©giĂ©s qui assistent au concert sont comme des chrĂ©tiens qui voient quatre
 JĂ©sus de prĂšs ! Et dans la rue, la foule qui se forme peu Ă  peu croit entendre des voix. Ils sont croyants, pratiquants mais ils ne voient rien, comme tous les croyants qui croient sans rien voir. Ringo est le Saint-Esprit. Le bon vivant. George est le fils. Terrible de savoir qu’il est mort, si jeune. Lui, le sage, le bouddha vivant, le bonze qui ne s’immole pas. Paul et John (assassinĂ© par un abruti) sont les pĂšres. Ainsi soit-il.

Bernard Morlino
Le Service Littéraire septembre 2019

- Dans l'actu

Londres, janvier 1969. Les Beatles n’ont pas donnĂ© de concert depuis quatre ans, las de l’hystĂ©rie qui entourait chacune de leurs apparitions et déçus des conditions techniques. Alors qu’ils prĂ©parent un documentaire autour de ce qui s’avĂ©rera ĂȘtre leur dernier album, l’idĂ©e de jouer en public les titille Ă  nouveau. Un concert ? Oui, mais quelque chose de spĂ©cial. Ils choisissent de jouer sur le toit de l’immeuble qui abrite Apple, leur maison de disques en mettant le minimum de personnes dans la confidence. Leur performance n’en sera que plus lĂ©gendaire. Au son des premiers accords de Get Back, les Londoniens sortent sur le toit des immeubles voisins, incrĂ©dules. Sur la trĂšs branchĂ©e Saville Row, les passants n’en croient pas leurs oreilles. Ils feront tout pour pouvoir grimper de quelques Ă©tages et assister au show. La police aussi d’ailleurs puisque 42 minutes aprĂšs le dĂ©but de leur performance, elle demande aux Beatles d’arrĂȘter : le trouble Ă  l’ordre public est manifeste ! Valentine del Moral revient sur ce moment incroyable dans un texte trĂšs intĂ©ressant qui fourmille d’infos et d’anecdotes, mais qui manque parfois, un peu, de folie et de lĂ©gĂšretĂ©. Parce que, comme le chanteront quelques annĂ©es plus tard les Stones, It’s only rock’n‘roll.

Nicolas Aguirre
Télé Star Jeux été 2019

- Et les Beatles montĂšrent au ciel

Le sous-titre de l’ouvrage est explicite : Le concert du rooftop. Et la photo de couverture le confirme, il s’agit de la derniĂšre apparition des Beatles en concert, sauf que cette der des ders aura eu une singularitĂ©, Ă  savoir l’absence du public

Nous sommes le 30 janvier 1969. Vers midi, par un temps maussade et venteux, les Fab Four vont effectivement donner leur dernier concert, mais ils ne le savent pas. Cela fait deux ans qu’ils ne se sont pas produits en public et ce 30 janvier sera un Ă©vĂ©nement qui marquera l’histoire de la « pop music ».
Valentine Del Moral a construit son livre autour de ce « concert » devenu mythique. Elle Ă©grĂšne tout au long de son texte des allers-retours qui donnent Ă  ce 30 janvier toute sa valeur. Ce sont les trajectoires des rares spectateurs prĂ©sents sur le toit de l’immeuble situĂ© au 3 Savile Row, immeuble qui appartient aux Beatles. Et c’est un certain Michael Lindsay-Hogg qui dirige les cameras chargĂ©es de filmer ce concert qui durera quarante deux minutes.
L’auteure nous apprend que l’idĂ©e de ce concert pour le moins incongru est nĂ©e quand les Beatles, en plein tournage de leur film Get Back qui s’intitulera finalement Let It Be, se rendront compte de la nĂ©cessitĂ© d’une chute. Le film essentiellement composĂ© de rĂ©pĂ©titions filmĂ©es n’avait en effet pas de chute et c’est naturellement qu’un concert filmĂ© s’est imposĂ© comme tel. Encore fallait-il que ce concert soit exceptionnel, et comme du cĂŽtĂ© des musiciens on ne pouvait changer quoi que ce soit, c’est du cĂŽtĂ© des spectateurs que l’innovation devait se faire. Et pourquoi pas un concert sans spectateurs, ce qui ne pouvait que satisfaire George Harrison qui Ă©prouvait une vĂ©ritable phobie des foules aprĂšs les quatre annĂ©es ininterrompues de concerts devant des foules hystĂ©riques. DiffĂ©rents lieux furent Ă©voquĂ©s mais c’est le toit-terrasse de leur immeuble qui fut retenu.

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Valentine Del Moral a su faire de ces quarante-deux minutes de concert un moment exceptionnel en narrant par le menu le concert lui-mĂȘme et le croisement des rares individus prĂ©sents sur le rooftop. Pour ceux qui ont vĂ©cu ces annĂ©es, comme pour ceux qui a posteriori apprĂ©cient ce qui Ă  l’époque Ă©tait une rĂ©volution, cet opus est nĂ©cessaire.

Découvrez la chronique intégrale sur La Cause littéraire

Guy Donikian
La Cause littéraire 28 août 2019

- 1969, livres, disques & caetera

Le cinquantenaire de l’annĂ©e 1969 provoque une forte activitĂ© Ă©ditoriale autour des personnages qui ont rythmĂ© sa folle actualitĂ©. Notre sĂ©lection.

C’est l’histoire cachĂ©e du dernier concert des Beatles ou plutĂŽt, d’un happening improvisĂ© sur les toits, pour les besoins du film Let It Be, avec quelques dizaines de spectateurs Ă©pars et transis de froid. C’était le 30 janvier 1969, sur le toit du 3 Saville Row Ă  Londres, siĂšge des bureaux d’Apple, créé quelques mois plus tĂŽt. La française Valentine del Moral narre le mythique Rooftop concert avec une plume trĂšs enlevĂ©e, qui prend notamment un plaisir jubilatoire Ă  dresser le portrait de celles et ceux, y compris les spectateurs, qui ont participĂ© Ă  ces 42 minutes d’histoire, en jouant de l’imaginaire religieux pour ce qui est la derniĂšre “apparition” des Fab Four.

rédaction
Magic été 2019

- Et les Beatles montĂšrent au ciel

C’est une minable. La foule s’arrĂȘte sur Savile Row et lĂšve les yeux vers le ciel : les Beatles donnent un concert sauvage sur le toit de Londres. Le premier depuis deux ans et demi mais aussi le dernier. Celui qui restera Ă  jamais connu comme “le concert du rooftop”. Valentine del Moral dĂ©crit avec minutie ces quarante-deux minutes de grĂące divine et suit avec humour ceux qui ont eu la chance d’y assister, de Yoko Ono aux fans anonymes qui passaient par lĂ . Ce jeudi 30 janvier 1969 sera “le jeudi de leur ascension vers le ciel aprĂšs la derniĂšre rencontre charnelle des Beatles avec les mortels”. Let it be.

Frantz Hoëz
L'OBS 29 juillet 2019

- Les fab four plus prĂšs de Dieu?

“Or, en ce 30 janvier 2019, un vent cinglant balaie rageusement la terrasse qui surplombe l’immeuble du 3, Ravive Row sur laquelle les Beatles vont en fin de compte jouer. Tous les ingrĂ©dients sont rĂ©unis pour leur permettre de rĂ©ussir leur montĂ©e vers le ciel.”

Le 30 janvier 1969, les Beatles ont donnĂ© un concert sauvage sur le toit d’un immeuble londonien, celui de leur boite de nuit Apple, et ce concert, filmĂ©, est surtout connu pour ĂȘtre le tour dernier concert public donnĂ© par le groupe.

AprĂšs deux ans d’absence scĂ©nique, ils se produisent sur un toit terrasse devant un public assez clairsemĂ© pour ce qui, mĂȘme si personne ne peut encore le savoir sera leur chant du cygne.

L’auteur Valentine del Moral passe en revue le dĂ©roulĂ© de ce concert , avec une description minutieuse et prĂ©cise de ces 42 minutes de grĂące totale, et cette ascension vers le ciel est vue par l’auteur comme “la derniĂšre rencontre charnelle avec les mortels”.

“Et les Beatles montĂšrent au ciel” multiplie en effet les comparaisons avec la Bible, la mythologie grecque, et le cĂŽtĂ© divin du groupe (John Lennon ne s’était il pas comparĂ© au christ?) et pour l’auteur ce 30 janvier 1969 aura Ă©tĂ© la vraie assomption du groupe anglais.

Cette dimension christique peut faire sourire, surtout que l’auteur y met pas mal de dĂ©rision, mais en mĂȘme temps on est assez proche d’y croire vu le culte Ă©norme que le groupe a pu susciter au cours de ces 50 derniĂšres annĂ©es..

Un complĂ©ment idĂ©al au film “Yesterday”, petite pĂ©pite estivale qui met en avant la musique des Fab Four et dont on a chantĂ© les louanges il y a quelques semaines


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rédaction
Baz'Art 20 août 2019

- Je vous salue, Beatles plein de grĂące

Valentine Del Moral se saisit du dernier concert du groupe mythique pour béatifier le quatuor.

Il faut prendre le titre au sens propre, les Beatles au paradis. C’est bien du divin dans l’aventure des Beatles dont traite Valentine del Moral avec leur fameux dernier concert, enchaĂźnant les mĂ©taphores et les comparaisons avec la Bible, la mythologie grecque, l’AntiquitĂ© romaine.

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Ce jeudi 30 janvier 1969 reprĂ©sente pour elle le «jeudi de l’ascension» des Beatles oĂč, aprĂšs plus de deux ans d’absence scĂ©nique, le groupe ressuscite aux yeux du public avant de «monter au ciel» aprĂšs sa mort, en 1970 et d’atteindre cette aura lĂ©gendaire. Il faut certes une ardeur de passionnĂ©e des Beatles pour se concentrer sur les multiples dĂ©tails et personnages de ce concert de quarante-deux minutes. Mais Valentine del Moral, grĂące Ă  son approche originale et Ă  son humour omniprĂ©sent, parvient Ă  nous intĂ©resser Ă  cet Ă©vĂ©nement rĂ©vĂ©lateur de la religiositĂ© propre Ă  la culture de masse.

La chronique intégrale sur le site de Libération

Auguste Schuliar
Libération 31 juillet 2019

- Et les Beatles montĂšrent au ciel

J’étais sur l’autoroute hier. J’avais mis des chansons de cĂŽtĂ© et mon tĂ©lĂ©phone les jouait alĂ©atoirement. Je les Ă©coutais d’une oreille distraite en regardant dĂ©filer le paysage. Sans songer Ă  rien de prĂ©cis, sinon que l’un de mes grands plaisirs Ă©tait de revenir quelque part. Et puis dans le casque survient “Hey Jude” et son irrĂ©sistible consolation. Je ferme les yeux d’aise. Je souris doucement. Je pense aux gens que j’aime et qui aiment les Beatles. A Paul, Ă  George, Ă  John et Ă  Ringo. Toujours lĂ , avec leurs mĂ©lodies parfaites, leur sourire et leur gĂ©nie, leur musique torsadĂ©e autour de nos plus chers souvenirs. De nos plus chers regards. Des harmonies qui, chaque matin, nous donnent assez de force pour affronter l’avenir.

Les Beatles, c’est cela : ça nous raconte. C’est Gilles qui battait la mesure sur ses cuisses pendant le concert de McCartney avec un sourire de grand gamin heureux, c’est les grands yeux de SigolĂšne quand elle s’est aperçue qu’on partageait la mĂȘme obsession, c’est les consolations, les seules qui marchaient aprĂšs la sĂ©paration, c’est ma mĂšre qui se repassait inlassablement le grand album bleu avec moi tout gamin aux pieds d’un haut parleur gĂ©ant. Les Beatles sont ce qu’il y a de plus proche de moi. En vieillissant, ça m’apparait avec de plus en plus d’évidence.

Un matin j’ai reçu ce livre, Et les Beatles montĂšrent au ciel de Valentine Del Moral, paru fin juin chez Le Mot et le reste. Comme tout ce qui me parait intĂ©ressant et chargĂ© de souvenirs, je le mets de cĂŽtĂ© pour un grand soir d’hiver, quand je serai au fond du trou et que j’aurai besoin qu’on me sauve. Les gens ne le peuvent pas, mais les livres et les Beatles si. Et puis je le connaissais, le concert sur le toit, je n’avais pas besoin qu’on me le dĂ©taille, je pouvais le rĂ©citer en dormant. Je m’inventais des tas d’excuses bidon, en vellĂ©itaire de mauvaise foi. Sauf que ce livre venu de nulle part m’avait Ă©tĂ© envoyĂ© par une attachĂ©e de presse que j’aime bien, qui connait mes penchants pour la littĂ©rature autant que pour la musique, qui connait mon travail et mon albatros. Elle m’a eu par les sentiments.

Je ne suis pas Ă©tranger aux contingences littĂ©raires qu’impose un concert, Ă  la difficultĂ© de traduire un moment d’exception, une parenthĂšse dans les existences, en mots. C’est d’autant plus compliquĂ© ici que ce spectacle est devenu iconique, immortalisĂ© par une sĂ©quence mythique, destinĂ©e Ă  clore le documentaire consacrĂ© Ă  l’élaboration douloureuse de Let it be. Ce fut de plus la derniĂšre apparition publique des lĂ©gendaires scarabĂ©es ensemble. Ils n’étaient pas montĂ©s sur scĂšne depuis prĂšs de 4 ans, aprĂšs en avoir eu leur claque des cris stridents des fans qui couvraient leur musique. George Harrison, en particulier ne voulait plus en entendre parler. Il fut l’un des plus durs Ă  convaincre de se rendre sur ce satanĂ© toit. On envisageait des come-back pompeux, un concert au pied des pyramides, ce genre de choses. Parce que, malgrĂ© la tourmente que cela avait dĂ©chainĂ©, Lennon n’avait pas tout a fait tort quand il disait qu’ils Ă©taient plus populaires que JĂ©sus. Cela l’interrogeait lui-mĂȘme et le mettait mal Ă  l’aise. Mais les mĂ©dias n’avaient pas pris ses nuances en compte. AprĂšs avoir avancĂ© les idĂ©es les plus incongrues pour se montrer Ă  la hauteur de ce statut dĂ©mentiel, on fit simple, on allait donner un concert sur le toit du bureau de leur sociĂ©tĂ© de production, Apple.

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Elle rend Ă©galement leurs densitĂ©s aux silhouettes anonymes et interdites qui se figent dans la rue, sur les trottoirs et qui n’entendent que la musique sans rien voir de ceux qui la jouent. Les gens autour d’eux sur les toits, ceux qui sont lĂ  au bon endroit au bon moment. Ceux qui se dĂ©brouillent pour escalader et approcher. Ceux qui s’agglutinent d’un air surpris, soupçonneux ou ravis derriĂšre leurs fenĂȘtres.

C’est un morceau de prĂ©sent qui s’anime, un accident de l’histoire et un moment paradoxal d’éternitĂ©. Les businessmen dĂ©rangĂ©s, les vieux amusĂ©s ou effarĂ©s, les personnages dĂ©suets qui semblent sortir d’un album de HergĂ© ou d’un film de Tati, les jeunes extatiques. Et puis les flics empruntĂ©s appelĂ©s pour mettre fin Ă  tout ce raffut, partagĂ©s entre la joie de rencontrer les glorieux liverpudiens et tenus par la rigueur de leur devoir. Tout un monde revit. Suspendu, Ă©tonnĂ©. Assez peu d’applaudissements. La stupeur d’ĂȘtre lĂ . Ils recueillent, sans forcĂ©ment le vouloir, les cris inquiets d’un amour naissant, vrillĂ© de dĂ©sir (“Don’t let me down”), cet autre intense et surpris de l’éprouver (“I’ve got a feeling”).

Le monde en bas de la rue s’arrĂȘte pour Ă©couter les voix venues du ciel.

En lisant, sans doute que moi aussi, j’ai Ă©tĂ© l’un de ces anonymes, revivant ce prĂ©sent foudroyĂ© par une musique inattendue. ça fait trois fois que je me repasse la vidĂ©o du concert. Avec toute l’histoire que Valentine Del Marol m’a contĂ©e, toute la transfiguration de ce moment, tout ce qu’ils ont reprĂ©sentĂ© et tout ce qu’ils continuent de reprĂ©senter pour chacun d’entre nous.

Eux qui ont su comme personne faire partie de nos vies et de nos cieux.

Rendez-vous sur le blog de Nicolas Houguet pour retrouver toute la chronique

Nicolas Houguet
- L'Albatros : le monde de Nicolas Houguet 10 juillet 2019

- Et les Beatles montĂšrent au ciel

Le 30 janvier 1969, les Beatles montĂšrent sur le toit de leur immeuble Apple pour jouer quelques morceaux dans le cadre du tournage du film rĂ©alisĂ© par Michael Lindsay-Hogg qui sortirait l’annĂ©e suivante sous le nom de Let It Be.

Valentine del Moral, libraire, illustratrice, journaliste, auteur et certainement admiratrice Ă©clairĂ©e des Fab Four a eu l’idĂ©e de raconter l’histoire de ce mini-concert qui sema la pagaille dans le quartier de Saville Row. Les faits sont dĂ©taillĂ©s et de nombreux arrĂȘts sur image permettent de resituer le contexte ou de prĂ©senter les acteurs de ce chant du cygne beatlesien. Certes, l’aficionado n’apprendra pas grand chose, mais il se dĂ©lectera de ce rĂ©cit agrĂ©able aux rĂ©fĂ©rences parfois mystiques. On ne monte pas au ciel impunĂ©ment.

Et les Beatles montĂšrent au ciel nous donne envie de revisionner nos vieux enregistrements vidĂ©os de Let It Be et d’attendre la fameuse version inĂ©dite du film promise pour le printemps 2020, Ă  l’occasion du cinquantiĂšme anniversaire de l’Ɠuvre qui scella officiellement l’aventure Beatles.

Un petit livre de 152 pages Ă  glisser dans les bagages pour les vacances.

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Macca
Freshen Up - Paul McCartney 16 juillet 2019

- L’évangile de JĂ©sus Beatles, notre Seigneur musical, selon Sainte Valentine del Moral, Amen !

Parfois arrivent sur ta table des livres auxquels tu ne t’attendais pas. Ces Beatles qui montùrent au ciel en fait partie. Parfois des livres inattendus procurent des plaisirs grandioses de lecture. Ces Beatles qui montùrent au ciel en fait partie.

En 150 pages, Valentine del Moral Ă©voque le dernier concert des Beatles, celui du 30 janvier 1969 qui s’est dĂ©roulĂ© sur le toit de leurs nouveaux locaux au 3 Saville Row.

Le rĂ©cit de Valentine del Moral est aussi dĂ©taillĂ© que romanesque. Il s’appuie sur un luxe de dĂ©tails vĂ©ridiques, sur un luxe de paroles Ă©changĂ©es, de gestes effectuĂ©s, d’actes retenus ou non. Au grĂ© du dĂ©roulement de cette journĂ©e trĂšs particuliĂšre, Ă  la fin de laquelle on voudrait avoir sous la main une machine Ă  remontĂ©e le temps, Valentine del Moral se permet (parce qu’elle le vaut bien) de petites digressions, de petits Ă -cĂŽtĂ©s.

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Mais il n’y a pas que le fond. Oh non ! La narration de Valentine del Moral allie aussi le fond que la forme. Parlons-en donc de la forme. L’écriture de Valentine del Moral emporte le lecteur dans cette journĂ©e sans temps mort en n’en laissant justement aucun au lecteur. Sa plume est belle, envoĂ»tante, digressive, passionnĂ©e et passionnante.

Et puis surtout, Valentine del Moral opte pour un parti pris stylistique consistant Ă  rendre ce concert aussi mythique que biblique. Mythique il l’est devenu tout seul : de part le nom des Beatles, devenu mythique, de part les circonstances (concert inattendu mais ultime concert du groupe, sur un toit, sans autorisation), devenues mythiques. Mais biblique il ne le devient que par la volontĂ© d’une femme : Valentine del Moral qui donne aujourd’hui notre lecture de ce jour, fait des Beatles des figures christiques, de leur entourage des saints, des apĂŽtres et parfois des traĂźtres. Que cela soit Ă©crit et fut accompli !

Pour conclure sur une note polĂ©mique (un peu facile et grandement gratuite, je vous l’accorde), les dĂ©tracteurs des Beatles et les tracteurs des Stones diront que si Valentine del Moral fait des Beatles des figures christiques, il reste un vide qu’ils seront prompts Ă  remplir : il reste une place pour des figures divines que seront ces satanĂ©s Stones qui roulent toujours


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Garoupe
Garoupe 16 juin 2019

- Édito

Yesterday m’a emballĂ©. Ce film de Danny Boyle, oĂč les Beatles n’existent pas mais oĂč un artiste se souvient de toutes leurs chansons, rĂ©veille une belle nostalgie chez les gens de mon Ăąge et sert d’excellente introduction Ă  leur musique pour les plus jeunes. Et pousse Ă  en savoir davantage. En lisant par exemple. En français, on ne peut manquer Revolution in the Head (Le mot et le reste), oĂč Ian MacDonald analyse tous les titres des Beatles. Ni Ils montĂšrent au ciel : le rooftop concert des Beatles (mĂȘme Ă©diteur) de Valentine del Moral, qui narre le dernier concert des Beatles, le 30 janvier 1969, sur le toit de leur compagnie Apple Records (on en a parlĂ© dans ces pages dernier).

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C’est un fameux magical mystery tour !

Jean-Claude Vantroyen
Le Soir 6 juillet 2019

- Books

C’est leur dernier concert et les Beatles ne le savent pas encore. Aprùs deux ans d’absence
scénique, ils se produisent sur un toit terrasse dans un vent furibond, sans filles
hystĂ©riques, devant un public clairsemĂ©. De ce mythique concert du Rooftop l’auteur
tire un récit décalé. Elle pose un regard vif, informé, souvent drÎle sur ces 42 minutes
aux allures christiques. Une pépite à déguster.

Éric Starck
Émile juin 2019

- Focus sur le livre "Et les Beatles montĂšrent au ciel"

Michel Dufranne chronique le livre de Valentine del Moral qui l’a “emportĂ©â€, dans La Matinale de La Une.

Écoutez la chronique sur le site de la RTBF

Michel Dufranne
RTBF // La Matinale 1 juillet 2019

- Quatre garçons dans le vent glacé, sur le toit d'un immeuble

Il est midi le 30 janvier 1969. Une bise assassine fouette Londres. Sur le toit de l’immeuble du 3 Savile Row, les Beatles, aprĂšs trois ans d’absence scĂ©nique, entament leur tout dernier concert. Ils jouent en boucle, durant 42 minutes, une demi-douzaine de titres devant un public clairsemĂ© autant que grelottant. Cet Ă©pisode insolite, qui donnera la matiĂšre au disque et au film «Let It Be», est entrĂ© dans la lĂ©gende. Il constitue le fil rouge de «Et les Beatles montĂšrent au ciel», essai docte, historique et amusant de l’auteure française Valentine del Moral. Pour elle, cette ultime prestation live s’apparente Ă  une scĂšne biblique. Ringo, c’est le Saint-Esprit; George, le Fils; Paul et John, les PĂšres. Sans oublier les femmes au tombeau (coucou Yoko!), les apĂŽtres, Ă©vangĂ©listes, etc. Sur l’ensemble d’un bouquin, la mĂ©taphore pourrait vite tourner au barbant exercice de style. Érudite et malicieuse, la dame, qui connaĂźt tout autant ses Beatles que les Saintes Écritures, s’en tire avec brio en zĂ©brant son propos d’anecdotes authentiques, descriptions taquines, clins d’Ɠil Ă  la culture pop et allĂ©gories mythologiques. Surtout, elle parvient, sur la base de ces trois petits quarts d’heure de concert, Ă  Ă©clairer le crĂ©puscule de la plus belle histoire du rock.

JérÎme EstÚbe
La Tribune de GenĂšve 28 juin 2019

- L'ascension des Beatles en plein Londres

On est le 30 janvier 1969. Les Beatles ont dĂ©cidĂ© de faire un dernier concert, quelque chose de pas ordinaire. John, Paul et Ringo, surtout Ringo, ont convaincu George. Le guitariste dĂ©teste les concerts, il a peur de ces fans en dĂ©lire qui parviennent Ă  grimper sur la scĂšne. Mais pour ce concert-lĂ , il n’y aura pas de fans. Rien que des techniciens qui filment et quelques amis, plus Yoko, bien sĂ»r, et Maureen, la femme de Ringo. Le concert se donnera sur le toit de l’immeuble d’Apple, le label des Beatles, en plein Savile Road, au cƓur de Londres. Paul est le premier qui y grimpe, en veste et chemise blanche. Puis Ringo en cirĂ© rouge, John en col roulĂ© noir sur veste brune, George enroulĂ© dans une pelisse sans forme. Dans le film de Michael Lindsay-Hogg, qui immortalise sur pellicule les sessions de l’album Let it be, et qui a dĂ©ployĂ© ses camĂ©ras et ses cĂąbles sur le rooftop, on entend distinctement Ringo lancer, dĂšs son arrivĂ©e : « Quel est le meilleur moyen de s’en aller ? » Pas un sourire entre eux. Comme s’il s’agissait d’un devoir, d’un pensum. Et pourtant, quand John compte one two three four, la magie opĂšre. Leur Get back est formidable, ça swingue, ça enthousiasme, ça fait surgir la banane. MĂȘme George esquissera un sourire. C’est ce concert, vingt minutes ou un peu plus, que Valentine del Moral raconte. Avec des tas de dĂ©tails, rĂ©els ou inventĂ©s, que sais-je, sur les Beatles certes mais aussi sur les passants qui, surpris par la musique qui sort du haut de cet immeuble, lĂšvent la tĂȘte, s’attroupent, commentent, sur les employĂ©s des banques voisines qui grimpent sur leur toit, sur les bobbies alertĂ©s et qui ne savent comment traiter ce problĂšme : nuisance, ordre public ou, simplement, bonne musique ? C’est dĂ©jĂ  pas mal, cette accumulation d’anecdotes autour de ce concert exceptionnel. Mais l’autrice va plus loin. Elle en fait une histoire christique. Ce concert sur leur toit est une vĂ©ritable ascension pour les quatre garçons qui, lĂ , Ă©taient bien dans le vent et le froid de janvier, et on devrait mettre une majuscule Ă  ascension. Et les Beatles montĂšrent au ciel est une interprĂ©tation biblique des Fab Four. Avec leurs disciples, leurs miracles, leurs stigmates, leurs apĂŽtres, leurs Ă©vangĂ©listes et mĂȘme leur Marie-Madeleine
 Un rĂ©cit mystique. Oh non ! Ne craignez rien de ce genre : c’est seulement une façon assez ironique de voir les choses. L’évangile selon les Beatles. Ou mieux : l’évangile des Beatles selon Valentine del Moral. C’est une bonne lecture.

Jean-Claude Vantroyen
Le Soir 29 juin 2019

- Barouf on the roof

Pour les Beatlemaniaques, le 30 janvier 1969 est marquĂ© d’une pierre noire, mĂȘme si l’évĂ©nement est historique. Ce jour-lĂ ,le quatuor de Liverpool donnait son ultime concert, sur le toit de l’immeuble oĂč se trouvaient les bureaux de sa sociĂ©tĂ©, Apple Corps : 42 minutes d’une performance organisĂ©e Ă  la derniĂšre minute et interrompue par la police londonienne. En 150 pages au ton dĂ©calĂ© et fourmillant d’anecdotes, Valentine del Moral raconte cet improbable et incroyable concert du rooftop, dernier soubresaut d’un groupe en fin de vie qui n’avait pas encore rĂ©alisĂ© que la sĂ©paration Ă©tait inĂ©luctable.

Lisez cette chronique sur le site de Libération

Libération 28 juin 2019

- Et les Beatles montĂšrent au ciel

Il fut un temps ou on Ă©tait soit Beatles, soit Rolling Stones. Pop inventive et sautillante ou rock poisseux, il fallait choisir. Pour ma part, j’étais plutĂŽt amateur du second. Quoique, en y rĂ©flĂ©chissant, pas tout le temps : de Help Ă  Penny Lane au moins, j’achetais tous les 45-tours.

On n’échappe jamais tout Ă  fait aux Beatles. Et Valentine del Moral le sait bien : libraire en livres anciens, diplĂŽmĂ©e de musĂ©ologie, elle est sans doute plus consciente que quiconque du fait que les quatre garçons (garçons pour toujours, Ă©ternellement jeunes) font partie d’un indĂ©niable patrimoine.

Leur carriĂšre proprement dite est pourtant courte : 1962-1969. En janvier de cette derniĂšre annĂ©e, tout prĂšs de la rupture, donc, ils enregistrent leur dernier disque et tournent avec Michael Lindsay-Hogg le documentaire qui s’intitulera Let it be (1970). C’est dans ce double cadre que, le 30 du mois, ils se produisent sur le toit de l’immeuble abritant, au 3, Saville Road, Ă  Londres, leur propre sociĂ©tĂ© : Apple. Concert privĂ©, et le plus public qui soit, tous les passants des environs se trouvant contraints de lever les yeux et d’entendre une musique tonitruante tombĂ©e du ciel. Sans parler des jeunes gens travaillant dans le quartier, qui se hĂątent de grimper sur les toits voisins pour profiter de « cette session d’enregistrement qui ne devait ĂȘtre qu’une scĂšne de film, qui devient un concert, qui va se rĂ©vĂ©ler un des Ă©pisodes majeurs de la culture pop » (1).

Valentine del Moral raconte le rooftop concert. C’est-Ă -dire qu’elle dĂ©crit les images enregistrĂ©es par les camĂ©ras de Lindsay-Hogg, placĂ©es sur le toit, mais aussi dans la rue, pour un micro-trottoir improvisĂ©, et dans l’entrĂ©e de l’immeuble, oĂč elles filmeront l’intervention de la police aprĂšs 42 minutes de musique non autorisĂ©e.

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Si bien que, en fin de compte, la fascination des uns et des autres, et de l’auteure elle-mĂȘme, habilement interrogĂ©e, renvoie le lecteur Ă  son propre regard. Cette histoire de musique est, au moins autant, une affaire de regard. Ce qui serait moins Ă©vident si on se cantonnait dans le reportage, auquel l’exactitude et le souci de prĂ©cision exhaustive pourraient faire penser. L’écriture, cependant, nerveuse et bondissante comme la musique qu’elle Ă©voque, suffirait Ă  situer clairement ce petit livre dans le champ de la littĂ©rature. Quel genre ? ComĂ©die — unitĂ©s de lieu et de temps parfaites, personnages en costumes trois piĂšces montant se percher sur les toits, policiers un brin abrutis
 ? Roman ? Les incessantes incursions dans la conscience des tĂ©moins pourraient y faire songer. Et, surtout, la mise en Ɠuvre de thĂ©matiques structurantes, au premier rang desquelles la rĂ©fĂ©rence au christianisme, annoncĂ©e dĂšs le titre, et qui prend vite des allures de mĂ©taphore filĂ©e : Paul, « ressuscitĂ© le trentiĂšme jour du mois de janvier », « revient (
) des morts » aprĂšs deux ans de silence ; lui et ses trois complices constituent « une TrinitĂ© Ă  quatre » avec PĂšres (Paul et John), Fils (George) et Saint-Esprit (Ringo) ; les Fab Four, montant au ciel, ne diffĂšrent pas « en cela (
) de JĂ©sus, l’Agneau de Dieu qui, par son sacrifice, sauve (
) l’humanitĂ© » ; la foule qui s’agglutine dans la rue, « comme la multitude qui accompagnait JĂ©sus sur les bords du lac de TibĂ©riade, (
) attend inconsciemment un miracle. Une multiplication des pains ou un truc du genre ».


 Ou comment reprendre les mots d’une trĂšs vieille histoire pour dire la naissance d’une ferveur qui est aussi une des formes les plus caractĂ©ristiques de notre modernitĂ©.

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Pierre Ahnne
le nouveau blog littéraire de Pierre Ahnne 24 juin 2019

- Et les Beatles montĂšrent au ciel

“ C’est leur dernier concert et les Beatles ne le savent pas encore. AprĂšs deux ans d’absence scĂ©nique, les Fab Four choisissent de se produire sur un toit terrasse dans un vent furibond, sans filles hystĂ©riques, devant un public clairsemĂ©.”

le 30 janvier 1969, Ă  Londres, sur le toit de l’immeuble abritant leur maison de disques, les Beatles jouent un concert, enfin pour ĂȘtre plus proche de la vĂ©ritĂ© que nous raconte Valentine Del Moral, ils se font filmer pour mettre un terme Ă  leur nouveau film “ Let it be” qui illustrera l’album Ă©ponyme Ă  venir. Depuis un concert houleux Ă  San Francisco fin 66, le groupe, fatiguĂ© de terminer les concerts Ă  moitiĂ© Ă  poil, les oreilles saignant sous les hurlements des groupies n’est plus remontĂ© au front. Les plus grands rockers du dĂ©but des 60’s sont devenus les icĂŽnes de la pop mais ont perdu de leur fureur primitive, obladi oblada


Les Beatles ne sont plus un groupe mais ce matin lĂ , quatre garçons dans le vent de janvier faisant de la promo, tout heureux de se retrouver tous les quatre aprĂšs les tentatives de dĂ©part de Ringo Starr ou de George Harrison, la mort supposĂ©e de Paulo et les guerres d’égo entre ce dernier et JĂ©sus Lennon. Tournant aux amphets Ă  leurs dĂ©buts Ă  Hambourg, ils ont depuis dĂ©couvert et adoptĂ© la marijuana avec Dylan, le LSD avec leur dentiste, la coke, l’hĂ©ro et Yoko Ono et tout cela, a laissĂ© des traces. C’est cet Ă©vĂ©nement que U2 n’a nullement inventĂ© dans son clip “where the streets have no name” que nous raconte avec intelligence et beaucoup de malice Valentine del Moral.

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Le concert n’est pas fameux, dĂ©connectĂ© de la rĂ©alitĂ© d’un groupe de rock de l’époque, pas un des sommets de la carriĂšre des Quatre de Liverpool mais intelligemment, brillamment, l’auteure en fait une des pierres angulaires d’un mythe qu’elle construit habilement et qu’elle dĂ©construit tout aussi allĂšgrement.

A savourer “while my guitar gently weeps”.

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Wollanup
Nyctalope 20 juin 2019

- Quand les Beatles envisageaient de donner leur dernier concert en Tunisie

Les Beatles auraient envisagĂ© de donner leur dernier concert en Tunisie, au sein de L’Amphithéùtre antique d’El Djem.
Dans son livre, “Et les Beatles montĂšrent au ciel”, la journaliste Valentine Del Moral relate, minute par minute, l’histoire du dernier concert des Beatles, son avant et son aprĂšs, dans un rĂ©cit dĂ©calĂ©.

Le 30 janvier 1969, aprĂšs deux ans d’absence, les Beatles donnent leur dernier concert, avant leur sĂ©paration en 1970. Le concert du Rooftop, un concert mythique. “Ils se produisent sur un toit terrasse dans un vent furibond, sans filles hystĂ©riques, devant un public clairsemĂ©â€, dĂ©crit le rĂ©sumĂ©. C’était dans un froid glacial, sur le toit de l’immeuble abritant leur maison de disque. “Ringo y apparaĂźt en Saint-Esprit, George en Fils, John et Paul en PĂšres”. 42 minutes, cinq titres en boucle : Get back, Don’t let me down, I’ve got a feeling, One after 909, Dig a Pony.

Les Beatles sont interrormpus par la police, à cause de plaintes du bruit et des problÚmes de circulation. Oui, on se demande aussi comment ont-ils osé ces agents !

Pour revenir au livre, Valentine Del Moral y reconstruit les Ă©vĂ©nements et les dialogues, comme si elle y Ă©tait. Un voyage dans le temps qu’elle partage avec ses lecteurs.

Les Beatles, en Tunisie ?
Avant de monter sur ce toit, les Beatles auraient envisagĂ© de donner ce concert en Tunisie, au sein de L’Amphitéùtre antique d’El Djem. Nova Book enregistre cet extrait (retranscris ci-dessous).

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Retrouvez toute la chronique sur le Huffpost Maghreb

Ayda Labassi
Huffington Post 22 juin 2019

- Quatre récits à glisser dans sa valise cet été

Quarante-deux minutes. C’est la durĂ©e exacte du concert d’adieu que les Beatles donnent ce 30 janvier 1969, Ă  midi, sur le toit de l’immeuble de leur compagnie Apple Corps, au 3 Savile Row, avant d’ĂȘtre interrompus par les bobbies. Les quatre garçons dans le vent de Londres – l’hiver anglais est plutĂŽt frisquet – ont le temps de jouer neuf prises de cinq chansons. Qui a eu l’idĂ©e de ce happening aĂ©rien, loin de l’hystĂ©rie collective qui accompagnait les sorties des Fab Four quand ils arpentaient encore les scĂšnes du monde ? On ne sait plus trĂšs bien. Peu importe. John, Paul, George et Ringo sont lĂ , prĂȘts Ă  jouer devant la camĂ©ra de Michael Lindsay-Hogg.

Depuis le dĂ©but de l’enregistrement de Let It Be, le rĂ©alisateur capte l’ambiance dĂ©lĂ©tĂšre qui rĂšgne au sein des Beatles. L’album donnera son nom au film, sorti en 1970, tĂ©moin de l’agonie du plus grand groupe du monde. Valentine del Moral raconte ce chant du cygne en plein air dans ses moindres dĂ©tails, Ă  partir d’une Ă©tude scrupuleuse des plans tournĂ©s Ă  l’époque – le rĂ©alisateur Peter Jackson prĂ©pare un nouveau montage Ă  partir des 55 heures de rushs de Let it Be. Ce vĂ©ritable tour de force littĂ©raire s’accompagne d’arrĂȘts sur images informatifs et malicieux qui Ă©clairent cette Ascension et filent la mĂ©taphore religieuse. Les Beatles Ă©tant plus populaires que JĂ©sus, dixit saint John Lennon, ils devaient bien eux aussi monter au ciel.

Retrouvez cette chronique sur le site de L’Express

Julien Bordier
L'Express 23 juin 2019

- Et les Beatles montĂšrent au ciel

Par un froid de canard, le 30 janvier 1969, les Beatles firent une derniĂšre apparition sur le
toit de leur label, à Londres. Avant de tirer leur révérence et « monter au ciel », raconte
Valentine del Moral qui fait de ce fameux concert du rooftop un récit christique.

LassĂ©s par l’hystĂ©rie collective qui entourait chacun de leur concert, les Beatles ne s’étaient plus
produits en public depuis le 29 aoĂ»t 1966 Ă  San Francisco, bouclant alors une tournĂ©e amĂ©ricaine Ă©prouvante. Trois bonnes annĂ©es plus tard, George Harrison, l’esprit dĂ©sormais empli de la sagesse du Bouddha, demeurait le plus rĂ©fractaire Ă  tout projet consistant Ă  monter sur scĂšne et Ă  affronter la horde des fans. L’idĂ©e refit pourtant surface Ă  la faveur du film que Michael Lindsay-Hogg consacrait au making off de l’album Let it be , initialement appelĂ© Get back. Aux sĂ©ances d’enregistrement, il jugea bon d’ajouter quelques prises dans lesquelles les Fab Four joueraient ailleurs qu’en studio. Mais oĂč ? Comment concilier concert et absence de tout public ? Pour McCartney, la bonne solution Ă©tait celle d’un naughty concert (un concert canaille). Les idĂ©es fusent : Lennon propose un asile de fous, Ringo la cathĂ©drale de Liverpool (on peut rĂȘver mieux comme plan canaille) quand McCartney la joue charitable avec un orphelinat et que Yoko Ono, vrai faux cinquiĂšme membre des Beatles, en artiste conceptuel, propose un concert devant des siĂšges vides symbolisant «tous les gens de la terre».

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De ce cultissime concert du rooftop, derniĂšre apparition « publique » des Beatles avant l’implosion finale, Valentine del Moral fait le rĂ©cit christique dans son passionnant Et les Beatles montĂšrent au ciel. On y voit un groupe quasi dĂ©ifiĂ© planĂ©tairement effectuer son Ascension sous le regard de l’ÉvangĂ©liste Lindsay-Hogg. Une Ascension-ApothĂ©ose tant les Beatles alignent des titres puissants dont ce Get back entĂȘtant qui aurait dĂ» donner son titre Ă  l’album avant que Let it be, Ă  la solennelle mĂ©lodie, ne l’emporte. Si tel saint Thomas, il fallait voir pour croire, avec les images du rooftop, les fans des Beatles. n’avaient plus aucun doute sur la divinitĂ© rock dont Ă©taient nimbĂ©es leurs idoles.

Retrouvez toute la chronique sur le site des DNA

Serge Hartmann
Les DerniĂšres Nouvelles d'Alsace 24 juin 2019

- Quatre scarabées sur le toit

Le 30 janvier 1969, Ă  l’heure du dĂ©jeuner, il faisait Ă  Londres un vrai temps de chien. Froid, pluie, et un rĂ©sidu de smog dissipĂ© par un vent Ă  recoiffer un hippie. Pourtant, sur le rooftop du siĂšge de leur compagnie, Apple, au 3, Savile Row, Mayfair, La Mecque des tailleurs, les Beatles, Paul, Ringo, George et John, s’installent et commencent Ă  jouer et Ă  chanter, en plein air, sans public ou presque, juste quelques intimes, leurs femmes {Pattie Harrison, Yoko Ono, Maureen Starr, mais pas Linda McCartney, enceinte), et leurs collaborateurs, accompagnĂ©s du pianiste Billy Preston, un de leurs complices « d’appoint», comme Eric Clapton. C’est George Harrison, pourtant rĂ©putĂ© cool, qui avait imposĂ© cette idĂ©e, aprĂšs bien des propositions extravagantes. ExtĂ©nuĂ© par toutes ces annĂ©es marathon de disques et de shows, toutes ces fans hystĂ©riques, il Ă©tait devenu agoraphobe, et avait mĂȘme refusĂ© que le groupe s’approche du bord de la toiture, afin de saluer les quelques Londoniens, qui, d’en bas, avaient fini par comprendre ce qui se passait, et, Ă  dĂ©faut de voir, Ă©coutaient. Quelques petits futĂ©s, travaillant alentour, Ă©taient montĂ©s sur les toits de leurs propres bureaux, et ont pu assister, de loin, au spectacle. Unique, mythique, culte.

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La trĂšs Ă©clectique Valentine del Moral raconte cet Ă©pisode majeur dans l’histoire de la musique moderne avec Ă©rudition, un luxe de dĂ©tails, un sens certain du suspense, et pas mal d’humour, dans un style assez “rock critic”, comme si elle y avait assistĂ©, et nous avec elle. Tout au long du livre, elle Ă©tablit des parallĂšles entre cette « Ascension » des Beatles (« plus populaires que JĂ©sus », avait fanfaronnĂ© imprudemment Lennon dans une interview, en mars 1966) et des Ă©pisodes des Evangiles concernant le Christ. Un peu tirĂ© par les cheveux parfois, mais original, et il est vrai qu’il est beaucoup question de religion dans les paroles des chansons des Beatles. Let it be, par exemple.

Jean-Claude Perrier
Livres Hebdo 17 mai 2019