Deep Purple - Nouvelle édition
Rhapsody In Rock
Au delĂ de la simple Ă©rudition et de la qualitĂ© de la langue de Cabot, on remarquera une capacitĂ© Ă saisir lâesprit dâun groupe et la dynamique musicale globale du Deep Purple des annĂ©es 60 et 70.
Metalchroniques.fr
Lâhistoire de Deep Purple est riche et mouvementĂ©e, comme lâest souvent celle dâun groupe Ă la durĂ©e de vie exemplaire : conflits dâintĂ©rĂȘts et querelles dâĂ©go, dĂ©parts, retours, sĂ©parations, trahisons. Cette aventure a des allures de roman-feuilleton dont lâinconscient collectif et lâhistoire du rock ne retiendront que les pages les plus glorieuses. Ă ses dĂ©buts en 1968, Deep Purple se fond dans le paysage rock, sâessayant aux musiques tendances pour chercher sa voie. Ce nâest quâĂ partir de lâalbum In Rock que la lĂ©gende se met en marche. Dauphin de Led Zeppelin qui, avec Black Sabbath, a ouvert les portes du hard-rock, Deep Purple devient un des groupes miraculeux des annĂ©es soixante-dix et Ritchie Blackmore une icĂŽne emblĂ©matique. Trop longtemps rĂ©duit Ă sa formation la plus cĂ©lĂšbre, la distance historique et le recul critique permettent Ă Jean-Sylvain Cabot dâexplorer lâensemble du parcours de Deep Purple et de réévaluer certaines de ses Ă©tapes cruciales. Ă travers les multiples incarnations du groupe et lâanalyse de ses albums, lâauteur nous livre une chronique pointue de lâĂ©volution dâun des groupes les plus emblĂ©matiques de lâhistoire du rock.
Revue de presse
- Deep Purple Thierry de Fages Le blog de Phaco 15 mars 2021
Deep purple « Rhapsody in rock » Jean Christophe Mary Tute la Culture 10/03/2014
Baptiste Metalchroniques.fr 25 octobre 2013
Deep Purple : pas de fumée sans eux ! Alexandre Carini Nice Matin 30 septembre 2013
Raymond Sérini Nouvelle Vague 18 septembre 2013
Luc B. Deblocnot' 06 septembre 2013
Rockoscopie David Taugis JudaĂŻques FM 1 septembre 2013
à lire : Deep Purple... Le Brise Glace 22 août 2013
Jean-Sylvain Cabot a Ă©tĂ© journaliste pour Rock & Folk entre 1980 et 1985. Il est lâauteur de plusieurs ouvrages aux Ă©ditions Le Mot et le Reste. Jean-Sylvain Cabot raconte la saga Deep Purple, un des groupes les plus illustres des seventies, et sâattache Ă revenir sur pas mal dâidĂ©es reçues. « Trop souvent sous-Ă©valuĂ© par rapport Ă Les Zeppelin, frappĂ© dâostracisme par une certaine presse, Deep Purple mĂ©rite mieux que les Ă©tiquettes simplificatrices dont on lâa toujours affublĂ© comme ce titre de « groupe fondateur emblĂ©matique du hard rock », lequel en soi nâest pas dĂ©shonorant mais se rĂ©vĂšle inexact au regard de son Ă©volution, mĂȘme si câest par le biais de ce genre musical, et dâun tube, « Smoke On The Water », que le groupe doit sa cĂ©lĂ©britĂ©. » Des dĂ©buts pop aux tournĂ©es de reformation, des tentatives de mariage avec la musique classique aux colĂšres de Richie Blackmore. Jean-Sylvain Cabot raconte lâhistoire de ce groupe brillant, symbole dâune Ă©poque dĂ©mesurĂ©e : concerts Ă©piques, conflits dâintĂ©rĂȘts et querelles dâego, Ă©phĂ©mĂšres tentations funk ou progressives, avec pour repĂšres lâorgue Hammond de Jon Lord et la batterie de Ian Paice. Lâensemble est complĂ©tĂ© par une impressionnante discographie, dont chaque titre est commentĂ© en dĂ©tail. Avec des repĂšres chronologiques et des sources.
Une chronique Ă retrouver sur le Blog des arts
Dans Deep Purple Rhapsody in rock le journaliste Jean-Sylvain Cabot propose une intĂ©ressante analyse dâun groupe culte, Ă la fois encensĂ© et mĂ©sestimĂ©.
[âŠ] Dans cet ouvrage de prĂšs de 280 pages cet ex-journaliste de Rock & Folk, auteur de The Who, Getting in Tune (2017) dĂ©cortique chaque opus du Pourpre profond, du nĂ©andertalien The Book of Taliesyn (1968) au rĂ©cent Whoosh ! (2020). En oute, lâauteur nous propose une copieuse et solide mine dâinformations sur les membres du groupe â de leur style musical aux relations personnelles -, sur leurs disques live â une spĂ©cialitĂ© chez Deep Purple avec des albums mythiques comme Made in Japan (1972) ou Made in Europe (1976) ! â et sur tout ce qui touche de prĂšs ou de loin la galaxie Deep Purple (Rainbow, Tommy Bolin, Glenn Hugues, Steve Morse, Jon LordâŠ) Dans Deep Purple Rhapsody in rock lâauteur fait particuliĂšrement bien ressortir la modernitĂ© piquante et le caractĂšre expĂ©rimental et novateur de cette formation, qui souvent nâĂ©chappa pas Ă de violentes critiques.
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La chronique est à retrouver en intégralité sur Le blog de phaco
Du milieu des 60âs au dĂ©but des 70âs, lâĂ©poque bĂ©nie du rock. Cream, Blue Cher et Hendrix fusionnent rock psychĂ©dĂ©lique, blues rock, acid rock. Aux cotĂ© de Black Sabbath et Led Zeppelin, les Deep Purple reprennent les ingrĂ©dients, durcissent le ton et inventent le hard rock, mixture de blues Ă©pais, lourd et de rock Ă la fois puissant, crade et mĂ©lodique.
Tout dĂ©marre en 1968 lorsque Ian Paice (batterie), Ritchie Blackmore (guitare) et Jon Lord (claviers) et Rod Evans (chant) sâenferment dans une maison Ă la campagne au Nord de Londres. Ils jouent alors une pop psychĂ©dĂ©lique, orgue bien en avant, avec dĂ©jĂ , un son trĂšs lourd. De cette pĂ©riode, beaucoup de reprises parmi lesquelles notamment « Kentucky Woman « de Neil Diamond et le « Hey Joe » de Hendrix sur lesquelles ils façonnent leur son. Mais câest lâannĂ©e suivante, avec lâarrivĂ©e de Ian Guillan (chant)et Roger Glover (basse) que les choses sĂ©rieuses commencent. DĂšs lors, avec cette voix blues qui passe des notes basses aux hurlements stridents, ces guitares aux riffs Ă©pais et agressifs et un Ian Paice qui charpente le tout, la formule est dĂ©sormais la bonne. Du moins câest celle que retiendra lâhistoire. De cette pĂ©riode, trois albums majeurs : « Deep Purple In Rock » et « Machine Head » ainsi que le cĂ©lĂšbre « Made in Japan » et une flopĂ©e de titres cultes « Child In Town, Highway Star, Fireball et Smoke On the water. Deep Purple a changĂ© les rĂšgles du jeu. Le combo dynamite les canons du rock, lui insuffle les harmonies de la musique baroque de J.S.Bach pour devenir ce hard rock Ă la fois violent et mĂ©lodique. Cheveux longs, fringues hippies et crasseuses, Deep Purple invente aussi lâimage du hard rock. En 1973, lâarrivĂ©e de David Coverdale (chant) et Glenn Hughes (basse) donnent une orientation plus blues et plus funk avec les fameux « Burn » « Stormbringer » en 1974. Au sommet de son art, Deep Purple rempli des stades et vend des millions dâalbums. Lâaventure sâarrĂȘtera brutalement en 1975 puis reprendra au milieu des annĂ©es 80 jusquâau dĂ©part de Jon Lord. Cet ouvrage trĂšs bien documentĂ© vous raconte tout, disque par disque, des dĂ©buts pop aux tournĂ©es de reformations, la musicalitĂ© de Jon Lord, les frasques de Ritchie Blackmore, la rythmique efficace dâun Ian Paice. CĂŽtĂ© instrumentistes dâailleurs, si on cite souvent Keith Moon ou John Bonham comme batteurs de rĂ©fĂ©rences des 70âs, on oublie trop souvent de mentionner Ian Paice. Savourez ces 265 pages en montant le son sur « Burn » , Might Just Take Your Life » ou le torride « Smoke On The Water ». Un pur rĂ©gal.
Deep Purple â Toute la Culture
On ne saurait trop dire que la biographie de Deep Purple par Jean-Sylvain Cabot, intitulĂ©e Deep Purple. Rhapsody in Rock et parue chez lâĂ©diteur Le mot et le reste est bienvenue. Dâabord car câest la premiĂšre en français : le groupe dâIan Gillan et Roger Glover nâavait jamais fait lâobjet dâune biographie dans la langue de MoliĂšre alors que celles de Led Zeppelin ou Black Sabbath (pour Ă©voquer des groupes au profil proche) ne manquent pas. Mais aussi car il y a toujours une actualitĂ© de Deep Purple, qui a repris la route aprĂšs avoir sorti un excellent dernier album, Now What ?!. Donc lâaccueil ne peut ĂȘtre que bon.
Il sera dâautant meilleur que lâouvrage est de qualitĂ©. Jean-Sylvain Cabot est un ancien journaliste de Rock&Folk dans les annĂ©es 80, mais aussi lâauteur de deux ouvrages chez le mĂȘme Ă©diteur sur les plus importants disques du mĂ©tal et du hard rock. Il connaĂźt son affaire et tout particuliĂšrement le hard rock et le heavy metal des annĂ©es 70. Cela donne une biographie trĂšs maĂźtrisĂ©e, ne nĂ©gligeant aucune des pĂ©riodes du groupe, notamment lâĂ©poque du Mark I, quâil rĂ©habilite dâune certaine maniĂšre, Ă travers une analyse fouillĂ©e et empathique que lâon retrouve dans la partie « discographie » du livre. De mĂȘme on lira avec intĂ©rĂȘt lâexplication du rĂŽle important du fameux Concerto For Group And Orchestra (1970) dont Cabot fait remarquer le caractĂšre plus quâhonorable dâun point de vue musical et le succĂšs, notamment en terme dâĂ©cho mĂ©diatique, de lâalbum pour le groupe.
Saisir lâesprit dâun groupe et son itinĂ©raire musical
Au delĂ de la simple Ă©rudition et de la qualitĂ© de la langue de Cabot, on remarquera une capacitĂ© Ă saisir lâesprit dâun groupe et la dynamique musicale globale du Deep Purple des annĂ©es 60 et 70. Cette dynamique est une dynamique marquĂ©e par les scansions, les tensions, les ruptures, les crises et les redĂ©marrages. Et ce Ă un rythme trĂšs soutenu. Les line-up Mark I, II, III et IV se succĂšdent en lâespace de huit ans, les musiciens vont et viennent, lâapogĂ©e succĂ©dant au marasme et donnant souvent lieu Ă des explosions de rancĆur voyant lâĂ©viction de Rod Evans puis de Roger Glover et de Gillan, le dĂ©part volontaire de Blackmore pour finir dans le split dĂ©cidĂ© par Lord et Coverdale aprĂšs un concert catastrophique du Mark IV Ă Liverpool en 1976.
Il est assez stupĂ©fiant de constater quâune dynamique presque auto-destructrice ait pu accoucher dâune telle crĂ©ativitĂ©, dĂ©bouchant sur au moins trois albums essentiels : In Rock (1970), Machine Head (1972) et Burn (1974). Albums auxquels on pourrait dâailleurs rajouter Stormbringer (1974) et Come Taste The Band (1976), que Cabot louange avec beaucoup dâĂ propos. Plus gĂ©nĂ©ralement le Mark III et IV du groupe plaisent particuliĂšrement Ă Cabot, qui nâest pas loin de penser quâil sâagit des meilleurs moments du groupe (une idĂ©e qui se dĂ©fend tout Ă fait).
Réhabilitations
Au registre des rĂ©habilitations, on lira avec plaisir les lignes sur le mal-aimĂ© Slave and Masters (1990), qui Ă©tait le disque prĂ©fĂ©rĂ© de la reformation par Blackmore, un point sur lequel lâauteur sâaccorde presque avec le guitariste. De mĂȘme, lâĂ©poque Steve Morse est bien prĂ©sentĂ©e et lâanalyse sur le fameux Perpendicular (1996) trĂšs judicieuse.
Il est dommageable que quelque coquilles parsĂšment la deuxiĂšme partie du livre, Cabot sâobstinant Ă vouloir faire de « Knockinâ At Your Back Door » le single de Perfect Strangers (1984) et de House Of The Blue Light (1986). Cela ne serait pas bien grave si lâĂ©poque des annĂ©es 80 ne faisait lâobjet des nĂ©gligences de Jean-Sylvain Cabot, qui ne semble pas apprĂ©cier gĂ©nĂ©ralement cette pĂ©riode. DâoĂč des imprĂ©cisions dommageables : Perfect Strangers nâest en rien un disque teintĂ© dâAOR (p. 211), mais plutĂŽt un disque trĂšs (trop) classique du groupe. Câest le disque suivant qui verra le groupe verser dans cette direction.
De quoi sursauter
Câest surtout le point de vue de Cabot sur Machine Head qui fera sursauter. Lâauteur en fait un disque totalement surestimĂ©, et ce non pour choquer (p. 186), mais avec des arguments qui se veulent solides. Au delĂ de la question des goĂ»ts personnels â qui font dire Ă Cabot que « Never Before » est « mĂ©diocre » â, il y a lâargument clĂ© avancĂ© : le succĂšs de Machine Head est en fait rĂ©troactif. Il serait dĂ» tout dâabord aux qualitĂ©s du live de la tournĂ©e, le fameux Made In Japan, qualitĂ©s qui auraient Ă©tĂ© indĂ»ment Ă©tendues au disque studio. Par ailleurs, la rĂ©putation du disque aurait Ă©tĂ© aussi construite Ă partir de « Smoke On The Water », une chanson qui dĂ©plaĂźt Ă lâauteur, qui la rĂ©duit injustement Ă son lĂ©gendaire riff.
Ă mon avis les raisons de la notoriĂ©tĂ© du disque sont ailleurs. Si les annĂ©es 70 raffolaient des lives notamment dans leurs aspects les plus outranciers, il est aujourdâhui bien plus facile dâaborder par exemple « Space Truckinâ » Ă partir de Machine Head que par Made In Japan (sur lequel il totalise presque 20 minutes). De mĂȘme pour « Lazy » ou « Smoke On The Water ». Car certains gimmicks du live nâont pas survĂ©cu aux annĂ©es 80. Par ailleurs la qualitĂ© de la production de Martin Birch, injustement dĂ©criĂ©e par Cabot, rend tout Ă fait justice au disque, quarante ans aprĂšs sa sortie. Les remixes de 1997 de Roger Glover, contestĂ©s du fait des changements des solos de Blackmore notamment, parachĂšvent cette mise Ă jour. Jean-Syvlain Cabot, qui est nĂ© en 1955, est dâune gĂ©nĂ©ration musicale oĂč Get Yer Ya Yaâs Out ou Live At Leeds Ă©taient plus prestigieux que les disques studio des Rolling Stones ou des Who. Les choses ont changĂ©.
Live et studio
Au final, Cabot insiste beaucoup sur lâimportance de la qualitĂ© des lives du Pourpre profond qui en ferait un groupe de scĂšne plus que de studio : « il est regrettable, par exemple, que dans sa formation la plus cĂ©lĂšbre principalement, Deep Purple ait sacrifiĂ© les disques studios aux prestations en public, en ne voyant dans chaque album quâune maniĂšre de renouveler son rĂ©pertoire scĂ©nique et nâai pas dĂ©montrĂ© dâavantage dâambition ». Il me semble que de nombreuses analyses dĂ©taillĂ©es de disque proposĂ©es par Cabot lui-mĂȘme vont Ă lâencontre de cette remarque qui pĂȘche par une gĂ©nĂ©ralisation hĂątive Ă partir de quatre albums (car le Mark II des annĂ©es 70 nâa enregistrĂ© que quatre disques, dont le dernier dans la douleur).
Par ailleurs, cette sentence introduit la suggestion suivante de lâauteur :
« Il leur aura peut-ĂȘtre manquĂ©, finalement, un leader qui ne soit pas âseulementâ un guitariste et un showman remarquable mais aussi un compositeur Ă©mĂ©rite, un producteur et un homme de studio comme Jimmy Page ».
Au delĂ de la comparaison somme toute convenue entre les deux groupes â que je ne chercherai pas Ă discuter en tant que telle â, il y a ici une conception des Ă©lĂ©ments quâil faudrait assembler pour arriver au meilleur rĂ©sultat musical : un homme, une direction, un travail en studio, etc. Cabot se fourvoie lĂ . Les recettes nâexistent pas en musique, rock ou non. Deep Purple a créé dans le contraste des personnalitĂ©s et des influences, dans lâurgence et dans les volte-face. En sâinspirant dâautres modĂšles de crĂ©ation, il nâaurait sans doute pas fait mieux. Son identitĂ© rĂ©side dâailleurs lĂ : Ă la croisĂ©e des qualitĂ©s musicales et des tempĂ©raments humains. Ă leur entrechoquement, on pourrait mĂȘme dire.
Actuellement, cette alchimie nâexiste plus car tout semble bien plus calme depuis le dĂ©part de Ritchie Blackmore et lâarrivĂ©e de Steve Morse. La musique sâen ressent dâailleurs : plus apaisĂ©e, la musique du Pourpre profond ne dĂ©voile pas les mĂȘmes qualitĂ©s que celle des annĂ©es 70, sans en ĂȘtre dĂ©nuĂ©e pour autant. Cabot fait remarquer un peu cruellement que le groupe est presque devenu son propre « tribute band » avec ses set-lists truffĂ©es de classiques et ses passages obligĂ©s. Ce nâest pas faux, mĂȘme si Gillan et les siens font un point dâhonneur Ă interprĂ©ter des morceaux rĂ©cents, sans dĂ©mĂ©riter. Cabot « plaide » pour une douce mise Ă la retraite, lâexcellent Now What ?! constituant un parfait point dâorgue Ă une carriĂšre, certainement pas exemplaire, mais exceptionnelle. On ne peut que le suivre ici.
Ce Deep Purple, Rhapsody In Rock nâest pas quâune plate biographie mais le livre dâun amateur, certes Ă©rudit, mais dotĂ© aussi un dâun avis trĂšs souvent pertinent. Une « pertinence » qui nâincite pas Ă le suivre aveuglĂ©ment mais Ă revenir encore et une fois sur un des trois piliers dâun genre qui se dirige doucement vers le demi-siĂšcle. Ă lire absolument.
Ex-critique de Rock&Folk, Jean-Sylvain Cabot dissĂšque la saga de ce groupe au tube planĂ©taire : âSmoke On The Waterâ.
Tin-Tin-Tin, Tin-Tin-Tinlinnn ! Difficile de retranscrire un riff de guitare, mais ces accrocs-lĂ sont tellement cĂ©lĂšbres que chacun aura sans doute les notes en tĂȘte, mĂȘme si la rĂ©daction nâest pas partition.
âSmoke On The Waterâ⊠Le tube planĂ©taire de Deep Purple. La chanson qui a fait accĂ©der le groupe britannique au rang de formation mythique. Une envoĂ»tante volute sonore. Dans son ouvrage en forme dâexpertise, Jean-Sylvain Cabot rĂ©vĂšle comment la lĂ©gende est quasiment nĂ©e dâun⊠couac lors de lâenregistrement de lâalbum Machine Head en 1972. âIl manquait 7-8 minutes de musique pour finir lâalbum, et comme les musiciens de Deep Purple ne sont pas de grands compositeurs, ils nâavaient pas 50 morceaux en rĂ©serve sous le bras_, raconte lâex-critique du magazine Rock&Folk qui rĂ©side aujourdâhui Ă Vence. Alors le guitariste Ritchie Blackmore a proposĂ©, un peu honteusement, cette suite dâaccords quâil avait griffĂ©e en dĂ©but de session, comme ça, pour sâĂ©chauffer. Mais il ne croyait pas du tout au potentiel de ce morceau.
Une compo âbouche-trouâ qui en met plein les oreilles. Lâaffaire aurait pu virer au naufrage. Dâautant plus que les paroles du bassiste Roger Glover font rĂ©fĂ©rence Ă lâincendie du Casino de Montreux le 3 dĂ©cembre 1971. Et Ă cette fumĂ©e sinistre qui sâĂ©levait au-dessus du lac LĂ©man.
Deep Purple, un phénix qui renaßt de ses cendres.
Mais la suite, on la connaĂźt : âSmoke On The Waterâ fut un incroyable succĂšs qui a contribuĂ© Ă donner ses lettres de noblesse au hard-rock et Ă en ouvrir les frontiĂšres sectaires. Câest un morceau qui atteint lâuniversel, comme âStairway To Heavenâ de Led Zeppelin. Il est rare quâun groupe atteigne cette dimension avec un seul morceau, constate Jean-Sylvain Cabot, avant de mettre son bĂ©mol. âSmoke On The Waterâ est devenu le cauchemar des vendeurs de guitares car nâimporte quel gamin qui veut sâessayer Ă lâinstrument tente de le jouer ! Pour autant, lâouvrage exhaustif paru aux Ă©ditions Le mot et le reste entend rĂ©habiliter Deep Purple au-delĂ de ce jackpot commercial libĂ©rateur de dopamine. Par rapport Ă Led Zeppelin ou Black Sabbath, Deep Purple a Ă©tĂ© sous-estimĂ©. Il a popularisĂ© le hard-rock mais il a su aussi mĂȘler toutes sortes dâinfluences pour se renouveler au grĂ© de plusieurs formations, tel un phĂ©nix qui renaĂźt de ses cendres. Les engueulades entre Ritchie Blackmore et le chanteur Ian Gillian. Les beuveries. Le concert apocalyptique dâavril 1974 Ă Ontario, oĂč Blackmore casse des guitares (et la gueule dâun camĂ©raman) avant de prendre la fuite avec le groupe en hĂ©lice. Deep Purple a survĂ©cu Ă tout ça. Il nây a pas de fumĂ©e sans euxâŠ
Les Ă©ditions Le mot et le reste de Marseille se tournent vers le passĂ© avec le livre de Jean SĂ©bastien Cabot : Deep Purple Rhapsodie In Rock. Le groupe a fait partie du trio magique (avec Led Zeppelin et Black Sabbath) qui a imposĂ© le hard rock dans les annĂ©es soixante-dix. Lâauteur arpente avec bonheur lâhistoire tumultueuse de la formation et cette Ă©poque dĂ©mesurĂ©e durant laquelle la musique rock Ă©tait au centre de lâexistence de millions de teenagers. Il nous prĂ©sente Ă©galement tous les albums de lâimposante discographie de Deep Purple. Le groupe existe toujours, a sorti un nouveau CD intitulĂ© Now What ?! il y a peu et continue de tourner Ă travers le monde. Cet ouvrage rend un hommage mĂ©ritĂ© Ă un trĂšs grand groupe de hard rock qui a marquĂ© plusieurs gĂ©nĂ©rations.
Note : 4/5
Lien vers le site de Nouvelle Vague
Câest Ă ma connaissance le premier ouvrage consacrĂ© Ă Deep Purple Ă©ditĂ© en français. On peut sâen Ă©tonner, quand on voit le nombre de bouquins qui ressassent lâhistoire des Stones, de Led Zep, de Morrison et ses Doors. On sâen Ă©tonne dâautant plus que Deep Purple jouit dans le landerneau rock dâune plutĂŽt bonne rĂ©putation, un certain capital sympathie, et son parcours chaotique aurait dĂ» attirer plus dâun biographe. On sâen Ă©tonne, mais on sâen rĂ©jouit, car ce bouquin est trĂšs bien fait.
300 pages et pas de photo. Vlan, câest dit ! Les photos, yâa quâĂ aller sur Google pour en trouver des millions⊠Le livre se partage en trois parties. Dâabord, lâhistoire du groupe, de sa crĂ©ation au dernier NOWWHAT ?! Ensuite, la discographie complĂšte, incluant les live. Et lĂ , yâa du boulot !! Cette maniĂšre de procĂ©der permet de fluidifier lâhistoire racontĂ©e, sans sâappesantir sur le contenu des disques, et de privilĂ©gier les relations entre les membres du groupe. Et ça permet de prendre tout son temps, ensuite, pour parler des disques. Enfin, une troisiĂšme et derniĂšre partie, plus courte, fait le point sur « nĂ©buleuse pourpre » RAINBOW, WHITESNAKE, et albums solos.
Jean Sylvain Cabot commence par souligner la spĂ©cificitĂ© de ce groupe sur les autres groupes de Hard Rock, en rappelant deux choses : chez Deep Purple, pas dâhistoire de dopes (hormis avec Tommy Bolin, mais cela nâa pas durĂ©âŠ) on prĂ©fĂšre bibiner au pub ou en coulisse, et pas de textes satanico-machos, pour les pĂ©riodes oĂč Ian Gillan tenait la plume. Câest Ă saluer. Et pour cause : lâauteur ne range pas Deep Purple dans catĂ©gorie Hard Rock, et lâanalyse de la discographie lui donne raison.
Quelques idĂ©es se dĂ©gagent du livre, qui cernent bien ce quâĂ©tait ce groupe. Dâabord, câest moins un groupe quâune addition dâindividualitĂ©s fortes, et musicalement cultivĂ©es. Le patron, câest le manager, Tony Edwards, un industriel reconverti dans la musique, donc avec un apport financier sans fond, les musiciens sont comme des salariĂ©s. Les droits dâauteur sont dâailleurs partagĂ©s en cinq parts Ă©gales (au grand dam de Blackmore !!). PremiĂšre spĂ©cificitĂ©, ils Ă©taient lĂ pour travailler ensemble, pas pour le fun (pas dâhistoire de jeunesse, comme Jagger et Richards). Ils nâĂ©taient pas obligĂ©s de faire copains-copains, et ça tombent bien, car dĂšs le dĂ©but, les dissensions existent, et ne feront que croitre avec le temps. Lâaspect petite-entreprise renvoie les rapports humains au second plan. Lorsque Rod Evans, le chanteur des trois premiers albums est remerciĂ©, câest par Edwards, sans que les musiciens nâinterviennent. Il enregistrait en studio la journĂ©e, sans savoir que le soir, les quatre autres recommençaient avec Ian Gillan, les mĂȘmes chansons ! Le limogeage de Roger Glover (bassiste) en 1973 se fera de la mĂȘme maniĂšre, entre deux portes de bureau. Coup de massue pour celui qui en studio, se tapait 80% du boulot aux manettes, sâoccupait du design (il cumulait un poste de producteur au sein de Purple Records). Et quand Joe Lynn Turner sera Ă©vincĂ© en septembre 1992 et remplacĂ© par le revenant Ian Gillan, on confiera au chanteur les bandes play-back dĂ©barrassĂ©es de la voix de Turner, en lui disant : tâas une semaine pour réécrire et enregistrer tes propres textes !
Jâai dit quâils Ă©taient musicalement cultivĂ©s, et câest une autre caractĂ©ristique de ce groupe. Jon Lord, autour de qui le groupe se forme, avait une formation classique, autant que jazz. Blackmore aussi, fĂ©ru de musique baroque, puis mĂ©diĂ©vale. Ce qui a donnĂ© trĂšs vite, en concert, de trĂšs longues envolĂ©es instrumentales, que lâon peut qualifier de progressives (si on sâen tient Ă la dĂ©finition), Ă la maniĂšre de jazzmen empruntant au classique avec des instruments de rock ! Deep Purple a trĂšs vite Ă©tĂ© cĂ©lĂšbre pour son sens de lâimprovisation (mĂȘme si Ian Paice, perfidement, rappelle que chez Blackmore tout Ă©tait calculĂ©âŠ) basĂ©e sur des duels guitare/claviers. DĂšs 1969, Deep Purple est la grande attraction du circuit, en termes de prestations live. Au point dâĂȘtre virĂ©s de la premiĂšre parties de Cream, aux USA, pour ne pas faire trop dâombre au trio.
DâoĂč ce constat : quid du Hard Rock lĂ -dedans ? Si In Rock (1970) est incontestablement une des pierres angulaires du genre, Deep Purple est un groupe Ă©ponge, qui selon le vent, donne dans le psychĂ©dĂ©lisme, le progressif, la pop, le rhythmânâblues, le heavy metal⊠Bref, tout simplement du rock, au sens large du terme.
De mĂȘme, on peut avancer que chez Deep Purple, il nây avait pas de leader, au sens Pete Townsend, Jimmy Page ou Mark Knopler du terme. Un type qui donne le cap. Pour les quatre premiers disques, Jon Lord, lâainĂ©, celui qui cumulait le plus dâexpĂ©riences (il parait quâil joue du piano sur « You really got me » des Kinks, mais ne dit-on pas aussi que Jimmy Page y tient la guitare ?) fait figure de directeur musical, culminant avec le Concerto For Group and Orchestra (1969) et Gemini Suite (1970). Quelques peu vexĂ© que ses initiatives orchestrales ne soient pas apprĂ©ciĂ©es, il se relĂšgue lui-mĂȘme au second plan, au bĂ©nĂ©fice de Ritchie Blackmore, qui durcit le ton avec In Rock (1970). Blackmore, mĂȘme sâil se dĂ©lecte de suites dâaccords complexes tirĂ©s de la musique classique, veut privilĂ©gier une exĂ©cution rock : Ă©nergie, bruit, riffs. Mais dĂ©jĂ Ian Gillan reprend lâavantage pour Fireball (1971), ce que nâapprĂ©cie pas Blackmore, qui clairement lui signale que dorĂ©navant, sur scĂšne, il fera tout ce quâil peut pour lui voler la vedette et lui pourrir la vie ! Charmant. Ensuite, lâaxe se dĂ©place vers le tandem Coverdale/Hughes, qui imposent leurs choix, en apportant une ligne funky, devant un Blackmore aux abonnĂ©s absents, et un Lord qui laisse les autres sâĂ©triper. Et lĂ encore, bataille dâĂ©go et de place au micro entre les deux hommes. Blackmore reprend la barre en 1984 et veut absolument virer FM, puis se tire en 1992, permettant Ă Joe Satriani de jouer en tournĂ©e pendant plusieurs mois. Depuis 1994, le navire semble stabilisĂ© avec lâarrivĂ©e de Steve Morse. Dâailleurs les anciens louent lâarrivĂ©e de Tommy Bolin, puis de Steve Morse, oĂč de nouveau le groupe retrouve le sens du partage dâidĂ©es, dâĂ©change, de crĂ©ation commune.
ConsĂ©quence de ce dĂ©faut de leadership, les albums studio sont presque tous bĂąclĂ©s. Ă leur dĂ©but, ils sont sur les routes toute lâannĂ©e (Deep Purple fait un carton aux USA, et en Scandinavie, en Allemagne) et ils nâont pas le temps de travailler en studio. Pour la pĂ©riode suivante, les chansons sont composĂ©es en jammant, arrangĂ©es en concert aux fils des soirs, et les nouveaux titres gravĂ©s en studio lorsque la maison de disques rĂ©clame un vinyle. Il nây a pas chez Deep Purple un musicien-producteur, comme Jimmy Page pour Led Zeppelin, qui avait une vision, un projet, une Ćuvre Ă construire, passant des mois Ă peaufiner les bandes. Blackmore a dĂ©clarĂ© que son boulot câĂ©tait jouer de la guitare, certainement pas faire mumuse avec les boutons dâune console de mixage⊠Glen Hughes raconte : â Comment voulez-vous bosser en studio sur des chansons quand moi jâĂ©coute du Stevie Wonder, Blackmore de JS Bach, et que Jon Lord bouquine dans son coin⊠â
On ne peut Ă©voquer Deep Purple sans sâarrĂȘter sur le cas Ritchie Blackmore. Guitariste talentueux mais introverti, tĂ©nĂ©breux, manquant dâassurance. Il apprend le mĂ©tier de show man avec David âSceaming Lordâ Sutch, en 1961. Celui qui jusquâĂ prĂ©sent se planque au fond de la scĂšne, va se mĂ©tamorphoser, Ă coup de moulinets (il vĂ©nĂšre Pete Townsend et Hendrix), jonglage de guitare, effets pyrotechniques avec la complicitĂ© de roadies qui foutent le feu aux amplis (ça tournera plus dâune fois Ă la catastrophe), vandalisme sur guitare et batterie, et autres blagues de carabins. Capable dâaligner des solis lumineux et inspirĂ©s, ou de saborder un concert en boudant, voire en quittant la scĂšne, selon (dixit lui-mĂȘme) quâil croise dans les premiers rangs un visage aimable ou renfrognĂ©. Capricieux et susceptible !
Ă la lecture du livre, on se pose cette question : fallait-il garder Ritchie Blackmore au sein du groupe ? En moment de Who Do You Think We Are (1973) il menace : câest Glover et Gillan qui foutent le camp, ou moi ! Il est resté⊠Les autres musiciens ne sâimaginaient pas jouer sans lui (il assurait tout de mĂȘme un peuâŠ) mais savaient quâil Ă©tait un frein Ă leur progression. Blackmore refuse toutes compositions qui ne viennent pas de lui, compose les set-list et nâadmet aucun changement (dâoĂč ces brouettes de disques live ressassant les mĂȘmes titres), refuse de jouer ailleurs que dans quatre ou cinq pays. Il enregistre ses parties Ă part, sans tenir compte des maquettes, aux autres de se dĂ©brouiller pour lâassemblage des pistes ! Et quand il pond un riff dâenfer, il annonce quâil le garde pour un projet personnel ! Celui qui pour beaucoup symbolise lâĂąme du groupe, en est paradoxalement le principal obstacle, responsable des tensions, et castrateur. Son dĂ©part est vu comme un soulagement. Lord ou Glover racontent comme ce fut bon de rejouer des « Picture of home » des « No, no, no », des « Hard lovinâ man », de sucrer enfin les 30 minutes de « Space truckinâ » et de partir vers lâEst, en Australie, en AmĂ©rique du sudâŠ
Jean Sylvain Cabot tord aussi le cou Ă la lĂ©gende selon laquelle le vrai Deep Purple est le Mark II (1970-73) avec Glover et Gillan. Certes, les titres les plus cĂ©lĂšbres viennent de lĂ (et pas quâun peu, mon nâveuâŠ). Mais cĂŽtĂ© prestations scĂ©niques, il avance que la pĂ©riode 1969-70 Ă©tait somptueuse et novatrice (peu dâarchives, ou de piĂštre qualitĂ© sonore), comme celle de 1975 juste avant le premier dĂ©part de Blackmore (il loue MADE IN EUROPE et notamment la derniĂšre apparition de Blackmore, Ă Paris, disponible en cd), et celle de 1992-93 (le line-up de 72 reformĂ©), qui malgrĂ© les dissensions et les coups de putes, a donnĂ© des concerts absolument passionnants sur le plan musical. De mĂȘme, les albums Ă retenir dâurgence sont du cĂŽtĂ© de Deep Purple (1969), In Rock (1970), Burn (1974), Come Taste The Band (1975), Perpendicular (1996). Et oui, pas de Machine Head (1972) dans le lot, câest la petite polĂ©mique du livre, qui nâest pas tendre avec le besogneux « Smoke On The Water », lâĂ©reintant « Space Truckinâ », la scie « Highway Star » ou le sans intĂ©rĂȘt « Never Before » (Arrrggghhh, mon morceau prĂ©fĂ©rĂ© !!!). Cette partie discographique donne envie de parfaire sa collection⊠Câest pas sympa, parce que, de la place jâen ai plus sur mes Ă©tagĂšres !
Bon, une fois quâon a dit ça⊠Rhapsody In Rock nâest pas franchement un bouquin grand public, il intĂ©ressera les afficionados, ou les amateurs de bios musicales, mais *la lecture est aisĂ©e, lâaventure riche en rebondissements, câest clair, argumentĂ©, parsemĂ© dâanecdotes (mais pas de cancans, dâallusions Ă la vie privĂ©e, ni de psycho Ă deux balles), de dĂ©clarations des uns et des autres, pas toujours gentilles. Rarement gentilles mĂȘme !*⊠Ce qui me fascine toujours dans ces bouquins, ce sont les dĂ©buts, comment ces types se croisent, se rencontrent, cette nĂ©buleuse de jeunes musiciens qui presque tous feront carriĂšre, on croise plein de noms, comme le dĂ©nommĂ© David Coverdale auditionnĂ© dĂšs 1969 en remplacement de Rod Evans, et Ă qui Jon Lord a dit : laisse-moi quand ton numĂ©ro, on ne sait jamais, Ă lâavenirâŠ
Et, ayons une pensĂ©e pour Monsieur Terry Reid, qui dĂ©clina lâoffre de devenir le chanteur de Deep Purple en 1968, comme il dĂ©clina celle de Jimmy Page dâĂȘtre celui de Led Zeppelin la mĂȘme annĂ©e⊠Yâa des gars quâon pas dâflairâŠ
Jean-Sylvain Cabot Ă©tait lâinvitĂ© de David Taugis pour parler de son ouvrage Deep Purple, Rhapsody in Rock. Le podcast de lâĂ©mission est disponible ICI
Si Deep Purple a imposĂ© dĂ©finitivement le hard rock grĂące au classique âSmoke on the Waterâ, il a surtout reprĂ©sentĂ© avec Led Zeppelin et Black Sabbath lâun des moteurs de ce durcissement musical, tant par ses concerts que par ses albums, lâemblĂ©matique In Rock en tĂȘte. Le groupe de Ritchie Blackmore, guitariste gĂ©nial mais ombrageux partagĂ© entre Pete Townshend et Bach, a portĂ© au plus haut lâidĂ©e dâun rock superlatif, violent et dĂ©cloisonnĂ©, traumatisant des gĂ©nĂ©rations entiĂšres avides de puissance sonore. Des dĂ©buts pop aux tournĂ©es de reformation, des tentatives de mariage avec la musique classique aux colĂšres de Blackmore, ce livre prĂ©sente lâhistoire et analyse les disques dâun groupe brillant, symbole dâune Ă©poque dĂ©mesurĂ©e : concerts Ă©piques, conflits dâintĂ©rĂȘt et querelles dâego, Ă©phĂ©mĂšres tentations funk ou progressives, avec pour repĂšres lâorgue Hammond de Jon Lord et la batterie efficace de Ian Paice.