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Parution : 25/04/2025
ISBN : 9782384314744
384 pages (14,8 x 21 cm)

Alain Pacadis _ Nouvelle édition

Itinéraire d'un dandy punk

Une sorte d’histoire de France Ă©crite par les enfants de Marx, du nuclĂ©aire et du poulet en plastique et traversĂ©e de flashs sublimes, d’épisodes pathĂ©tiques, de beautĂ© sale et de musique Ă©lectrique. Tout ce qui est encore et toujours l’ADN de la jeunesse qui brĂ»le.
Philippe Azoury – Obsession

Fort de 150 interviews de personnalitĂ©s et d’extraits des articles de Pacadis, cet ouvrage nous fait revivre le Paris des annĂ©es soixante-dix et quatre-vingt.

Physique difficile, Ray Ban vissĂ©es, mĂšche de cheveux gras et chemises sales, Alain “Destroy” Pacadis est une figure clef de la presse culturelle des annĂ©es 1970 et 1980. En Mai 1968, Paca, Ă©tudiant, s’engage dans la politique, prend la route jusqu’en Afghanistan, milite au Front homosexuel d’action rĂ©volutionnaire. Il commence Ă  naviguer dans le milieu de la presse parallĂšle, croise la bande d’Actuel et participe aux annĂ©es de gloire de LibĂ©ration. Il signe son premier article en 1973 : Alain Pacadis, «reporter de l’underground» est nĂ©, celui qui avant tout le monde et mieux que quiconque a su ici, en France, capter l’énergie du punk, chroniquer les nuits hĂ©roĂŻques du Palace ou des Bains Douches. DĂšs lors, jusqu’à sa mort tragique en 1986, Paca transporte ses lecteurs de concerts branchĂ©s en soirĂ©es disco dĂ©cadentes et Ă©vĂ©nements mondains. Le parcours dĂ©glinguĂ© de ce dandy contrariĂ©, «expĂ©rimentateur dĂ©tachĂ© des nĂ©vroses modernes », sert de fil conducteur pour traverser ces annĂ©es qui marqueront profondĂ©ment la sociĂ©tĂ© française. Fort de 150 interviews de personnalitĂ©s et d’extraits des articles de Pacadis dans LibĂ©ration, Playboy ou Façade, cet ouvrage nous fait aussi revivre la naissance du cinĂ©ma X, l’arrivĂ©e de «Mac Do» en France, les prĂ©mices du sida, les premiĂšres radios libres, l’exubĂ©rance de la mode et les folies du nightclubbing
 Serge Gainsbourg, Iggy Pop, Philippe Garrel, William Burroughs, Andy Warhol sont quelques-unes des innombrables personnalitĂ©s qu’on croise dans le livre.

Revue de presse

- Alain Pacadis JP Silence juin 2019
- Interview Bernier & Buot - Alain Pacadis, talentueux et tragique oiseau de nuit des années Palace Tewfik Hakem France Culture // Le Réveil culturel 16 janvier 2019
- Alain Pacadis clochard céleste Marie Guirlet Le Bonbon nuit n°33 Juillet/août 2013
- Ressusciter l'esprit des seventies Raphaëlle Leyris Le Monde 05 juillet 2013
- Alain Pacadis Hervé Crespi Start Up Juillet/août 2013
- Stilnox Tsugi Juin 2013
- Snacks Tsugi Juin 2013
- 3 raisons de tripper avec Alain Pacadis Sonia Desprez Grazia 14 juin 2013
- Nova Book Box Richard Gaitet novaplanet.com 05 juin 2013
- À la mĂ©moire d'un punk Philippe Azoury Obsession mai 2013
- Pop, etc. Valli France Inter 31 mai 2013
- Alain Pacadis, comĂšte 70's de la contre-culture Maxence Grugier Fluctuat 28 mai 2013
- Alain Pacadis, le journalisme extrĂȘme Tsugi.fr 29 mai 2013
- Le top ten du ELLE elle.fr 22 mai 2013
- Message d'outre-tombe Julien Bécourt Chronic'art Juin/juillet 2013
- Alain Pacadis, l'ùme des années 70 Jean Rouzaud novaplanet 13 mai 2013
- Rock Collection Jacques Braunstein GQ Magazine 29 avril 2013

- Alain Pacadis

Alain Pacadis est ce que l’on pourrait appeler un ovni dans le monde journalistique. Il a baignĂ© dans la drogue, le rock’n’roll, le punk et le disco alors qu’il Ă©crivait des articles/chroniques pour le journal_ LibĂ©ration_ de la fin des annĂ©es 70 jusqu’à son dĂ©cĂšs en 1986. Le livre qui retrace son parcours va plus loin qu’une simple biographie, il retrace quasiment deux dĂ©cennies d’évolution de la sociĂ©tĂ© française, de Mai 68 jusqu’au milieu des annĂ©es 1980. C’est l’occasion de croiser la route de journaux alternatifs tels que Tout !, Actuel et Le Parapluie, de survoler l’épopĂ©e des radios libres ou encore de retrouver les prĂ©curseurs du punk français. Il n’est pas question de politique ni d’écologie dans cet ouvrage passionnant qui tĂ©moigne Ă  sa maniĂšre de rĂ©voltes et d’alternatives portĂ©es par une diversitĂ© de mouvements et de personnalitĂ©s. À sa lecture nous faisons plutĂŽt un pas de cĂŽtĂ© pour observer et comprendre une gĂ©nĂ©ration d’hommes et de femmes qui portaient en eux une certaine forme de rĂ©volution, qui passerait par la culture.

Le site de la revue Silence

JP
Silence juin 2019

- Interview Bernier & Buot - Alain Pacadis, talentueux et tragique oiseau de nuit des années Palace

Dans “Une jeunesse dorĂ©e”, son dernier film sorti en salles aujourd’hui, la rĂ©alisatrice Eva Ionesco fait la chronique des nuits parisiennes des annĂ©es Palace – les annĂ©es 70, 80 – et ressuscite Alain Pacadis (1949-1986), le chroniqueur punk du journal LibĂ©ration.

Mercredi-ciné

Tewfik Hakem s’entretient avec le journaliste Alexis Bernier et l’écrivain François Buot, auteurs de Alain Pacadis, itinĂ©raire d’un dandy punk, aux Ă©ditions Le mot et le reste (re-Ă©dition 2018). Avec les tĂ©moignages de la rĂ©alisatrice Eva Ionesco et du journaliste Ă©crivain Bayon qui ont tous deux connu Alain Pacadis.

Réécouter le podcast sur le site de France Culture

Tewfik Hakem
France Culture // Le Réveil culturel 16 janvier 2019

- Alain Pacadis clochard céleste

Alexis Bernier et François Buot rendent hommage Ă  l’une des figures de l’underground français des annĂ©es 70/80. Alain Pacadis, ItinĂ©raire d’un dandy punk raconte les aventures de ce journaliste SDF flamboyant qui a connu le punk et le Palace et incarnĂ© une certaine idĂ©e de la contre-culture.

Extrait

Marie Guirlet
Le Bonbon nuit n°33 Juillet/août 2013

- Ressusciter l'esprit des seventies

En 1968, il avait Ă©tĂ© sur les barricades ; du temps des hippies, il avait voyagĂ© jusqu’en Afghanistan. Et puis, surtout, “reporter de l’underground”, comme il se dĂ©signait, Alain Pacadis avait vĂ©cu et racontĂ© la naissance du punk, traĂźnĂ© sa silhouette de freluquet et ses costumes Ă  la propretĂ© douteuse de salle de concerts en boĂźte de nuit, pour chroniquer les soirĂ©es parisiennes et son Ă©poque. Le 12 dĂ©cembre 1986, celui que tous ses proches imaginaient condamnĂ© Ă  mourir du sida ou d’une overdose a Ă©tĂ© Ă©tranglĂ© par son amant, Ă  37 ans. Le lendemain, LibĂ©ration, le journal pour lequel il Ă©crivait depuis 1975 et oĂč il tenait la rubrique “Nightclubbing”, consacra quatre pages Ă  l’évĂ©nement.

Ce numĂ©ro spĂ©cial, ce qu’il donnait Ă  voir du personnage, ont marquĂ© Alexis Bernier. Il avait 18 ans, avait grandi Ă  Blois, fait “une grande partie de son Ă©ducation culturelle” en lisant LibĂ©ration, dont les articles de Pacadis, avec leur ton neuf et leurs fulgurances, parfois – un Pacadis que le jeune homme avait aperçu dans une soirĂ©e. Pour sa part, François Buot, professeur d’histoire-gĂ©ographie, avait, lui aussi, beaucoup lu Pacadis ; il lui Ă©tait Ă©galement arrivĂ© d’“enjamber” le corps du chroniqueur, endormi ou plongĂ© dans les vapes par la drogue, au milieu de l’escalier du Palace, la boĂźte de nuit emblĂ©matique de l’époque.

Cinq ans aprĂšs la mort du journaliste, Alexis Bernier et François Buot, son aĂźnĂ© de treize ans, qui se connaissent depuis peu, se rendent Ă  un concert d’Iggy Pop – personnage rĂ©current des chroniques de LibĂ©. Ils se mettent Ă  parler de Pacadis, de ce qu’il a incarnĂ©. Le lendemain, François Buot, qui vient de faire paraĂźtre une biographie de l’écrivain RenĂ© Crevel (Crevel, Grasset, 1991) et de signer un nouveau contrat avec son Ă©diteur, appelle Bernier pour lui proposer d’écrire Ă  deux une biographie d’Alain Pacadis – cet ItinĂ©raire d’un dandy punk, qui reparaĂźt aujourd’hui. “DĂšs le dĂ©part, prĂ©cise Alexis Bernier, il Ă©tait clair pour nous qu’il s’agissait de l’utiliser comme fil rouge d’un livre qui raconterait les annĂ©es 1970 autrement qu’on en avait l’habitude ; par un prisme autre que le seul politique.”

Est-ce qu’écrire la biographie du plus fameux oiseau de nuit de son temps plonge directement les auteurs dans un tourbillon de fĂȘtes et de paillettes ? MĂȘme pas. Alexis Bernier se rend chaque jour Ă  la BibliothĂšque nationale, traquant tous les papiers signĂ©s par Alain Pacadis entre 1973 et 1986. Ceux de LibĂ©ration, mais aussi de Façade, L’Echo des savanes, Gai Pied ou encore Playboy (“Ça faisait trĂšs sĂ©rieux d’aller Ă  Versailles, lĂ  oĂč la BibliothĂšque nationale conservait les pĂ©riodiques, et de demander tous les Playboy de l’annĂ©e 1977”). Il photocopie et classe ces papiers, ce qui lui permettra d’établir une anthologie des textes de Pacadis (Nightclubbing. Chroniques et articles 1973-1986, DenoĂ«l, 2005) quand le personnage aura fini par devenir une sorte de mythe, tout comme les “annĂ©es Palace”, qui firent l’objet d’une multitude de documentaires et autres MĂ©moires entre 2000 et 2005.

ARAGON AU PALACE

En 1992, cependant, Pacadis est loin d’ĂȘtre l’objet d’un culte. Au point que Grasset demandera Ă  ce que son nom ne figure pas dans le titre du futur livre. Les lecteurs l’ont Ă  peu prĂšs oubliĂ©, et ceux qui l’ont connu s’étonnent d’ĂȘtre sollicitĂ©s pour des entretiens. Alexis Bernier et François Buot en mĂšnent plus de 150, avec des personnes aussi diffĂ©rentes que François-Marie Banier et Philippe Sollers, les Rita Mitsouko, HervĂ© Vilard, Bernard-Henri LĂ©vy, Jack Lang ou deux amis proches de Pacadis, le “rock critic” Yves Adrien et le producteur Marc Zermati.

Parce que le projet est de raconter l’effervescence culturelle et sociale des annĂ©es 1970-1980 Ă  travers la figure du journaliste (et parce que c’est plus pratique quand on Ă©crit Ă  deux), les auteurs divisent le livre en plus de 300 courts chapitres, dont ils se rĂ©partissent l’écriture. “Ça nous permettait d’aborder rapidement beaucoup de phĂ©nomĂšnes ou de micro-Ă©vĂ©nements qui nous semblaient intĂ©ressants – la prĂ©sence d’Aragon au Palace, par exemple, nous n’allions pas en tirer vingt pages, mais nous voulions l’évoquer”, explique François Buot.

L’Esprit des seventies paraĂźt en 1994. “Sans doute trop tĂŽt”, estime Alexis Bernier. Il affirme en riant que la republication du livre par Le Mot et le reste, arrive, elle, “probablement trop tard” : les gens de 20 ans, aujourd’hui, peuvent-ils seulement imaginer l’importance qu’ont eue, Ă  l’époque, LibĂ©ration ou Actuel ? Se figurer que certains de leurs journalistes Ă©taient des stars ?

“Dans la premiĂšre Ă©dition, poursuit François Buot, il y avait des rĂ©fĂ©rences Ă  des phĂ©nomĂšnes politiques ou culturels qui nous semblaient Ă©videntes. Elles ne le sont plus.” Non content d’augmenter leur ouvrage d’un peu de pĂ©dagogie, les deux auteurs ont aussi ajoutĂ© des tĂ©moignages recueillis entre-temps, Ă©tayĂ© des paragraphes, supprimĂ© des “scories “, Ă©toffĂ© le (formidable) cahier photos. Ils ont, enfin, choisi un titre qui rendait Ă  Pacadis le marginal sa place centrale dans le livre. PrĂšs de vingt-sept ans aprĂšs sa mort, Alain Pacadis. ItinĂ©raire d’un dandy punk, permet Ă  cet “esprit des seventies” de planer encore.

Alain Pacadis. ItinĂ©raire d’un dandy punk, d’Alexis Bernier et François Buot, prĂ©face de GĂ©rard Lefort, Le Mot et le reste, 364p., 23 €.

Lien de l’article

Raphaëlle Leyris
Le Monde 05 juillet 2013

- Alain Pacadis

Au milieu des annĂ©es 90 paraissait un drĂŽle d’ouvrage baptisĂ© L’Esprit des seventies. Ses auteurs le ressortent aujourd’hui en s’intĂ©ressant Ă  une figure culte du Paris des annĂ©es 70-80, Alain Pacadis, personnalitĂ© libertaire, destroy, follement dĂ©complexĂ©e et passionnante.

À l’époque, le livre signĂ© par deux jeunes journalistes, semblait Ă  contre-courant voire prĂ©curseur : avant la tendance au vintage et aux sixties sublimĂ©es, il cĂ©lĂ©brait une aventure de l’underground Ă  la française, passant du gauchisme au punk, des trips hippie au dĂ©lire disco puis l’arrivĂ©e de Mitterrand au pouvoir en 1981 qui sonna le glas de ces annĂ©es folles
 Un journal Ă©tait au cƓur de ces bouleversements, c’était LibĂ©ration — le vrai, le pur, celui de Serge July. De 1975 Ă  1986, le quotidien hĂ©bergea un certain Pacadis Alain, profession pigiste, mais surtout une personnalitĂ© incroyablement libre, foutraque, dopĂ©e Ă  tout, un don innĂ© pour mettre le bordel, le tout portĂ© sur un physique de dessin animĂ©. Pacadis donc, dont le prĂ©sent ouvrage sous-titrĂ© ItinĂ©raire d’un dandy punk est une réédition augmentĂ©e de L’Esprit des seventies publiĂ© vingt ans plus tĂŽt. C’est la biographie pas banale d’un jeune homme (chic) — titre de l’unique ouvrage de Pacadis — qui se laisse porter par la griserie de son Ă©poque et qui , surtout, se trouve lĂ  oĂč ça se passe : chez les Mao-spontex, les folles homo des Gazolines, la nouvelle presse (Actuel, L’ImprĂ©vu), les lieux mythiques (L’Open Market, la galerie Spengler, le ChĂąlet du lac
), et puis bien sĂ»r Ă  LibĂ©. Irritant, mais douĂ©, Pacadis a le don de sentir les tendances avant tout le monde : amoureux d’Iggy Pop et de Lou Reed, Pacadis cesse d’ĂȘtre punk au moment oĂč tous les autres viennent de dĂ©couvrir le phĂ©nomĂšne. Le voici disco, cĂ©lĂ©brant les nouveaux lieux de la nuit (du Palace aux Bains), le petit monde branchĂ© des 80’s, ses artifices et ses drogues
 La dĂ©chĂ©ance viendra dans les annĂ©es 80. Pacadis meurt dans la misĂšre, cĂ©lĂ©brĂ© Ă  ses funĂ©railles dans un dĂ©lire macabre et trĂšs punk. Il avait 37 ans.

Hervé Crespi
Start Up Juillet/août 2013

- Stilnox

En semptembre 1985, un an avant sa mort tragique, Alain Pacadis, le plus punk des journalistes français, livrait ce rĂ©cit de voyage Ă©pique et destroy au magazine Gai Pied. À l’occasion de la publication de sa biographie, Tsugi exhume cette aventure du nightclubber en vacances, dans sa quasi-intĂ©gralitĂ©. Enjoy.

Article Ă  retrouver dans le Tsugi du mois de juin, disponible en kiosque.

Tsugi Juin 2013

- Snacks

Sa timiditĂ© lĂ©gendaire et sa dĂ©ontologie inattaquable l’empĂȘchent d’évoquer le sujet mais le directeur de publication de ce magazine, Alexis Bernier, a Ă©crit dans ses jeunes annĂ©es (pas si lointaines quand mĂȘme
) avec François Buot (lĂ©gendaire doorman des soirĂ©es Respect) un livre culte sur le dĂ©funt journaliste-clubbeur Alain Pacadis. Qui ça? Oui, ok, vous avez moins de 30 ans. Donc “Paca”, comme on l’appelait, excellait, notamment dans les colonnes de LibĂ©ration, dans le compte-rendu Ă©pique de ses nuits (trĂšs dĂ©jantĂ©es) passĂ©es entre le Palace de la grande Ă©poque et les Bains Douches. La nouvelle Ă©dition de cette passionnante biographie depuis longtemps Ă©puisĂ©e nous replonge dans l’effervescence parisienne de la fin des annĂ©es 70 et du dĂ©but des annĂ©es 80. On ne dira pas “c’était mieux avant”, mais on n’en pense pas moins.

Tsugi Juin 2013

- 3 raisons de tripper avec Alain Pacadis

Une passionnante biographie du chroniqueur gonzo de la nuit parisienne, pour plonger au cƓur des annĂ©es Palace et de la faune qui les a rendues cultes.

Il a tout vu

Les Ă©vĂ©nements : Mai 68, l’Afghanistan, les nuits de Pigalle, la premiĂšre hĂ©catombe du sida, les annĂ©es Palace puis Bains Douches, la dope et le punk
 Les cliques : Bizot, Kouchner et Actuel, Emaer et les fidĂšles du Palace, Mourousi, Jack Lang, le show-biz avec HervĂ© Vilard ou les Rita Mitsouko, sans compter les groupuscules de gauche et les trav’ du Bois
 Pacadis a tout simplement vĂ©cu (et souvent chroniquĂ©) l’emblĂ©matique.

Il a tout essayé

“Paca” possĂšde un supplĂ©ment dramatique : physique ingrat, Ă©lĂ©gance destroy, enfance choyĂ©e, suicide maternel, tropisme napolĂ©onien, amour des marges, fin tragique et, malgrĂ© une autodestruction frĂ©nĂ©tique, la production, pour LibĂ©ration, de textes d’envergure gĂ©nĂ©rationnelle.

Il a tout raconté

“Pacadis fut l’homme de la rupture, Ă©crivit LibĂ©ration. Subjectif, totalement politique dans son irresponsabilitĂ© feinte, et rigoureux dans sa nĂ©gligence apparente. Toute une rĂ©daction s’en trouvera influencĂ©e.” Dans ce foisonnant ouvrage que les courts chapitres thĂ©matiques rendent facile Ă  explorer, se distingue aussi l’histoire singuliĂšre de la presse libre en France. Passionnant.

Sonia Desprez
Grazia 14 juin 2013

- Nova Book Box

Richard Gaitet nous fait la lecture sur sa Nova Book Box. Podcast disponible ICI

Richard Gaitet
novaplanet.com 05 juin 2013

- À la mĂ©moire d'un punk

Ce fut, Ă  sa parution en 1994, le tout premier livre Ă  jeter un regard historique sur la pĂ©riode Palace. Il fut mythique pour quelque-uns, resta ignorĂ© de beaucoup, tant personne alors ne se souvenait d’Alain Pacadis, Quasimodo punk, mais plus encore sensible tĂ©moin de la naissance d’une nouvelle mondanitĂ© dĂ©glinguĂ©e : les branchĂ©s. Paca en tint la chronique dans LibĂ©ration, quotidien dont il fut Ă  la fois la grande plume le hĂ©ros, le bouffon. Paca, ce Jean Lorrain dĂ©truit, mourut en 1986 des mains de son amant – Death Trip chantait son ami Iggy Pop. Depuis, trois gĂ©nĂ©rations de nightclubbers ont fantasmĂ© la parenthĂšse Palace sans qu’aucun texte n’égale en sensibilitĂ© et en juste distance cette biographie enfin rĂ©dfitĂ©e, et plus que jamais dĂ©finitive. Une sorte d’histoire de France Ă©crite par les enfants de Marx, du nuclĂ©aire et du poulet en plastique et traversĂ©e de flashs sublimes, d’épisodes pathĂ©tiques, de beautĂ© sale et de musique Ă©lectrique. Tout ce qui est encore et toujours l’ADN de la jeunesse qui brĂ»le.

Philippe Azoury
Obsession mai 2013

- Pop, etc.

À l’occasion de la sortie de Alain Pacadis, ItinĂ©raire d’un dandy punk, Alexis Bernier et François Buot seront les invitĂ©s de Valli Ă  partir de minuit. Podcast en Ă©coute ICI

Valli
France Inter 31 mai 2013

- Alain Pacadis, comĂšte 70's de la contre-culture

Belle idĂ©e que cette biographie du journaliste iconoclaste Alain Pacadis, Ă©ditĂ©e aux Ă©ditions Le mot et le reste. À travers le portrait de toute une gĂ©nĂ©ration, Alexis Bernier, journaliste Ă  LibĂ©ration et directeur de la publication du magazine Tsugi ainsi que François Buot, Ă©crivain et professeur dans un lycĂ©e parisien, se penchent sur la trajectoire Ă©clair d’un mĂ©tĂ©ore de la contre-culture française des annĂ©es 70 et 80.

Les annĂ©es Palace ! “Paca” au Palace ! Les images remontent Ă  cette simple Ă©vocation (invocation ?) Nous Ă©tions trop jeunes, Ă  l’époque, 15/16 ans tout au plus, pour rĂ©ellement comprendre Ă  quoi pouvaient bien rimer les soirĂ©es orgiaques organisĂ©es au 8, rue du Faubourg-Montmartre dans le 9e arrondissement par Fabrice Emaer et son Ă©quipe. Pourtant on se souvient des images retransmises par la tĂ©lĂ© française grĂące Ă  Yves Mourousi, journaliste et personnalitĂ© phare de l’époque, ou Thierry Ardisson dans Lunettes Noires pour Nuits Blanches, invitant sur leurs plateaux (Ă  des heures de grande Ă©coute !) des artistes aussi divers et dĂ©cadents que, en vrac, Serge Gainsbourg (pĂ©riode Gainsbarre), Lio, Mick Jagger, Andy Warhol, Yves-Saint-Laurent et son compagnon, Pierre BergĂ©, Philippe ManƓuvre et Jean-Pierre Dionnet, l’équipe de Bazooka, Patrick Dewaere, Coluche, la troupe du Splendide (d’avant Sarko), le sĂ©miologue Roland Barthes, Iggy Pop ou Karl Lagerfeld. Une sacrĂ©e salade de culture, au sein de laquelle on trouvait toujours, Alain Pacadis, journaliste inimitable et chroniqueur acĂ©rĂ© et visionnaire de ces annĂ©es post-Giscardiennes !

Pacadis, la beauté déchirée

Pacadis n’était pas beau. Les photos sur lesquelles il apparaĂźt le montrent maigre, le visage longiligne et fatiguĂ©, le front cachĂ© par une mĂšche grasse, le costume froissĂ© cachant mal l’hygiĂšne douteuse de son propriĂ©taire. Constamment dĂ©fait, complĂštement dĂ©chirĂ©, Ă  l’ouest, en pleine vape ou en pleine extase, Paca. Il faut dire que celui qui Ă©tait connu comme un “expĂ©rimentateur dĂ©tachĂ© des nĂ©vroses modernes” (dixit Bruno Bayon, son collĂšgue Ă  LibĂ©ration) Ă©tait aussi un expĂ©rimentateur averti de tout ce que l’époque produisait de substances stupĂ©fiantes.

TrĂšs tĂŽt initiĂ© au LSD (aprĂšs le hash bien sĂ»r), puis plus tard Ă  l’hĂ©roĂŻne, “Paca” comme l’appelaient ses amis, n’était pas un saint, ni un top modĂšle. Au royaume des stars qu’il frĂ©quentait assidĂ»ment, il n’était certainement pas le plus sĂ©duisant. Mais Alain Pacadis avait de l’esprit. La rĂ©partie facile, un sens aiguisĂ© du prĂ©sent, de ce qui faisait son Ă©poque. Il avait la provoc’ dans le sang aussi (ce qui lui valu maille Ă  partir avec beaucoup de personnalitĂ©s, et mĂȘme certains de ses collĂšgues de rĂ©daction). Soutenu par un autre grand excentrique, Yves Adrien, Pacadis Ă©tait de toutes les fĂȘtes mais avait aussi prĂ©vu l’éclosion de mouvements sociaux-politiques bien avant tout le monde.

Un clodo visionnaire

AprĂšs mai 68, Pacadis voyage, il part en Inde, au Pakistan, en Afghanistan, dĂ©couvre les joies de l’opium et revient. Déçu par les mouvements trop dogmatiques Ă  son goĂ»t, Paca dĂ©couvre le punk avant tout le monde en France. Il couvrira le fameux Festival de Monts-de-Marsan, rencontrera Blondie en pleine ascension, Iggy Pop en pleine descente, cĂŽtoiera Andy Warhol, le peintre beat Brion Gysin, l’ami de William Burroughs, il tiendra la jambe Ă  Paco Rabanne, Kenzo, Lou Reed, Television, les Clash, les Damned. En 1977 il est Ă  Londres pour le jubilĂ© de la reine d’Angleterre, le fameux jour oĂč les Sex Pistols immoleront l’image royale au son de “No Future” et “God Save The Queen” sur la Tamise.

VĂ©ritable concentrĂ© de culture rock, Pacadis dĂ©couvre la jet set naissante au Palace, une ancienne boite de nuit qui deviendra dĂ©s 1978 l’équivalent français du Studio 54 Ă  New York. LĂ , le gratin de la tĂ©lĂ©vision, du cinĂ©ma, de la mode et de la variĂ©tĂ© cĂŽtoie l’underground, les dealers, les putes et les journalistes rock. C’est dans ce monde interlope qu’Alain Pacadis va crĂ©er Nightclubbing, une rubrique de LibĂ©ration toute entiĂšre dĂ©diĂ©e au monde de la nuit et Ă  ses frasques : drogue, sexe et disco. Il en sera bien sĂ»r l’acteur principal et invente, au-delĂ  de l’époque, la notion de “clubbing” – Ă©cumer les boĂźtes de nuit – telle qu’on la conçoit aujourd’hui. L’on n’ose pas imaginer ce qu’il aurait ressenti, aujourd’hui, Ă  la vision de certaines soirĂ©es, au moment de la dĂ©ferlante techno et aprĂšs, lui qui dĂšs 85 Ă©crivait sur Joy Division et Kraftwerk, enterrant la disco.

ItinĂ©raire d’un dandy punk et de son Ă©poque

Dans leur biographie qui paraĂźt ces jours-ci, Alexis Bernier et François Buot retracent le parcours accidentĂ© de ce fils d’immigrĂ© grec et d’une mĂšre française de religion juive, qui “bĂ©nĂ©ficiera” paradoxalement d’une Ă©ducation catholique. Excellent dans toutes les matiĂšres, Ă©lĂšve extrĂȘmement brillant, Alain Pacadis aurait put ĂȘtre un fonctionnaire ou un technocrate comme les autres en pleine Ăšre Pompidou, s’il n’avait pas eu cette Ă©tincelle soixante-huitarde et ce grain de folie en lui. Son homosexualitĂ©, ses addictions, son goĂ»t du dĂ©corum et de la fĂȘte plus grande que nature, mais aussi son immense culture, sont dĂ©crites par le menu, jusqu’à sa fin tragique en 1986 (le journaliste-chroniqueur est retrouvĂ© mort dans son sommeil le 12 dĂ©cembre, Ă©tranglĂ© par son amant de l’époque, dans son appartement de la rue Tronchet prĂšs de la Madeleine) dans Alain Pacadis, ItinĂ©raire d’un dandy punk. Mais le livre est Ă©galement prĂ©texte Ă  tracer le portrait de toute une gĂ©nĂ©ration. Une jeunesse perdue, déçue de l’aprĂšs-soixante-huit, qui avait soif d’expĂ©rimenter la vie, dans un monde condamnĂ© d’avance Ă  toujours plus de profits et de performances. Un monde oĂč la folie, la laideur assumĂ©e et les freaks seront bientĂŽt pour toujours stigmatisĂ©s. De fait, des personnages comme Pacadis aujourd’hui, seraient tout bonnement condamnĂ© Ă  la marginalitĂ©. En ce sens, le journaliste fut un des tous derniers de son espĂšce. Un de ceux que l’on ne pourra donc qu’éternellement regretter.

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Maxence Grugier
Fluctuat 28 mai 2013

- Alain Pacadis, le journalisme extrĂȘme

On l’a adorĂ©, on l’a haĂŻ, mais il avait le grand mĂ©rite de bousculer les conventions. Alain “destroy” Pacadis, de 1973 Ă  1986, annĂ©e de sa mort, a retranscrit l’énergie du punk avec brio, au point de devenir l’un des premiers journalistes “stars” de LibĂ©ration. On l’a croisĂ© au Palace ou aux Bains Douches, dans de multiples concerts, dans les meilleures (et les pires) soirĂ©es, avec toujours cette envie de bousculer ce qui devait l’ĂȘtre.

Alain Pacadis, ItinĂ©raire d’un dandy punk, Ă©crit par Alexis Bernier François Buot, est dorĂ©navant en librairies, Ă©ditĂ© par Le mot et le reste. Le travail d’analyse et de recherche des deux auteurs, qui ont ressorti un nombre incalculable de textes et d’interviews (de Gainsbourg Ă  Warhol), fait revivre toute un Ă©poque, via le prisme de la vie de Pacadis.

Tsugi.fr 29 mai 2013

- Le top ten du ELLE

Alain Pacadis, ItinĂ©raire d’un dandy punk, d’Alexis Bernier et de François Buot (Le Mot et le Reste). Plume pour LibĂ©ration, Façade, Playboy de 1973 Ă  1986, dandy tendance clodo, Ă©crivain punk Ă  l’écriture White Flash
 Alain Pacadis Ă©tait cet « expĂ©rimentateur des nĂ©vroses modernes » (Bayon). Cet « ItinĂ©raire » conduit des soirĂ©es disco Ă  New York, au retour d’Iggy Pop Ă  Londres, et fait redĂ©couvrir le culte de la nuit made in Palace
 Du nightclubbing chic !

Lien vers le site ICI

elle.fr 22 mai 2013

- Message d'outre-tombe

Alain Pacadis
OISEAU DE NUITKAMIKAZE, ICÔNE DU PALACE, JOURNALISTENOVO ET DANDYPUNK, NOTREWARHOLNATIONAL A PASSÉ L’ARME À GAUCHE EN 1986.

La vie online, vous regrettez de ne pas avoir connu?
Alain Pacadis: L’humanitĂ© entre dans une nouvelle phase. Elle navigue dans une «noosphĂšre» infestĂ©e de haters anonymes planquĂ©s derriĂšre leur clavier, et de copycats qui n’ont rien dans le ventre. Plus d’errance, plus de panache, plus de mise en danger dans la vraie vie, c’est bien triste. D’un autre cĂŽtĂ©, vous avez de la chance, vous avez beaucoup plus de chose qui s’offrent Ă  vous. À vrai dire, je suis un peu jaloux: j’aurais rĂȘvĂ© d’ĂȘtre connectĂ© au Web 24h/24h. Maintenant que j’ai franchi le seuil de l’immanence, je regrette ce flux sans rĂ©pit du prĂ©sent, oĂč chaque chose qui advient dans la seconde efface la prĂ©cĂ©dente.

Qui sont vos héritiers?
Je me suis bien gardĂ© de laisser le moindre hĂ©ritage. En revanche, je me demande bien pourquoi autant d’apprentis journalistes essayent de me singer. Pas que moi d’ailleurs, mais aussi Yves Adrien, Marc Zermati ou Hunter S. Thompson
 C’est une Ă©poque rĂ©volue, il est temps de tourner la page.

Que pensez-vous de Paris 2013?
Aujourd’hui, on tuerait sa mĂšre pour une soirĂ©e privatisĂ©e par Alfa Romeo ou SFR. Le glamour n’a plus le mĂȘme flamboiement. Ces tocards de blogueurs qui se prennent pour des «jeunes gens modernes» des annĂ©es 1980, c’est quand mĂȘme pas eux la relĂšve? Notre vie Ă  nous, c’était de la haute voltige sans filet. On ne faisait pas semblant.

Et la drogue, c’est de la merde?
J’ai fait le fourmilier pendant des annĂ©es et j’y ai laissĂ© ma peau, mais je ne regrette rien. À d’autres la rĂ©demption misĂ©rabiliste.On s’en foutait plein le cornet, c’est sĂ»r, mais c’était pas pour aller faire les kĂ©kĂ©s au Wanderlust, ou dans je ne sais quelle boĂźte aussi aseptisĂ©e qu’un hĂŽtel Starck. Et la coke n’était pas coupĂ©e Ă  l’ammoniac.

Julien Bécourt
Chronic'art Juin/juillet 2013

- Alain Pacadis, l'ùme des années 70

RĂ©flexions engagĂ©es autour du livre Alain Pacadis, ItinĂ©raire d’un dandy punk.
Avec la réédition du gros livre d’Alexis Bernier et François Buot, les vieilles mĂ©moires vont se rafraĂźchir et les jeunes cerveaux s’ouvrir Ă  des maniĂšres perdues.

Cette enquĂȘte sur la vie d’Alain Pacadis, journaliste Ă  LibĂ©ration et fan de rock, aprĂšs sa disparition volontaire, tente de rĂ©tablir l’état d’esprit et les connexions entres mĂ©dias, lieux, starlettes, attitudes, modes, clans et zones blanches, entre la fin des annĂ©es soixante et le milieu des annĂ©es 80. Vaste programme, d’oĂč les 350 pages.

Alain « too young to die too fast to live » Pacadis, signait aussi sa chronique White Flash, puis Nightclubbing de LibĂ© : Alain « death trip » Pacadis, pour vous donner une idĂ©e du mec. Homo, punk, junkie et semi clodo, Alain a Ă©galement beatnick, hippy, routard et ensuite, dĂ©cadent, glam, Rock puis Punk. A ses yeux, point d’autre Sainte TrinitĂ© que Warhol, Iggy et Lou Reed.

J’ai bien connu Alain Pacadis. Comme le groupe graphique Bazooka se trouvait chez moi, rue de Turbigo, juste entre le Gibus, le Tango, les Bains et le Palace – les 4 clubs « in » de Paris – Alain y passait souvent. Il Ă©tait orphelin, pauvre, laid et, disons-le sans ambages, sale. Sa petite piaule rue de Charonne n’avait qu’un Ă©vier, nappĂ© de crĂšme dĂ©pilatoire et parsemĂ© de poils de barbe de Dina, la travelotte qu’il logeait. Une vie et un dĂ©cor plus prĂšs de l’assommoir de Zola que de la Factory de Warhol.

Mais comme ce mĂȘme garçon hantait tous les cocktails, vernissages, expos, concerts et autres lieux mondains de Paris et qu’il avait fini par le raconter dans LibĂ©, dans un style faussement simple et candide, il Ă©tait Ă  son tour devenu une starlette. Il parlait gentiment et avec une certaine prĂ©ciositĂ© ; il Ă©tait cultivĂ© et dĂ©licat
 tant qu’il ne buvait pas. Ensuite il devenait Ă©trangement agressif et suicidaire, s’attaquant Ă  plus fort que lui.

Il fut trop pauvre pour mourir d’overdose d’hĂ©roĂŻne, comme tant d’autres Ă  cette Ă©poque. LibĂ© payait Ă©galitairement 10 000 frs chaque salariĂ©, sauf Alain qui Ă©tait royalement arnaqué  (pigiste comme votre serviteur qui, aprĂšs plus de deux ans de dessin de presse, BD et pleines pages, ne fut jamais dĂ©clarĂ©.) Les punks qui sauvaient LibĂ© de la faillite Ă©taient punis par les vieux gauchistes reconnaissants. Car cette Ă©poque n’était pas tendre ; les jalousies exacerbĂ©es, les coups bas quotidiens et les drames de la trahison monnaie courante. C’est mĂȘme drĂŽle Ă  quel point on pense les annĂ©es soixante gaies, alors qu’elles Ă©taient sinistres et les annĂ©e soixante dix gĂ©nĂ©reuses, alors qu’elles Ă©taient marquĂ©es par l’aviditĂ© et l’arrivisme.Il s’en dĂ©gageait pourtant un torrent de crĂ©ativitĂ©, impensable aujourd’hui.

L’enquĂȘte des deux auteurs, vĂ©ritable reconstitution d’un parcours sinueux et trouble est d’autant plus rare, qu’aprĂšs la mort d’Alain, un paquet de gens parlaient de lui comme d’un intime, alors qu’ils n’avaient jamais approchĂ© le desperado. Au sĂ©minaire de LibĂ©, par Ă©conomie, on avait des chambres par deux obligatoires, j’étais le seul Ă  ĂȘtre OK pour partager sa chambre, ou il se plongeait dans la baignoire, sans shampoing ni savon et en sortait avec quelques coulures sombres.

J’insiste sur tous ces dĂ©tails afin que ceux qui liront ce livre n’imaginent pas une seconde que sa vie Ă©tait un lit de roses. Comme lorsqu’il fut l’invitĂ© d’Apostrophes oĂč Pivot le prit pour un jet-setter, lui qui se nourrissait, au choix, de petits fours dans les cocktails, ou d’amour et d’eau fraĂźche (cĂ d, ne se nourrissait pas). C’est justement ce paradoxe du vrai pauvre, qui cĂŽtoyait les riches et les cĂ©lĂšbres, de ce « dejado », qui ne pouvait pas prendre soin de lui-mĂȘme, entourĂ© de gens chics et apprĂȘtĂ©s, qui lui confĂ©rait une valeur par l’absurde, et par l’incomprĂ©hension qu’il gĂ©nĂ©rait.

À la fois le roi et le fou du roi, respectĂ© par les punks pour son indiffĂ©rence Ă  l’endroit des considĂ©rations matĂ©rielles, et pourtant ultra branchĂ©, invitĂ© partout, malgrĂ© son allure et ses dĂ©rives permanentes.C’est comme ça qu’est nĂ©e sa lĂ©gende d’éternel enfant abandonnĂ© et recueilli par la tribu Punk-rock dont il chantait les louanges.

Mais la pĂ©riode fut bouclĂ©e en deux trois ans et il se jeta alors dans la voie sans issue du Disco, des paillettes et du clubbing, ou il n’était plus reçu que comme un fantĂŽme. Sa fin romantique et morbide mit une note finale Ă  sa notoriĂ©tĂ©. Le petit orphelin de la rue de Charonne eut un enterrement parisien Ă©norme ou Jack Lang, Gainsbourg, acteurs, chanteurs, journalistes et Ă©crivains se retrouvĂšrent un peu hĂ©bĂ©tĂ©s, autour du joueur de flĂ»te.

Si j’ai un seul conseil Ă  donner pour pĂ©nĂ©trer ce monde d’alors, c’est d’oublier les noms connus du livre, et de s’intĂ©resser Ă  tous les inconnus passionnants que cĂŽtoyait Pacadis, et qui tout comme lui, furent le sel de cette Ă©poque sans pitiĂ©.

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Jean Rouzaud
novaplanet 13 mai 2013

- Rock Collection

GQ révise son histoire de la musique en compagnie du dandy punk Alain Pacadis, du rock-critic Simon Reynolds et de quelques ouvrages pop bien sentis.

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Jacques Braunstein
GQ Magazine 29 avril 2013