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Parution : 20/02/2020
ISBN : 9782361391843
176 pages (11 x 17,6 cm)

8.9 €

Pensées sauvages - poche

Cette anthologie de PensĂ©es sauvages offre une excellente porte d’entrĂ©e pour apprĂ©hender l’Ɠuvre de Thoreau.

Pierre Thiesset – La DĂ©croissance

traduit de l’anglais (États-Unis) par Nicolas Mallet et Brice Matthieussent
sélection de Michel Granger

Le parti pris de cette sĂ©lection Ă©tablie par Michel Granger a Ă©tĂ© de privilĂ©gier l’originalitĂ© et la radicalitĂ© du philosophe transcendantaliste : une critique impitoyable de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine du milieu du XIX^e^ siĂšcle, alliĂ©e Ă  des propositions pour un mode de vie plus respectueux de la nature et de la vie de l’esprit. Henry D. Thoreau n’est pas un penseur tiĂšde, il s’efforce de provoquer la rĂ©flexion et d’ébranler les certitudes. Des pages choisies pour comprendre la pensĂ©e forte de Thoreau.

Revue de presse

- Interview Michel Granger - Poétiques du monde : la marche et le globe Manou Farine France Culture // Poésie et ainsi de suite 29 décembre 2017
- Thoreau l'insoumis Johann Addict Culture 15 décembre 2017
- Pensées sauvages Tanguy L'Aminot Rousseau Studies décembre 2017
- Pensées sauvages Walter Belis L'Oiseau Magazine Printemps 2017
- Thoreau Pierre Thiesset La Décroissance mars 2017

- Interview Michel Granger - Poétiques du monde : la marche et le globe

Trois chercheurs et des explorateurs. Il y a le promeneur qui ne rĂȘve de nul ciel sinon celui qui l’entoure. Et il y a ceux qui rĂȘvent d’englober le monde et la voĂ»te cĂ©leste. Local contre global, perception contre reprĂ©sentation du monde, culture de soi contre utopies universelles. Une Ă©mission qui pourrait mettre dos Ă  dos la philosophie de l’écrivain amĂ©ricain Henry David Thoreau, dont on fĂȘte encore le bicentenaire de la naissance pour quelques jours et l’exposition qui dĂ©roule Ă  la citĂ© de l’architecture Ă  Paris une possible histoire des globes terrestre et cĂ©lestes. Avec Michel Granger pour Marcher et Teintes d’automne, deux essais signĂ©s H.D Thoreau, qui paraissent aux Ă©ditions le mot et et le reste et avec Jean-Marc Besse et FrĂ©dĂ©rique AĂŻt-Touati pour leur collaboration au catalogue de Globes, architecture et sciences explorent le monde, aux Ă©ditions Norma.

Réécouter l’émission sur le site de France Culture

Manou Farine
France Culture // Poésie et ainsi de suite 29 décembre 2017

- Thoreau l'insoumis

Thoreau c’est l’homme insoumis par nature, magnifique et radical. Si la vie qu’il dĂ©fend dans ses Ă©crits est celle qu’il a choisie, il n’encourage pas nĂ©cessairement les autres Ă  suivre cette voie, car c’est sa voie Ă  lui, mais il invite chacun Ă  trouver son propre chemin, et pour cela l’encourage Ă  se plonger dans l’inconnu qui s’offre Ă  lui. Chaque ĂȘtre est aussi face Ă  l’inconnu qui sommeille en lui ou hors de lui, et qui ne demande qu’à ĂȘtre Ă©veillĂ©.

« Je ne connais pas de fait plus encourageant que la capacitĂ© indiscutable de l’homme Ă  Ă©lever sa vie par un effort conscient. »

Se libĂ©rer des chaines de la mĂ©canique du monde qui placent les ĂȘtres en pilotage automatique, Thoreau invite le lecteur Ă  ĂȘtre libre, de ses pensĂ©es, de ses mouvements, de la vie que l’on se choisit chaque jour qui passe. Un ĂȘtre radical aux yeux de ceux qui ne savent mĂȘme pas qu’ils vivent, alors qu’au fond il est au plus prĂšs de la vĂ©ritĂ© fondamentale du sens de la vie, tournĂ© vers la nature et le vivant.

J’avais toujours eu envie de lire Walden ou la vie dans les bois, livre de Thoreau publiĂ© en 1854, et dont est inspirĂ© le film Into The Wild Ă  travers la citation directe par son hĂ©ros. Le livre raconte la vie de Thoreau pendant deux ans deux mois et deux jours dans une cabane prĂšs de l’étang de Walden dans le Massachusetts. Je ne l’ai pas encore fait par manque de temps, et ce recueil de textes permet d’entrer dans l’univers de l’auteur et d’en saisir la globalitĂ© de la pensĂ©e, que l’on sent foisonnante. Je suis toujours un peu sceptique sur cette dĂ©marche tant j’aime dĂ©couvrir l’Ɠuvre directement d’un auteur, mais Michel Granger qui a rassemblĂ© ici diffĂ©rents textes de diffĂ©rentes sources, n’en est pas Ă  son premier ouvrage sur Thoreau, et sa mise en page est cohĂ©rente. Il avait dĂ©jĂ  publiĂ© aux Ă©ditions Le Mot et le Reste, Journal (2014), une sĂ©lection en 700 pages du journal qu’a tenu Thoreau entre 1837 et 1861 qui reprĂ©sente 7000 pages de notes ou de pensĂ©es consignĂ©es. Au sein du monde des lettres et de l’histoire des idĂ©es, Thoreau restera pour la postĂ©ritĂ© comme l’inventeur de la « dĂ©sobĂ©issance civile » Ă  laquelle il consacrera un essai en 1849, aprĂšs avoir purgĂ© une courte peine de prison par suite de son refus de payer l’impĂŽt en signe d’opposition Ă  l’esclavage et Ă  la guerre contre le Mexique. Il inspirera, en outre, l’écologisme radical et le courant dĂ©croissant, qui lui doivent le concept de « pauvretĂ© volontaire ».

Il y a un siĂšcle et demi, Thoreau, philosophe non conformiste, naturaliste prĂ©curseur de l’écologie, Ă©crivait dĂ©jĂ  ce qui allait devenir tous les thĂšmes urgentistes en ce dĂ©but de siĂšcle malade de son alimentation, de son air, de son industrie, il n’a jamais Ă©tĂ© aussi contemporain, le relire aujourd’hui est une nĂ©cessitĂ© absolue. Et sortir un recueil de ses textes est une belle idĂ©e pour partager cette pensĂ©e inspirante, il a posĂ© sans le savoir ce qui serait la problĂ©matique moderne de notre Ă©poque, et de l’évolution du monde des hommes et du vivant. Une anthologie remarquable dans laquelle chacun peut puiser au grĂ© de ses humeurs, de ses inspirations ou de ses centres d’intĂ©rĂȘt.

« Il n’est jamais trop tard pour renoncer aux prĂ©jugĂ©s. On ne peut se fier sans preuve Ă  aucune maniĂšre de penser ni d’agir, aussi ancienne soit-elle. Ce que tous rĂ©pĂštent ou transmettent tacitement comme Ă©tant la vĂ©ritĂ© d’aujourd’hui peut demain se rĂ©vĂ©ler mensonge, simple fumĂ©e de l’opinion, que certains ont prise pour une nuĂ©e capable d’arroser d’une pluie fertilisante leurs champs. Ce que les vieilles gens disent que vous ne pouvez pas faire, en l’essayant vous dĂ©couvrez que vous le pouvez. Laissons l’ancien temps aux anciens, et que les nouveaux venus s’occupent des temps nouveaux. »

Lire la chronique sur Addict Culture

Johann
Addict Culture 15 décembre 2017

- Pensées sauvages

M. Granger poursuit son entreprise de faire connaĂźtre Thoreau Ă  travers des anthologies thĂ©matiques. AprĂšs un volume regroupant des textes de cet auteur sur les animaux, il donne Ă  prĂ©sent un recueil des « pensĂ©es sauvages » qui sont sans doute moins Ă©videntes au lecteur habituĂ© Ă  voir seulement chez l’ermite de Walden un poĂšte de la forĂȘt et de la nature. Ici, prĂ©cise-t-il, « les longues descriptions minutieuses des bois, des riviĂšres, de la faune et de la flore ont Ă©tĂ© omises, au profit d’extraits rĂ©vĂ©lateurs de la richesse de sa rĂ©flexion. Ils ont Ă©tĂ© ordonnĂ©s de maniĂšre Ă  offrir au lecteur un parcours dans le cƓur des principales idĂ©es qui structurent sa recherche d’une ‟vie naturelleËź : l’attirance pour tout ce qui est sauvage ; la critique de la modernitĂ© au temps de la RĂ©volution industrielle ; l’exposĂ© de son art de vivre selon le principe de ‟pauvretĂ© volontaireËź ». Le choix de M. Granger est donc Ă  rebours des valeurs du capitalisme triomphant et de ses chantres du moment et il rejoint en maints endroits la pensĂ©e de R. qui se prĂȘte mal aux contorsions universitaires qui en font un Ă©conomiste avant l’heure et un partisan du libĂ©ralisme Ă  la mode. Il a Ă©tĂ© orientĂ© « par le dĂ©sir de prĂ©senter un Thoreau original, radical dans la forme de ses opinions, celui dont la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine du milieu du 19e siĂšcle ne voulait pas entendre les pensĂ©es ‟sauvagesËź ». Est-il utile de dire que celles-ci sont en rĂ©sonance avec les prĂ©occupations de notre Ă©poque – la rĂ©sistance Ă  l’autoritarisme et Ă  la tyrannie de l’économie, l’importance de la nature, la prĂ©occupation Ă©cologique, la perspective de la dĂ©croissance » ? Ces thĂšmes sont malheureusement tant malmenĂ©s et vidĂ©s de leur contenu par les mĂ©dias et les philosophes beaux parleurs qu’on peut douter de leur sauvagerie. Thoreau le dit fort bien : « Il est vain de rĂȘver d’un monde sauvage Ă©loignĂ© de nous. Car il n’y en a pas. C’est le bourbier de notre cerveau et de nos entrailles, la vigueur primitive de la Nature en nous, qui inspire ce rĂȘve ». Ce n’est qu’un rĂȘve pour les citadins qui le lisent, un sujet de colloque ou de dĂ©bat mondain. Le sauvage est toujours celui qui ne va pas dans la direction prise par la sociĂ©tĂ©, l’en dehors qui n’a que faire des mots d’ordre citoyens, mais qui ose encore tourner le dos et repousser les chaĂźnes qui nous accablent, renoncer Ă  internet, Ă  la tĂ©lĂ©vision abrutissante, Ă  l’actualitĂ© mise au service de la propagande, au formatage qui fait que tout le monde pense pareillement ? OĂč est le sauvage, oĂč est la sauvagerie, la rusticitĂ©, l’impolitesse et la rugositĂ© de l’en dehors ? Certainement pas parmi les moutons bien dociles et bien reconnaissants que nous croisons dans les rues et les couloirs.

Tanguy L'Aminot
Rousseau Studies décembre 2017

- Pensées sauvages

Dans ce sympathique livre, traduit de l’amĂ©ricain par Nicole Mallet et Brice Matthieussent, Michel Granger a effectuĂ© une sĂ©lection dans l’Ɠuvre de Thoreau. L’objectif Ă©tait de prĂ©server l’originalitĂ©, mais aussi la radicalitĂ© de sa philosophie, qui est une critique impitoyable de la sociĂ©tĂ© du milieu du 19^e^ siĂšcle amĂ©ricain. Ce qui nous frappe Ă  chaque lecture, c’est la modernitĂ© de Thoreau. Il fait table rase des certitudes, rompt avec les traditions, Ă©veille les consciences
 mais toujours dans un esprit positif. Au fil du temps, son approche est devenue de plus en plus systĂ©matique, scientifique. Tout se pense et se construit Ă  travers l’amour et le respect de la nature qu’il transmet aux lecteurs. Il n’est pas Ă©tonnant que son Ɠuvre soit devenue une source d’inspiration constante pour les naturalistes amateurs et les Ă©cologistes, tout autant que ses idĂ©es Ă©conomiques et politiques intĂ©ressent les activistes sociaux et les adeptes de la simplicitĂ© volontaire.

Walter Belis
L'Oiseau Magazine Printemps 2017

- Thoreau

Michel Granger, l’un des plus grands connaisseurs francophones de l’Ɠuvre de Henry David Thoreau, publie avec le recueil PensĂ©es sauvagesune passionnante sĂ©lection de textes du philosophe transcendantaliste amĂ©ricain. DĂšs l’introduction, le partisan de la dĂ©croissance comprend pourquoi il se doit de lire Thoreau, ce penseur anti-industriel qui rejette la civilisation mercantile, pourfend la religion du progrĂšs, appelle Ă  gagner les bois et Ă  vivre la pauvretĂ© volontaire : “Il s’agit d’une pauvretĂ© philosophique qui se nourrit de contemplation, de spiritualitĂ©. Elle requiert de ne pas se laisser distraire par des biens matĂ©riels que l’on achĂšte au prix fort, au moyen d’un travail d’esclave : il ne faut pas gaspiller sa vie pour de la consommation futile, mais la dĂ©penser sans compter pour de prĂ©cieux biens immatĂ©riels”, explique Michel Granger. S’ensuivent des rĂ©flexions pĂ©nĂ©trantes sur la nature, la libertĂ©, la rĂ©sistance au gouvernement et Ă  la frĂ©nĂ©sie des affaires. Cette anthologie de PensĂ©es sauvages offre une excellente porte d’entrĂ©e pour apprĂ©hender l’Ɠuvre de Thoreau. Une petite citation pour le plaisir : “Être philosophe, ce n’est pas simplement avoir des pensĂ©es subtiles, ni mĂȘme fonder une Ă©cole, mais aimer la sagesse au point de vivre selon ses prĂ©ceptes, une vie de simplicitĂ©, d’indĂ©pendance, de magnanimitĂ© et de confiance. C’est rĂ©soudre quelques-uns des problĂšmes de la vie, non pas de maniĂšre thĂ©orique, mais pratique.” Que tous les nouveaux philosophes mĂ©diatiques en prennent de la graine.

Pierre Thiesset
La Décroissance mars 2017