Plaidoyer en faveur du capitaine John Brown
Avec cet essai, Henry D. Thoreau confirme la radicalisation de son engagement contre lâesclavage.
traduit de lâanglais (Ătats-Unis) par Nicole Mallet
introduction, postface et notes de Michel Granger
En 1855, lâabolitionniste John Brown quitte sa ferme pour le Kansas afin dâorganiser la lutte contre lâesclavage. Il avait mĂȘme, Ă la tĂȘte dâun petit groupe, tuĂ© cinq colons esclavagistes en 1856. Thoreau rencontre le capitaine en 1857 et le revoit au printemps 1859 lorsquâil vient chercher de lâargent pour ses opĂ©rations. Il est finalement arrĂȘtĂ© Ă lâautomne et condamnĂ© Ă ĂȘtre pendu le 2 dĂ©cembre. Ă travers une tribune dâune quarantaine de pages adressĂ©e Ă ses concitoyens, la presse, les politiques (Plaidoyer en faveur du capitaine John Brown), un texte poĂ©tique rĂ©digĂ© pour le jour de son exĂ©cution (Le Martyre de John Brown) et un hommage (Les Derniers Jours de John Brown) Thoreau sâengage, Ă lâopposĂ© de ses postures philosophiques initiales, dans la surprenante rĂ©habilitation dâun fanatique, avant de retourner finalement vers sa prĂ©occupation premiĂšre : la nature.
Revue de presse
Amoureux de la nature et critique de la sociĂ©tĂ©, Henry David Thoreau est connu pour ses Ćuvres majeures Walden ou la vie dans les bois et La DĂ©sobeissance civile. Proche de Ralph Waldo Emerson, il Ă©volue parmi les intellectuels transcendentalistes amĂ©ricains. En 1842, suite Ă une commande de lâEtat du Massachussets, Emerson, chez qui il sĂ©journe, lui demande de faire le compte rendu de rapports scientifiques sur lâhistoire naturelle de la rĂ©gion, pour le numĂ©ro de juillet de la revue transcendentaliste Dial.
Passionné de la nature
Lâobjectif de la commande est de travailler ces rapports qui font lâinventaire de la faune et la flore de la rĂ©gion, vantant sa richesse naturelle. Or, la subjectivitĂ© de Thoreau prend le pas sur la consigne initiale Ă laquelle il ne consacre finalement que cinq paragraphes. Lâauteur prĂ©fĂšre dĂ©crire sa relation passionnĂ©e Ă la nature.
A court de temps, Emerson publie le texte.
Et câest ainsi que lâHistoire naturelle du Massachusets offre le point de dĂ©part du nature writing, genre littĂ©raire auquel sâadonnera notamment Mary Austin (dont lâoeuvre la plus connue est Le Pays des petites pluies). Le nature writing consiste en lâobservation personnelle, attentive et sensible de lâauteur.e de son environnement naturel, en la traduction de la relation entre la nature et lâĂ©crivain.e. qui en expĂ©rience les merveilles. Quâest-ce que la nature lui apporte ? Et par extension, que peut-elle apporter au lectorat ? Que du bon, naturellement.
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Aujourdâhui, outre la remise en question dâune sociĂ©tĂ© qui contrĂŽle et enferme ses citoyens, se pose encore la question : vaut-il mieux rĂ©sister pacifiquement ou faut-il lutter au moyen de la violence ? Le dĂ©bat est ardemment actuel, et il est ouvert.
Histoire naturelle du Massachusets et Plaidoyer en faveur du Capitaine John Brown sont des essais idĂ©aux Ă parcourir si lâon souhaite aller plus loin dans la comprĂ©hension de la pensĂ©e de Thoreau, et en approfondir les deux aspects fondamentaux. Mais pas seulement⊠Inspirants, ils apparaissent comme des livres de chevet dans lesquels on peut se replonger Ă tout moment pour Ă©tayer ses convictions Ă©cologiques et citoyennes.
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