David Bowie
L'homme qui venait d'ailleurs
Un ouvrage qui Ă©tudie lâĂ©tape importante que constitue le film de Nicolas Roeg dans le parcours crĂ©atif de David Bowie et explore une face mĂ©connue, pourtant essentielle, de lâartiste.
En 1976 sort LâHomme qui venait dâailleurs de Nicolas Roeg avec en vedette David Bowie. Soulignant son originalitĂ© par rapport Ă la production de science-fiction ainsi quâau genre cinĂ©-rock en vogue Ă lâĂ©poque, cet essai expose les enjeux du passage au grand Ă©cran dâune star avide de renouvellement. Longtemps mal compris, le film apparaĂźt aujourdâhui comme un Ă©lĂ©ment majeur du corpus bowien. Docufiction explorant lâambiguĂŻtĂ© acteur / personnage, pendant cinĂ©matographique des recherches musicales entreprises par Bowie Ă la fin des annĂ©es soixante-dix, le long-mĂ©trage propose une allĂ©gorie de la star et lâinspire en retour : Ă lâissue du tournage, lâartiste redĂ©finit son statut de crĂ©ateur et invente, aux confins du rock, une nouvelle musique.
Revue de presse
David Bowie, Serge Féray Lucienne Chapé SUN Radio // Livre comme l'air 19 mai 2025
David Bowie, Lâhomme qui venait dâailleurs, Serge FĂ©ray Guy Donikian La Cause littĂ©raire 28 avril 2025
"David Bowie â lâhomme qui venait dâailleurs" de Serge FĂ©ray : une Ćuvre-somme Eric Debarnot Benzine Mag 7 avril 2025
Bowie, L'homme qui venait d'ailleurs Roseline Artal Plugged mars 2025
David Bowie, lâhomme qui venait dâailleurs : un acteur oubliĂ© Sylvain Bonnet Boojum, l'animal littĂ©raire 13 mars 2025
Ces artistes dont on pensait tout savoir, mais non⊠Frederic Vandecasserie RTBF // Classic 21 8 mars 2025
âPeut-ĂȘtre eĂ»t-il fallu inverser titre et sous-titre de lâouvrage, pour ĂȘtre au plus prĂšs de son contenu. Il ne sâagit pas ici dâune biographie sur la carriĂšre musicale de David Jones, mais de montrer en quoi les diffĂ©rents types musicaux abordĂ©s par le musicien le prĂ©disposaient Ă jouer dans Lâhomme qui venait dâailleurs. Ceci Ă©tant, lâouvrage nâomet pas pour autant la carriĂšre musicale de David Bowie, dĂ©tour indispensable pour la cohĂ©rence du texte. Plus de trente pages sont consacrĂ©es Ă lâĆuvre musicale de David Bowie, qui ont pour objet de montrer la surprenante diversitĂ© du chanteur. Sa fascination pour les masques â on pense bien Ă©videmment Ă Ziggy Stardust « et lâĂ©clair rouge et bleu qui dĂ©chire la nuit Ă©lectrique » â lâont conduit Ă privilĂ©gier diffĂ©rentes facettes de sa personnalitĂ©, laquelle est alors comme enfouie sous le mille feuilles de ses personnages. Bowie adolescent voulait faire du cinĂ©ma, et « Bowie a fait des films sur disques ». En effet, de nombreux albums sont des « concepts » conçus comme des Ćuvres, trĂšs souvent sombres quoi quâon en dise. Le Bowie de Rebel Rebel nâest pas celui de Letâs dance ni celui de Ziggy. Les styles abordĂ©s ne sont pas lâeffet dâune mode mais celui dâune Ă©volution qui conduit lâartiste Ă dire quâil fait du Bowie plus que tel ou tel courant musical. Câest en 1976 que sort sur les Ă©crans Lâhomme qui venait dâailleurs, film britannique rĂ©alisĂ© par Nicolas Roeg. Ce rĂ©alisateur fait partie, dans les annĂ©es soixante, du « Free Cinema », la nouvelle vague dâoutre-Manche, mouvement qui va « secouer les valeurs de la monarchie insulaire ». On peut voir ou revoir les films de Schlesinger, ou Ken Loach pour son Family life, qui illustrent bien ce courant dans le cinĂ©ma britannique dâalors. En 1969 sort Space Oddity, deuxiĂšme album de Bowie, qui fait dĂ©marrer vĂ©ritablement la carriĂšre du chanteur. LâannĂ©e suivante, Roeg cosigne Performance, dont lâesthĂ©tique rompt cependant avec le Free Cinema. A lâinverse de ce qui en fut la signature, « le noir et le gris » Ă©taient privilĂ©giĂ©s, « les films de Roeg seront flamboyants, polychromes, hallucinatoires, violents, sexy, rock. Et Performance fait aussi lâapologie de la drogue et du rock avec un Mick Jagger des plus Ă©nigmatiques. « Ce qui mâintĂ©resse dans le cinĂ©ma, câest la syntaxe des films, le dĂ©placement des images, utiliser la juxtaposition des scĂšnes pour faire monter la tension. Cette tension-lĂ , seul le cinĂ©ma peut la crĂ©er ». Cette dĂ©claration du metteur en scĂšne montre bien ce que Performance voulait illustrer, plus quâune intrigue, et le titre le confirme, il sâagit « dâexhiber une performance comme on en voit, en ces lysergiques annĂ©es soixante, dans le domaine de lâart contemporain ». Roeg privilĂ©gie ainsi, « avec lâaide du monteur Antony Gibbs, perceptions kalĂ©idoscopiques, collages, transparences, retours en arriĂšre et anticipations â, ce que des critiques français qualifiĂšrent de ârecherches techniques sans intĂ©rĂȘtâ â afin de crĂ©er un continuum sensoriel pro-proustien qui traduise la maniĂšre dont lâĂ©poque psychĂ©dĂ©lique perçoit le temps ». Il sâagit donc dâune construction non linĂ©aire que le montage privilĂ©gie, ce qui, on peut a posteriori le concevoir, a pu dĂ©sarçonner nombre de spectateurs. Et ce sont ces aspects qui ponctuent Lâhomme qui venait dâailleurs, Ă quoi il faut ajouter, comme le fit Roeg avec Performance avec un Mick Jagger, un David Bowie dont la prĂ©sence sur les plateaux a pu gĂȘner producteurs et techniciens. Bowie fut certes attentif aux conseils du metteur en scĂšne, mais il eut Ă cĆur de parfaire son jeu pour innover aussi, mettant en lumiĂšre des facettes du personnage incarnĂ© qui, a priori, nâavaient pas un intĂ©rĂȘt primordial. On se remĂ©more aussi ce que le chanteur rappelle en 1976 : « La renaissance du cinĂ©ma va passer par le rock ». Sauf que dans Lâhomme qui venait dâailleurs, Bowie ne chante pas, il est acteur Ă part entiĂšre. Cet ouvrage montre donc deux aspects de ce que fut le tournage de ce film : un ovni dans le free cinema dâalors, avec une dĂ©construction liĂ©e Ă lâĂšre psychĂ©dĂ©lique et une profusion de couleurs et, câest lâautre aspect du livre, lâĂ©nigme que fut David Bowie.â
âDavid Bowie â lâhomme qui venait dâailleurs, le dernier « essai » de Serge FĂ©ray, dĂ©jĂ responsable de deux livres remarquĂ©s sur Nico, est-il destinĂ© aux fans de Bowie ou aux cinĂ©philes ? Il peut passionner et les uns et les autres, le risque â clairement assumĂ© par FĂ©ray dans la construction de son livre â Ă©tant quâil nâattire que les fans de Bowie qui sont AUSSI cinĂ©philes (mais bon, ça doit dĂ©jĂ en faire un paquet !). Et puis, le qualifier « dâessai », comme nous le faisons ici, ne rend probablement pas honneur Ă lâexhaustivitĂ© impressionnante dont fait preuve lâauteur quand il sâagit dâanalyser et le film The Man Who Fell To Earth, de Nicholas Roeg, et son influence profonde sur tout le travail futur de Bowie, et non seulement sur Station to Station et Low, comme on aurait naturellement tendance Ă le penser⊠au vu des photos illustrant les pochettes de ces deux albums.
Le cĂŽtĂ© positif de cette vision subjective, voire tendancieuse, câest quâelle est extrĂȘmement bien documentĂ©e, supportĂ©e par des analyses trĂšs fines sur les chansons, les textes et le comportement de Bowie, qui apportent un point de vue nouveau, original par rapport aux biographies ou commentaires habituels sur notre star prĂ©fĂ©rĂ©e du XXĂšme siĂšcle.
MĂȘme si, finalement, on peut craindre que les non-cinĂ©philes trouvent la partie centrale du livre beaucoup trop dĂ©taillĂ©e, et quâĂ lâinverse, ceux qui ne sont pas de grands connaisseurs de Bowie aient du mal avec les digressions de lâauteur sur ses chansons, câest lĂ ce qui fait la richesse et la singularitĂ© dâun livre qui ne ressemble pas Ă ce quâon lit habituellement dans les ouvrages consacrĂ©s Ă des stars du Rock, ni dâailleurs dans ceux consacrĂ©s Ă des metteurs en scĂšne de cinĂ©ma. Voici donc 300 pages (en petits caractĂšres) foisonnantes dâinformations et dâanalyses, qui font de David Bowie â lâhomme qui venait dâailleurs un livre dont la lecture est parfois difficile du fait de sa richesse, mais aussi un travail exceptionnel en tous points.â
âLe film de Nicolas Roeg, sorti en 1976, avec David Bowie en vedette est ici Ă lâhonneur. Si cette oeuvre a mis du temps Ă trouver son public, il sâagit dĂ©sormais dâun Ă©lĂ©ment considĂ©rĂ© comme fondateur dans la carriĂšre de lâartiste. Plus quâun film, Lâhomme qui venait dâailleurs est un instantanĂ© de la vie de lâAnglais dans les 70âs, un condensĂ© dâexpĂ©rimentations et de crĂ©ativitĂ©, et il fallait tout le temps de lâauteur Serge FĂ©ray pour le dĂ©cortiquer et nous donner envie de le revoir, encore et encore.â
âDĂ©cĂ©dĂ© en janvier 2016, David Bowie est connu essentiellement et Ă raison comme un musicien et un chanteur exceptionnel. Cependant il fut aussi acteur et Serge FĂ©ray, auteur dâun Nico, femme fatale (Le mot et le reste, 2015) remarquĂ©, revient sur le tournage de son premier film, LâHomme qui venait dâailleurs, qui aura des consĂ©quences trĂšs importantes sur son parcours. Il faut revenir ici sur la personnalitĂ© de Nicolas Roeg, corĂ©alisateur du cĂ©lĂšbre Performance avec Mick Jagger (un ami de Bowie) et aussi du mĂ©connu Ne vous retournez pas avec Donald Sutherland. Roeg monte ses films en comptant sur lâellipse, trĂšs loin de la narration traditionnelle, recourant aussi Ă des collages et au cut-up, technique mise au point par William S. Burroughs et aussi utilisĂ©e par⊠David Bowie. Roeg choisit dâadapter un livre de Walter Tevis, dĂ©crivant la vie de Thomas Jerome Newton, un extraterrestre venu sur Terre faire fortune pour ramener lâeau nĂ©cessaire Ă sa planĂšte. Et il choisit Bowie, câest-Ă -dire lâhomme qui jouait Ă ĂȘtre Ziggy Stardust, pour le rĂŽle-titre. Choix risquĂ© mais qui se rĂ©vĂ©lera payant pour un film qui nâa recours Ă aucun truc ou effet spĂ©cial et qui rĂ©utilise aussi des thĂšmes chers Ă David Bowie.â
âCela concerne dâabord David Bowie, alors que ses archives live se sont rouvertes pour le â Record Store Day â, voici quâarrive le livre â LâHomme qui venait dâailleurs â, qui revient en profondeur sur le film du mĂȘme nom (Editions Le mot et le Reste). Un coup de maĂźtre pour la premiĂšre analyse du genre ! â LâHomme qui venait dâailleurs â (â The Man Who Fell to Earth â) sort en 1976 et est rĂ©alisĂ© par Nicolas Roeg. AdaptĂ© du roman Ă©ponyme de Walter Tevis, le film voit David Bowie dans le rĂŽle de Thomas Jerome Newton, un extraterrestre qui arrive sur Terre dans le but de sauver sa planĂšte dâorigine, qui souffre dâune grave crise dâeau. Et on se souviendra que les scĂšnes oĂč Newton interagit avec les humains sont souvent empreintes dâune mĂ©lancolie palpable, soulignant la fragilitĂ© de lâexistence humaine et les consĂ©quences de la recherche du pouvoir et de la richesse. Bowie apporte une profondeur et une sensibilitĂ© uniques Ă son personnage. Son charisme et sa prĂ©sence Ă lâĂ©cran captivent le public, rendant Newton Ă la fois fascinant et tragique. La transformation de son personnage, passant dâun ĂȘtre confiant et dĂ©terminĂ© Ă un homme brisĂ© par les rĂ©alitĂ©s de la vie terrestre, est poignante et rĂ©sonne avec lâexpĂ©rience humaine universelle. Ă sa sortie, pourtant, le film ne reçoit que des critiques mitigĂ©es, mais gagnera un statut culte plus tard auprĂšs des amateurs de science-fiction. Son approche artistique, son esthĂ©tique visuelle audacieuse et sa bande sonore mĂ©morable, composĂ©e par John Phillips, ont contribuĂ© Ă sa renommĂ©e. Le film est souvent citĂ© comme une Ćuvre qui a influencĂ© de nombreux rĂ©alisateurs et artistes. Bref, nous avons affaire ici Ă bien plus quâun simple film de science-fiction. Et lâauteur de ce livre, Serge FĂ©ray, romancier et grand fan de musique, signe une rĂ©flexion profonde sur ce film qui ausculte la condition humaine, lâaliĂ©nation, et qui nous invite Ă contempler notre propre humanitĂ© et les dĂ©fis qui lâaccompagnent.â