Surfiction
RĂ©duit au non-sens, Ă la non-connaissance, le monde nâest plus Ă connaĂźtre ou Ă expliquer. Il est lĂ pour quâon en fasse lâexpĂ©rience tel que le Nouveau roman le recrĂ©e, non plus comme une image (une reprĂ©sentation rĂ©aliste illusoire) ou comme une expression (un sentiment vague) de ce que nous pensions quâil Ă©tait, mais comme une rĂ©alitĂ© nouvellement inventĂ©e, nouvellement dĂ©couverte â UNEVRAIERĂALITĂFICTIVE.
[âŠ] Ainsi donc, pour moi, la seule fiction qui soit encore valable maintenant est celle qui tente dâexplorer les possibilitĂ©s de la fiction au-delĂ de ses propres limites ; celle qui lance perpĂ©tuellement un dĂ©fi Ă la tradition qui la domine ; celle qui renouvelle constamment notre foi en lâintelligence et en lâimagination de lâhomme plutĂŽt quâen une vision dĂ©formĂ©e de la rĂ©alitĂ© ; celle qui rĂ©vĂšle lâirrationalitĂ© ludique de lâhomme plutĂŽt que sa rationalitĂ© bien-pensante. Je donne Ă cette forme dâĂ©criture le nom de SURFICTION, non pas parce quâelle imite la rĂ©alitĂ© mais parce quâelle Ă©tale au grand jour lâaspect fictif de la rĂ©alitĂ©.
[âŠ] La tĂ©lĂ©vision a pris la place du monde rĂ©el. Un monde de spectacle â le spectacle Ă©tant le signe emblĂ©matique de ce produit de consommation ; la publicitĂ© du style de vie, sa psychologie populaire ; les Ă©pisodes des feuilletons, le lien unissant les simulacres de spectacle avec le public ; les images Ă©lectroniques, la seule forme de cohĂ©rence ; la politique des mĂ©dias, sa formule idĂ©ologique ; lâachat et la vente de la cote dâĂ©coute, le lieu oĂč se jauge le marchĂ© ; le cynisme, la violence et la sexualitĂ©, ses signes culturels dominants. Tous ces aspects de la culture de la tĂ©lĂ©vision ont envahi ce qui passe pour de la littĂ©rature de nos jours. Mais si la littĂ©rature veut survivre, la vraie littĂ©rature, sĂ©rieuse et intelligente, mĂȘme si on la juge Ă©litiste, si elle veut survivre, il faut quâelle sâoppose Ă la tactique de dĂ©tournement de la tĂ©lĂ©vision, il faut quâelle dĂ©nonce la façon dont celle-ci prĂ©sente et explique le monde.
Cela ne signifie pas quâil faille pour autant nier la tĂ©lĂ©vision. Personnellement, je ne la condamne pas, comme certains, surtout les snobs intellectuels. Au contraire je trouve que la tĂ©lĂ©vision est un moyen de communication trĂšs important qui a un rĂŽle crucial Ă jouer dans notre sociĂ©tĂ©.
Ce qui compte, câest que la tĂ©lĂ©vision ne peut pas, ne doit pas remplacer la littĂ©rature et surtout ne doit pas dicter aux Ă©crivains les rĂšgles dâĂ©criture de leurs livres.
Si elle veut retrouver sa place, jouer un rĂŽle dans le monde, la littĂ©rature doit se re-situer par rapport aux mĂ©dias. Mais elle nây parviendra pas en ignorant ou en niant la tĂ©lĂ©vision qui nâest pas prĂšs de disparaĂźtre, mais en faisant ce que la tĂ©lĂ©vision ne peut pas faire, câest-Ă -dire prĂ©senter le monde et les Ă©vĂ©nements historiques sans lâinterfĂ©rence des forces Ă©conomiques et commerciales.
Pour arriver Ă leurs fins, les Ă©crivains doivent reprendre confiance dans la littĂ©rature, assumer de nouveau leur responsabilitĂ© vis-Ă -vis du langage, oui surtout du langage, mĂȘme sâils doivent passer dans la clandestinitĂ©, comme le suggĂšre Kostas Axelos, câest-Ă dire se placer en marge du courant dominant, de lâĂ©tablissement littĂ©raire, en dehors des considĂ©rations de succĂšs et de rĂ©ussite financiĂšre.
Raymond Federman examine comment, du dĂ©but des annĂ©es soixante jusquâĂ nos jours, prend forme une nouvelle sorte de fiction aux Ătats-Unis, mais aussi en Europe et en AmĂ©rique Latine, en rĂ©ponse aux changements et tumultes culturels, sociaux et politiques. Loin dâune critique acadĂ©mique, Surfiction, nĂ©ologisme créé par lâauteur, renvoie davantage Ă une appropriation singuliĂšre et distanciĂ©e de la postmodernitĂ©. Ce manifeste sur la littĂ©rature contemporaine constitue une clĂ© â tonique et dĂ©sopilante â pour entrer lâunivers foisonnant de lâauteur. Nourri de nombreuses lectures, Raymond Federman nĂ©anmoins, a toujours rĂ©ussi Ă se placer au centre de son oeuvre. Dans cet ouvrage, il tire le meilleur parti de ses talents de polĂ©miste et de ses qualitĂ©s dâĂ©crivain.
Revue de presse
- Surfiction Isabelle Potel Air France Madame Octobre/Novembre 2006
- Surfiction Catherine Perrin Dazibao Septembre 2006
- La Preuve par huit Thierry Guichard Le Matricule des anges n°75 Juillet/Aout 2006
- Décapante défense de la littérature expérimentale en neuf essais F. G. Les Inrockuptibles n°543 25 avril 2006
- Vraies vies d'artistes Pierre Hild Libération 21 avril 2006
Ce manifeste sur la littĂ©rature contemporaine constitue une clĂ© â tonique et dĂ©sopilante â pour entrer dans lâunivers foisonnant de lâauteur. Nourri de nombreuses lectures, Raymond Federman nĂ©anmoins, a toujours rĂ©ussi Ă se placer au centre de son oeuvre. Dans cet ouvrage, il tire le meilleur parti de ses talents de polĂ©miste et de ses qualitĂ©s dâĂ©crivain.
Les Ă©crivains nâont-ils pas assez luttĂ© pour donner au chaos du monde lâillusion dâune signification ? Lâauteur bilingue Raymond Federman Ă©voque ce nouveau roman nĂ© dans les annĂ©es 60 et qui tente toujours de prouver que la rĂ©alitĂ© nâest que fiction. Ce traitĂ© Ă©rudit sur le roman postmoderne dĂ©fend la littĂ©rature expĂ©rimentale, qui a la terrible rĂ©putation dâĂȘtre illisible. Federman, pour sa part, est trĂšs accessible, et on comprend mieux certaines bagarres littĂ©raires. On peut lui rĂ©torquer quâil est sans doute nĂ©cessaire Ă la survie de lâespĂšce que la littĂ©rature donne du sens Ă ce qui nâen a pas ; il nous convainc de lâutilitĂ© de des artisans qui, seuls et contre tous, explorent des terres inconnues et arides.
Ce recueil de textes Ă©crits par Raymond Federman depuis 1973 prend la forme dâun manifeste de la fiction « expĂ©rimentale », il nous propose de nous dĂ©barrasser de la fiction auto-rĂ©flexive et commente de nombreux romans pour illustrer son propos. Son texte est composĂ© de citations et diversions, il nâhĂ©site pas Ă ĂȘtre dĂ©sopilant et totalement subjectif, son discours est foisonnant, bondissant, inachevĂ©, drĂŽle et nous avançons dans notre comprĂ©hension de la littĂ©rature.
De lâautobiographie, il dit quâelle « est inventĂ©e aprĂšs coup pour sâinscrire ou ĂȘtre inscrit dans lâhistoire » ; pour cela « il faut soit mentir soit mourir » il a empruntĂ© cette phrase Ă CĂ©line. Pour lui « le plagiat nâest pas seulement admissible en littĂ©rature, il est recommandĂ© ». Autant dâincitations Ă la dĂ©sobĂ©issanceâŠ
Ce manifeste est aussi une porte dâentrĂ©e dans lâunivers de lâauteur Federman dont lâĂ©criture captivante, polĂ©miste est irrĂ©sistible, nous sĂ©duit par sa grande maĂźtrise de la formule, sa rĂ©fĂ©rence Ă la thĂ©orie Barthes, Foucault⊠et son encrage dans le rĂ©el.
LâĂ©diteur marseillais Le Mot et le Reste nous donne Ă lire un livre important pour devenir un lecteur averti de ce qui sâĂ©crit aujourdâhui.
PubliĂ© il y a treize ans aux Ătats-Unis, Surfiction est un essai rĂ©jouissant. Clair et incitatif, il donne les bases dâune rĂ©flexion en mouvement.
ConstituĂ© de huit textes vifs, Surfiction traverse une bonne partie de la littĂ©rature de crĂ©ation (« le roman expĂ©rimental ») des annĂ©es 60 Ă aujourdâhui plus particuliĂšrement aux U.S.A. Raymond Federman sait de quoi il parle, puisquâil fut un des premiers de sa gĂ©nĂ©ration avec Quitte ou double (1971) Ă rĂ©volutionner le roman (dans la lignĂ©e de CervantĂšs, Sterne ou Joyce). Le bonhomme nâhĂ©site dâailleurs pas Ă se citer lui-mĂȘme⊠Le texte inaugural est un «manifeste postmoderne » : Ă©crit en 1973, ce texte programmatique nâa pas pris une ride, si ce nâest, peut-ĂȘtre, dans lâutopique part que lâauteur voudrait voir jouer au lecteur. LâĆuvre collective, telle quâĂ©voquĂ©e ici, sent bon les annĂ©es idĂ©ologiques que lâindividualisme a mises Ă mal. RĂ©pondant Ă ceux qui annoncent la fin du roman quand celui-ci nâest pas seulement commercial (on entend encore en France ces vieilles sirĂšnes), Federman dĂ©terre la hache de guerre et part en croisade : « la seule fiction qui soit encore valable maintenant est celle qui tente dâexplorer les possibilitĂ©s de la fiction au-delĂ de ses propres limites; celle qui lance perpĂ©tuellement un dĂ©fi Ă la tradition qui la domine (âŠ) Je donne Ă cette forme dâĂ©criture le nom de SURFICTION, non pas parce quâelle imite la rĂ©alitĂ© mais parce quâelle Ă©tale au grand jour lâaspect fictif de la rĂ©alitĂ©. » Lâhomme continue, en avant et droit : « Ăcrire, câest donc PRODUIRE du sens et non pas REPRODUIRE un sens prĂ©existant Ă lâĂ©criture. »
Les quatre propositions que lâauteur fait ensuite pourraient assez bien caractĂ©riser lâavant-garde des annĂ©es 70 : on travaille le « mĂ©dium », soit le livre, dans sa maquette, son format, sa typo, on dĂ©saxe la syntaxe, on dĂ©cloisonne les champs possibles de la fiction, on accepte lâincohĂ©rence: « Puisque le sens ne prĂ©existe pas au langage, quâil est produit au cours de lâĂ©criture et de la lecture, la sur-fiction n âaura aucune prĂ©tention Ă la signification, Ă la vĂ©ritĂ©, au rĂ©alisme a priori. »
La Fiction de non-connaissance est Ă©crit cinq ans plus tard. Soit quatre ans aprĂšs la crĂ©ation, avec Ronald Sukenik, de sa maison dâĂ©dition Fiction Collective. Son armĂ©e compte quelques valeureux francs-tireurs. Pour ces auteurs-là « le monde n âest plus Ă connaĂźtre ou Ă expliquer. Il est lĂ pour quâon en fasse lâexpĂ©rience. » LâĂ©criture est aventure.
Plus on avance dans lâessai, dâune trĂšs grande lisibilitĂ©, plus lâĂ©crivain nous donne des titres et des auteurs quâon aurait envie de lire illico presto. La Fiction autorĂ©flexive ou comment sâen dĂ©barrasser apporte une dimension historique et politique au propos. DâaprĂšs Federman, les annĂ©es 50 aux Ătats-Unis furent celles de la confiance et cette confiance sâincarnait dans lâimage et le message du prĂ©sident Kennedy qui « sâoffraient comme la dĂ©fense du discours rationnel» «lorsque Kennedy souriait, cela voulait dire quâil Ă©tait heureux, et lâAmĂ©rique Ă©tait heureuse. » Ă ce bonheur consumĂ©riste et sans ambiguĂŻtĂ©, correspond la littĂ©rature fustigĂ©e par Federman (littĂ©rature sans « Ă©quivoque morale ou sociale »). Lâassassinat de JFK va tout changer : «Soudain, tout cesse dâĂȘtre clair. Soudain les AmĂ©ricains doutent de la rĂ©alitĂ© des Ă©vĂ©nements » et Federman dâinverser le diagnostic : ce nâest pas la fiction qui est moribonde, câest la rĂ©alitĂ©. On nâen finirait pas de paraphraser Federman : Surfiction est le livre dâun Ă©crivain, universitaire sans jargon (lire les dialogues oĂč il met en scĂšne ses collĂšgues), atypique, clairvoyant et libre. Câest un livre indispensable pour qui veut Ă©crire.
Raymond Federman, câest un peu notre oncle dâAmĂ©rique. Un type Ă©patant, plus si jeune (il est nĂ© en 1928), dont on a appris lâexistence assez tardivement, grĂące Ă de petits Ă©diteurs qui ont eu la bonne idĂ©e de (re) publier des titres comme AmerEldorado 2/001 ou La Fourrure de ma tante Rachel. DĂšs lors, on a voulu tout connaĂźtre de ce tonton tragique exilĂ© en Californie, qui a construit son oeuvre sur une faille : la rafle de sa famille, Ă Paris, en 1942, qui a fait de lui un orphelin, un survivant. Et un solitaire aux solides amitiĂ©s littĂ©raires, devenu universitaire et spĂ©cialiste de Beckett, auquel il consacra avec Tom Bishop un Cahier de lâHerne demeurĂ© fameux. CâĂ©tait en 1976, et cela nous rappelle que Federman nâest pas seulement un performer du vĂ©cu, mais aussi un intellectuel soucieux â depuis longtemps â de penser la fiction⊠et mĂȘme la « surfiction » Ă en croire les textes aujourdâhui recueillis sous ce titre. Ăcrits entre 1973 et 1993, ces neuf essais nâont rien perdu de leur actualitĂ©, voire de leur alacritĂ©, pour fonder une sorte de manifeste de la fiction « expĂ©rimentale ». Lâauteur se mĂ©fie pourtant de cette notion, qui sert souvent Ă discrĂ©diter commercialement ce qui est « atypique, difficile, innovateur, provocant sous prĂ©texte dâillisibilitĂ© ». La dĂ©fense de la « surfiction » sera donc une machine de guerre contre les conformismes de la littĂ©rature et de la critique : Federman promeut une Ă©criture neuve, dont ses propres livres constituent lâapplication pratique et ludique. Il ne sâagit plus de « reprĂ©senter » (le monde) ou dâ« exprimer » (le moi), mais de rechercher la « non-connaissance » Ă travers la crĂ©ation pure dâun univers inĂ©dit : un « monde dans le mot », selon lâexpression de William Gass, oĂč la vie nâest pas reproduite, mais redĂ©couverte Ă travers le langage. Câest ce que Federman appelle une « vraie rĂ©alitĂ©fictive » et cela, Ă©videmment, ne va pas de soi. DâoĂč lâĂ©noncĂ© dâune sorte de discours de la mĂ©thode, oĂč sont exa-minĂ©es les diverses modalitĂ©s de cette nouvelle forme de littĂ©rature : comment, par exemple, inventer une autre syntaxe, fondĂ©e sur la page et non plus sur la phrase ? Comment se situer par rapport Ă la tradition moderne de la « fiction auto-rĂ©flexive » ? Comment aborder la question de lâautobiographie ? rĂ©sister Ă lâimpĂ©rialisme mĂ©diatique ? Et que faire de la postmodernitĂ© ? Federman rĂ©pond sans jargonner, en sâappuyant sur lâhistoire du roman (de CervantĂšs Ă Pynchon, en passant bien sĂ»r par Beckett, omniprĂ©sent), mais surtout sur son expĂ©rience concrĂšte, intime, de crĂ©ateur. Le rĂ©sultat, du coup, est proprement passionnant. Quiconque veut rĂ©flĂ©chir Ă la possibilitĂ© de la fiction aujourdâhui â Ă la viabilitĂ© mĂȘme de la littĂ©rature, dont on discute volontiers de la fin â pourra difficilement faire lâĂ©conomie dâun tel recueil, qui excite la pensĂ©e sans Ă©luder la polĂ©mique â car Federman est, aussi, un formidable tonton flingueur.
Les Ă©ditions Le Mot et le reste viennent de publier un passionnant recueil dâessais de Raymond Federman, Surfiction, qui trace les contours des nouvelles fictions nĂ©es depuis les annĂ©es 60. Ce livre, que lâon trouve en pile Ă la librairie Tschann, dit notamment ceci : « âŠLes grands supermarchĂ©s de livres amĂ©ricains (âŠ) vendent plus de T-shirts, de calendriers ou dâattirail inspirĂ© des hĂ©ros de Stephen King que de livres » ; « au fond du magasin, presque dans lâarriĂšre-boutique, il y a un rayon surmontĂ© du panneau qui dit : LittĂ©rature (souvent Ă©crit en lettres gothiques)⊠Le lecteur potentiel ne parvient que rarement jusquâĂ ce mur, Ă lâexception de quelques fanatiques qui se souviennent encore oĂč se trouve la Section des prophĂštes dĂ©chus. »
Eveil. Depuis les annĂ©es glorieuses de ce quartier, quand les Montparnos, Kiki de Montparnasse, aimaient Ă frĂ©quenter ce lieu, la librairie Tschann exerce son mĂ©tier dâune telle façon que Federman trouverait ici le parfait nĂ©gatif de sa description. Les artistes aiment toujours Ă la frĂ©quenter : ce matin-lĂ , on aperçoit les Ă©crivains et cinĂ©astes Jacques-Henri Michot et Jean-Marie Straub. On le sait, dire cela pourrait faire entendre «snob», «intellectuel», comme une moquerie ou une insulte. Ni camp retranchĂ©, ni cercle privĂ©, ceci est une librairie discrĂšte, gĂ©nĂ©reuse et passionnante : un lieu de ressource et dâĂ©veil.
Les nouvelles de Katherine Mansfield (Stock), les mĂ©moires de Sybille Bedford (Bourgois) sont sur table. Quelques volumes de Jean Rhys en rayon. On cĂ©lĂšbre les dix ans de la mort de Marguerite Duras. Le beau livre souvenir de Jean-Marc Turine (MĂ©tropolis) invite Ă relire cette oeuvre et celle des compagnons de route, notamment Dionys Mascolo. Au coeur dâun domaine sciences humaines de haute tenue, on trouve EntĂȘtements (BenoĂźt Jacob) qui rassemble des articles politiques ou littĂ©raires Ă©crits par celui-ci entre 1946 et 1981.
Parti pris. Devant le rayon EsthĂ©tique, une table propose pĂȘle-mĂȘle les parutions rĂ©centes en livres dâart. Gaston Chaissac, homme de lettres (ENSBA) vient faire Ă©cho Ă lâexposition qui se tient au musĂ©e de la Poste jusquâen juillet, rendant la place des lettres dans lâoeuvre de ce franc-tireur du bocage. La poĂ©sie est une des pierres dâangle de la librairie. Des poĂšmes inĂ©dits de Georges Perros (Finitude) au recueil du jeune Lambert BarthĂ©lemy (Fissile), le choix est des plus larges, du Basque Uribe (Castor Astral) aux oeuvres complĂštes de Jack Spicer (Le Bleu du ciel). Preuve de cela, câest un duo de libraire (Muriel Bonicel qui officie ici, Eric Maclos) qui a constituĂ© le 100 Titres pour la poĂ©sie que vient de faire paraĂźtre, via lâADPF, le ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres. Ils y disent : « Le parti pris ici est celui de la chose plutĂŽt que du bruit, du rĂ©el plutĂŽt que de la mĂ©diatisation, de la vie plutĂŽt que du spectacle ou de ce qui en tient lieu. » Des mots qui font enseigne pour cette librairie.