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Parution : 21/04/2011
ISBN : 9782360540211
152 pages (14,8 x 21 cm)

17 €

Captain Beefheart and his magic band(s)

EXTRAIT
On observe surtout, principalement dans ces longs blues tendus, un renforcement de la voix de Don Vliet, qui devient de plus en plus rocailleuse et assurĂ©e avec l’entraĂźnement. Cela ne l’empĂȘche pas ici de renforcer son style vocal bien particulier. Alex Snouffer, guitariste du Magic Band des dĂ©buts jusqu’à 1968, parle bien de cette voix outrĂ©e, forcĂ©e : “il a commencĂ© Ă  faire cette imitation de Howlin’ Wolf et j’ai pensĂ©, eh mon pote, c’est pas mal du tout.”

Escroc gĂ©nial, chef tyrannique, chanteur monstrueux
 De nombreuses lĂ©gendes entourent l’artiste connu sous le nom de Captain Beefheart. Ami de lycĂ©e de Frank Zappa, c’est en s’entourant des nombreux musiciens souvent anonymes mais gĂ©niaux de son « Magic Band » que Captain Beefheart a créé, de 1967 Ă  1982 – en Ă  peine quinze ans et une poignĂ©e d’albums – une musique complexe, surenchĂšre de polyrythmes et de polytonalitĂ©s, Ă  base de blues dĂ©construit. De nombreux musiciens continuent de se rĂ©clamer de cet artiste essentiel, dĂ©cĂ©dĂ© en dĂ©cembre 2010, qui avait quittĂ© soudainement et silencieusement la musique en 1982 pour se consacrer pleinement Ă  la peinture. Ce livre dĂ©crit les paradoxes constants dans la crĂ©ation chez Captain Beefheart And His Magic Band(s), entre dĂ©rives quasi-sectaires, intĂ©gritĂ© visionnaire, Ă©checs commerciaux et musique d’une libertĂ© totale.

Revue de presse

- Captain Beefheart and his magic band(s) Dominique Boulay Paris On The Move
- Captain Beefheart and his magic band(s) le blogothorax 9 janvier 2012
- Livres pour une rentrée studieuse Gilles Borgogno César Novembre 2011
- Captain Beefheart and his magic band(s) Jean-Christophe Mary Paris Capitale & Zikannuaire Octobre 2011
- Captain Beefheart and his magic band(s) Françoise Massacre New Noise mag Septembre 2011
- Des lectures musicales pour l'été Raymond Sérini Nouvelle Vague 20 juillet 2011
- Si Dick Annegarn est une truite, Captain Beefheart s'appelle Leibniz Guy Darol Le Magazine des Livres Juillet-Août 2011
- Captain Beefheart and his magic band(s) Marie Gallic Nabbu Juin 2011
- Mauvais genres François Angelier France Culture 18 juin 2011
- Captain Beefheart and his magic band(s) Polemik Juin 2011
- Captain Beefheart and his magic band(s) AgnĂšs Leglise ROCK'N'FOLK juillet 2011
- Captain Beefheart and his magic band(s) Philippe Renaud Improjazz Mai 2011
- Livres Marc Gourdon Magic Juin 2011
- Spéciale Beefheart Philippe Conan Radio Canal B 23 mai 2011
- Le livre de la semaine Olivier Valerio Easy Rider / radio PFM 8 mai 2011
- Captain Beefheart and his magic band(s) Sylvain Bertot Fake for real Avril 2011

- Captain Beefheart and his magic band(s)

L’auteur, BenoĂźt Delaune, Docteur en LittĂ©ratures comparĂ©es, a publiĂ© plusieurs textes thĂ©oriques sur les rapports entre littĂ©rature, musique concrĂšte et le rock. Dans la collection Formes aux Ă©ditions Le mot et le reste, il nous sert aujourd’hui un essai captivant sur le “Capitaine Coeur de Boeuf”. Et pour celui qui n’a pas eu le plaisir de feuilleter l’ouvrage Captain Beefheart de Guy Cosson aux Ă©ditions ParallĂšles (1994) et pour qui la seule entrĂ©e possible est le concert mĂ©morable qu’il donna au Bataclan le 15 avril 1972, l’opportunitĂ© d’en savoir enfin davantage sur le loustic est une occasion inespĂ©rĂ©e, Ă  ne rater sous aucun prĂ©texte. Celui que beaucoup avaient dĂ©couvert chantant “Willie The Pimp” sur l’album Hot Rats de Frank Zappa (1969) a vĂ©cu plusieurs vies tout au long d’une vie qui ressemble plus Ă  une combinaison de poupĂ©es russes qu’à une banale vie d’employĂ©e de laverie automatique.

D’une maniĂšre complĂštement chaotique, ce Capitaine a rĂ©ussi Ă  enregistrer une quinzaine d’albums en compagnie d’une ribambelle de zicos dont John French, Ry Cooder, Jeff Cotton ou Art Tripp III. Il en a enregistrĂ© quatre avec Frank Zappa, son ami de la premiĂšre heure
et ennemi de la derniĂšre (?), choisissant de terminer sa route terrestre comme peintre.

L’auteur s’emploie surtout Ă  dĂ©mystifier tout ce qui a pu se dire et s’écrire sur le personnage fantasque, tantĂŽt tyran sectaire, tantĂŽt simplement visionnaire gĂ©nial. Sa musique que l’on pourrait d’abord qualifier de “Free Blues Rock Ă  construire” est en rĂ©alitĂ© une musique trĂšs complexe, polyrythmique et polytonale. DĂ©finition (et donc musique) qui Ă©chappait Ă  un grand nombre d’auditeurs lambdas qui se gaussaient de cet amalgame de sons qu’ils se dĂ©pĂȘchaient de qualifier de “n’importe quoi” ou de “chose trĂšs bruyante”. Mais rappelons-nous que ce furent exactement les mĂȘmes qualificatifs qui furent affublĂ©s aux premiers musiciens et groupes de rock
 avant que le monde ne soit finalement emportĂ© par le tsunami du rock. Parions que l’Histoire saura reconnaĂźtre en ce Capitaine Beefheart un capitaine qui savait tenir la barre contre vents et marĂ©es, et qu’à l’instar des grands marins d’autre fois, il nous a fait dĂ©couvrir de nouvelles contrĂ©es.

Lien vers le blog

Dominique Boulay
Paris On The Move

- Captain Beefheart and his magic band(s)

C’est seulement le 2ùme ouvrage en français qui parait sur Captain Beefheart, aprùs celui de Guy Cosson, sorti en 1994 aux Editions Parallùles.

Ce livre n’est pas extraordinaire, car il y a pas mal de redites, plus quelques caricatures et interprĂ©tations tirĂ©es par les cheveux, notamment celles des chansons de Beefheart, qui tournent un peu trop Ă  l’explication de texte et semblent confirmer que l’auteur ne baigne pas vraiment dans un milieu rock trĂšs pointu (garage-rock, punk-rock, ou rock expĂ©rimental
) comme il le reconnait d’ailleurs lui-mĂȘme. En effet, l’explication de texte convient-elle au rock’n‘roll ? Je trouve que non (dĂ©jĂ  Ă  l’école, pour la poĂ©sie et le théùtre, on avait du mal Ă  supporter
).

Mais ça n’empĂšche qu’il a le mĂ©rite de ne pas trop se la pĂ©ter (c’est dĂ©jĂ  un bon point) et de se pencher avec enthousiasme sur le sujet, ce qui est bien apprĂ©ciable en tant que fan de Beefheart. On y apprend toujours des trucs en passant, et il cherche Ă  proposer un point de vue critique sur l’oeuvre musicale de Don Van Vliet, plutĂŽt qu’une simple hagioraphie/discographie. On est Ă©videmment d’accord sur le fait que les 2 albums de 1974, c’est de la merde, mais il relativise aussi l’intĂ©rĂȘt des 2 prĂ©cĂ©dents, Spotlight Kid et Clear Spot, ce qui est plus rare et Ă  quoi je souscris. AprĂšs, pour ce qui est de savoir si Beefheart Ă©tait mĂ©chant et tyranique ou pas, il faut bien garder Ă  l’esprit que des gens comme Elton John ou Bob Geldoff Ă©taient sans doute super gentils Ă  vivre, mais pour un rĂ©sultat assez chiant, non ? Alors les tĂ©moignages de gens raisonnablement corrects comme Ry Cooder, il vaut mieux savoir les interprĂ©ter – Ă  chacun de le faire soi-mĂȘme, certes


Bref ce livre vaut quand mĂȘme tout Ă  fait le dĂ©tour, l’essentiel restant bien sĂ»r d’écouter la musique, Ă  commencer par le 1er album, Safe as Milk (1967), puis Trout Mask Replica (1969) et enfin Shinny Beast (1978) et Doc at the Radar Station (1979), pour rester dans l’ordre chronologique. Ensuite, de mon point de vue, le caviar du caviar, ce sont les prises alternatives non conservĂ©es lors de la sortie du 2Ăšme album, Strictly Personnal, en 1968. Elles ont un son beaucoup plus roots et intemporel (d’ailleurs cette histoire est bien expliquĂ©e dans le bouquin) et serviront de vivier pour alimenter de nombreux futurs albums. On les trouve sur ce disque : I May Be Hungry But I Sure Ain’t Weird : The Alternate Captain Beefheart sorti en 1992 (et que je pus dĂ©couvrir grĂące Ă  l’impayable IncohĂ©rent ! ;)

http://www.beefheart.com/datharp/albums/official/hungry.htm

Comme on peut le lire sur cette page (en lien), ce disque n’est plus disponible, mais la plupart des titres sont resortis en bonus des derniĂšres rééditions CD de Safe as Milk et de Mirror Man, donc tout va bien. Rien de tel qu’un bouquin de 150 pages pour vous pousser Ă  vous replonger dans vos Ă©tagĂšres Ă  disques !

BLOGOTHORAX

le blogothorax 9 janvier 2012

- Livres pour une rentrée studieuse

Les Ă©ditions le Mot et le Reste continuent dans l’excellence en matiĂšre d’écrits Rock avec une nouvelle livraison d’ouvrages qui vient de sortir. Quatre livres, quatre thĂšmes, qui font mouche : les grands Live du rock, un Beefheart pour faire connaissance avec ce musicien haut en couleurs, un Parcours blues et un Post-punk, no wave, indus & noise, chronologie et chassĂ©s-croisĂ©s. Philippe Thieyre qui Ă©crit, entre autres, chez Rock’n‘Folk, se fend d’un Parcours blues en 150 albums. AprĂšs cette saine lecture (et l’écoute concomitante) vous parlerez comme un natif du delta du Mississippi et ni Muddy Waters ni Pee Wee Crayton n’auront de secret pour vous. Si les termes Post-punk, No Wave, Indus & Noise sont obscurs pour vous, plongez-vous dans l’ouvrage du mĂȘme nom : vous y croiserez Tuxedo Moon, Public Image ou les Young Marble Giant. Et d’autres, plus obscurs, sous la plume alerte de Philippe Robert, auteur de nombreux ouvrages chez le mĂȘme Ă©diteur. La scĂšne Ă©tant l’essence du rock, un collectif d’auteurs (E. Chirache, C. Delbrouck, Y. Jolivet et G. Ruffat) revisite, par Ă©crit, les grands albums Live du rock. A vos platines pour les Ă©couter avec de nouvelles oreilles. Enfin, un petit opuscule sans concessions de BenoĂźt Delaune : Captain Beefheart And His Magic Band(s) qui dĂ©mystifie Captain Beefheart, ne nĂ©gligeant pas les zones d’ombres du personnage. On est loin de l’hagiographie.

Gilles Borgogno
César Novembre 2011

- Captain Beefheart and his magic band(s)

« Captain Beefheart » oĂč le parcours du groupe qui a apportĂ© une large contribution au courrant rock psychĂ©dĂ©lique des 60s et 70’s. Durant une bonne dĂ©cennie trĂšs exactement de 1967 Ă  1982, Don « Van » Vliet, plus connu sous le pseudonyme de Captain Beefheart, va dynamiter les canons de la musique rock, dĂ©construire cette musique populaire tout juste naissante, tout en lui insufflant une bonne dose de blues et de free jazz. Des cheveux longs aux fringues hippies et barbes crasseuses, de l’esprit communautaire aux affiches hallucinogĂšnes, Captain Beefheart invente aussi l’imagerie du mouvement hippie. Sans oublier les fameuses sĂ©ances d’acid test et de tĂ©lĂ©pathie qui font partie de la vie quotidienne. On redĂ©couvre le gĂ©nial compositeur comme un ethnologue musicien, une sorte de pirate des sons qui expĂ©rimente les genres les plus baroques, crĂ©ant son propre langage musicale. Ses expĂ©rimentations, ses combinaisons inspirĂ©es ouvrent les portes de la perception sensorielle. Chez Beefheat, tous les sens sont mis Ă  contribution. Cascades de notes Ă  gogo, solos de guitares sophistiquĂ©s, tout crisse, grince et dĂ©rape vers les territoires de l’étrange surprenant l’auditeur au fil des phrases musicales. Tout cela, BenoĂźt Delaune le raconte de l’intĂ©rieur, album aprĂšs album. Vous suivez l’aventure d’un groupe qui exerça une influence sur cette jeunesse amĂ©ricaine en quĂȘte de spiritualitĂ© et de vie libertaire. CĂŽtĂ© anecdote, l’auteur nous apprend que Don Vliet ajoute la particule « Van » a son patronyme « sans doute en hommage Ă  Vincent Van Gogh », que durant l’intense prĂ©paration de son album culte « Trout Mask Replica », le capitaine cƓur de bƓuf rencontrera le dĂ©sĂ©quilibrĂ©, Charles Manson. BenoĂźt Delaune Ă©voque aussi les diffĂ©rents changements de personnels mais revient aussi trĂšs largement sur l’influence musicale trĂšs importante du copain de LycĂ©e, Franck Zappa. Un ouvrage trĂšs prĂ©cis qui dresse un portrait fidĂšle de l’histoire du groupe.

ZIKANNUAIRE

Jean-Christophe Mary
Paris Capitale & Zikannuaire Octobre 2011

- Captain Beefheart and his magic band(s)

Le 17 dĂ©cembre dernier, la mort de Don Van Vliet, mieux connu sous le nom de Captain Beefheart, nous rappelait combien le dĂ©sert de la littĂ©rature Beefheartienne Ă©tait aride, et notamment en France oĂč le seul ouvrage digne de ce nom (Captain Beefheart de Guy Cosson, Ă©d. ParallĂšles, 1994) est dĂ©jĂ  Ă©puisĂ© depuis plusieurs annĂ©es. Alors l’annonce d’un nouveau livre sur le sujet fut comme d’apercevoir une oasis que l’on n’atteindrait jamais. (
)

Françoise Massacre
New Noise mag Septembre 2011

- Des lectures musicales pour l'été

Note : 4
Quelques nouveautĂ©s bienvenues chez l’excellent Ă©diteur provençal Le Mot et Le Reste. JĂ©rĂŽme Solal consacre un ouvrage concis Ă  Antony Hegarty, chanteur d’Antony & the Johnsons, auteur d’une poignĂ©e d’albums envoĂ»tants, sobrement intitulĂ© La Voix d’Antony. BenoĂźt Delaune s’attarde lui, Ă  dĂ©crypter l’Ɠuvre du Captain Beefheart and His Magic Band(s), quelques mois aprĂšs la mort du musicien et peintre, ami de Franck Zappa. Enfin, l’éditeur propose l’intĂ©grale des textes d’un chanteur, l’enthousiasmant Dick Annegarn, agrĂ©mentĂ©e de quelques trĂšs belles photos de cet inlassable baroudeur. Trois beaux ouvrages pour dĂ©couvrir ou redĂ©couvrir trois artistes inclassables, libres, indispensables


Raymond Sérini
Nouvelle Vague 20 juillet 2011

- Si Dick Annegarn est une truite, Captain Beefheart s'appelle Leibniz

(
)
Ceux qui rĂ©visent rĂ©guliĂšrement leurs mavericks s’attardent avec satisfaction sur Don Vliet alias Captain Beefheart. Avec lui, on est certain que la “ musique est du bruit qui pense “ (Victor Hugo) et que le blues n’a pas Ă©mis son dernier souffle. Surtout nous sommes confrontĂ©s Ă  une Ɠuvre inclassable (blues dĂ©construit ?) dĂ©livrĂ©e par un artiste tortueux (et torturĂ©), mĂ©lange de mauvaise foi et de fulgurances haute tension. Il fallait qu’un biographe s’y penche, un hermĂ©neute si possible. BenoĂźt Delaune, docteur en littĂ©ratures comparĂ©es, Ă©tait le mieux placĂ© pour Ă©valuer l’Ɠuvre Ă  l’aune de ses paradoxes. Non seulement il en analyse le mouvement, la spĂ©cificitĂ© et encore la portĂ©e, mais il montre que la mĂ©canique des lyrics est Ă  rapprocher des Ă©crits d’Antonin Artaud, de Louis Wolson et de Lewis Carroll. Captain Beefheart dans tous ses Ă©tats, y compris la colĂšre, est dĂ©sormais intelligible. Magistral.

Guy Darol
Le Magazine des Livres Juillet-Août 2011

- Captain Beefheart and his magic band(s)

Est-ce parce qu’il s’est retirĂ© du monde de la musique pour se consacrer Ă  la peinture qu’aucun ouvrage français n’est consacrĂ© Ă  Captain Beefheart ? Ou parce que Frank Zappa lui a fait trop d’ombre ? BenoĂźt Delaune rĂ©pare cette injustice et ne se prive pas de quelques bonnes piques : si la musique de Zappa a bien marchĂ© Ă  l’époque, elle sonne aujourd’hui vieillotte, quand celle de Catpain Beefheart n’a pas pris une ride !

En 2005, Ondi Timoner offrait une carriĂšre Ă  l’imbuvable Anton Newcombe grĂące au documentaire Dig ! opposant les galĂšres de son groupe, le Brian Jonestown Massacre, au succĂšs de ses meilleurs ennemis, les Dandy Warhols. La saga de Frank Zappa et Captain Beefheart n’est pas diffĂ©rente.

Les deux musiciens se rencontrent au lycĂ©e de Glendale en 1956 et partagent la mĂȘme passion pour le blues et les sĂ©ries Z. C’est mĂȘme Zappa qui donne son blase Ă  Don Vliet dans son opĂ©ra-rock Lost Episodes. Sur le disque, le personnage est introduit sans chichis: « Je suis un chef de bande. Non seulement je peux boire un max, mais en plus, je joue de vingt-trois instruments, alors que je ne sais mĂȘme pas lire la musique. » Si la prĂ©sentation est assez proche de ce que deviendra Captain Beefheart Ă  la tĂȘte de son Magic Band, l’origine profonde de ce nom de scĂšne est un peu moins glorieuse. Il s’agirait d’une blague scabreuse que l’oncle du jeune Don Vliet aimait faire lorsqu’il urinait Ă  grand bruit, porte ouverte, en comparant son outil Ă  un cƓur de bƓuf (« Beefheart »)
 Cette anecdote ridicule est Ă  l’image de la carriĂšre de Captain Beefheart : elle ne comptera jamais de rĂ©ussite totale. Captain Beefheart And His Magic Band est au dĂ©part un trio de guitaristes.

Ce n’est que par la suite que Don Vliet se joint Ă  eux et prend la seule place Ă  laquelle un non-musicien peut prĂ©tendre : celle de chanteur. Il s’appliquera ensuite Ă  virer mĂ©thodiquement un Ă  un les membres du trio originel pour demeurer seul maĂźtre Ă  bord. Mais la vĂ©ritable « stratĂ©gie de l’échec » qu’il met alors en place l’empĂȘche d’accĂ©der Ă  une reconnaissance mĂ©ritĂ©e. MĂȘme son chef d’Ɠuvre de 1969, Trout Mask Replica, est sabordĂ© par un enregistrement bĂąclĂ© en six petites heures dans le studio Z de
 Zappa. Cependant, c’est de ces prises de risques insensĂ©es et de la tyrannie du capitaine que naĂźt la crĂ©ativitĂ© du Magic Band. Quant Ă  l’ennemi Zappa, il servira bien souvent de secours financier. C’est sur ce paradoxe beefheartien que BenoĂźt Delaune construit sa biographie. Beefheart est certes odieux mais nombre de ses morceaux sont divins
 EspĂ©rons que ce livre crĂ©era un « effet Dig ! » mĂȘme si Don Vliet, dĂ©cĂ©dĂ© en dĂ©cembre 2010, ne connaĂźtra jamais la consĂ©cration de son vivant, contrairement Ă  Zappa. Si toutefois le captain est tĂ©moin de son accession au panthĂ©on des musiciens les plus audacieux du XXe siĂšcle, les crĂȘpages de moustaches pourront peut-ĂȘtre enfin cesser au paradis des rockers.

NABBU

Marie Gallic
Nabbu Juin 2011

- Mauvais genres

L’émission Mauvais genre du 18 juin 2011 a Ă©tĂ© largement consacrĂ©e au Captain Beefheart.

Animateur du Magic Band, ami de jeunesse et collaborateur de Frank Zappa, mort en dĂ©cembre 2010, Captain Beefheart alias Don Vliet fut une des figures les plus singuliĂšres de la musique amĂ©ricaine contemporaine. BenoĂźt Delaune, notre invitĂ© de ce soir, consacre Ă  ce vĂ©ritable “chapelier fou” du rock U.S, un essai paru aux Ă©ditions “Les mots et le reste”.

A podcaster !

Mauvais genres

François Angelier
France Culture 18 juin 2011

- Captain Beefheart and his magic band(s)

En bon prof de fac, Delaune creuse son sujet avec application et on y dĂ©couvre un Don Van Vliet qui s’est lentement accaparĂ© son groupe en le phagocytant par exclusion des membres fondateurs. L’histoire narrĂ©e n’est pas au mĂ©rite du chanteur-poĂšte-peintre que fut Beefheart, un moment proche de Manson (hum !), super manipulateur d’un groupe totalement dĂ©vouĂ© Ă  ses dĂ©sirs/dĂ©lires. On y apprend tout de l’évolution et de la musique en regard des passages des divers membres jusqu’au Ă  la dissolution de 1982. Remarquablement documentĂ©, on peut regretter l’approche directive qui fait plus appel Ă  Deleuze et Guattari qu’à la culture pop. Mais le sujet est cernĂ©, l’histoire dite – et la musique, toujours aussi Ă©trange et belle, demeure. Lick My Decalls Off, Baby !

Polemik

Polemik Juin 2011

- Captain Beefheart and his magic band(s)

C’est marrant les trucs, hein mais plus ça va et plus, on aurait comme qui dirait l’impression que ça ne va pas. Oh ! on parle de rock lĂ , pas de la tempĂ©rature qui monte des deux cĂŽtĂ©s de la MĂ©diterranĂ©e, de la french revolution qui n’arrive pas ou des politiques qui tripotent, mais rĂ©ellement de nos lectures autour du rock qui, au fil et Ă  mesure (binaire), dĂ©montrent chaque jour un peu plus comment cette histoire-lĂ  ne s’est bĂątie que sur une bande de mecs ultra typĂ©s, barrĂ©s, en un mot : singuliers et nous questionne du coup, en ces temps oĂč le rock ne se rĂ©volutionne plus guĂšre et oĂč, concomitamment, les extravagances les plus folles sont tolĂ©rĂ©es voire formatĂ©es — hein Lady Gaga — mais bon Dieu que sont les vĂ©ritables excentriques devenus ? Et, subsidiairement, le rock peut-il s’en passer et comment leur survivra-t-il ?
Captain Beefheart fut un de ceux-lĂ  et l’on se doute vite, Ă  la lecture de la bio que lui consacre BenoĂźt Delaune, qu’un mec qui choisit comme nom de scĂšne le petit surnom que son tonton donnait Ă  popaul, ce dont accessoirement, on ne veut mĂȘme pas essayer d’imaginer pourquoi un cƓur de bƓuf et pourquoi ce choix, ce mec-lĂ  donc ne va pas se fondre dans le psychĂ©dĂ©lisme de la fin des sixties sans y laisser des traces assez profondes pour atteindre le statut enviable de petite lĂ©gende que son rimbaldien silence de 1982 Ă  sa disparition en 2010 a bien sĂ»r totalement magnifiĂ©.
Visionnaire ou dingue, gĂ©nial ou carambouilleur, ça se discute encore et rien de ses ratages comme de ses succĂšs ne permet de trancher avec certitude dans un non-sens ou dans l’autre : ses dĂ©lires de patriarche sectaire avec son groupe de musicos sadisĂ©s, ses collaborations cahoteuses avec son pote Zappa comme son extrĂȘme inventivitĂ© se mĂȘlent Ă  des tactiques d’échecs systĂ©matiques qui auraient assurĂ©ment rĂ©galĂ© n’importe quel psy freudien de base, prix sans doute d’une originalitĂ© et d’une libertĂ© dĂ©bridĂ©es qui s’entendent encore clairement aujourd’hui dans ses meilleurs disques.

AgnĂšs Leglise
ROCK'N'FOLK juillet 2011

- Captain Beefheart and his magic band(s)

Ce court livre (150 pages y compris la discographie) arrive quelques mois aprĂšs la disparition du Capitaine CƓur de BƓuf (17 dĂ©cembre 2010). L’auteur s’est attachĂ© Ă  reconstruire la carriĂšre de Don Van Vliet disque aprĂšs disque en s’appuyant sur trois sources diffĂ©rentes : le livre de Mike Barnes “ Captain Beefheart, the Biography “ (Omnibus Press, 2004), le texte de John French (” Drumbo “) dans le livret du coffret Grow Fins, publiĂ© sur Revenant en 1999 et surtout le livre autobiographique de ce mĂȘme John French “ Beefheart : through the eyes of Magic “ (Proper Music Publishing, 2010). L’auteur insiste surtout sur les trois premiers disques du Capitaine, jusqu’au chef-d’oeuvre absolu que constitue Trout Mask Replica (d’ailleurs, la pochette ne reprĂ©sente pas une truite mais une carpe
) mais il n’épargne pas le caractĂšre absolument imbuvable de Don Van Vliet et dĂ©cortique ses relations de travail avec un nombre incalculable de musiciens qui se sont succĂ©dĂ©s dans ce groupe qui n’en fut finalement pas un, plutĂŽt la dĂ©monstration d’un Ă©go surdimensionnĂ© Ă©crasant quelques personnages placides. Quand on pense que ces mĂȘmes musiciens ont enregistrĂ© les parties musicales de ce double album et que Beefheart a “ balancĂ© “ ses Ă©ructations et mots sans mĂȘme Ă©couter les bandes, on ne peut qu’ĂȘtre admiratif du travail rĂ©alisĂ© par Drumbo pour la reconstitution du puzzle !
Sans doute ce livre prĂ©sente ici une version beaucoup moins idyllique de cet ami / ennemi de Zappa, comme l’auteur le cite parfois, sans doute aussi plus proche de la rĂ©alitĂ© ; mais le gĂ©nie ne se nourrit-il pas de conflits permanents et d’injustices flagrantes ?
Seul reproche : les trop nombreuses rĂ©pĂ©titions qui, au lieu d’affiner la comprĂ©hension complexe du personnage, finissent parfois par lasser.

Philippe Renaud
Improjazz Mai 2011

- Livres

S’appuyant en trĂšs grande partie sur Beefheart : Through The Eyes Of Magic (2010), les mĂ©moires rĂ©vĂ©latrices de John “Drumbo” French, le seul multi instrumentiste qui soit parvenu pendant une dizaine d’annĂ©es Ă  endurer le caractĂšre trĂšs particulier de Don Van Vliet, alias Captain Beefheart, BenoĂźt Delaune (docteur Ăšs lettres et musicien lui-mĂȘme) s’applique Ă  dĂ©mĂȘler le paradoxe Beefheart, en s’attardant bien sĂ»r sur les 79 minutes de l’incunable Trout Mask Replica (1969) : des conditions dantesques de son enregistrement — six mois de rĂ©pĂ©titions tyranniques Ă  l’écart du monde, dans une bicoque oĂč il y a plus de psychotropes Ă  consommer que de nourriture — Ă  sa saisie en studio en 6 heures chrono ! Un disque de blues abstrait, peu accessible, qui, Ă  l’instar de The Velvet Underground & Nico (1967), avant de devenir un “classique” dont une noria de crĂ©ateurs se sont rĂ©clamĂ©s (en dresser la liste prendrait des plombes), n’eut absolument aucun succĂšs Ă  sa sortie. En sus de prĂ©cisions purement techniques que les musiciens apprĂ©cieront Ă  leur juste valeur et du suivi des nombreux changements de personnel (le plus souvent abrupts et inamicaux) et de contrats d’édition (itou!) qui ont Ă©maillĂ© la carriĂšre du Magc Band, l’auteur en parcourt la discographie bancale, en exprimant des opinions qui ont le mĂ©rite d’ĂȘtre personnelles. Car la majeure partie des fans de Zappa (d’autant plus outre Manche et Atlantique) ne considĂšrent pas Beefheart comme le faire-valoir du premier, voire un sous-produit (sic). Ils chĂ©rissent depuis des lustres la poĂ©sie obsessionnellement animaliĂšre et surrĂ©aliste de ce personnage imprĂ©visible — imaginez un croisement entre la truculence du PĂšre Ubu d’Alfred Jarry et la folie douce du Chapelier fou de Lewis Carroll, dotĂ© du sens de la provocation de Salvador Dali — comme un trĂšs grand artiste Ă  part entiĂšre. Passionnant et passionnĂ©, ce bouquin vient rĂ©parer, d’une certaine maniĂšre, l’incomprĂ©hensible silence avec lequel l’ensemble des tĂ©lĂ©visions de l’Hexagone — hertziennes et numĂ©riques, dont certaines “historiquement musicales — ont traitĂ© l’annonce de son dĂ©cĂšs.

MAGIC

Marc Gourdon
Magic Juin 2011

- Spéciale Beefheart

Une émission spéciale Beefheart avec la participation de Benoßt Delaune, auteur du seul livre disponible à ce jour en France sur le Captain Beefheart.
A réécouter d’urgence !
Canal B

Philippe Conan
Radio Canal B 23 mai 2011

- Le livre de la semaine

Captain Beefheart and his magic band(s) figure dans la sĂ©lection livre d’Easy Rider.

Pour Ă©couter l’émission et visionner la sĂ©lection :

Easy rider

Olivier Valerio
Easy Rider / radio PFM 8 mai 2011

- Captain Beefheart and his magic band(s)

Voici un livre qui tombe bien. Parce que, tout d’abord, Captain Beefheart vient tout juste de casser sa pipe, fin 2010. Parce que son aura, son prestige et sa cote ne faiblissent dĂ©cidĂ©ment pas, prĂšs de trente ans aprĂšs qu’il a stoppĂ© net sa carriĂšre de musicien. Et puis aussi, parce que la documentation en français Ă  son sujet reste maigre, que le seul livre qui lui ait Ă©tĂ© consacrĂ© dans notre langue, le Captain Beefheart de Guy Cosson, est aujourd’hui complĂštement Ă©puisĂ©, comme le prĂ©cise l’auteur de cette nouvelle biographie.

BenoĂźt Delaune, docteur en littĂ©ratures comparĂ©es, a donc choisi de s’atteler Ă  son tour Ă  la tĂąche, ce qui n’est pas une mince affaire, vu le mĂ©lange de mythes, de rumeurs, d’intox et de partis-pris passionnĂ©s qui entoure le personnage, vu aussi la documentation pas toujours fiable qui existe Ă  son sujet, en anglais essentiellement. Don Van Vliet alias Captain Beefheart laisse tellement peu indiffĂ©rent, il clive tant, il y a le concernant si peu d’espace entre le rejet absolu et l’admiration bĂ©ate, qu’il est ardu de faire la part des choses et de tenir un propos posĂ© et factuel sur le bonhomme.

L’auteur, mĂȘme s’il fait manifestement partie des idolĂątres, y parvient cependant. Il adresse toutes les polĂ©miques avec sĂ©rieux et recul. Captain Beefheart est-il un personnage secondaire de la galaxie Frank Zappa ? Non, pas du tout. Le son de Trout Mask Replica est-il un croisement entre le delta blues et le free jazz, selon la formule du mĂȘme Zappa ? Non, c’est plus complexe que cela. Sa musique est-elle le produit de son seul gĂ©nie, ou de ce Magic Band en mutation constante qui l’accompagne pendant toute sa carriĂšre. Les deux, mon gĂ©nĂ©ral, mais le Captain est Ă  la barre pour de bon, il en est le moteur. (
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Fake for real

Sylvain Bertot
Fake for real Avril 2011