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Parution : 19/05/2016
ISBN : 9782360542048
208 pages (148 x 210)

21 €

ÉpuisĂ©

Electrosound

Machines, musiques & cultures

Electrosound est le catalogue de l’exposition qui sera prĂ©sentĂ©e Ă  l’Espace Fondation EDF Ă  Paris, du 25 mai au 1er octobre 2016.

PubliĂ© Ă  l’occasion de l’exposition Electrosound organisĂ©e Ă  Paris Ă  l’Espace Fondation EDF, Electrosound, le livre, Ă  la fois catalogue et ouvrage historique de rĂ©fĂ©rence, se consacre Ă  l’évolution, aux usages, aux courants et aux esthĂ©tiques de la musique Ă©lectronique. Tout comme l’exposition, il balaie un large spectre des musiques Ă©lectroniques, allant de 1945 Ă  nos jours, des pionniers et chercheurs de l’aprĂšs-guerre jusqu’au triomphe actuel et populaire de l’electro. À travers le prisme des instruments ou des technologies comme le home-studio, les premiers sampleurs, les synthĂ©tiseurs Moog, le MIDI, le logiciel Ableton Live, les firmes Roland ou EMS, le circuit-bending et le do it yourself, sans oublier les derniĂšres recherches en matiĂšre de spatialisation et de traitement du son, les textes du catalogue Ă©voquent la maniĂšre dont chacun de ces outils se rĂ©vĂšle emblĂ©matique d’une Ă©poque, d’une esthĂ©tique, d’un contexte sociotechnique, de la pratique des artistes et des ingĂ©nieurs qui ont façonnĂ© la musique Ă©lectronique du XX^e^ et XXI^e^ siĂšcle.
Richement illustrĂ© en photos d’époques et en encadrĂ©s, le livre comporte par ailleurs de nombreux tĂ©moignages, citations et entretiens d’artistes comme Jean-Michel Jarre ou Kraftwerk.

‱ Commissaires de l’exposition :
Jean-Louis Frechin et Uros Petrevski (Nodesign)
‱ Commissaire associĂ© : Jean-Yves Leloup
‱ Graphisme : Encore
‱ Auteurs : Mark Brend, RolandCahen, Éric Deshayes, Jean-Louis Frechin, Mathieu Guillien, David Korn, Olivier Lamm, Jean-Yves Leloup, François Pachet, Uros Petrevski, Jean-Philippe Renoult, David Toop

Revue de presse

Entretien – L'Ă©mergence des musiques Ă©lectroniques en France selon Jean-Yves Leloup Nonfiction.fr 3 fĂ©vrier 2017
- Comment la musique électronique est passée des laboratoires de recherche aux clubs Yann Perreau Les Inrockuptibles 29 septembre 2016
- Machines, vocodeur et autres synthétiseurs Matthieu Conquet France Culture // Continent Musiques 24 septembre 2016
- Electrosound Arnaud Devillard Sciences et avenir Août 2016
- Jean-Yves Leloup est l'invité de La Matinale Nicolas Herbeaux LCI // L'invité de La Matinale 7 août 2016
- Les livres de juillet François Girodineau Silence Is Sexy 4 juillet 2016
- Interview de Jean-Yves Leloup Mélanie Bauer France Inter // Back To Back 1 août 2016
- Electro : déjà la rétro ! Judicaël Lavrador Beaux-Arts Magazine Juin 2016
- L'euphorie électro Connaissances des Arts Juillet - Août 2016
- Interview - Jean-Yves Leloup : 25 ans Ă  coucher sur le papier la musique de vos nuits blanches Ingrid Luquet-Gad Les Inrockuptibles 23 juin 2016
- Notre sélection de lectures musicales pour l'été Ellen Ichters RTS // pl3in le poste 27 juin 2016
- Des sons et du sens Olivier Pernot Trax Juin 2016

Entretien – L'Ă©mergence des musiques Ă©lectroniques en France selon Jean-Yves Leloup

À l’occasion de l’exposition « Electrosound, du lab au dancefloor » de la Fondation EDF qui s’est dĂ©roulĂ©e du 25 mai au 2 octobre 2016, Jean-Yves Leloup, commissaire associĂ©, journaliste culturel des musiques Ă©lectroniques et auteur de Musique Non Stop : pop mutations & rĂ©volution techno (Le Mot et Le Reste, 2015), a rĂ©pondu Ă  nos questions Ă  propos des mutations Ă©lectroniques dans la musique.

SpĂ©cialiste du genre, ses rĂ©flexions portent largement, en plus de la problĂ©matique spĂ©cifique de la mise en exposition, sur l’histoire des musiques Ă©lectroniques Ă  travers les contextes technique, Ă©conomique, gĂ©ographique, social et culturel. Autant de portes d’entrĂ©e qui animeront par ailleurs des chroniques et des recensions sur Nonfiction.fr pour comprendre et interroger « l’électro ».
En partenariat notamment avec Ascidiacea, collectif actif sur les scĂšnes artistiques et mĂ©diatiques de la crĂ©ation sonore et numĂ©rique, et le comitĂ© de l’Ethnomusicology Review de l’UCLA (USA), nous chercherons Ă  apprĂ©hender cet objet spĂ©cifique, actuel et encore assez peu Ă©tudiĂ© : la musique Ă©lectronique.
Pierre angulaire d’un projet qui vous accompagnera pendant plusieurs mois, cet entretien vidĂ©o avec Jean-Yves Leloup apporte de nombreuses pistes de rĂ©flexion sur l’apparition, les mutations et la dĂ©mocratisation des musiques Ă©lectroniques.

DĂ©couvrez la video de l’entretien de J-Y. Leloup ici

Nonfiction.fr 3 février 2017

- Comment la musique électronique est passée des laboratoires de recherche aux clubs

Une exposition et deux livres retracent l’histoire fascinante des musiques Ă©lectroniques, des “laboratoires” et de la “musique des bruits” des dĂ©fricheurs des annĂ©es 1920 aux dancefloors d’aujourd’hui. Une contre-culture qui a su s’imposer comme le genre musical dĂ©sormais le plus populaire auprĂšs des jeunes. Essentiel.

En cet aprĂšs-midi de fin septembre, une foule peu commune, pour un lieu d’art contemporain, dĂ©ambule dans l’espace de la fondation EDF. CollĂ©giens, lycĂ©ens, Ă©tudiants et mĂȘme des enfants de 8-10 ans. Si certains sont probablement en sortie de classe, la plupart sont ici de leur plein grĂ©. Il faut dire que le sujet de l’expo a de quoi intĂ©resser la nouvelle gĂ©nĂ©ration: selon une enquĂȘte de France Musique, la musique Ă©lectronique est devenue le genre musical le plus Ă©coutĂ© des 15- 24 ans. Une popularitĂ© liĂ©e Ă  la rĂ©volution du numĂ©rique certes, mais aussi Ă  la facilitĂ© d’accĂšs et de crĂ©ation dĂ©sormais, avec tout type d’engin Ă©lectronique, Ă  commencer par le tĂ©lĂ©phone portable.

« Ce mec devait se demander Ă  l’époque : est-ce qu’un jour on se souviendra de moi ? » s’amuse une adolescente qui observe une ondioline cet instrument en bois, Ă  clavier, inventĂ© en 1940 en France, qui utilise un systĂšme de tube Ă  vide, nous dit le cartel. L’exposition est passionnante, qui fait dĂ©couvrir ces instruments extraordinaires, la plupart d’entre eux disparus de la circulation ou oubliĂ©s car obsolĂštes, Ă  la fois bijoux de technologie, de lutherie, d’innovation et d’inventivitĂ©. ExposĂ©es ici comme des Ɠuvres d’art Ă  part entiĂšre, ces machines façonnĂšrent l’histoire du genre pour se confondre au fur et Ă  mesure avec la musique elle-mĂȘme, reprenant le rĂȘve technologique de Marshall Mc Luhan, le medium est le message. Des fondations, le ThĂ©rĂ©mine inventĂ© par le russe Lev Termen en 1920, instrument Ă  vent permettant, en bougeant ses mains, de jouer avec l’air comme s’il s’agissait des cordes d’une harpe, jusqu’à la rĂ©volution contemporaine du home-studio en passant par le Atari ST des annĂ©es quatre vingt qui proposa les premiers logiciels de MAO Musique AssistĂ©e par Ordinateur, c’est toute l’histoire d’un mouvement, avec ses schisme et son esthĂ©tique, qui est ici retracĂ©e. Une formidable aventure humaine, technologique et musicale oĂč prĂ©dominent les principes d’audace, de crĂ©ativitĂ© et de fun, car il s’est toujours s’agit, avant tout, de s’amuser (et de danser). Certes les pionniers visionnaires en costume-cravate ont des regards sĂ©rieux, mais de leurs photos se transmet ce « plaisir de laboratoire », comme le dit joliment l’un des commissaires de l’exposition, Jean -Yves Leloup. Des groupes les plus connus aux dĂ©fricheurs oubliĂ©s par l’Histoire, les principaux acteurs de cette rĂ©volution toujours en marche ponctuent le parcours. On comprend ainsi comment cette musique, d’abord savante et expĂ©rimentale, a pĂ©nĂ©trĂ© peu Ă  peu la culture populaire jusqu’aux quidams mixant dĂ©sormais sur leurs portables des sons qu’ils tĂ©lĂ©chargent sur des groupes Facebook. Au sol, une frise historique rappelle, annĂ©e par annĂ©e, les Ă©vĂ©nements qui jalonnent cette histoire, dressant un parallĂšle entre les engins Ă©lectroniques exposĂ©s et ce qui se passe dans la culture mainstream. Car l’un influe sur l’autre, la musique captant le zeitgeist de son Ă©poque, les rĂ©volutions technologiques influençant, en Ă©change, celle-ci.

Au premier Ă©tage, dans un espace intitulĂ© « Atelier », on peut expĂ©rimenter soi-mĂȘme les instruments phares de l’électro– synthĂ©tiseur, sĂ©quenceur, vocodeur. Certains pianotent sur un Mini-Moog de 1972, d’autres s’éclatent sur une boite Ă  rythmes TR808 de 1984. D’autres encore se sont emparĂ©s du Collective Loop, une forme de sĂ©quenceur circulaire auquel on peut jouer avec son I-phone. Une gigantesque salle de jeu oĂč l’on redevient un enfant, Ă©bahi face aux machines, robots accessibles et sensuelles, expĂ©rience presque magique qui donne envie de s’y mettre, de bricoler, d’inventer des sons. Au sous-sol, une chambre obscure reproduit l’atmosphĂšre du club – amplis de toutes tailles au mur, boule disco au dessus de la tĂȘte, et une grande platine devant soi. Turntabling et V-Jing sur 33 tour : chacun est invitĂ©, d’un coup de main, Ă  faire apparaĂźtre l’un des clips d’une centaine de noms de rĂ©fĂ©rence du mouvement. L’exposition se clĂŽt en beautĂ© avec les photos de Jacob Khrist, qui documente depuis six ans cette scĂšne festive Ă©lectro parisienne en pleine effervescence. On pĂ©nĂštre avec lui dans ces lieux industriels, usines dĂ©saffectĂ©es, interzones, squats, etc. « En quĂȘte de sons » s’intitule ce travail remarquable, d’autant plus frappant qu’on le dĂ©couvre en silence. Des clichĂ©s d’anonymes s’oubliant au rythme de la musique, les yeux fermĂ©s, en communion avec le DJ, insouciants de leur apparence. Mouvements de corps, cannettes de biĂšre, sourires ; joie, ferveur, charme brut d’une jeunesse rĂ©solument acquise Ă  la cause de l’électro. Impression de replonger dans l’atmosphĂšre unique des premiĂšres raves des nineties, comme si rien n’avait (trop) changĂ©. La jeunesse ne vieillit pas, comme la musique qu’elle Ă©coute : elle se mĂ©tamorphose. La boucle est bouclĂ©e.

Si l’exposition se termine dans quelques jours, deux livres viennent complĂ©ter la rĂ©flexion, et l’expĂ©rience. Electrosound d’abord, le catalogue de l’expo ouvrage aussi instructif qu’accessible sur le thĂšme. Et, dans un autre registre, la bande dessinĂ©e culte Le chant de la machine, de David Blot et Mathias Cousin. Initialement publiĂ© en 2000, cette réédition replonge, dans un style dĂ©licieusement old school Ă  la Robert Crumb, aux tous dĂ©buts de l’aventure Ă  laquelle participa activement David, pilier de radio Nova et initiateur, avec d’autres, des mythiques soirĂ©es Respect du Queen en 1996. Ce n’est pas pour rien que les Daft Punk lui rendent hommage, en prĂ©face de l’album. A noter enfin : un programme spĂ©cial Nuit Blanche ce samedi Ă  l’espace Fondation EDF (plus d’infos dessous).

Lire l’article sur le site des Inrocks

Yann Perreau
Les Inrockuptibles 29 septembre 2016

- Machines, vocodeur et autres synthétiseurs

Histoire(s) de l’expĂ©rience et du son, avec la compositrice Emmanuelle Gibello et une visite guidĂ©e au cƓur de l’exposition Electrosound, du lab au dancefloor Ă  la Fondation EDF, avec son co-commissaire Jean-Yves Leloup et le musicien Jonathan Fitoussi.

PassĂ©, prĂ©sent et futur de la musique Ă©lectronique avec en premiĂšre partie d’émission, dĂ©ambulation au cƓur des machines et de l’évolution de l’électro Ă  l’exposition Electrosound, du lab au dancefloor Ă  la Fondation EDF (Ă  voir jusqu’au 2 octobre) avec le co-commissaire Jean-Yves Leloup, journaliste et auteur notamment de Digital Magma : de l’utopie des raves parties Ă  la gĂ©nĂ©ration mp3 (Ă©d. Le Mot et le Reste) et le musicien et expĂ©rimentateur Jonathan Fitoussi. Du ThĂ©rĂ©mine par Clara Rockmore au synthĂ©tiseur Buchla, en passant le Oramics Graphic Sound créé par Daphne Oram, une des pionniĂšres de l’électro jusqu’au vocodeur utilisĂ© par Kraftwerk, Continent Musiques explore tout un pan de l’histoire musicale, au grĂ© des inventions sonores et matĂ©rielles.

Réécouter l’émission de Matthieu Conquet sur le site de France Culture

Matthieu Conquet
France Culture // Continent Musiques 24 septembre 2016

- Electrosound

Ce livre accompagne une exposition Ă©ponyme sur la musique Ă©lectronique qui se tient Ă  Paris, jusqu’au 2 octobre. Mais il en est bien plus que le simple catalogue. C’est une aventure technologique et artistique qui est racontĂ©e lĂ , entre analyses, anecdotes, interviews. Passionnant.

Arnaud Devillard
Sciences et avenir Août 2016

- Jean-Yves Leloup est l'invité de La Matinale

Jean-Yves Leloup Ă©tait l’invitĂ© de La Matinale sur LCI pour parler de l’exposition Electrosound et du catalogue attenant.

Pour revoir l’interview de Jean-Yves Leloup c’est ICI

Nicolas Herbeaux
LCI // L'invité de La Matinale 7 août 2016

- Les livres de juillet

Nous connaissons dĂ©jĂ  le journaliste J-Y Leloup pour son travail remarquable sur la musique Ă©lectronique depuis plus de vingt ans (lire notre interview). On le dĂ©couvre dĂ©sormais curateur pour la Fondation EDF, qui organise une exposition sur le sujet depuis le 25 mai dernier, et qu’on pourra encore voir jusqu’au 2 octobre, rue RĂ©camier dans le 7Ăšme arrondissement Ă  Paris. Montrer l’immatĂ©riel, voilĂ  un dĂ©fi que Leloup a su relever haut la main. Il propose nĂ©anmoins ce catalogue Ă©ditĂ© avec le concours du Mot et le Reste pour approfondir son approche. Mais il s’agit en fait ici d’un vĂ©ritable ouvrage qui offrira aux nĂ©ophytes comme aux connaisseurs une bonne occasion de faire le tour de la question. Passionnant, Electrosound propose d’abord une Ă©criture Ă  plusieurs mains et sous diffĂ©rents formats (articles, interviews, illustrations) qui retrace l’histoire de la musique Ă©lectroniques en cinq volets, de ses balbutiements avant guerre jusqu’à 2016. On lira des entrĂ©es sur une sĂ©lection de techniques, d’instruments, de courants et d’artistes qui ont tous su marquer de leur emprunte un genre aujourd’hui au cƓur de la crĂ©ation musicale contemporaine.

Retrouvez les livres de juillet sur Silence Is Sexy

François Girodineau
Silence Is Sexy 4 juillet 2016

- Interview de Jean-Yves Leloup

Le journaliste Jean-Yves Leloup est notre premier invité cette semaine

De la musique Ă©lectronique plein les poches, il vient nous parler de l’exposition “Electrosound, du lab au dancefloor” prĂ©sentĂ©e Ă  la fondation EDF jusqu’au 2 octobre 2016.

Au programme :

Le titre pour faire aimer la musique éléctronique à ta mamie

Jean-Yves Leloup a choisi ‘Avril 14th _- _Vanessa Wagner & Murcof
MĂ©lanie a rĂ©pondu ‘Space – Magic Fly’

Le titre utopie des rave parties

Jean-Yves Leloup a choisi ‘Papua New Guinea – The Future Sound Of London‘
MĂ©lanie a rĂ©pondu ’808 state – Pacific State’

Titre Invité : Radiomentale

Un titre au croisement de l’art et de la musique

MĂ©lanie a choisi ‘Jukebox babe – Alan Vega‘
Jean-Yves Leloup a rĂ©pondu ‘Same Time Tomorrow – Laurie Anderson’

Un titre qui magnifie l’image

MĂ©lanie a choisi ‘Ping pong song – Shawn Lee’s Ping Pong Orchestra‘
Jean-Yves Leloup a rĂ©pondu ‘The Park – François-Eudes Chanfrault’

Titre Inter : CanopĂ©e – Polo et Pan

Réécouter l’émission sur le site de France Inter

Mélanie Bauer
France Inter // Back To Back 1 août 2016

- Electro : déjà la rétro !

De Chicago Ă  Berlin, l’épopĂ©e d’un art musical total

DerriĂšre les platines ou devant les laptops, des pionniers aux DJ stars, l’exposition retrace l’histoire de la musique Ă©lectronique, sous la houlette d’un des meilleurs historiens et praticiens du genre, Jean·Yves
Leloup. Pilier de Radio FG dans les annĂ©es 1990. Il forme aujourd’hui avec Éric Pajot le duo RadioMentale. Didactique, le show envisage cette musique pĂ©trie de pulsations et de sons neufs sous tous ses aspects : techniques, sociaux, gĂ©ographiques et artistlques. L’electro est nĂ©cessairement
liĂ©e au dĂ©veloppement des machines, mises a l’épreuve dĂšs les annĂ©es 1950 par des musiciens avant-gardistes qui leur arrachent les premiers grincements stridents et ludiques. Ce qui fait de Pierre Schaeffer ou de Robert Moog les aĂŻeux de tous les DJ contemporains. Dans les annĂ©es 1980, l’ordinateur bouleverse la vie des foyers et les Ă©tudes du petit dernier, mais aussi le line-up sur le dancefloor que l’invention du synthĂ©tiseur et de la boite Ă  rythmes avait dĂ©jĂ  bien chauffĂ©. Puis la
rĂ©volution numĂ©rique des annĂ©es 2OOO achĂšve de mettre tous les fichiers sonores en partage : si bien que l’electro est en tĂȘte de pont du dĂ©bat sur la propriĂ©tĂ© intellectuelle et le copyleft (l’anti-copyright). À travers photographies et machines, l’exposition documente ces bouleversements successifs mais cerne aussi les subtiles nuances existant entre les diffĂ©rentes veines: techno de Detroit ou de Berlin, deep house de Chicago, French touch parisienne, les variations rythmiques n’auront plus de
secret pour les profanes.

Judicaël Lavrador
Beaux-Arts Magazine Juin 2016

- L'euphorie électro

L’Espace Fondation EDF devient le temple de la musique Ă©lectronique, retraçant son histoire depuis la fin des annĂ©es 1960, et donnant accĂšs Ă  de nombreux instruments mythiques (synthĂ©tiseurs, boĂźtes Ă  rythme) et Ă  la Boombox, espace d’écoute et d’exploration musicale.

Connaissances des Arts Juillet - Août 2016

- Interview - Jean-Yves Leloup : 25 ans Ă  coucher sur le papier la musique de vos nuits blanches

Depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990, Jean-Yves Leloup, journaliste, animateur radio, auteur et curateur, fait Ɠuvre de passeur. L’engagement d’une vie ? La musique Ă©lectronique, longtemps boudĂ©e par les mĂ©dias frileux de l’Hexagone, dont il sera un dĂ©fenseur de la premiĂšre heure. Entretien.

Depuis quelques annĂ©es, le curseur des revivals pointe sur les 90s. AttifĂ©s de leur survĂȘt Fila, bob sur la tĂȘte et collier tattoo pour parfaire la panoplie, les club kids d’aujourd’hui se prennent Ă  brĂ»ler pour une dĂ©cennie musicale qu’ils n’ont vĂ©cue que par ouĂŻ-dire – ou plutĂŽt, par captations vidĂ©o lo-fi diggĂ©es sur YouTube. Les raves et leur ancĂȘtre les free-party, les info-lines, l’ecsta Ă  150 francs, et surtout, l’ñge d’or de la musique Ă©lectronique : une Ăšre bĂ©nie.

BĂ©nie, vraiment ? En France, les dĂ©buts du genre ne se font pas dans l’allĂ©gresse. Loin s’en faut. Car contrairement Ă  ses voisins outre-Atlantique, outre-Manche, teutons ou du BĂ©nĂ©lux, l’Hexagone ignore la nouvelle venue. Durant les premiĂšres annĂ©es, l’accueil a tout d’une chasse aux sorciĂšres, les mĂ©dias dominants fustigeant les mĂ©faits de la drogue et la dĂ©bauche tout azimuts, forcĂ©ment associĂ©es Ă  ces sonoritĂ©s venues de l’espace. Pour ceux qui s’attachent Ă  dĂ©fendre le genre, la tĂąche est d’autant plus ardue : la critique musicale prend des allures de rĂ©bellion. Les rares qui s’y hasardent, durant ces annĂ©es de traversĂ©e du dĂ©sert (et des parkings bĂ©tonnĂ©s), endossent le rĂŽle de vĂ©ritables passeurs, contribuant Ă  faire sortir de l’ombre une musique contrainte de se vivre dans la confidentialitĂ©.

Jean-Yves Leloup est de ceux-lĂ . “Le John Peel français”, avait mĂȘme lancĂ© un ami Ă  qui je parlais de mon entrevue avec lui. CoĂ©quipier de l’aventure du magazine Coda, le principal (sinon l’unique) magazine dĂ©diĂ© Ă  la musique Ă©lectronique au dĂ©but des 90s, animateur de radio sur Radio FG et Nova, critique pour LibĂ©ration, Actuel, Tsugi ou Trax, sa contribution Ă  l’introduction de la musique Ă©lectronique auprĂšs du grand public sera dĂ©cisive. Également impliquĂ© dans le monde de l’art contemporain, membre collectif le Bureau des VidĂ©os et commissaire d’exposition, son approche le mĂšne Ă  Ă©largir le spectre, et Ă  replacer la musique Ă©lectronique dans un contexte dont on la coupe souvent : son rĂŽle social certes, son lien avec les autres disciplines artistiques aussi, mais surtout son histoire, alors qu’il est d’usage de la fantasmer comme la musique du futur. Son histoire justement, et ses racines plongĂ©es dans le terreau des musiques planantes des annĂ©es 1970 ou de la new wave, voilĂ  le fil que dĂ©roule Jean-Yves Leloup Ă  la Fondation Electra EDF Ă  Paris, dans le cadre de l’expo Electrosound dont il assure le co-commissariat aux cĂŽtĂ©s d’Uros Petrevski et Jean-Louis FrĂ©chin. Nous l’avons rencontrĂ© pour Ă©voquer les prĂ©misses de la scĂšne techno française, le paysage mĂ©diatique de l’époque, mais aussi le rĂŽle du critique musique aujourd’hui.

Pour beaucoup, vous avez jouĂ© le rĂŽle du passeur, introduisant le grand public Ă  un genre encore mĂ©connu Ă  l’orĂ©e des annĂ©es 1990 en France : la musique Ă©lectronique. De votre cĂŽtĂ©, comment s’est faite la rencontre ?

Jean-Yves Leloup – Ce qu’on oublie souvent, c’est que Kraftwerk ou Jean-Michel Jarre passaient assez souvent Ă  la radio ou Ă  la tĂ©lĂ©vision Ă  la fin des annĂ©es 1970 et au dĂ©but des annĂ©es 1980. Ils Ă©taient prĂ©sents dans le paysage audiovisuel français au mĂȘme titre que toute la pop synthĂ©tique britannique ou la new wave, deux genres par ailleurs fortement marquĂ©s par l’électronique. Les ados comme moi, on Ă©coutait ça au mĂȘme titre que Lou Reed, les chanteurs français ou la pop dĂ©crite dans les premiers numĂ©ros des Inrocks. MĂȘme Ă  cette Ă©poque, la musique Ă©lectronique infusait l’ensemble de la sociĂ©tĂ© : Jacno avait composĂ© un morceau de Nesquik, François de Roubaix [compositeur de musique de films dans les annĂ©es 70, connu pour son usage du synthĂ©, et inspiration majeure de la musique Ă©lectronique des annĂ©es 90, dont SĂ©bastien Tellier ou Air, ndlr] le gĂ©nĂ©rique de la sĂ©rie d’animationChapi Chapo, et mĂȘme le jingle de l’aĂ©roport de Paris, que l’on doit au compositeur de musique Ă©lectro-acoustique Bernard Parmegiani. C’est aussi ce qu’on essaye de montrer dans l’expo Ă  la Fondation Electra : que la musique Ă©lectronique n’apparaĂźt pas subitement, qu’elle s’inscrit dans une histoire et un contexte social global. Ensuite, ce qui a Ă©tĂ© assez important pour moi, c’est que je me suis retrouvĂ© Ă  travailler pour Radio FG en 1989 pour mon service civil. C’était l’époque oĂč avaient lieu les toutes premiĂšres raves en France. Je me suis vraiment retrouvĂ© au milieu du cyclone, puisque la radio, avec ses Ă©missions, Ă©tait le point de rendez-vous des DJs et des producteurs, ainsi que le point d’information pour toutes les raves party et les soirĂ©es en club. Et en mĂȘme temps, j’avais aussi un recul sur ce mouvement en train de naĂźtre : j’avais Ă©coutĂ© du rock, j’avais dĂ©jĂ  un pied dans le monde de l’art contemporain et de la vidĂ©o, et surtout, Ă  ce moment, je n’avais pas vingt ans mais plutĂŽt vingt-six.

En Allemagne, la techno a Ă©tĂ© vĂ©cue comme la musique de la rĂ©unification, un vrai engouement populaire et de masse. Alors qu’en France, j’ai l’impression que ça a d’abord Ă©tĂ© une contre-culture vĂ©cue d’abord sur le mode de la clandestinité  Parce que la presse a refusĂ© de s’en faire l’écho ?*

CĂŽtĂ© radio, il y a eu une radio privĂ©e qui s’appelait Maximum et qui a passĂ© un peu ce genre de programmes, mais elle a pas durĂ© trĂšs longtemps. Radio Nova avait elle-aussi quelques Ă©missions ponctuelles et spĂ©cialisĂ©es, notamment Docteur Beat. Ensuite, Ă  partir du dĂ©but des annĂ©es 1990, ça s’est surtout passĂ© chez Radio FG. Puis Nova lui a emboĂźtĂ© le pas avec une couverture plus rĂ©guliĂšre et en invitant des DJs Ă  l’antenne. CĂŽtĂ© radio, c’était surtout ces deux-lĂ , avec ensuite quelques Ă©missions spĂ©cialisĂ©es sur les FM locales, rĂ©gionales ou indĂ©pendantes. CĂŽtĂ© presse papier, le premier magazine dĂ©diĂ© Ă  la cause, ça a Ă©tĂ© le mensuel Coda. J’ai Ă©crit dedans dĂšs le premier numĂ©ro : Jean-Philippe Renoult Ă©tait rĂ©dacteur en chef, et moi rĂ©dacteur en chef adjoint. Mon premier article Ă©tait une chronique assez nĂ©gative sur un album ambient de Sven VĂ€th vraiment pas bon – mais je n’ai pas osĂ© relire mes papiers dedans depuis. On continuĂ© l’aventure jusqu’en 1998. Il y a avait aussi un petit magazine qui s’appelait Zipper mais qui n’a pas survĂ©cu trĂšs longtemps, et quelques fanzines papiers. A cela, il faut ajouter deux sites Minitel : le 3615 FG et le 3615 RAVE de LibĂ©ration, qui transmettait des infos sur les rave party. Il y avait donc effectivement une certaine raretĂ© de l’information.

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Retrouvez l’intĂ©gralitĂ© de l’interview sur le site des Inrocks

Ingrid Luquet-Gad
Les Inrockuptibles 23 juin 2016

- Notre sélection de lectures musicales pour l'été

“Digeste et passionnant”. Ellen Ichters sĂ©lectionne quelques livres pour vous accompagner cet Ă©tĂ©.

Ce livre raconte le voyage du son Ă©lectrique et les relations tĂ©nues qui ont toujours existĂ© entre les derniĂšres innovations technologiques et la musique. Il s’agit du catalogue de l’exposition Electrosound: Machines, musiques et cultures, prĂ©sentĂ©e Ă  l’Espace Fondation EDF, Ă  Paris. Cet ouvrage synthĂ©tique Ă©voque les artistes qui ont mis en avant les instruments, mais aussi leurs crĂ©ateurs. Les illustrations, nombreuses et colorĂ©es, font de ce livre un excellent compagnon de vacances.

Écoutez l’émission sur le site de Pl3in le poste

Ellen Ichters
RTS // pl3in le poste 27 juin 2016

- Des sons et du sens

“La jeunesse actuelle est Ă©rudite et elle est trĂšs en demande de mise en perspective.” Pour plonger dans l’histoire de la musique Ă©lectronique, de ses instruments et de son esthĂ©tique, l’Espace Fondation EDF Ă  Paris prĂ©sente l’exposition Electrosound. Un livre accompagne ce panorama. “L’idĂ©e Ă©tait de rĂ©aliser un ouvrage qui fasse Ă©cho Ă  l’exposition mais qui fonctionne aussi seul”, prĂ©cise le journaliste Jean-Yves Leloup, commissaire de l’exposition avec l’agence NoDesign. Le recueil est dĂ©coupĂ© en diffĂ©rentes parties, des laboratoires d’aprĂšs-guerre Ă  la culture populaire actuelle (sous l’Ɠil de l’ami photographe Jacob Khrist), en passant par les annĂ©es synthĂ©tiques et l’avĂšnement du PC. “Nous voulions crĂ©er une continuitĂ© entre les Ă©poques, avec une articulation Ă©ditoriale.” En fouillant dans les archives, Leloup a trouvĂ© des clichĂ©s rares et une Ă©pique de journalistes spĂ©cialistes l’entoure dans la rĂ©daction de ce livre pĂ©dagogique et historique.

Olivier Pernot
Trax Juin 2016