Alice Cooper
Remember the Coop'
Ăcrit avec soin, Ćuvre dâun passionnĂ© qui a prĂ©fĂ©rĂ© sâattarder sur la musique plutĂŽt que sur les frasques maintes fois commentĂ©es dâun artiste hors du commun
Philippe Lageat â Rock Hard
Alice Cooper est un personnage emblĂ©matique et fascinant de lâhistoire du rock. Grand provocateur, initiateur dâun rock théùtral dans lâunderground et la contre-culture Ă la toute fin des annĂ©es 1960, il incarne la figure quasi papale dâun hard rock extrĂȘmement riche et flamboyant pendant les annĂ©es 1970. Son Ćuvre empreinte dâillustrations cinĂ©matographiques est affiliĂ©e au grĂ© des Ă©poques Ă de nombreux styles (opĂ©ra rock, glam rock, post-punk, heavy metalâŠ) et participe au renouveau du rock. Si les fameuses frasques sex, drugs & rockânâroll ont jalonnĂ© toute la premiĂšre partie de sa carriĂšre et sont indissociables de sa dualitĂ© schizophrĂ©nique, Jean-Charles Desgroux articule cet ouvrage non pas autour de scandales sulfureux, mais de sa musique et des albums incontournables publiĂ©s depuis quarante-cinq ans.
Revue de presse
- Alice Cooper, Remember the Coop' Christian Le Morvan Blues Magazine N°78 Octobre/décembre 2015
- Qui es-tu Alice Cooper ? - Interview de J-C Desgroux Lelo Jimmy Batista noisey.vice.com 28 septembre 2015
- Interview de Jean-Charles Desgroux par Yuzu Melodies Boris Plantier yuzu-melodies.fr 22 septembre 2015
- Un livre monstrueusement bon ! Philippe Lageat Rock Hard Septembre 2015
- Interview de Jean-Charles Desgroux Stéphane Allegret Radio Libertaire // Bulles noires 5 septembre 2015
- Les scandaleux serpents d'Alice Cooper Alexis Hache Le Monde 22 août 2015
- Une biographie d'Alice Cooper Le Perreux octobre 2015
- Alice Cooper, Remember the Coop' Noé Gaillard Daily Books 28 août 2015
- Alice Cooper, Remember the Coop' Nicko Guts Of Darkness 19 août 2015
- Alice Cooper, Remember the Coop' Pierre Krause Babelio 22 août 2015
- Alice Cooper, Remember the Coop' Stephan Birlouez Among The Living 29 juillet 2015
- Interview au Hellfest Ăric Andres Riff d'enfer 30 juillet 2015
- Interview Arno Jaffré Daily Rock 23 juillet 2015
- Souvenirs d'Alice Cooper Christian Lamet Hard Force 28 juin 2015
- Alice Cooper, Remember the Coop' Alexis Hache New Noise juillet/Août 2015
- Alice Cooper, Remember the Coop' Cédric Bru Les Obsédés Textuels 6 juillet 2015
- Alice Cooper, Remember the Coop' Richard Gaitet Nova // Nova Book Box 17 juin 2015
- Alice Cooper, Remember the Coop' Thierry de Fages Blog de Phaco 22 juin 2015
Le timing Ă©tait presque parfait: Remember The Coopâ paraĂźt le 18 juin, la veille de la prestation coup-de-poing dâAlice Cooper au Hellfest 2015, dixiĂšme du nom. Ce titre nâest pas de lâauteur Jean-Charles Desgroux, expert Ăšs musiques Ă©nervĂ©es sĂ©vissant chez Rock & Folk, mais extrait de âAlma Matterâ, composition de Schoolâs Out (1972) signĂ©e Neal Smith. En quelques 280 pages qui se dĂ©vorent goulĂ»ment, les 26 albums studio â et plus encore â quâAlice a produit en un demi-siĂšcle de carriĂšre sont dissĂ©quĂ©s avec force explications de textes. Le tracklisting bancal du bootleg Freak Out, disponible en tĂȘte de gondole de tous les bons Monoprix dans les nineties, est enfin dĂ©mystifiĂ©. Si cette biographie a en commun avec le documentaire tronquĂ© Super Duper (2014) de dĂ©tailler la pĂ©riode pubĂšre prĂ©-discographique, elle traite des annĂ©es 2000 avec le mĂȘme sĂ©rieux. Et ce nâest que justice: Ă 67 ans, Alice Cooper, pĂšre fouettard dâopĂ©rette, pilleur de tendances en vogue, est toujours un fin songwriter et dĂ©couvreur de talents. MalgrĂ© quelques coquilles passĂ©es au travers des mailles de la relecture (âgroupeâ au singulier, conjuguĂ© au pluriel), lâon est pris dâune irrĂ©sistible envie de se repasser les vinyles dâĂ©poque. MĂȘme ceux, honnis, du dĂ©but des eighties dont Alice lui-mĂȘme ne se souvient plus de la conception.
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Tout le monde connaĂźt Vincent Furnier, alias AliceCooper, natif de Detroit. Figure de proue du Hard Rock, Heavy Metal, Rock surpuissant, Punk avant lâheure de la fin des 60âs. Lâartiste est un grand provocateur, prĂ©curseur du Rock théùtral et dĂ©cadent, dans la contre culture de la fin des annĂ©es 60âs. Rappelez-vous de ses arrivĂ©es sur scĂšne, avec un boa constricteur autour du cou ! Maquillage malĂ©fique et autres extravagances. Ici, lâauteur ne relate pas la pĂ©riode Sexe, Drogue et Rockân Roll de ses dĂ©buts de carriĂšre et de son duel avec la schizophrĂ©nie. Mais, aprĂšs une 1Ăšre partie biographique, il lui paraissait plutĂŽt nĂ©cessaire de prĂ©senter lâoeuvre discographique de Coop dans lâordre chronologique de ses 26 albums (studio et quelques 15 en live). Chaque album est ici dissĂ©quĂ©, examinĂ©, les musiciens qui ont participĂ©, les titres principaux et quelques anecdotes⊠depuis le 1er album Pretties For You de 1969, jusquâĂ Welcome 2 My Nightmare en 2010.
Alice Cooper, personnage emblĂ©matique, nâa jamais vraiment reçu la reconnaissance quâil mĂ©rite, peut-ĂȘtre Ă cause de ses frasques sulfureuses et des scandales qui lâon entourĂ©. Son oeuvre est riche et indissociable de lâart cinĂ©matographique. Câest pourtant un bon parolier, visionnaire Ă lâĂ©criture ciselĂ©e. Cet ouvrage est une belle maniĂšre de rĂ©habiliter un artiste dont on parle en fait assez peu, Remember the Coopâ.
Aussi loin que je mâen souvienne, mes premiers souvenirs musicaux sont pleinement, intĂ©gralement et exclusivement liĂ©s au cinĂ©ma et Ă la tĂ©lĂ©vision. La musique des Frissons de lâAngoisse dâArgento. Kiss dans 3-2-1 Contact. La B.O. du Nosferatu de Herzog. Le clip de « Ashes To Ashes » de David Bowie, qui passait en boucle sur Antenne 2. Et Alice Cooper, interviewĂ© avec un python autour du cou au journal de 13h de TF1. Un sĂ©quence anecdotique, pas mĂȘme rĂ©pertoriĂ©e sur les archives de lâIna, qui se dĂ©roulait pourtant Ă une phase-clĂ© du parcours du chanteur : celle de son grand come-back de 1986, sous les traits dâun incube bardĂ© de cuir, dĂ©vouĂ© corps et Ăąme au heavy metal, aprĂšs une vingtaine dâannĂ©es dâexcĂšs, de dĂ©rapages et de coups de gĂ©nie, entre garage, glam-rock, rock psychĂ©dĂ©lique, proto-punk, proto-goth, new wave, post punk et expĂ©rimentations diverses.
Mais si tout le monde connaĂźt aujourdâhui le personnage et sa carriĂšre aussi riche que tourmentĂ©e, peu savent vraiment qui il est. Fils de pasteur Ă la santĂ© erratique, gamin passionnĂ© de cinĂ©ma plongĂ© presque malgrĂ© lui dans la tourmente garage du milieu des annĂ©es 60, junkie, bohĂ©mien, rock-star, gĂ©nie, alcoolique, acteur, jet-setter, psychopathe, joueur de golf : que sait-on rĂ©ellement de Vincent Furnier, lâhomme derriĂšre le masque du plus grand shock-rocker de tous les temps ?
Câest la question que pose en filigrane Remember The Coopâ, le livre de Jean-Charles Desgroux paru cette Ă©tĂ© aux Ă©ditions Le Mot Et Le Reste. Un guide disque par disque, loin des structures biographiques classiques, qui sâavĂšre au final lâun des ouvrages les plus solides, fouillĂ©s et passionnants consacrĂ©s Ă Alice Cooper et le seul dont on ressort avec enfin, lâimpression dâavoir rĂ©solu une Ă©nigme aussi tortueuse quâĂ©lĂ©mentaire.
Pistes, indices et repÚres en 10 étapes, avec Jean-Charles Desgroux.
Noisey : Avec quel disque as-tu découvert Alice Cooper ?
Jean-Charles Desgroux: Alors, on mâa souvent fait â amicalement â le reproche dâĂȘtre nĂ© trop tard et de ne pas avoir dĂ©couvert Alice Cooper au bon moment, et pour cause, ma premiĂšre vraie rencontre avec sa musique, ça a Ă©tĂ© durant lâĂ©tĂ© 1989 avec lâalbum Trash, donc pas forcĂ©ment sa meilleure pĂ©riode, puisque câest un disque trĂšs commercial, hyper FM. Mais bon, ça faisait un an que jâĂ©coutais du hard-rock, jâhabitais en province et je nâavais pas forcĂ©ment accĂšs Ă beaucoup de choses, donc je faisais avec ce que je trouvais, comme Ă peu prĂšs tout le monde Ă lâĂ©poque. Je regardais les clips de metal qui passaient sur M6 le mardi soir et une nuit je tombe sur la vidĂ©o de « Heâs Back (The Man Behind The Mask) », le morceau quâil a enregistrĂ© pour la B.O. de Jason Le Mort-Vivant, le sixiĂšme Ă©pisode de la sĂ©rie des Vendredi 13, et je suis fascinĂ© par lâimagerie et la musique de ce type. Quelques jours plus tard, je passe dans un kiosque Ă journaux et je tombe sur le magazine Hard Force â pour lequel jâĂ©crirai plus tard â avec, justement Alice Cooper en couverture pour la sortie de Trash. Donc jâachĂšte et le magazine et lâalbum et je plonge de maniĂšre irrĂ©versible dans le monde dâAlice Cooper.
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Alice Cooper : lâhistoire dâune figure emblĂ©matique du hard rock
Interview. Jean-Charles Desgroux a publiĂ© rĂ©cemment le livre Alice Cooper : Remember the Coopâ aux Editions Le Mot et le reste. Lâoccasion Ă©tait belle de parler avec lui de ce personnage emblĂ©matique et fascinant de lâhistoire du rock.
Parlez-moi de votre dĂ©couverte dâAlice Cooper ?
Jâavais 14 ans lorsque âTrashâ est sorti. JâĂ©coutais du hard rock depuis une bonne annĂ©e et, depuis ma province oĂč il ne se passait rien dâexcitant concernant ma passion dĂ©vorante pour cette musique, je mâabreuve des quelques clips de metal qui passent chaque semaine sur M6. LĂ je dĂ©couvre Alice Cooper via la vidĂ©o de âHeâs Back (The Man Behind The Mask)â, soit la BO du film Vendredi 13, 6Ăšme chapitre ! Si la chanson me parait bien synthĂ©tique et pop, je suis subjuguĂ© par son image. TrĂšs rapidement je trouve en kiosque un numĂ©ro de Hard Force, avec Alice en couverture : ce sera mon tout premier magazine achetĂ©,et qui me donnera plus dâinformation sur le personnage, sa vie, ses disques, et sur la promo de son nouvel album âTrashâ, que je cours acheter en vinyle chez le disquaire ridicule de ma petite ville. Et dĂšs lors, ma fascination pour Cooper ne fait que commencer : deux ans aprĂšs je vis mon Ă©tĂ© 1991, celui de mes 16 ans, Ă fond, et au son de Hey Stoopid, vĂ©ritable BO de cet Ă©tĂ© rockânâroll. Et avec chaque argent de poche mensuel, je complĂšte sa discographie en dĂ©nichant les CDs Warner petits budgets disponibles dans les rayons dâun hypermarché⊠Et voilĂ que viennent sâajouter les Schoolâs Out, les Killer, les Love It To Death, mais aussi parallĂšlement les Dada ou Lace & Whiskey qui mâintriguent tout autant⊠Et depuis je nâai jamais cessĂ© de lâĂ©couter, de lâadmirer et de chercher le moindre de ses disques.
Comment était perçu ce groupe un peu à part, par le public et par la critique, à ses débuts ?
Le Alice Cooper Group, Ă ses dĂ©buts Ă la fin des annĂ©es 60, injecte tant de rĂ©fĂ©rences liĂ©es au dadaĂŻsme et au surrĂ©alisme que le public branchĂ©, certes hippie mais dĂ©foncĂ© et sophistiquĂ© de Los Angeles autour de 1967-1969, ne les comprend pas. Théùtral, provocateur, offensif, subversif, bruyant, dĂ©calĂ©, ambigu et hirsute, le groupe est perçu comme des freaks incontrĂŽlables qui nâont rien de commun avec les cadors de la scĂšne West Coast californienne. Ils vident des clubs entiers en provocant le dĂ©goĂ»t, lâennui ou lâindiffĂ©rence des jeunes. Quant Ă la critique, elle est tout aussi impermĂ©able Ă leur Ă©gard. Lorsquâils sortent leurs deux premiers albums sur le label de Frank Zappa (Pretties For You et Easy Action chez Straight Records), les mĂ©dias les ignorent ou les descendent en flĂšche, les traitant de dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s maladroits et peu excitants.
Les grands show gore dâAlice Cooper, câest uniquement du marketing ou est-ce que ça relĂšve aussi dâune dĂ©marche artistique ?
Comme je lâai Ă©voquĂ©, les shows dâAlice Cooper Ă lâĂ©poque du groupe sont vraiment Ă©laborĂ©s sur une trame liĂ©e au dadaĂŻsme, Ă cette volontĂ© de rompre avec des schĂ©mas, Ă sortir des conventions et Ă instaurer une nouvelle dimension dans leur art, fut-il aussi basique que du rockânâroll. Leur dĂ©marche artistique est donc théùtrale, le groupe se mettant en scĂšne Ă lâaide dâaccessoires et de scĂ©nettes plus ou moins chorĂ©graphiĂ©es et/ou complĂštement sauvages et improvisĂ©es Ă la fin des annĂ©es 60. Mais rapidement, le groupe consolide ses multiples influences et injecte des Ă©lĂ©ments qui seront des moments clĂ© de chacun de leurs concerts : lâexĂ©cution du bad guy (Alice !), que ce soit par chaise Ă©lectrique, puis pendaison et guillotine, ou bien encore la camisole de force pour contenir un psychopathe schizophrĂšne et aliĂ©nĂ© pendant âThe Ballad Of Dwight Fryâ dĂšs 1971, et bien sĂ»r lâapport iconographique et lĂ©gendaire du serpent, python puis boa constrictor, crĂ©ature aussi repoussante que fascinante censĂ©e provoquer une rĂ©action dans le public.
Plus tard, lors de tournĂ©es monumentales comme celles de âBillion Dollar Babiesâ en 1973 ou de âWelcome To My Nightmareâ en solo dĂšs 1975, lâexercice de la théùtralitĂ© est poussĂ© Ă son paroxysme, en injectant des Ă©lĂ©ments propres au music-hall, Ă lâentertainment Ă lâamĂ©ricaine, factice et surjouĂ©. Jusquâaux annĂ©es 80 oĂč, en effet, Alice Cooper fait coĂŻncider son grand retour sur le devant de la scĂšne, enfin sobre et sevrĂ©, avec lâessor phĂ©nomĂ©nal des groupes de heavy-metal et surtout la vague des films dâhorreur gore si prisĂ©s par les teenagers, avec les Freddy, Vendredi 13, Halloween, etc. Pendant cette seconde moitiĂ© des annĂ©es 80, Alice joue dans la surenchĂšre sanguinolente, et son image prend dĂ©sormais les contours du pĂšre fouettard dĂ©moniaque, sadique et malfaisant, quâil utilise toujours aujourdâhui, avec un dosage plus mesurĂ© selon les tournĂ©es. Mais honnĂȘtement, tout est affaire de marketing et dâimage depuis trĂšs longtemps, bien que la construction de son personnage ait Ă©tĂ© honnĂȘte et basĂ©e sur de multiples rĂ©fĂ©rences, trĂšs cinĂ©matographiques.
Alice Cooper Ă©tait un groupe avant de devenir le nom de scĂšne de son chanteur principal. Est-ce quâon peut imputer Ă cette sĂ©paration les problĂšmes personnels et artistiques dont a souffert le chanteur ?
Non. Alice Cooper nâa semble-t-il jamais souffert de la dissolution, Ă lâamiable, du groupe originel. Exsangue, Ă©puisĂ©, subissant une pression incroyable depuis leurs premiers succĂšs en 1971, le groupe enchainait albums et tournĂ©es sans le moindre repos. Lâaccent Ă©tait complĂštement mis sur le chanteur, Alice, en terme dâimage, de marketing et de promotion. Label et managers ont ainsi tout misĂ© sur la personnalitĂ© dâAlice Cooper, en laissant les quatre autres musiciens un peu plus dans lâombre, au point que ceux-ci se considĂšrent comme de simples faire-valoirs, Ă©galement lassĂ©s de tout ce jeu mĂ©diatique et de la théùtralitĂ© Ă outrance sans cesse dĂ©veloppĂ©e, au dĂ©pend dâun simple rockânâroll auquel ils auraient souhaitĂ© revenir. Profitant dâune pause Ă lâissue de la tournĂ©e âBillion Dollar Babiesâ et aprĂšs la sortie de lâalbum Muscle Of Love en 1974 (souffrant dâailleurs lui-mĂȘme de ces stigmates liĂ©s Ă lâĂ©puisement total de leurs ressources), certains membres du groupe Ă©mettent le souhait de rĂ©aliser un album solo, pour laisser libre cours Ă leur crĂ©ativitĂ© personnelle, afin de mieux revenir plus tard, revigorĂ©, dans le groupe. OK pour chacun, et surtout pour Alice qui se voit poussĂ© par le label et par son manager Shep Gordon Ă sâenvoler de ses propres ailes.
Par la suite, si le succĂšs de sa carriĂšre solo a Ă©tĂ© assez phĂ©nomĂ©nal, câest davantage la pression qui lâa rendu si alcoolique et dĂ©pressif. DĂ©jĂ buveur mondain, Alice Cooper sâest enfoncĂ© dans la boisson, jour aprĂšs jour, biĂšre aprĂšs biĂšre et bouteille de whisky enfilĂ©es les unes aprĂšs les autres, pour supporter sa propre dualitĂ© et sa gestion de son double, entre son personnage de scĂšne et son vrai moi⊠La frontiĂšre entre les deux a fini par ĂȘtre gommĂ©e Ă cause de son rythme de vie, de cette pression incessante, et de cette folie liĂ©e au show-business et au rockânâroll ! Mais en aucun cas nâa-t-il vĂ©cu cette dĂ©pression comme un contre coup Ă la sĂ©paration avec ses camarades. Il nây a jamais eu de split houleux, de dĂ©clarations haineuses, de procĂšs ou de bataille intestine entre les diffĂ©rentes parties. Tout a Ă©tĂ© correctement rĂ©glĂ©, en privĂ©, par les diffĂ©rents gestionnaires et managers de leur empire.
Alice Cooper, câest un simple personnage de fiction, ou est-ce que celui qui lâincarne, Vincent Furnier, y a mis beaucoup de lui-mĂȘme ?
Comme je le disais prĂ©cĂ©demment, Alice Cooper est devenu, plus quâun personnage, une crĂ©ature bien ancrĂ©e dans lâimaginaire collectif, et façonnĂ©e par dâinnombrables rĂ©fĂ©rences artistiques, cinĂ©matographiques, littĂ©raires, qui ont toutes jalonnĂ©es la vie, lâenfance et lâadolescence du jeune Vincent Furnier, petit garçon de lâAmĂ©rique moyenne fascinĂ© par la tĂ©lĂ©vision, le cinĂ©ma, puis par lâArt dĂ©calĂ©. Donc Alice Cooper nâa pas Ă©tĂ© créé dâun coup de baguette magique ou bien Ă coup de brainstorming intense, mais il est bien le fruit dâune Ă©volution du chanteur et de ses acolytes, un patchwork dâidĂ©es qui, certes, furent petit Ă petit toutes assemblĂ©es dans le but de choquer, dĂ©ranger, et susciter une rĂ©action â quelle quâelle soit.
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DĂ©couvrez lâinterview en intĂ©gralitĂ© sur le site de Yuzu Melodies
AprĂšs avoir racontĂ© Ozzy Osbourne dans le livre Du Cauchemar Ă la rĂ©alitĂ© (2007), le journaliste Jean-Charles Desgroux (Rock&Folk, Rock Sound) sâest attaquĂ© Ă un autre âĂ©pouvantaâ du genre. dans Remember The Coopâ, câest Ă Alice Cooper quâil rend hommage au grĂ© de 280 pages retraçant la carriĂšre du chanteur en sâattardant plus particuliĂšrement sur ses fĂ©condes discographie et vidĂ©ographie pour mieux en rĂ©vĂ©ler les trĂ©sors cachĂ©s et en dĂ©crypter certains textes. Cet angle original lui permet notamment de rĂ©habiliter certains opus mĂ©sestimĂ©s comme From The Inside (1978), Flush The Fashion (79), Zipper Catches Skin (82) et plus encore Dada (83), que lâauteur dĂ©crit comme âlâun des albums les plus bouleversants et captivants de sa carriĂšreâ (ndlr : ce qui nâest pas faut, ainsi quâAlice le concĂšde dans les pages de ce numĂ©ro.) Ăcrit avec soin, Ćuvre dâun passionnĂ© qui a prĂ©fĂ©rĂ© sâattarder sur la musique plutĂŽt que sur les frasques maintes fois commentĂ©es dâun artiste hors du commun, Remember The Coopâ, Ă©crit en français, nâa pour seul dĂ©faut que sa maigre iconographie (mais câest la collection qui veut ça), sa principale force consistant Ă donner lâenvie irrĂ©pressible au lecteur de se replonger dans lâĆuvre protĂ©iforme dâun Alice qui sâest fait une spĂ©cialitĂ© de nous surprendre. Chaudement recommandĂ©!
Extrait dâune interview dâAlice Cooper, menĂ©e par Benji, dans le mĂȘme numĂ©ro.
Sais-tu quâun livre te concernant, intitulĂ© Remember The Coopâ, Ă©crit en français par une journaliste français (Jean-Charles Desgroux, aux Ă©ditions Le mot et le reste), et qui sâattache particuliĂšrement Ă dissĂ©quer tes albums, est rĂ©cemment sorti?
Alice Cooper : Non, je lâignorais. Mais ça mâintĂ©resse beaucoup ! Remember The Coopâ⊠Hum, je vais demander Ă mes assistants de me le trouver sur Internet trĂšs vite. En tout cas, merci beaucoup pour lâinfo !
Stéphane Allegret reçoit Jean-Charles Desgroux pour une émission de deux heures consacrée à son ouvrage sur Alice Cooper.
Ăcoutez lâĂ©mission consacrĂ©e au livre de Jean-Charles Desgroux
5/6 Muse Ă museau â Le chanteur de hard-rock a fait de lâanimal Ă sang froid son image de marque
La bĂȘte enlace et glisse le long du corps, ondule dans les airs, sâenroule autour dâun bras, siffle et sâexpose aux yeux Ă©carquillĂ©s des spectateurs. Alice cooper vient de se munir de son cĂ©lĂšbre serpent et toise lâassistance fascinĂ©e. Effet garanti. La premiĂšre fois, câest en 1971, Neal Smith, batteur de lâAlice Cooper Group, vient alors dâoffrir Ă son leader un boa constricteur. Quelques jours auparavant, une groupie sâĂ©tait prĂ©sentĂ©e dans les coulisses Ă lâissus dâun concert Ă Tampa, en Floride, avec un serpent femelle.
Lâanecdote est relatĂ©e par Jean-Charle Desgroux dans sa biographie dâAlice Cooper, Remember The Coopâ.
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Perreuxien depuis 2005, Jean-Charles Oesgroux est journaliste et Ă©crivain spĂ©cialisĂ© en rock. Il sâintĂ©resse tout particuliĂšrement au â hard rock, et au â heavy metal â, quâil dissĂšque tel un archĂ©ologue doublĂ© dâun historien obsessionnel. Il vient notamment de publier un ouvrage sur le chanteur Alice Cooper aux Ă©ditions Le Mot et Le Reste. Il sâagit dâune biographie doublĂ©e dâune analyse dit aillĂ©e de toute sa discographie, studio et scĂšne, depuis 45 ans.
_Alice Cooper est lâun des personnages les plus emblĂ©matiques et fascinants de lâhistoire du rock
et de la musique pop ; il a traversé 6 décennies en y laissant une empreinte majeure._
Jean-Charles Desgroux
Avec un sous-titre que seuls ceux qui connaissent lâĆuvre dâAlice Cooper comprendront tout de suite Remember the Coopâ. Lâexplication se trouve dans lâun de leur premier succĂšs : il sâagit dâun court extrait dâune chanson qui fait rĂ©fĂ©rence aux annĂ©es lycĂ©es des membres du groupe et traduit une nostalgie douce-amĂšre.
Vous connaissez maintenant le principe de la collection â du moins jâespĂšre. Dâabord une prĂ©sentation gĂ©nĂ©rique du groupe ou du chanteur puis une analyse des productions, opus par opus, entrecoupĂ©e des prĂ©sentations de chaque Ă©volution quand il y en a. Câest en soi une bonne formule dans la mesure oĂč elle permet Ă lâauteur de compiler avec finesse le contenu de sa bibliographie et de placer son analyse de la musique et des textes produits. Chaque lecteur peut ainsi reconnaĂźtre ou apprendre lâhistoire de celui/celle quâil apprĂ©cie et confronter ce quâil pense de la musique Ă lâavis circonstanciĂ© de lâauteur⊠Une bonne façon de revisiter ses amours, surtout quand on apprend les donnĂ©es qui ont participĂ© Ă leurs crĂ©ations⊠Petite remarque : le style journalistique de lâauteur me semble parfaitement adaptĂ© au sujet. En utilisant des adjectifs forts et souvent inattendus il valorise ce dont il parle. Je vais laisser Ă chacun le soin de se faire sa petite idĂ©e sur Alice et je vais simplement signaler lâintĂ©rĂȘt de la photo de Richard Avedon qui prĂ©sente Vincent Furnier (câest le vrai nom dâAlice) allongĂ© nu le sexe cachĂ© par un serpent⊠On peut regretter quâelle ne figure pas dans le livreâŠ
Nâoubliez pas â mĂȘme sâil est passionnant Ă regarder â dâĂ©couter les chansons en lisantâŠ
Bonne écoute.
La chronique sur le site Daily Books
Vous le savez trĂšs certainement, je suis grand fan dâAlice Cooper. Alors forcĂ©ment, quand une biographie, Ă©crite par un autre trĂšs grand fan de lâamĂ©ricain, sort, je ne peux quâĂȘtre interpellĂ©. Ce Remember The Coopâ sâintĂ©resse entiĂšrement Ă la carriĂšre du chanteur de shock-rock qui, mine de rien, nâest pas loin des 50 ans de carriĂšre. LĂ oĂč jâaime particuliĂšrement cette biographie, au-delĂ mĂȘme de lâaspect historique et des anecdotes qui parcellent ces pages, câest que tout est centrĂ© sur la musique, et plus gĂ©nĂ©ralement lâart créé par Alice. Parce quâici, ce livre nâest pas un prĂ©texte pour sortir du sulfureux et de lâanecdote bien graveleuse (et pourtant jâimagine quâil y avait matiĂšre ici Ă en incorporer). Non, ce âRemember the Coopââ parle de musique. Lâauteur sâest bien documentĂ© pour remettre dans le contexte les diffĂ©rentes sorties de lâartiste et tout lâenvironnement dĂ©crit dans ce livre nâest lĂ que pour expliquer les diffĂ©rentes orientations musicales et choix de carriĂšre dâAlice. Dâailleurs, la construction de la biographie, Ă©videmment chronologique (allant mĂȘme jusquâĂ la fin du printemps 2015 !), est entrecoupĂ©e de critiques extrĂȘmement dĂ©taillĂ©es des sorties de lâartiste (ou de lâAlice Cooper Band entre 1967 et 1974), que ce soit des albums, mais aussi des lives, vidĂ©os, coffrets et autres best of. Bref, Jean-Charles est un vrai passionnĂ© et cela se ressent ! Et quand je parle de critiques dĂ©taillĂ©es, cela signifie que les albums sont passĂ©es au crible, chanson par chanson qui ont quasiment toutes droit Ă leur description, y compris les faces B, imports et autres morceaux issus de bandes originales de films ! Et mĂȘme la pĂ©riode beaucoup moins mĂ©diatique de sa carriĂšre, entre 1978 et 1985, est bien dĂ©crite, ce qui permet de mettre en lumiĂšre les albums les moins connus de son rĂ©pertoire comme Zipper Catches Skin ou Flush The Fashion (oui, jâai rĂ©ussi Ă trouver quelquâun qui apprĂ©ciait ce disque !!). Au-delĂ mĂȘme de lâaspect musical de sa carriĂšre, la biographie nâhĂ©site pas non plus Ă parler des quelques films auquel Alice a participĂ© ! Et lĂ oĂč la biographie devient particuliĂšrement intĂ©ressante et prĂ©cise, câest au niveau des relations entre Alice et les musiciens ainsi que les producteurs. Tous les liens sont bien dĂ©crits et expliquĂ©s, les raisons pour lesquels on retrouve tel ou tel artiste sur les albums de Cooper. Vraiment, bien que je sois fan dâAlice Cooper depuis plus de 15 ans et que je possĂšde tous ses albums et bon nombre de coffrets et autres live (il nây a quâĂ voir la liste des objets chroniquĂ©s sur ces pages), jâai vraiment appris Ă©normĂ©ment de choses sur la carriĂšre de Monsieur Furnier avec cette biographie. VoilĂ en tout cas une biographie vivante, complĂšte et trĂšs intĂ©ressante, permettant de mieux comprendre lâĆuvre plĂ©thorique dâAlice, qui nâa jamais eu, selon moi, le succĂšs quâil aurait mĂ©ritĂ© !
Lire la chronique sur le site Guts Of Darkness
Il y a peu dâartistes que jâaime autant quâAlice Cooper, un chanteur dĂ©couvert au lycĂ©e. Je me demande frĂ©quemment ce que je peux tant aimer chez lui, nâĂ©tant pourtant pas un fan absolu de hard-rock, nâapprĂ©ciant pas tant que cela les performances théùtralisĂ©es ou mĂȘmes les thĂšmes (sex, death and money, baby) dâun certain nombre de ses chansons.
Pourtant jâachĂšte absolument tous ses disques depuis que je suis au lycĂ©e, sans compter les dvds, certaines rééditions ou les coffrets. Câest lâun des deux ou trois artistes dont je ne rate aucun passage parisien. Confession : je suis mĂȘme allĂ© Ă Londres pour le voir, le temps dâun concert donnĂ© en compagnie de Motorhead et de Joan Jett.
Autour de moi, cette rĂ©vĂ©rence Ă Alice a toujours paru suspecte et a souvent fait rire, les gens se focalisant sur certains aspects qui peuvent apparaĂźtre dĂ©testables dans lâĆuvre dâAlice : les riffs parfois gras, lâimage du chanteur hurlant derriĂšre son maquillage outrancier⊠Oui, cela peut faire cheap, je le concĂšde. Et je lâai souvent concĂ©dĂ© autour de moi tout en insistant sur le seule chose qui compte vraiment : le songwriting.
Câest que depuis ses albums cultes comme Love It to Death ou Killer ( lâun des plus grands disques de rock ever, as simple as that.) enregistrĂ©s au dĂ©but des annĂ©es 1970 avec son groupe Ă©ponyme jusquâĂ ses opus solo les plus rĂ©cents, Alice Cooper a plus ou moins toujours rĂ©ussi Ă sortir des grandes chansons.
Dans nâimporte quel album, mĂȘme le plus mĂ©diocre se cache des pĂ©pites dâĂ©criture, de songwriting. Bob Dylan, la rĂ©fĂ©rence absolue qui se situe pourtant Ă des milliards dâannĂ©es lumiĂšre de lâunivers dâAlice le concĂ©da lui aussi un jour, alors quâil Ă©tait interviewĂ© par le magazine Rolling Stone : « Alice Cooper is an ovelooked songwriter » soit « Alice Cooper est un songwriter sous estimĂ© ». Oui, Dylan ne dit pas quâil est un « grand »,un « bon » ou un « sympathique » songwriter, il dit quâil est un songwriter « sous estimĂ© », mettant ainsi au premier plan sa mauvaise rĂ©ception plutĂŽt que son talent pourtant reconnu.
Là se situe certainement le deuxiÚme élément qui réunit, je pense, la plupart de ses fans qui le suivent depuis des années envers et contre tous : une certaine sympathie (et pour moi on peut dire un attachement trÚs fort) envers un grand artiste souvent négligé et cantonné, parfois de son propre chef, à un rÎle de parrain du shock-rock, certes honorifique mais aussi totalement anecdotique.
Et cet attachement est redoublĂ© Ă lâĂ©coute de ses chansons oĂč Alice parle souvent de lui, de son addiction Ă lâalcool et de son personnage dâAlice, objet dâune biographie qui vient de sortir chez lâune de mes maisons dâĂ©dition prĂ©fĂ©rĂ©es, Le mot et le reste et signĂ©e Jean-Charles Desgroux.
Lâintro pour parler dâun livre remarquable est longue, je vous le concĂšde, mais il mâĂ©tait impossible de parler dâun livre sur Alice sans parler de moi. Quand jâentends quelquâun, nâimporte qui, parler dâAlice Cooper, je lĂšve toujours la tĂȘte, comme si quelquâun se mettait Ă parler de moi.
Jean-Charle Desgroux sâest donc mis Ă parler de moi Ă travers son ouvrage biographique dâAlice. Ouvrage biographique sur Alice plutĂŽt que biographie puisquâil nâest en effet pas question, dans Alice Cooper, Remember The Coopâ, dâun ouvrage qui reviendrait en long en large et en dĂ©tail sur la vie de Vincent Furnier, lâhomme qui se cache sous le maquillage dâAlice. Il sâagit plutĂŽt dâune riche analyse de la seule chose qui compte vĂ©ritablement : sa discographie et sa carriĂšre de chanteur. Lâauteur entreprend une analyse de chaque album officiel,dvd, album live ou coffret publiĂ© par Alice. Chaque album est dissĂ©quĂ© Ă travers ses chansons mais aussi son contexte de production et sa rĂ©ception. Les faits cĂŽtoient, comme chaque ouvrage biographique se doit de le faire, des commentaires plus subjectifs concernant la qualitĂ© desdites chansons.
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Lire lâintĂ©gralitĂ© de la chronique sur le Babelio
Voici un livre quâil fait bon avoir Ă ses cĂŽtĂ©s pour les longues journĂ©es dâĂ©tĂ© Ă lĂ©zarder au bord de la piscine ou Ă lâombre dâun pin ancestral. Remarquablement bien documentĂ© et sobrement Ă©crit, lâauteur a structurĂ© son Ćuvre chronologiquement au fil de la sortie des albums dâun Alice Cooper attachant que lâon (re)dĂ©couvre tout au long de sa prolifique carriĂšre.
Sans parti pris, ni polĂ©miques, Jean-Charles Desgroux publie ici une biographie trĂšs bien documentĂ©e dâun Vincent FURNIER en passe de devenir le pape incontestable du shock rock au sortir des 60âs sous le nom dâAlice Cooper. Brossant le portrait de cette icone nâayant jamais quittĂ© la scĂšne depuis la fin des annĂ©es soixante, malgrĂ© les attaques dâune AmĂ©rique bien-pensante et ses excĂšs en tous genres, Remember The Coopâest un livre indispensable pour tout fan du bonhomme mais pas seulement !
On y apprend beaucoup sur le personnage, mais aussi sur lâĂ©volution du goĂ»t du public au fur et Ă mesure de la carriĂšre dâAlice Cooper commencĂ©e il y a 50 ans dĂ©jĂ et avec ses 26 albums studios. Je me suis rĂ©galĂ© Ă lire ce remarquable bouquin rendant hommage Ă celui qui a inspirĂ© des gĂ©nĂ©rations de teenagers, de groupes allant des MOTLEYCRĂE Ă MARILYNMANSON en passant par les MISFITS ou MICHAELJACKSON avec son â Thriller â pour ne citer quâeux.
Inspiration pour des gĂ©nĂ©rations dâĂ©crivains aussi Ă lâimage de Stephen King ou Michael Slade, sans oublier la myriade de rĂ©alisateurs sâĂ©tant « imprĂ©gnĂ©s » du personnage comme Tim Burton et son Beetlejuice ou encore dans The Rocky Horror Picture Show, sans oublier les Wes Craven, John Carpenter, Sam Raimi et jâen passe et des meilleurs.
Beaucoup plus quâune simple rock star dâun systĂšme Ă broyer les individus, ALICECOOPER a marquĂ© (et continu de le faire) durablement des gĂ©nĂ©rations de fans. Instructif et plaisant Ă lire, Remember The Coopâ est une bible qui Ă©vite lâĂ©cueil du livre documentaire indigeste.
Lire la chronique sur le blog Among The Living
Nous profitons du Hellfest pour rencontrer Jean-Charles Desgroux, lâauteur du superbe livre Remember The Coopâ, traitant des chansons de Monsieur Alice Cooper. Un entretien avec une personne charmante et rĂ©ellement passionnĂ©e.
Jean-Charles, dâoĂč tâest venue lâidĂ©e dâĂ©crire ce bouquin, ou plutĂŽt cette analyse sur les chansons dâAlice Cooper ?
Jâai dĂ©jĂ Ă©cris un livre sur Ozzy Osbourne en 2007, et pour Alice Cooper qui, lui, est une des mes idoles depuis que je suis tout gamin, il me semblait quâil nây avait pas assez de littĂ©rature explicite sur le sujet. Jâai toujours eu envie au fond de moi dâĂ©crire un livre comme ça, et un jour je me suis lancĂ©, lâenvie Ă©tait trop forte !
Et justement ce nâest pas trop difficile car tu traites album par album et analyser ce personnage mystĂ©rieux, surtout quand on ne le connait pas, on le prend un peu pour un extraterrestre et sâattaquer ainsi album par album câest un peu comme sâattaquer Ă une montagne non ?
Absolument, câest une montagne, un monstre sacrĂ© qui fait partie du panthĂ©on du rock, il a Ă©tĂ© intronisĂ© au Rock and Roll Hall of Fame, câest un monument, et avec ce livre, je voulais rĂ©habiliter toute la discographie dâAlice Cooper (26 albums) car on parle beaucoup du personnage, de ses frasques, de son alcoolisme et de tous les dĂ©mons de la lĂ©gende, et on ne parle pas assez de sa musique au fond. Moi je voulais Ă la fois faire une biographie qui allait suivre une trame narrative tout en rĂ©alisant une espĂšce de fiche technique de chacun de ses disques et rĂ©habiliter des albums un peu plus mĂ©connus comme Flush The Fashion (1980), Zipper Catches Skin (1982) ou Dada (1983) et bien Ă©videmment les albums plus connus comme Billion Dollar Babies (1973), Schoolâs Out (1972)⊠à mon sens, toute sa discographie mĂ©rite dâĂȘtre Ă©clairĂ©e, chacun de ses disques mĂ©rite dâĂȘtre mis en lumiĂšre.
Quel est lâalbum dâAlice Cooper que tu as eu le plus de mal Ă analyser et pourquoi ?
Bonne question ! Il ne me semble pas quâil y en ait eu de plus difficiles Ă analyser que dâautres car je les connais tellement tous quâils font presque partie de mon ADN. Cette musique fait partie de cet artiste que je nâai jamais cessĂ© dâĂ©couter, mĂȘme les albums plus mĂ©connus. Pour ĂȘtre honnĂȘte, je dirais que les deux premiers albums, Pretties For You (1969) et Easy Action (1970) qui avaient Ă©tĂ© signĂ©s Ă lâĂ©poque sur le label de Frank Zappa ne sont pas forcĂ©ment les meilleurs de sa carriĂšre, mais ce sont les premiers socles de lĂ oĂč il vient et de lĂ oĂč il a voulu aller par la suite. Câest pas forcĂ©ment les albums que jâĂ©coute le plus car lâidentitĂ© dâAlice Cooper nâest pas vraiment lĂ . La vĂ©ritable identitĂ© dâAlice Cooper est nĂ©e Ă partir du moment oĂč ils ont rencontrĂ© Bob Ezrin en 1970. Bob Ezrin Ă©tait lâarchitecte sonore de toute leur musique.
As-tu eu besoin de faire appel aux labels pour approfondir ton analyse ou as-tu tout fait par toi mĂȘme ?
Pour lâanalyse des disques, tout a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par moi mĂȘme, jâai vraiment pris un soin tout particulier Ă Ă©couter, réécouter et réécouter encore et encore pour pointer tous les dĂ©tails, trouver les cohĂ©rences dans chacun de ces albums. Les labels ne mâont pas aidĂ©, jâai juste tentĂ© dâobtenir lâaide du manager dâAlice CooperâŠ
Et tu lâas eue ?
Non non, jâai rĂ©ussi Ă obtenir ses coordonnĂ©es, jâai pu rentrer en contact avec lui mais comme pour le film Super Duper Alice Cooper (2014) de Sam Dunn, le rĂ©alisateur a demandĂ© que le projet soit validĂ©, mais le management dâAlice Cooper a englobĂ© le projet et au final ont sorti un produit de plus sur Alice Cooper. On ne peut pas vraiment faire quelque chose de sĂ©rieux sur Alice Cooper tout en demandant la caution du management et rester indĂ©pendant, câest soit on reste complĂštement Ă part et on fait les choses par nous mĂȘme, soit on obtient leur aide et ils auront quoi quâil arrive le dernier mot sur le produit fini.
Connaissant le passĂ© sulfureux dâAlice Cooper, est-ce que ce livre peut ĂȘtre mis entre les mains de tout le monde, je veux dire par lĂ pour tout public de 7 Ă 77 ans ?
Oui, car je souhaite mettre en avant la musique, les musiciens, lâartiste et lâicone. Mon livre, câest tout sauf The Dirt (MĂTLEYCRĂE). Il nây a pas dâĂ©talage de sexe et de drogues. Bien sĂ»r jâen parle car câest une part de sa vie mais je ne vais pas rentrer dans les dĂ©tails, mon but premier câest de parler de la musique dâAlice Cooper, lâĂ©tude de lâartiste⊠Ce livre est trĂšs bien fait car il est suffisamment croustillant tout en restant soft.
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Lire lâintĂ©gralitĂ© de lâinterview sur le site Riff dâenfer
Le sujet du jour concerne la biographie que tu viens de sortir et qui concerne Alice Cooper. Peux-tu nous la dĂ©crire en quelques mots et nous expliquer les raisons qui tâont poussĂ© Ă monter ce projet?
Pour ce projet, jâai voulu aborder la biographie traditionnelle sous un nouvel angle. Beaucoup de choses ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© Ă©crites et racontĂ©es concernant Alice Cooper, et je ne voulais pas ĂȘtre lâĂ©niĂšme type Ă passer derriĂšre. Câest pourquoi jâai prĂ©fĂ©rĂ© aborder lâartiste en me focalisant principalement sur sa discographie et sur lâĂ©tude de chacun de ses 26 albums studio, ainsi que sur tous les autres documents, lives, DVDs, coffrets, qui ont jalonnĂ© sa carriĂšre depuis 50 ans. Bien sĂ»r, chacune de ces analyses sont reliĂ©es ensemble par une trame biographique, chronologique et narrative consĂ©quente, qui sâapparent bien Ă une bio, complĂšte et profonde. Mais voilĂ plus que les frasques et les lĂ©gendes urbaines maintes fois Ă©tayĂ©es, jâai voulu remettre en avant ce quâAlice Cooper est Ă mes yeux : un immense artiste. Il mâa semble, en repassant en revue tous les Ă©crits dĂ©jĂ disponibles en langue anglaise, que jamais le chanteur nâavait Ă©tĂ© ainsi justement Ă©valuĂ©. Alors inviter sur lâalcoolique dĂ©cadent entourĂ© de serpents et se faisant guillotiner sur scĂšne câest une chose, mais redĂ©couvrir tous ses disques pour la plupart mĂ©connus mâa semblĂ© ĂȘtre un point de vus aussi inĂ©dit quâintĂ©ressant, pour les fans comme pour les nĂ©ophytes.
Lire lâintĂ©gralitĂ© de lâinterview sur le site de Daily Rock
Il est formidable, Jean-Charles⊠Mis dans la confidence de son projet dâĂ©criture depuis plusieurs mois, jâĂ©tais, disons-le, secrĂštement admiratif. Non seulement il voulait se frotter Ă lâĆuvre complĂšte dâun de ces intouchables du rock â un demi-siĂšcle de carriĂšre au compteur -, mais il annonçait âcashâ un pĂ©rilleux exercice sans filet : la trame historique, factuelle, qui remonte presque au palĂ©olithique du sonique, se mĂ©langerait en totale subjectivitĂ© Ă ses propres souvenirs.
Bref, Jean-Charles sâattaquait Ă une chronique gĂ©ante de la discographie dâAlice Cooper comme dâautres partent gravir lâEverest. ArrivĂ© au sommet, vous nâĂȘtes quâĂ mi-chemin. Encore faut-il ĂȘtre capable de redescendreâŠ
Et puis, au cours dâune soirĂ©e de dĂ©cembre 2014, Jean-Charles mâappelle et nous discutons, comme dâhabitude, Ă bĂątons rompusâŠ
Jâai bientĂŽt fini lâĂ©criture⊠Tu sais, gamin, quand je vivais Ă Biarritz, pour sortir dâun ennui mortel, jâavais achetĂ© mon premier magazine de hard rock. CâĂ©tait ta revue, _Hard Force, le numĂ©ro 28 de septembre 1989_ (il est comme ça, Jean-Charles, prĂ©cis).
Câest de lĂ que tout est parti, la musique, mon envie de partager avec dâautres cette passion, puis lâĂ©critureâŠ
(ma petite voix intĂ©rieure) Il est vache ! 25 ans, ça fait un bailâŠ
- Si jâai pu contribuer Ă ton Ă©panouissement musical adolescent, Jean-Charles, ça me touche beaucoupâŠ
(voix intĂ©rieure) Flatteur ! Mais pourquoi me parle-t-il de ce numĂ©ro 28 ? Ne serait-ce pas⊠Bon sang, Ă©videmment ! Alice Cooper en couverture et un titre si spirituellement choisi pour la sortie de son album Trash : âAlice au pays des poubellesâ⊠Suite assez bas-de-gamme, jâavoue, de calembours Ă©culĂ©s dont nous avions alors le secret.
Me reviennent en mĂ©moire âCooper sur la villeâ et autre âCooper de tĂȘteââŠ
Me reviennent en mĂ©moire bien dâautres choses aussiâŠ
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Pythons, araignĂ©es gĂ©antes, cyclopes, vampires, zombies⊠Le bestiaire dâAlice Cooper est plein de ces crĂ©atures effrayantes, traumatisantes, prĂȘtes Ă venir hanter nos nuits de cauchemars terrifiants. Mais Alice Cooper nâest au final aucun de ces animaux fabuleux ou ĂȘtres lĂ©gendaires. Lui est un camĂ©lĂ©on, apte Ă se fondre dans son environnement, Ă en prendre couleurs et reflets, pour mieux attaquer sa proie, et survire.
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OpportunĂ©ment, les Ă©ditions Le mot et le reste (rare maison Ă lâinstar de Rivage Rouge, Camion Blanc ou Tristram Ă publier des textes rockâŠ) font paraĂźtre simultanĂ©ment une biographie dâAlice Cooper et de Creedence Clearwater Revival. La premiĂšre est parfaitement Ă©crite par Jean Charles Desgroux et sous titrĂ©e Remember the Coopâ qui rĂ©sonne comme un avertissement et la seconde est signĂ©e par Steven Jezo-Vannier, bien connu de nos lecteurs.
Deux bios quâapparemment tout oppose. Pourtant, ces deux mastodontes des seventies et leurs destinĂ©es connurent de nombreuses similitudes, qui, au final, les rapprochent. Tout dâabord, Alice Cooper, nĂ© Vincent Furnier en 1948 Ă Detroit â ville du mĂ©tal par excellence â repaire des Stooges, MC5 ou autre Mytch Ryder quâAlice adorera trĂšs vite. Le Alice Cooper Group, aprĂšs quelques annĂ©es dâerrance et un temps sous la fĂ©rule de Franck Zappa, toujours amateur de curiositĂ©s, va devenir en lâespace de quatre albums et en Ă peine quatre ans une terrible machine de guerre alliant rock lourd, shock rock et spectacle provocateur qui trĂšs vite enchantera les kids gourmands de transgression. Alice va avant tout le monde (Bowie, Grand Funk, Kiss, Motley CrueâŠ) produire un hard rock dĂ©vastateur, théùtral, et gore. Avec Love it to Death, Killer, Schoolâs out et Billion Dollar Babies, le gang signera une tĂ©tralogie vraisemblablement sans Ă©gale (les quatre premiers Led Zep peut-ĂȘtreâŠ) Viendront ensuite les malĂ©fices que le rock promĂšne dans ses bagages: ego surdimensionnĂ©, alcool, drogues, albums baclĂ©s⊠Sous son seul nom Alice produira avec lâinsĂ©parable Bob Ezrin, Welcome to my Nightmare, comĂ©die musicale sombre et macabre peuplĂ©e de guest stars prestigieuses et de titres accrocheurs. La musique emmenĂ©e par le duo de bretteurs Dick Wagner et Steve Hunter est soignĂ©e et calibrĂ©e pour les charts. Ensuite â fin des seventies â plus rien de bon ou presque (sauvons Flush the Fashion & Special Forces du dĂ©but des 80âsâŠ) Alice avait crachĂ© son venin. Ses productions suivantes nâayant plus de reptiliennes que leurs insaisissables directions. Il nâempĂȘche, quâAlice, un temps roi du monde, mĂ©rite dâĂȘtre réévaluĂ© aprĂšs avoir inspirĂ© tout le mĂ©tal des dĂ©cennies suivantes. A bientĂŽt soixante dix ans, il tourne toujours en faisant trĂšs honorablement le job.
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Richard Gaitet vous lit des extraits des derniers ouvrages qui lâont marquĂ©. Parmi ses derniers choix, Alice Cooper, Remember The Coopâ.
Réécouter lâĂ©mission sur le site de Nova
Dans Alice Cooper Remember The Coopâ, Jean-Charles Desgroux â spĂ©cialiste du hard rock et du heavy metal â Ă©voque la carriĂšre et la discographie de lâimmense star amĂ©ricaine des annĂ©es 70, inventeur dâun genre musico-théùtral version grand-guignolâŠ
Sans doute le principal mĂ©rite de ce livre consacrĂ© Ă Alice Cooper est de faire resurgir Ă la mĂ©moire lâune des figures les plus originales et paradoxalement mĂ©connues de lâunivers rock. En parfait Ă©rudit, Jean-Charles Desgroux nous dĂ©taille les 26 albums studio du Coop, dont le vrai nom est Vincent Furnier, tout en Ă©voquant chronologiquement son Ă©tonnant parcours artistique qui sâĂ©tire sur prĂšs de⊠50 ans. Evoluant dans un dĂ©cor scĂ©nique rĂ©solument macabre, Alice Cooper est un peu lâincarnation du rock dĂ©cadent : serpent, guillotine, chaise Ă©lectrique, potence, cyclope, araignĂ©e gĂ©ante, zombie, travelo, danseur Ă plumes, infirmiĂšre nymphoâŠ
Avec une succession de shows dĂ©lirants et grotesques, du dĂ©but des seventies Ă aujourdâhui, le chanteur fantasque a su se tailler une rĂ©putation internationale surfant entre théùtre de carton-pĂąte ambiance films dâhorreur et show parodique au parfum Las Vegas, zigzaguant scĂ©niquement dans un univers dĂ©finitivement kitch et dur, qui peut faire songer parfois au théùtre de cruautĂ©, cher Ă lâillustre Antonin Artaud. En tout cas, lâauteur propose des angles dâapproche trĂšs pertinents sur la personnalitĂ© dâAlice Cooper ainsi que sur lâemballement mĂ©diatique quâil a suscitĂ© dĂšs 1971 avec le tube « Iâm Eighteen » , hymne gĂ©nĂ©rationnel au mĂȘme titre que le populaire « My Generation » des Who. Judicieusement, lâauteur Ă©voque le talent de songwriter du Coop et sa perspicacitĂ© Ă sâentourer de producteurs ou de musiciens particuliĂšrement douĂ©s (de Bob Ezrin Ă Dick Wagner), rappelant quâil a enregistrĂ© quelques disques majeurs de lâhistoire du rock â lâon songe Ă Love It To Death (1971), Billion Dollar Babies (1973) ou From The Inside (1978).
Lire cette chronique sur le blog de Phaco