L'Intrusive
« Un texte qui vous aspire dâemblĂ©e »
Michel Abescat, France Inter // Le polar sonne toujours deux fois
Lauréat Prix Lilojury 2021
Sélection Prix du roman Cezam 2022
Camille ne dort plus. Depuis des semaines, elle flotte et sâaccroche tant bien que mal au rĂ©el. Il faudra pourtant bien quâelle dorme pour retrouver son travail, une vie « normale », puis la petite Jeanne, surtout. Son frĂšre lâa prĂ©venue: elle reverra sa niĂšce quand elle sera en Ă©tat dâexpliquer son geste. Camille voudrait bien lui faire comprendre quâelle ne pensait pas Ă mal, que leur mĂšre, avant elle, lâavait prĂ©parĂ©e ainsi au monde des hommes, mais elle sait que ce serait exhiber trop de blessures, et une femme, ça ne fait pas de vagues. Alors câest dâaccord, elle ira voir Gabriel et se pliera Ă son Ă©trange protocole. Elle ne voit pas bien comment cet homme Ă©crasant, isolĂ© dans une maison coupĂ©e du monde, pourrait lâaider lĂ oĂč tant dâautres ont Ă©chouĂ©, mais elle veut faire plaisir Ă son frĂšre, faire plaisir aux autres et ne surtout plus penser au sien.
⹠à lire : les premiÚres pages sur ActuaLitté
Revue de presse
- L'Intrusive Flore Delain En lisant, en écrivant 6 décembre 2021
- L'Intrusive : Un thriller psychologique puissant Michel Abescat France Inter // Le polar sonne toujours deux fois 14 octobre 2021
- L'Intrusive Claire Julliard L'Obs 7 octobre 2021
- L'Intrusive Adonis Brunet Litzic 20 septembre 2021
- L'Intrusive Les passions de Chinouk 30 août 2021
- L'Intrusive L'Homme qui lit L'Homme qui lit 25 août 2021
- Neuf autrices, neuf romans, neuf extraits de la rentrée littéraire 2021 Thomas Messias Slate 25 août 2021
- L'Intrusive Baz'art 20 août 2021
- L'Intrusive Guy Donikian La Cause Littéraire 23 août 2021
- L'Intrusive Noé Gaillard Daily Passions 19 août 2021
- L'Intrusive Laurence Juan Avoir Ă lire 18 juin 2021
âLa vie de Camille est un cauchemar Ă©veillĂ©. Elle ne dort plus depuis des semaines. On lui refuse de visiter sa niĂšce adorĂ©e. Les nombreux spĂ©cialistes rencontrĂ©s ne peuvent rien pour elle. Sauf peut-ĂȘtre un : Gabriel, un homme qui possĂšde une machine capable dâenregistrer les images de ses rĂȘves⊠et de rĂ©vĂ©ler ce quâelle croyait enfoui si loin dans lâinconscient quâelle avait oubliĂ© son existence. Avec son roman Lâintrusive, la doctorante en Ă©tudes littĂ©raires et psychanalyse Claudine Dumont creuse dans la psychĂ© comme jamais auparavant.â
LâintĂ©gralitĂ© de lâarticle ici
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On est complĂštement immergĂ©s dans la multitude de sensations qui envahit Camille. Les manifestations physiques de son mal-ĂȘtre sont dâune vigueur tellement inquiĂ©tante quâelles ne sont jugulĂ©es par rien : aucun mĂ©dicament nây peut rien, mais aucune thĂ©rapie non plus parce que ce qui ronge Camille, ce qui la dĂ©vore, elle ne veut pas lâadmettre, elle ne veut pas le dire, elle ne veut mĂȘme pas le voir en rĂȘve. [âŠ]
Il y a une dimension fantastique, fĂ©erique aussi : la maison perdue, la cabane encore plus perdue dans la forĂȘt, la machine Ă©trange, Gabriel, cet ange immense et effrayant, la perception du rĂ©el qui change tout le temps suivant lâĂ©tat dâesprit â et lâĂ©tat du corps â de Camille, et puis cette enfance diabolique, une mĂšre comme une reine nocive qui a jetĂ© un sort Ă sa fille. La conscience de la jeune femme se bat contre ce quâelle pense ĂȘtre lâinnommable vĂ©ritĂ© dâelle-mĂȘme, comme si elle Ă©tait â intĂ©rieurement, souterrainement â un monstre que sa mĂšre aurait fabriquĂ© [âŠ].
Beau roman, impressionnant et effrayant Ă la fois, Ă©crit du point de vue de Camille ce qui plonge le lecteur dans un maelström de souffrances, dâhallucinations, dâangoisses incoercibles dont on a du mal Ă dĂ©mĂȘler le fantasme de la rĂ©alitĂ©, dans un jeu dâĂ©nigmes et de faux-fuyants psychologiques fascinants.
Une chronique à retrouver en intégralité sur le blog En lisant, en écrivant
Lâautrice Claudine Dumont est quĂ©bĂ©coise, enseigne la littĂ©rature, a Ă©tudiĂ© la psychanalyse et se passionne pour la photographie. Autant de compĂ©tences quâelle a mises au service de son troisiĂšme roman, LâIntrusive. Lâhistoire dâune femme qui ne dort plusâŠ
« Je ne dors plus », ce sont en effet les premiers mots de ce roman envoĂ»tant, Ă©crit Ă la premiĂšre personne du singulier. Un texte qui vous aspire dâemblĂ©e, vous plonge dans lâenfer de Camille, une jeune femme dâune trentaine dâannĂ©es. [âŠ]
Il est particuliĂšrement bien construit, en forme de huis clos de plus en plus oppressant.
Le roman mĂȘle deux fils narratifs. Une sĂ©rie de sĂ©quences consacrĂ©es Ă des souvenirs dâenfance particuliĂšrement sombres qui remontent peu Ă peu, comme les piĂšces dâun puzzle.
Et, en parallĂšle, le rĂ©cit de la rencontre de Camille avec un spĂ©cialiste des rĂȘves, un type Ă la marge, bourru et solitaire, interdit dâexercice aprĂšs un procĂšs retentissant. Gabriel a mis au point une sorte de machine Ă enregistrer les rĂȘves, qui rappelle le film Inception de Christopher Nolan.
Le lecteur va ainsi plonger dans la mĂ©moire et lâinconscient de la narratrice.
Et le moins que lâon puisse dire, câest que cette immersion est Ă©prouvante. Page aprĂšs page Ă©merge la figure de la mĂšre de Camille, morte dâun cancer quand sa fille avait une douzaine dâannĂ©es.
DĂ©vorante, cruelle, profondĂ©ment dĂ©sĂ©quilibrĂ©e, elle a lâobsession de la propretĂ©, de la perfection, de lâapparence. Ainsi contraint-elle sa fille Ă ne jamais exprimer ses sentiments et ce quâelle pense vraiment. Ă dire ce que les autres veulent entendre ou bien Ă garder le silence. Ă toujours leur montrer le visage quâils attendent.
Durant toute lâenfance de sa fille, elle nâa eu de cesse de lui enseigner le contrĂŽle de soi. Comme elle le fait par exemple un soir, Ă lâoccasion dâun dĂźner avec des collĂšgues de son mari dont lâun prononce des mots qui ne lui plaisent pasâŠ
Câest plutĂŽt angoissant ! Il y a une grande tension dans cette scĂšneâŠ
Et câest ainsi dans tout le roman, emportĂ© par un rĂ©cit redoutablement efficace. Le lecteur est prisonnier des affres que traverse la narratrice, il ne peut en sortir. Il suit pas Ă pas son enquĂȘte sur son passĂ©. Qui est-elle vraiment ? Que veut-elle exactement ?
Deux mondes se mĂȘlent, le rĂȘve et la rĂ©alitĂ©. Le roman joue des ambiguĂŻtĂ©s de situation, de lâunicitĂ© de point de vue qui sĂšme le doute sur ce qui est racontĂ©. La narratrice est-elle fiable ?
Progressivement, la malaise sâaccroit. Et lâangoisse aussi. Claudine Dumont rĂ©ussit subtilement Ă faire partager les Ă©motions de Camille, son Ă©criture est sensible, captivante, ses images sont fortes, trĂšs Ă©vocatrices. On ressent physiquement la souffrance et le dĂ©sarroi de Camille.
Celle-ci est pourtant loin dâĂȘtre toujours sympathique. Et ce nâest pas le moindre intĂ©rĂȘt de ce roman dont la lecture est tout sauf confortable.
Une émission à écouter sur France Inter
Lâinsomnie rebelle de Camille la rend imprudente. Elle vit dans une confusion permanente, entre rĂȘve et rĂ©alitĂ©. Tant que la fatigue altĂšre son jugement, son frĂšre refuse quâelle revoit Jeanne, sa niĂšce chĂ©rie. Pour remĂ©dier Ă son mal, Camille se rend alors chez Gabriel, un spĂ©cialiste du sommeil. Le praticien possĂšde une curieuse machine Ă dĂ©chiffrer les rĂȘves. GrĂące Ă laquelle lâhĂ©roĂŻne dĂ©couvre le monstre qui habite ses cauchemars. Ce thriller psychologique habile explore les trĂ©fonds dâun inconscient perturbĂ© et heurte en retour celui du lecteur. De quoi alimenter ses nuits blanches.
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En immersion.
On se retrouve au cĆur de ce thriller, nous dirions mĂȘme au cĆur du cerveau, de la pensĂ©e de Camille. Prendre possession de ses rĂȘves, de ses cauchemars, qui nâen a jamais rĂȘvĂ©. On pense, forcĂ©ment un peu, Ă Inception de Christopher Nolan. Ce fantasme de pĂ©nĂ©trer les rĂȘves en a fait rĂȘver plus dâun. Ou plus exactement cauchemarder si lâon tient compte des aspects psychologue de la chose. Ressentir lâangoisse et le mal ĂȘtre de Camille, au plus prĂšs, nous a fortement chamboulĂ©, comme si lâautrice exacerbait des zones sensibles de la psychĂ© (la nĂŽtre, la vĂŽtre).
Par son Ă©criture, Claudine Dumont nous hypnotise tout comme elle nous tient Ă©veillĂ© du dĂ©but Ă la fin, par lâentremise de la voix de Gabriel, voix douce et dâune force implacable. On se laisse porter sans rĂ©sistance vers son inconscient et vers dâautres contrĂ©es lointaines enfouie profondĂ©ment en nous (ou dans nos rĂȘves).
Une chronique à retrouver en intégralité sur Litzic
VoilĂ un roman qui ne vous laissera pas de marbre, car dĂšs les premiĂšres phrases les mots de lâauteure nous happent. Nous allons suivre le cheminement de Camille â pour retrouver une vie normale et le sommeil â, dans un Ă©tat second.
LâĂ©criture et le rythme que donne Claudine Dumont Ă lâhistoire la rendent complĂštement hypnotique, au sens littĂ©ral du terme ! Les sensations du mal ĂȘtre de Camille sont parfaitement perceptibles et ressenties par le lecteur.
Au fil des pages, le calvaire que vit Camille va se dĂ©voiler Ă nous : son insomnie, son extrĂȘme fatigue qui lui cause des hallucinations, ses relations avec les gens. Elle est Ă bout, mais elle va devoir affronter son passĂ© malgrĂ© ses nombreux blocages pour apaiser son prĂ©sent et retrouver une vie normale.
Camille est une personne Ă fleur de peau, elle mâa trĂšs souvent agacĂ©e dans son comportement, mais peut on lui en vouloir ?
Lâintrusive de Claudine Dumont est un roman Ă la psychologie intense et extrĂȘmement bien Ă©crit qui aborde des thĂšmes assez durs et qui explore les profondeurs du cerveau humain. Mais outre lâhistoire qui est passionnante, ce qui mâa le plus plus dans ce livre câest son Ă©criture et sa construction qui est complĂštement immersive. Sa lecture mâa procurĂ© une espĂšce de « trance » assez indescriptible !
Alors si vous recherchez un livre qui vous tiendra en halĂšne dĂšs ses premiĂšres lignes, lisez Lâintrusive de Claudine Dumont vous nâen ressortirez pas indemne.
Une chronique Ă retrouver sur Les passions de Chinouk
Pour son troisiĂšme roman, lâautrice quĂ©bĂ©coise Claudine Dumont nous entraĂźne aux frontiĂšres de la folie avec Camille, son hĂ©roĂŻne qui nâarrive plus Ă dormir comme si son corps avait cessĂ© de fonctionner normalement et quâelle devait Ă tout prix Ă©viter de se laisser glisser dans le sommeil.
AprĂšs lâĂ©chec de tout un tas de thĂ©rapies et de prises en charge mĂ©dicales pointues, et si elle veut revoir sa petite niĂšce, son frĂšre et sa belle-sĆur lui posent comme un ultimatum en lui proposant dâaller voir Gabriel, le frĂšre de sa belle-sĆur (vous suivez ?), spĂ©cialiste dĂ©savouĂ© du sommeil et des rĂȘves.
Ă leur cĂŽtĂ©, nous plongerons dans lâunivers si sombre et douloureux de ses rĂȘves pour comprendre les traumatismes quâelle fuit en Ă©vitant de dormir. Accrochez-vous car ça va faire mal, vous ne serez pas déçu du voyage !
Un roman noir et abyssal qui nous emmĂšne dans des territoires dĂ©licats et laisse quelque peu mal Ă lâaise. Au carrefour de la psychanalyse et de lâexpĂ©rience onirique, Lâintrusive est un excellent roman qui mâa sorti de ma zone de confort !
Hasard de mes lectures, jâai eu lâimpression pendant une grande partie du rĂ©cit que la mĂšre de Camille dans ce roman pourrait ĂȘtre la narratrice de Mon mari de Maud Ventura qui vient de sortir chez LâIconoclaste ! Jâadore quand mes lectures se parlent entre elles !
Une chronique Ă retrouver sur le blog LâHomme qui lit
Il y a quelque chose dâĂ©minemment cinĂ©matographique dans le roman de Claudine Dumont. Une tristesse accablante et une noirceur Ă©paisse qui siĂ©raient mieux que bien Ă Claire Denis. LâĂ©crivaine quĂ©bĂ©coise a une façon dĂ©sarmante de mĂȘler lâintime et le mĂ©taphysique. LâIntrusive est une aventure intĂ©rieure qui tient en haleine.
Au cĆur du roman (le troisiĂšme de son autrice aprĂšs notamment Anabiose, traduit en plusieurs langues), la quĂȘte de Camille, alias Mac: lâhĂ©roĂŻne, qui ne dort plus depuis des semaines, a vu le manque de sommeil la pousser Ă commettre un acte inattendu de sa part. SommĂ©e de consulter Gabriel, un spĂ©cialiste du sommeil et des rĂȘves qui vit en ermite, elle va se frotter Ă sa personnalitĂ© rugueuse⊠et dĂ©couvrir son incroyable machine Ă dĂ©crypter les rĂȘves.
Comme Claire Berest dans Artifices, Claudine Dumont signe un roman de genre au suspense insoutenable, mais dont lâissue nâa rien dâune fin en soi. Au cĆur de LâIntrusive, il y a aussi surtout le double portrait de Mac et de Gabriel, et la façon dont ces deux bĂȘtes sauvages vont tenter de sâapprivoiser. Un page-turner dâune grande qualitĂ© esthĂ©tique.
Un article Ă retrouver sur Slate
LâIntrusive de Claudine Dumont, romanciĂšre quĂ©bĂ©coise Ă©tonnante, est une des premiĂšres trĂšs bonnes surprises de la rentrĂ©e littĂ©raire venue dâun peu nulle part, enfin du QuĂ©bec quand mĂȘme dâoĂč Ă©crit Claudine Dumont.
Son texte dĂ©routant et vĂ©ritablement envoutant explore de nombreuses thĂ©matiques essentielles et passionnantes comme lâinsomnie, lâinconscient, lâĂ©ducation la sexualitĂ©âŠ
Claudine Dumont rĂ©ussit Ă nous plonger dans un Ă©tat second, entre rĂȘve et rĂ©alitĂ©, pour un thriller psychologique qui nous plonge dans lâinconscient dâune femme qui vacille, souffrant dâinsomnies seÌveÌres et dâeÌpuisement social majeur.
Une anti héroïne qui devrait tisser le fil de son enfance enfouie, aidée en cela par un mystérieux personnage, Gabriel, pour chasser le monstre qui sommeille en elle.
Entre réalité et hallucination, ce huis clos angoissant nous happe dÚs les premiÚres pages pour ne plus lùcher son lecteur.
Une prouesse vraiment impressionnante!
Une chronique Ă retrouver sur Bazâart
« Depuis bientÎt deux mois, je ne dors presque plus. Des journées entiÚres sans une seconde de sommeil et quelque chose en moi est sur le point de se briser. Je regarde le psychiatre devant moi. Regarder me fait mal ».
Câest Camille qui parle, atteinte dâun mal-ĂȘtre, aux sens physique et psychique du terme. [âŠ]
Les diffĂ©rents personnages sont en place, et Claudine Dumont va construire son rĂ©cit comme on mĂšne une enquĂȘte. La progression se fera progressivement, lâauteure utilisant deux entrĂ©es pour nous donner les Ă©lĂ©ments dâun puzzle qui conjugue un prĂ©sent oĂč rĂȘves et rĂ©alitĂ© sont habilement mĂȘlĂ©s et un passĂ© qui va Ă©clairer la teneur des rĂȘves que Gabriel sâingĂ©nie Ă dĂ©chiffrer. Sa machine permet de visualiser les images des rĂȘves, leur explication, elle, nĂ©cessitera une introspection que Camille fera Ă lâaide de Gabriel.
Le passĂ© de Camille se construit ainsi par touches successives, une enfance auprĂšs dâune mĂšre qui oblitĂšre sa fille de contraintes qui vont fragiliser un mental pour longtemps. Cette mĂšre qui va donner Ă Camille lâimage dâun monde dâabsolues contraintes, qui rendent indispensables des comportements de distanciation vis Ă vis de tout ou presque. Ătre sur la dĂ©fensive devient alors une attitude adoptĂ©e pour tous les aspects de la vie. Et pour Camille, la notion de plaisir, quâelle va retrouver in fine, lui est Ă©trangĂšre tant la prĂ©gnance maternelle est importante.
Le passĂ© de Camille est ainsi convoquĂ©, et dâun chapitre, qui relate les moments de sommeil paradoxal alors quâelle est branchĂ©e Ă la machine, Ă un chapitre suivant qui relate les strates de son Ă©ducation contrainte par sa mĂšre, le puzzle prend forme en mĂȘme temps que Camille inscrit dans sa conscience claire les Ă©lĂ©ments enfouis qui se font jour.
LâintĂ©rĂȘt du texte rĂ©side dans cette construction progressive habilement menĂ©e, les chapitres se succĂšdent pour expliciter progressivement un Ă©tat, habiletĂ© aussi quand lâauteure nous entraĂźne dans les rĂȘves de Camille auxquels sont mĂȘlĂ©s, de façon dâabord inextricable, les Ă©lĂ©ments du rĂ©el.
Ce sont plusieurs niveaux de lecture qui sont ici possibles, celui dâune enquĂȘte intime, celui dâune vision pessimiste de la famille, celui encore de lâimportance du plaisir. Et dâautres sont sans doute possibles.
Retrouvez la chronique en intégralité sur La Cause Littéraire
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Attention ! Le roman se dĂ©roule Ă mon avis Ă trois niveaux⊠Celui de lâĂ©ducation, le passĂ©, celui du traitement, le prĂ©sent, et celui de lâavenir, la guĂ©rison de Camille accĂ©dant enfin Ă une vie moins contraignante. Et bien sĂ»r ces niveaux se chevauchent, interfĂšrent entre eux et semblent dâun rĂ©alisme abouti⊠Au point, et câest lĂ sa plus grande rĂ©ussite, de nous faire dĂ©tester Camille et en mĂȘme temps de la vouloir heureuse. On attendra avec impatience la production suivante de cette dame.
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Il est difficile de lĂącher lâĆuvre une fois celle-ci commencĂ©e !
Une chronique à retrouver en intégralité sur Daily Passions
Une histoire envoĂ»tante, qui transporte le lecteur dans les mĂ©andres des rĂȘves. Les Ă©tudes en psychanalyse de Claudine Dumont ne sont pas restĂ©es lettres mortes. Addiction garantie !
Ce livre est bouleversant et trĂšs prenant. Claudine Dumont arrive Ă maintenir le suspense jusquâĂ la derniĂšre page. En fermant lâouvrage, le lecteur ressort vidĂ©, avec lâimpression dâavoir Ă©tĂ© Ă la place de Camille. Il est imprĂ©gnĂ© de ses Ă©motions et de ses sensations. Le mal qui la ronge et les effets de son trouble du sommeil sur son physique et sur son esprit sont dĂ©crits avec une telle minutie quâil nous est impossible de lĂącher prise. La tension dans lâĂ©criture est palpable. Lâautrice nous amĂšne Ă visiter le subconscient de son personnage, les endroits les plus sombres de sa pensĂ©e.
La jeune femme tente de chercher au plus profond dâelle-mĂȘme, avec lâaide de Gabriel, les rĂ©ponses Ă ses dĂ©sordres intĂ©rieurs. Les intrusions dans ses rĂȘves sont troublantes et semĂ©es dâindices quâil nous faut dĂ©coder, pour trouver la porte de sortie et faire taire le monstre qui sommeille en elle. Le lecteur vit au jour le jour ses progrĂšs, ses Ă©checs en sâimmisçant dans son prĂ©sent et son passĂ©. Un prĂ©sent qui handicape la jeune femme dans sa vie de tous les jours, lâempĂȘchant de travailler, de manger et provoquant de terribles hallucinations ; et un passĂ© difficile, avec une mĂšre parfaite et dĂ©sĂ©quilibrĂ©e, qui explique bien des maux. En dĂ©finitive, Claudine Dumont nous interroge sur la possibilitĂ© ou non de se construire sur une mauvaise interprĂ©tation de ce que nous sommes.
Le dĂ©nouement du livre est surprenant, car les secrets rĂ©vĂ©lĂ©s par Camille sont Ă la fois dĂ©routants et intimes. Une certaine violence inonde le roman, dans la mesure oĂč plusieurs thĂ©matiques y sont abordĂ©es comme lâautomutilation ou encore le viol. Pour autant, le rĂ©cit est empreint de douceur et dâune forme dâĂ©rotisme infusĂ©es par le lien naissant entre Camille et son protecteur Gabriel. Un troisiĂšme livre fort rĂ©ussi.
Une chronique Ă retrouver sur Avoir Ă lire