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Parution : 21/02/2019
ISBN : 9782360545957
88 pages (14,8 x 21 cm)

Voyage du cÎté de chez moi

Un petit prĂ©cis d’escargotisme pour lecteurs en manque de grands voyages !

C’est dans un esprit similaire Ă  celui de Thoreau que Jean-Luc Muscat apprĂ©hende le monde. Il ouvre la porte de sa maison et l’aventure est lĂ . Sept jours de marche et de flĂąnerie l’emmĂšnent des forĂȘts du SĂ©gala au Causse du Quercy aprĂšs avoir traversĂ© et retraversĂ© Lot et CĂ©lĂ©. Il emprunte les sentiers forestiers, suit des bribes du chemin de Saint Jacques, observe la nature d’un Ɠil attentif mais plisse aussi les yeux pour se crĂ©er des tableaux impressionnistes, se reposant dans des gĂźtes dĂ©sertĂ©s ou Ă  la belle Ă©toile. Cet ancien forestier imprĂ©gnĂ© de nature se rĂ©clame de l’escargotisme, rĂ©flĂ©chit sur cette mobilitĂ© effrĂ©nĂ©e oĂč l’on veut dĂ©couvrir des mondes lointains avant de connaĂźtre la proximitĂ© de son jardin. Il Ă©crit pour nous faire voyager avec lui, si loin, qu’on en oublierait ĂȘtre si proches.

Revue de presse

- Voyage du cÎté de chez moi Gilles Banderier La Cause littéraire 16 septembre 2019
- Interview - Plus c'est lent plus c'est bon Catherine Robin ELLE Zen mai 2019
- Voyage du cÎté de chez moi Nathalie Glorion Les Passions de Chinouk 23 mars 2019
- Il voyage en solitaire Jean-Marc Pinson Ouest-France 15 mars 2019
- Voyage du cÎté de chez moi Pierre Ahnne Le blog littéraire de Pierre Ahnne 28 février 2019

- Voyage du cÎté de chez moi

Au milieu d’une production littĂ©raire, quoi qu’on en dise, de plus en plus calibrĂ©e et obĂ©issant Ă  un cahier des charges imposĂ© par on ne sait exactement qui, il arrive que des Ă©diteurs discrets (l’expression « petits Ă©diteurs » ne rend pas compte de leur rĂŽle important : aprĂšs tout, eux seuls prennent des risques en sortant des sentiers battus) fassent paraĂźtre des titres dignes de retenir l’attention. C’est le cas de la maison marseillaise, Le Mot et le Reste, avec ce Voyage du cĂŽtĂ© de chez moi. Dans l’esprit du lecteur lettrĂ©, qui connaĂźt ses classiques, ce titre Ă©voque le Voyage autour de ma chambre de Xavier de Maistre, admirable texte mineur, si l’on veut, mais qu’on peut relire chaque annĂ©e sans se lasser. En ce qui le concerne, Jean-Luc Muscat est sorti de sa chambre et mĂȘme de sa maison. À une Ă©poque oĂč les compagnies aĂ©riennes Ă  bas prix emmĂšnent leur clientĂšle Ă  l’autre bout du monde pour un tarif minimal et un inconfort maximal, Muscat s’est satisfait d’utiliser le plus vieux moyen de locomotion qui existe. Si l’on admet qu’aprĂšs leur apparition en Afrique, les ancĂȘtres des ĂȘtres humains ont progressivement colonisĂ© les zones les moins inhospitaliĂšres de la planĂšte, ils ne l’ont fait qu’en marchant.

Jean-Luc Muscat est donc parti de « chez lui », quelque part prÚs de Figeac, département du Lot (depuis la Révolution française), province du Quercy (auparavant) ; terre de pierres et de soleil (une minéralité et une lumiÚre qui ne sont pas celles de la Provence), de riviÚres qui disparaissent sous les montagnes, puis ressurgissent.

« Partir Ă  pied de son lieu d’habitation signifie qu’il n’y a pas de transition entre le bouclage du sac et le premier pas sur le chemin, pas de voiture, aucun train, aucun avion. Point d’intermĂšde, ni anticipation, ni crainte, ni trac. L’immensitĂ© du monde est lĂ , l’immensitĂ© de la libertĂ© » (p.8).

Dans un pays lacĂ©rĂ© par des autoroutes, qui permettent d’aller au plus vite du point A au point B en ne voyant rien, sinon la route elle-mĂȘme, les autres vĂ©hicules et les pĂ©ages ; dans un pays striĂ© par des voies ferrĂ©es Ă  grande vitesse dont les gares se dressent au milieu de nulle part ; dans un pays oĂč, Ă  la mode amĂ©ricaine, les gens qui disposent d’une voiture s’en servent pour parcourir cinquante mĂštres, le fait de voyager Ă  pied suffit Ă  faire de vous un hurluberlu. Marcher, c’est accepter une part de hasard, de rencontres, d’imprĂ©vus heureux ou malheureux (quand on voyage en avion ou par l’autoroute, l’imprĂ©vu est en gĂ©nĂ©ral tragique). Marcher est aussi une maniĂšre de rĂ©apprendre « l’usage du monde », de se rappeler que ce qui nous entoure n’est pas un hypermarchĂ© livrĂ© au pillage, un endroit oĂč l’ĂȘtre humain peut faire n’importe quoi (il ne s’en est pas privĂ©), mais un lieu oĂč l’on doit se comporter de maniĂšre civilisĂ©e, en suivant certains « usages ».



La chronique intégrale est en lecture sur La Cause littéraire

Gilles Banderier
La Cause littéraire 16 septembre 2019

- Interview - Plus c'est lent plus c'est bon

L’ESCARGOTISME ? UN DROLE DE NOMPOURUNEVRAIEPHILOSOPHIE DE VIE, QUENOUSPRESENTE L’AUTEURJEAN-LUCMUSCAT, ANCIENFORESTIER. UNESALUTAIREINVITATION A RALENTIRAFIN DE REPRENDRE LE CONTROLE DE SONTEMPS ET DE SA VIE.

Pour se rendre du cĂŽtĂ© de chez lui, le chemin est long. Depuis Paris, il s’ouvre au petit matin dans une gare d’Austerlitz dĂ©serte oĂč un train lntercitĂ©s s’apprĂȘte Ă  tortiller pendant quatre bonnes heures jusqu’à Brive-La-Gaillarde. lĂ , un autocar poursuit le chemin omnibus pendant plus de deux heures jusqu’à Figeac, charmante bourgade du lot, berceau de Champollion et terre d’adoption de Jean-luc Muscat. Forestier de formation, cet homme de 65 ons a exercĂ© mille mĂ©tiers avant de signer son premier livre Voyage du cĂŽtĂ© de chez moi, aux Ă©ditions le mot et le reste. Sa philosophie ? Une reconnexion avec le rythme nourrissant de la nature. Le point de dĂ©part ? Sa maison, situĂ©e dans le SĂ©gala, terre acide au carrefour de l’Aveyron, du Cantal et du Lot. De lĂ , il nous invite Ă  le suivre « pendant sept jours de marche pour se crĂ©er un monde ». Non sur le modĂšle divin, mais plutĂŽt dans le but de composer une ode Ă  la nature, de nous convier Ă  ralentir. Une aventure intĂ©rieure aussi gourmande que frugale, aux portes de chez soi.

ELLE. Vous vous revendiquez de l’escargotisme, un nĂ©ologisme de votre cru. De quoi s’agit-il ?

JEAN-LUCMUSCAT. Quand on me demande mon signe astrologique, je dis toujours que je suis du signe de l’escargot. Depuis que je suis gosse, j’ai toujours dessinĂ© des spirales quand je m’ennuyais. A l’école d’abord, puis dons les rĂ©unions de travail. Cette escargotisme procĂšde chez moi d’une revendication pour le droit Ă  la lenteur. La lenteur, c’est s’habiter, prendre possession de soi-mĂȘme. C’est le mouvement qui vous permet d’apprĂ©hender votre environnement proche, d ‘en retenir les dĂ©tails, d’imprimer en vous ce qui vous entoure. Dons notre monde moderne, la marche en solitaire est la discipline idĂ©ale pour s’adonner Ă  la lenteur.

ELLE. Pourtant, notre époque ne valorise pas spécialement la lenteur


J.-L.M. Le monde est devenu frĂ©nĂ©tique. On veut construire vite, se dĂ©placer vite, gagner toujours plus de temps – mais du temps pour quoi ? On veut toujours anticiper, se projeter dans ce que l’on imagine forcĂ©ment meilleur. C’est Ă©puisant.

ELLE. Est-ce que ralentir, c’est vieillir?

J.-L.M. Non, ou contraire. Moi, j’ai toujours Ă©tĂ© lent. On m’appelait “le Bouddha”, “le rĂȘveur”. J’étais toujours en contemplation. Je suis extrĂȘmement lent depuis toujours. Je prends mon temps.

ELLE. En quoi la marche est-elle le pendant de la lenteur?

J.-L.M. Marcher, c’est toucher terre. J’ai le mal des transports. Quand je suis dans un bus, un train ou un avion, ce que je dĂ©sire le plus, c’est loucher terre. C’est indispensable. La marche est un refuge, je trouve la paix, je remets en place tous mes dĂ©sordres, psychiques, physiques, je me rĂ©aligne, je me remets droit. C’est une forme de mĂ©ditation.

ELLE. Est-ce un mécanisme conscient ou inconscient ?

J.L.M. les deux. Parfois, j’ai des sujets trĂšs concrets en tĂȘte, que je vois m’employer Ă  traiter en marchant : le prochain voyage, un problĂšme affectif, un livre Ă  terminer, une obsession
 je vais chercher le pourquoi de la chose. D’autres fois, cela advient comme ça, Ă  la façon de l’inspecteur Bourrel – “Bon Dieu, mois c’est bien sĂ»r!”.

ELLE. Le voyage Ă  cĂŽtĂ© de chez soi est-il possible lorsque l’on vit dans un environnement trĂšs urbain ?

J.-L.M. Marcher, c’est ĂȘtre ouvert aux sensations. J’ai grandi Ă  Paris et aujourd’hui encore, quand j’y reviens, l’odeur des troĂšnes m’emballe. Mon enfance est lĂ , au pied des platanes, des catalpas, des marronniers. Je pense que, mĂȘme si on habite une grande ville, on peut partir en voyage du cĂŽtĂ© de chez soi. Suivre la Seine et voir oĂč cela nous mĂšne ; se perdre dans la vallĂ©e de Chevreuse ; aller vers l’ouest, vers le nord
 Tout est possible. La nature est lĂ , la libertĂ© est lĂ . Il suffit de laisser tomber sa voiture et de se mettre en marche pour ĂȘtre plus attentif Ă  ce qui est Ă  notre portĂ©e. Quel que soit notre environnement, je pense que l’on peul pratiquer cela. MĂȘme si je n’oublie pas que la marche est, pour moi, un luxe de riche occidental, quand elle est d’une nĂ©cessitĂ© vitale pour d’autres, ailleurs.

ELLE. Vous dites qu’il manque aux jeunes une expĂ©rience initiatique, comme des marches dans la nature ou des nuits Ă  la belle Ă©toile


J.-L.M. Quand j’étais formateur en insertion sociale, j’emmenais des jeunes de quartiers populaires en stage Ă  la campagne, et beaucoup ne voulaient pas rester. Ils avaient peur. Ça les effrayait d’ĂȘtre loin du quartier. lis n’avaient plus leurs repĂšres. La nature leur faisait peur, parce qu’elle Ă©tait absente de leur vie. L’urbanisation croissante de la sociĂ©tĂ© contribue Ă  cette montĂ©e de la peur. Voyager seul, marcher seul, se retrouver seul dans la nature, ça fait peur. Face Ă  cela, nous avons dĂ©veloppĂ© des rĂ©flexes d’hyperprotection. On veut se garantir de tout, du mol, de la nuit, des bĂȘtes, des araignĂ©es
 On voudrait s’assurer de tout. Vous achetez quelque chose, on vous vend une assurance – on ne sait jamais, si vous cassiez votre Smartphone ou vos lunettes
 Cette anticipation morbide permanente est, Ă  mes yeux, une forme de dĂ©cadence de la sociĂ©tĂ©.

ELLE. Et vous, vous n’avez jamais peur la nuit, dans votre hamac ?

J.-L.M. Non, pas vraiment. Mais ça peul m’arriver en plein jour dans un massif dĂ©sertique. Je me dis alors de me calmer et j’invoque ce qu’il y a de meilleur en moi. Je mĂąche le temps, comme j’écris dans le livre. Je ne suis pas pressĂ© d’arriver. La peur arrive toujours quand on anticipe sur les choses, sur le danger, sur ce qui peut arriver. La peur, c’est l’ennemi de l’instant prĂ©sent. La marche est une Ă©cole pour dompter cela : on se forme Ă  ne plus avoir peur. On muscle sa respiration dans la cadence. On prend de l’élan et de l’allant. On cale sa foulĂ©e, son pas, sur la respiration. C’est finalement trĂšs proche du yoga. En marchant, on expĂ©rimente des choses, comme la sensation d’ĂȘtre ultra-lĂ©ger. J’ai parfois l’impression que je serais capable de voler, que l’effort n’existe pas, que je suis comme aspirĂ© par la pente qui est devant moi. J’agis comme ces moines bouddhistes du Tibet qui expĂ©rimentent et essaient de repousser leurs limites : celle de ne plus avoir froid, celle de marcher le plus vite possible
 Je travaille lĂ -dessus : je me mets dans cet Ă©tat mental oĂč les choses sont faciles. Je le visualise, je le ressens, je l’expĂ©rimente complĂštement.

ELLE. Marcher, est-ce une dissidence ?

J*.-L.M.* C’est une forme de revendication. On est Ă  contre-courant. Il suffit d’arriver Ă  un point culminant et de regarder toute l’agitation en dessous de nous. Moi, je marche Ă  pied. Et, oui, c’est une forme de rĂ©volte. Un programme politique, je dirais mĂȘme.

ELLE. Mais le développement du tourisme ne contribue-t-il à la domestication et à la commercialisation de la nature ?

J.-L.M. II existe encore des chemins de traverse, fort heureusement. Mais je suis toujours fascinĂ© par le fait que les gens ont besoin de se regrouper pour se rassurer, sĂ»rement. li y a deux ans, j’ai fait de la randonnĂ©e dons les PyrĂ©nĂ©es, j’étais affolĂ© de voir la foule au-dessus du cirque de Gavarnie. Les gens arrivent en voiture, ils font deux, trois kilomĂštres Ă  pied, les uns sur les autres. Aujourd’hui, on apprĂ©hende la nature comme une chose Ă  consommer. Certains ne prennent d’ailleurs mĂȘme pas la peine de s’arrĂȘter. Ils baissent la vitre, clic-clac, et ils repartent. Ces gens-lĂ  oublient qu’on est satellisĂ© autour du soleil, qu’on file Ă  des milliers de kilomĂštres heure dans le cosmos. La dĂ©connexion avec la nature est totale. Par ailleurs, il est vrai que les marcheurs sont aujourd’hui surĂ©quipĂ©s. Moi, je marche beaucoup Ă  l’instinct. Bien sĂ»r, je regarde les cartes, mais je ne me promĂšne pas avec un GPS sous le nez, comme ceux que je vois parfois embarquĂ©s dons de drĂŽles de chorĂ©graphies, Ă  la recherche de rĂ©seau. Avec ces outils, on perd l’instinct, cette capacitĂ© Ă  faire confiance Ă  sa boussole intĂ©rieure. Or, il y a des dĂ©tails qui vous mettent sur la voie. ll faut juste prendre le temps de les observer. Un jour, je me suis perdu en Auvergne, entre Clermont-Ferrand et Aurillac. J’ai dĂ©cidĂ© de rebrousser chemin et de rĂ©flĂ©chir Ă  la marche Ă  suivre. Tout Ă  coup, un renard est apparu, s’est engouffrĂ© dons une sente, et je me suis dit : c’est par lĂ  qu’il faut aller. J’ai pris la sente et retrouvĂ© mon chemin. li faut se faire confiance, et l’univers vous parle.

ELLE. Pourquoi préférez-vous marcher seul ?

J.-L.M. Les randonneurs solitaires sont finalement plutĂŽt rares. Je marche seul pour ĂȘtre maĂźtre de mes dĂ©cisions. Marcher Ă  plusieurs peut ĂȘtre agrĂ©able, renforcer l’amitiĂ©, mais cela contraint aussi car il faut sans arrĂȘt s’en remettre Ă  l’avis de chacun sur l’itinĂ©raire, les pauses, le rythme


ELLE. Vous Ă©voquez beaucoup le passĂ© dans votre livre. C’était mieux avant?

J.-L.M. C’est vrai que j’ai un peu tendance Ă  le dire. C’est le propre des gens qui ont un certain Ăąge, peut-ĂȘtre. Mais c’est aussi liĂ© Ă  la disparition rĂ©elle des sons et des odeurs qui ont de tout temps accompagnĂ© la vie rurale et nourri nos imaginaires. le paysage rural actif, celui qui existait pleinement il y a trente ou quarante ons, qui survit çà et lĂ  Ă  travers le chant du coq et les exhalaisons de fumier, s’est transformĂ© en une sorte de village idĂ©al, un Kodachrome bien lĂ©chĂ© duquel l’authentique sauvagerie a disparu.

ELLE. Pourquoi avez-vous dĂ©missionnĂ© des Eaux et ForĂȘts ?

J.-L.M. À l’Office national des forĂȘts, on Ă©tait dons une logique quasi industrielle, il fallait que les arbres poussent bien droits pour rationaliser leur utilisation future. J’ai une fibre sensible : tous les arbres m’inspiraient de la poĂ©sie et je n’arrivais pas Ă  me rĂ©signer Ă  les abattre uniquement parce
qu’ils Ă©taient tordus ou poussaient de travers.

ELLE. Que ressentez-vous auprùs d’un arbre ?

J.-L.M. Je ne sais pas, il y a une connexion. Je ne veux pas avancer de thĂ©ories fumeuses, mais ça me fait tout simplement du bien. Quand j’étais gamin, ma premiĂšre expĂ©rience mystique s’est dĂ©roulĂ©e un jour oĂč, avec mon frĂšre, on cherchait des arbres pour y monter. On a trouvĂ© un peuplement de pins sylvestres. On en a pris un chacun pour faire la course, Ă  celui qui monterait le plus haut, le plus vite Au fur et Ă  mesure que je grimpais j’ai ressenti comme une extase. Un immense bonheur m’a envahi. J’étais en fusion avec l’arbre. C’est un souvenir ancien, mais qui est encore ancrĂ© en moi. Ça a orientĂ© le reste de mon existence.

Catherine Robin
ELLE Zen mai 2019

- Voyage du cÎté de chez moi

PremiĂšres phrases
Sept jours de marche pour se crĂ©er un monde, un monde Ă  la fois hors du temps, mais aussi dans le temps maĂźtrisĂ©. Le temps s’écoule doucement, Ă  condition d’ériger la lenteur en systĂšme et d’instaurer un espace entre les Ă©vĂ©nements, les rencontres, les Ă©motions et soi-mĂȘme. Le temps peut s’apprivoiser, devenir un ami, un alliĂ©. Le tout est de l’imprĂ©gner de l’instant et de se nourrir tant du dĂ©tail que de l’ensemble de ce que l’on dĂ©couvre Ă  chaque pas.

Pourquoi ce livre
Un jour de juin, ouvrir la porte de la maison et partir Ă  l’aventure. VoilĂ  la premiĂšre phrase de la quatriĂšme de couverture de « Voyage du cĂŽtĂ© de chez moi ». Vous pensez que je peux rĂ©sister Ă  une telle phrase ? La promesse de lire un rĂ©cit un peu semblable Ă  Thoreau a fini de me convaincre.

Résume
C’est dans un esprit similaire Ă  celui de Thoreau que Jean-Luc Muscat apprĂ©hende le monde. Il ouvre la porte de sa maison et l’aventure est lĂ . Sept jours de marche et de flĂąnerie. Il emprunte les sentiers forestiers, suit des bribes du chemin de Saint-Jacques, observe la nature d’un Ɠil attentif, mais plisse aussi les yeux pour se crĂ©er des tableaux impressionnistes, se reposant dans des gĂźtes dĂ©sertĂ©s ou Ă  la belle Ă©toile. Cet ancien forestier imprĂ©gnĂ© de nature se rĂ©clame de l’escargotisme, rĂ©flĂ©chit sur cette mobilitĂ© effrĂ©nĂ©e oĂč l’on veut dĂ©couvrir des mondes lointains avant de connaĂźtre la proximitĂ© de son jardin. Il Ă©crit pour nous faire voyager avec lui, si loin, qu’on en oublierait ĂȘtre si proches.

Mon avis sur Voyage du cÎté de chez moi de Jean-Luc Muscat
Jean-Luc Muscat adepte de ‘l’escargotisme’ dĂ©cide de partir en randonnĂ©e autour de chez lui dans sa belle rĂ©gion du Lot et du causse du Quercy. Une boucle de 7 jours qu’il va nous conter Ă  raison d’un chapitre par jour. Une randonnĂ©e pendant laquelle il va nous partager ses impressions, ses rencontres et ses dĂ©couvertes.

‘Voyage du cĂŽtĂ© de chez moi’ est un tout petit livre de 85 pages, mais c’est une grande bouffĂ©e de fraĂźcheur. Ce rĂ©cit m’a fait l’effet d’une douce brise de printemps (il faut dire que je l’ai lu en profitant des premiers beaux jours de l’annĂ©e, ça aide).
J’ai adorĂ© l’écriture de l’auteur que j’ai trouvĂ© belle, descriptive et dĂ©licate. Ce rĂ©cit m’a rappelĂ© ce que j’aime chez Thoreau : la simplicitĂ© et la dĂ©licatesse des mots.
Le fait d’apprĂ©cier ce qui nous entoure, prendre le temps, regarder, laisser son esprit vagabonder au rythme lent de nos pas.
L’auteur a pris des chemins de traverse, mais aussi des portions du Chemin de Compostelle (deux salles, deux ambiances comme dirait l’autre :)
Le rĂ©cit est accompagnĂ© d’une chouette carte oĂč figurent les rencontres marquantes de son voyage.
J’ai ouĂŻ dire qu’un autre livre de Jean-Luc Muscat devrait voir le jour, pour nous conter son chemin de Compostelle, j’ai vraiment hĂąte de retrouver l’écriture de l’auteur !

Voilà un petit livre qui met du baume au cƓur au sortir de l’hiver, impossible de ne pas se projeter et d’avoir, nous aussi, envie d’attraper son sac à dos et de franchir le pas de notre porte ! Vous me suivez ?

Lisez la chronique sur Les Passions de Chinouk

Nathalie Glorion
Les Passions de Chinouk 23 mars 2019

- Il voyage en solitaire

La chanson de GĂ©rard Manset colle parfaitement Ă  la dĂ©marche de Jean-Luc Muscat. Un beau jour, il est parti Ă  l’aventure, seul
 Ă  cĂŽtĂ© de chez lui. Il a marchĂ© pendant sept jours, des bois du SĂ©gala au Causse du Quercy en traversant le Lot et le CĂ©lĂ©. « Je me rĂ©clame de l’escargotisme. Ce nĂ©ologisme baveux procĂšde chez moi d’une revendication pour le droit Ă  la lenteur. » L’ancien forestier nous entraĂźne sur des sentiers qu’il connaĂźt, une nature qu’il apprĂ©cie oĂč l’on croise des animaux sauvages. Le lecteur prend plaisir Ă  cheminer tranquillement dans les pas du marcheur. « Si je marche seul si rĂ©guliĂšrement, le plus souvent sur les chemins et les sentiers c’est certainement parce que je crains de m’éloigner de la vĂ©ritable nature de l’homme, dont les racines sont indĂ©niablement ancrĂ©es dans la terre, comme le sont celles des arbres. » Un livre qui donne envie de prendre l’air et de se mettre au vert.

Jean-Marc Pinson
Ouest-France 15 mars 2019

- Voyage du cÎté de chez moi

« Le mot et le reste » est une maison marseillaise, qui publie des choses diverses, avec deux centres d’intĂ©rĂȘt plus apparents : la musique (plutĂŽt populaire et anglo-saxonne) et la nature comme thĂšme littĂ©raire (Thoreau figure au catalogue). C’est la seconde de ces deux prĂ©occupations qu’illustre le petit livre de Jean-Luc Muscat. Cet ancien garde forestier (avant bien d’autres mĂ©tiers) est parti un 8 juin de chez lui, prĂšs de Figeac, Ă  pied, pour une longue randonnĂ©e en forme de boucle, entre Lot et CĂ©lĂ©, riviĂšres et causses, avec retour le 14 juin.

7 chapitres, un par jour, pour nous raconter son aventure pĂ©destre, dans l’ordre chronologique et gĂ©ographique. Rien de plus simple. Et cette simplicitĂ© est la premiĂšre vertu d’un ouvrage plein de charme.

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Retrouvez l’intĂ©gralitĂ© de la chronique sur le nouveau blog littĂ©raire de Pierre Ahnne

Pierre Ahnne
Le blog littéraire de Pierre Ahnne 28 février 2019