CAN
Pop-Musik
EXTRAIT
Can naĂźt en Allemagne, vit en Europe et crĂ©e en utopie. Il nous balance un rock tribal minimal dâinspiration chamanique. Un morceau de Can dĂ©veloppe le plus souvent une polyrythmie de road movie, une atmosphĂšre de tempĂȘte zĂ©brĂ©e de vibrations Ă©lectriques, de mĂ©lodies mordantes et de scansions verbales. Les rĂ©verbĂšres tanguent, la lumiĂšre vacille, les panneaux publicitaires sont tordus par de violentes rafales. « Yoo Doo Right », « Mother Sky », « Halleluwah », « Mushroom » ou encore « Animal Waves » emportent lâauditeur dans une autre dimension. Il parcourt les obstacles physiques tels une onde magnĂ©tique.
Can, une syllabe, trois lettres marquĂ©es Ă lâencre indĂ©lĂ©bile dans lâhistoire de la musique. Can, pour boĂźte de conserve en anglais, Ăąme en turc, Ă©motion en japonais. La musique de Can concentre la mĂȘme richesse polysĂ©mique. Chacun des membres du groupe amĂšne une personnalitĂ© trĂšs riche mĂȘlant rock psychĂ©dĂ©lique, soul, avant-garde et rythmes du monde. Le tout est fusionnĂ© lors de longues improvisations. La composition instantanĂ©e permet Ă chacun dâamener sa signature musicale Ă ce Can sound, ce son si particulier quâils obtiennent par leur maĂźtrise des techniques de studio, de lâenregistrement au mastering. Pas de leader, pas dâingĂ©nieur du son, ils sont les seuls crĂ©ateurs. Lâouvrage analyse la discographie de Can, son parcours sur les scĂšnes dâEurope et son impact dans le monde de la musique. Il replace ainsi dans leur contexte dâenregistrement les albums cultes dâun des groupes essentiels de la scĂšne krautrock.
Revue de presse
- CAN. Pop-Musik Jean-Philippe Haas Chromatiques.net 2 octobre 2014
- CAN. Pop-Musik Max Lachaud ObskĂŒre Magazine
- CAN Stéphane FougÚre Traverses
- Too much class⊠x P. Thieyre Laurence Pierre France Inter // Addictions 13 décembre 2013
- Chroniques LittĂ©rature MĂ€x Lachaud ObskĂŒre Magazine Septembre 2013
- Can Pop-Musik : premier livre en français sur le groupe fondateur du Krautrock Maxence Grugier Fluctuat.premiere.fr 11 octobre 2013
- Bienvenue sur la Terre Yves Blanc Couleur 3 // La Planéte Bleue 5 octobre 2013
- CAN. Pop-Musik Philippe Conan Canal B // L'Azile le plus sûr 30 septembre 2013
- YES WE CAN ! Jean Rouzaud Novaplanet 23 septembre 2013
- CAN et le maketing Miley Cyrus Adrien Toffolet Le Mouv' // Le Récap 27 septembre 2013
De âEuphoriaâ Ă âEn Corpsâ, le retour en grĂące de âVitamin Câ de Can, un titre de 1972 dâune incroyable modernitĂ©.
Quâest-ce qui fait quâun morceau de rock semble venir de naĂźtre alors quâil est sorti il y a plusieurs dĂ©cennies ? Câest le cas de âVitamin Câ du groupe allemand Can, citĂ© rĂ©cemment coup sur coup Ă lâĂ©cran. Nous avons tentĂ© de percer le mystĂšre de son Ă©ternelle jeunesse avec un spĂ©cialiste. [âŠ]
Pour Eric Deshayes, spĂ©cialiste du rock allemand des annĂ©es 70 et auteur dâun ouvrage trĂšs complet sur Can (Can, Ă©ditions Le Mot et le reste), la rĂ©ponse est ailleurs : la modernitĂ© de Vitamin C sâexplique uniquement par le son. Car le groupe originaire de Cologne Ă©tait un prĂ©curseur du travail sophistiquĂ© en studio.
âLes musiciens de Can faisaient de longues improvisations trĂšs libres en studio â ils avaient leur propre studio, une raretĂ© Ă lâĂ©poque. Une fois quâils avaient mis ça sur bande magnĂ©tique, le bassiste et ingĂ©nieur du son Holger Czukay travaillait sur les bandes et faisait du mixage avant lâheure, explique-t-il. Ăa ne se faisait pas dans le milieu de la pop Ă lâĂ©poque, sauf chez les Beatles, qui passĂšrent Ă©normĂ©ment de temps en studio durant leurs derniĂšres annĂ©es ensemble. En revanche, cela se pratiquait dans la musique contemporaine, notamment en France chez les pionniers de la musique concrĂšte Pierre Henry et Pierre Schaeferâ, Ă©claire-t-il. [âŠ]
Un article à retrouver en intégralité sur France Info
Qui nâa jamais Ă©tĂ© intriguĂ© par lâimagerie, musicalement si peu Ă©loquente, de la pochette de Ege Bamyasi ? Et parmi ceux dont la curiositĂ© a Ă©tĂ© titillĂ©e, combien ont rĂ©ellement sautĂ© le pas et dĂ©couvert ce qui se cache derriĂšre cette boĂźte de gombo peu avenante ? Pas grand monde, dans le coin, et câest pour ça que Can colle parfaitement Ă lâexpression « illustre inconnu ». Le groupe allemand a Ă©tĂ© une influence majeure revendiquĂ©e par nombre dâartistes bien plus cĂ©lĂšbres, mais sa musique, un peu trop vite cataloguĂ©e krautrock, reste plutĂŽt mĂ©connue chez nous. Ou plutĂŽt, est elle retombĂ©e un peu dans lâoubli, hormis pour un cercle dâinitiĂ©s. Ăric Deshayes, dĂ©jĂ auteur de Au-delĂ du rock et co-auteur de LâUnderground musical en France (tous deux chez Le mot et le reste), tente de rĂ©parer cette injustice en consacrant un livre Ă la troupe la plus originale et jusquâau-boutiste des annĂ©es soixante-dix.
Si le gros de lâouvrage est consacrĂ© Ă sa pĂ©riode la plus crĂ©ative â en gros de 1968 Ă 1978 â toute sa carriĂšre, ainsi que les projets individuels et trajectoires personnelles de ses musiciens sont Ă©galement Ă©voquĂ©s, jusquâĂ nos jours. Mais on nâimagine pas lire Pop-Musik sans Ă©couter Ă la fois un disque de Can, condition indispensable sâil sâagit dâapprĂ©hender pleinement cette biographie et en particulier les longues descriptions imagĂ©es, mĂ©taphoriques qui sont faites de la musique de ces touche-Ă -tout de Cologne. Lâanalyse des titres ne peut faire sens pour le lecteur quâaccompagnĂ©e de son pendant sonore. Câest parti, donc, en compagnie de Tago Mago, Ege Bamyasi et autres Future Days.
Pour faire comprendre ce quâest lâentitĂ© Can, Deshayes retrace en dĂ©tail la genĂšse de ce groupe formĂ© principalement dâenfants de Stockhausen. Le processus de composition, longtemps invariable et Ă©minemment collectif, est aussi largement Ă©voquĂ©. Ainsi, les longues sessions dâimprovisations et dâexpĂ©rimentations au chĂąteau de Nörvenich puis, le succĂšs venant, au fameux Inner Space Studio, tiennent une place prĂ©pondĂ©rante dans la trame narrative. Ă noter que les substances illicites probablement ingĂ©rĂ©es pendant ces moments hautement crĂ©atifs sont poliment passĂ©es sous silence⊠Lâauteur insiste Ă©galement sur le rĂŽle particulier, lâaura et lâinfluence des « chanteurs » qui se sont succĂ©dĂ©s, de mĂȘme que sur la dimension live de la musique de Can. Il replace son rĂ©cit dans le contexte de lâĂ©poque, digresse parfois pour aborder briĂšvement des sujets connexes (les techniques dâenregistrements, les mouvements artistiquesâŠ), Ă©voque les rĂ©actions de la presse, Ă©tablit des parallĂšles avec des artistes similaires. Outre la trajectoire du groupe lui-mĂȘme, Can, Pop-Musik dĂ©crit lâĂ©mergence dâune scĂšne expĂ©rimentale allemande (avec des groupes comme Amon DĂŒĂŒl, Popol Vuh, Kraftwerk et autres Floh de Cologne) face Ă lâhĂ©gĂ©monie anglo-saxonne, le bouillonnement artistique qui lâanime, son ouverture Ă de nouvelles influences et technologies. Le portrait brossĂ© tout au long des deux cents pages est bienveillant, probablement un peu subjectif â mais peut-il en ĂȘtre autrement lorsquâon parle dâun artiste quâon admire ?
Si vous faites partie des « initiĂ©s », ce livre sera pour vous un investissement Ă considĂ©rer sĂ©rieusement, surtout si vous nâĂȘtes ni anglophone ni germanophone et cherchez dĂ©sespĂ©rĂ©ment un ouvrage de rĂ©fĂ©rence sur Can plus dĂ©taillĂ© que lâarticle de Wikipedia. Quant aux nĂ©ophytes, dont la curiositĂ© nâa pu ĂȘtre quâattisĂ©e par la prose Ă©merveillĂ©e dâĂric Deshayes, il ne leur reste plus quâĂ dĂ©couvrir ce groupe Ă©minemment original, parfois dĂ©routant, Ă la discographie certes inĂ©gale mais Ă lâapproche toujours libre de toute influence.
Eric Deshayes consacre une interview au magazine ObskĂŒre !
Lâarticle Ă©logieux de Traverses concernant notre CAN est disponible ICI
Entre deux chansons de sa sĂ©lection, Philippe Thieyre dit tout le bien quâil pense de Can et du livre dâĂric Deshayes.
à réécouter ICI
Comme nous lâavons vu dans notre entretien avec Ăric Deshayes, cette rentrĂ©e littĂ©raire est chargĂ©e pour lui, deux de ses ouvrages paraissant chez Le mot et le reste : tout dâabord, une nouvelle Ă©dition de LâUnderground musical en France co-Ă©crite avec Dominique Grimaud, et une biographie de CAN. Le premier livre Ă lui seul justifie son achat pour son introduction qui nous replonge dans le contexte français des annĂ©es soixante et soixante-dix, les systĂšmes de diffusion parallĂšles (associations, rĂ©seaux de MJC, labels indĂ©pendants), lâĂ©mergence dâune presse rock (Best,Rock&Folk, Actuel), les rĂ©volutions culturelles (Mai 68, le situationnisme). Lâaccent est mis sur toutes les formations ayant expĂ©rimentĂ© le son, lâĂ©trangetĂ© des bruits, tout en retenant les leçons de la free music et en sâĂ©loignant des standards formatĂ©s de la chanson. Les auteurs se sont ensuite lancĂ© le pari de classifier les artistes par pratiques musicales : jazz dĂ©saxĂ© (Jacques Berrocal, Pierre BastienâŠ), psychĂ©dĂ©lique camembert (Gong, Chico Magnetic BandâŠ), politique pop or not ! (Red Noise, KominternâŠ), anar rock (Fille Qui Mousse, DagonâŠ), chants-sons de travers (Catherine Ribeiro, Etron Fou LeloublanâŠ), Ă©lectronique guĂ©rilla (Richard Pinhas, Ilitch, Art & TechniqueâŠ), pataphysique cantique (Hector Zazou, Pascal ComeladeâŠ), les tĂ©nĂšbres solaires (Art Zoyd, Denis FrajermanâŠ) et boĂźtes Ă rythmes en dissidence (MĂ©tal Urbain, DDAA, PtĂŽse, La STPOâŠ). Certains pourront contester ces rangements â oui, la STPO nâa jamais utilisĂ© de boĂźtes Ă rythmes ! â mais il fallait bien ordonner ces artistes iconoclastes et le livre peut ĂȘtre vu comme un pendant nĂ©cessaire Ă la compilation 30 ans dâAgitation musicale en France parue il y a une quinzaine dâannĂ©es. Lâouvrage sur CAN se rapproche plus de la biographie chronologique en bonne et dur forme, des dĂ©buts dâun â rock tribal minimal dâinspiration chamanisme â avec Monster Movie (1969) jusquâaux Lost Tapes de 2012, avec analyses de morceaux, comparaisons avec des artistes dâĂ©poque (Velvet Underground, Pink Floyd, Amon DĂŒĂŒl II) et passages en revue des nombreuses bandes originales quâils ont faites.
Cologne, 1966 : Bien avant lâavĂšnement de la techno, lâAllemagne sort de sa torpeur et lance un cri de guerre : Krautrock ! Quatre Ă©lĂšves de Karlheinz Stockhausen ouvrent le bal et forment Can, groupe mythique et anticonformiste, mixant Ă©lectronique et analogique, rock et bruit, pop et world. Une formation aujourdâhui encore incontournable, qui influencera plusieurs gĂ©nĂ©rations de musiciens. Retour sur ces pionniers allemands Ă lâoccasion de la parution de CAN Pop-Musik, premier livre Ă©crit en français sur le sujet.
[âŠ]
Passionnant de bout en bout, les 200 pages de CAN Pop-Musik se lisent dâune traite. Ăric Deshayes y retrace toute cette histoire bien sĂ»r, et plus encore. Album aprĂšs album, lâauteur livre une biographie fourmillante de dĂ©tails, de citations et dâanecdotes qui Ă©clairent la portĂ©e visionnaire de lâĆuvre de ce groupe unique. Une premiĂšre en France, puisque hormis The Can Book de Pascal Bussy et Andy Hall paru en 1992 en anglais et en allemand, ainsi que Can Box : Can Book signĂ© Hildegard Schmidt (Ă©pouse dâIrmin Schmidt) et Wolf Kampmann datĂ© de 1999, ou encore Cande Robert Von Zahn (2006), tous deux Ă©ditĂ©s en allemand, aucun ouvrage digne de ce nom nâĂ©tait disponible en langue française. CAN Pop-Musik offre donc une synthĂšse parfaite pour tous ceux qui souhaitent se pencher plus avant sur une formation mythique, qui, malgrĂ© sa dimension expĂ©rimentale Ă©vidente, a toujours su manier les diffĂ©rentes sources et influences qui vibrent et rĂ©sonnent Ă travers toutes les musiques âpopulairesâ. Du rock au jazz en passant par les sons âexotiquesâ du monde entier câest cette dimension intemporelle et a-gĂ©ographique qui fait de Can un groupe inoubliable et gĂ©nĂ©reux. De ceux qui passent le flambeau aux gĂ©nĂ©rations suivantes, riche en expĂ©riences et en Ă©motions.
Retrouvez lâarticle dans son intĂ©gralitĂ© sur le blog de Fluctuat
Yves Blanc parle de la sortie du Can, Pop-Musik dâĂric Deshayes dans son Ă©mission La PlanĂšte Bleue.
âVoici enfin le livre complet sur Can [âŠ] autant vous dire que câest passionnant, trĂšs documentĂ©, on suit le groupe de trĂšs prĂšs pendant les sĂ©ances dâimprovisation, on dĂ©couvre les conditions dâenregistrement Ă©piques, les conversations entre musiciens.â
Pour réécouter cette Ă©mission câest ICI que ça se passe.
Ăric Deshayes qui parle de Can, Pop-Musick et de la réédition de LâUnderground musical en France dans LâAzile le plus sĂ»r sur Canal B câest ICI.
CAN ! Le groupe le plus influent du monde ?
Ils ont des noms impossibles : Holger Czukay, Irmin Schmidt, Michael Karoli, Jaki Liebezeit, Damo Suzuki et quelques autres de diverses nationalités.
Ce commando, allemand à la base, est composé de petits génies et autres élÚves de grands maitres de musique, comme Karlheinz Stockhausen, ou des instrumentistes virtuoses, mais aussi des poÚtes, des chercheurs et des ingénieurs. Tout à la fois.
Dés 1968 ils ont posé les bases de ce qui allait devenir en deux ans le groupe le plus encensé des connaisseurs : CAN ( boite de conserve).
Leur musique est ambitieuse, Ă©levĂ©e, inclassable, culottĂ©e, ingĂ©nieuse et ensorcelante, puissante et envoutante. ClassĂ©e dans le Rock allemand, musique planante et autre Rock progressif, elle dĂ©passe en vĂ©ritĂ© largement de cadre : postmoderne, rĂ©pĂ©titive, atonale, minimale ; mĂȘme les plus grands rock critics sây perdentâŠ
Leur influence va sâĂ©tendre de la Techno au Punk, mais le nombre de groupes quây sây rĂ©fĂšrent est unique. MĂȘme Kraftwerk, qui peaufinait tout au millimĂštre en studio, a acceptĂ© de jouer en live avec eux !
Car si les membres de CAN sont savants, ils travaillent aussi lâimprovisation et les ruptures : ils touchent au Free Funk, au Jazz, Au Rock, Blues, R&B, Electro, World, Sampling, Ambient, BruitisteâŠ
Pourtant ils démarrent avec presque rien : un magnétophone, deux ou trois entrées, un studio bricolé⊠Ils finiront avec des instruments électroniques sophistiqués, mais toujours mis au point par eux.
Leur niveau est tel que les bruits, instruments, rythmiques, voix, bruits divers, samplés ou pas, semblent tous fluides, naturels, à leur place, jamais gratuits ni surdosés. La science de Can.
Leurs rĂ©pĂ©titions, leur perfectionnisme auront raison dâeux en dix ans, mĂȘme sâils nâont jamais cessĂ© de produire depuis, ensemble ou avec dâautres, de reclasser ou sortir leurs centaines de bandes enregistrĂ©es.
Ăric Deshayes, dans son livre, a eu le courage de tenter de raconter ce groupe avec tous leurs concerts, disques et autres expĂ©riences : musiques de films etc⊠Alors quâil nây a aucune anecdote Ă propos ces anti-stars.
En plus des Ă©tapes du groupe â lieux, formation, labels, intentions, lâauteur dĂ©crit chaque grand morceau emblĂ©matique de CAN, et comme tout le monde, il se casse la tĂȘte pour trouver les expressions justes pour dĂ©finir ce son sans Ă©tiquette : cosmic-Rock, free-Funk, avant-garde, hypnotique, Ă©popĂ©e synthĂ©tique, Pop luxuriante âŠ
Au dĂ©part, le groupe est si Ă©trange quâon lui propose de composer des musiques de films (lâextraordinaire Deep End de Jerzy Skolimovski, bijou pop et culte). Car ce sont les rois de lâambiance, de lâatmosphĂšre.
A la charniĂšre fin 60 â dĂ©but 70, lâĂ©cole dite planante et savante est presque Ă la mode : sây mettent les Pink Floyd, Soft Machine, Beefheart, Gong, Teri Riley, Mike Oldfield, et les allemands de Kraftwerk, Popol Vuh, Tangerine Dream, Amon Duul⊠Beaucoup de groupes pop sont devenus ambitieux, Ă©normes et sans crainte de viser haut.
Les minimalistes Steve Reich, John Cage, Phil Glass, La Monte Young ont osĂ©, mĂȘme le Velvet et Nico ont flirtĂ© avec lâatonal avec le bruit. John Cale du Velvet a travaillĂ© avec John Cage le minimal. La pop ne se sent alors plus de limites.
Et pourtant : Can fait encore aujourdâhui office de guide, de guru pour Sonic Youth, PIL et John Lydon, le Rock Electro, la Drumân Bass. MĂȘme le Rap et le Dub lui doivent quelque chose.
Leur rythme soutenu, mĂ©tronomique, stakhanoviste, les bruits Ă©tranges, les voix, les apports de sons improvisĂ©s ont laissĂ© des traces profondes dans lâhorlogerie Pop.
Curieusement leur sĂ©rieux, leurs Ă©tudes, Ă©coles et maitres ne les ont en rien assagis : ils ont rĂ©pĂ©tĂ©, mais dans un but dâimprovisation maitrisĂ©e et sophistiquĂ©e, avec des trouvailles de bricoleurs et des inspirations de poĂštes. Ils ont Ă©largi au maximum le cadre du concert de musique Pop.
Enfin, mĂȘme sâil ont eu un noir amĂ©ricain, un japonais et dâautres Ă©tranges Ă©trangers dans leur formation, sans parler de tous ceux qui ont voulu travailler avec eux, lâĂąme allemande, profonde et romantique, perfectionniste et lyrique a montrĂ© avec eux sa hauteur de vue et son ambition.
Ils ont mĂȘme intĂ©grĂ© du violon tzigane, des rythmes latinos amĂ©ricains, des ragas indiennes ou des chants vietnamiens dans leurs morceaux.
Si, comme beaucoup dâamateurs, vous avez loupĂ© CAN, alors il est grand temps de ne pas mourir idiot.
PS : Can veut dire boite de conserve en anglais, ùme en turc et émotion en japonais .
Can, Pop-Musik dâĂric Deshayes dans Le RĂ©cap dâAdrien Toffolet sur Le Mouvâ.
âUn vraie plongĂ©e passionnante dans lâhistoire et la discographie de ce groupe.â
âLe seul ouvrage complet en Français.â
Vous pouvez réécouter cette chronique ICI