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Parution : 20/01/2022
ISBN : 9782361399375
480 pages (14,8 x 21cm)

Sa Majesté Clodomir

Christian Casoni manie la langue aussi bien qu’il ficelle ses intrigues. On croirait voir Audiard dĂ©barquer chez les bourgeois dĂ©chus de Chabrol.

Maniabosco a toujours eu le chic pour se foutre dans la merde en la remuant, et d’embarquer avec lui tous ceux qui se frottent de prĂšs ou de loin Ă  ses enquĂȘtes qui puent fort la combine. Mais peut-on vraiment reprocher Ă  ce vieux flic peinard d’attirer constamment les problĂšmes ? C’est certain, quand une ancienne indic pas nette lui a demandĂ© de la rencarder sur des trafiquants d’antiquitĂ©s, il aurait mieux fait de la boucler, mais « Bosco » est infoutu de refuser quoi que ce soit Ă  une femme. Il Ă©tait pourtant loin d’imaginer qu’il allait se fourrer au milieu d’une guerre de clans remontant au rĂšgne de Clovis et que cette tempĂȘte mĂ©rovingienne allait brasser les cadavres comme ses potes flics fument des Gitanes : sans compter. Il devra remonter la piste qu’il a ouverte et frayer avec un gang de cambrioleurs, des Sopranos de banlieue, des hĂ©ritiers royaux pas franchement jouasses, une meurtriĂšre ex-Ă©crivaine et ses deux emmerdeuses de filles qui sont tout pour lui. Pauvre Maniabosco.

Revue de presse

- Sa Majesté Clodomir François Perrin Le Vif / L'Express 31 mars
- Sa Majesté Clodomir Les notes 15 mars 2022
- Sa Majesté Clodomir Elise Fischer Lili au fil des pages 26 février 2022
- Sa Majesté Clodomir Thierry Boillot L'Alsace 27 février 2022
- Sa Majesté Clodomir Jocelyne Hubert Fondu au noir 22 février 2022
- Interview de Christian Casoni Yann Leray Aire(s) Libre(s) 12 février 2022
- Sa Majesté Clodomir Jean-Michel Isebe Polarmaniaque janvier 2022
- Sa Majesté Clodomir, roman noir à papa Thomas Messias Slate 18 janvier 2022

- Sa Majesté Clodomir

“Je t’assure, Georges, tu seras mieux assis, parce que lĂ , on attaque une histoire de MĂ©rovingiens assez saugrenue.” Quand un personnage secondaire prend de telles pincettes avant de prĂ©senter Ă  un autre le sac de nƓuds de l’intrigue en cours, impliquant deux familles rivales depuis des siĂšcles et une belle galerie d’hurluberlus hauts en couleur, on peut sans crainte parler de polar foisonnant. Pour son amerrissage en littĂ©rature, le journaliste rock et sexagĂ©naire Christian Casoni a optĂ© pour un efficace mĂ©lange de noir et de burlesque, d’old school et de sanglant, dans une aventure oĂč l’on ne compte pas moins de deux massacres, sans compter les exĂ©cutions sommaires. Son vieux flic rĂ©ac Ă  la manƓuvre, Maniabosco, fan de Jane Birkin et de c’était mieux avant, emprunte autant Ă  Dard qu’à Audiard (pĂšre) pour naviguer en ces eaux bien troubles, en quĂȘte absurde, comme tout le monde, de “deux vieilles ferrailles rouillĂ©es” — reliques absurdes, inexorablement associĂ©es Ă  des bains de sang. Si l’intrigue se dĂ©guste, malgrĂ© sa complexitĂ©, comme petit-lait, c’est sans doute, ici, grĂące Ă  un double procĂ©dĂ© diablement efficace : des effets d’annonce savamment distillĂ©s, couplĂ©s Ă  l’adoption du point de vue interne des victimes en leurs derniers instants. Sous son apparente nonchalance, une mĂ©canique prĂ©cise, et un vĂ©ritable art du portrait.

François Perrin
Le Vif / L'Express 31 mars

- Sa Majesté Clodomir

Ce roman policier de Christian Casoni est une sorte de pastiche de sĂ©rie noire. On y trouve des personnages travaillĂ©s, des dialogues savoureux, autour d’une intrigue originale sur fond de rivalitĂ© et de vengeance ancestrale d’hĂ©ritiers royaux (la faide). L’auteur utilise les ressorts du comique, s’appuyant sur une galerie de personnages secondaires truculents, autour d’un hĂ©ros Ă  la personnalitĂ© bien calibrĂ©e, vĂ©ritable parodie de genre. Le rĂ©cit bien articulĂ© compte nombre de rebondissements dans une atmosphĂšre atypique alliant suspense et humour. Mais le foisonnement de personnages peut mener Ă  la confusion ; le rĂ©pertoire Ă  la fin du livre s’avĂšre indispensable. Un roman se distinguant des polars classiques, qui peut attirer des lecteurs non familiers du genre.

Une chronique Ă  retrouver sur Les notes

Les notes 15 mars 2022

- Sa Majesté Clodomir

C’est un polar contemporain que nous offre Christian Casoni qui a exercĂ© diffĂ©rents mĂ©tiers avant de signer ce premier roman. Un polar, dont on pense que, peut-ĂȘtre, il va nous emporter plus ou moins Ă  l’époque mĂ©diĂ©vale
 Certes, il y a quelques antiquitĂ©s qui apparaissent, mais ce sont des voyous d’aujourd’hui. Deux clans (mais hors du commun) s’affrontent et de la plus belle façon qui soit
 Les morts ne manquent pas. DĂšs le dĂ©but, ils gisent dans un pavillon aprĂšs un cambriolage qui n’a pas manquĂ© de piquant et d’hĂ©moglobine.

Qui sont ces voleurs prĂȘts Ă  tout ? Qui sont ceux qui enquĂȘtent ? Les clans nous montrent des gens trĂšs comme il faut, issus de la noblesse (ça existe encore ?) face Ă  la mafia calabraise. Et ceux qui enquĂȘtent ? Maniabosco, qui rĂȘvait de tranquillitĂ©, ne s’attendait pas Ă  ce qu’une telle histoire lui tombe sur la tĂȘte. C’est un flic qui a tout vu ou presque. Il a l’expĂ©rience, mais Ă  son Ăąge, faut-il tout recommencer ? L’enquĂȘte Ă  laquelle il ne peut Ă©chapper n’a rien de simple. Et comment se remonter le moral ? En se souvenant de quelques histoires d’amours, de trahisons, de rĂ©conciliations ? Il n’a pas eu vraiment de chance dans ce domaine, et malgrĂ© sa bonne volontĂ©, a connu quelques filles plus ou moins enquiquineuses
 qui reviennent des annĂ©es aprĂšs lui pourrir la vie en le gĂȘnant dans ses enquĂȘtes.

L’histoire, trĂšs Ă©quilibrĂ©e et surprenante, est bien Ă©crite, drĂŽle, fait rĂ©fĂ©rence Ă  Gainsbourg et Ă  sa Jane qu’AdĂšle une copine du hĂ©ros maquillait. Il faut aussi se mĂ©fier des Ă©crivaines, certaines savent jouer de la gĂąchette ou de tout autre objet donnant la mort. Une ambiance Ă  la fois chabrolienne avec les tournures drĂŽles et fleuries d’Audiard. Jouissif !

Une chronique à retrouver en intégralité sur le blog Lili au fil des pages

Elise Fischer
Lili au fil des pages 26 février 2022

- Sa Majesté Clodomir

Flic dĂ©bonnaire mais entĂȘtĂ© et curieusement accro au rĂ©pertoire de Jane Birkin, Maniabosco aurait pu laisser courir cette affaire aux des-sous obscurs. Oui, mais
 Pour commencer, un cambriolage tourne mal chez un antiquaire oĂč les malfrats s’éliminent entre eux. Roseline, une connaissance venue d’un passĂ© trouble, oriente Bosco vers son ami Bec qu’on retrouve derechef assassinĂ© dans son tabac de quartier. En fait, tout provient d’une querelle entretenue depuis le VIe siĂšcle par deux familles, les MannaquĂšre et les Rodan, aux souches mĂ©rovingiennes issues des rois Clotaire et Clodomir. Dans leur entourage, personne ne semble devoir faire de vieux os. Bosco cherche Ă  enrayer l’hĂ©catombe mais l’apocalypse n’est pas loin.
Personnages hauts en couleur, nobles rĂ©fĂ©rences, dialogues folk’n’roll, intrigue labyrinthique, humour fracassant : Christian Casoni signe un polar d’une haute mĂ©ticulositĂ© burlesque. Digne d’un festin pour tout insatiable liseur.

Une chronique à retrouver dans L’Alsace

Thierry Boillot
L'Alsace 27 février 2022

- Sa Majesté Clodomir

La rĂ©fĂ©rence mĂ©rovingienne du titre sur fond de tapisserie dĂ©modĂ©e et de dĂ©tails connotant vaguement une vieille noblesse d’épĂ©e semblent annoncer un polar historique mĂ©diĂ©val. Mais l’épigraphe initiale indique une autre direction : un extrait du prologue de la loi salique (Vive le Christ qui aime les Francs, qu’Il protĂšge leur royaume, qu’Il Ă©claire leurs chefs de la lumiĂšre de Sa grĂące) est immĂ©diatement suivi d’un aphorisme empruntĂ© Ă  Jane Birkin (Avant d’ouvrir le gaz elle pense Ă  son canari). Le ton est donnĂ©. Avec Sa MajestĂ© Clodomir de Christian Casoni nous sommes bien dans un polar contemporain, non dĂ©nuĂ© d’humour.

L’intrigue prĂ©sentĂ©e par l’éditeur a pour ressort principal un trafic d’antiquitĂ©s dans lequel s’affrontent violemment deux clans, dont les querelles remontent au Haut Moyen Ăąge. On s’attend Ă  un joyeux pastiche d’Ellis Peters. Erreur ! Si le style est plein d’humour, l’intrigue est trĂšs sĂ©rieusement documentĂ©e et le voyage dans le temps et les terres australes parfaitement plausibles. CommencĂ©e dans un pavillon de banlieue par la dĂ©couverte des cadavres de ses occupants aprĂšs un cambriolage – fait-divers somme toute banal – l’histoire prend une ampleur inattendue. Les cadavres s’accumulent Ă  un rythme soutenu. La vieille noblesse d’épĂ©e cĂŽtoie des petits dĂ©linquants, emploie des tueurs professionnels et traite avec la mafia calabraise.

CĂŽtĂ© police, la composition et l’évolution des effectifs est tout aussi Ă©tonnante. À sa tĂȘte, chargĂ© de l’enquĂȘte sur les premiers meurtres, le commandant Victor Maniabosco, “Bosco” pour les intimes. Ce monomaniaque n’écoute que les chansons de Birkin et aime Ă  citer Gainsbourg (Son Zip et son Zippo fendu de A jusqu’à Zoo). C’est lui le “hĂ©ros” du roman, pas un flic “atypique” comme il y en a tant, un personnage dont l’épaisseur romanesque surprend (on verrait bien Depardieu dans le rĂŽle). La plus grande qualitĂ© de ce premier (!) roman se trouve sans doute dans ce soin apportĂ© aux personnages, tous les personnages, le troisiĂšme couteau comme le chef de clan. L’ancien professeur d’histoire, â€œĂ©rudit en dynastie mĂ©rovingienne” comme le descendant du roi Clodomir. On attend avec impatience le prochain roman de Christian Casoni, conteur et styliste remarquable.

Une chronique Ă  retrouver sur Fondu au noir

Jocelyne Hubert
Fondu au noir 22 février 2022

- Interview de Christian Casoni

On avait rencontrĂ© Christian Casoni en juin 2020 pour discuter de Juke – 110 portraits de bluesmen. Il est de retour aujourd’hui avec tout autre chose et il nous semblait judicieux de le soumettre Ă  la question avec, Ă  nouveau, l’aide prĂ©cieuse du complice Didier Hubert (aka Raoul MĂ©jols sur les rĂ©seaux sociaux).

– Nous avons fait connaissance il y a deux ans, lors de la sortie de Juke, 110 portraits de bluesmen (Le Mot et Le Reste) qui avait donnĂ© lieu Ă  un premier entretien. Vous voilĂ  de retour aujourd’hui avec ce que je serais tentĂ© de qualifier de «polar mĂ©rovingien». Vous ĂȘtes un spĂ©cialiste du grand Ă©cart ?

Je conteste la qualification de « polar mĂ©rovingien », mais vous la nuancez vous-mĂȘme un peu plus bas. Clodomir est un polar tout court, qui met en scĂšne des descendants de rois mĂ©rovingiens. Les rois mĂ©rovingiens sont fascinants, car sujets Ă  de terribles dĂ©nigrements depuis les Carolingiens. Ceux de la dynastie suivante ont fait de ces roitelets des personnages de comĂ©die italienne. Avant qu’on ne commence Ă  creuser le sujet et Ă  dissiper certains prĂ©jugĂ©s les concernant, les MĂ©rovingiens c’est un peu Affreux, Sales et MĂ©chants. C’est un bon dĂ©part ! Comme je vous le disais il y a deux ans, je ne procĂšde que par lubies. Le blues en est une, les MĂ©rovingiens en Ă©taient une autre. Et je fais tellement de grands Ă©carts dans mes lubies que je porte des couches-culottes. [
]

DĂ©couvrez l’intĂ©gralitĂ© de l’entretien sur Aire(s) Libre(s)

Yann Leray
Aire(s) Libre(s) 12 février 2022

- Sa Majesté Clodomir

Ebouriffant, c’est le qualificatif qui me viendrait le premier Ă  l’esprit pour qualifier ce dĂ©routant premier opus. En premier lieu, son point fort est Ă©videmment sa trĂšs grande originalitĂ© , sa thĂ©matique dĂ©sarçonnante, en second lieu la richesse de sa langue, de son vocabulaire! C’est une vengeance qui traverse les siĂšcles, Ă  ce niveau, elle ne se mange plus froid mais largement avariĂ©e, voire dessicĂ©e. Rendez vous compte, c’est comme si le royaume des Francs surgissait du fin fond des Ăąges au milieu de votre salon, leurs chef de tribus, Clotaire, ChildĂ©ric et donc


.Clodomir. C’est leur trĂšs ,trĂšs, trĂšs lointains descendants qui s’affrontent, les Rodan, les MannaquĂšre, autour de la possession de reliques rĂ©duites Ă  l’état quasiment de poussiĂšre, bouffĂ©es par la rouille. Et toute cette bĂȘtise claironnante va se solder par une ribambelle de morts violentes, sanglantes. Au milieu de ce barnum, Victor Maniabosco, un flic atypique, fort difficile Ă  dĂ©stabiliser mais lĂ  quand mĂȘme

et Roseline, son amie ex/meurtriĂšre en sĂ©rie, sans compter une foultitude de personnages tous plus picaresques les uns que les autres, et vous comprendrez qu’à la lecture de ce scĂ©nario, l’ennui ne pourra ĂȘtre de mise! Cet ouvrage incroyablement foutraque peut d’ores et dĂ©jĂ  recevoir sans conteste la palme de “l’atypicitĂ©â€ 2022. “Dans la poitrine de ce mec bat un oeuf dur.” “Mingo s’arrangeait de son emploi de majordome comme un gorille dressĂ© Ă  l’aquarelle.” “Il ombre dĂ©jĂ  sa platitude de grandes alvĂ©oles et de cavitĂ©s, et commence Ă  dessiner de gigantesques colonnes d’intestins.”

Une chronique Ă  retrouver sur Polarmaniaque

Jean-Michel Isebe
Polarmaniaque janvier 2022

- Sa Majesté Clodomir, roman noir à papa

Le titre sentait bon la langue française fleurie, quelque chose de l’ordre de FrĂ©dĂ©ric Dard. Ça n’est pas tout Ă  fait Ă  cela que ressemble le rĂ©sultat, et c’est tant mieux: le livre de Christian Casoni, primo-romancier nĂ© en 1958, a un style qui n’appartient sans doute qu’à lui. Partant du principe que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, l’auteur (qui semble avoir eu mille vies) prend pour hĂ©ros un commandant de police vieillissant nommĂ© Maniabosco, qui n’a pas son pareil pour s’attirer des ennuis.
Moins intĂ©ressĂ© par son intrigue pourtant salĂ©e que par ses personnages, Casoni borde un simili polar rond en bouche, se plaçant dans le sillage d’auteurs comme Jean-Bernard Pouy sans jamais perdre de sa singularitĂ©. C’est le genre de livre dans lequel on peut croiser des phrases comme «Elle l’appelle d’un rade et commence Ă  l’assaisonner», et se sentir parfaitement chez soi. Comme dans des chaussons.
Bien que se dĂ©roulant de nos jours, l’intrigue –pas toujours limpide, mais qu’importe– remonte jusqu’à l’an de grĂące 523, qui marqua le dĂ©but de la guerre entre les Francs et les Burgondes. C’est bel et bien Ă  une guerre des clans datant d’il y a seize siĂšcles que Casoni et Maniabosco tentent de mettre fin, ce qui n’est qu’un Ă©lĂ©ment de l’écheveau touffu et plaisant qu’est Sa majestĂ© Clodomir.

Un article Ă  retrouver sur Slate

Thomas Messias
Slate 18 janvier 2022