Arcade fire
La bande-son du Montréal arty et bouillonnant des années deux mille.
En septembre 2004, le groupe montrĂ©alais Arcade Fire sort son premier album Funeral sur le label Merge. La presse va sâemparer de cet ovni et tout va sâemballer. Ce qui nâĂ©tait quâun collectif Ă la marge deviendra le premier groupe signĂ© label indĂ©pendant Ă obtenir un Grammy Award. PortĂ© par les deux frĂšres Butler et la multi-instrumentiste RĂ©gine Chassagne, Arcade Fire synthĂ©tise le renouveau dâune scĂšne indie-rock que mĂ©dias et artistes (David Bowie et David Byrne les ont rejoints sur scĂšne dĂšs leur premiĂšre tournĂ©e) exultent Ă mettre en avant. Savant mĂ©lange entre exigence indie, orchestrations, grandiloquentes, songwriting folk et usage Ă contre-emploi dâinstruments (accordĂ©on, vielle Ă roue, etc), leur musique est intrinsĂšquement liĂ©e Ă celle de lâexcitant creuset musical que fut MontrĂ©al au dĂ©but des annĂ©es deux mille. Matthieu Davette raconte dans ces pages lâĂ©volution musicale dâune formation dont lâhistoire sâĂ©crit encore.
Revue de presse
- Arcade fire Arnaud Weinbaum guitar part octobre 2018
- Cette semaine Métro craque pour Arcade Fire Valois-Nadeau Métro 9 septembre 2018
Interview - Matthieu Davette plonge au cĆur d'Arcade Fire Ăric Buggea Corse Matin 20 aoĂ»t 2018
- No Funeral Pierrick Dujardin Silence Is Sexy 7 août 2018
- MATTHIEU DAVETTE Arcade fire Patrick Beguinel LITZIC 27 juin 2018
Matthieu Davette nous parle de son livre sur Arcade Fire
Parangon des groupes de rock indĂ©pendant, Arcade Fire a conquis la planĂšte dĂšs 2004 et son premier album, « Funeral », passant dâun coup au statut de groupe culte en brĂ»lant toutes les Ă©tapes. 14 ans plus tard, le collectif canadien a grandi, Ă©voluĂ©, mutĂ© mĂȘme si lâon
sâen rĂ©fĂšre Ă sa musique, mais il continue de se positionner Ă la marge, rĂ©ussissant lâexploit dâĂȘtre tout Ă la fois insaisissable et populaire. Matthieu Davette tente de rĂ©soudre lâĂ©nigme Arcade Fire dans un ouvrage bien ficelĂ©.
Il sâĂ©crit peu de livres en français sur la scĂšne musicale contemporaine et chaque addition est la bienvenue. Le Français Matthieu Davette apporte sa pierre Ă lâĂ©difice en publiant une biographie trĂšs dĂ©taillĂ©e sur son groupe fĂ©tiche, Arcade Fire. MĂȘme si le livre est bĂąti uniquement Ă partir de sources secondaires et contient plusieurs imprĂ©cisions sur MontrĂ©al, berceau du groupe, («Ontario Street»?, «le Printemps dâĂrable», «lâUQAM, lâĂ©cole multimĂ©dia de MontrĂ©al»?), sa lecture devrait ravir les fans, toujours avides de dĂ©tails sur un groupe qui a su cultiver le mystĂšre.
La chronique sur le site de Métro
Les fans en rĂȘvaient, Matthieu Davette lâa fait. Pour la premiĂšre fois, une bio en français est consacrĂ©e Ă Arcade Fire, figure de proue de la scĂšne indie rock. En quelque 330 pages, lâauteur rĂ©ussit Ă captiver lâamateur du combo canadien tout en prenant soin dâintĂ©resser lâĂ©ventuel aficionado.
Un livre en français sur Arcade Fire. « Enfin ! », serait-on tenté de rajouter. Comment est né un tel projet ?
Jâavais rencontrĂ© un Ă©diteur pour un projet de roman et en allant le voir au Salon du livre, je me suis rendu compte quâil publiait des livres de rock. Rien nâexistait en France sur Arcade Fire.
Jâavais Ă©tĂ© trĂšs impressionnĂ© par un concert dâeux au Zenith de Paris en 2014, meilleur que tout ce que je connaissais en la matiĂšre, Ă la fois rock, lyrique, poĂ©tique, dansant et politique.
Il y avait des fils Ă tirer sur ce groupe, une matiĂšre qui mâintĂ©ressait, alors jâai proposĂ© Ă lâĂ©diteur ce sujet et il a tout de suite acceptĂ©. Jâai Ă©crit 80 pages. JâĂ©tais pressĂ© dâavancer, mais pas lâĂ©diteur Ă ce moment-lĂ , alors jâai envoyĂ© le texte ailleurs et Le Mot et Le Reste a Ă©tĂ© aussitĂŽt intĂ©ressĂ©.
Le livre ne se rĂ©sume pas Ă la crĂ©ation et au parcours du groupe. Vous avez notamment remontĂ© lâarbre gĂ©nĂ©alogique de Win Butler. On y dĂ©couvre, par exemple, de sacrĂ©s personnages comme son grand-pĂšre maternel, Alvin Mc Burney, musicien et pionnier de la guitare Ă©lectrique. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, comment se sont dĂ©roulĂ©es vos recherches ?
Je voulais construire le livre comme une histoire romanesque. MĂȘme si la force du groupe tient dans le collectif, câĂ©tait logique de partir de Win Butler, il a créé la premiĂšre formule dâArcade Fire Ă 15 ans.
Jâai lu beaucoup dâinterviews de lui et recoupĂ© les infos. Il se trouve que sa mĂšre et son grand-pĂšre ont Ă©tĂ© des personnages publiques dans le domaine de la musique. CâĂ©tait passionnant.
Son grand-pÚre est un des inventeurs de la guitare électrique, il a mis un micro sur son banjo dans les années 20 !
Je suis sĂ»r quâil y a plein de choses intĂ©ressantes aussi dans lâenfance des autres musiciens du groupe (Richard Reed Parry avait un pĂšre musicien de folk, et une mĂšre et une sĆur poĂ©tesses et musiciennes), dâailleurs jâen parle quand mĂȘme, mais je ne pouvais pas creuser autant, sinon ils se seraient rencontrĂ©s Ă la 150e page.
Outre les interviews, je me suis appuyĂ© sur un livre qui retrace lâhistoire du label Merge Records jusquâen 2009. Il y est question dâArcade Fire qui a Ă©tĂ© leur plus grosse signature.
Au commencement dâArcade Fire, il y a donc un homme, Win Butler. Un musicien peu enclin aux concessions, littĂ©ralement habitĂ© sur scĂšne. Comment lâamateur du groupe que vous ĂȘtes le perçoit-il ?
Il est Ă la fois un leader et un homme qui a le sens du collectif. Câest ce qui le rend intĂ©ressant. Il compose, Ă©crit des textes magnifiques, il sait ce quâil veut artistiquement et il se battra pour lâobtenir, mais dâun autre cĂŽtĂ©, il se fiche dâĂȘtre mis en avant.
Ce qui lâintĂ©resse, câest de se perdre au milieu des autres musiciens, ses amis. ça tient peut-ĂȘtre Ă son Ă©ducation, il a Ă©tĂ© Ă©levĂ© dans un environnement oĂč les communautĂ©s religieuses (mormones notamment) Ă©taient assez dĂ©veloppĂ©es et lâentraide entre les gens forte.
Il a grandi du cĂŽtĂ© de Houston, au sud du Texas, oĂč les conditions climatiques sont souvent extrĂȘmes, les gens doivent sâentraider.
Il a pratiqué beaucoup le basket aussi, un sport collectif.
On peut sentir ces deux cĂŽtĂ©s de sa personnalitĂ© quand le groupe joue dans des conditions particuliĂšres, au milieu du public ou par exemple dans le monte-charge de lâOlympia : Win Butler rappelle certains musiciens Ă lâordre, il lance les morceaux, mais ensuite, une vraie cohĂ©sion sâinstalle entre eux et tous deviennent importants.
Lâautre Ă©lĂ©ment-clĂ© du groupe est RĂ©gine Chassagne, la moitiĂ© de Win Butler au sens propre comme au figurĂ©. Quelle est sa place au sein du groupe ?
Câest lĂ que lâarbre gĂ©nĂ©alogique de Win Butler devient vraiment important.
Son grand-pĂšre sâĂ©tait mariĂ© Ă une musicienne et il jouait avec elle. Win reproduit le schĂ©ma. Lorsquâil rencontre RĂ©gine, il est persuadĂ© que câest avec elle que lâaventure doit se faire, au point de liquider la premiĂšre mouture du groupe Ă trois guitares.
La formation dâArcade Fire quâon connaĂźt se construit autour du couple.
Ils composent et écrivent tous les deux les noyaux des morceaux.
Le frĂšre de Win le dit dans des interviews, les chansons dâArcade Fire, câest lâunivers du couple. Je pense que RĂ©gine a mĂȘme un rĂŽle central sur certains plans : Win se met en tĂȘte de faire des chansons Ă danser, pour la faire danser elle, car elle adore ça.
Il faut les voir interpréter Sprawl II sur scÚne, Régine chante en dansant et Win la regarde.
Il y a quelques temps, lors dâune remise de prix au Canada, elle a dĂ©clarĂ© en montrant les musiciens du groupe : «Tous ces gars-lĂ sont venus vers moi, en fait. » En effet, elle est la seule avec le batteur Ă avoir grandi Ă MontrĂ©al. Les autres viennent des Etats-Unis et de lâOntario.
On pourrait aussi voir lâhistoire du groupe comme ça, se cimentant autour de RĂ©gine. Elle a Ă©normĂ©ment de prĂ©sence et elle semble tellement libre. Elle est en grande partie responsable de la couleur musicale du groupe.
Lire la suite de lâinterview sur le site de Corse Matin
Ă propos du livre de Matthieu Davette sur Arcade Fire.
Paru aux Ă©ditions Le Mot et le Reste, Arcade Fire est une belle porte dâentrĂ©e menant sur le parcours de ce groupe que lâon ne prĂ©sente plus. Difficile de passer Ă cĂŽtĂ© de ces petits gĂ©nies qui, en lâespace de dix-sept ans, ont marquĂ© de leur empreinte la musique du XXIĂšme siĂšcle.
Un livre au nom on ne peut plus Ă©vident : Arcade Fire. Paresse de lâauteur ou refus dâen faire des caisses ? Matthieu Davette est pourtant dâune justesse chirurgicale. Choisir Arcade Fire, câest Ă©videmment indiquer au lecteur quâil a entre les mains plus de 300 pages destinĂ©es Ă rendre compte de lâhistoire, de lâĂ©volution et de ces petits dĂ©tails de parcours qui ont fait de cette formation le fer de lance de la scĂšne alternative actuelle. Mais câest aussi souligner la simplicitĂ© de ces sympathiques MontrĂ©alais dâadoption, simplicitĂ© de lâĂ©motion qui touche lâauditeur Ă lâĂ©coute de morceaux comme « Afterlife » ou « Wake Up », simplicitĂ© dâun collectif qui ne cessera de garder son indĂ©pendance et ce mĂȘme aprĂšs avoir tutoyĂ© les sommets.
« SimplicitĂ© » : le mot, bien quâidĂ©al pour souligner la gĂ©nĂ©rositĂ© quâoffre par et au-delĂ de sa musique la formation menĂ©e par Win Butler et RĂ©gine Chassagne, semble pourtant faible pour la dĂ©crire. Avec pas moins de sept musiciens (chiffre pouvant monter jusquâĂ quinze), ce groupe est connu de tous pour leurs morceaux entĂȘtants, la richesse des arrangements et la catharsis de leurs shows, vĂ©ritables moments de liesse oĂč la barriĂšre entre musiciens et public se rompt au profit dâun partage sans artifice. Depuis ses dĂ©buts, Win Butler, principal compositeur du groupe, nâaura de cesse de vouloir entraĂźner les fans dans la fougue dâun rock tantĂŽt dansant, tantĂŽt mĂ©lancolique, toujours Ă©nergique et instinctif.
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Lisez lâarticle sur Silence Is Sexy
Aujourdâhui, tout le monde, ou presque, a dĂ©jĂ entendu un morceau dâArcade Fire, mĂȘme si certaines personnes ignorent de qui il sâagit exactement. Quâil sâagisse dâhabillage sonore de certaines Ă©missions, dâun air entendu ici ou lĂ , le groupe laisse une trace visible sur son passage. En quinze ans, le groupe sâest forgĂ© une rĂ©putation dâexcellence scĂ©nique et discographique qui en fait lâun des groupes les plus importants au monde. Matthieu Davette revient sur ce parcours atypique Ă travers le livre Arcade Fire (aux Ăditions Le mot et le reste).
En chiffres, Arcade Fire câest un EP, 5 albums, 25 singles et des millions dâalbum vendus. La production est prolifique, dâautant plus quâelle chevauche le plus souvent de gigantesques tournĂ©es mondiales. Pourtant, la qualitĂ© est prĂ©sente Ă chaque nouveau disque, combien mĂȘme le groupe sâengage sur des chemins totalement diffĂ©rents dâun album Ă lâautre. Mais revenons au dĂ©but de lâhistoire.
Arcade Fire, câest avant tout la rencontre dâun couple, celui formĂ© par Win Butler et RĂ©gine Chassagne. Lui est AmĂ©ricain, elle Canadienne dâorigine HaĂŻtienne. Lorsquâils se rencontrent, Win essaye dĂ©jĂ depuis quelque temps de monter un groupe de rock, mais elle sera lâĂ©lĂ©ment dĂ©terminant dans cette fondation. Au dĂ©but des annĂ©es 2000, MontrĂ©al est sans conteste un (le?) lieu privilĂ©giant la crĂ©ation musicale. La scĂšne est florissante, notamment articulĂ©e autour du label constellation. Les influences diverses nourrissent le groupe qui, lors de concerts Ă lâĂ©nergie dĂ©vastatrice, commence Ă se faire un nom et Ă attirer de nombreux musiciens.
Le groupe se monte peu à peu, acquérant rapidement une réputation de performer hors norme. En parallÚle, le groupe écrit ses premiÚres chansons, qui regroupées entre elles formeront le disque qui les a fait connaßtre, à savoir le magnifique et incontournable Funeral. Accompagné par le label Merge, à qui ils resteront fidÚles pendant quatre albums, les ventes décollent. Dix mille exemplaires de ce premier album seront vendus en une semaine.
Sâensuit une premiĂšre tournĂ©e, Ă©puisante, mettant les membres du groupe, dont Win, dans le rouge physiquement tant leurs concerts sont une pure dĂ©bauche dâĂ©nergie. Mais dĂ©jĂ le groupe embraye sur le deuxiĂšme album, Neon Bible. Les ventes sont au rendez-vous, la tournĂ©e qui suit grossit. Et ainsi de suite avec The Suburds, Reflektor et (mais avec moins de recul possible Ă la vue de sa parution relativement rĂ©cente) Everything Now.
Pourtant, le groupe ose se rĂ©inventer, prendre des risques et surtout acquĂ©rir une indĂ©pendance sans cesse grandissante. Cela nâest pas au goĂ»t de tout le monde, mais Win Butler a une idĂ©e fixe, celle de faire ce quâil veut comme il veut. LâindĂ©pendance comme mantra, le groupe poursuit son chemin, innovant Ă tout point de vue, quâil sâagisse simplement de musique (avec des techniques dâenregistrement souvent live), dâartwork (leur univers visuel est trĂšs marquĂ©, des pochettes dâalbum aux affiches annonçant leurs concerts) ou de promotion.
Ce bouquin est absolument passionnant. Pourquoi ? Dâune part, Matthieu Davette a fait un vĂ©ritable travail de recherche. Tous les faits sont exposĂ©s, relatĂ©s, avec justesse. Le cĂŽtĂ© passionnĂ© de lâauteur joue pour lui, car nous sentons une sorte de fascination de celui-ci envers le groupe, sans que cela ne sombre dans lâobsĂ©quiositĂ©. Bon point donc. Son Ă©criture est fine, rythmĂ©e, ne sonne pas trop journalistique (comprendre que le cĂŽtĂ© littĂ©raire de lâobjet est bien prĂ©sent).
Dâautre part parce que loin dâĂȘtre un amoncellement de rĂ©fĂ©rence, le bouquin est vivant, dynamique, Ă lâimage du groupe en quelque sorte. De nombreuses anecdotes le jalonnent, rendant les membres du groupe palpables, accessibles, humains, ne les mettant pas sur un piĂ©destal ou ne les rendant pas quasi divins. Matthieu Davette relate Ă©galement les secrets de fabrication des disques, de façon lĂ©gĂšre, ce qui plaira aux techniciens (mais les frustrant peut-ĂȘtre un peu), mais Ă©galement aux simples passionnĂ©s du groupe, novice en matiĂšre de technique de production, qui apprendront Ă connaĂźtre un peu plus la recette du succĂšs des Arcade Fire.
Nous apprĂ©cions Ă©galement le fait que soit mis en avant tout le cĂŽtĂ© gĂ©nĂ©reux du groupe, notamment pour lâassociation Partners in health qui aide les populations Ă HaĂŻti. Le groupe, en plus dâĂȘtre inventif, que ce soit dâun point de vue marketing et dâun point de vue purement musical, se donne pour des causes qui lui semblent justes. Si le succĂšs fait tourner la tĂȘte de certain, Arcade Fire reste les pieds rivĂ©s au sol, ses membres Ă©tant loin de ressembler Ă des robots emplis de vanitĂ©.
Cette humanitĂ© transpire dans toutes les pages du bouquin qui est donc Ă conseiller Ă tous les amoureux du groupe, mais Ă©galement Ă ceux qui ne le connaissent que de façon superficielle. Cette biographie nous rappelle quâavoir des valeurs forte permet dâavancer sur un chemin artistique riche, ce que semble avoir oubliĂ© une partie de la scĂšne musicale actuelle. Un groupe innovant, une vision artistique et humaine. Que demander de plus ?
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