Dalida
Mythe et mémoire
Un livre pour revivre et comprendre lâĂ©laboration dâune des carriĂšres les plus fĂ©condes de lâindustrie française du disque.
InspirĂ© des Cultural Studies (sciences de la culture), Dalida, mythe et mĂ©moire situe le vaste succĂšs commercial de la chanteuse dans son contexte historique, musical et idĂ©ologique, et analyse lâambivalence de ses nombreuses identitĂ©s, de sĂ©ductrice exotique Ă femme tragique, dâOrientale Ă disco queen. En tant que star de la chanson, Dalida est un personnage musical et mĂ©diatique complexe, dont les accusations de ringardise, frĂ©quentes de son vivant mais rares par la suite, signalent lâĂ©volution des catĂ©gories de « variĂ©tĂ© commerciale » et de « bonne chanson » dans la culture contemporaine. Aux fans de tous Ăąges, ce livre offre un regard neuf sur les raisons dâun succĂšs ; aux curieux, il explique la construction dâun mythe. Pour tous, il cĂ©lĂšbre la riche carriĂšre et la mĂ©moire dâune chanteuse-camĂ©lĂ©on.
Revue de presse
- Du Caire à Paris, sur les traces de Dalida Stéphanie Bouvet Femme Actuelle 3 septembre 2021
- Dalida Jacques Brachet Evasion Mag 16 février 2021
- Entretien - Dalida lâOrientale, femme tragique et reine disco Jean-Marc Pinson Ouest-France 28 septembre 2020
- Une analyse aboutie et passionnante sur la chanteuse Luigi Lattuca Bulles de culture 2 décembre 2020
- Etude de référence sur la vie artistique de Dalida Daniel Rolland Culture hebdo septembre 2020
- Dalida Aurélia Laballe France 2 // Basique 23 septembre 2020
- Interview Barbara Lebrun - La chanteuse Dalida : de l'Italie à l'Egypte, une histoire française Rebecca Manzoni France Inter // Pop N' Co 26 septembre 2020
DĂ©nigrĂ©e ou adulĂ©e, Dalida a revĂȘtu de multiples identitĂ©s : lâexotisme, la culture franco-amĂ©ricaine, la musique disco, soulignant les nombreux points dâachoppement qui traversent la culture française â le statut des femmes, des Ă©trangers, des minoritĂ©s sexuelles.
Dalida, mythe et mĂ©moire est le fruit de dix ans de recherche de la chercheuse Barbara Lebrun, Senior lecturer en French Studies Ă lâUniversitĂ© de Manchester. En cela, il dĂ©passe largement la seule figure de Dalida, celle-ci constituant plutĂŽt un prisme Ă travers lequel lâauteure analyse la culture populaire française de la deuxiĂšme moitiĂ© du XXe siĂšcle. Or, pour cela, quoi de mieux quâune artiste qui, derriĂšre ses traits de vedette de variĂ©tĂ© dĂ©modĂ©e, est Ă©galement cĂ©lĂ©brĂ©e, voire canonisĂ©e, mettant ainsi en tension un grand nombre de reprĂ©sentations culturelles ? Les nombreuses railleries dont a fait lâobjet Dalida durant toute sa carriĂšre contrastent en effet avec le culte qui lui est vouĂ© aujourdâhui, de la Mairie de Paris au Palais Galliera, en passant par lâInstitut du monde arabe.
SoignĂ© sur le fond comme sur la forme, lâouvrage est issu dâune heureuse rencontre entre lâauteure et le Mot et le reste, maison dâĂ©dition principalement consacrĂ©e Ă des livres journalistiques et anthologiques sur les musiques populaires. Chacun des deux semble avoir effectuĂ© un « pas de cĂŽtĂ© » pour accoucher de ce projet : lâĂ©diteur a pleinement investi le terrain universitaire en assumant lâancrage thĂ©orique jusque sur la quatriĂšme de couverture ; et lâauteure a trouvĂ© un ton original, exigeant, tout en restant ouvert Ă un public plus large et surtout francophone, aprĂšs un premier ouvrage en anglais consacrĂ© au « rock mĂ©tis », laurĂ©at du prix de lâInternational Association for the Studies of Popular Music en 2011 (Lebrun, 2009). [âŠ]
Indirectement, le parcours de Dalida fait Ă©cho aux approches philosophiques de la justice sociale adaptĂ©es au contexte particulier des musiques populaires (Spanu, 2019). Plus particuliĂšrement, on pense Ă lâapproche de Nancy Fraser qui thĂ©orise les dilemmes inhĂ©rents aux identitĂ©s marginalisĂ©es : entre cĂ©lĂ©bration politique de la diffĂ©rence et effacement stratĂ©gique au sein dâune culture hĂ©gĂ©monique (Fraser, 2011). Un des aspects frappants du propos de lâouvrage consiste justement Ă montrer comment la chanteuse nâa cessĂ© dâĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ©e et dĂ©nigrĂ©e, rendant visibles les nombreux points dâachoppement qui traversent la culture française : sur le statut des femmes, des Ă©trangers, des minoritĂ©s sexuelles, voire de la langue française comme symbole dâidentitĂ© nationale. En cela, on ne peut que saluer la publication de Dalida, mythe et mĂ©moire, qui traite de musique populaire française avec sĂ©rieux et Ă©vite les Ă©cueils essentialistes qui crispent de nombreux dĂ©bats en France. Tant par son approche que par ses rĂ©flexions nuancĂ©es, lâouvrage apporte une pierre dĂ©cisive Ă lâĂ©difice des rĂ©flexions sur la diversitĂ© culturelle dans le contexte particulier des industries culturelles et mĂ©diatiques françaises.
Un article à retrouver en intégralité sur La vie des idées
Vedette populaire au destin tragique, lâinterprĂšte de Gigi lâAmoroso fait encore parler dâelle, 34 ans aprĂšs sa disparition. [âŠ]
Cet ouvrage cherche Ă comprendre comment sâest forgĂ© le mythe Dalida. Il explore les multiples facettes dâune femme et dâune artiste complexe, Ă la fois sĂ©ductrice sexy et hĂ©roĂŻne tragique, icĂŽne orientale et reine du disco.
Un article à retrouver en intégralité sur Femme Actuelle
De son vivant, comme depuis sa disparition il y a 34 ans, on a tout dit sur Dalida, le meilleur comme le pire, infos ou intox, on ne compte plus le nombre de livres parus sur elle, bios, fausses ou vraies, hommages, albums, tĂ©moignages, lĂ encore vrais ou faux, dâamis ou de soi-disant amisâŠ
Bref, les livres ne se comptent plus et voilĂ quâun NiĂšme livre sort sur elle : «Dalida, mythe et mĂ©moire», Ă©crit par Barbara Lebrun, enseignante Ă Manchester, sâintĂ©ressant Ă la chanson en gĂ©nĂ©ral et ayant Ă©crit plusieurs livres sur le rock, la chanson populaire, la musiqueâŠ
Et la voilĂ qui sâattaque Ă Dalida, mythe sâil en est un mais on est loin des biographies plus ou moins approximatives, on est lĂ sur une vraie thĂšse, ce qui fait tout lâintĂ©rĂȘt de son livre.
Elle dĂ©construit et dissĂšque lâĆuvre de lâartiste, annĂ©e aprĂšs annĂ©e, chanson aprĂšs chanson, mode aprĂšs mode⊠Dalida, artiste on ne peut plus plurielle puisquâelle a traversĂ© les modes, les mouvances, sây raccrochant ou les prĂ©cĂ©dant. Sa carriĂšre fut Ă©troitement mĂȘlĂ©e Ă sa vie personnelle, faite de joies et de drames, qui a fait ce quâelle est devenue. Et Barbara fait aussi le parallĂšle entre la femme et lâartiste qui, souvent se confondent mais aussi se contrarient.
Dalida Ă©tait une artiste populaire dans le sens le plus large du terme, quâelle fut tout autant critiquĂ©e quâencensĂ©e, adorĂ©e ou dĂ©testĂ©e, dĂ©esse ou ringarde, moderne ou kitchâŠ
Mais ça câĂ©tait avant⊠Avant quâelle ne disparaisse comme on le sait et tout Ă coup, la voici devenue mythe.
Barbara passe cette carriĂšre au peigne trĂšs, trĂšs fin, une carriĂšre multiple, certains diront incohĂ©rente qui va de «Bambino» au «sixiĂšme jour», passant des ritournelles italo-espagnoles, au rock et au twist, des chansons exotiques Ă la grande chanson française,de la chanson arabe venue de son pays natal, lâEgypte, au disco et au spectacle Ă lâamĂ©ricaineâŠ
Chez Dalida, il y a tout autant du mystĂšre que de la magie, mĂȘme si les zones sombres sont plĂ©thore. Barbara Lebrun ne peut que constater une Ă©volution constante chez cette chanteuse qui ne vivait que pour son mĂ©tier et Ă©tait prĂȘte Ă tout chanter pour rester au sommet. Ce quâelle fit dâailleurs avec plus ou moins de bonheur mais toujours avec une grande sincĂ©ritĂ©.
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Ringarde ? Démodée ? Avant-gardiste ? Elle fut tout cela mais avant tout elle reste authentique.
Barbara Lebrun sâest vraiment investie dans la vie et lâĆuvre de cette artiste aux multiples facettes, et elle nous offre lĂ un livre unique par rapport Ă tous ceux qui sont sortis depuis trente ans. Peut-ĂȘtre parce quâelle prend un recul par rapport Ă cette artiste quâelle nâaime ni dĂ©teste car elle ne lâa pas connue. Un trĂšs beau travail dâinvestigation.
Un article à retrouver en intégralité sur Evasion Magazine
Dans un livre passionnant et trÚs documenté, Barbara Lebrun, enseignante, situe le parcours
de Iolanda Gigliotti, dite Dalida, dans son contexte, historique, musical et idéologique.
En quoi peut-on parler de « mythe » au sujet de Dalida ?
Dans le sens contemporain, un mythe est une histoire consensuelle acceptĂ©e par la plupart des gens qui prend le sens de lâĂ©vidence Ă force dâĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ©e. Dans le cas de Dalida, le mythe dâune femme tragique apparaĂźt en 1967 avec sa tentative de suicide. Ce mythe prend de lâampleur au fil des ans par ce quâĂ©crivent les biographes, ce que disent les documentaires, les hommages. Mais dâautres mythes existent Ă propos de cette chanteuse, construits par les mĂ©dias et ses chansons, son identitĂ© musicale.
Par exemple ?
Par exemple, on parle souvent de Dalida comme « chanteuse ringarde », dĂšs le dĂ©but des annĂ©es 1960. Cela a trait Ă son identitĂ© « exotique » qui passe vite de mode. Ă la tĂ©lĂ©, dans les annĂ©es 1970, elle semble ringarde pour une partie des journalistes qui lui reprochent dâĂȘtre ĂągĂ©e et de continuer Ă chanter, de sâaccrocher aux modes par opportunisme.
Beaucoup lâont critiquĂ©e de son vivant. Et elle est dĂ©sormais culteâŠ
Je ne crois pas que Dalida soit culte, mais elle a atteint, dans sa carriÚre posthume, une forme de notoriété monumentale (plutÎt que commerciale) qui lui manquait de son vivant, produite par différents discours et par la circulation de ses chansons dans les bandes-son de films, sans moquerie, et son parcours touristique à Montmartre. Ou encore des reprises inattendues de Dalida par des artistes comme Dominique A, Alain Souchon, Izia Higelin.
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Si vous ne deviez retenir quâun titre de Dalida pour cerner le mytheâŠ
Son mythe est pluriel pour moi, je choisis donc trois chansons : Besame mucho (version disco) pour danser, Dans la ville endormie (musique de Sheller), Ă redĂ©couvrir comme chanson de solitude amoureuse et Come prima pour lâentendre Ă la fois en français et italien.
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Fans intellectuels de Dalida, rĂ©jouissez-vous ! Vous avez de quoi vous offrir quelque chose pour les fĂȘtes de fin dâannĂ©e Ă lâoccasion de la sortie dâun nouvel essai sur la chanteuse intemporelle : Dalida : Mythe et mĂ©moire de Barbara Lebrun. Entre sociologie, philosophie et musicologie, la chercheuse analyse Dalida sur plus de 300 pages. Une lecture passionnante.
Lire lâavis et la critique livre de Bulles de Culture
Des biographies sur Dalida il en pleut. Mais ce qui sort en librairie Dalida mythe et mĂ©moire de Barbara Lebrun jette un Ă©clairage sur la trajectoire purement artistique de cette star qui passa de la chanteuse orientale Ă la disco queen. Lâessayiste est une pointure qui enseigne la civilisation française Ă Manchester. Elle sâattache Ă comprendre lâĂ©dification dâun mythe. On saluera lâĂ©norme travail de recherche qui a prĂ©cĂ©dĂ© cette rĂ©daction. On comprendra mieux sa fin tragique quand on sait quâelle a eu ses traversĂ©es du dĂ©sert, comme en 1976 oĂč elle vendait Ă peine 75 mille copies dâun disque tandis que France Gall grimpait dans le 400 mille sans parler de Johnny Hallyday qui lui Ă©tait dans la stratosphĂšre des deux millions de vente. Et comme les artistes sont trĂšs vulnĂ©rables dĂšs quâil est question de leur image, on peut figurer le dĂ©sarroi de lâinterprĂšte de Gigi lâamoroso. Pour qui aime cette artiste câest une exploration de premiĂšre de sa livraison artistique.
Le livre de Barbara Lebrun est dans les coups de cĆur de Basique.
Pop NâCo aujourdâhui, câest Dalida. Yolanda Gigliotti dite Dalida (1933-1987) fut Ă©trangĂšre et française. Ringarde et cool. ClichĂ©e et humaine. Elle a incarnĂ© la star et le refus de lâarrogance Ă la fois. Quand elle se donne la mort en Mai 1987, elle a 54 ans.
Rebecca Manzoni a joint Barbara Lebrun au tĂ©lĂ©phone pour parler de la sortie de son livre et de la rĂ©ception culturelle de lâartiste aux plusieurs visages.
Une Ă©mission Ă réécouter sur la page de Pop Nâ Co