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Parution : 23/08/2024
ISBN : 9782384314393
264 pages (148 x 210)

23 €

Creedence Clearwater Revival - Nouvelle édition

L’analyse biographique et musicale de Creedence Clearwater Revival, un des groupes mythiques de la Californie des annĂ©es 1960-1970.

En seulement cinq annĂ©es d’existence, de 1967 Ă  1972, Creedence Clearwater Revival a su apposer son nom au sommet des charts internationaux, parmi les groupes phares des annĂ©es soixante et soixante-dix. NĂ© au cƓur de la Californie psychĂ©dĂ©lique aprĂšs une longue maturation, le groupe emmenĂ© par John Fogerty a su se dĂ©marquer avec un style inventif, une identitĂ© artistique unique reconnaissable entre toutes. Il a façonnĂ© un rock du bayou Ă©nergique, puisant aux sources du rock’n’roll et du blues, imprĂ©gnĂ© de toute la mythologie du Delta du Mississippi et de la culture de la working class amĂ©ricaine. Le groupe a rĂ©alisĂ© sept albums, d’une productivitĂ© et d’une popularitĂ© rares, dans sa courte existence et ancrĂ© une quinzaine de singles dans la mĂ©moire collective et la bande-son de son Ă©poque, de « Proud Mary » Ă  « Have You Ever Seen The Rain? » en passant par le contestataire « Fortunate Son ». Plus de quarante ans aprĂšs sa sĂ©paration fracassante, malgrĂ© les procĂšs et les annĂ©es de silence, la notoriĂ©tĂ© de Creedence reste intacte et les albums de platine s’additionnent, confortant sa place de groupe mythique.

Revue de presse

Creedence Clearwater Revival, interview de Steven Jezo-Vannier Pierre-Jean Sivignon PerfectoMusic 1er juin 2025
Souvenirs de rock, de punk, et de punk-rock! Frederic Vandecasserie RTBF 28 septembre 2024
- Creedence Clearwater Revival Jean-Christophe Baugé Paris Move
- Creedence Clearwater Revival Dominique Boulay Blues Magazine N°78 Octobre/Décemebre 2015
- Interview de Steven Jezo-Vannier par Yuzu Melodies Boris Plantier yuzu-melodies.fr 31 juillet 2015
- Interview de Steven Jezo-Vannier Vol de nuit Airport Canal Voyage Webradio Septembre 2015
- Creedence : trois ans de gloire quarante ans de bagarres JérÎme EstÚbe La Tribune de GenÚve 29 novembre 2015
- Read this ! Jean-Pierre Simard Rolling Stone Septembre 2015
- Creedence Clearwater Revival Cédric Bru Les Obsédés Textuels 6 juillet 2015

Creedence Clearwater Revival, interview de Steven Jezo-Vannier

“Creedence Clearwater Revival, le groupe qui au dĂ©but des seventies Ă©tait en train de remplacer les Beatles dans les charts avant de se crasher dans les problĂšmes judiciaires et les conflits entre musiciens, vous vous souvenez? Vous Ă©coutez sĂčrement toujours leurs titres. Un livre leur a Ă©tĂ© consacrĂ© aux Editions Le mot et le Reste, Ă©crit par Steven Jezo Vannier. Perfectomusic a interviewĂ© l’auteur pour vous.”

Ecouter en ligne

Pierre-Jean Sivignon
PerfectoMusic 1er juin 2025

Souvenirs de rock, de punk, et de punk-rock!

“Toujours au rayon des bons souvenirs du rock, on Ă©pinglera cette biographie de Creedence Clearwater Revival aux Ă©ditions “ Le Mot et le Reste “. Et John Fogerty, fondateur du groupe, se souvient des annĂ©es 60 et de la musique Ă  cette Ă©poque : “ Musicalement, je faisais des choses diffĂ©rentes, notamment de la country, mais j’étais prĂ©sent au Fillmore ou Ă  Haight Ashbury – hauts lieux de la culture hippie – car j’ai grandi dans la baie de San Francisco. Politiquement, j’étais proche des hippies, mĂȘme si socialement je ne l’étais pas ­ pour moi, un hippie est quelqu’un de dĂ©foncĂ© qui ne travaille pas. Mais si on parle de rendre le monde meilleur, de protĂ©ger les pauvres en payant plus d’impĂŽts ­ pas pour fabriquer des bombes ­, je suis lĂ . Pour finir, je ne suis pas devenu un yuppie, Ă  l’inverse de bien des hippies. Ces types avec des attachĂ©s-cases qui admiraient Ronald Reagan et faisaient de la cupiditĂ© une valeur. Moi, je suis restĂ© aussi idĂ©aliste que je l’étais dans les annĂ©es 1960.”

A lire en intégralité

Frederic Vandecasserie
RTBF 28 septembre 2024

- Creedence Clearwater Revival

Bien que nĂ© en 1984, Steven Jezo-Vannier est un spĂ©cialiste de la contre-culture hippie et du Rock west coast des seventies. Il consacre son huitiĂšme ouvrage aux Ă©ditions LMELR Ă  Creedence Clearwater Revival, quatuor puis trio responsable de la bande-son de toute une Ă©poque, y compris en France. PlutĂŽt qu’un trip sous LSD, CCR propose Ă  l’époque du Summer Of Love un voyage dans les marĂ©cages de la Louisiane: le swamp Rock d’un Sud fantasmĂ© que le leader John Fogerty ne visitera qu’en 1990. Si la success-story de 1967-72 est connue du plus grand nombre – 7 albums placĂ©s dans le top 100 US, dont 3 chefs-d’oeuvre rien qu’en 1969 – le dĂ©but de la fin l’est beaucoup moins. Suite aux revendications des sans-grades Stu Cook (basse) + Doug Clifford (batterie), John ne compose qu’un tiers de l’ultime LP ‘Mardi Gras’ qui contient par consĂ©quent
deux tiers de dĂ©chet. L’échec de la dĂ©mocratie Ă©galitaire conduit au split. L’auteur, exhaustif, embraye sur les diffĂ©rentes carriĂšres solo Ă  l’intĂ©rĂȘt artistique souvent nul, et les procĂ©dures judiciaires fratricides. Le grand gagnant de l’histoire est Saul Zaentz, patron du label Fantasy qui a capitalisĂ© sur le nom du groupe avant de devenir un important producteur de cinĂ©ma multi-oscarisĂ©.

Retrouvez cette chronique sur le site paris-move.com

Jean-Christophe Baugé
Paris Move

- Creedence Clearwater Revival

De 1967 Ă  1972, ils ont su imposer leur Swamp Rock Ă  des multitudes peu prĂ©parĂ©es Ă  ce qui allait arriver, tout imprĂ©gnĂ©s du son des Grateful Dead, Jefferson Airplane et autre Quick Silver Messenger Service qu’ils Ă©taient alors, et ont obtenu, grĂące Ă  cela, un succĂšs planĂ©taire, le San Francisco Sound rĂ©gnant alors en maĂźtre de cĂ©rĂ©monie sur Terre. Les quatre bons copains, John Fogerty, Tom Fogerty, Doug Clifford, Stu Cook, sont en effet un peu arrivĂ©s Ă  la maniĂšre de l’élĂ©phant dans le magasin de porcelaine, bousculant un certain nombre d’habitudes acquises. Le groupe californien a, en 7 albums, bouleversĂ© la donne musicale et parfaitement intĂ©grĂ© dans son rĂ©pertoire, Ă  la fois un certain nombre d’élĂ©ments de contestation sociale et d’élĂ©ments de la culture amĂ©ricaine traditionnelle, suggĂ©rant par exemple un ancrage sudiste dans leur chanson, Born In The Bayou, alors qu’ ils n’avaient jamais mis leurs santiags dans la rĂ©gion
 En guise de deuxiĂšme exemple, je rappellerai qu’en plein dans le conflit vietnamien, ils n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  Ă©crire un Fortunate Son, qui dĂ©nonçait le fait Ă©tabli que c’était le plus souvent les enfants issus des classes laborieuses sans relation qui partaient en Asie, plutĂŽt que ceux favorisĂ©s inscrits en universitĂ©.
Ce ne sont que deux petits dĂ©tails illustrant l’ouvrage qui regorge d’informations Ă©rudites


Ce livre, tout comme tous ceux dont j’ai dĂ©jĂ  parlĂ©, mĂ©rite amplement la dĂ©finition que je vais en donner ci-aprĂšs : Un livre qui se lit tout autant qu’il s’écoute.

Ne pas réécouter les classiques que sont Bayou Country, Green River ou Cosmo’s Factory Ă  ce moment prĂ©cis, serait une faute de goĂ»t !

Dominique Boulay
Blues Magazine N°78 Octobre/Décemebre 2015

- Interview de Steven Jezo-Vannier par Yuzu Melodies

Creedence Clearwater Revival : 5 ans de succĂšs, 40 ans de querelles

Interview. Steven Jezo-Vannier vient de sortir une biographie consacrĂ©e Ă  Creedence Clearwater Revival aux Ă©ditions Le Mot et le Reste. L’occasion Ă©tait belle de revenir avec lui sur l’histoire de ce groupe phare de la scĂšne californienne des annĂ©es 60.

Racontez-moi votre découverte de Creedence Clearwater Revival ?

La musique du groupe m’a toujours Ă©tĂ© familiĂšre, par la radio et les films, mais la dĂ©couverte rĂ©elle du groupe, les premiĂšres Ă©coutes attentives et passionnĂ©es ont suivi la dĂ©couverte de Cosmo’s Factory dans la discothĂšque du pĂšre d’un ami. On a Ă©coutĂ© l’album en boucle
 C’est d’ailleurs avec ce disque que j’ai commencĂ© mon immersion profonde dans le rock et notamment le son de la West Coast et plus particuliĂšrement de San Francisco, pour lequel j’ai un faible assumĂ©.

D’oĂč vient ce son si particulier de Creedence Clearwater Revival ?

D’un mĂ©lange unique : des racines rock’n‘roll et rhythm’n‘blues qui ont marquĂ© les musiciens dans leur adolescence, comme Ă  peu prĂšs toute cette gĂ©nĂ©ration d’artistes sixties, et surtout d’une attirance pour l’univers du blues et du bayou, qui imprime profondĂ©ment le son et les paroles de John Fogerty. Mais ce dĂ©cor, aussi sincĂšre et authentique puisse-t-il paraĂźtre, n’est rien de plus qu’un habillage en carton, car Fogerty ne dĂ©couvre la rĂ©alitĂ© du bayou et de la Louisiane que dans les annĂ©es quatre-vingt-dix. Avant cela, il Ă©crit Ă  partir de souvenirs fantasmĂ©s et d’images de films. Le groupe est nĂ© dans un petit lycĂ©e de Californie, bien loin des mĂ©andres du Mississippi. Pourquoi leur son est si particulier ? Parce qu’ils ont une identitĂ© forte, marquĂ©e par le swamp rock, un style qu’ils ont inventĂ© et qu’ils sont les seuls Ă  jouer, et par la puissance et l’énergie de l’association guitare/rythmique soutenue par la voix de John.

Bien qu’apparu dans le San Francisco de la fin des 60s, Creedence Clearwater Revival n’est pas un groupe hippie ou psychĂ©dĂ©lique. En quoi Ă©tait-il diffĂ©rent ?

Parce qu’ils avaient les yeux et l’imagination rivĂ©s sur la Louisiane quand tous les autres regardaient ailleurs
 les uns ne juraient que par le blues de Chicago, d’autres se vouaient au style surf californien ou Ă  la pop britannique. La contre-culture hippie, pour aller vite, regarde vers l’Ouest et San Francisco, comme l’ont fait les beatniks avant elle. Pas CCR. Quant au psychĂ©dĂ©lisme, comme son nom l’indique, il est alimentĂ© par la drogue hallucinogĂšne et les musiques de CCR sont propres. Ils sont un peu de la vieille Ă©cole, il faut dire qu’ils ont dĂ©butĂ© trĂšs tĂŽt, Ă  la fin des annĂ©es cinquante ! Au lieu d’embarquer dans le trip sous acide et de se laisser prendre par le tourbillon psychĂ©, ils restent les deux pieds ancrĂ©s sur la terre, restant fidĂšle Ă  la culture populaire et ouvriĂšre amĂ©ricaine. Pas question pour eux de s’adonner aux dĂ©lires de la jeunesse blanche de la middle class.

Pendant un certain temps, le groupe vivote sous différentes appellations. Pourquoi a-t-il mis autant de temps à percer ?

Parce que CCR a un peu le parcours d’un groupe garage avant l’heure. Et l’impression de longueur est renforcĂ©e par le fait que le line-up dĂ©finitif est fixĂ© dĂšs l’automne 1959 sous le nom de Tommy & the blue velvets ! Trois ados qui partagent les bancs du lycĂ©e : Stu Cook, Doug Clifford et John Fogerty, qui rejoint le frĂšre aĂźnĂ© du dernier, Tom Fogerty. Ils se forment Ă  domicile, dans les garages familiaux et le circuit des kermesses et fĂȘtes Ă©tudiantes. Il faut du temps avant que le groupe soit repĂ©rĂ©, mais il faut se souvenir que la scĂšne musicale de la baie de San Francisco est encore loin d’exploser. Il y a peu de radios, uniquement de petits labels sans envergure
 donc peu de chance de percer. Creedence rĂ©alise un premier label chez Orchestra Records mais c’est un flop. Il faut dire que le groupe n’est pas encore arrivĂ© Ă  maturitĂ©, et cette Ă©tape indispensable ajoute Ă  la lenteur du processus. Enfin, lorsque le groupe signe chez Fantasy en 1964, les dirigeants dĂ©ploient un plan marketing catastrophique, trĂšs loin de l’authenticitĂ© musicale revendiquĂ©e par John Fogerty. On les affuble de perruques afros blanches, de costumes coordonnĂ©s et d’un nom ridicule : The Golliwogs, qui est le nom d’une poupĂ©e reprĂ©sentant un Noir Ă  l’image dĂ©formĂ©e par les clichĂ©s racistes. Les Ă©checs se succĂšdent et il faudra finalement que le groupe attende le rachat du label par Saul Zaentz, qui va donner carte blanche Ă  Fogerty. Le succĂšs suit de peu le changement de nom et la sortie des nouveaux singles puis du premier album en 1968.

Creedence Clearwater Revival n’a pas durĂ© trĂšs longtemps. Comment se fait-il qu’il compte toujours autant aprĂšs ?

Tout d’abord grĂące Ă  sa singularitĂ©, on l’évoquait tout Ă  l’heure. CCR a une identitĂ© fortement marquĂ©e et reconnaissable dĂšs les premiĂšres secondes. Ensuite, il y a Ă©videmment la force des chansons, des paroles autant que la musique, qui ont marquĂ© au fer rouge la gĂ©nĂ©ration. Pourrait-on parler des annĂ©es soixante sans Ă©voquer « Proud Mary », la guerre du Vietnam sans « Fortunate Son » ? Il y a le succĂšs, Ă©videmment, que peu de groupes ont pu Ă©galer. Enfin, il y a l’extraordinaire productivitĂ©, car Creedence c’est seulement cinq ans de carriĂšre, mais sept albums publiĂ©s, dont cinq dans le top 5 des classements !

Au cƓur de Creedence Clearwater Revival et donc de votre livre, il y a John Fogerty, un musicien qu’on trouve sympathique au dĂ©but puis beaucoup moins par la suite. Comment le dĂ©cririez-vous ?

Fogerty se dĂ©finit avant tout par sa dĂ©termination et son autodiscipline. DĂšs l’adolescence, il voulait rĂ©ussir en musique et s’est battu pour cela, il a ensuite voulu rivaliser avec les Beatles et gagner le sommet. Il s’est finalement illustrĂ© avec une productivitĂ© inĂ©dite dans l’histoire du rock, le tout en se tenant Ă  l’écart des tentations qui entourent la vie de rock star, pas de drogue, d’alcool ou d’aventures extra-conjugales.

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DĂ©couvrez l’intĂ©gralitĂ© de l’interview sur le site de Yuzu MĂ©lodies

Boris Plantier
yuzu-melodies.fr 31 juillet 2015

- Interview de Steven Jezo-Vannier

Interview de Steven Jezo-Vannier pour la deuxiÚme émission de la saison cinq de Vol De Nuit Airport.

Écoutez l’interview sur le soundcloud de Canal Voyage

Vol de nuit Airport
Canal Voyage Webradio Septembre 2015

- Creedence : trois ans de gloire quarante ans de bagarres

Mesdames Messieurs les fans, attention! La lecture de la rĂ©cente biographie française consacrĂ©e Ă  CCR pourrait bien vous expĂ©dier le moral dans les chaussettes. Les quelques chapitres narrant l’ascension et la lune de miel artistique du groupe s’avĂšrent rĂ©jouissants, certes. Mais les deux tiers du bouquin relatent son agonie, son explosion et surtout l’interminable putrĂ©faction des rapports entre ses membres aprĂšs la sĂ©paration. Trois annĂ©es de bonheur intense pour quatre dĂ©cennies de procĂšs en pagaille, d’aigreurs accumulĂ©es, d’infĂąmes dissonances. Ce n’est pas joli. Ce n’est pas gai. Ce n’est pas rock.
Sans toute cette longue coda bileuse, la saga de Creedence pourrait pourtant s’avĂ©rer exemplaire. Le quatuor n’a-t-il pas Ă©crit quelques-unes des plus belles pages de la culture pop? “Proud Mary”, “Green River”, “Fortunate Son”; ses tubes, et il y en a une cascade, demeurent sur toutes les lĂšvres. Tandis que son registre musical, Ăąpre mais mĂ©lodique, rustique, sobre et tendu, n’a nullement vieilli, ce qui n’est pas exactement l’apanage des productions d’un nombre de leurs contemporains. C’est d’ailleurs lĂ  l’une des singularitĂ©s de CCR. Le groupe enlace la gloire en pleine pĂ©riode psychĂ©dĂ©lique. À San Francisco on gobe des acides comme des smarties. On jame des heures en secourant ses grands cheveux. On se vautre dans la boue en riant. les gens de Creedence ne mangent pas de ce LSD-lĂ . Droits dans leurs bottes, ils font dans la chanson de trois minutes et le concert millimĂ©trĂ©. Banlieusards californiens, ils se sont forgĂ© un rock’n‘roll qui louche vers le bayou louisianais, le bues des origines et la country rurale plus que vers les improvisations oiseuses. Des rednecks au pays des babas.
Et bosseurs avec ça. La gloire du groupe se bĂątit en quelques mois. Entre 1968 et 1970, il enchaĂźne les tournĂ©es et publie cinq albums brillants (dont trois en 1969!), truffĂ©s de hits jusqu’au dernier sillon. Notez qu’une dĂ©cennie de galĂšres a prĂ©cĂ©dĂ© la consĂ©cration. C’est le temps qu’il aura fallu au chanteur guitariste John Fogerty pour pousser doucement son frĂšre aĂźnĂ© Tom dans l’ombrer et s’emparer des manettes de la formation. C’est du reste ce putsch initial qui finira par tout pourrir. Les trois Creedence relĂ©guĂ©s au second plan ne digĂ©reront jamais l’hĂ©gĂ©monie de John, ce dernier leur reprochant leur ingratitude. on vous passe les dĂ©tails des trĂšs rances dĂ©mĂȘlĂ©s judiciaires avec les les maisons de disques du groupe, Fantasy, qui vont empoisonner les relations des musiciens jusqu’aux annĂ©es 2000. Il faut dire que cette petite compagnie aura tout tentĂ© pour plumer la poule aux Ɠufs d’or jusqu’au croupion. Écrite d’une plume un rien administrative, la biographie s’intĂ©resse aussi Ă  la production musicale des quatre Creedence aprĂšs la salit. Production qui, en dehors de quelques rares coups d’éclat chez John, ne retrouvera jamais la flamboyante des annĂ©es 1969-1970.

JérÎme EstÚbe
La Tribune de GenĂšve 29 novembre 2015

- Read this !

C’est l’histoire de quatre jeunes banlieusards californiens du dĂ©but des sixties, dingues de musique, qui rament une dĂ©cennie avant de signer avec le label Liberty qui veut s’offrir un catalogue rock. Bingo ! En moins d’un an, Creedence balaye tout sur son passage et rĂšgne sur les charts de 1969 Ă  1972 grĂące Ă  un swamp rock inventĂ© de toutes piĂšces par John Fogerty. Des chansons anti-ViĂȘtnam aux procĂšs sans fin, l’incroyable saga de l’un des plus grands groupes amĂ©ricains.

Jean-Pierre Simard
Rolling Stone Septembre 2015

- Creedence Clearwater Revival

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Pour Creedence Clearwater Revival, idem les errances et les difficultĂ©s des dĂ©buts, ponctuĂ©es par l’interminable attente de trouver un label. EmmenĂ© par un John Fogerty autoritaire et omni prĂ©sent, le groupe restera le mĂȘme dans l’anonymat comme dans la gloire – d’une efficacitĂ© militaire.
Excellents musiciens, c’est Ă©galement en quatre albums et en Ă  peine plus de trois ans (Green River, Bayou Country, Willy & the Poor Boys et Cosmos Factory) que CCR va conquĂ©rir les stades et affoler les ventes. Groupe expĂ©rimentĂ© et disciplinĂ©, Creedence pratique un « swamp rock » sans fioritures portĂ© par le voix puissante de John Fogerty. Ces Californiens que leur titre “Born on the Bayou” et leur son roots firent passer longtemps pour issus de la Louisiane furent vite adoptĂ©s par la scĂšne de Frisco Ă  laquelle ils apportaient leur Ă©nergie et leur simplicitĂ© (morceaux courts, tendus et efficaces plongeant leurs racines dans la musique rock traditionnelle, le blues et le rythm and blues). AprĂšs une succession de hits comme “Fortunate Son”, “Proud Mary” ou “Up Around the Bend”, CCR sera confrontĂ© Ă  un violent problĂšme de leadership. En effet, John Fogerty, ayant balayĂ© toute initiative du groupe et en particulier celles venant de son frĂšre Tom, va trĂšs vite compromettre l’avenir du groupe (le crĂ©pusculaire Pendulum sera leur derniĂšre production “presque” tous rĂ©unis) et se retrouver seul. La suite ne sera qu’anecdotique mais CCR avait eu le temps, vantĂ© aujourd’hui par Bruce Springsteen, entre autres, de marquer Ă  jamais la musique amĂ©ricaine.

Deux publications incontournables, composées similairement en émaillant chronologiquement la narration du détail des albums, qui feront la joie des nostalgiques comme des baby rockers.

Lire l’intĂ©gralitĂ© de l’article sur le site des ObsĂ©dĂ©s Textuels

Cédric Bru
Les Obsédés Textuels 6 juillet 2015