Et les Beatles montĂšrent au ciel
Le concert du rooftop
La trĂšs Ă©clectique Valentine del Moral raconte cet Ă©pisode majeur dans lâhistoire de la musique moderne avec Ă©ducation, un luxe de dĂ©tails, un sens certain du suspense, et pas mal dâhumourâŠ
Claude Perrier â Livres Hebdo
Câest leur dernier concert et les Beatles ne le savent pas encore. AprĂšs deux ans dâabsence scĂ©nique, les Fab Four choisissent de se produire sur un toit terrasse dans un vent furibond, sans filles hystĂ©riques, devant un public clairsemĂ©. De ce mythique concert du Rooftop donnĂ© en janvier 1969, Valentine del Moral tire un rĂ©cit dĂ©calĂ©. Elle pose un regard vif, informĂ©, parfois drĂŽle sur ces quarante-deux minutes de lĂ©gende aux allures bibliques. Ringo y apparaĂźt en Saint-Esprit, George en Fils, John et Paul en PĂšres. Les fidĂšles lĂšvent la tĂȘte, les femmes au tombeau â Yoko en tĂȘte â sâexposent. Producteurs-Ă©vangĂ©listes, apĂŽtres-roadies, centurions-bobbies sâunissent pour que les Beatles nĂ©s dans une Cavern de Liverpool achĂšvent leur carriĂšre en montant au ciel.
Revue de presse
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- Et les Beatles montÚrent au ciel Guy Donikian La Cause littéraire 28 août 2019
- 1969, livres, disques & caetera rédaction Magic été 2019
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- Ădito Jean-Claude Vantroyen Le Soir 6 juillet 2019
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- Quatre scarabées sur le toit Jean-Claude Perrier Livres Hebdo 17 mai 2019
Que peut-on encore raconter sur les Beatles qui nâait dĂ©jĂ Ă©tĂ© dit et surtout comment narrer tout cela ?âŠ
Et bien, Valentine Del Moral a trouvĂ© le bon angle et rĂ©ussit parfaitement son idĂ©e. Ce ne fut pas simple sans doute et pourtant, en la lisant, câest limpide, Ă©vident et drĂŽle.
En observatrice et en documentariste, elle regarde, imagine, le fameux dernier concert inattendu des Fab Four sur le toit de leur label, Apple (tiens, ça ne vous dis rien cette appellation ?).
30 janvier 1969
Nous sommes le 30 janvier 1969, il fait un froid de canard Ă Londres, ce qui nâa rien dâoriginal en cette pĂ©riode ni dans cette ville. Pour la premiĂšre fois depuis deux ans et demi, les Beatles vont jouer ensemble, histoire de promouvoir leur album « Abbey Road », sans public. Ou plutĂŽt si, mais il est six Ă©tages plus bas et progressivement tout le monde lĂšve la tĂȘte pour voir quatre anges qui montent dĂ©finitivement vers le ciel. Elle les compare Ă des Dieux dans la religion grecque, au Christ dans la religion romaine et catholique. AprĂšs tout, John Lennon nâa-t-il pas dĂ©clarĂ© quâils Ă©taient devenus plus cĂ©lĂšbres que JĂ©sus lui-mĂȘme ?⊠Elle se base sur lâhistoire du groupe pour former un rĂ©cit au-delĂ des religions, sans les rĂ©prouver.
[âŠ]
Voici un rĂ©cit inventĂ© et authentique, ou presque. Ce dernier concert des Beatles, est le plus long quâils nâaient jamais fait. Eh oui, en pleine Beatlemania, le groupe ne jouait pas plus de trente minutes car il ne sâentendait pas tellement les cris des filles et fans Ă©taient forts.
Ă la base, une idĂ©e : rĂ©aliser un film documentaire sur les fab four, jouant sur le toit de leur compagnie de disque Apple, en plein cĆur de Londres, capter ces images, cet instantanĂ© de ceux qui, durant dix ans ou presque ont rĂ©volutionnĂ© le monde de la pop, du rock, de la musique.
à cet instant fatidique nul ne sait encore que les Beatles gravent sur bande, leur épitaphe. Ni plus. Ni moins.
[âŠ]
Dehors les passants, les quidams en goguette, y compris les policiers qui accourent pour mettent fin Ă ce carnage musical, eux, restent stupĂ©faits ; instinctivement, ils perçoivent que ces notes de musique dispersĂ©es aux quatre vents londoniens, sonnent comme elles ne lâont jamais fait auparavant : elles sonnent le glas de ce qui fut, de ce qui restera Ă jamais le plus grand groupe de rock du monde.
Aujourdâhui. Et Ă jamaisâŠ
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Superbe hommage au dernier concert des Beatles du 30 janvier 1969.
Le nouveau livre de Valentine del Moral cĂ©lĂšbre le dernier concert des Beatles. Ils ont choisi lâadresse mythique de leur maison de productions (Apple), Ă Londres. Choisir nâest pas le bon verbe. Disons que ce concert sâest imposĂ© par la force des choses, de lâHistoire et de leur histoire. Ătre sur le toit, telle une antenne qui envoie et reçoit toutes les ondes dâune gĂ©nĂ©ration. Tout le livre sâarticule sur la phrase de John Lennon qui avait dit que les Beatles Ă©taient dĂ©sormais plus âpopulairesâ que JĂ©sus. CâĂ©tait vrai. Sa dĂ©claration a dĂ©clenchĂ© un scandale mondial. Bien avant le net, câest dire la force de leur parole, de leurs paroles. Valentine del Moral nous fait revivre la mythique journĂ©e du concert du 30 janvier 1969, dans une grande fable religieuse. Livre maitrisĂ© de bout en bout. Une merveille. Mieux quâun tĂ©moin oculaire. Tout est dâune grande finesse, avec une grande pertinence dans lâanalyse des faits. Sans jamais forcer le trait. Pas un gramme de pĂ©dantisme ou de baratin de spĂ©cialiste barbant. Sur le toit dâApple, les rares privilĂ©giĂ©s qui assistent au concert sont comme des chrĂ©tiens qui voient quatre⊠JĂ©sus de prĂšs ! Et dans la rue, la foule qui se forme peu Ă peu croit entendre des voix. Ils sont croyants, pratiquants mais ils ne voient rien, comme tous les croyants qui croient sans rien voir. Ringo est le Saint-Esprit. Le bon vivant. George est le fils. Terrible de savoir quâil est mort, si jeune. Lui, le sage, le bouddha vivant, le bonze qui ne sâimmole pas. Paul et John (assassinĂ© par un abruti) sont les pĂšres. Ainsi soit-il.
Londres, janvier 1969. Les Beatles nâont pas donnĂ© de concert depuis quatre ans, las de lâhystĂ©rie qui entourait chacune de leurs apparitions et déçus des conditions techniques. Alors quâils prĂ©parent un documentaire autour de ce qui sâavĂ©rera ĂȘtre leur dernier album, lâidĂ©e de jouer en public les titille Ă nouveau. Un concert ? Oui, mais quelque chose de spĂ©cial. Ils choisissent de jouer sur le toit de lâimmeuble qui abrite Apple, leur maison de disques en mettant le minimum de personnes dans la confidence. Leur performance nâen sera que plus lĂ©gendaire. Au son des premiers accords de Get Back, les Londoniens sortent sur le toit des immeubles voisins, incrĂ©dules. Sur la trĂšs branchĂ©e Saville Row, les passants nâen croient pas leurs oreilles. Ils feront tout pour pouvoir grimper de quelques Ă©tages et assister au show. La police aussi dâailleurs puisque 42 minutes aprĂšs le dĂ©but de leur performance, elle demande aux Beatles dâarrĂȘter : le trouble Ă lâordre public est manifeste ! Valentine del Moral revient sur ce moment incroyable dans un texte trĂšs intĂ©ressant qui fourmille dâinfos et dâanecdotes, mais qui manque parfois, un peu, de folie et de lĂ©gĂšretĂ©. Parce que, comme le chanteront quelques annĂ©es plus tard les Stones, Itâs only rockânâroll.
Le sous-titre de lâouvrage est explicite : Le concert du rooftop. Et la photo de couverture le confirme, il sâagit de la derniĂšre apparition des Beatles en concert, sauf que cette der des ders aura eu une singularitĂ©, Ă savoir lâabsence du publicâŠ
Nous sommes le 30 janvier 1969. Vers midi, par un temps maussade et venteux, les Fab Four vont effectivement donner leur dernier concert, mais ils ne le savent pas. Cela fait deux ans quâils ne se sont pas produits en public et ce 30 janvier sera un Ă©vĂ©nement qui marquera lâhistoire de la « pop music ».
Valentine Del Moral a construit son livre autour de ce « concert » devenu mythique. Elle Ă©grĂšne tout au long de son texte des allers-retours qui donnent Ă ce 30 janvier toute sa valeur. Ce sont les trajectoires des rares spectateurs prĂ©sents sur le toit de lâimmeuble situĂ© au 3 Savile Row, immeuble qui appartient aux Beatles. Et câest un certain Michael Lindsay-Hogg qui dirige les cameras chargĂ©es de filmer ce concert qui durera quarante deux minutes.
Lâauteure nous apprend que lâidĂ©e de ce concert pour le moins incongru est nĂ©e quand les Beatles, en plein tournage de leur film Get Back qui sâintitulera finalement Let It Be, se rendront compte de la nĂ©cessitĂ© dâune chute. Le film essentiellement composĂ© de rĂ©pĂ©titions filmĂ©es nâavait en effet pas de chute et câest naturellement quâun concert filmĂ© sâest imposĂ© comme tel. Encore fallait-il que ce concert soit exceptionnel, et comme du cĂŽtĂ© des musiciens on ne pouvait changer quoi que ce soit, câest du cĂŽtĂ© des spectateurs que lâinnovation devait se faire. Et pourquoi pas un concert sans spectateurs, ce qui ne pouvait que satisfaire George Harrison qui Ă©prouvait une vĂ©ritable phobie des foules aprĂšs les quatre annĂ©es ininterrompues de concerts devant des foules hystĂ©riques. DiffĂ©rents lieux furent Ă©voquĂ©s mais câest le toit-terrasse de leur immeuble qui fut retenu.
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Valentine Del Moral a su faire de ces quarante-deux minutes de concert un moment exceptionnel en narrant par le menu le concert lui-mĂȘme et le croisement des rares individus prĂ©sents sur le rooftop. Pour ceux qui ont vĂ©cu ces annĂ©es, comme pour ceux qui a posteriori apprĂ©cient ce qui Ă lâĂ©poque Ă©tait une rĂ©volution, cet opus est nĂ©cessaire.
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Le cinquantenaire de lâannĂ©e 1969 provoque une forte activitĂ© Ă©ditoriale autour des personnages qui ont rythmĂ© sa folle actualitĂ©. Notre sĂ©lection.
Câest lâhistoire cachĂ©e du dernier concert des Beatles ou plutĂŽt, dâun happening improvisĂ© sur les toits, pour les besoins du film Let It Be, avec quelques dizaines de spectateurs Ă©pars et transis de froid. CâĂ©tait le 30 janvier 1969, sur le toit du 3 Saville Row Ă Londres, siĂšge des bureaux dâApple, créé quelques mois plus tĂŽt. La française Valentine del Moral narre le mythique Rooftop concert avec une plume trĂšs enlevĂ©e, qui prend notamment un plaisir jubilatoire Ă dresser le portrait de celles et ceux, y compris les spectateurs, qui ont participĂ© Ă ces 42 minutes dâhistoire, en jouant de lâimaginaire religieux pour ce qui est la derniĂšre âapparitionâ des Fab Four.
Câest une minable. La foule sâarrĂȘte sur Savile Row et lĂšve les yeux vers le ciel : les Beatles donnent un concert sauvage sur le toit de Londres. Le premier depuis deux ans et demi mais aussi le dernier. Celui qui restera Ă jamais connu comme âle concert du rooftopâ. Valentine del Moral dĂ©crit avec minutie ces quarante-deux minutes de grĂące divine et suit avec humour ceux qui ont eu la chance dây assister, de Yoko Ono aux fans anonymes qui passaient par lĂ . Ce jeudi 30 janvier 1969 sera âle jeudi de leur ascension vers le ciel aprĂšs la derniĂšre rencontre charnelle des Beatles avec les mortelsâ. Let it be.
âOr, en ce 30 janvier 2019, un vent cinglant balaie rageusement la terrasse qui surplombe lâimmeuble du 3, Ravive Row sur laquelle les Beatles vont en fin de compte jouer. Tous les ingrĂ©dients sont rĂ©unis pour leur permettre de rĂ©ussir leur montĂ©e vers le ciel.â
Le 30 janvier 1969, les Beatles ont donnĂ© un concert sauvage sur le toit dâun immeuble londonien, celui de leur boite de nuit Apple, et ce concert, filmĂ©, est surtout connu pour ĂȘtre le tour dernier concert public donnĂ© par le groupe.
AprĂšs deux ans dâabsence scĂ©nique, ils se produisent sur un toit terrasse devant un public assez clairsemĂ© pour ce qui, mĂȘme si personne ne peut encore le savoir sera leur chant du cygne.
Lâauteur Valentine del Moral passe en revue le dĂ©roulĂ© de ce concert , avec une description minutieuse et prĂ©cise de ces 42 minutes de grĂące totale, et cette ascension vers le ciel est vue par lâauteur comme âla derniĂšre rencontre charnelle avec les mortelsâ.
âEt les Beatles montĂšrent au cielâ multiplie en effet les comparaisons avec la Bible, la mythologie grecque, et le cĂŽtĂ© divin du groupe (John Lennon ne sâĂ©tait il pas comparĂ© au christ?) et pour lâauteur ce 30 janvier 1969 aura Ă©tĂ© la vraie assomption du groupe anglais.
Cette dimension christique peut faire sourire, surtout que lâauteur y met pas mal de dĂ©rision, mais en mĂȘme temps on est assez proche dây croire vu le culte Ă©norme que le groupe a pu susciter au cours de ces 50 derniĂšres annĂ©es..
Un complĂ©ment idĂ©al au film âYesterdayâ, petite pĂ©pite estivale qui met en avant la musique des Fab Four et dont on a chantĂ© les louanges il y a quelques semainesâŠ
Valentine Del Moral se saisit du dernier concert du groupe mythique pour béatifier le quatuor.
Il faut prendre le titre au sens propre, les Beatles au paradis. Câest bien du divin dans lâaventure des Beatles dont traite Valentine del Moral avec leur fameux dernier concert, enchaĂźnant les mĂ©taphores et les comparaisons avec la Bible, la mythologie grecque, lâAntiquitĂ© romaine.
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Ce jeudi 30 janvier 1969 reprĂ©sente pour elle le «jeudi de lâascension» des Beatles oĂč, aprĂšs plus de deux ans dâabsence scĂ©nique, le groupe ressuscite aux yeux du public avant de «monter au ciel» aprĂšs sa mort, en 1970 et dâatteindre cette aura lĂ©gendaire. Il faut certes une ardeur de passionnĂ©e des Beatles pour se concentrer sur les multiples dĂ©tails et personnages de ce concert de quarante-deux minutes. Mais Valentine del Moral, grĂące Ă son approche originale et Ă son humour omniprĂ©sent, parvient Ă nous intĂ©resser Ă cet Ă©vĂ©nement rĂ©vĂ©lateur de la religiositĂ© propre Ă la culture de masse.
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JâĂ©tais sur lâautoroute hier. Jâavais mis des chansons de cĂŽtĂ© et mon tĂ©lĂ©phone les jouait alĂ©atoirement. Je les Ă©coutais dâune oreille distraite en regardant dĂ©filer le paysage. Sans songer Ă rien de prĂ©cis, sinon que lâun de mes grands plaisirs Ă©tait de revenir quelque part. Et puis dans le casque survient âHey Judeâ et son irrĂ©sistible consolation. Je ferme les yeux dâaise. Je souris doucement. Je pense aux gens que jâaime et qui aiment les Beatles. A Paul, Ă George, Ă John et Ă Ringo. Toujours lĂ , avec leurs mĂ©lodies parfaites, leur sourire et leur gĂ©nie, leur musique torsadĂ©e autour de nos plus chers souvenirs. De nos plus chers regards. Des harmonies qui, chaque matin, nous donnent assez de force pour affronter lâavenir.
Les Beatles, câest cela : ça nous raconte. Câest Gilles qui battait la mesure sur ses cuisses pendant le concert de McCartney avec un sourire de grand gamin heureux, câest les grands yeux de SigolĂšne quand elle sâest aperçue quâon partageait la mĂȘme obsession, câest les consolations, les seules qui marchaient aprĂšs la sĂ©paration, câest ma mĂšre qui se repassait inlassablement le grand album bleu avec moi tout gamin aux pieds dâun haut parleur gĂ©ant. Les Beatles sont ce quâil y a de plus proche de moi. En vieillissant, ça mâapparait avec de plus en plus dâĂ©vidence.
Un matin jâai reçu ce livre, Et les Beatles montĂšrent au ciel de Valentine Del Moral, paru fin juin chez Le Mot et le reste. Comme tout ce qui me parait intĂ©ressant et chargĂ© de souvenirs, je le mets de cĂŽtĂ© pour un grand soir dâhiver, quand je serai au fond du trou et que jâaurai besoin quâon me sauve. Les gens ne le peuvent pas, mais les livres et les Beatles si. Et puis je le connaissais, le concert sur le toit, je nâavais pas besoin quâon me le dĂ©taille, je pouvais le rĂ©citer en dormant. Je mâinventais des tas dâexcuses bidon, en vellĂ©itaire de mauvaise foi. Sauf que ce livre venu de nulle part mâavait Ă©tĂ© envoyĂ© par une attachĂ©e de presse que jâaime bien, qui connait mes penchants pour la littĂ©rature autant que pour la musique, qui connait mon travail et mon albatros. Elle mâa eu par les sentiments.
Je ne suis pas Ă©tranger aux contingences littĂ©raires quâimpose un concert, Ă la difficultĂ© de traduire un moment dâexception, une parenthĂšse dans les existences, en mots. Câest dâautant plus compliquĂ© ici que ce spectacle est devenu iconique, immortalisĂ© par une sĂ©quence mythique, destinĂ©e Ă clore le documentaire consacrĂ© Ă lâĂ©laboration douloureuse de Let it be. Ce fut de plus la derniĂšre apparition publique des lĂ©gendaires scarabĂ©es ensemble. Ils nâĂ©taient pas montĂ©s sur scĂšne depuis prĂšs de 4 ans, aprĂšs en avoir eu leur claque des cris stridents des fans qui couvraient leur musique. George Harrison, en particulier ne voulait plus en entendre parler. Il fut lâun des plus durs Ă convaincre de se rendre sur ce satanĂ© toit. On envisageait des come-back pompeux, un concert au pied des pyramides, ce genre de choses. Parce que, malgrĂ© la tourmente que cela avait dĂ©chainĂ©, Lennon nâavait pas tout a fait tort quand il disait quâils Ă©taient plus populaires que JĂ©sus. Cela lâinterrogeait lui-mĂȘme et le mettait mal Ă lâaise. Mais les mĂ©dias nâavaient pas pris ses nuances en compte. AprĂšs avoir avancĂ© les idĂ©es les plus incongrues pour se montrer Ă la hauteur de ce statut dĂ©mentiel, on fit simple, on allait donner un concert sur le toit du bureau de leur sociĂ©tĂ© de production, Apple.
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Elle rend Ă©galement leurs densitĂ©s aux silhouettes anonymes et interdites qui se figent dans la rue, sur les trottoirs et qui nâentendent que la musique sans rien voir de ceux qui la jouent. Les gens autour dâeux sur les toits, ceux qui sont lĂ au bon endroit au bon moment. Ceux qui se dĂ©brouillent pour escalader et approcher. Ceux qui sâagglutinent dâun air surpris, soupçonneux ou ravis derriĂšre leurs fenĂȘtres.
Câest un morceau de prĂ©sent qui sâanime, un accident de lâhistoire et un moment paradoxal dâĂ©ternitĂ©. Les businessmen dĂ©rangĂ©s, les vieux amusĂ©s ou effarĂ©s, les personnages dĂ©suets qui semblent sortir dâun album de HergĂ© ou dâun film de Tati, les jeunes extatiques. Et puis les flics empruntĂ©s appelĂ©s pour mettre fin Ă tout ce raffut, partagĂ©s entre la joie de rencontrer les glorieux liverpudiens et tenus par la rigueur de leur devoir. Tout un monde revit. Suspendu, Ă©tonnĂ©. Assez peu dâapplaudissements. La stupeur dâĂȘtre lĂ . Ils recueillent, sans forcĂ©ment le vouloir, les cris inquiets dâun amour naissant, vrillĂ© de dĂ©sir (âDonât let me downâ), cet autre intense et surpris de lâĂ©prouver (âIâve got a feelingâ).
Le monde en bas de la rue sâarrĂȘte pour Ă©couter les voix venues du ciel.
En lisant, sans doute que moi aussi, jâai Ă©tĂ© lâun de ces anonymes, revivant ce prĂ©sent foudroyĂ© par une musique inattendue. ça fait trois fois que je me repasse la vidĂ©o du concert. Avec toute lâhistoire que Valentine Del Marol mâa contĂ©e, toute la transfiguration de ce moment, tout ce quâils ont reprĂ©sentĂ© et tout ce quâils continuent de reprĂ©senter pour chacun dâentre nous.
Eux qui ont su comme personne faire partie de nos vies et de nos cieux.
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Le 30 janvier 1969, les Beatles montĂšrent sur le toit de leur immeuble Apple pour jouer quelques morceaux dans le cadre du tournage du film rĂ©alisĂ© par Michael Lindsay-Hogg qui sortirait lâannĂ©e suivante sous le nom de Let It Be.
Valentine del Moral, libraire, illustratrice, journaliste, auteur et certainement admiratrice Ă©clairĂ©e des Fab Four a eu lâidĂ©e de raconter lâhistoire de ce mini-concert qui sema la pagaille dans le quartier de Saville Row. Les faits sont dĂ©taillĂ©s et de nombreux arrĂȘts sur image permettent de resituer le contexte ou de prĂ©senter les acteurs de ce chant du cygne beatlesien. Certes, lâaficionado nâapprendra pas grand chose, mais il se dĂ©lectera de ce rĂ©cit agrĂ©able aux rĂ©fĂ©rences parfois mystiques. On ne monte pas au ciel impunĂ©ment.
Et les Beatles montĂšrent au ciel nous donne envie de revisionner nos vieux enregistrements vidĂ©os de Let It Be et dâattendre la fameuse version inĂ©dite du film promise pour le printemps 2020, Ă lâoccasion du cinquantiĂšme anniversaire de lâĆuvre qui scella officiellement lâaventure Beatles.
Un petit livre de 152 pages Ă glisser dans les bagages pour les vacances.
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Parfois arrivent sur ta table des livres auxquels tu ne tâattendais pas. Ces Beatles qui montĂšrent au ciel en fait partie. Parfois des livres inattendus procurent des plaisirs grandioses de lecture. Ces Beatles qui montĂšrent au ciel en fait partie.
En 150 pages, Valentine del Moral Ă©voque le dernier concert des Beatles, celui du 30 janvier 1969 qui sâest dĂ©roulĂ© sur le toit de leurs nouveaux locaux au 3 Saville Row.
Le rĂ©cit de Valentine del Moral est aussi dĂ©taillĂ© que romanesque. Il sâappuie sur un luxe de dĂ©tails vĂ©ridiques, sur un luxe de paroles Ă©changĂ©es, de gestes effectuĂ©s, dâactes retenus ou non. Au grĂ© du dĂ©roulement de cette journĂ©e trĂšs particuliĂšre, Ă la fin de laquelle on voudrait avoir sous la main une machine Ă remontĂ©e le temps, Valentine del Moral se permet (parce quâelle le vaut bien) de petites digressions, de petits Ă -cĂŽtĂ©s.
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Mais il nây a pas que le fond. Oh non ! La narration de Valentine del Moral allie aussi le fond que la forme. Parlons-en donc de la forme. LâĂ©criture de Valentine del Moral emporte le lecteur dans cette journĂ©e sans temps mort en nâen laissant justement aucun au lecteur. Sa plume est belle, envoĂ»tante, digressive, passionnĂ©e et passionnante.
Et puis surtout, Valentine del Moral opte pour un parti pris stylistique consistant Ă rendre ce concert aussi mythique que biblique. Mythique il lâest devenu tout seul : de part le nom des Beatles, devenu mythique, de part les circonstances (concert inattendu mais ultime concert du groupe, sur un toit, sans autorisation), devenues mythiques. Mais biblique il ne le devient que par la volontĂ© dâune femme : Valentine del Moral qui donne aujourdâhui notre lecture de ce jour, fait des Beatles des figures christiques, de leur entourage des saints, des apĂŽtres et parfois des traĂźtres. Que cela soit Ă©crit et fut accompli !
Pour conclure sur une note polĂ©mique (un peu facile et grandement gratuite, je vous lâaccorde), les dĂ©tracteurs des Beatles et les tracteurs des Stones diront que si Valentine del Moral fait des Beatles des figures christiques, il reste un vide quâils seront prompts Ă remplir : il reste une place pour des figures divines que seront ces satanĂ©s Stones qui roulent toujoursâŠ
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Yesterday mâa emballĂ©. Ce film de Danny Boyle, oĂč les Beatles nâexistent pas mais oĂč un artiste se souvient de toutes leurs chansons, rĂ©veille une belle nostalgie chez les gens de mon Ăąge et sert dâexcellente introduction Ă leur musique pour les plus jeunes. Et pousse Ă en savoir davantage. En lisant par exemple. En français, on ne peut manquer Revolution in the Head (Le mot et le reste), oĂč Ian MacDonald analyse tous les titres des Beatles. Ni Ils montĂšrent au ciel : le rooftop concert des Beatles (mĂȘme Ă©diteur) de Valentine del Moral, qui narre le dernier concert des Beatles, le 30 janvier 1969, sur le toit de leur compagnie Apple Records (on en a parlĂ© dans ces pages dernier).
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Câest un fameux magical mystery tour !
Câest leur dernier concert et les Beatles ne le savent pas encore. AprĂšs deux ans dâabsence
scénique, ils se produisent sur un toit terrasse dans un vent furibond, sans filles
hystĂ©riques, devant un public clairsemĂ©. De ce mythique concert du Rooftop lâauteur
tire un récit décalé. Elle pose un regard vif, informé, souvent drÎle sur ces 42 minutes
aux allures christiques. Une pépite à déguster.
Michel Dufranne chronique le livre de Valentine del Moral qui lâa âemportĂ©â, dans La Matinale de La Une.
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Il est midi le 30 janvier 1969. Une bise assassine fouette Londres. Sur le toit de lâimmeuble du 3 Savile Row, les Beatles, aprĂšs trois ans dâabsence scĂ©nique, entament leur tout dernier concert. Ils jouent en boucle, durant 42 minutes, une demi-douzaine de titres devant un public clairsemĂ© autant que grelottant. Cet Ă©pisode insolite, qui donnera la matiĂšre au disque et au film «Let It Be», est entrĂ© dans la lĂ©gende. Il constitue le fil rouge de «Et les Beatles montĂšrent au ciel», essai docte, historique et amusant de lâauteure française Valentine del Moral. Pour elle, cette ultime prestation live sâapparente Ă une scĂšne biblique. Ringo, câest le Saint-Esprit; George, le Fils; Paul et John, les PĂšres. Sans oublier les femmes au tombeau (coucou Yoko!), les apĂŽtres, Ă©vangĂ©listes, etc. Sur lâensemble dâun bouquin, la mĂ©taphore pourrait vite tourner au barbant exercice de style. Ărudite et malicieuse, la dame, qui connaĂźt tout autant ses Beatles que les Saintes Ăcritures, sâen tire avec brio en zĂ©brant son propos dâanecdotes authentiques, descriptions taquines, clins dâĆil Ă la culture pop et allĂ©gories mythologiques. Surtout, elle parvient, sur la base de ces trois petits quarts dâheure de concert, Ă Ă©clairer le crĂ©puscule de la plus belle histoire du rock.
On est le 30 janvier 1969. Les Beatles ont dĂ©cidĂ© de faire un dernier concert, quelque chose de pas ordinaire. John, Paul et Ringo, surtout Ringo, ont convaincu George. Le guitariste dĂ©teste les concerts, il a peur de ces fans en dĂ©lire qui parviennent Ă grimper sur la scĂšne. Mais pour ce concert-lĂ , il nây aura pas de fans. Rien que des techniciens qui filment et quelques amis, plus Yoko, bien sĂ»r, et Maureen, la femme de Ringo. Le concert se donnera sur le toit de lâimmeuble dâApple, le label des Beatles, en plein Savile Road, au cĆur de Londres. Paul est le premier qui y grimpe, en veste et chemise blanche. Puis Ringo en cirĂ© rouge, John en col roulĂ© noir sur veste brune, George enroulĂ© dans une pelisse sans forme. Dans le film de Michael Lindsay-Hogg, qui immortalise sur pellicule les sessions de lâalbum Let it be, et qui a dĂ©ployĂ© ses camĂ©ras et ses cĂąbles sur le rooftop, on entend distinctement Ringo lancer, dĂšs son arrivĂ©e : « Quel est le meilleur moyen de sâen aller ? » Pas un sourire entre eux. Comme sâil sâagissait dâun devoir, dâun pensum. Et pourtant, quand John compte one two three four, la magie opĂšre. Leur Get back est formidable, ça swingue, ça enthousiasme, ça fait surgir la banane. MĂȘme George esquissera un sourire. Câest ce concert, vingt minutes ou un peu plus, que Valentine del Moral raconte. Avec des tas de dĂ©tails, rĂ©els ou inventĂ©s, que sais-je, sur les Beatles certes mais aussi sur les passants qui, surpris par la musique qui sort du haut de cet immeuble, lĂšvent la tĂȘte, sâattroupent, commentent, sur les employĂ©s des banques voisines qui grimpent sur leur toit, sur les bobbies alertĂ©s et qui ne savent comment traiter ce problĂšme : nuisance, ordre public ou, simplement, bonne musique ? Câest dĂ©jĂ pas mal, cette accumulation dâanecdotes autour de ce concert exceptionnel. Mais lâautrice va plus loin. Elle en fait une histoire christique. Ce concert sur leur toit est une vĂ©ritable ascension pour les quatre garçons qui, lĂ , Ă©taient bien dans le vent et le froid de janvier, et on devrait mettre une majuscule Ă ascension. Et les Beatles montĂšrent au ciel est une interprĂ©tation biblique des Fab Four. Avec leurs disciples, leurs miracles, leurs stigmates, leurs apĂŽtres, leurs Ă©vangĂ©listes et mĂȘme leur Marie-Madeleine⊠Un rĂ©cit mystique. Oh non ! Ne craignez rien de ce genre : câest seulement une façon assez ironique de voir les choses. LâĂ©vangile selon les Beatles. Ou mieux : lâĂ©vangile des Beatles selon Valentine del Moral. Câest une bonne lecture.
Pour les Beatlemaniaques, le 30 janvier 1969 est marquĂ© dâune pierre noire, mĂȘme si lâĂ©vĂ©nement est historique. Ce jour-lĂ ,le quatuor de Liverpool donnait son ultime concert, sur le toit de lâimmeuble oĂč se trouvaient les bureaux de sa sociĂ©tĂ©, Apple Corps : 42 minutes dâune performance organisĂ©e Ă la derniĂšre minute et interrompue par la police londonienne. En 150 pages au ton dĂ©calĂ© et fourmillant dâanecdotes, Valentine del Moral raconte cet improbable et incroyable concert du rooftop, dernier soubresaut dâun groupe en fin de vie qui nâavait pas encore rĂ©alisĂ© que la sĂ©paration Ă©tait inĂ©luctable.
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Il fut un temps ou on Ă©tait soit Beatles, soit Rolling Stones. Pop inventive et sautillante ou rock poisseux, il fallait choisir. Pour ma part, jâĂ©tais plutĂŽt amateur du second. Quoique, en y rĂ©flĂ©chissant, pas tout le temps : de Help Ă Penny Lane au moins, jâachetais tous les 45-tours.
On nâĂ©chappe jamais tout Ă fait aux Beatles. Et Valentine del Moral le sait bien : libraire en livres anciens, diplĂŽmĂ©e de musĂ©ologie, elle est sans doute plus consciente que quiconque du fait que les quatre garçons (garçons pour toujours, Ă©ternellement jeunes) font partie dâun indĂ©niable patrimoine.
Leur carriĂšre proprement dite est pourtant courte : 1962-1969. En janvier de cette derniĂšre annĂ©e, tout prĂšs de la rupture, donc, ils enregistrent leur dernier disque et tournent avec Michael Lindsay-Hogg le documentaire qui sâintitulera Let it be (1970). Câest dans ce double cadre que, le 30 du mois, ils se produisent sur le toit de lâimmeuble abritant, au 3, Saville Road, Ă Londres, leur propre sociĂ©tĂ© : Apple. Concert privĂ©, et le plus public qui soit, tous les passants des environs se trouvant contraints de lever les yeux et dâentendre une musique tonitruante tombĂ©e du ciel. Sans parler des jeunes gens travaillant dans le quartier, qui se hĂątent de grimper sur les toits voisins pour profiter de « cette session dâenregistrement qui ne devait ĂȘtre quâune scĂšne de film, qui devient un concert, qui va se rĂ©vĂ©ler un des Ă©pisodes majeurs de la culture pop » (1).
Valentine del Moral raconte le rooftop concert. Câest-Ă -dire quâelle dĂ©crit les images enregistrĂ©es par les camĂ©ras de Lindsay-Hogg, placĂ©es sur le toit, mais aussi dans la rue, pour un micro-trottoir improvisĂ©, et dans lâentrĂ©e de lâimmeuble, oĂč elles filmeront lâintervention de la police aprĂšs 42 minutes de musique non autorisĂ©e.
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Si bien que, en fin de compte, la fascination des uns et des autres, et de lâauteure elle-mĂȘme, habilement interrogĂ©e, renvoie le lecteur Ă son propre regard. Cette histoire de musique est, au moins autant, une affaire de regard. Ce qui serait moins Ă©vident si on se cantonnait dans le reportage, auquel lâexactitude et le souci de prĂ©cision exhaustive pourraient faire penser. LâĂ©criture, cependant, nerveuse et bondissante comme la musique quâelle Ă©voque, suffirait Ă situer clairement ce petit livre dans le champ de la littĂ©rature. Quel genre ? ComĂ©die â unitĂ©s de lieu et de temps parfaites, personnages en costumes trois piĂšces montant se percher sur les toits, policiers un brin abrutis⊠? Roman ? Les incessantes incursions dans la conscience des tĂ©moins pourraient y faire songer. Et, surtout, la mise en Ćuvre de thĂ©matiques structurantes, au premier rang desquelles la rĂ©fĂ©rence au christianisme, annoncĂ©e dĂšs le titre, et qui prend vite des allures de mĂ©taphore filĂ©e : Paul, « ressuscitĂ© le trentiĂšme jour du mois de janvier », « revient (âŠ) des morts » aprĂšs deux ans de silence ; lui et ses trois complices constituent « une TrinitĂ© Ă quatre » avec PĂšres (Paul et John), Fils (George) et Saint-Esprit (Ringo) ; les Fab Four, montant au ciel, ne diffĂšrent pas « en cela (âŠ) de JĂ©sus, lâAgneau de Dieu qui, par son sacrifice, sauve (âŠ) lâhumanitĂ© » ; la foule qui sâagglutine dans la rue, « comme la multitude qui accompagnait JĂ©sus sur les bords du lac de TibĂ©riade, (âŠ) attend inconsciemment un miracle. Une multiplication des pains ou un truc du genre ».
⊠Ou comment reprendre les mots dâune trĂšs vieille histoire pour dire la naissance dâune ferveur qui est aussi une des formes les plus caractĂ©ristiques de notre modernitĂ©.
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â Câest leur dernier concert et les Beatles ne le savent pas encore. AprĂšs deux ans dâabsence scĂ©nique, les Fab Four choisissent de se produire sur un toit terrasse dans un vent furibond, sans filles hystĂ©riques, devant un public clairsemĂ©.â
le 30 janvier 1969, Ă Londres, sur le toit de lâimmeuble abritant leur maison de disques, les Beatles jouent un concert, enfin pour ĂȘtre plus proche de la vĂ©ritĂ© que nous raconte Valentine Del Moral, ils se font filmer pour mettre un terme Ă leur nouveau film â Let it beâ qui illustrera lâalbum Ă©ponyme Ă venir. Depuis un concert houleux Ă San Francisco fin 66, le groupe, fatiguĂ© de terminer les concerts Ă moitiĂ© Ă poil, les oreilles saignant sous les hurlements des groupies nâest plus remontĂ© au front. Les plus grands rockers du dĂ©but des 60âs sont devenus les icĂŽnes de la pop mais ont perdu de leur fureur primitive, obladi obladaâŠ
Les Beatles ne sont plus un groupe mais ce matin lĂ , quatre garçons dans le vent de janvier faisant de la promo, tout heureux de se retrouver tous les quatre aprĂšs les tentatives de dĂ©part de Ringo Starr ou de George Harrison, la mort supposĂ©e de Paulo et les guerres dâĂ©go entre ce dernier et JĂ©sus Lennon. Tournant aux amphets Ă leurs dĂ©buts Ă Hambourg, ils ont depuis dĂ©couvert et adoptĂ© la marijuana avec Dylan, le LSD avec leur dentiste, la coke, lâhĂ©ro et Yoko Ono et tout cela, a laissĂ© des traces. Câest cet Ă©vĂ©nement que U2 nâa nullement inventĂ© dans son clip âwhere the streets have no nameâ que nous raconte avec intelligence et beaucoup de malice Valentine del Moral.
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Le concert nâest pas fameux, dĂ©connectĂ© de la rĂ©alitĂ© dâun groupe de rock de lâĂ©poque, pas un des sommets de la carriĂšre des Quatre de Liverpool mais intelligemment, brillamment, lâauteure en fait une des pierres angulaires dâun mythe quâelle construit habilement et quâelle dĂ©construit tout aussi allĂšgrement.
A savourer âwhile my guitar gently weepsâ.
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Les Beatles auraient envisagĂ© de donner leur dernier concert en Tunisie, au sein de LâAmphithéùtre antique dâEl Djem.
Dans son livre, âEt les Beatles montĂšrent au cielâ, la journaliste Valentine Del Moral relate, minute par minute, lâhistoire du dernier concert des Beatles, son avant et son aprĂšs, dans un rĂ©cit dĂ©calĂ©.
Le 30 janvier 1969, aprĂšs deux ans dâabsence, les Beatles donnent leur dernier concert, avant leur sĂ©paration en 1970. Le concert du Rooftop, un concert mythique. âIls se produisent sur un toit terrasse dans un vent furibond, sans filles hystĂ©riques, devant un public clairsemĂ©â, dĂ©crit le rĂ©sumĂ©. CâĂ©tait dans un froid glacial, sur le toit de lâimmeuble abritant leur maison de disque. âRingo y apparaĂźt en Saint-Esprit, George en Fils, John et Paul en PĂšresâ. 42 minutes, cinq titres en boucle : Get back, Donât let me down, Iâve got a feeling, One after 909, Dig a Pony.
Les Beatles sont interrormpus par la police, à cause de plaintes du bruit et des problÚmes de circulation. Oui, on se demande aussi comment ont-ils osé ces agents !
Pour revenir au livre, Valentine Del Moral y reconstruit les Ă©vĂ©nements et les dialogues, comme si elle y Ă©tait. Un voyage dans le temps quâelle partage avec ses lecteurs.
Les Beatles, en Tunisie ?
Avant de monter sur ce toit, les Beatles auraient envisagĂ© de donner ce concert en Tunisie, au sein de LâAmphitéùtre antique dâEl Djem. Nova Book enregistre cet extrait (retranscris ci-dessous).
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Quarante-deux minutes. Câest la durĂ©e exacte du concert dâadieu que les Beatles donnent ce 30 janvier 1969, Ă midi, sur le toit de lâimmeuble de leur compagnie Apple Corps, au 3 Savile Row, avant dâĂȘtre interrompus par les bobbies. Les quatre garçons dans le vent de Londres â lâhiver anglais est plutĂŽt frisquet â ont le temps de jouer neuf prises de cinq chansons. Qui a eu lâidĂ©e de ce happening aĂ©rien, loin de lâhystĂ©rie collective qui accompagnait les sorties des Fab Four quand ils arpentaient encore les scĂšnes du monde ? On ne sait plus trĂšs bien. Peu importe. John, Paul, George et Ringo sont lĂ , prĂȘts Ă jouer devant la camĂ©ra de Michael Lindsay-Hogg.
Depuis le dĂ©but de lâenregistrement de Let It Be, le rĂ©alisateur capte lâambiance dĂ©lĂ©tĂšre qui rĂšgne au sein des Beatles. Lâalbum donnera son nom au film, sorti en 1970, tĂ©moin de lâagonie du plus grand groupe du monde. Valentine del Moral raconte ce chant du cygne en plein air dans ses moindres dĂ©tails, Ă partir dâune Ă©tude scrupuleuse des plans tournĂ©s Ă lâĂ©poque â le rĂ©alisateur Peter Jackson prĂ©pare un nouveau montage Ă partir des 55 heures de rushs de Let it Be. Ce vĂ©ritable tour de force littĂ©raire sâaccompagne dâarrĂȘts sur images informatifs et malicieux qui Ă©clairent cette Ascension et filent la mĂ©taphore religieuse. Les Beatles Ă©tant plus populaires que JĂ©sus, dixit saint John Lennon, ils devaient bien eux aussi monter au ciel.
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Par un froid de canard, le 30 janvier 1969, les Beatles firent une derniĂšre apparition sur le
toit de leur label, à Londres. Avant de tirer leur révérence et « monter au ciel », raconte
Valentine del Moral qui fait de ce fameux concert du rooftop un récit christique.
LassĂ©s par lâhystĂ©rie collective qui entourait chacun de leur concert, les Beatles ne sâĂ©taient plus
produits en public depuis le 29 aoĂ»t 1966 Ă San Francisco, bouclant alors une tournĂ©e amĂ©ricaine Ă©prouvante. Trois bonnes annĂ©es plus tard, George Harrison, lâesprit dĂ©sormais empli de la sagesse du Bouddha, demeurait le plus rĂ©fractaire Ă tout projet consistant Ă monter sur scĂšne et Ă affronter la horde des fans. LâidĂ©e refit pourtant surface Ă la faveur du film que Michael Lindsay-Hogg consacrait au making off de lâalbum Let it be , initialement appelĂ© Get back. Aux sĂ©ances dâenregistrement, il jugea bon dâajouter quelques prises dans lesquelles les Fab Four joueraient ailleurs quâen studio. Mais oĂč ? Comment concilier concert et absence de tout public ? Pour McCartney, la bonne solution Ă©tait celle dâun naughty concert (un concert canaille). Les idĂ©es fusent : Lennon propose un asile de fous, Ringo la cathĂ©drale de Liverpool (on peut rĂȘver mieux comme plan canaille) quand McCartney la joue charitable avec un orphelinat et que Yoko Ono, vrai faux cinquiĂšme membre des Beatles, en artiste conceptuel, propose un concert devant des siĂšges vides symbolisant «tous les gens de la terre».
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De ce cultissime concert du rooftop, derniĂšre apparition « publique » des Beatles avant lâimplosion finale, Valentine del Moral fait le rĂ©cit christique dans son passionnant Et les Beatles montĂšrent au ciel. On y voit un groupe quasi dĂ©ifiĂ© planĂ©tairement effectuer son Ascension sous le regard de lâĂvangĂ©liste Lindsay-Hogg. Une Ascension-ApothĂ©ose tant les Beatles alignent des titres puissants dont ce Get back entĂȘtant qui aurait dĂ» donner son titre Ă lâalbum avant que Let it be, Ă la solennelle mĂ©lodie, ne lâemporte. Si tel saint Thomas, il fallait voir pour croire, avec les images du rooftop, les fans des Beatles. nâavaient plus aucun doute sur la divinitĂ© rock dont Ă©taient nimbĂ©es leurs idoles.
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Le 30 janvier 1969, Ă lâheure du dĂ©jeuner, il faisait Ă Londres un vrai temps de chien. Froid, pluie, et un rĂ©sidu de smog dissipĂ© par un vent Ă recoiffer un hippie. Pourtant, sur le rooftop du siĂšge de leur compagnie, Apple, au 3, Savile Row, Mayfair, La Mecque des tailleurs, les Beatles, Paul, Ringo, George et John, sâinstallent et commencent Ă jouer et Ă chanter, en plein air, sans public ou presque, juste quelques intimes, leurs femmes {Pattie Harrison, Yoko Ono, Maureen Starr, mais pas Linda McCartney, enceinte), et leurs collaborateurs, accompagnĂ©s du pianiste Billy Preston, un de leurs complices « dâappoint», comme Eric Clapton. Câest George Harrison, pourtant rĂ©putĂ© cool, qui avait imposĂ© cette idĂ©e, aprĂšs bien des propositions extravagantes. ExtĂ©nuĂ© par toutes ces annĂ©es marathon de disques et de shows, toutes ces fans hystĂ©riques, il Ă©tait devenu agoraphobe, et avait mĂȘme refusĂ© que le groupe sâapproche du bord de la toiture, afin de saluer les quelques Londoniens, qui, dâen bas, avaient fini par comprendre ce qui se passait, et, Ă dĂ©faut de voir, Ă©coutaient. Quelques petits futĂ©s, travaillant alentour, Ă©taient montĂ©s sur les toits de leurs propres bureaux, et ont pu assister, de loin, au spectacle. Unique, mythique, culte.
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La trĂšs Ă©clectique Valentine del Moral raconte cet Ă©pisode majeur dans lâhistoire de la musique moderne avec Ă©rudition, un luxe de dĂ©tails, un sens certain du suspense, et pas mal dâhumour, dans un style assez ârock criticâ, comme si elle y avait assistĂ©, et nous avec elle. Tout au long du livre, elle Ă©tablit des parallĂšles entre cette « Ascension » des Beatles (« plus populaires que JĂ©sus », avait fanfaronnĂ© imprudemment Lennon dans une interview, en mars 1966) et des Ă©pisodes des Evangiles concernant le Christ. Un peu tirĂ© par les cheveux parfois, mais original, et il est vrai quâil est beaucoup question de religion dans les paroles des chansons des Beatles. Let it be, par exemple.