Covers - Nouvelle édition
Une histoire de la reprise dans le rock
16/04/2015
Hommage ou opportunisme, la cover est un exercice de style inĂ©vitable de la sphĂšre rock. â Thatâs All Right Mama â, une reprise dâArthur Crudup, un noir, par Elvis Presley, un blanc, va pulvĂ©riser les barriĂšres raciales derriĂšres lesquelles le rock naissant Ă©tait maintenu. Les Beatles commencent par des reprises et font Ă leur tour lâobjet de relectures diverses, tout comme les Rolling Stones et bien dâautres. Puis viendra le tour des Tribute bands et leurs adaptations au goĂ»t du jour de chansons dâune autre Ă©poque. En dâautres termes, la reprise Ă©volue sans cesse avec le rock, contribuant Ă inventer ses formes, fonder ses groupes, Ă©largir son horizon musical, dĂ©finir sa gĂ©nĂ©alogie ou sauvegarder son patrimoine de chansons. Cet ouvrage fait le tour de ces reprises emblĂ©matiques pour mieux cerner les contours parfois insaisissables du rock et de la pop. Car une grande reprise nous enseigne toujours quelque chose.
Revue de presse
- Livre de la semaine Olivier Valerio Radio P.FM // Easy Rider 3 mai 2015
- Covers. Une Histoire de la Reprise dans le Rock d'Emmanuel Chirache Cédric Bru Obsédés textuels 2 Mai 2015
- Covers. Une histoire dans la reprise du rock Noël Lopez Monticule Octobre 2008
- Covers. Une histoire dans la reprise du rock Jean-Marc Grosdemouge Site M-la-Music.net
- Covers. Une histoire dans la reprise du rock Mathieu Arbogast Octobre 2008
- Covers. Une histoire dans la reprise du rock François Branchon Sefronia 24 mai 2009
- Covers. Une histoire dans la reprise du rock Olivier Bride Guitariste mag Octobre 2008
- Covers. Une histoire dans la reprise du rock Gilles Borgogno César Octobre 2008
- Covers. Une histoire dans la reprise du rock Guy Darol La presse littéraire Septembre-Novembre 2008
- Covers. Une histoire dans la reprise du rock Frédéric Goaty Muzic Septembre-Octobre 2008
- Covers. Une histoire dans la reprise du rock Julien Welter Magic Septembre 2008
- Covers. Une histoire dans la reprise du rock Christophe Schenk Lâhebdo (Suisse) AoĂ»t 2008
- Covers. Une histoire dans la reprise du rock Cédric Fabre Rolling stone Juillet-Août 2008
Ce livre fourmille de dĂ©tails surprenants et dâanecdotes croustillantes et permet de parfaire sa connaissance dâune musique populaire, tellement populaire quâil a toujours Ă©tĂ© tentant de la reprendre soit pour la copier ou, plus intĂ©ressant, de la transcender dans une nouvelle version plus crĂ©ative sans la plagier.
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âUn superbe ouvrage, trĂšs critique par moments, on vous le recommande trĂšs fortement.â
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La reprise est lâombre portĂ©e du rock.
Initiation, apprentissage, imitation, adaptation hommage, exportation, tribute⊠Tout est bon pour justifier lâimportance des covers. Comme le souligne fort justement Emmanuel Chirache, le verbe anglais to cover dans son sens original de couvrir est plus prĂ©cis que le âreprendreâ français.
En effet, une cover a la possibilitĂ© de couvrir selon le choix que fait lâartiste toutes les potentialitĂ©s dâune chanson. Il peut lâaccĂ©lĂ©rer, la ralentir, la parodier, la sortir de son contexte, de sa culture et de sa langue.
Si lâon sâen tient au rock â domaine que nous privilĂ©gions -, la cover a connu son heure de gloire au dĂ©but du rockânâroll inspirĂ© largement du blues et composĂ© principalement par des musiciens afro amĂ©ricains. DĂšs lors que ce phĂ©nomĂšne gagnait les dance floors, il fallait que les Blancs soient de la partie.
Ainsi, le rĂ©pertoire des grands (Chuck Berry, Muddy Waters, Bo DiddleyâŠ) fut pillĂ© par dâautres grands (Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Eddie CochranâŠ) Ce sera trĂšs vite le crossover (le vĂ©ritable crossover selon Berry Gordy, patron de la Motown Ă©tant de populariser chez les acheteurs blancs la musique des Noirs jouĂ©e par des Noirs avec des arrangements acceptables pour les Blancs), ce phĂ©nomĂšne installa durablement la cover dans la panoplie musicale.
De la reprise hommage â nombre de vedettes furent des fans avant dâĂȘtre des stars â (Bowie, Todd Rundgren, ByrdsâŠ) Ă la reprise dâadaptation (Joe Cocker, Vanilla Fudge, Patti SmithâŠ), Emmanuel Chirache couvre parfaitement son sujet en bouclant la boucle avec les groupes tribute, sorte de re crĂ©ation des anciens groupes mĂȘme.
Pour notre part, nous rajouterons lâidĂ©e dâexploitation dĂ©tournĂ©e et commerciale des covers. Ne sont-elles pas devenues la bande son de la publicitĂ© occidentale ?
Covers, parfaitement documenté, écrit au cordeau avec une minutie de bénédictin consacre définitivement la cover en lui rendant enfin justice.
MĂȘme si dans la musique populaire aussi on comptait des ânĂ©gresâ, ce livre brillant contribuera Ă les rendre cĂ©lĂšbres.
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Un essai sur les reprises de la pop-music : un excercice de style âemblĂ©matiqueâ dans lâhistoire du rock depuis notamment la reprise par Elvis Prestley du Thatâs All Right Mama dâArthur Crudup. RĂ©flexions sur la place de ces chansons pas toujours bien dĂ©finies dans la carriĂšre dâun artiste, mais aussi sur la dimension culturelle, mĂ©morielle et patrimoniale de la reprise. Lâauteur est rĂ©dacteur en chef du webzine Inside-Rock et signe ici son premier livre (Ă©crit avec la collaboration dâAurĂ©lien Noyer).
Dans cet essai, Emmanuel Chirache dĂ©passe la vieille querelle âReprise : hommage ou paresse ?â pour dĂ©montrer que les covers peuvent trĂšs bien aider un artiste Ă passer de lâimitation Ă la crĂ©ation, Ă se construire une identitĂ© et que, de maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale, elles permettent au rock de se renouveler sans cesse et dâen maintenir vivant lâhĂ©ritage auprĂšs des nouvelles gĂ©nĂ©rations.
VoilĂ un vrai sujet de livre, dont on peut sâĂ©tonner quâaucun auteur nâait songĂ© Ă le traiter plus tĂŽt, particuliĂšrement en France, pays oĂč, dans les annĂ©es soixante, les machines Ă traduire tournaient Ă plein rĂ©gime (permettant des carriĂšres et des fortunes Ă la Hallyday parfaitement usurpĂ©es). Le thĂšme Ă©tait un vrai terrain en friches. Emmanuel Chirache a pris la faux.
Mais lâintĂ©rĂȘt de lâouvrage est plus fin encore, acceptant la notion de ârepriseâ au sens le plus large, en poussant le thĂšme non seulement sur la forme (adaptation ou traduction en langue Ă©trangĂšre), mais au fond, abordant historiquement les âinfluencesâ marquantes des principaux styles musicaux apparus depuis les annĂ©es soixante, leurs inter-influences, les sources cachĂ©es, les muses invisiblesâŠ
OrdonnĂ© par thĂšmes, âMusiques noires â musiques blanchesâ (pour aborder le rockânâroll des annĂ©es 50), âDe lâimitation Ă la crĂ©ationâ (la naissance de la musique pop), âLa mĂ©thode du discoursâ (le processus folk), âLes Ă©rudits du rockâ (le british blues boom), âLe mĂ©lange des genresâ (mĂ©tissage et universalitĂ©) jusquâĂ MTV et la gĂ©nĂ©ration des Tribute bands, le livre, fort bien Ă©crit, dâune plume lĂ©gĂšre teintĂ©e dâhumour discret, et surtout non codĂ©e, se lit dâune traite, et rĂ©ussira Ă intĂ©resser le nĂ©ophyte (pas de jargon ici) comme lâĂ©rudit (beaucoup dâinformations jusquâici inconnues [âŠ]).
[âŠ] Indissociables de lâhistoire du rock, les reprises â ou âCoversâ en anglais â ont profondĂ©ment marquĂ© lâĂ©volution de cette musique. Tous les plus grands sây sont pliĂ©s par respect ou par intĂ©rĂȘt, des Beatles aux Stones, en passant par Elvis Presley. Au dĂ©but des fifties, quand le King saute par-dessus la clĂŽture raciale qui sĂ©pare la musique des Noirs de celle des Blancs, en rĂ©interprĂ©tant âThatâs All Right Mamaâ dâArthur âBig Boyâ Crudup, il retombe en crĂ©ant un son hybride, jusquâalors Ă peine Ă©bauchĂ© avant lui le rockânâroll. Cette cover mettra le feu aux poudres. II aura suffi dâune simple chanson, créée par un Noir et revisitĂ©e par un Blanc, pour allumer la mĂšche. A travers son livre, Emmanuel Chirache pousse tous les musiciens qui rĂȘvent dâinnover Ă se poser cette question difficile : vaut-il mieux crĂ©er en tentant de copier, ou au contraire imiter en tentant de crĂ©er? Quel part pris est le meilleur? Câest au lecteur dây rĂ©flĂ©chir, et Ă lui seul de trancher.
Les Covers en Anglais, âreprisesâ en Français sont lâart dâaccommoder une chanson existante Ă sa sauce personnelle, en y mettant son style. Câest aussi le titre du livre dâEmmanuel Chirache dont le sous-titre est Une histoire de la reprise dans le Rock. Tout un programme que lâauteur maĂźtrise parfaitement. Lâouvrage fourmille dâanecdotes Ă lâusage du nĂ©ophyte comme du spĂ©cialiste (histoire de rappeler quelques passages importants de lâaventure du rockâŠ). Saviezâvous par exemple que Thatâs Al/right Mama de Presley est une chanson dâun obscur Bluesman Big Boy Crudup ? Quelles chansons ont Ă©tĂ© reprises par Dylan, les Stones ou les Beatles? Connaissezâvous les Tribute bands, spĂ©cialistes de la reprise ? Toutes ces questions (et dâautres) trouveront leur rĂ©ponses dans la lecture de ce passionnant ouvrage⊠Qui prĂ©cise la subtile nuance entre reprises et covers.
[âŠ] Excellemment argumentĂ©, Covers retrace la grande Ă©popĂ©e de la reprise jusquâĂ sa relance par le phĂ©nomĂšne des tribute bands. Nous apprenons beaucoup en lisant ce livre. On chante aussi. Et cela cultive nos colĂšres.
(âŠ.) Emmanuel Chirache dans Covers, une histoire de la reprise dans le rock nous rafraĂźchit trĂšs bien la mĂ©moire. «Une grande reprise nous apprend toujours quelque chose» : il ne suffit pas seulement de le dire, il faut aussi le prouver, ce quâil fait avec un mĂ©lange dâĂ©rudition contagieuse et de finesse de plume. (âŠ) Du âblanchimentâ de la musique noire aux Ătats-Unis Ă nos bons vieux yĂ©yĂ©s dâici en passant par âle processus folkâ et âle retour aux sourcesâ, le voyage est riche dâenseignements, rythmĂ© qui plus est par des focus passionnants sur des disques-clĂ©. Ă lire dâurgence.
(âŠ) Face Ă lâampleur de la tĂąche, Emmanuel Chirache choisit Ă forte raison la sobriĂ©tĂ©, un sĂ©rieux qui porte son Ă©tude du cĂŽtĂ© de Greil Marcus davantage que de Lester Bangs.(âŠ) La nuance est lâautre qualitĂ© du livre. AprĂšs sâĂȘtre Ă©tendu sur la maniĂšre dont les blancs ont repris Ă leur compte la musique noire amĂ©ricaine pour lâindustrialiser, Emmanuel Chirache Ă©voque un groupe comme les Yardbirds «des gringalets qui en remonteraient Ă leurs idoles blues. » Il rappelle combien lâengouement pour le rockânâroll a permis Ă la carriĂšre de musiciens comme Muddy Waters ou BO Diddley de connaĂźtre un second souffle.
[âŠ] Loin de se contenter dâun inventaire agrĂ©mentĂ© dâanecdotes, Emmanuel Chirache analyse selon diffĂ©rents angles la persistance de la reprise Ă travers lâhistoire du rock. Parmi ceux-ci, la capacitĂ© de se façonner un univers par le biais du repertoire dâautrui apparaĂźt comme un fil conducteur particuliĂšrement pertinent.
[âŠ] Bien documentĂ© et Ă©clectique dans son choix de pĂ©riodes, Covers, une histoire de la reprise dans le rock dĂ©montre toute lâimportance de la Cover, entre bĂ©gaiements coupables et tentations postmodernes. Et rappelle que de tous les arts, le rock est sans doute le plus encyclopĂ©dique, constamment fascinĂ© par sa propre Ă©rudition.
La reprise par excellence, câest le «We shall Overcome», issu dâun gospel du XIX^e^ siĂšcle, passĂ© de bouche en bouche, entonnĂ© notamment par les ouvriĂšres noires
grĂ©vistes des usines de tabac en 1946, avant de devenir lâhymne contestataire des Sixties.
« To cover oneâs track», dans le dico, donne dissimuler, brouiller les pistes. Au dĂ©part, il y a, bien sĂ»r, le pillage du rĂ©pertoire des Noirs-AmĂ©ricains⊠Robbie Robertson
est plus optimiste: « Bob jouait quelques mesures dâune vieille chanson et disait âPeut-ĂȘtre y a-t-il une nouvelle chanson lĂ -dedansâ ». De la « cover » au « tribute », câest aussi une histoire
ludique, comme le groupe Hayseed Dixie qui rend un hommage hillbilly Ă AC/DC, uniquement avec les instruments du bluegrassâŠ