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Parution : 22/11/2018
ISBN : 9782360548712
368 pages (14,8 X 21 cm)

24 €

ÉpuisĂ©

Version numérique

Walden - belle édition

Le classique de Henry D. Thoreau, traduit par Brice Matthieussent, fait peau neuve dans une belle Ă©dition Ă  offrir ou Ă  s’offrir.

traduit de l’anglais (États-Unis) par Brice Matthieussent
préface de Jim Harrison
notes et postface de Michel Granger

AprĂšs son succĂšs en poche, Walden revient en grand format avec une couverture et une mise en page Ă©lĂ©gantes pour une belle Ă©dition Ă  ne pas manquer. Longuement mĂ»ri, Walden est le chef-d’Ɠuvre de Thoreau. Ses rĂ©fĂ©rences littĂ©raires, ses images, ses injonctions Ă  vivre de façon plus libre et anticonformiste, ses magnifiques pages de descriptions de la nature sauvage ainsi que ses exercices d’introspection en font une Ɠuvre singuliĂšre, qui garde aujourd’hui intacte toute sa portĂ©e subversive. ConsidĂ©rĂ© comme l’ouvrage fondateur du genre littĂ©raire nature writing, apprĂ©ciĂ© par des gĂ©nĂ©rations d’écrivains amĂ©ricains, Ă  commencer par certains des reprĂ©sentants de la Beat Generation (Gary Snyder notamment), Walden est aussi Ă  la source de la rĂ©flexion Ă©cologiste sur l’utilisation des ressources et la prĂ©servation des espaces sauvages.

Revue de presse

- Interview Michel Granger - Portrait de Henry David Thoreau Nicolas Bogaerts RTBF // La premiÚre - Un jour dans l'histoire 3 décembre 2018
Walden - Nouvelle édition Neospheres 30 septembre 2013
- Le déjeuner sur l'herbe Raphaël Bourgois France Culture 13 août 2012
- L'Appel du silence traverse les frontiÚres Marie-HélÚne Fraïssé France Culture 10 janvier 2012
- Homme des bois Faustine Prévot Geo Octobre 2011
- Les Nouveaux chemins de la connaissance AdĂšle Van Reeth France Culture 20 octobre 2011
Réflexion Symbioses été 2011
- Thoreau Naturel résistant collectif (dossier) Philosophie Magazine Juillet/Aout 2011
- Walden chamane chamane51 Juin 2011
- Dossier nature, écologie Véronique Heurtematte Livres Hebdo 11 mars 2011
- De la vie dans les bois à la désobéissance civile Philippe Zibung et David Collin Radio Suisse Romande / émission Babylone 21 mars 2011
- Manuel d’écologie littĂ©raire Fred Robert Zibeline Novembre 2010
- Walden Xavier Delhert Plume d'Orfée - revue d'éduc. à l'environnement Novembre 2010
- Walden Christine Marcandier-Bry Mediapart Novembre 2010
- Yes, we can : nous pouvons vivre autrement, Thoreau l’a fait Jane HervĂ© Festival du livre et de la presse d'Ă©cologie Octobre 2010
- Tous dans les bois! Martine Laval Télérama.fr 24 septembre 2010
- L'écologie avant l'heure Claude-Marie Vadrot Politis Septembre 2010
- Jim Harrison et Thoreau, le face à face de deux géants Annick Stevenson Le ProgrÚs - Lyon Septembre 2010
- Walden Daniel Martin La Montagne Septembre 2010
- «Walden», un classique de la philosophie des bois Yann Courtiau Le Temps (Suisse) Septembre 2010
- Valéry et Thoreau, à la pointe de l'actualité Pierre Assouline Le Monde des Livres 9 septembre 2010
- Walden Véronique Rossignol Livreshebdo 3 septembre 2010
- Walden Pierre Assouline “Walden”, une Bible pour les seuls Ă©cologistes ? 29 aoĂ»t 2010

- Interview Michel Granger - Portrait de Henry David Thoreau

Nicolas Bogaerts a interviewé Michel Granger dans le cadre de la réédition de Walden dans sa belle édition.

Une interview à réécouter ICI

Nicolas Bogaerts
RTBF // La premiÚre - Un jour dans l'histoire 3 décembre 2018

Walden - Nouvelle édition

Pour ceux qui ne connaĂźtraient pas Henry D. Thoreau, un pitch de quelques lignes s’impose. Henry David Thoreau (1817-1862) a directement inspirĂ© le Mahatma Gandhi avec son livre La DĂ©sobĂ©issance civile de 1849. Walden est son Ɠuvre majeure, celle qui a inspirĂ©, entre autres, des auteurs de la beat generation et Jim Harrison. Le film de Sean Penn Into The Wild de 2007 s’inspire de la vie Christopher McCandless, qui prit congĂ© de la sociĂ©tĂ© moderne en s’inspirant de Henry Thoreau, Jack London et TolstoĂŻ. Walden apparaĂźt aujourd’hui comme un volume de bon sens en terme de rĂ©flexions Ă©cologistes.

Retrouvez l’intĂ©gralitĂ© du billet ICI

Neospheres 30 septembre 2013

- Le déjeuner sur l'herbe

Brice Matthieussent, le traducteur de notre Ă©dition de Walden, Ă©tait l’invitĂ© du DĂ©jeuner sur l’herbe pour une Ă©mission consacrĂ©e au thĂšme “Les poĂštes ont-ils pensĂ© une autre AmĂ©rique”, et oĂč l’on pouvait difficilement se passer de faire la part belle Ă  Thoreau.

Écouter l’émission

Raphaël Bourgois
France Culture 13 août 2012

- L'Appel du silence traverse les frontiĂšres

Marie-HĂ©lĂšne FraĂŻssĂ© s’intĂ©resse au silence dans les religions, au retrait, aux ermites. Elle invite Michel Granger Ă  venir parler, Ă  ce propos, de la retraite prĂšs du lac de Walden de Henry-David Thoreau.

Écouter l’émission

Marie-HélÚne Fraïssé
France Culture 10 janvier 2012

- Homme des bois

De 1845 Ă  1847, Thoreau se retira dans une cabane au bord du lac Walden, dans le Massachusetts. L’écrivain amĂ©ricain en tira une Ɠuvre Ă  mi-chemin entre philosophie de vie et journal intime, qui rappelle “Les Essais” de Montaigne. L’ouvrage fondateur du “nature writing” ressort, prĂ©facĂ© par un admirateur : Jim Harrison.

Geo

Faustine Prévot
Geo Octobre 2011

- Les Nouveaux chemins de la connaissance

Jeudi 20 octobre Michel Granger, amĂ©ricaniste professeur Ă  l’universitĂ© de Lyon, auteur des appareils critiques de toutes nos Ă©ditions des textes de Thoreau Ă©tait l’invitĂ© d’AdĂšle Van Reeth. Cette Ă©mission Ă©tait la derniĂšre d’un cycle consacrĂ© Ă  la solitude, et Ă©voquait bien sĂ»r la notion de solitude chez H. D. Thoreau.

Pour réécouter l’émission :
Les Nouveaux chemins de la connaissance

AdĂšle Van Reeth
France Culture 20 octobre 2011

Réflexion

L’Histoire et les divagations d’un auteur de la littĂ©rature classique, H. D. Thoreau, lorsqu’il vivait au plus prĂšs de la nature, prĂšs de l’étang de Walden. Ce rĂ©cit raconte sa rĂ©volte solitaire, la nĂ©cessitĂ© de garder le contact avec la nature et de rĂ©sister aux empiĂštements de la sociĂ©tĂ©.

symbioses

Symbioses été 2011

- Thoreau Naturel résistant

Le numĂ©ro d’étĂ© de Philosophie magazine consacre un dossier spĂ©cial Ă  l’écrivain et philosophe amĂ©ricain Henry David Thoreau, avec des articles de Michel Granger (qui a rĂ©digĂ© l’appareil critique de nos Ă©ditions de Thoreau), Jim Harrison, JosĂ© Bové  et la reproduction d’extraits de notre Ă©dition de RĂ©sistance au gouvernement civil.

Introduction du dossier
Il est l’un des grands prĂ©curseurs de l’écologie, un critique fĂ©roce de la civilisation capitaliste et le pionnier de la dĂ©sobĂ©issance civile : imagine-t-on penseur plus actuel ? Pourtant Thoreau, philosophe amĂ©ricain du 19e s., demeure relativement mĂ©connu. Pour y remĂ©dier, il faut se plonger dans son existence et son oeuvre, indĂ©mĂȘlables comme le montre Michel Onfray : Thoreau considĂšre la philosophie comme un art de vivre, et la vie comme une expĂ©rience philosophique. Marcheur infatigable, il explore les forĂȘts et construit une cabane prĂšs d’un lac : ce retour Ă©merveillĂ© Ă  la nature est le support d’une quĂȘte de soi permanente. Son credo : se concentrer sur l’essentiel contre les aliĂ©nations de la sociĂ©tĂ© marchande, comme le soulignent Michel Granger et l’écrivain Jim Harrison, dans un entretien exclusif. Mais Thoreau est aussi cet insoumis qui refuse de payer l’impĂŽt et prĂŽne la rĂ©sistance contre les abus de l’Etat. Cette Ă©thique et cette politique de l’indignation constituent le second versant de sa modernitĂ©, ici prĂ©sentĂ© par Sandra Laugier et louĂ© par JosĂ© BovĂ©. Ainsi, que ce soient les randonnĂ©es estivales ou les manifestations automnales, Thoreau s’affirme comme un prĂ©cieux compagnon de route et de pensĂ©e


collectif (dossier)
Philosophie Magazine Juillet/Aout 2011

- Walden

Henry David Thoreau, auteur amĂ©ricain du milieu du XIXe siĂšcle, revĂȘt aux Etats-Unis une importance indĂ©niable. Plus connu pour son Essai sur la DĂ©sobĂ©issance civile qui inspira Gandhi, Nelson Mandela, Martin Luther King et tout le mouvement des luttes d’émancipation non-violentes. Cependant, pour qui aime la nature, les grands espaces, les forĂȘts, les riviĂšres et les lacs, Thoreau est alors un pĂšre fondateur mais qu’on a peine Ă  classer. A la fois poĂšte, naturaliste, explorateur, philosophe, il s’inspire des observations effectuĂ©es au cours de longues marches dans les bois, le long des riviĂšres et de la vie qu’il mena en ermite au bord du lac de Walden. Ses Ă©crits prennent alors une dimension qui saisit l’imagination par une parfaite qualitĂ© descriptive et par le sentiment que la nature dĂ©ploie en toute saison une esthĂ©tique qui se dĂ©voile Ă  l’observateur attentif et amoureux. Thoreau ne nĂ©glige rien des dĂ©tails, il aime le ciel, les arbres, les mousses, le ruisseau et la riviĂšre, la flaque d’eau et le lac et tous leurs animaux. La nature chez Thoreau rend meilleur, plus sensible, plus sage, elle est une Ă©cole non pas dans ce quelle peut avoir de rigueur et de discipline mais de libĂ©ration et d’accomplissement de soi. Walden c’est cela, un bois, un lac surtout et Thoreau y vivra pendant deux ans quasiment en ermite, modeste et enthousiaste, possĂ©dĂ© par le lieu, Ă©loignĂ© de la ville et de son croupissement humain.

Chamane51

chamane
chamane51 Juin 2011

- Dossier nature, écologie

(
)
Les amis américains
Tendance lourde cette annĂ©e : l’abondance de traductions de textes de rĂ©fĂ©rence en matiĂšre de philosophie de la pensĂ©e Ă©cologiste, et d’auteurs de “nature writing”, la littĂ©rature inspirĂ©e par la nature, trĂšs en vogue aux États-Unis. Wildproject veut ainsi donner accĂšs aux ouvrages amĂ©ricains qui ont construit le courant de l’éthique environnementale. (
) Dans un registre similaire, l’éditeur marseillais Le Mot et Le Reste a lancĂ© en janvier Le Pays des petites pluies, un des grands classiques de la tradition amĂ©ricaine de “nature writing”, Ă©crit par Mary Austin. Est Ă©galement prĂ©vu en aoĂ»t Histoire naturelle de Selborne, ouvrage paru pour la premiĂšre fois en 1789 et Ă©crit par Gilbert White, considĂ©rĂ© comme l’un des pĂšres fondateurs de la pensĂ©e Ă©cologiste. L’annĂ©e derniĂšre, la nouvelle version française de Walden de Henry D. Thoreau par Brice Matthieussent, le traducteur notamment de Jim Harrison, avait obtenu un gros succĂšs, les 4000 exemplaires Ă©tant aujourd’hui Ă©puisĂ©s. (
)

Véronique Heurtematte
Livres Hebdo 11 mars 2011

- De la vie dans les bois à la désobéissance civile

De la vie dans les bois à la désobéissance civile
Autour de Henry David Thoreau, Ă©crivain amĂ©ricain (1817-1862), considĂ©rĂ© comme l’un des pĂšres de l’écologie.
Avec Thierry Gillyboeuf, traducteur de “De la DĂ©sobeissance civile” (Ed.Mille et une nuits) et de nombreux autres textes de Henry David Thoreau, Christian Doumet, professeur de littĂ©rature française et d’esthĂ©tique musicale Ă  l’UniversitĂ© Paris-VIII, auteur de “Trois huttes” (Thoreau, Patinir, BashĂŽ), et Michel Granger, professeur de littĂ©rature amĂ©ricaine Ă  l’UniversitĂ© de Lyon II, spĂ©cialiste de “nature writing” (Thoreau, Henry Adams, John Muir, Rick Bass), auteur de nombreux livres et articles autour de Thoreau.

Une Ă©mission d’une heure avec David Collin et Philippe Zibung.

Pour Ă©couter l’émission, rendez-vous sur son site :
Babylone

Philippe Zibung et David Collin
Radio Suisse Romande / émission Babylone 21 mars 2011

- Manuel d’écologie littĂ©raire

Je suis parti dans les bois parce que je dĂ©sirais vivre de maniĂšre rĂ©flĂ©chie, affronter seulement les faits essentiels de la vie, voir si je ne pouvais pas apprendre ce qu’elle avait Ă  m’enseigner, et non pas dĂ©couvrir Ă  l’heure de ma mort que je n’avais pas vĂ©cue.
ConsidĂ©rĂ© comme un des pionniers de l’écologie, cĂ©lĂšbre pour son traitĂ© sur la DĂ©sobĂ©issance civile, critiquĂ© par les positivistes, traitĂ© de un american par Mac Carthy, mais inspirateur de Gandhi, Martin Luther King, John F. Kennedy et, en France, admirĂ© de Giono puis redĂ©couvert en mai 68, Henry D. Thoreau (1817-1862) fut l’auteur de nombreux ouvrages et en particulier de la vaste somme que constitue Walden ou la vie dans les bois, paru en 1854. De son expĂ©rience de 2 ans dans une cabane isolĂ©e Ă  quelques miles de Concord, Massachusetts, au bord du lac Walden, Thoreau a tirĂ© ce que Michel Granger appelle «une sorte de monographie encyclopĂ©dique et Ă©cocritique dĂ©taillant les composantes du paysage».
S’ajoute Ă  cela une Ă©vidente ambition littĂ©raire que la toute nouvelle Ă©dition, traduite par Brice Matthieussent, prĂ©facĂ©e parJim Harrison, relue, annotĂ©e et postfacĂ©e par Michel Granger, met en Ă©vidence.
Offrant ainsi une belle occasion de redĂ©couvrir cet AmĂ©ricain hors normes dont la lecture propose un vĂ©ritable art de vivre, Ă  la maniĂšre d’un Montaigne ou du Rousseau des RĂȘveries
 Car Thoreau ne se contente pas de dĂ©crire le lac, les arbres, les animaux, les bruits et les couleurs qui peuplent sa solitude volontaire. Il propose une philosophie de la frugalitĂ© et un mode de vie en harmonie avec la nature, dont les actuels adeptes de la dĂ©croissance ne pourront qu’applaudir l’intuition


Zibeline

Fred Robert
Zibeline Novembre 2010

- Walden

Sans aucun doute Ă  ne pas manquer ! Ceux qui se sont frottĂ©s Ă  Walden ou la vie dans les bois aux Ă©ditions Gallimard auront dĂ©gustĂ© un texte, certes magnifique, mais tellement mal traduit qu’il faut s’y reprendre plusieurs fois pour comprendre le fond de l’histoire.
C’est chose faite, par un petit Ă©diteur, une nouvelle traduction qui rend plus claires les divagations, philosophies et histoires de Thoreau alors qu’il vivait son aventure prĂšs de l’étang de Walden pendant deux annĂ©es, au plus prĂšs de la nature.
Un texte fondateur de l’écologie contemporaine.

Xavier Delhert
Plume d'Orfée - revue d'éduc. à l'environnement Novembre 2010

- Walden

Les Ă©ditions Le Mot et le Reste publient une nouvelle traduction du Walden d’Henry D. Thoreau, son Ɠuvre majeure (1854). Walden ou la vie dans les bois est le rĂ©cit d’une « rĂ©volte solitaire », au bord d’un lac, dans une maison construite de ses mains. Deux ans et deux mois d’isolement et de rĂ©flexions avant de retourner « dans la civilisation ».
Il ne s’agit pas seulement pour Thoreau de rendre compte d’une expĂ©rience, d’une retraite mais de se demander « oĂč j’ai vĂ©cu et pour quoi j’ai vĂ©cu », de livrer des essais, sur l’économie, la sociĂ©tĂ©, en un journal d’observations, d’anecdotes.

Dialogue avec soi, avec le monde dont il s’est volontairement absentĂ© pour mieux en saisir la prĂ©sence, dialogue avec la culture et la littĂ©rature, Walden est un texte anticonformiste et d’une actualitĂ© tout Ă  fait Ă©tonnante, comme le souligne la prĂ©face de Jim Harrison qui dĂ©clare avoir « grandi dans une profonde fascination pour Thoreau » dont tĂ©moignent d’ailleurs ses romans et insiste sur « l’improbable vitalitĂ© de l’Ɠuvre de Thoreau prĂšs de deux siĂšcles plus tard ».

Mediapart

Christine Marcandier-Bry
Mediapart Novembre 2010

- Yes, we can : nous pouvons vivre autrement, Thoreau l’a fait

Le conseil gĂ©nĂ©ral des Bouches‐du‐RhĂŽne a eu raison de soutenir la publication de ce Walden Ă©laborĂ© par des passionnĂ©s. Ces derniers ont su regrouper, baliser et enserrer l’oeuvre ‐ infinie ? ‐ de Thoreau : une introduction lumineuse de Jim Harrison, une postface exigeante de Michel Granger, le tout portĂ© par la traduction raffinĂ©e de Brice Matthieusent et clĂŽturĂ© par des plans de Concord et de Walden Pound. Une esquisse de sa « cabin » (cabane) rĂ©vĂšle Thoreau en pleine lecture*, mais
 l’auteur possĂšde aussi une intrigante « maison » en ville entre le chemin de fer, la prison et le barrage du moulin !

Le titre Walden, en apparence Ă©nigmatique, est celui du lac situĂ© au sud de sa cabane. Inscrire topographiquement sa pensĂ©e en ce lieu sauvage – Ă  quelques miles de son lieu de naissance – marque la volontĂ© d’y explorer et vivre selon une certaine conception du monde. Cette renaissance Ă  soi s’ouvrsur un chapitre dont le nom serait rĂ©barbatif, s’il ne rĂ©vĂ©lait une vĂ©ritable « Ă©conomie de vie » (une philosophie) : un monde conçu autrement, re‐conçut en quelque sorte. Thoreau y dĂ©shabille d’abord l’homme civilisĂ© de tous ses oripeaux civilisateurs : les vĂȘtements la propriĂ©tĂ© (p. 39), l’acte de location (p. 40), etc. Ainsi l’homme croit « possĂ©der une maison, mais c’est elle qui le possĂšde.

Sa position de renoncement gĂ©nĂ©ral, basĂ©e sur une dĂ©croissance anticipĂ©e, commence par lui (OĂč j’ai vĂ©cu, pourquoi) – puis s’étend vers le monde des lieux (Village, lacs, ferme Baker), des ĂȘtres vivants (Anciens habitants, visiteurs d’hiver, voisins animaux, animaux d’hiver), des actes (Lire, Solitude, Pendaison de crĂ©maillĂšre), soumis Ă  des rĂšgles (Les lois) et dont Ă©merge une temporalitĂ© (Printemps). Il conteste la division du travail (habiter une maison que l’homme n’a pas construite) et revendique une simple satisfaction des besoins (bĂątir sa maison comme l’oiseau son nid) qui libĂšrerait nos facultĂ©s poĂ©tiques Ă  l’image du chant des oiseaux. Il s’arrĂȘte Ă  des moments de vie avec une forte jouissance Ă  la Giono : sarcler les haricots, observer la perdrix maternelle, communiquer avec un simple bĂ»cheron.

Thoreau reconstruit un monde autre en inversant sans cesse les perspectives **. Cependant cette sociĂ©tĂ© inventĂ©e et si proche de la nature s’inscrit dans les lignes d’un livre (la culture donc). En effet, l’ouvrage doit susciter chez le lecteur la mĂ©tamorphose proposĂ©e. Outre l’homme, on dĂ©couvre l’écrivain au style original. Il prĂ©fĂšre « ĂȘtre assis sur une citrouille et l’avoir tout Ă  (lui) » qu’ĂȘtre « au milieu d’une foule sur un coussin de velours ». La maison n’est qu’un « vestibule Ă  l’entrĂ©e d’un terrier » (la cave). Que dire d’autre si ce n’est que la jouissance de la lecture invite vraiment Ă  mettre en oeuvre ce rĂȘve « thoreauiste » (nĂ©ologisme style rousseauiste). Un commencement presque Into the wild*** !

Jane Hervé

*attrait évoqué dans le chapitre Economie.

  • L’homme se croit gardien du troupeau, mais les troupeaux sont de fait les gardiens des hommes. *** film de Sean Penn.

Walden, Henry D . Thoreau, préface de Jim Harrison, traduction de Brice Matthieussent, éditions Attitudes, coll. Le mot et le reste, 2010, 23 euros.

Festival du livre et de la presse d’écologie

Jane Hervé
Festival du livre et de la presse d'écologie Octobre 2010

- Tous dans les bois!

Jadis, avant l’arrivĂ©e de H.D. Thoreau, le brouteur d’herbe et nĂ©anmoins auteur d’un superbe livre, Walden, vivait et Ă©crivait Charles Lane.

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Nouvelle traduction (de Brice Matthieussent), préface de Jim Harrison : Walden, de Henry D. Thoreau, revient en scÚne, aux éditions Le mot et le reste.
A lire (ou relire) pour Dame Nature, ce paradis perdu : « J’aime parfois m’emparer de la vie dans toute sa luxuriance et passer ma journĂ©e comme font les animaux. Peut-ĂȘtre dois-je Ă  cette occupation et Ă  la chasse, dĂšs ma prime jeunesse, ma connaissance trĂšs intime de la Nature (
). Les pĂȘcheurs, chasseurs, bĂ»cherons et autres personnes passant leur vie dans les champs et les bois sont souvent d’humeur plus favorable pour l’observer dans les intervalles mĂ©nagĂ©s par leurs occupations, que les philosophes ou mĂȘme les poĂštes, qui l’abordent en attendant beaucoup d’elle. »

Télérama.fr

Martine Laval
Télérama.fr 24 septembre 2010

- L'écologie avant l'heure

En refusant un monde «oĂč les hommes vont trop vite» et en prĂŽnant le respect de la nature, Henry David Thoreau, dont on réédite Walden, avait cent cinquante ans d’avance sur son temps.

Quel plaisir de lire ou de relire la nouvelle traduction du livre essentiel, publiĂ© en 1854, du poĂšte-naturaliste-philosophe amĂ©ricain Henry David Thoreau, Walden ou la vie dans les bois. Ouvrage qui reste la bible des Ă©cologistes amĂ©ricains, mais a franchi depuis des lustres les frontiĂšres Ă©tats-uniennes. L’auteur, nĂ© en 1817 et mort en 1862 Ă  Concord (Massachusetts), est connu aussi bien pour ses Ă©crits naturalistes ou philosophiques que pour avoir inventĂ© la non violence et la dĂ©sobĂ©issance civile, refusant de payer ses impĂŽts Ă  un État qui acceptait l’esclavage et menait une guerre contre le Mexique. Il inspira aussi bien TolstoĂŻ, avec lequel il correspondait, que Gandhi, Martin Luther King ou JosĂ© BovĂ©, qui le cite souvent.
Dans son rĂ©cit des quelques annĂ©es qu’il passa Ă  vivre « naturellement» dans une cabane qu’il avait construite sur les bords du lac Walden, il commence par dĂ©noncer « l’esprit commercial des temps modernes et son influence sur le caractĂšre politique, moral et littĂ©raire des nations » extrait du discours dĂ©rangeant qu’il fit en quittant l’universitĂ© de Harvard Ă  l’ñge de 20 ans, en prĂŽnant « la rĂ©sistance individuelle Ă  un gouvernement et Ă  des lois injustes ».
De ses annĂ©es dans les bois, il affirme qu’elles reprĂ©sentent un temps « pendant lequel [sa] vie elle mĂȘme Ă©tait une distraction », et il conclut, au terme de sa longue retraite, que « ce sont les amateurs de luxe et de dissipation qui dĂ©finissent les modes que le troupeau suit avec zĂšle ». La lecture de Thoreau trouve Ă  chaque chapitre d’étranges rĂ©sonances avec les premiĂšres annĂ©es du XXIe siĂšcle, d’oĂč la nĂ©cessitĂ© de refaire de Walden un ouvrage de rĂ©fĂ©rence.

L’homme, qui fut aussi jardinier , toute sa vie il cultiva un jardin , prĂ©cepteur, gardien des villas de ses amis ou instituteur, n’avait rien d’un ours ou d’un sauvage, et n’oppose jamais l’homme et la nature. Il n’est en aucun cas le bon sauvage un peu benĂȘt ou hypocrite de Jean-Jacques Rousseau. Il raconte joliment que, dans sa maison en bois de la forĂȘt, il y a trois chaises: une pour la solitude, deux pour l’amitiĂ© et trois pour la sociĂ©tĂ© et lorsque les visiteurs sont plus nombreux, ils restent debout. Ses rapports avec la nature sont simples, sains et admiratifs, mais il admet qu’il est logique d’en vivre. Lorsque le long d’un chemin proche de sa maison, dont il raconte en dĂ©tail la construction, il teste des cerises sauvages pas trĂšs goĂ»teuses, il assure que c’est par simple politesse envers la nature. Et il ajoute, en s’expliquant longuement et en les Ă©numĂ©rant, que « n’importe quel objet naturel peut procurer la compagnie la plus douce et la plus tendre, la plus innocente et la plus encourageante ». Tour en faisant bien comprendre que vivre dans la nature n’est pas un luxe d’intellectuel mais simplement un choix permettant de prendre du recul sur un monde « oĂč les hommes vont trop vite». Au XIXe siĂšcle


Il fait, en contradiction avec les lamentations de ses contemporains, le mĂȘme Ă©loge de la pluie, du vent, de la neige ou des orages que du soleil. Tous bĂ©nĂ©fiques pour le jardin qui lui permet de vivre et de varier ses menus Ă  base de poissons tirĂ©s de la riviĂšre ou du lac, tout proches. Dans sa cabane, il est Ă©videmment, et le raconte dans une langue extraordinaire, Ă  l’écoute de tous les bruits, aussi bien celui de charrettes paysannes que celui des trains qui passent non loin plusieurs fois par jour, des « engoulevents (oiseau qui se nourrit surtout de papillons la nuit) qui psalmodient leurs vĂȘpres perchĂ©s sur une souche proche de la maison », ou encore des sĂ©rĂ©nades nocturnes des grands ducs. Il est bien sĂ»r Ă  l’affĂ»t des animaux qui traversent son royaume: loutres, Ă©cureuils roux, ratons laveurs, tous les oiseaux de jour et de nuit, orignaux (version nord-amĂ©ricaine de l’élan europĂ©en), renards, liĂšvres ou lapins, et mĂȘme chats redevenus sauvages. Des pages de descriptions minutieuses pour des espĂšces dont il explique « qu’il est remarquable que tant de crĂ©atures vivent, libres, sauvages et pourtant en secret, dans les bois et parviennent encore Ă  se nourrir au voisinage des villages et connus des seuls chasseurs ».

*Depuis sa cabane, Thoreau nous invite Ă  une rĂ©flexion passionnante et imagĂ©e sur l’économie, la politique, la nature, les faits divers et sur une Ă©cologie qui n’existait pas encore. De sa conclusion on peut retenir une phrase: « Les choses ne changent pas, c’est nous qui changeons.»*

Claude-Marie Vadrot
Politis Septembre 2010

- Jim Harrison et Thoreau, le face à face de deux géants

L’écrivain amĂ©ricain Jim Harrison se plaĂźt Ă  raconter l’importante influence qu’a eue sur lui, depuis sa plus grande enfance, Henry D. Thoreau. Son pĂšre Ă©tant « obsĂ©dĂ© » par le philosophe et naturaliste amĂ©ricain, Harrison a « grandi dans une profonde fascination » de ce « gĂ©ant » du XIX siĂšcle. C’est ce qu’il raconte en prĂ©face d’une toute nouvelle traduction, par Brice Matthieussent, d’une des Ɠuvres magistrales de Thoreau Walden. Une traduction qui, comme l’explique le professeur lyonnais Michel Granger (qui a participĂ© au projet, et a rĂ©digĂ© la postface du livre), « rend justice Ă  la qualitĂ© et la densitĂ© » d’un texte trĂšs poĂ©tique et d’une « Ă©tonnante modernitĂ© », oĂč ressortent ses idĂ©es subversives sur la dĂ©sobĂ©issance civile et son amour de la nature. Un vrai plaisir Ă  lire.

Annick Stevenson
Le ProgrĂšs - Lyon Septembre 2010

- Walden

Grand événement.

Walden de Thoreau (1817-1862) reparaßt dans une nouvelle traduction de Brice Matthieussent, préfacé par Jim Harrison.
Un texte publiĂ© en 1854. RĂ©cit d’un temps solitaire passĂ© en plaine forĂȘt, hors du temps, hors du monde. MĂ©ditation sur la nature, sur l’Homme et leurs relations Ă  une Ă©poque oĂč l’AmĂ©rique fait encore figure de paradis terrestre.

Un livre de référence et de pleine actualité.

Daniel Martin
La Montagne Septembre 2010

- «Walden», un classique de la philosophie des bois

Yann Courtiau de la librairie Le Rameau d’Or Ă  GenĂšve fait l’éloge de cette belle réédition de Henry-David Thoreau.
Au milieu du XIXe siĂšcle, Thoreau expĂ©rimente le retrait du monde pendant environ deux ans, et deux mois. De cette expĂ©rience faussement recluse dans une cabane au bord du lac de Walden naĂźtra un recueil Ă  la portĂ©e universelle et d’un engagement absolu pour la nature: en effet, Thoreau n’écrit pas sur la nature, mais depuis la nature. Philosophe des bois en quĂȘte d’harmonie apprĂ©ciĂ© de Proust, voyageur immobile Ă  l’écriture fluide, son message de dĂ©sobĂ©issance civile se retrouve chez Gandhi et Martin Luther King. Presque oubliĂ©, Thoreau est redĂ©couvert par la France de 1968, puis par le trĂšs bon roman Into the Wild, portĂ© Ă  l’écran avec brio par Sean Penn.
IdĂ©alement rééditĂ© par la petite mais ĂŽ combien fiable maison d’édition marseillaise Le mot et le reste, cette nouvelle version de Walden profite d’une prĂ©sentation sobre Ă  la typographie Ă©lĂ©gante qui rend hommage Ă  l’amour que portait Thoreau aux livres et Ă  la littĂ©rature en gĂ©nĂ©ral.
Indispensable aussi pour l’excellente traduction du passeur de littĂ©rature amĂ©ricaine qu’est Brice Matthieussent (B. E. Ellis, Bukowski, John Ford), l’édition prĂ©sente rĂ©jouira particuliĂšrement le lecteur par sa postface de Michel Granger, et surtout pour sa prĂ©face passionnĂ©e (et passionnante!) de Jim Harrison, qui place volontiers Thoreau aux cĂŽtĂ©s des gĂ©ants que sont Hermann Melville et Walt Whitman.

Doit-on encore ajouter que Walden est un classique?
Absolument.

Le Temps

Yann Courtiau
Le Temps (Suisse) Septembre 2010

- Valéry et Thoreau, à la pointe de l'actualité

Les dix pages du chapitre “Lire”, on devrait en faire un tract et le distribuer Ă  la sortie des collĂšges et lycĂ©es Ă  l’égal d’un texte subversif susceptible de renverser le gouvernement. A propos, c’est de 1854. Comment dit-on dĂ©jĂ , que tout change pour que rien ne change?

lemonde.fr

Pierre Assouline
Le Monde des Livres 9 septembre 2010

- Walden

Une nouvelle traduction de Walden.
Les Ă©ditions marseillaises Le Mot et le reste publient le 9 septembre une nouvelle traduction, signĂ©e Brice Matthieussent, de Walden d’Henry David Thoreau, accompagnĂ©e d’une prĂ©face de Jim Harrison ainsi que d’une postface et de notes du spĂ©cialiste Michel Granger. PubliĂ© pour la premiĂšre fois en 1854, ce classique qui, dans cette nouvelle Ă©dition, a perdu le sous titre Ou la vie dans les bois qui accompagnait les Ă©ditions existantes («L’imaginaire» Gallimard; L’Age d’homme ; Aubier en Ă©dition bilingue), dĂ©crit, tout en en tirant les enseignements philosophiques, une expĂ©rience de vie solitaire en autosubsistance dans la nature, menĂ©e par l’auteur de 1845 Ă  1847 dans une cabane, prĂšs de l’étang de Walden en Nouvelle Angleterre. Brice Matthieussent, traducteur de nombreux grands Ă©crivains anglosaxons, auteur lui mĂȘme d’un roman Vengeance du traducteur (P.O.L, 2009), modernise la langue de Thoreau pour mieux souligner la vivacitĂ© et l’actualitĂ© de ce grand rĂ©cit de «nature writing». Harrison, dans sa prĂ©face, classe pour sa part son compatriote parmi les « trois gĂ©ants» de la littĂ©rature amĂ©ricaine du XIXe siĂšcle, aux cĂŽtĂ©s de Melville et de Whitman.
Les Ă©ditions Le Mot et le reste, créées et dirigĂ©es depuis 1996 par Yves Jolivet, abritaient dĂ©jĂ  dans leur catalogue, diffusĂ© depuis dĂ©but aoĂ»t par Harmonia Mundi, un recueil d’essais de Thoreau, paru en 2007.

Véronique Rossignol
Livreshebdo 3 septembre 2010

- Walden

Un classique peut en cacher un autre. Encore faut-il avoir derriĂšre ce qui ne va pas toujours de soi, le classique charriant par dĂ©finition dans le halo qui le nimbe davantage de poncifs que n’importe quel autre livre. Une réédition en bonne et due forme, de celles qui apportent au lecteur quelque chose qui lui avait Ă©chappĂ©, est l’occasion d’y aller voir. Walden (380 pages, 23 euros) de Henry D. Thoreau (1817-1862) est Ă  revisiter Ă  l’initiative d’une petite maison marseillaise, les Ă©ditions Le mot et le reste.

D’abord le titre. Les connaisseurs en littĂ©rature amĂ©ricaine, qui pullulent sur “La RĂ©publique des livres”, auront remarquĂ© le parti pris des Ă©diteurs qui l’ont amputĂ© puisque gĂ©nĂ©ralement, les autres Ă©ditions le prĂ©sentent sous son habit de Walden ou la vie dans les bois (1854) suivant en cela les premiĂšres Ă©ditions de Walden ; or life in the woods (on peut lire ici la version originale en anglais) bien que l’auteur ait demandĂ© Ă  son Ă©diteur de s’en tenir au seul Walden. La traduction ensuite. Elle est signĂ© de Brice Matthieussent, l’un des plus rĂ©putĂ©s passeurs de littĂ©rature amĂ©ricaine, laurĂ©at du prix Maurice-Edgar Coindreau, traducteur de Richard Ford, Bret Easton Ellis,Thomas McGuane, Charles Bukowski, John Fante, Paul Bowles entre autres. On ne s’étonnera pas de voir le nom de Jim Harrison aux cĂŽtĂ©s du sien sur la couverture (peu inspirĂ©e, un comble vu le sujet), l’un de ceux dont il est le plus proche.
Ce n’est pas un hasard si c’est Ă  l’auteur de Dalva et de Retour en terre qu’a Ă©tĂ© confiĂ©e la prĂ©face. Thoreau et Steinbeck, auteurs de chevet de son pĂšre, ont baignĂ© son enfance. Son compagnonnage est donc ancien et c’est la volontĂ© de balayer les lieux communs qui encombrent le chef d’Ɠuvre (idylles campagnardes pour chromos accrochĂ©s dans le salon, retour Ă  la nature, idĂ©al rousseauiste du bon sauvage) qui l’a poussĂ© Ă  Ă©crire ces quelques pages Ă  la gloire d’un Thoreau qu’il range parmi les gĂ©ants de son temps aux cĂŽtĂ©s de Hermann Melville et Walt Whitman.

Alors, ce fameux livre ? Le guide de vie d’un voyageur immobile. Pendant deux ans et deux mois, entre 1845 et 1847, Henry D. Thoreau (prononcez ThĂł-row,“the h sounded, and accent on the first syllable”) a dĂ©cidĂ© de faire une parenthĂšse dans sa vie (il travaillait dans l’entreprise familiale de crayons) et de s’installer sur les rives du lac Walden, un Ă©tang plutĂŽt, Ă  Concord, Massachusetts, un village situĂ© Ă  une trentaine de kms de Boston. Il s’y est construit sa maison, une cabane plutĂŽt, a vĂ©cu seul et du seul travail de ses mains. Il l’a fait dans l’idĂ©e de tenter une expĂ©rience d’autosuffisance. Walden, le texte le plus connu d’une oeuvre qui en compte bien d’autres, est constituĂ© de la mosaĂŻque de fragments tirĂ©s du journal de cette expĂ©rience. Cela tient parfois du collage d’extraits, de citations, d’emprunts Ă  toutes les sources (latine, grecque, anglaise, chinoise et biblique, surtout Matthieu, l’EcclĂ©siaste et l’Exode) mais si bien fait que les coutures en sont invisibles. Sa lecture est d’une fluiditĂ© qui semble naturelle tant les observations comme les analyses coulent d’une mĂȘme eau. Nulle affĂšterie de langage comme on en retrouve parfois chez les auteurs de cette Ă©poque. Aucune miĂšvrerie dans son discours (au contraire, il est mĂȘme sans tendresse pour les villageois de Concord qu’il compare Ă  une colonie de rats musquĂ©s), pas de faux-lyrisme comme on pourrait le craindre dĂšs que la nature inspire, et pas davantage de vision manichĂ©enne dans le dĂ©bat nature vs culture qu’il vit au jour le jour (on en retrouve l’écho dans la passionnante Correspondance qu’il Ă©changea avec son ami et mentor Emerson que les Ă©ditions du Sandre viennent de publier pour la premiĂšre fois en français).. Ce n’est pas “moderne” ni actuel, comme on dit trop rapidement trop sovent pour mieux arrimer une ancienne pensĂ©e Ă  notre siĂšcle; c’est de tous temps, comme tout ce qui a une portĂ©e universelle. MĂȘme si on a voulu que Gandhi et Martin Luther King aient puisĂ© chez lui leurs principes de non-violence. Mais c’est surtout son message de dĂ©sobĂ©issance civile (il refuse par exemple de payer ses impĂŽts Ă  un Etat qui soutient l’esclavage) qui a ressuscitĂ© Walden dans la France de mai 68. Dans une postface succincte mais Ă©clairante, Michel Granger, qui fut le maĂźtre d’oeuvre d’un Cahier de l’Herne consacrĂ© Ă  Thoreau, rappelle Ă  juste titre que, derriĂšre sa critique des institutions Ă©tatiques et du capitalisme industriel, Walden encourage le lecteur Ă  s’affranchir de toute tutelle en dĂ©veloppant un esprit non-conformiste. Il invite Ă  exĂ©cuter un pas de cĂŽtĂ© en permanence pour penser au-delĂ  du sens commun sans pour autant s’engluer dans l’idĂ©ologie. Dans son utopie, il rĂȘve d’une Nouvelle-Angleterre oĂč des sages lettrĂ©s Ă©duqueraient la population (idĂ©al qui ne rappelle pas que de bons souvenirs). Ce voyage-autour-de-ma-cabane est d’une telle richesse que l’on s’en voudrait de le rĂ©duire en privilĂ©giant les thĂšmes qui ont fait son succĂšs en permettant de longue date aux Ă©cologistes de le rĂ©cupĂ©rer (de tous les bruits de la nature environnante, celui du chemin de fer est le seul que l’auteur veut bannir). MĂȘme si son influence est aujourd’hui devenue si vaste dans tous les domaines (littĂ©rature, poĂ©sie, musique, cinĂ©ma
) que la rĂ©cupĂ©ration semble gĂ©nĂ©rale. Mais je ne rĂ©siste pas Ă  la tentation d’isoler l’un des quinze chapitres, qui n’est pas “Le champ de haricots” ni “Pendaison de crĂ©maillĂšre” ou “Solitude”, encore qu’ils vaillent vraiment le dĂ©tour, mais “Lire”. Thoreau s’y livre en quelques pages Ă  une puissante apologie de l’enseignement des humanitĂ©s grĂ©co-latines dans leur langue, qui mĂ©riterait d’ĂȘtre publiĂ©e en tirĂ©-Ă -part et distribuĂ©e Ă  la sortie de notre ministĂšre de l’Education nationale. MĂȘme si un peu partout dans son livre, l’ humanisme est tempĂ©rĂ© par un solide puritanisme calviniste dont il ne s’est pas dĂ©fait quoi qu’il en dise. A force d’observer la nature, il parvient Ă  en dĂ©couvrir le vraie nature. Il connaĂźt sur le bout des doigts ce qu’il Ă©voque joliment comme “la grammaire mordorĂ©e du monde naturel” et sait trouver les mots pour dire la grĂące d’un paysage. Qu’est-ce qui est vraiment nĂ©cessaire Ă  la vie ? La question court tout au long de son livre, avec un souci constant de s’en tenir Ă  l’essentiel et de balancer le superflu. S’il revenait vivre parmi nous, Thoreau serait horrifiĂ© par ses contemporains et par ce qu’ils ont fait du paysage. Il les verrait tels qu’ils sont : des citoyens-consommateurs. Mais l’AmĂ©rique d’aujourd’hui ne manque pas de Concord et de lacs Walden tels qu’ils se prĂ©sentaient il y a un siĂšcle et demi. Elle est encore assez vaste et sauvage pour permettre Ă  d’autres Thoreau de tenter la mĂȘme expĂ©rience. Mais il ne suffit pas de tenir son Journal sur des petits carnets pour en faire un grand livre. Into the wild, sur l’expĂ©rience tragique de Chris McCandless en Alaska, a donnĂ© un bon livre de Jon Krakauer et un film saisissant de Sean Penn, mais ils seront oubliĂ©s quand Walden sera toujours lu. Jim Harrison nous l’apprend : ces derniĂšres annĂ©es, le lac a Ă©tĂ© sauvĂ©, des promoteurs, du tourisme et du reste, grĂące aux dons d’un certain Don Henley, membre d’un ancien groupe de rock, The Eagles. Ce qui ne donne pas nĂ©cessairement envie de fredonner Hotel California. Ni mĂȘme de lire les romans de ceux que Jim Harrison considĂšre comme les hĂ©ritiers de Thoreau en la personne de Peter Matthiessen et Gary Snyder.

On a juste envie de (re)lire Walden, de prĂ©fĂ©rence dans cette Ă©dition dĂ©sormais car elle apporte un supplĂ©ment d’ñme.
Le conseil général des Bouches-du-RhÎne a été bien inspiré de lui donner un coup de main.

La république des livres

Pierre Assouline
“Walden”, une Bible pour les seuls Ă©cologistes ? 29 aoĂ»t 2010