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Parution : 16/11/2017
ISBN : 9782360544554
256 pages (14,8 X 21 cm)

Alan Stivell

Un livre au cƓur d’une aventure musicale unique
 Une tranche de vie fondamentale.
Philippe KrĂŒmm, Trad magazine

Alan Stivell est Ă  l’origine d’une formidable modernisation de la musique bretonne (et celtique) qu’il a su ouvrir sur le folk, le rock, l’électro, et les musiques trad du monde entier. Chanteur, compositeur, multi-instrumentiste exigeant, concepteur de harpes, dĂ©fenseur infatigable de la poĂ©sie, de la culture et de la langue bretonnes, il a su Ă  la fois s’enraciner et s’ouvrir sur l’universel. Son succĂšs, qui a initiĂ© dans les annĂ©es soixante-dix une vĂ©ritable « vague », est devenu planĂ©taire et a suscitĂ© de nombreuses vocations de nouveaux musiciens et mĂȘme de luthiers. Avant et avec d’autres, il a contribuĂ© Ă  valoriser la Bretagne et a donnĂ© envie Ă  beaucoup de (re)dĂ©couvrir son histoire et sa culture. De nombreuses anecdotes Ă©maillent ce travail qui a bĂ©nĂ©ficiĂ© de prĂ©cieuses informations communiquĂ©es par Alan Stivell et par les tĂ©moins de son parcours, privĂ© comme professionnel, tout au long de sa rĂ©daction.

• Lire un extrait

Revue de presse

- Entretien - Quand Laurent Bourdelas rencontre Alan Stivell Ouest-France 19 août 2018
- Alan Stivell Bretons Hors-Série printemps 2018
- Alan Stivell par Laurent Bourdelas Jean-Guilaume Lanuque Big Bang Février 2018
- Alan Stivell par Laurent Bourdelas Maiwenn Raynaudon-Kerzerho BRETONS Février 2018
- Tout Alan Stivell Le Populaire du Centre 26 décembre 2017
- Interview Laurent Bourdelas AnnaĂŻck Demars France 3 Limousin 2 janvier 2018
- Interview de Laurent Bourdelas Véronique Henry France Bleu Limousin // Les Spécialistes 19 décembre 2017
- Interview de Laurent Bourdelas - Ils sont fous ces bretons Axel Perret France Bleu Breizh 8 décembre 2017
- Alan Stivell, la biographie de Laurent Bourdelas Hervé Devallan Bretagne Actuelle 27 novembre 2017
- Fan d’Alan Stivell, il devient son biographe LĂ©a Duperrin Ouest-France 25 aoĂ»t 2017

- Entretien - Quand Laurent Bourdelas rencontre Alan Stivell

L’écrivain et poĂšte Laurent Bourdelas est l’invitĂ© d’honneur de la FĂȘte de l’huĂźtre, dimanche. Il dĂ©dicacera le livre qu’il a consacrĂ© Ă  Alan Stivell dont il est fan depuis 1974.

Qu’est ce qui pousse un Limousin Ă  Ă©crire une biographie d’Alan Stivell ?
Je suis de Limoges et je vis Ă  Limoges, oĂč je suis professeur d’histoire-gĂ©ographie. Je suis docteur en histoire mĂ©diĂ©vale et j’écris des livres d’histoire et aussi de la poĂ©sie
 Depuis tout petit, j’ai passĂ© mes vacances Ă  Port-Louis, et j’y ai trouvĂ© l’inspiration. Mais mon intĂ©rĂȘt pour la culture bretonne date de ma rencontre avec Alan Stivell et sa musique. Ce fut une vraie rĂ©vĂ©lation. En 1974, j’étais Ă  Lorient pour le Festival interceltique oĂč il s’est produit. J’avais seulement 14 ans. Mais Ă  partir de lĂ , j’ai commencĂ© Ă  me passionner pour tout ce qui Ă©tait breton : musique, culture, mouvements politiques, Plogoff, etc..

Comment s’est faite la rencontre avec le musicien breton ?
En 2012, j’ai vraiment eu envie d’écrire sa biographie. J’ai pris contact avec lui. Il s’est d’abord montrĂ© froid et rĂ©ticent, pas intĂ©ressĂ© : « On a racontĂ© tellement de bĂȘtises Ă  mon sujet. » J’ai malgrĂ© tout commencĂ© Ă  travailler, cherchĂ© des documents, trouvĂ© des informations sur sa famille maternelle d’origine ukrainienne
 Finalement, Alan Stivell m’a pris au sĂ©rieux et j’ai eu le feu vert pour toutes les informations : par lui, ses frĂšres, sa famille, son entourage professionnel. C’est la seule vĂ©ritable biographie complĂšte et il l’a approuvĂ©e. Le livre est finalement sorti en novembre 2017 aux Ă©ditions Le mot et le reste.

Quels sont vos liens avec Alan Stivell ?
Nous avons nouĂ© des liens d’amitiĂ©. En 2015, il m’a fait l’honneur de mettre en musique et interprĂ©ter un de mes poĂšmes tirĂ© du recueil Amer et profond sillon ; la chanson est intitulĂ©e “Purple Moon” ; elle est en français. Nous nous rencontrons aujourd’hui par exemple Ă  l’occasion du Festival interceltique, auquel je suis fidĂšle annĂ©e aprĂšs annĂ©e. Je sĂ©journe Ă  Sainte-HĂ©lĂšne pendant l’étĂ© depuis plusieurs annĂ©es.
Dimanche 19 aoĂ»t, je serai prĂ©sent Ă  la FĂȘte de l’huĂźtre que je connais bien et qui fait vivre la culture bretonne. Je serai heureux de prĂ©senter et dĂ©dicacer la biographie d’Alan Stivell qui a initiĂ© le renouveau celtique.

Retrouvez l’entretien sur le site de Ouest-France

Ouest-France 19 août 2018

- Alan Stivell

Écrite par un professeur d’histoire limougeaud, fan d’Alan Stivell, cette biographie retrace l’itinĂ©raire de ce Breton de Paris, tombĂ© amoureux de la harpe fabriquĂ©e par son pĂšre, qui va rĂ©volutionner la musique bretonne, entraĂźnant avec lui le revival de tout un pays.

Bretons Hors-Série printemps 2018

- Alan Stivell par Laurent Bourdelas

Laurent Bourdelas, qui avait dĂ©jĂ , en 2012, livrĂ© une premiĂšre biographie d’Alan Stivell aux Ă©ditions _Le TĂ©lĂ©gramme (curieusement jamais Ă©voquĂ©e, mĂȘme en bibliographie), l’a retravaillĂ©e afin de proposer un aperçu trĂšs descriptif, mais factuellement trĂšs complet, de la carriĂšre de ce Breton internationaliste. Il faut dire que le biographe a Ă©troitement collaborĂ© avec l’artiste, en totale opposition Ă  la dĂ©marche d’un Philippe Gonin pour Magma. A dĂ©faut d’une vraie rĂ©trospective que Big Bang publiera peut-ĂȘtre un jour (trois chroniques furent toutefois proposĂ©es entre 1995 et 2002, dans nos n°12, 26 et 49), voilĂ  une excellente porte d’entrĂ©e afin de dĂ©couvrir la discographie d’un artiste pleinement inscrit dans l’esprit des musiques progressives.
AprĂšs un rappel sur les efforts de renaissance culturelle et musicale dĂ©ployĂ©s tout au long du XXe siĂšcle, le rĂ©cit se centre sur les Cochevelou, le vĂ©ritable patronyme d’Alan Stivell (par sa mĂšre, ses origines plongent vers l’empire russe). C’est son pĂšre, en effet, qui fabriqua la harpe celtique que son fils, nĂ© en 1944, allait rendre si cĂ©lĂšbre. Sa carriĂšre dĂ©bute dĂšs la fin des annĂ©es 1950, entre spectacles et enregistrements studio dans un registre de musique traditionnelle. TrĂšs vite se distingue son goĂ»t du mĂ©tissage, lui qui Ă©coute Ă©galement du jazz et du rock (les premiers King Crimson semblent l’avoir particuliĂšrement marquĂ©), et son projet visant Ă  moderniser l’utilisation de la harpe. Il est en particulier trĂšs influencĂ© par la dĂ©marche du folk amĂ©ricain, et manifeste Ă©galement un engagement politique appuyĂ© (en faveur de l’autonomie bretonne, mais Ă©galement du socialisme et du tiers-monde). Son pseudonyme de Stivell – source jaillissante – apparaĂźt en 1966, et Ă  partir de son album Reflets (1970), la harpe se mĂȘle Ă  la guitare et Ă  l’orgue Ă©lectriques.
Avec le concert de l’Olympia en 1972, c’est le dĂ©but d’un large succĂšs populaire, et d’une vague portant le renouveau de l’identitĂ© bretonne. Dans le groupe qui l’accompagne sur scĂšne, on trouve d’ailleurs Gabriel Yacoub, futur fondateur de Malicorne, et Dan Ar Braz, lui aussi promis Ă  une belle carriĂšre. Les expĂ©riences suivantes d’Alan Stivell confirmeront cette transversalitĂ©, que ce soit l’incorporation du mellotron dans sa musique (l’album Chemins De Terre, 1973), l’allongement de certains titres (un quart d’heure pour un poĂšme mis en musique sur Trema ‘n lnis, 1976) ou le Live Ă  Dublin (1975, vĂ©ritable modĂšle de fusion entre tradition et Ă©lectricitĂ©). Il est Ă  noter Ă©galement que certains des musiciens avec lesquels il collabora sont issus, Ă  des degrĂ©s divers, du courant zeuhl : le guitariste Marc Perru, ancien des Cruciferius, groupe prĂ© Magma de Christian Vander, Klaus Basquiz, Jannick Top et Claude Engel sur le disque Terre Des Vivants (1981). Mais dans son entourage, on trouve Ă©galement, durant les annĂ©es 1970 des musiciens de Soft Machine ou de Gryphon. Enfin, il convient de signaler sa proximitĂ© avec Kate Bush, qui en plus d’apprĂ©cier sa musique, l’invita sur son album de 1989 The Sensual World.
L’apogĂ©e de ses recherches progressives, c’est la Symphonie Celtique de 1980, prĂ©curseur parmi d’autres de la world music, et qui contient certains des plus beaux thĂšmes instrumentaux de l’artiste. Autre sommet, une dizaine d’annĂ©es plus tard, The Mist Of Avalon, adaptation plus prog-pop des romans arthuriens de Marion Zimmer Bradley, Les Brumes d’Avalon (oĂč Kate Bush aurait dĂ» chanter sur un titre). Jamais l’artiste n’abandonnera cette volontĂ© de recherche et de renouvellement, s’ouvrant tantĂŽt Ă  l’Afrique (I Douar en 1998), tantĂŽt Ă  l’électro (Explore en 2006) ou au Japon (AMzer en 2014, qui se permet Ă©galement des expĂ©rimentations audacieuses sur les sons).
Ainsi qu’il le dĂ©clare rĂ©cemment, «Comme depuis le dĂ©but, je montre avec cet album comment on peut Ă  la fois rester fidĂšle Ă  ses racines et aller trĂšs loin au-delĂ  ; le but n’est pas de demeurer proche du modĂšle traditionnel, mais d’aller le plus loin possible ; le but du crĂ©ateur, c’est de crĂ©er.» (p. 224). Seul regret pour ce livre prĂ©cieux car couvrant toute la carriĂšre et la discographie d’Alan Stivell, l’oubli, dans l’ensemble des groupes rĂ©cents pratiquant le mĂȘme genre d’ouverture celtique, de Seven Reizh ou de Brieg Guerveno


Jean-Guilaume Lanuque
Big Bang Février 2018

- Alan Stivell par Laurent Bourdelas

Entretien avec l’auteur Laurent Bourdelas
« Alan Stivell est Ă  l’origine du revival des cultures minoritaires en France »
PROFESSEUR D’HISTOIRE, LAURENTBOURDELASVIENT DE SIGNERUNEBIOGRAPHIE D’ALANSTIVELL. HABITANTPOURTANTLOIN DE LA BRETAGNE, À LIMOGES, IL S’ESTPASSIONNÉPOUR LE MUSICIEN ET CHANTEURQUI A JOUÉ UN RÔLEDÉTERMINANT, DANSLESANNÉES 1970, DANS LA RÉAPPROPRIATION DE LA FIERTÉBRETONNE


BRETONS : Pourquoi un Limougeaud comme vous s’est passionnĂ© pour Alan Stivell ?
LAURENT BOURDELAS : Mes parents aimaient aller en vacances en Bretagne. En 1972, je me souviens trĂšs bien du moment, on se promĂšne Ă  Saint-Goustan et j’entends Tri martolod Ă  la radio. Je trouve ça – et mes parents aussi – super ! À NoĂ«l, mes parents m’offrent le vinyle du concert Ă  l’Olympia. J’ai 10 ans. J’ai un coup de foudre pour cette musique. À partir de ce moment-lĂ , je deviens un fan de Stivell. Je vais avoir tous ses disques. En 1976, je vois pour la premiĂšre fois Alan Stivell sur scĂšne, au Festival Interceltique. J’ai trouvĂ© ça gĂ©nial. Je me suis d’abord intĂ©ressĂ© Ă  la musique, Ă  la culture, Ă  la poĂ©sie et Ă  la littĂ©rature bretonnes – Per-Jakez HĂ©lias, Xavier Grall
 – et c’est ce qui m’a conduit par ailleurs Ă  m’intĂ©resser Ă  la culture occitane et limousine ensuite. C’est paradoxal, mais c’est comme ça que ça s’est passĂ©.
Comment est né ce livre ?
En 2010, j’ai constatĂ© qu’il n’y avait pas grand-chose de sĂ©rieux Ă©crit sur Alan Stivell. Moi, j’ai une formation d’historien et je voulais envisager les choses comme ça. J’ai pris contact avec lui, en lui disant que je voulais Ă©crire une biographie Ă  son sujet. Il m’a rĂ©pondu de façon trĂšs froide : Je vous prĂ©viens, on a Ă©crit beaucoup de choses pas trĂšs justes sur moi, je n’ai pas beaucoup de temps, je suis toujours en train de travailler, je vais avoir des difficultĂ©s Ă  vous aider. J’ai dĂ©cidĂ© de commencer Ă  travailler quand mĂȘme. J’ai retrouvĂ© aux archives nationales, Ă  Paris, tout le dossier de naturalisation de son grand-pĂšre maternel. Sa mĂšre vient de ce qui Ă©tait l’Empire russe Ă  l’époque, d’Ukraine. Je lui ai envoyĂ©. Il ne l’avait jamais vu. À partir de ce moment-lĂ , il m’a fait confiance, il m’a beaucoup aidĂ©, il m’a ouvert la porte. J’ai beaucoup travaillĂ© du cĂŽtĂ© des archives de presse, des maisons de disque. Lui m’a donnĂ© Ă©normĂ©ment d’informations, il s’est rendu trĂšs disponible. On s’est rencontrĂ©s Ă  plusieurs reprises et on est devenus amis. Pour le petit garçon fan depuis ses 10 ans
 C’était fabuleux !
Alan Stivell grandit dans le milieu breton de Paris

Exactement. Il s’est passĂ© un peu la mĂȘme chose avec le mouvement occitan : les gens qui sont expatriĂ©s Ă  Paris sont animĂ©s d’une espĂšce de nostalgie du pays d’origine. Il y a des associations actives, on rĂ©invente la culture et la musique bretonnes Ă  Paris. C’est ce que va faire le pĂšre de Stivell, qui est nostalgique de la Bretagne, et qui, aprĂšs beaucoup de recherches, le soir Ă  la maison, va rĂ©inventer ce qu’il pense ĂȘtre la harpe celtique des origines. Alan voit ça et il est complĂštement Ă©merveillĂ©. On l’avait obligĂ© Ă  faire du piano, mais il dĂ©testait ça. Son pĂšre destinait plutĂŽt son instrument Ă  son Ă©pouse, mais c’est Stivell qui va s’en emparer. Parfois, il travaille jusqu’à deux ou trois heures par jour, jusqu’à s’en faire saigner les doigts. C’est un coup de foudre total.
Sa mĂšre est d’une famille juive franco-russe. Il n’en parle pourtant pas. C’est l’identitĂ© bretonne qui a pris toute la place ?
Il y a plusieurs choses. D’abord sa mĂšre elle-mĂȘme n’en parlait pas. Elle s’est complĂštement rattachĂ©e Ă  la Bretagne par son mari. Elle l’a encouragĂ© dans toutes ses entreprises. Pour Alan, c’est la partie bretonne qui l’a emportĂ©. Et jusqu’à ce que je lui donne le dossier de naturalisation trĂšs prĂ©cis, il y a beaucoup de choses qu’il ne savait pas sur ses origines et sur l’itinĂ©raire de sa famille. Ce cĂŽtĂ© un peu flou dans les origines maternelles, il le rĂ©interprĂšte en disant que ça le relie Ă  la world music, au reste du monde.
Il naüt en Auvergne, en 1944, mais ce sont les hasards de la guerre

Ses parents et ses deux frùres, Jean et Yves, ont fui durant l’exode. Il naüt sur la route de l’exode.
Son pùre est trùs Breton, il lit les publications de Taldir Jaffrennou, la Bretagne à Paris

Il est complĂštement rattachĂ© Ă  ça. Ils ont de la famille Ă  La TrinitĂ© et Ă  Gourin, son pĂšre a des contacts avec le mouvement druidique, et c’est peut-ĂȘtre ce qui lui donne l’envie de recrĂ©er cette harpe.
La harpe celtique avait donc disparu, mĂȘme en Irlande ?
Elle s’est maintenue un peu en Irlande mais elle a disparu au moment du baroque au profit de la harpe classique. Il restait des documents, des tĂ©moignages Ă©crits, des sculptures. Il a essayĂ© de se rĂ©approprier tout ça pour recrĂ©er une harpe celtique. Quant Ă  la façon de jouer, il a demandĂ© Ă  une professeure de harpe classique, Denise MĂ©gevand, de donner des cours Ă  Alan, enjouant des airs du rĂ©pertoire breton. Le pĂšre d’Alan est de tradition catholique, il a fait ses Ă©tudes Ă  Vannes et Ă©tait proche du catholicisme breton.
Dans le milieu breton de Paris, beaucoup d’associations sont aussi proches du catholicisme. C’est le cas des scouts Bleimor, auxquels Stivell va appartenir?
C’est le deuxiĂšme moment dĂ©terminant pour lui. Dans ce mouvement scout, en rĂ©action Ă  cette Ă©poque oĂč on interdisait de parler breton, on demandait Ă  l’inverse aux jeunes de parler la langue. On se rĂ©approprie la culture, il y a une revue Ă  laquelle Stivell participe, on y pratique la musique, la danse. MĂȘme Ă  Paris, cela va donner Ă  Stivell l’envie d’apprendre la langue. Dans le mĂ©tro, quand il rentre chez lui, il suit des cours, il note des mots de vocabulaire. Il va apprendre le breton comme ça. C’est le mouvement Bleimor qui va lui donner cette armature culturelle.
Vous Ă©crivez que c’est presque une identitĂ© surjouĂ©e. Il s’y jette Ă  fond et il l’explique par le fait qu’il a Ă©tĂ© dĂ©raciné 
Oui. Il est dĂ©racinĂ© de plusieurs façons. GĂ©ographiquement, par rapport Ă  la Bretagne, donc par rapport Ă  la langue. Il ne se sent pas bien du tout dans l’histoire officielle française, il a des joutes rĂ©guliĂšres au lycĂ©e avec son prof d’histoire. Et il dit qu’il est aussi dĂ©racinĂ© sur le plan gĂ©nĂ©rationnel, parce que ses parents sont ĂągĂ©s par rapport Ă  lui. C’est une sorte de refuge, mais un refuge qu’il veut moderniser. Pour moi, ce parcours, cet attachement sont quasiment romantiques. Il Ă©crit des poĂšmes, il idĂ©alise la Bretagne. Ce qui l’énerve, quand il va en vacances en Bretagne, c’est d’entendre la variĂ©tĂ© française de l’époque, or il aimerait que les Bretons se rĂ©approprient leur propre musique.
Car à l’inverse, parmi les jeunes, il entend le folksong et y trouve des accents celtiques

Le folk amĂ©ricain reprend du traditionnel mais le modernise. Ce sera son modĂšle. Il entend l’électrification des guitares, parce que c’est aussi le dĂ©ferlement du rock. Ce sont les deux biais par lesquels il va moderniser la musique bretonne. L’autre moment important, c’est quand il va rejoindre les Hootenannies au Centre amĂ©ricain de Paris, Ă  Montparnasse. Ce sont des soirĂ©es oĂč des gens viennent jouer du folk. Eux jouent de la guitare, lui vient avec sa harpe. Il chante en breton quand eux chantent en anglais. Stivell est extrĂȘmement timide, toujours aujourd’hui. Il ne sait pas s’il se lance, mais il est poussĂ© Ă  le faire et il va tout de suite rencontrer une Ă©coute attentive, les gens vont aimer ça et c’est ce qui va l’encourager Ă  continuer.
Ça lui permet de raccrocher sa musique à un mouvement de mode mondial

C’est ça qui est gĂ©nial. Il a l’intuition qu’il faut rendre vivante cette musique en faisant comme les AmĂ©ricains. La musique traditionnelle amĂ©ricaine vient en partie d’Irlande, il fait le parallĂšle. Au dĂ©but, il trouve qu’il n’est pas Ă  la hauteur, alors il dit que ce serait bien qu’une jeune chanteuse bretonne fasse cela. Finalement, c’est lui qui y va. Et ça va ĂȘtre le succĂšs.
À cette pĂ©riode-lĂ , il choisit son pseudo

Il choisit un pseudo d’abord parce qu’il veut sĂ©parer sa carriĂšre qui commence et sa vie familiale. Pour lui, Stivell (qui signifie source en breton, ndlr), c’est l’idĂ©e de la source, de la rĂ©gĂ©nĂ©ration.
La date clĂ© est celle du concert de l’Olympia, le 28 fĂ©vrier 1972 ?
Juste avant, il avait Ă©tĂ© invitĂ© au Pop Club de JosĂ© Artur avec les Moody Blues, qui l’avaient trouvĂ© gĂ©nial et qui l’avaient emmenĂ© avec eux en tournĂ©e en Angleterre en premiĂšre partie. Mais 1972, c’est ce premier Olympia mythique. Le concert est retransmis en direct Ă  la radio. Lui fait un pari : Est-ce que ça va marcher auprĂšs des Bretons ? Car il s’adresse aux jeunes Bretons, avec l’idĂ©e qu’il faut se rĂ©approprier cette culture et cette fiertĂ©. Et en fait, ça va complĂštement dĂ©passer les frontiĂšres bretonnes. Il va devenir un chanteur reconnu, Ă  succĂšs, en France. C’est le tournant. C’est Ă©norme.
Et ce concert a un retentissement national ?
Oui. Et il amorce en mĂȘme temps le mouvement de revival des cultures minoritaires en France. Il va illustrer ça. C’est aussi un combat pour les langues, un combat politique, Ă©cologique. C’est un mouvement important.
Et qui dépasse le champ artistique, qui est politique ?
Oui. Par rapport au mouvement breton, cela va faire ressurgir un mouvement modernisĂ©, dĂ©gagĂ© de certaines compromissions pendant la guerre. Il va, avec d’autres, rĂ©orienter ce militantisme vers la gauche, vers l’universalisme, l’écologie, le socialisme, au sens de mouvement, pas de parti. Il va accompagner l’UDB, l’Union dĂ©mocratique bretonne, qui va organiser des concerts de Stivell Ă  travers la Bretagne. Oui, c’est aussi un mouvement politique.

« Il a l’intuition qu’il faut rendre vivante cette musique en faisant comme les AmĂ©ricains. La musique traditionnelle amĂ©ricaine vient en partie d’Irlande, il fait le parallĂšle. »

Dans votre livre, Ă  plusieurs reprises, il explique avoir fait cela pour la Bretagne, pour faire avancer l’idĂ©e bretonne
 Plus que pour la musique en elle-mĂȘme ?
Oui. Je crois qu’au dĂ©but, c’est d’abord ça. La langue bretonne aussi, il a toujours militĂ© pour elle. La rĂ©unification de la Bretagne, Ă©videmment, aussi. C’est un projet politique au sens large, se rĂ©approprier la fiertĂ© d’ĂȘtre Breton. C’est un chanteur engagĂ©. Il a une chanson, DĂ©livrance, qui est trĂšs emblĂ©matique de ça, oĂč il fait aussi du peuple breton le frĂšre des peuples opprimĂ©s Ă  travers le monde, y compris les Palestiniens.
Alan Stivell continue à publier des albums, mais quel est son principal héritage ?
Je pense qu’il y en a plusieurs. Sur le plan musical et mĂȘme culturel, c’est quelqu’un de trĂšs important traditionnelle. Il a toujours reliĂ© la musique traditionnelle Ă  toutes les innovations musicales, y compris aujourd’hui l’électro. Il y a Ă©galement la dĂ©fense de la langue bretonne. Et la harpe. En entendant Stivell, des artistes ont eu la vocation : CĂ©cile Corbel, Loreena McKennitt et d’autres se sont mises Ă  jouer de la harpe parce qu’elles ont entendu Stivell.
Beaucoup de luthiers sont devenus facteurs de harpe, y compris aux États-Unis, parce qu’ils ont entendu Renaissance de la harpe celtique. À Limoges, il y a un concours national de harpe qui est organisĂ©. Et, tous les ans, des partitions de Stivell sont au concours. Le pari de son pĂšre de recrĂ©er cette harpe et de la faire vivre, son fils l’a gagnĂ©.
Est-ce qu’on ne lui doit pas tout simplement le concept de musique celtique ?
Bien sĂ»r. C’est lui qui a le plus popularisĂ© le concept de cette musique celtique. Il l’a fait en liaison avec le Festival Interceltique. Les deux se sont Ă©paulĂ©s. Stivell doit au festival et le festival doit Ă  Stivell. Cette identitĂ© de musique et de culture celtiques doit beaucoup Ă  Stivell.

Maiwenn Raynaudon-Kerzerho
BRETONS Février 2018

- Tout Alan Stivell

Auteur prolifique et historien avisĂ©, le Limougeaud Laurent Bourdelas a une autre corde Ă  son arc moins connue. Il est l’un des spĂ©cialistes, sinon le spĂ©cialiste, d’Alan Stivell. Il consacre ici un livre au musicien breton, fer de lance de la musique celte et grand dĂ©fenseur de la culture et de la langue bretonnes. Un livre sur et avec Alan Stivell qui a repris un poĂšme de Bourdelas sur son album Amzer. Aux Ă©ditions Le mot et le reste.

Le Populaire du Centre 26 décembre 2017

- Interview Laurent Bourdelas

Laurent Bourdelas est invitĂ© sur le plateau du 12/13h sur France 3 Limousin pour parler de la réédition de sa biographie d’Alan Stivell.

À partir de 7’20 sur le site de France 3

AnnaĂŻck Demars
France 3 Limousin 2 janvier 2018

- Interview de Laurent Bourdelas

Laurent Bourdelas est interviewé par Véronique Henry pour Les Spécialistes afin de présenter la nouvelle édition de son Alan Stivell.

Une émission à réécouter sur *le site de France Bleu Limousin*

Véronique Henry
France Bleu Limousin // Les Spécialistes 19 décembre 2017

- Interview de Laurent Bourdelas - Ils sont fous ces bretons

Axel Perret interview Laurent Bourdelas à l’occasion de la sortie de sa biographie sur Alan Stivell.

Réécouter l’interview sur le site de France Bleu

Axel Perret
France Bleu Breizh 8 décembre 2017

- Alan Stivell, la biographie de Laurent Bourdelas

Laurent Bourdelas connait son Alan Stivell sur le bout des doigts. Sur la base de ses interviews, ses Ă©changes Ă©pistolaires, son blog et l’ensemble des Ă©crits dĂ©jĂ  parus sur l’artiste, l’auteur nous fait revivre la folle aventure du barde breton.
Folle aventure en effet, tant la culture bretonne Ă©tait tombĂ©e bien bas dans le cƓur de nos meilleurs ennemis aprĂšs la seconde guerre mondiale. Alain Cochevelou a redonnĂ© sa fiertĂ© Ă  tout un peuple, crĂ©ant et inventant sur la base des chants ancestraux, qu’ils soient bretons ou celtiques. Mieux, il a rendu moderne tout un pan de notre culture, la propulsant hors des marches de Bretagne, arrivant mĂȘme Ă  la rendre au goĂ»t du jour chez les rĂ©publicains jacobins parisiens. Il faut dire que le mouvement folk de la fin des annĂ©es 60 avait dĂ©jĂ  propulsĂ© le compositeur sur les scĂšnes amĂ©ricaines, europĂ©ennes et asiatiques. Paris ne pouvait plus l’ignorer Et puis n’oublions pas la rĂ©surgence de la harpe celtique dĂ©veloppĂ©e par son pĂšre, George Cochevelou et qui depuis, fait vivre de nombreux ateliers en Bretagne et ailleurs.

Oui, c’est cette histoire que nous revivons Ă  travers cette biographie oĂč l’auteur a choisi la discographie d’Alan Stivell pour ponctuer les moments importants de sa vie. Et de disques en concerts, on croise ainsi la route de ceux qui l’on bien connu et le raconte. Des musiciens aux producteurs, de ses amis scouts aux joueurs du Bagad de son enfance, les tĂ©moins multiplient les interventions. On dĂ©couvre alors un professionnel exigent, un militant (de la cause bretonne bien sĂ»r) engagĂ© et un artiste qui a initiĂ© la premiĂšre vague culturelle bretonne dans les annĂ©es 60 et domine toujours la troisiĂšme vague, celle des annĂ©es 2010 avec Nolwenn Leroy. Sans jamais se renier – et sĂ»rement grĂące Ă  cela -, il reste le phare qui guide tous les bretons de Nantes Ă  Brest. A commencer par Laurent Bourdelas qui conclu son ouvrage en Ă©tant trĂšs fier d’avouer qu’un de ses poĂšmes a mĂȘme Ă©tĂ© choisi par Alan Stivell sur une de ses derniĂšres chansons.

Lire la chronique sur le site de Bretagne Actuelle

Hervé Devallan
Bretagne Actuelle 27 novembre 2017

- Fan d’Alan Stivell, il devient son biographe

Laurent Bourdelas est tombĂ© trĂšs jeune dans le chaudron de la culture bretonne. Originaire du Limousin, il ne manque jamais de faire escale Ă  Lorient. Il est l’auteur d’une nouvelle biographie du chanteur Alan Stivell, Ă  paraĂźtre en novembre.

Laurent Bourdelas a aimĂ© la culture bretonne avant mĂȘme de connaĂźtre la sienne. « Je reviens presque chaque annĂ©e, je ne manque jamais le Festival interceltique de Lorient. » L’écrivain n’a pas 12 ans quand il dĂ©couvre la musique d’Alan Stivell.

« Briser la glace »

L’idĂ©e lui vient d’écrire une biographie sur la vie du chanteur, mais cela prend du temps. « Il a fallu briser la glace. Beaucoup de faussetĂ©s ont Ă©tĂ© Ă©crites sur Alan Stivell. »

Une nouvelle version de la biographie lui a Ă©tĂ© commandĂ©e par la maison d’édition Le mot et le reste, Ă  paraĂźtre en novembre prochain. Dans cet ouvrage tout rĂ©novĂ©, l’écrivain promet davantage de photos inĂ©dites et surtout, de prĂ©cieux tĂ©moignages. « Chacun raconte le Stivell qu’il connaĂźt. »

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Léa Duperrin
Ouest-France 25 août 2017