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Parution : 17/06/2021
ISBN : 9782361397951
432 pages (21 x 14,8 cm)

Au-delà du Rock - Nouvelle édition

La vague planante, électronique et expérimentale allemande des années 70

Des expĂ©riences musicales pionniĂšres qui seront une des principales sources d’inspiration de la new wave, de la techno ou du post-rock.

Dans le contexte de l’explosion psychĂ©dĂ©lique et contestataire de la fin des 60’s en Allemagne de l’Ouest, de nombreux musiciens allemands se libĂšrent des mƓurs, d’abord, puis des modĂšles anglais et amĂ©ricains. Ils piochent allĂšgrement dans tous les courants prĂ©existants, du psychĂ© au free jazz, en passant par la musique contemporaine, et poussent le rock dans ses derniers retranchements. Can, Kraftwerk, Tangerine Dream, Amon DĂŒĂŒl, Faust, et d’autres, emmĂšnent leur musique « au-delĂ  du rock ». L’ouvrage relate le parcours de ces groupes allemands, repĂ©rant leurs influences et leur descendance, retrace l’itinĂ©raire de quelques personnages clĂ©s (producteurs, ingĂ©nieurs du son) et prĂ©sente une vue transversale des principaux labels discographiques qui ont diffusĂ© ces productions hors normes.

Revue de presse

- Au-delĂ  du rock Frederic Vandecasserie RTBF Classic 21 // Re-Cycle 2 octobre 2021
- Au-delà du rock Stéphane FougÚre Rythmes croisés 2021
- Au-delà du rock Julien Deléglise La planÚte du stoner 1 août 2021
- Au-delà du rock Yves Tassin Jazz Mania 1 août 2021
- Au-delĂ  du rock Le Mague 27 mai 2021
- Le grand virage krautrock de Bowie Grégory Schneider Libération // Next 11 janvier 2016
- Au-delĂ  du Rock Christophe Schenk L'Hebdo (Suisse) janvier 2010
- Entretien Site alter1fo février 2010
- Au-delĂ  du Rock Philippe Lacroix Ventilo octobre 2009
- La bibliothÚque du fan de Krautrock sélection de Leona Böhm und Charlotte Richter-Kiew Arte août 2008
- Au-delà du Rock François Gorin Télérama newsletter 21 Juin 2008
- Des kraut sur la moquette Mathieu Arbogast arbobo.fr juin 2007
- Au-delĂ  du Rock Julien Welter Magic juin 2007
- Au-delà du Rock Jean-Marc Grosdemouge Site epiphanies-mag août 2007
- Au-delĂ  du Rock Traverse

- Au-delĂ  du rock

Changement de genre avec le bouquin “Au-delĂ  du rock” qui revient sur la musique tour Ă  tour planante, expĂ©rimentale et Ă©lectro telle qu’elle nous est arrivĂ©e d’Allemagne dans les annĂ©es 70. Ce livre nous raconte donc l’histoire du genre, en parlant forcĂ©ment de groupes comme Can, Kraftwerk ou Tangerine Dream. Mais, surtout, il nous rappelle comment ce mouvement a influencĂ© toute une frange du rock plus tard, la new wave Ă  l’électro-funk en passant par la trilogie berlinoise de Bowie. Cerise sur le planant, le livre est signĂ© par Eric Deshayes, qui a dĂ©jĂ  signĂ© une biographie de Kraftwerk qui fait encre autoritĂ©. Nous sommes donc en de bonnes mains.

Une chronique Ă  retrouver dans Re-Cycle

Frederic Vandecasserie
RTBF Classic 21 // Re-Cycle 2 octobre 2021

- Au-delĂ  du rock

Que les annĂ©es 1970 aient Ă©tĂ© une aire d’expĂ©rimentation intense et frĂ©nĂ©tique dans nombre de domaines et autant d’endroits dans le monde est une lapalissade que plus personne n’a envie de relever. Soit. Mais de ce qui ressemble de plus en plus Ă  une “parenthĂšse enchantĂ©e”, il reste encore beaucoup de leçons Ă  tirer, de pistes Ă  explorer. Si la contre-culture musicale anglaise et amĂ©ricaine a Ă©tĂ© amplement documentĂ©e, on ne peut guĂšre en dire autant par exemple du rock allemand, connu aussi sous l’appellation “rock choucroute” soit, en V.O., “krautrock”.

Jusqu’à prĂ©sent, il n’y avait guĂšre que le bouquin de Julian COPE, Krautrocksampler – miraculeusement traduit en français –, qui pouvait permettre de faire plus ample connaissance avec ce sujet. En voici un autre, dont la premiĂšre particularitĂ© vient de son titre, qui Ă©vite soigneusement le terme krautrock. La raison en est donnĂ©e en filigrane par une perspective historique retracĂ©e dans un premier chapitre qui Ă©claire avec pertinence sur les conditions sociales, politiques et culturelles qui ont favorisĂ© l’émergence d’une contre-culture typiquement germanique. [
]

Bienvenue dans un autre monde, dont Au-delĂ  du rock se fait le guide attitrĂ©, et d’autant plus recommandable qu’il a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© par un spĂ©cialiste du genre qui n’est autre qu’Éric DESHAYES, crĂ©ateur du site internet NÉOSPHERES et accessoirement contributeur Ă  TRAVERSES, pour lequel il avait rĂ©digĂ© un article sur ce “kraut-au-delĂ -du-rock” qui a en quelque sorte servi de dĂ©clencheur. C’est cette fois Ă  une vĂ©ritable encyclopĂ©die que l’auteur s’est attelĂ©, mais dont la prĂ©sentation a Ă©tĂ© aĂ©rĂ©e par un dĂ©coupage scrupuleux qui Ă©vite d’avoir affaire Ă  un “pavĂ©â€ aux chapitres interminables.

En dĂ©pit de ses 428 pages, l’ouvrage est donc d’une lecture aisĂ©e, d’autant que le style choisi ne s’embarrasse guĂšre de fioritures, au risque de paraĂźtre parfois un peu trop sec et manquant de “liant”. Au premier chapitre analytique dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© succĂšdent des biographies de nombreux groupes et artistes, cĂ©lĂšbres ou plus obscurs, qui explicitent leurs dĂ©marches et leurs Ă©volutions musicales.

Des discographies complĂštent de plus chaque article, et quelques pochettes de disques illustrent le livre. Il n’en faut pas davantage pour mettre l’eau Ă  la bouche des collectionneurs comme des nĂ©ophytes pour partir en quĂȘte de dĂ©couvertes discographiques. [
]

Au-delĂ  du rock met ainsi en Ă©vidence les liens et ramifications qui ont pu exister entre les Ă©vĂ©nements, les lieux, les artistes, les labels et les producteurs, et il ne faut donc pas s’étonner de voir Ă©voquĂ©s Ă  plusieurs reprises certaines anecdotes ou faits historiques, ou mĂȘme certains disques. AprĂšs tout, la rĂ©pĂ©tition est Ă  la base de toute pĂ©dagogie, et l’histoire du mouvement Ă©lectro-expĂ©rimentalo-planant allemand est avant tout celui d’une grande famille Ă  la gĂ©nĂ©alogie aussi foisonnante que passionnante.

Tout Ă  la fois encyclopĂ©die, mine d’or et jeu de pistes, cet ouvrage est un opulent manuel auquel les amateurs se rĂ©fĂ©reront souvent.

PS : Au-delĂ  du rock a Ă©tĂ© Ă©ditĂ© pour la premiĂšre fois en 2007. Il a fait l’objet d’une nouvelle Ă©dition en 2021 (chez le mĂȘme recommandable Ă©diteur) dans laquelle l’auteur a procĂ©dĂ© Ă  divers ajouts de textes, Ă  des modifications, voire Ă  des réécritures de paragraphes au sein des chapitres, de maniĂšre Ă  traiter de l’évolution et de la production de certains groupes et artistes depuis la premiĂšre Ă©dition d’Au-delĂ  du rock. L’illustration de couverture a de mĂȘme changĂ© et est devenue plus percutante en mĂȘme temps que plus “vintage”. De nouvelles illustrations ont Ă©galement Ă©tĂ© ajoutĂ©es (pochettes de disques, logos
), mais paradoxalement, la nouvelle Ă©dition comporte un peu moins de pages que la prĂ©cĂ©dente, du fait de sa nouvelle mise en page. Cette nouvelle Ă©dition rĂ©vĂšle donc une mise Ă  jour tout Ă  fait bienvenue et dĂ©montre que l’influence de cette « vague planante, Ă©lectronique et expĂ©rimentale allemande des annĂ©es 1970 » reste toujours d’actualitĂ© aujourd’hui
 et sans doute au moins jusqu’à demain !

Une chronique à retrouver en intégralité sur Rythmes croisés

Stéphane FougÚre
Rythmes croisés 2021

- Au-delĂ  du rock

Autre scÚne-clé ayant fortement influencée le rock dit stoner : le rock allemand des années 1970, surnommé Krautrock. Son influence est plus éparse chez les groupes anglo-saxons, mais absolument majeures : Oh Sees, Queens Of The Stone Age
 Elle est par contre absolument capitale en Europe : Slift, Causa Sui, Kanaan, Mythic Sunship, The Heads, The Cosmic Dead

Eric Deshayes avait publiĂ© une premiĂšre version de cet ouvrage en 2007, mais, mĂ©ticuleux, il dĂ©cida de l’enrichir de nouvelles rĂ©fĂ©rences musicales et d’en proposer une version actualisĂ©e et enrichie, rĂ©cemment publiĂ©e. L’auteur fait un historique particuliĂšrement intĂ©ressant et accessible sur la scĂšne rock allemande en pleine Guerre Froide, expliquant les nombreuses racines sociologiques et historiques qui conduiront Ă  cette scĂšne musicale particuliĂšrement originale et riche.
L’Allemagne sous tutelle anglo-amĂ©ricaine, appelĂ©e Allemagne de l’Ouest, Ă©tait un pays coupĂ© en deux, au plus prĂšs de la menace militaire de l’Union SoviĂ©tique et amĂ©ricaine, mais qui devait aussi se reconstruire sur les cendres du TroisiĂšme Reich, dĂ©vorĂ© par l’incomprĂ©hension, la colĂšre, le remord. L’absence de rĂ©elle Ă©puration politique va laisser planer un climat politique lourd sur le pays, que la nouvelle gĂ©nĂ©ration d’Allemands, nĂ© aprĂšs la guerre, veut clairement nettoyer. La scĂšne artistique allemande sera donc provocatrice, trĂšs engagĂ©e Ă  gauche politiquement, et cherchera Ă  crĂ©er de nouvelles voies d’évasion intellectuelle Ă  ce qui semble ressembler Ă  un terrible marigot de vieilles idĂ©es de droite rĂ©actionnaire imposĂ©es par d’anciens nazis.
Le bouillonnement musical qui en découle va apporter des artistes absolument majeurs : Can, Tangerine Dream, Kraftwerk, Klaus Schulze, Amon Duul II, Neu !
 mais aussi des formations transversales toutes aussi intéressantes : Faust, Cluster, La Dusseldorf
 Il est évident à la lecture de cet ouvrage que cette scÚne est étroite, et que les musiciens copulent artistiquement entre eux de maniÚre massive.
L’ouvrage dĂ©cline l’histoire de chaque formation, avec une discographie dĂ©diĂ©e. Eric Deshayes revient Ă©galement sur les principaux protagonistes ayant contribuĂ© au dĂ©veloppement de cette scĂšne, le producteur Conny Plank notamment.
Ce qui est assez savoureux, c’est d’imaginer le visage de l’un d’entre vous dĂ©couvrant « Tago-Mago » de Can ou « Timewind » de Klaus Schulze. Le dĂ©collage intellectuel est immĂ©diat. Et pour faire bonne mesure, il faut enchaĂźner cela avec la quintessence qu’est « Ummon » de Slift, et vous saurez alors ce que l’on appelle le voyage sonore total.

Une chronique Ă  retrouver sur La planĂšte du stoner

Julien Deléglise
La planÚte du stoner 1 août 2021

- Au-delĂ  du rock

La question que chacun se pose : et aprĂšs ?! Sujets graves : la vie, le travail, toi
 Ou plus lĂ©ger : que se passe-t-il au-delĂ  du rock ? « Le post-rock » rĂ©pondra le plus cartĂ©sien de vous tous ! Ou une sorte de fusion des genres (rock et rap, musiques du monde et rock, jazz et rock, 
) en ce qui concerne les oreilles largement ouvertes
 Mais ici, le dĂ©bat ne se pose pas en ces termes-lĂ . Le livre d’Eric Deshayes est sous-titrĂ© « La vague planante, Ă©lectronique et expĂ©rimentale allemande des annĂ©es soixante-dix »  Le rock se trouvant ĂȘtre ici celui que Elvis (casernĂ© en Allemagne Ă  la fin des annĂ©es cinquante
), puis les Beatles (Hambourg, oĂč tout commença
) et tant d’autres firent dĂ©ferler sur l’Allemagne de l’Ouest dans les annĂ©es soixante. Touchant largement une jeunesse « mal dans sa peau »  Outre le passage compliquĂ© Ă  l’ñge adulte, les adolescents allemands doivent en plus digĂ©rer les affres d’un pays divisĂ© en deux (l’Allemagne de l’Est proscrit rapidement toute diffusion de musique rock sur son territoire
), la honte du passĂ© nazi (y compris au sein de leurs propres familles) et
 comme si tout cela ne suffisait pas, elle se trouve en premiĂšre ligne d’une « guerre froide » qui plombe l’ambiance.
Mais quelques teenagers relĂšvent le dĂ©fit courageusement
 PlutĂŽt que se laisser bercer par le courant anglo-saxon, ils produiront leurs propres sons, Ă  contre-courant des modes
 au-delĂ  du rock ! A partir de la seconde moitiĂ© des annĂ©es soixante, on assistera Ă  un Ă©veil allemand qui se concrĂ©tisera par l’arrivĂ©e d’un flot impressionnant de musiciens, auteurs, plasticiens qui fusionneront psychĂ©dĂ©lisme, science-fiction et Ă©lectronique
 Pourquoi, comment ? Eric Deshayes nous l’explique dans la premiĂšre partie de cette « brique » imposante.
S’en suit une deuxiĂšme partie (la plus importante en quantitĂ©), celle oĂč l’auteur dresse un portrait minutieux (et alphabĂ©tique) de chaque groupe recensĂ© sur la carte du rock allemand de l’époque (surnommĂ© de façon un peu simpliste « le krautrock »). Vous saurez (presque) tout, au sujet des groupes les plus connus (Can, Kraftwerk, Neu !, Popol Vuh, Tangerine Dream, 
) ou nettement moins cĂ©lĂšbres (Brainticket, Exmagma, Xhol, Agitation Free,
). Enfin, vous aurez droit Ă  une analyse portant sur les labels et les managers qui ont permis cette Ă©closion, des portraits des personnages influents pour cette gĂ©nĂ©ration d’artistes (le compositeur Karlheinz Stockhausen en particulier) et de ceux qui en sont devenus les hĂ©ritiers (Bowie et Eno en premier lieu, bien entendu
). Comme c’est bien souvent le cas chez cet Ă©diteur, on a affaire ici Ă  un travail de fourmi, extrĂȘmement complet et passionnant !

Un article Ă  retrouver sur Jazz Mania

Yves Tassin
Jazz Mania 1 août 2021

- Au-delĂ  du rock

Eric Deshayes, l’auteur du livre vous narre l’histoire de groupes allemands novateurs, apparentĂ©s Ă  la vague planante Ă©lectronique, aux confins des musiques improvisĂ©es issues du free jazz, qui ont rĂ©volutionnĂ© les paysages musicaux des annĂ©es 70. Il s’intĂ©resse aussi aux labels et producteurs qui ont diffusĂ© et infusĂ© ces musiques. En ces temps rĂ©volus oĂč une certaine idĂ©e du rock outre Rhin pactisait dans sa diversitĂ© Ă  crĂ©er un nouvel univers musical hors les normes en vigueur. A Ă©couter ou Ă  dĂ©couvrir, histoire de s’en imprĂ©gner entre les pages de cet ouvrage d’Eric Deshayes, un sage Ă©rudit partageur, les esgourdes toujours alertes vivantes et cultivĂ©es et surtout sans ƓillĂšres pour notre plus grand bonheur.
[
]

Un grand merci Ă  Eric Deshayes l’auteur Ă©rudit de nous avoir fait partager son amour d’un « Au-delĂ  du rock » qui donne le titre Ă  son ouvrage trĂšs riche, documentĂ© et trĂšs bien Ă©crit. Franchement il m’a redonnĂ© envie d’écouter toutes ces musiques d’un autrefois assez rĂ©cent. Elles gardent leur inventivitĂ© dans ses sonoritĂ©s d’un rock psychĂ©dĂ©lique puissant, avec ses pionniers du synthĂ©tiseur au cƓur de la crĂ©ation musicale. Digne des improvisations du free jazz. Elles ont su chercher, trouver et pulser des sons par-delĂ  les frontiĂšres du bien et le mal si cher Ă  Nietzche.
Surtout, soyez curieux et ne boudez pas votre plaisir de vous replonger dans cette Ă©poque charniĂšre Ă  la colle avec les recherches musicales hors les normes habituelles du rock, aux confins du jazz improvisĂ© et les sonoritĂ©s inĂ©dites. D’autant, O joie, pour ainsi dire tous les disques vinyles dont il cause, ont refait surface et se sont muĂ©s en CD.

Comme quoi, il n’existe aucune vĂ©ritĂ©, aucune certitude sertie en termes musicaux. Elles sont toutes bonnes Ă  Ă©couter, du moment qu’on s’y intĂ©resse et qu’on y creuse un sillon de connaissances Ă  partager. Comme Eric Deshayes s’emploie Ă  saisir attentivement, analyser avec talent ces musiques Ă  la marge, ouvrages aprĂšs ouvrages. Pour notre plus complĂšte fĂ©licitĂ© de le lire et d’avoir aussi envie de dĂ©couvrir des nouveaux sons, mĂȘmes anciens, car si modernes et novateurs. MĂȘme et surtout de nos jours si moroses et si ternes.

Une chronique à retrouver en intégralité sur Le Mague

Le Mague 27 mai 2021

- Le grand virage krautrock de Bowie

À la fin des annĂ©es 70, l’artiste lĂąche son Thin White Duke et passe la frontiĂšre allemande pour produire notamment les albums Low et Heroes.

Difficile de savoir quand l’idĂ©e d’aller rĂ©gĂ©nĂ©rer son art dans la marmite krautrock est venue toquer Ă  l’esprit de David Bowie, d’autant que l’artiste, en reprĂ©sentation permanente Ă  l’époque et aux prises avec l’hĂ©roĂŻne, n’a jamais Ă  notre connaissance levĂ© le voile sur les coulisses du grand virage qu’il entreprit en 1976, lĂąchant le Thin White Duke de Station to Station pour se plonger dans les arcanes du son.

On peut cependant dire que, comme souvent chez lui, l’image et le style ont prĂ©cĂ©dĂ© la musique, fut-ce de maniĂšre superficielle et maladroite. FascinĂ© par le modĂšle de communication nazi, il commence par le comparer Ă  la maniĂšre dont les maisons de disques vendent les rock stars : tout le monde lui tombe dessus, mais Roger Waters ne dira pas grand-chose d’autres quand il Ă©crira son grand Ɠuvre, The Wall, pour les Pink Floyd, en 1982. Bowie aura d’abord une approche esthĂ©tique de la geste kösmisch : des chansons sans dĂ©but ni fin, sans objet non plus, qui semblent flotter dans l’air comme les brumes de chaleur au-dessus du bitume Ă©crasĂ© par le soleil.

Version bĂȘta

Bowie avait besoin d’un passeur, Brian Eno sera celui-lĂ  : l’ex-saboteur en chef de Roxy Music fait Ă  l’époque de frĂ©quents allers-retours Ă  Frost (Basse-Saxe), oĂč il collabore avec le duo Ă©lectronique Cluster ainsi qu’avec Michael Rother, la moitiĂ© de Neu!, le groupe qui a lancĂ© le style Motorik – une rĂ©currence de motifs simples dans un environnement sonore quasi constant, une sorte d’équivalent sonore de ce que serait un voyage en voiture sur une autoroute dĂ©gagĂ©e. S’il vit officiellement en Suisse Ă  l’époque, Bowie, toujours accompagnĂ© d’Eno, passe le plus clair des annĂ©es 1976 et 1977 aux studios berlinois Hansa, aux studios Musicland de Munich ainsi qu’au chĂąteau d’HĂ©rouville en France. OĂč il s’offre une sorte de version bĂȘta en produisant l’album The Idiot d’Iggy Pop. C’est sur la deuxiĂšme face (“Dum Dum Boys”, “Mass Production”) que Bowie fait porter son effort, avec de longues traĂźnĂ©es synthĂ©tiques qui prennent le pas sur le propos, comme si le paysage absorbait l’action.

Quasi simultanĂ©ment, il entreprend l’enregistrement de Low, un vrai risque commercial Ă  son Ă©chelle, mĂȘme s’il essaie de mĂ©nager la chĂšvre et le chou : une premiĂšre face purement pop (avec un tube, Sound and Vision) censĂ©e emmener le public vers une deuxiĂšme moitiĂ© d’album plus risquĂ©e, oĂč l’objet narratif a complĂštement disparu (Warsawa), laissant la place Ă  des strates sonores devant tout Ă  l’électronique.

Les fans de krautrock auront du mal avec sa dĂ©marche : Bowie extirpe les aspects les plus immĂ©diatement sĂ©duisants de la kösmisch (les gimmicks remplaçant la mĂ©lodie, l’ampleur naturaliste) et la dĂ©barrassant de cette rage interne sous-tendant une scĂšne allemande portĂ©e par l’idĂ©alisme et l’extrĂȘme gauche. On peut Ă  l’inverse dire qu’il a ouvert une porte sur l’underground : Ă  charge pour le public anglo-saxon de l’ouvrir ou non.

Avant-garde

Bowie enchaĂźnera dans la mĂȘme veine avec Heroes, dont le morceau-titre est une resucĂ©e du “Silver Cloud”, un Ă©norme carton commercial de La DĂŒsseldorf (le groupe de Klaud Dinger, ex- Neu!) en Allemagne. D’aprĂšs Éric Deshayes, auteur d’une remarquable encyclopĂ©die du krautrock (1) Bowie envisage un temps d’embaucher l’autre moitiĂ© de Neu!, Michael Rother. L’affaire ne se fera pas mais l’Anglais Robert Fripp, un habituĂ©, lui fera ces notes allongĂ©es de guitare qui figurent la signature ultime de la kösmisch.

Bowie passera Ă  autre chose dĂšs Lodger (1979), mĂȘme s’il l’enregistre aussi Ă  Berlin. Il y a gagnĂ© pour longtemps une aura d’innovateur sans doute excessive. Mais lĂ  comme ailleurs, sa facultĂ© de toucher le grand public avec des Ă©lĂ©ments d’avant-garde a fait de lui un artiste Ă  part.

(1) Au-delà du rock, éditions Le mot et le reste

Lire l’article sur le site de LibĂ©ration

Grégory Schneider
Libération // Next 11 janvier 2016

- Au-delĂ  du Rock

L’Hebdo

Christophe Schenk
L'Hebdo (Suisse) janvier 2010

- Entretien

alter1fo.com

Site alter1fo février 2010

- Au-delĂ  du Rock

Sorti au printemps dernier mais retardĂ© Ă  la chronique afin que l’on s’y consacre pleinement (belle excuse en bois), cet ouvrage fort bien documentĂ© sur « la vague planante, Ă©lectronique et expĂ©rimentale allemande des annĂ©es 70 » se pose comme une nouvelle piĂšce de choix issue de la collection Formes, Ă©ditĂ©e par Le mot et le reste. Car Ă  y bien rĂ©flĂ©chir, elle fait le lien entre le prĂ©cĂ©dent ouvrage de Philippe Robert (Rock, pop, un itinĂ©raire bis) et celui qu’il sort ces jours-ci en collaboration avec le GRIM (Musiques expĂ©rimentales, une anthologie transversale) chez la mĂȘme maison d’édition phocĂ©enne. Soit un document qui recense les diffĂ©rents acteurs de ce courant communĂ©ment appelĂ© krautrock, dĂ©cisif dans l’évolution de la musique pop europĂ©enne (de la new-wave Ă  la techno) par sa capacitĂ© Ă  la pousser dans des contrĂ©es jusque-lĂ  inexplorĂ©es. L’auteur, qui gĂšre de sa Bretagne natale un webzine spĂ©cialisĂ©, connaĂźt son affaire, suffisamment pour faire d’Au delĂ  du rock un pendant trĂšs honnĂȘte au rĂ©putĂ© Krautrocksampler de Julian Cope.

Ventilo

Philippe Lacroix
Ventilo octobre 2009

- La bibliothĂšque du fan de Krautrock

Eric Deshayes est le fondateur du site internet „NĂ©osphĂšres“, dĂ©diĂ© au rock et aux musiques actuelles. Dans son ouvrage „Au- delĂ  du Rock“, il offre au lecteur une plongĂ©e dans les annĂ©es 70. Il prĂ©sente le contexte historique avant de s’attarder sur les groupes de l’époque.
Le dernier chapitre retrace l’itinĂ©raire de quelques personnages clĂ©s (producteurs, ingĂ©nieurs du son, enseignants) du mouvement Krautrock. II prĂ©sente une vue transversale des principaux labels discographiques qui ont diffusĂ© ces productions hors normes.

Arte

sélection de Leona Böhm und Charlotte Richter-Kiew
Arte août 2008

- Au-delĂ  du Rock

Jusqu’à prĂ©sent, le curieux ou l’amateur confirmĂ© de rock allemand des annĂ©es 70 n’avaient qu’une somme en anglais Ă  se mettre sous la dent : le touffu Krautrocksampler du trĂšs allumĂ© Julian Cope. Heureusement, le moins barrĂ© mais non moins Ă©rudit sur la question Eric Deshayes s’est fendu d’un Ă©pais volume retraçant l’épopĂ©e des Can, Kraftwerk, Tangerine Dream, Faust ou Amon DĂŒĂŒl qui, non contents d’avoir fait planer nos ainĂ©s, ont profondĂ©ment influencĂ© le rock anglais, voire amĂ©ricain des annĂ©es 80 Ă  nos jours. Bref, de quoi pĂ©daler allĂšgrement dans le krautrock.

François Gorin
Télérama newsletter 21 Juin 2008

- Des kraut sur la moquette

Parfois je prends le temps de ne pas Ă©couter 10 nouveaux disques dans la semaine, mais d’ouvrir
 tenez-vous bien
 attention, c’est pas courant, vous allez ĂȘtre surpris
.. un livre.
VoilĂ , je l’ai dit, vous pouvez rigoler 5 minutes et revenir quand vous serez calmĂ©s, c’est bon, soufflez un bon coup tout va bien se passer.

(
)

arbobo.fr

Mathieu Arbogast
arbobo.fr juin 2007

- Au-delĂ  du Rock

Dans une langue simple qui Ă©vite d’emprunter aux Ɠuvres qu’il dĂ©crit leur structure alambiquĂ©e, Éric Deshayes s’attache Ă  rĂ©pertorier groupes, personnalitĂ©s et labels emblĂ©matiques de cette vague sonique aux confluents du jazz-rock, du punk acide, du n’importe quoi et de l’avant-garde.

Julien Welter
Magic juin 2007

- Au-delĂ  du Rock

Il y a Ă  Sciences-Po Paris, rue Saint Guillaume, un amphi dĂ©diĂ© Ă  la mĂ©moire d’AndrĂ© Siegfried, qui a dĂ©crit le vote en Bretagne selon le type de terroir, granit Ă  droite, calcaire Ă  gauche (les incrĂ©dules peuvent se reporter Ă  la bio du monsieur). On se demande si une Ă©tude de ce genre n’est pas Ă  entreprendre en matiĂšre de musique : aprĂšs tout, ce n’est pas un hasard si la bossa nova est nĂ©e Ă  Rio et pas Ă  Dusseldorf.
Quoi qu’il en soit, il existe en Allemagne une scĂšne rock tout Ă  fait particuliĂšre dont les reprĂ©sentants les plus connus s’appellent : Can, Neu !, Ash Ra Temple, Amon DĂŒĂŒl, Faust ou Kraftwerk. Ils sont dans ce livre, en compagnie de formations plus obscures. Ce qui confirme que les Ă©ditions Le Mot et le reste, dĂ©jĂ  responsable de Rock pop, un itinĂ©raire bis en 140 albums essentiels (voir notre article) il y a peu est le contraire d’Allia, qui s’ingĂ©nie Ă  publier des livres Ă©pais qui font la synthĂšse d’un genre entier (Ă©lectro, rap, soul, new wave). Cette maison marseillaise se fait une spĂ©cialitĂ© de fouiller dans les marges du rock. Et Eric Deshayes, qui dirige le site internet NĂ©osphĂšres montre que cette scĂšne pousse le rock dans une dimension cosmique, hypnotique ou robotique, ce qui devait forcĂ©ment amener vers d’autres expĂ©rimentations, d’autres genres. Le rock se coupa ainsi en partie de ses racines amĂ©ricaines, pour s’en crĂ©er de nouvelles, europééennes celles-lĂ , et elles sont encore vivaces puisqu’elles viennent d’inspirer Turzi, qui le revendique sur son rĂ©cent album, “A”. Et quand on Ă©coute les Ecossais Mogwai, leur son a bien plus Ă  voir avec cette musique europĂ©enne jusqu’auboutiste qu’avec les bluesmen noirs du delta du Mississipi.

M-la-Music

Jean-Marc Grosdemouge
Site epiphanies-mag août 2007

- Au-delĂ  du Rock

Bienvenue dans un autre monde, dont Au-delĂ  du rock se fait le guide attitrĂ©, et d’autant plus recommandable qu’il a Ă©tĂ© redigĂ© par un spĂ©cialiste du genre qui n’est autre qu’Eric Deshayes, crĂ©ateur du site interne NEOSPHERES et accessoirement contributeur Ă  TRAVERSES pour lequel il avait rĂ©digĂ© un article sur ce kraut au-delĂ -du-rock qui a en quelque sorte servi de dĂ©clencheur. C’est cette fois Ă  une vĂ©ritable encyclopĂ©die que l’auteur s’est attelĂ© mais dont la prĂ©sentation a Ă©tĂ© aĂ©rĂ©e par un dĂ©coupage scrupuleux qui Ă©vite d’avoir affaire Ă  un «pavĂ© » aux chapitres interminables. En dĂ©pit de ses 450 pages l’ouvrage est donc d’une lecture aisĂ©e d’autant que le style choisi ne s’embarrasse guĂšre de fioritures au risque de paraĂźtre parfois un peu trop sec et manquant de « liant ». (
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Au delĂ  du rock met ainsi en Ă©vidence les liens et ramifications qui ont pu exister entre les Ă©vĂ©nements, les lieux, les artistes les labels et les producteurs et il ne faut donc pas s’étonner de voir Ă©voquĂ©s Ă  plusieurs reprises certaines anecdotes ou faits historiques ou mĂȘme certains disques. AprĂšs tout la rĂ©pĂ©tition est Ă  la base de toute pĂ©dagogie et l’histoire du mouvement Ă©lectro-expĂ©rimentalo-planant allemand est avant tout celui d’une grande famille Ă  la gĂ©nĂ©alogie aussi foisonnante que passionnante. Tout Ă  la fois encyclopĂ©die mine d’or et jeu de pistes, cet ouvrage est un opulent manuel auquel le-s amateurs se rĂ©fĂ©reront souvent.

Traverse