Creedence Clearwater Revival - Nouvelle édition
Lâanalyse biographique et musicale de Creedence Clearwater Revival, un des groupes mythiques de la Californie des annĂ©es 1960-1970.
En seulement cinq annĂ©es dâexistence, de 1967 Ă 1972, Creedence Clearwater Revival a su apposer son nom au sommet des charts internationaux, parmi les groupes phares des annĂ©es soixante et soixante-dix. NĂ© au cĆur de la Californie psychĂ©dĂ©lique aprĂšs une longue maturation, le groupe emmenĂ© par John Fogerty a su se dĂ©marquer avec un style inventif, une identitĂ© artistique unique reconnaissable entre toutes. Il a façonnĂ© un rock du bayou Ă©nergique, puisant aux sources du rockânâroll et du blues, imprĂ©gnĂ© de toute la mythologie du Delta du Mississippi et de la culture de la working class amĂ©ricaine. Le groupe a rĂ©alisĂ© sept albums, dâune productivitĂ© et dâune popularitĂ© rares, dans sa courte existence et ancrĂ© une quinzaine de singles dans la mĂ©moire collective et la bande-son de son Ă©poque, de « Proud Mary » à « Have You Ever Seen The Rain? » en passant par le contestataire « Fortunate Son ». Plus de quarante ans aprĂšs sa sĂ©paration fracassante, malgrĂ© les procĂšs et les annĂ©es de silence, la notoriĂ©tĂ© de Creedence reste intacte et les albums de platine sâadditionnent, confortant sa place de groupe mythique.
Revue de presse
Souvenirs de rock, de punk, et de punk-rock! Frederic Vandecasserie RTBF 28 septembre 2024
- Creedence Clearwater Revival Jean-Christophe Baugé Paris Move
- Creedence Clearwater Revival Dominique Boulay Blues Magazine N°78 Octobre/Décemebre 2015
- Interview de Steven Jezo-Vannier par Yuzu Melodies Boris Plantier yuzu-melodies.fr 31 juillet 2015
- Interview de Steven Jezo-Vannier Vol de nuit Airport Canal Voyage Webradio Septembre 2015
- Creedence : trois ans de gloire quarante ans de bagarres JérÎme EstÚbe La Tribune de GenÚve 29 novembre 2015
- Read this ! Jean-Pierre Simard Rolling Stone Septembre 2015
- Creedence Clearwater Revival Cédric Bru Les Obsédés Textuels 6 juillet 2015
âCreedence Clearwater Revival, le groupe qui au dĂ©but des seventies Ă©tait en train de remplacer les Beatles dans les charts avant de se crasher dans les problĂšmes judiciaires et les conflits entre musiciens, vous vous souvenez? Vous Ă©coutez sĂčrement toujours leurs titres. Un livre leur a Ă©tĂ© consacrĂ© aux Editions Le mot et le Reste, Ă©crit par Steven Jezo Vannier. Perfectomusic a interviewĂ© lâauteur pour vous.â
âToujours au rayon des bons souvenirs du rock, on Ă©pinglera cette biographie de Creedence Clearwater Revival aux Ă©ditions â Le Mot et le Reste â. Et John Fogerty, fondateur du groupe, se souvient des annĂ©es 60 et de la musique Ă cette Ă©poque : â Musicalement, je faisais des choses diffĂ©rentes, notamment de la country, mais jâĂ©tais prĂ©sent au Fillmore ou Ă Haight Ashbury â hauts lieux de la culture hippie â car jâai grandi dans la baie de San Francisco. Politiquement, jâĂ©tais proche des hippies, mĂȘme si socialement je ne lâĂ©tais pas  pour moi, un hippie est quelquâun de dĂ©foncĂ© qui ne travaille pas. Mais si on parle de rendre le monde meilleur, de protĂ©ger les pauvres en payant plus dâimpĂŽts  pas pour fabriquer des bombes Â, je suis lĂ . Pour finir, je ne suis pas devenu un yuppie, Ă lâinverse de bien des hippies. Ces types avec des attachĂ©s-cases qui admiraient Ronald Reagan et faisaient de la cupiditĂ© une valeur. Moi, je suis restĂ© aussi idĂ©aliste que je lâĂ©tais dans les annĂ©es 1960.â
Bien que nĂ© en 1984, Steven Jezo-Vannier est un spĂ©cialiste de la contre-culture hippie et du Rock west coast des seventies. Il consacre son huitiĂšme ouvrage aux Ă©ditions LMELR Ă Creedence Clearwater Revival, quatuor puis trio responsable de la bande-son de toute une Ă©poque, y compris en France. PlutĂŽt quâun trip sous LSD, CCR propose Ă lâĂ©poque du Summer Of Love un voyage dans les marĂ©cages de la Louisiane: le swamp Rock dâun Sud fantasmĂ© que le leader John Fogerty ne visitera quâen 1990. Si la success-story de 1967-72 est connue du plus grand nombre â 7 albums placĂ©s dans le top 100 US, dont 3 chefs-dâoeuvre rien quâen 1969 â le dĂ©but de la fin lâest beaucoup moins. Suite aux revendications des sans-grades Stu Cook (basse) + Doug Clifford (batterie), John ne compose quâun tiers de lâultime LP âMardi Grasâ qui contient par consĂ©quentâŠdeux tiers de dĂ©chet. LâĂ©chec de la dĂ©mocratie Ă©galitaire conduit au split. Lâauteur, exhaustif, embraye sur les diffĂ©rentes carriĂšres solo Ă lâintĂ©rĂȘt artistique souvent nul, et les procĂ©dures judiciaires fratricides. Le grand gagnant de lâhistoire est Saul Zaentz, patron du label Fantasy qui a capitalisĂ© sur le nom du groupe avant de devenir un important producteur de cinĂ©ma multi-oscarisĂ©.
Retrouvez cette chronique sur le site paris-move.com
De 1967 Ă 1972, ils ont su imposer leur Swamp Rock Ă des multitudes peu prĂ©parĂ©es Ă ce qui allait arriver, tout imprĂ©gnĂ©s du son des Grateful Dead, Jefferson Airplane et autre Quick Silver Messenger Service quâils Ă©taient alors, et ont obtenu, grĂące Ă cela, un succĂšs planĂ©taire, le San Francisco Sound rĂ©gnant alors en maĂźtre de cĂ©rĂ©monie sur Terre. Les quatre bons copains, John Fogerty, Tom Fogerty, Doug Clifford, Stu Cook, sont en effet un peu arrivĂ©s Ă la maniĂšre de lâĂ©lĂ©phant dans le magasin de porcelaine, bousculant un certain nombre dâhabitudes acquises. Le groupe californien a, en 7 albums, bouleversĂ© la donne musicale et parfaitement intĂ©grĂ© dans son rĂ©pertoire, Ă la fois un certain nombre dâĂ©lĂ©ments de contestation sociale et dâĂ©lĂ©ments de la culture amĂ©ricaine traditionnelle, suggĂ©rant par exemple un ancrage sudiste dans leur chanson, Born In The Bayou, alors quâ ils nâavaient jamais mis leurs santiags dans la rĂ©gion⊠En guise de deuxiĂšme exemple, je rappellerai quâen plein dans le conflit vietnamien, ils nâont pas hĂ©sitĂ© Ă Ă©crire un Fortunate Son, qui dĂ©nonçait le fait Ă©tabli que câĂ©tait le plus souvent les enfants issus des classes laborieuses sans relation qui partaient en Asie, plutĂŽt que ceux favorisĂ©s inscrits en universitĂ©.
Ce ne sont que deux petits dĂ©tails illustrant lâouvrage qui regorge dâinformations Ă©ruditesâŠ
Ce livre, tout comme tous ceux dont jâai dĂ©jĂ parlĂ©, mĂ©rite amplement la dĂ©finition que je vais en donner ci-aprĂšs : Un livre qui se lit tout autant quâil sâĂ©coute.
Ne pas réécouter les classiques que sont Bayou Country, Green River ou Cosmoâs Factory Ă ce moment prĂ©cis, serait une faute de goĂ»t !
Creedence Clearwater Revival : 5 ans de succĂšs, 40 ans de querelles
Interview. Steven Jezo-Vannier vient de sortir une biographie consacrĂ©e Ă Creedence Clearwater Revival aux Ă©ditions Le Mot et le Reste. Lâoccasion Ă©tait belle de revenir avec lui sur lâhistoire de ce groupe phare de la scĂšne californienne des annĂ©es 60.
Racontez-moi votre découverte de Creedence Clearwater Revival ?
La musique du groupe mâa toujours Ă©tĂ© familiĂšre, par la radio et les films, mais la dĂ©couverte rĂ©elle du groupe, les premiĂšres Ă©coutes attentives et passionnĂ©es ont suivi la dĂ©couverte de Cosmoâs Factory dans la discothĂšque du pĂšre dâun ami. On a Ă©coutĂ© lâalbum en boucle⊠Câest dâailleurs avec ce disque que jâai commencĂ© mon immersion profonde dans le rock et notamment le son de la West Coast et plus particuliĂšrement de San Francisco, pour lequel jâai un faible assumĂ©.
DâoĂč vient ce son si particulier de Creedence Clearwater Revival ?
Dâun mĂ©lange unique : des racines rockânâroll et rhythmânâblues qui ont marquĂ© les musiciens dans leur adolescence, comme Ă peu prĂšs toute cette gĂ©nĂ©ration dâartistes sixties, et surtout dâune attirance pour lâunivers du blues et du bayou, qui imprime profondĂ©ment le son et les paroles de John Fogerty. Mais ce dĂ©cor, aussi sincĂšre et authentique puisse-t-il paraĂźtre, nâest rien de plus quâun habillage en carton, car Fogerty ne dĂ©couvre la rĂ©alitĂ© du bayou et de la Louisiane que dans les annĂ©es quatre-vingt-dix. Avant cela, il Ă©crit Ă partir de souvenirs fantasmĂ©s et dâimages de films. Le groupe est nĂ© dans un petit lycĂ©e de Californie, bien loin des mĂ©andres du Mississippi. Pourquoi leur son est si particulier ? Parce quâils ont une identitĂ© forte, marquĂ©e par le swamp rock, un style quâils ont inventĂ© et quâils sont les seuls Ă jouer, et par la puissance et lâĂ©nergie de lâassociation guitare/rythmique soutenue par la voix de John.
Bien quâapparu dans le San Francisco de la fin des 60s, Creedence Clearwater Revival nâest pas un groupe hippie ou psychĂ©dĂ©lique. En quoi Ă©tait-il diffĂ©rent ?
Parce quâils avaient les yeux et lâimagination rivĂ©s sur la Louisiane quand tous les autres regardaient ailleurs⊠les uns ne juraient que par le blues de Chicago, dâautres se vouaient au style surf californien ou Ă la pop britannique. La contre-culture hippie, pour aller vite, regarde vers lâOuest et San Francisco, comme lâont fait les beatniks avant elle. Pas CCR. Quant au psychĂ©dĂ©lisme, comme son nom lâindique, il est alimentĂ© par la drogue hallucinogĂšne et les musiques de CCR sont propres. Ils sont un peu de la vieille Ă©cole, il faut dire quâils ont dĂ©butĂ© trĂšs tĂŽt, Ă la fin des annĂ©es cinquante ! Au lieu dâembarquer dans le trip sous acide et de se laisser prendre par le tourbillon psychĂ©, ils restent les deux pieds ancrĂ©s sur la terre, restant fidĂšle Ă la culture populaire et ouvriĂšre amĂ©ricaine. Pas question pour eux de sâadonner aux dĂ©lires de la jeunesse blanche de la middle class.
Pendant un certain temps, le groupe vivote sous différentes appellations. Pourquoi a-t-il mis autant de temps à percer ?
Parce que CCR a un peu le parcours dâun groupe garage avant lâheure. Et lâimpression de longueur est renforcĂ©e par le fait que le line-up dĂ©finitif est fixĂ© dĂšs lâautomne 1959 sous le nom de Tommy & the blue velvets ! Trois ados qui partagent les bancs du lycĂ©e : Stu Cook, Doug Clifford et John Fogerty, qui rejoint le frĂšre aĂźnĂ© du dernier, Tom Fogerty. Ils se forment Ă domicile, dans les garages familiaux et le circuit des kermesses et fĂȘtes Ă©tudiantes. Il faut du temps avant que le groupe soit repĂ©rĂ©, mais il faut se souvenir que la scĂšne musicale de la baie de San Francisco est encore loin dâexploser. Il y a peu de radios, uniquement de petits labels sans envergure⊠donc peu de chance de percer. Creedence rĂ©alise un premier label chez Orchestra Records mais câest un flop. Il faut dire que le groupe nâest pas encore arrivĂ© Ă maturitĂ©, et cette Ă©tape indispensable ajoute Ă la lenteur du processus. Enfin, lorsque le groupe signe chez Fantasy en 1964, les dirigeants dĂ©ploient un plan marketing catastrophique, trĂšs loin de lâauthenticitĂ© musicale revendiquĂ©e par John Fogerty. On les affuble de perruques afros blanches, de costumes coordonnĂ©s et dâun nom ridicule : The Golliwogs, qui est le nom dâune poupĂ©e reprĂ©sentant un Noir Ă lâimage dĂ©formĂ©e par les clichĂ©s racistes. Les Ă©checs se succĂšdent et il faudra finalement que le groupe attende le rachat du label par Saul Zaentz, qui va donner carte blanche Ă Fogerty. Le succĂšs suit de peu le changement de nom et la sortie des nouveaux singles puis du premier album en 1968.
Creedence Clearwater Revival nâa pas durĂ© trĂšs longtemps. Comment se fait-il quâil compte toujours autant aprĂšs ?
Tout dâabord grĂące Ă sa singularitĂ©, on lâĂ©voquait tout Ă lâheure. CCR a une identitĂ© fortement marquĂ©e et reconnaissable dĂšs les premiĂšres secondes. Ensuite, il y a Ă©videmment la force des chansons, des paroles autant que la musique, qui ont marquĂ© au fer rouge la gĂ©nĂ©ration. Pourrait-on parler des annĂ©es soixante sans Ă©voquer « Proud Mary », la guerre du Vietnam sans « Fortunate Son » ? Il y a le succĂšs, Ă©videmment, que peu de groupes ont pu Ă©galer. Enfin, il y a lâextraordinaire productivitĂ©, car Creedence câest seulement cinq ans de carriĂšre, mais sept albums publiĂ©s, dont cinq dans le top 5 des classements !
Au cĆur de Creedence Clearwater Revival et donc de votre livre, il y a John Fogerty, un musicien quâon trouve sympathique au dĂ©but puis beaucoup moins par la suite. Comment le dĂ©cririez-vous ?
Fogerty se dĂ©finit avant tout par sa dĂ©termination et son autodiscipline. DĂšs lâadolescence, il voulait rĂ©ussir en musique et sâest battu pour cela, il a ensuite voulu rivaliser avec les Beatles et gagner le sommet. Il sâest finalement illustrĂ© avec une productivitĂ© inĂ©dite dans lâhistoire du rock, le tout en se tenant Ă lâĂ©cart des tentations qui entourent la vie de rock star, pas de drogue, dâalcool ou dâaventures extra-conjugales.
[âŠ]
DĂ©couvrez lâintĂ©gralitĂ© de lâinterview sur le site de Yuzu MĂ©lodies
Interview de Steven Jezo-Vannier pour la deuxiÚme émission de la saison cinq de Vol De Nuit Airport.
Ăcoutez lâinterview sur le soundcloud de Canal Voyage
Mesdames Messieurs les fans, attention! La lecture de la rĂ©cente biographie française consacrĂ©e Ă CCR pourrait bien vous expĂ©dier le moral dans les chaussettes. Les quelques chapitres narrant lâascension et la lune de miel artistique du groupe sâavĂšrent rĂ©jouissants, certes. Mais les deux tiers du bouquin relatent son agonie, son explosion et surtout lâinterminable putrĂ©faction des rapports entre ses membres aprĂšs la sĂ©paration. Trois annĂ©es de bonheur intense pour quatre dĂ©cennies de procĂšs en pagaille, dâaigreurs accumulĂ©es, dâinfĂąmes dissonances. Ce nâest pas joli. Ce nâest pas gai. Ce nâest pas rock.
Sans toute cette longue coda bileuse, la saga de Creedence pourrait pourtant sâavĂ©rer exemplaire. Le quatuor nâa-t-il pas Ă©crit quelques-unes des plus belles pages de la culture pop? âProud Maryâ, âGreen Riverâ, âFortunate Sonâ; ses tubes, et il y en a une cascade, demeurent sur toutes les lĂšvres. Tandis que son registre musical, Ăąpre mais mĂ©lodique, rustique, sobre et tendu, nâa nullement vieilli, ce qui nâest pas exactement lâapanage des productions dâun nombre de leurs contemporains. Câest dâailleurs lĂ lâune des singularitĂ©s de CCR. Le groupe enlace la gloire en pleine pĂ©riode psychĂ©dĂ©lique. Ă San Francisco on gobe des acides comme des smarties. On jame des heures en secourant ses grands cheveux. On se vautre dans la boue en riant. les gens de Creedence ne mangent pas de ce LSD-lĂ . Droits dans leurs bottes, ils font dans la chanson de trois minutes et le concert millimĂ©trĂ©. Banlieusards californiens, ils se sont forgĂ© un rockânâroll qui louche vers le bayou louisianais, le bues des origines et la country rurale plus que vers les improvisations oiseuses. Des rednecks au pays des babas.
Et bosseurs avec ça. La gloire du groupe se bĂątit en quelques mois. Entre 1968 et 1970, il enchaĂźne les tournĂ©es et publie cinq albums brillants (dont trois en 1969!), truffĂ©s de hits jusquâau dernier sillon. Notez quâune dĂ©cennie de galĂšres a prĂ©cĂ©dĂ© la consĂ©cration. Câest le temps quâil aura fallu au chanteur guitariste John Fogerty pour pousser doucement son frĂšre aĂźnĂ© Tom dans lâombrer et sâemparer des manettes de la formation. Câest du reste ce putsch initial qui finira par tout pourrir. Les trois Creedence relĂ©guĂ©s au second plan ne digĂ©reront jamais lâhĂ©gĂ©monie de John, ce dernier leur reprochant leur ingratitude. on vous passe les dĂ©tails des trĂšs rances dĂ©mĂȘlĂ©s judiciaires avec les les maisons de disques du groupe, Fantasy, qui vont empoisonner les relations des musiciens jusquâaux annĂ©es 2000. Il faut dire que cette petite compagnie aura tout tentĂ© pour plumer la poule aux Ćufs dâor jusquâau croupion. Ăcrite dâune plume un rien administrative, la biographie sâintĂ©resse aussi Ă la production musicale des quatre Creedence aprĂšs la salit. Production qui, en dehors de quelques rares coups dâĂ©clat chez John, ne retrouvera jamais la flamboyante des annĂ©es 1969-1970.
Câest lâhistoire de quatre jeunes banlieusards californiens du dĂ©but des sixties, dingues de musique, qui rament une dĂ©cennie avant de signer avec le label Liberty qui veut sâoffrir un catalogue rock. Bingo ! En moins dâun an, Creedence balaye tout sur son passage et rĂšgne sur les charts de 1969 Ă 1972 grĂące Ă un swamp rock inventĂ© de toutes piĂšces par John Fogerty. Des chansons anti-ViĂȘtnam aux procĂšs sans fin, lâincroyable saga de lâun des plus grands groupes amĂ©ricains.
[âŠ]
Pour Creedence Clearwater Revival, idem les errances et les difficultĂ©s des dĂ©buts, ponctuĂ©es par lâinterminable attente de trouver un label. EmmenĂ© par un John Fogerty autoritaire et omni prĂ©sent, le groupe restera le mĂȘme dans lâanonymat comme dans la gloire â dâune efficacitĂ© militaire.
Excellents musiciens, câest Ă©galement en quatre albums et en Ă peine plus de trois ans (Green River, Bayou Country, Willy & the Poor Boys et Cosmos Factory) que CCR va conquĂ©rir les stades et affoler les ventes. Groupe expĂ©rimentĂ© et disciplinĂ©, Creedence pratique un « swamp rock » sans fioritures portĂ© par le voix puissante de John Fogerty. Ces Californiens que leur titre âBorn on the Bayouâ et leur son roots firent passer longtemps pour issus de la Louisiane furent vite adoptĂ©s par la scĂšne de Frisco Ă laquelle ils apportaient leur Ă©nergie et leur simplicitĂ© (morceaux courts, tendus et efficaces plongeant leurs racines dans la musique rock traditionnelle, le blues et le rythm and blues). AprĂšs une succession de hits comme âFortunate Sonâ, âProud Maryâ ou âUp Around the Bendâ, CCR sera confrontĂ© Ă un violent problĂšme de leadership. En effet, John Fogerty, ayant balayĂ© toute initiative du groupe et en particulier celles venant de son frĂšre Tom, va trĂšs vite compromettre lâavenir du groupe (le crĂ©pusculaire Pendulum sera leur derniĂšre production âpresqueâ tous rĂ©unis) et se retrouver seul. La suite ne sera quâanecdotique mais CCR avait eu le temps, vantĂ© aujourdâhui par Bruce Springsteen, entre autres, de marquer Ă jamais la musique amĂ©ricaine.
Deux publications incontournables, composées similairement en émaillant chronologiquement la narration du détail des albums, qui feront la joie des nostalgiques comme des baby rockers.
Lire lâintĂ©gralitĂ© de lâarticle sur le site des ObsĂ©dĂ©s Textuels