Tordre la douleur
âUn roman fort, Ă©crit dâune plume incandescente qui raconte la vie de personnages en proie Ă de douloureuses aventures intĂ©rieures et qui affrontent leurs dĂ©mons en un huis clos fascinant.â
Alain Bosmans, Le Dauphiné libéré
Ce quâen pensent les libraires :
âEntre ronds-points et montagne, accident, deuil et consolation, voici le nouveau roman dâAndrĂ© Bucher, avec une analyse psychologique fine et tendre des personnages. On peut tordre la douleur et retrouver la sĂ©rĂ©nitĂ© et lâamour. Un â presque â roman feel good !â
Corine, Librairie Polinoise (Poligny)
âOn a le plaisir de retrouver son univers, son Ă©criture et son engagement.â
Christian, Librairie Nouvelle (Voiron)
Ătonnant, que ce nouveau roman dâAndrĂ© Bucher ! Sâil rompt, par son lien avec lâactualitĂ©, avec ses prĂ©cĂ©dents, on y retrouve sa poĂ©sie qui accompagne ses personnages et sublime la nature. Encore une fois, il nous livre un roman Ă la fois beau et tendre. Encore une fois, il reste un des auteurs chouchou de la librairie !
AgnĂšs, Librairies des Thermes (BagnĂšres-de-Luchon)
âLa grande joie de retrouver lâĂ©criture dâAndrĂ© Bucher.â
Bertrand, Librairie des Marais (Villefranche-sur-SaĂŽne)
âTordre la douleur est une ode Ă notre espace commun, Ă nos strates de vie, nos rides, nos imperfections, nos douleurs, notre rĂ©silience, nos combats. AndrĂ© Bucher y chante ses gens et sa terre, ses creux, ses bosses, son ariditĂ©, son embrassement, son arĂŽme; Tordre la douleur est un roman Ă la fois humble et puissant, avec cette pointe de suspense et de tension « Ă la » Ron Rash, ce qui nâest vraiment pas pour me dĂ©plaire. Fanny, Librairie Le Grenier (Dinan)
Bernie et sa femme ne se remettront pas de la mort soudaine de leur fils. La douleur, insubmersible, a eu raison de leur histoire. Ă quelques encablures de lĂ , Sylvain et Ălodie jouent de malchance lors des premiers remous du mouvement des gilets jaunes: dans un accĂšs de panique, cette derniĂšre a mortellement renversĂ© la mĂšre du jeune garagiste, qui devra lui aussi composer avec le deuil. Plus bas dans la vallĂ©e, Ădith fuit vers lâinconnu. Son compagnon a levĂ© une fois de trop la main sur elle mais le hasard la mĂšnera sur la route de Bernie, ermite devenu sauveur. Dans ce nouveau roman, AndrĂ© Bucher dĂ©ploie une galerie de personnages, unis dans le chagrin lors dâune Ă©prouvante pĂ©riode hivernale, oĂč la douleur des ĂȘtres fait Ă©cho Ă celle des arbres. Mais le hasard des chemins des Alpes-de-Haute-Provence les rassemblera, leur offrant un espoir de guĂ©rison, une chance de tordre la douleur.
Revue de presse
- Tordre la douleur Patrick Beguinel Radio Activ' / B.O.L. Band Originale de Livres 21 avril 2021
- Tordre la douleur, de la détresse à la souffrance apaisée Justine Aerts Le Suricate Magazine 16 avril 2021
- Tordre la douleur Sébastien Vidal Le souffle des mots 25 mars 2021
- Tordre la douleur Corinne Robial Vivre au jabron avril 2021
- Tordre la douleur Nathalie Glorion Les passions de Chinouk 15 mars 2021
- Tordre la douleur Anne Morin La Cause Littéraire 23 mars 2021
- Tordre la douleur Daniel Rolland Culture hebdo mars 2021
- Tordre la douleur Daniel Raphalen Alternantes FM / Voyage au bout du livre 6 mars 2021
- Tordre la douleur Jean-Pierre Tissier Blues et Polar 4 mars 2021
- Interview d'André Bucher Alexandre Halliez Radio Libertaire 2 mars 2021
- Tordre la douleur BibliothÚque de Bracieux BibliothÚque de Bracieux 9 février 2021
- Tordre la douleur Noé Gaillard Daily Passions 13 février 2021
- La rentrée des auteurs Auvergne RhÎne Alpes Livre et Lecture Auvergne RhÎne Alpes Livre et Lecture 4 février 2021
- Tordre la douleur Flore Delain En lisant, en écrivant 8 février 2021
- Tordre la douleur Josiane Chériau Radio Zinzine Limans février 2021
- Tordre la douleur : une empathie qui serre le coeur Le Télégramme Le Télégramme 27 janvier 2021
- Pour panser la douleur, il y a le temps et André Bucher Laure Ostwalt La Tribune 21 janvier 2021
- Tordre la douleur Dominique Lin Blog de Dominique Lin 23 janvier 2021
- Tordre la douleur Simone Tremblay La livrophage 20 janvier 2021
- Tordre la douleur Les notes Les notes 8 janvier 2021
- André Bucher regarde les hommes tomber et signe son dixiÚme roman Alain Bosmans Le Dauphiné libéré 8 janvier 2021
Nous sommes dans une sociĂ©tĂ© dure, oĂč tout peut survenir, une rupture dâanĂ©vrisme comme une mauvaise chute aux abords dâun rond-point. On sâĂ©teint, soudain, et nous laissons derriĂšre nous la peine, la tristesse, la mĂ©lancolie et lâamertume. Surtout, nous laissons la vie vide de sens. Pour ceux qui restent, la vie nâa plus de goĂ»t, plus de saveur, simplement de la douleur. Mais il faut, si lâon dĂ©sire continuer Ă exister un tant soit peu normalement, la torde cette douleur, de grĂ© ou de force, ou bien sous le jeu toujours inĂ©dit, hasardeux, Ă moins quâun grand Tout guide tout cela tel un chef dâorchestre facĂ©tieux, des rencontres improbables et inattendues. Tordre la douleur dâAndrĂ© Bucher est un peu tout cela Ă la fois. [âŠ]
Une écriture sensible.
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Avec une Ă©conomie de mots, trĂšs « simplement » choisis, AndrĂ© Bucher esquisse des portraits de personnage arrivĂ©s Ă des points charniĂšres de leur existence. En deuil, dâune façon ou dâune autre, ils doivent tous continuer Ă avancer. Se heurtant Ă la vie elle-mĂȘme, câest par le partage, lâempathie, quâils trouveront une Ă©chappatoire Ă une voie sans issue, celle qui nous guette quand nous ruminons sur le passĂ© au lieu de vivre lâinstant prĂ©sent.
LâĂ©criture de lâauteur sâaccorde Ă la beautĂ© des lieux. AndrĂ© Bucher, sans faire dans le message Ă©cologiste, nous Ă©voque Ă la fois son amour des hommes et celui de la nature. Nous nous trouvons trĂšs vite embarquĂ©s dans cette histoire, sans quâil soit possible de lĂącher le livre une fois que nous lâavons entamĂ©.
Ce roman porte indubitablement bien son nom. En se montrant altruiste, solidaire, empathique, , la vie des personnages prend une dimension nouvelle. Pardon, rĂ©surrection, protection, des mots qui rĂ©sumeraient un peu le propos de ce livre profondĂ©ment humain. Câest Ă regret que nous quittons cet univers dur mais ĂŽ combien gĂ©nĂ©reux en Ă©motions. Qui plus est, lâauteur sâavĂšre extrĂȘmement lucide et ose quelques pics bien sentis Ă lâencontre de certaines manipulations. Avec intelligence, en quelques lignes seulement, il pose une critique bien sentie de la sociĂ©tĂ© qui est la nĂŽtre.
Vous lâaurez compris, ce court et magnifique roman nous remet un peu les yeux en face des trous. Avec tact, dans un dosage savamment orchestrĂ©, Tordre la douleur est la reprĂ©sentation du chemin Ă parcourir pour redonner Ă la vie ses saveurs, mais aussi foi dans une humanitĂ© pervertie par des besoins qui nâen sont pas vĂ©ritablement. Seuls compte finalement la grandeur de certaines Ăąmes, de certaines rencontres. Nous ressortons de ce livre grandis, emplis dâun sentiment de joie qui ne nous quitte pas durant de longues heures. Et câest Ă©norme.
Une chronique à retrouver en intégralité sur Litzic
Ce mercredi, lâĂ©mission B.O.L. Band Originale de Livres a parlĂ© du roman dâAndrĂ© Bucher, Tordre la douleur, sur les ondes de Radio Activâ !
Ă réécouter sur Radio Activâ 101.9 FM
Tordre la douleur est le dixiĂšme roman de lâauteur français AndrĂ© Bucher, publiĂ© en 2021 aux Ă©ditions Le mot et le reste. Ă travers cette histoire, lâĂ©crivain invite le lecteur dans un voyage empathique Ă la rencontre des maux qui pĂšsent le cĆur de ses personnages et des relations humaines qui les apaisent.
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Tordre la douleur est un roman relativement court qui plonge le lecteur dans un rĂ©cit de rĂ©silience, oĂč les douleurs des uns se mĂȘlent aux traumatismes des autres pour laisser peu Ă peu place Ă lâapaisement. La narration Ă la troisiĂšme personne saute dâune perspective Ă lâautre pour rendre compte des sentiments de chaque personnage et la façon dont ceux-ci dĂ©cident dây faire face. MalgrĂ© ces changements de perspective, le lecteur ne se perd pas dans cette narration multiple, qui a le mĂ©rite de rester claire.
Le rĂ©cit se voit cependant compliquĂ© par la plume poĂ©tique caractĂ©ristique de lâauteur. Si celle-ci prĂ©sente lâavantage dâoffrir des tournures de phrases gracieuses aux amateurs de beaux mots, elle a tendance Ă rendre la lecture de certains passages laborieuse, ce qui pourrait dĂ©courager plus dâun lecteur. Cette tendance est particuliĂšrement apparente dans les descriptions de la nature, qui rappellent lâattachement de lâauteur au monde naturel et sa prĂ©dilection pour le genre du nature writing. Les descriptions de la nature hostile en cette pĂ©riode hivernale se prĂ©sentent comme lâĂ©cho de la souffrance des personnages et du processus de guĂ©rison quâils sâefforcent dâentamer, leur offrant lâespoir dâun calme aprĂšs la tempĂȘte.
AndrĂ© Bucher promet dĂšs le titre et le rĂ©sumĂ© un rĂ©cit de douleur explorant les thĂšmes du deuil, du traumatisme et de la rĂ©silience, mais il ne tombe pas dans le piĂšge de se livrer Ă une narration lugubre et suffocante. MĂȘme si la souffrance reste le fil conducteur de lâhistoire, celle-ci se veut plutĂŽt empathique et se concentre davantage sur lâĂ©volution Ă©motionnelle des personnages vers une douleur apaisĂ©e plutĂŽt que sur leur agonie.
Si les diffĂ©rentes histoires du roman se rejoignent par ses thĂšmes et ses personnages rassemblĂ©s par le destin au fil du rĂ©cit, lâintrigue manque cependant de densitĂ© fictionnelle. Le roman se prĂ©sente comme un parcours Ă©motionnel, une exploration des sentiments, un voyage de guĂ©rison. Ainsi, le lecteur en quĂȘte dâintrigue pourrait rapidement chercher le suspense et les tensions qui manquent pour pimenter le rĂ©cit. On regrette Ă©galement que certains personnages soient lĂ©gĂšrement mis de cĂŽtĂ© par la narration, comme câest le cas de Solange et dâĂlodie, dont les souffrances complexes auraient mĂ©ritĂ© une plus grande attention de la part de lâauteur. MalgrĂ© tout, le roman fait un bon travail dans son exploration de la souffrance, de la cicatrisation et des relations humaines, en montrant comment chacun dâentre eux trouve en lâautre une source dâapaisement.
Une chronique à retrouver en intégralité sur Le Suricate Magazine
Lâhistoire. De nos jours, du cĂŽtĂ© dâun morceau des Alpes. Bernie, Ădith, Ălodie et Sylvain ont connu des moments difficiles. Du genre dont on se remet trĂšs mal, et parfois jamais. Ces quatre-lĂ ne se connaissent pas, ils tracent leur chemin quelque part dans les Alpes-de-Haute-Provence. Les Ă©vĂšnements vont les amener Ă se rencontrer, Ă tisser quelque chose qui leur est nĂ©cessaire pour avoir une chance de continuer. Câest tout ce que vous avez besoin de savoir sur lâhistoire.
AndrĂ© Bucher porte les mots au bout de son stylo, il le secoue et ces mots tombent sur le papier, agencĂ©s dâune certaine maniĂšre, qui lui est propre. Sans sâembarrasser de fioritures, il nous fait sentir la campagne, la vie rurale dans ce quâelle peut contenir de plus sec, de plus solitaire, de plus dĂ©pouillĂ©. Parce que vivre en zone rurale câest prendre le risque de devoir sâobserver, se sonder, et donc de dĂ©couvrir des choses sur soi que lâon nâaimera pas forcĂ©ment.
AndrĂ© Bucher connait bien la rĂ©gion sur laquelle il Ă©crit. Il nâa pas son pareil pour faire surgir un orage, aussi violent que fugace. En claquant des doigts, il dĂ©gage le ciel qui semble sâouvrir comme la mer Rouge, dâun bout Ă lâautre du massif aiguisĂ© dont les pointes tailladent le ventre des nuages. Il y a le froid, lâhumiditĂ©, des arbres sĂ©culaires dressĂ©s comme des totems, une armĂ©e de totems, et au milieu, un peu perdus, les humains enchĂąssĂ©s dans leurs tourments.
Sans appuyer plus que de raison, lâauteur façonne ses personnages, Ă coup de coups durs, de peines, de vertiges. Chez lui, Bernie et ses comparses sont semblables Ă des feuilles dâĂ©rables abandonnĂ©es par les ramures Ă lâautomne, câest-Ă -dire Ă la merci des vents, ou de lâabsence de vent, aux alĂ©as du hasard facĂ©tieux, ils sont le bout de bois qui dĂ©gringole dans le torrent, qui ne dĂ©cide de rien, ne maĂźtrise rien, sauf sa flottaison prĂ©caire, prĂ©caire comme la vie, comme lâenvie.
Ce roman, Tordre la douleur (quel beau titre), câest peut-ĂȘtre simplement le rĂ©cit du combat entre le hasard et la rĂ©silience. DerniĂšrement, on a pas mal grattĂ© sur le sujet, la rĂ©silience. Un peu trop sans doute. Pas sĂ»r que la rĂ©silience survive Ă ce traitement. Lâironie est partout ma petite dame. Mais de la rĂ©silience il y en a dans ces personnages meurtris, parce quâil en faut pour encore trouver beau une aube quand on a vĂ©cu les drames quâils ont vĂ©cus. Parce que pour parler de rĂ©silience, il faut deux ingrĂ©dients indispensables : dâabord un drame qui vous fend en deux. Et puis une douleur si imbriquĂ©e en vous quâelle sâinstalle sur une longue durĂ©e, quâelle vous Ă©rode, vous travaille au corps, un sparring-partner plus fort que vous, dâune certaine maniĂšre. LĂ nait la rĂ©silience. Si on ne renonce pas, on rĂ©siste, juste ce quâil faut pour ne pas mourir, il y a une pĂ©riode de latence, durant laquelle le cĆur et le corps se demandent si ça vaut vraiment le coup, et puis, tel le randonneur en montagne, un pas aprĂšs lâautre, on bouge de nouveau.
Les personnages dâAndrĂ© Bucher bougent encore, ils ne sont pas morts, cela ne veut pas dire quâils ne portent pas en eux une forme de dĂ©sespoir, que la lumiĂšre du matin fait un peu reculer, comme un sourire inattendu, une caresse bienvenue, un repas quand on a faim, le craquement du bois dans la cheminĂ©e. Et câest formulĂ© avec grĂące, il y a de la poĂ©sie dans lâĂ©criture dâAndrĂ© Bucher, une poĂ©sie Ăąpre, tressĂ©e Ă mĂȘme la nature et les sentiments, et ça donne un curieux vĂȘtement, curieux mais trĂšs agrĂ©able.
Une chronique à retrouver en intégralité sur Le souffle des mots
Riche de plusieurs histoires entrelacĂ©es comme les racines au pied de lâarbre, le livre Tordre la douleur dâAndrĂ© Bucher nous parle Ă point nommĂ© dâici et maintenant. Chemin faisant, nous entrons avec lui dans lâintimitĂ© des ĂȘtres Ă travers un rĂ©cit extrĂȘmement attachant qui nous mĂšne jusquâau long du Jabron. En haut de la VallĂ©e, Bernie et sa femme doivent affronter la mort de leur fils.
La douleur, insoutenable, a eu raison de leur histoire. Ă Sisteron, Sylvain et Elodie jouent dâune grave malchance lors des premiers mouvements des Gilets Jaunes. La mort, lĂ aussi, survient. Sur le bitume. Plus bas dans le pays, Edith fuit un compagnon violent, refusant son statut de victime et de femme battue. Les chemins de Haute-Provence vont rassembler ces gens cabossĂ©s par la vie lors dâune Ă©prouvante pĂ©riode hivernale, oĂč lâaffliction des ĂȘtres fait Ă©cho Ă celle des arbres, leur offrant un
espoir de guĂ©rison, une chance de tordre la douleur, vers un renouveau du printemps de lâĂąme.
Il nây a pas de hasard, uniquement des rendez-vousâŠ
Par le pouvoir des mots, ces gens-lĂ se rĂ©vĂšlent ĂȘtre non pas des personnages de papier mais bel et bien des humains, faits de chair et de sang, liĂ©s aux autres dans le chagrin. Jamais pourtant lâauteur ne les dĂ©crit rĂ©ellement physiquement, laissant au lecteur lâespace et le silence suffisant, par touches
subtiles, pour sâen approcher. Bernie lui-mĂȘme est dâune pudeur extrĂȘme.
LâĂ©criture fluide dâAndrĂ© Bucher continue de tisser ainsi, au fil des annĂ©es de son existence dans la VallĂ©e, une Ćuvre lumineuse tout en abordant la part sombre des drames humains et le mal fait Ă la nature. Il met ses rĂȘves en marche, il construit un monde Ă©pris de libertĂ©, dâĂ©galitĂ© et de justice.
Au passage, ce rĂ©cit-lĂ saisit la colĂšre sourde et lâhumeur bouillonnante des laissĂ©s pour compte de la sociĂ©tĂ©, Ă©gratignant le systĂšme politique et Ă©conomique en place, mais sâĂ©chappe des ronds-points mĂ©diatisĂ©s pour accompagner quelques amis chers et sâĂ©lever vers les hauteurs de lâespĂ©rance et les forces salvatrices des arbres. Car nous sommes aussi de lâĂ©toffe dont sont tissĂ©s les rĂȘves⊠Il va sâagir de vivre librement et dĂ©libĂ©rĂ©ment, sur la terre ferme, dans les habitats et des lopins de terre obtenus
Ă la sueur du travail, muscles nouĂ©s, avec des convictions dâentraide ouvertes, accueillantes. Le salut passe par lâintĂ©gritĂ©. En point dâorgue, la forĂȘt, soumise au premier chef Ă la tourmente dâune tempĂȘte, entonne elle aussi un chant de deuil, de souvenir, de reconstruction et de rĂ©paration du malheur.
Complainte poĂ©tique sâil en est, comme seul AndrĂ© Bucher, dans sa veille solitaire, chaleureuse et empathique, peut nous offrir, en liant lâhistoire de Bernie, Edith, Sylvain et Elodie Ă celle de la VallĂ©e.
Jâaime Ă©normĂ©ment lâĂ©criture dâAndrĂ© Bucher que jâai dĂ©couvert avec « DĂ©neiger le ciel » qui fut un Ă©norme coup de cĆur ! Les titres de ses romans sont juste sublimes, tout comme son Ă©criture. Pour « Tordre la Douleur » le Mot et le Reste mâont fait lâimmense surprise de me lâenvoyer dĂ©dicacĂ© ! Quelle joie et quelle dĂ©licate attention. Merci encore pour Ă eux ce cadeau.
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Avec « Tordre la douleur« , AndrĂ© Bucher nous offre un roman oĂč la beautĂ© cĂŽtoie la tristesse. BeautĂ© des paysages de la Drome chĂšre Ă son coeur, oĂč la rudesse des hivers forge les caractĂšres. Tristesses des personnages qui vont tous vivre un drame familial.
Dans la premiĂšre moitiĂ© du roman, AndrĂ© nous prĂ©sente ses protagonistes et leurs douleurs : pertes violentes dâun enfant, dâune mĂšre, violence conjugale. Pas de grandiloquence dans ces propos, il reste pudique sur les faits et les sentiments en sont exacerbĂ©s.
Au dĂ©but, chaque personnage Ă©volue dans son univers pour petit Ă petit se rejoindre et sâaider, chacun Ă leur façon.
Ce roman est dâune dĂ©licatesse incroyable, on est triste pour les personnages tout en Ă©tant Ă©merveillĂ© pas ses descriptions de paysages.
LâĂ©criture dâAndrĂ© Bucher est tellement belle, poĂ©tique, douce et pudique. Il a un don pour parler des gens simples attachĂ©s Ă leur terre, pour nous dĂ©crire sa rĂ©gion quâil aime temps. Jâai pris un aller simple pour la vallĂ©e du Jabron avec ce rĂ©cit. MĂȘme le conflit des gilets jaunes, quâil aborde ici passe parfaitement, alors que je suis trĂšs rĂ©fractaire Ă ce genre de rĂ©cit dâhabitude.
Tordre la douleur est une histoire triste et lumineuse qui sent bon la montagne et la forĂȘt. Un roman magnifiquement bien Ă©crit que je vous invite fortement Ă dĂ©couvrir.
Une chronique Ă retrouver sur Les passions de chinouk
Câest une voix bourrue, rude, brute, en accord avec le paysage de montagne et les rapides changements de temps, qui se fait entendre, qui sâĂ©lĂšve et sâadoucit pour conter de petits faits, de petites existences brisĂ©es par le quotidien, par le cours des choses, ce quâon nâattend pas, ce quâon ne supporte plus⊠un trop-plein dâinjustice, de minuscules gouttes qui font dĂ©border le vase ou dâun raz-de-marĂ©e brisant une existence⊠la vie Ă vif, qui dĂ©cape.
Câest une sĂ©rie de faits divers advenus Ă des personnages qui ne se connaissaient pas, et qui se rencontrent, un destin commun, comme on dit un pot commun, de brindilles ballottĂ©es.
La voix des hommes se mĂȘle, sans la reconnaĂźtre, sans se reconnaĂźtre, Ă celle de la nature, la re-lisant, lâaccompagnant parfois sans la dĂ©chiffrer : « La neige, cette douceur sourde surgie de la nuit assiĂ©gĂ©e, attisĂ©e par le vent, se durcissait Ă vue dâĆil et en propulsant ses cristaux Ă lâhorizontale, elle leur fouettait le visage » (p.122).
*Ce sont quelques vies qui se croisent, qui nâauraient pas dĂ» ĂȘtre lĂ au moment oĂč*⊠à la survenue de faits plus ou moins petits, qui sâentrechoquent : une mort accidentelle, une mort « bĂȘte » comme on le dit de toutes, une rencontre fortuite : des vies mises en morceaux par la disparition dâun ĂȘtre cher : le fils de Bernie, la mĂšre de Sylvain, une femme battue qui fuit, et par toutes ces dĂ©chirures se laisse entrevoir aussi la trame dâune autre vie, un espoir, un aprĂšs.
Et tout au long, un chien qui suit les Ă©vĂ©nements, dont on ne sait pas bien Ă qui il appartient, comme un tĂ©moin, un fil conducteur : « Et ce chien auquel tout dâabord nul ne prĂȘte attention ni ne sait dâailleurs Ă qui il appartient. Ce chien qui se couche devant la civiĂšre et se met Ă gĂ©mir » (p.36), « (âŠ) il avait Ă nouveau rencontrĂ© ce chien qui dans un Ă©trange mimĂ©tisme, se livrait au mĂȘme manĂšge sur le théùtre de lâaccident » (p.74). Câest aussi au chien quâon demande : « Doit-on tendre ou tordre la douleur ? » (p.102).
Faisant Ă©cho, la voix du narrateur sâadoucit Ă la misĂšre et au malheur, câest lui qui donne Ă la nature son viatique dâapaisement, ainsi des arbres : « ConfrontĂ© Ă cette complainte si proche du murmure, Bernie estimait que seules des oreilles dĂ©licates, en prise directe avec le cĆur, Ă©taient capables et dignes de lâentendre » (p.84).
Quel est le sens de la douleur ? Quelle est la rĂ©sistance de lâhomme face Ă ce qui survient ? Comment continuer quand on se retourne⊠? Peut-ĂȘtre, si et seulement si, et encore peut-ĂȘtre on est Ă©veillĂ© : « Elle huma lâair et son odeur singuliĂšre. Les fruits en coton de la neige se rĂ©pandaient Ă nouveau sur la plaine comme un doux duvet sur une blessure » (p.152).
Retrouvez la chronique sur La Cause Littéraire
AndrĂ© Bucher sait que le passage terrestre sera ardu. Ce quâon a oubliĂ© de vous prĂ©venir Ă votre naissance. Il le montre bien dans son dixiĂšme roman Tordre la douleur. En pĂ©riode hivernale, il nous prĂ©sente un panorama de gens qui connaissent entre autres lâĂ©preuve de la mort. Le poĂšte lâa dit, elle a des douleurs Ă nulle autre pareille. Câest un ouvrage qui chevauche la nouvelle et le roman. A la diffĂ©rence que les personnages vont se retrouver Ă la fin dans les Alpes-de-Haute-Provence. Lâoccasion pour eux de tordre la douleur qui donne cette expression au titre. Donc se terminant sur une note dâespoir en raison de la solidaritĂ© dans lâaffliction. Ceux et celles qui aiment les portraits psychologiques soignĂ©s seront ici comme dans une bonbonniĂšre.
Une chronique Ă retrouver sur Culturehebdo
AurĂ©lie et Daniel prĂ©sentent : Brodway de Fabrice Caro (Gallimard), Le bazar du zĂšbre Ă pois de RaphaĂ«lle Giordano (Plon), La vraie vie de Aline DieudonnĂ© (Livre de poche), Lâenfant parfaite de Vanessa Bamberger (Liana Levi), Nos corps Ă©trangers de Carine Joaquim (La manufacture de livres) et Tordre la douleur de AndrĂ© Bucher (Le mot et le reste).
Une émission à réécouter sur Alternantes FM
Destins dâhiver au cĆur du Jabron. La forĂȘt est une entitĂ© enjambant les Ă©poques, et pour AndrĂ© Bucher qui sây est nichĂ© depuis toujours pour cultiver son jardin, la VallĂ©e du Jabron, austĂšre, pentue, dĂ©charnĂ©e mais grandiose, reprĂ©sente pour lui comme un Grand canyon synonyme dâaventures et de destins ruraux. De ceux, qui entre garages improbables du bout du monde et cabanes peuplĂ©es de chouettes ou autres chauves-souris, font des films sublimes sur la nature. A lâimage du merveilleux Into the wild de Sean Penn. Avec en toile de fond sonore, un vieil air de J-J Cale ou LĂ©onard Cohen qui rĂ©sonne. Mais dans ce paysage mystĂ©rieux oĂč les cerfs et les toiles argentĂ©es par le froid cĂ©leste semblent descendre en rappel de la Voie lactĂ©e, il faut savourer chaque mot dâAndrĂ© Bucher comme une gourmandise.
Et se lire Ă haute voix â intĂ©rieurement â chaque phrase sculptĂ©e de ces mots charnus Ă lâenvi pour sâen repaitre pleinement.
Car ici les intrigues sont avant tout montagnardes, mĂȘme si la ville nâest pas loin sans pour autant convaincre si ce nâest le temps dâun verre (ou plus) au bistrot. On sây accroche pourtant, rudement parfois, Ă la façon rugueuse des paysans, des solitaires, des chĂŽmeurs complotistes sur les bords qui chargent un peu trop sur le jaune, et des femmes, silencieuses, dociles ou rebelles dont la vie change un jour sur un coup de dĂ©s ou un coup de tĂȘteâŠ
Le temps sây dĂ©roule lentement au rythme des oiseaux qui piaillent, avec parfois le bruit dâune roche qui se brise en se dĂ©tachant de la falaise ou celui dâun fusil qui claque dans la forĂȘt et chasse lâintrusâŠ
A quelques encablures du polar, AndrĂ© Bucher nous entraine toujours dans le mĂȘme dĂ©cor depuis des lustres, mais on ne se lasse pas de traverser les ruisseaux, les orages, les tempĂȘtes de neige, les sous-bois moussus oĂč les chanterelles font un tapis ocrĂ©, et suivre les pas de ces destins dâhiver quâil dĂ©peint si bien. Tel un peintre tenant une palette oĂč les verts et les roux abondent, avec quelques touches de jaune pour donner la vie. « Que pouvait encore espĂ©rer le vieil homme, Ă©crit-il. Sinon chanter le blues ? »
Une chronique Ă retrouver sur Blues et Polar
AndrĂ© Bucher sera lâinvitĂ© de Radio Libertaire pour parler de son roman Tordre la douleur.
Ăcouter lâĂ©mission
Tordre la douleur quel joli titre qui nous annonce un livre Ă fleur de sentiment. Lâexpression câest Ă fleur de peau mais sentiment est plus parlant je trouve.
AndrĂ© Bucher je me souviens dâune rencontre dans une bibliothĂšque voisine il y a quelques annĂ©es. Un homme Ă©tonnant, au plus prĂšs de la nature. Bernie on se dit que câest lui lorsque lâon voit sa photo. En tout cas câest sa rĂ©gion, ses montagnes, ses arbres et cette grande connaissance dâun monde assez mystĂ©rieux pour les citadins.
Destins croisĂ©s de quelques personnages qui ont en commun cette douleur quâil faudra bien extirper pour continuer Ă vivre et sous fond de combat social, ah ces gilets jaunes que lâon rencontrent souvent dans les romans. Câest un tĂ©moignage utile quand on aura oubliĂ© ou que lâon ne pourra plus supporter dâentendre comment Ă Ă©tĂ© dĂ©formĂ© leur combat.
Bernie câest le personnage central, on suivra son parcours dans cette montagne hivernale, on lâĂ©coutera parler des arbres, des animaux, du vent et de la neige⊠Rude, courageux, droit il prendra soin dâEdith, trouvĂ© sur une route. Lâautre histoire câest celle dâun âgaminâ des ronds-points dont la mĂšre vient dâĂȘtre tuĂ©e lors dâun barrage. Un roman dont les personnages se font Ă©chos avec une force touchante.
AndrĂ© Bucher a une Ă©criture poĂ©tique, qui nous met au coeur de ces paysages. Militant ce sorte dâermite sans concession est un sacrĂ© observateur qui a su placer ses personnages dans une histoire qui fait sens.
Sinon jâai beaucoup aimĂ© comment il parle de notre prĂ©sident actuel, un petit coup de griffe bien utile. Ce livre nâest pas quâun nature writing.
Je nâai pas trouvĂ© de nom dâauteur pour le clichĂ© en couverture et jâaurais voulu fĂ©liciter celui ou celle qui lâavait choisi pour si bien illustrer ce court roman contemporain. Jâinsiste sur contemporain parce que le point de dĂ©part en est un accident survenu sur un rond-point occupĂ© par des « Gilets Jaunes » (souvenez-vous câĂ©tait il nây a pas si longtemps : des manifestations de colĂšre en France). Une jeune femme pressĂ©e de retrouver sa fille malade avait tuĂ© une brave femme.
LĂ , lâauteur imagine le rapport qui sâĂ©tablit, dâune part, entre cette jeune femme et les deux enfants adultes de la morte et, dâautre part, celui qui sâinstalle entre un « vieux solitaire » que sa femme a quittĂ© suite au dĂ©cĂšs de leur fils (de quarante-deux ans) et une femme serveuse de restaurant, compagne du restaurateur, qui sâest enfuie aprĂšs avoir subi des coups de trop.
Nous sommes loin de la ville en pleine montagne (Alpilles), un peu au cĆur de lâhiver pour des personnes malmenĂ©es par la vie. Les personnages sont simplement des personnes comme celles que lâon peut croiser dans nos vies. Des personnes qui cherchent juste Ă Ă©chapper Ă ce qui les coince. Et lâauteur nous dit â je crois â que ce qui nous bloque câest lâabsence de rapport au « vrai ». Notre oubli de la relation Ă la nature celle avec un grand N comme celle de lâhumain⊠Et il place sur le chemin des personnages une biche et un labradorâŠ
Câest finement Ă©crit pour notre trĂšs bon plaisir de lecture⊠et notre capacitĂ© Ă nous Ă©mouvoir. Mais ce nâest pas mĂ©lo pour autant⊠Une lecture de coin du feu pour se rĂ©chauffer lâĂąme.
Une chronique Ă retrouver sur Daily Passions
La RentrĂ©e littĂ©raire dâhiver se rĂ©invente Ă son tour. Du 1er au 10 fĂ©vrier 2021, retrouvez les auteurs dâAuvergne-RhĂŽne-Alpes en ligne. 2 vidĂ©os seront publiĂ©es chaque jour, Ă 12h et Ă 17h, pour vous prĂ©senter la diversitĂ© de la crĂ©ation littĂ©raire de la rĂ©gion. Les 16 auteurs sâentretiennent avec Danielle Maurel, journaliste et critique littĂ©raire, et vous prĂ©sentent leurs nouvelles publications. A regarder en ligne sur la chaĂźne Youtube et la page Facebook dâAuvergne-RhĂŽne-Alpes Livre et Lecture, puis Ă retrouver en librairie, bien sĂ»r.
La prĂ©sentation dâAndrĂ© Bucher est Ă revoir sur Youtube
Trois faits divers, trois éclats de vie. Par hasard, par le mouvement imprévisible des ricochets, ces trois trajectoires vont se rencontrer.
Bernie et sa femme ont perdu leur unique enfant. Il nâĂ©tait ni trĂšs jeune, ni trĂšs malade, il a tout simplement fait un malaise et il sâest Ă©croulĂ©. Annie et Bernie nâont jamais pu reconstruire leur vie commune, la mort de leur fils a eu raison des 43 ans passĂ©s ensemble. DĂ©sormais, leur existence endeuillĂ©e ne trouve plus la solidaritĂ© nĂ©cessaire et ils vivent sur des orbites diffĂ©rentes, sâĂ©loignant lâun de lâautre chaque jour un peu plus. Rien ne les relie plus, les souvenirs communs sont trop pĂ©nibles et douloureux pour ĂȘtre vĂ©cus Ă deux.
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Comment survivre Ă la mort dâun proche, Ă celle quâon a malgrĂ© soi donnĂ©e ou qui vous menace ? Comment survivre et prendre soin des autres malgrĂ© le chagrin et la solitude ?
Chacun va trouver en lui une façon de se reconstruire et dâaimer Ă nouveau, la force de tendre la main, de faire confiance et de surmonter son traumatisme pour aller vers un lendemain.
TrĂšs beaux personnages plein dâune force insoupçonnĂ©e, que lâamour des autres rĂ©pare doucement.
Une chronique à retrouver en intégralité sur le blog En lisant, en écrivant
Josiane ChĂ©riau a lu et aimĂ© Tordre la douleur et en parle dans lâĂ©mission âUn livre, un jourâ sur Radio Zinzine Limans.
Des personnages cabossĂ©s que le rĂ©cit ramasse sur le bas-cĂŽtĂ© de la vie, des histoires dâamour un peu Ă©brĂ©chĂ©es et la montagne pour théùtre de ces dialogues de la vie et de la mort, oĂč lâHomme, en toute humilitĂ© et en pleine humanitĂ©, se met au diapason de lâĂ©clat de la neige, des fulgurances du vent glacĂ© et de la majestĂ© des arbres.
Les livres dâAndrĂ© Bucher se ressemblent, ils font « famille », mais comme dans toute fratrie, chacun a sa personnalitĂ©. Cette fois, ce sont des parents orphelins, des mamans solitaires et des enfants abandonnĂ©s par la cruautĂ© de lâexistence qui promĂšnent leurs silhouettes dĂ©senchantĂ©es dans ce roman clair et simple Ă©crit sur fond de « dĂ©classement social », de gilets jaunes et de quotidien pas toujours folichon. Mais il nây a ici, ni complaisance, ni misĂ©rabilisme. Câest avec fiertĂ© et dignitĂ© que les mots regardent le lecteur, lâincomparable « petite musique » dâAndrĂ© Bucher faisant une nouvelle fois danser les phrases.
Ăcrivain-nĂ© et bĂ»cheron de mĂ©tier, il publie ici son dixiĂšme roman, et nous administre une fois encore son remĂšde, cette potion littĂ©raire (avouons-le assez magique) oĂč se mĂ©langent esprit anarcho-libertaire, connaissance profonde de la nature, quâil dĂ©crit une nouvelle fois comme peu savent le faire, et un amour de lâautre, des femmes en particulier, une empathie qui serre le cĆur. Du haut de ses 75 ans et depuis les cimes de la DrĂŽme, du cĂŽtĂ© de Montfroc, il est notre « Ă©cole du Montana » Ă lui tout seul, un petit cousin du XXIe siĂšcle de Giono, Ludovic MassĂ©, Ramuz ou Mario Rigoni Stern. AprĂšs avoir lu « Tordre la douleur », â qui nous donne une furieuse envie de nous replonger dans « Le pays qui vient de loin », « DĂ©neiger le ciel » ou « Ă lâĂ©cart » â on a du mal Ă redescendre. Lâivresse des sommets, probablementâŠ
LâĂ©diteur Le mot et le reste publie, en parallĂšle de ce nouveau texte, lâĂ©dition en poche de « La cascade aux miroirs » qui, une fois nâest pas coutume, se dĂ©roule en Camargue.
La chronique est à retrouver sur Le Télégramme
«Un roman Ă lâarchitecture qui tient debout»
AndrĂ© Bucher de Montfroc (26) vient de sortir son dernier roman chez Le mot et le reste. Lâarchitecture de «Tordre la douleur» ressemble Ă un arbre et dĂ©ploie les branches de son histoire
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La nature est un personnage Ă part entiĂšre et puissant dans vos romans. Quel rĂŽle lui attribuezÂvous dans « TorÂdre la douleur » ?
Dans mon livre prĂ©cĂ©dent  « Un court instant de grĂące »  la nature Ă©tait en danger Ă cause dâun projet de centrale Ă bio masse,mon roman Ă©tait plus miÂlitant. LĂ , il se situe en 2018 mais jâanticipe la tempĂȘte de 2019, la forĂȘt est menacĂ©e par les dĂ©gĂąts de la neige, et ses consĂ©quenÂces, sur les arbres. Pour moi, câest intimement liĂ© entre les ĂȘtres et les Ă©lĂ©ments naturels, je ne veux pas dissoÂcier.
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Votre Ă©criture si poĂ©tique donne de la chair aux Ă©lĂ©ments. DâoĂč vous vient cette facultĂ© de traduire les paysages ?
Ătant installĂ© depuis 1975 dans la vallĂ©e du Jabron, jâai eu tout loisir de les parcourir en y vivant, travaillant, plantant⊠De ressentir aussi, et de dĂ©veÂlopper lâimaginaire. JâĂ©cris dans la nature et non pas sur la natuÂre. Je fais un gros travail sur les mĂ©taphores. Avec la nature, on peut somÂbrer dans les clichĂ©s, mĂȘme Giono parfois, il faut faire trĂšs atÂtention. Câest un travail contemÂplatif, sensoriel avec pour enjeu ensuite dâarriver Ă retransmetÂtre.
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ComprenezÂ-vous quâon dise que vous ĂȘtes lâune des voix les plus singuliĂšres de la littĂ©ratu re française ?
Ce nâest pas complĂštement faux, et câest plutĂŽt un compliÂment. Il faut se mĂ©fier des Ă©tiÂquettes, mais ce nâest pas simÂplement un argument Ă©ditorial ni du marketing, je ne le ressens pas comme ça. Et les lecteurs me disent quâils ne trouvent pas ailleurs des romans comme les miens, câest la meilleure rĂ©comÂpense.
Une interview parue dans La Tribune
Ce 10e roman dâAndrĂ© Bucher rompt avec les prĂ©cĂ©dents, tout en gardant la prose poĂ©tique de lâauteur pour chanter la nature.
Le ton du livre est donnĂ© par le titre, renforcĂ© par le tronc noueux de la couverture teintĂ©e de vert, et confirmĂ© par le rĂ©sumĂ© de lâĂ©diteur.
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Le destin de ces personnages va tisser des rencontres entre regrets et espoirs, douleur et résilience.
Cette fois-ci, AndrĂ© Bucher « descend de sa montagne » pour aborder la situation sociale et politique, Ă©gratignant au passage nos dirigeants et le systĂšme actuel. Il aborde ici plusieurs sujets sociaux, tels que la rĂ©volte des gilets jaunes, le deuil prĂ©maturĂ© et la maltraitance des femmes. Il ne sâarrĂȘte pas au malheur, mais poursuit vers la reconstruction et sa rĂ©ussite grĂące aux rencontres, Ă lâacceptation, Ă lâentraide.
En lisant le rĂ©sumĂ©, jâavais peur de tomber dans le glauque dont pas grand monde nâa envie en ce moment⊠mais lâauteur a su Ă©viter le piĂšge du pathos. Chaque personnage est bien plantĂ© (normal pour un forestier) et le jeu dâassemblage des caractĂšres est finement ciselĂ© dans leur Ă©volution. Le titre est un peu fort et risque de repousser, alors quâen rĂ©alitĂ©, cette histoire est lumineuse, partant du quotidien, malheureusement ordinaire pour certains, pour sâouvrir, offrant Ă chaque personnage un peu de lumiĂšre.
Par certains aspects, jâai trouvĂ© ce roman plus ouvert que les autres oĂč jalousie, rancĆur, sournoiseries, secrets de famille et rĂšglements de comptes habitaient les montagnes, et ayant sur moi une tendance Ă me sentir enfermĂ© dans la forĂȘt et les comportements ancestraux de paysans bourrus.
Cela ne mâempĂȘchait pas dâapprĂ©cier lâĂ©criture poĂ©tique dâAndrĂ© que lâon retrouve ici beaucoup plus aĂ©rienne, plus fluide encore, comme dĂ©pouillĂ©e malgrĂ© le poids de lâhistoire.
DerriÚre un aspect sombre, une histoire lumineuse et trÚs humaine⊠un nouvel André Bucher à découvrir.
Une chronique Ă retrouver sur le blog de Dominique Lin
Ma premiĂšre lecture dâAndrĂ© Bucher, ce fut « Le cabaret des oiseaux », un pur enchantement dâune intense poĂ©sie. Ce fut un gros coup de cĆur, et jâai aimĂ© ensuite « Le pays qui vient de loin » et « Pays Ă vendre ». Ce dernier je lui ai achetĂ© lors dâune dĂ©dicace Ă la Maison de la Presse de St ChĂ©ly dâApcher, pour une foire dans le village. Comme lui, jâaime ces rĂ©gions propices Ă la poĂ©sie, Ă la contemplation de paysages; il vit dans la vallĂ©e du Jabron. Vous trouverez facilement des topos sur son parcours atypique et sur sa vie.
En tous cas, jâai eu beaucoup de plaisir Ă retrouver dans ce court roman ce qui mâa tant plu chez lui, Ă savoir son talent Ă parler de la nature ( et jâĂ©viterai de parler de « nature writing », mĂȘme si on retrouve chez cet Ă©crivain les thĂšmes de cette veine littĂ©raire amĂ©ricaine, lâĂ©chelle et les points de vue diffĂšrent ), câest ce que je prĂ©fĂšre dans ses livres. Je crois que jâaimerai lire un texte de lui sans prĂ©sence humaine â sâil en existe un, je suis preneuse ! -. NĂ©anmoins, AndrĂ© Bucher sait faire de trĂšs beaux portraits et ici jâadore Bernie; il est pour moi, humainement, le rĂ©sultat du chagrin et de lâamour, amour vĂ©cu, perdu, chagrin installĂ© mais pansĂ© vaille que vaille par une vie dans les montagnes, entourĂ© de nature; Bernie donne vie aux pages que jâai prĂ©fĂ©rĂ©es.
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Tous ces personnages vont interagir de prĂšs ou de loin, jusquâĂ une fin lumineuse et rĂ©confortante. Une fin qui laisse se dĂ©gager lâhorizon des personnages, une autre vie, un autre lieu et dâautres espoirs.
Il en faut, du rĂ©confort, car lâhistoire se dĂ©roule en hiver, lâauteur Ă©vite ainsi lâimage prĂ©visible de la Haute Provence en Ă©tĂ©, la prĂ©sentant plutĂŽt dans sa rĂ©alitĂ© nue et crue de la mauvaise saison.
Et puis ça met en phase le dĂ©cor et les humeurs des personnages, touchĂ©s par le chagrin, le deuil, la colĂšre, le dĂ©sir de vengeance, mais aussi la soif dâamour et de rĂ©confort. Bernie sait donner de la compassion et de lâamitiĂ© autant aux ĂȘtres quâaux arbres en souffrance, câest en cela quâil est mon prĂ©fĂ©rĂ©. Il offre un rĂ©pit, une attention dĂ©sintĂ©ressĂ©e. Jâaime Bernie. Il fait Ă lui seul de ce livre un livre plein dâamour.
Câest un trĂšs beau livre, rugueux parfois et en mĂȘme temps trĂšs sensuel, AndrĂ© Bucher traite ses personnages avec respect, tendresse et tient Ă distance les malfaisants dâune plume ferme sans haine stĂ©rile.
Lecture qui enveloppe la lectrice, ça se lit dâune traite.
La chronique est à retrouver en intégralité sur La livrophage
En 2015, aprĂšs 43 ans de vie commune, Annie et Bernie se sĂ©parent. Leur mariage nâa pas rĂ©sistĂ© Ă la terrible Ă©preuve du dĂ©cĂšs de leur fils un an auparavant. En 2018, quelque part dans les Alpes-de-Haute-Provence, alors que commence en France le mouvement social des Gilets Jaunes, Bernie croise par hasard Sylvain, un trentenaire militant dĂ©vastĂ© par la mort de sa mĂšre tuĂ©e accidentellement, sur un rond-point occupĂ©, par Ălodie. Ădith, enfin, fuyant son compagnon violent, va, elle aussi, trouver Bernie sur son chemin.
Est-il possible de survivre Ă des Ă©vĂ©nements aussi douloureux ? Le roman, inspirĂ© de faits rĂ©els, dissĂšque diffĂ©rentes maniĂšres de souffrir puis de « tordre » la douleur. Peut-ĂȘtre aurait-il pu aller plus loin dans lâanalyse du chagrin et de ses corollaires, la rĂ©volte ou la rancĆur. Il use de quelques facilitĂ©s aussi dans le lien tissĂ© entre les personnages et dans les considĂ©rations sociĂ©tales qui les accompagnent sans Ă©vidente nĂ©cessitĂ©. Adouci par la douceur poĂ©tique de ses descriptions, au risque parfois de la « jolie phrase », le rĂ©cit reste nĂ©anmoins poignant, faisant vibrer Ă lâunisson la nature et les personnages humains. Sombre au premier abord, ce roman se rĂ©vĂšle finalement porteur dâun message lumineux et cicatrisant ! (C.H. et C.B.)
Une chronique Ă retrouver sur Les notes
Ăcrivain-paysan des moyennes montagnes, du sud de la DrĂŽme oĂč il a pris voilĂ 10 ans sa retraite dâagriculteur, AndrĂ© Bucher poursuit Ă Montfroc une brillante carriĂšre d'Ă©crivain en publiant aujourdâhui un dixiĂšme roman « Tordre la douleur », aux Ă©ditions « Le mot et le reste ».
Ce dernier opus est un de ces romans noirs, mĂ©lancoliques et douloureux que lâauteur nous a
habituĂ©s Ă aimer. Un roman fort, Ă©crit dâune plume incandescente qui raconte la vie de personnages en proie Ă de douloureuses aventures intĂ©rieures et qui affrontent leurs dĂ©mons en un huis clos fascinant.
Bernie et sa femme ne se remettront pas de la mort soudaine de leur fils. Sylvain et Ălodie jouent de malchance lors des premiers remous du mouvement des gilets jaunes. Ădith fuit vers lâinconnu,
aprĂšs que son compagnon ait levĂ© une fois de trop la main sur elle. Le hasard la mĂšnera sur la route de Bernie, ermite devenu sauveur Ă travers lequel on croit reconnaitre lâauteur.
*Une fois de plus, avec sa langue rocailleuse et sonore, AndrĂ© Bucher nous envoĂ»te dâune
dramaturgie particuliĂšrement sombre.* En mettant Ă lâĂ©preuve, lors dâune redoutable pĂ©riode
hivernale des ĂȘtres que rassemblent le chagrin, la solitude et la tendresse, lâauteur nous offre un roman sur la rĂ©silience. Lâaffliction des ĂȘtres fait Ă©cho Ă la nature sauvage, rude et belle des chemins de haute Provence, leur offrant un espoir de guĂ©rison, une chance de tordre la douleur.
« Tordre la douleur » est un roman qui se lit dâune traite, comme un polar, comme on Ă©coute un morceau de blues. A dĂ©guster sans modĂ©ration !
Cette chronique est à retrouver dans Le Dauphiné libéré