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Parution : 20/08/2015
ISBN : 9782360541737
192 pages (148 x 210)

17 €

Les Îles enchantĂ©es

& L'Archipel des GalĂĄpagos de Darwin

Une autre caractĂ©ristique de ces Ăźles est d’ĂȘtre fonciĂšrement inhabitables. On peut considĂ©rer comme un symbole de ruine et d’abandon le fait que le site dĂ©solĂ© de l’ancienne Babylone, envahie par les herbes, soit devenu un repaire du chacal. Mais les Encantadas refusent d’accueillir mĂȘme les animaux traitĂ©s en parias. L’homme et le loup les renient l’un et l’autre.

Traduit de l’anglais par Michel L.-N. Imbert

Le style de Melville a rarement Ă©tĂ© aussi poĂ©tique et inspirĂ© que pour ces Îles enchantĂ©es. L’auteur s’est rendu Ă  plusieurs reprises dans l’archipel des GalĂĄpagos et s’inspire de rĂ©cits de voyage pour agrĂ©menter la description de ces « vingt-cinq tas de cendre ». Dans ces terres hostiles et inhabitĂ©es qui vĂ©hiculent de nombreuses superstitions et lĂ©gendes, il voit un espace mystĂ©rieux et envoĂ»tant, invitant le lecteur Ă  s’ouvrir Ă  la beautĂ© qui l’habite. Les dix esquisses qui composent le rĂ©cit nous emmĂšnent sur le pont, entre chasses aux tortues, naufrages et descriptions enivrantes au grĂ© des courants. Cet ouvrage Ă©tablit un parallĂšle inĂ©dit entre une nouvelle traduction du texte de Melville Les Îles enchantĂ©es, et le chapitre XVII de Voyage d’un naturaliste autour du monde de Darwin consacrĂ© aux GalĂĄpagos. Le couplage des deux oeuvres s’impose d’une part parce que Melville pastiche et parodie Darwin et surtout parce qu’ils s’opposent. L’observation du naturaliste est prolongĂ©e dans le texte de Melville par un tableau saisissant de la dĂ©gĂ©nĂ©rescence de l’espĂšce humaine.

Revue de presse

- L'Amérique de Melville à travers ses romans Matthieu Garrigou-Lagrange France Culture // La Compagnie des auteurs 10 février 2016
- Les Îles enchantĂ©es NoĂ© Gaillard Daily Books 8 octobre 2015
- Les Îles enchantĂ©es Jacques Bayle-Ottenheim BibliothĂšque insulaire 15 septembre 2015

- L'Amérique de Melville à travers ses romans

TroisiĂšme Ă©pisode d’une semaine consacrĂ©e Herman Melville (1819-1891) qui tentera de dĂ©crypter les rapports de l’écrivain au territoire amĂ©ricain, Ă  travers ses Ă©crits avec Michel Imbert, traducteur et spĂ©cialiste de littĂ©rature amĂ©ricaine.

Écoutez ou rĂ©-Ă©coutez l’émission en podcast sur le site de France Culture

Matthieu Garrigou-Lagrange
France Culture // La Compagnie des auteurs 10 février 2016

- Les Îles enchantĂ©es

VoilĂ  un livre comme on aimerait en voir beaucoup plus souvent. On pourrait ainsi imaginer de regrouper certains Ă©diteurs sur un type de projet identique. Ici l’association d’un texte littĂ©raire avec un texte de vulgarisation scientifique sur le mĂȘme sujet. Mais je regrette deux choses, d’abord en quatriĂšme de couverture un texte en noir sur fond bleu assez difficile Ă  lire et l’absence de courtes biographies des auteurs, enfin un certain nombre de fautes de typographie qui parasitent la lecture.

Imaginez ! Nous sommes au 19Ăšme siĂšcle : des journaux et des livres pour se distraire et s’instruire. Et en ce mĂȘme 19Ăšme des recherches, des dĂ©couvertes, des analyses. Et l’on doit pouvoir affirmer que les individus qui lisent sont relativement cultivĂ©s et que la moindre allusion – mĂȘme voilĂ©e – Ă  un passage de la Bible ou Ă  des auteurs reconnus ne passera pas inaperçu et ne laissera pas indiffĂ©rent. Aujourd’hui je ne suis pas sĂ»r que les lecteurs, mĂȘme parmi les plus cultivĂ©s, connaissent et comprennent les emprunts, les citations – qui, les anglophones mis Ă  part, connaĂźt le poĂšte Spenser ?-. C’est pourquoi il faut saluer le travail du traducteur commentateur (Michel Imbert) qui met en Ă©vidence tout ce qu’il est intĂ©ressant de savoir sur les textes et les auteurs. Exemple : les textes de Melville sont prĂ©sentĂ©s en anglais comme « Sketch » et l’on peut leur trouver, par le biais des allitĂ©rations, une certaine moralitĂ© qui renvoie Ă  nos sketch. Le mot anglais se traduit par « esquisse » et au fil de la lecture vous pourrez avoir l’impression de regarder un crayonnĂ©, une aquarelle de ce qui est dĂ©crit
 Si Melville est dense en rĂ©fĂ©rences, Darwin l’est moins, il sait qu’il « vulgarise » des connaissances. En revanche il existe un point commun trĂšs prĂ©cis entre les deux hommes. Darwin ne se dĂ©plaçait pas sans un exemplaire du Paradis Perdu de John Milton, ce mĂȘme Paradis Perdu auquel Melville emprunte


Attention ! ce livre exige deux marque-page. Un pour les textes, un pour les notes.

Bonne lecture lente


Lire la chronique sur Daily Books

Noé Gaillard
Daily Books 8 octobre 2015

- Les Îles enchantĂ©es

Chaque traduction projette un Ă©clairage nouveau sur une Ɠuvre. Dans cette tĂąche, Michel Imbert explore les affleurements dans le texte de Melville des lectures qui ont accompagnĂ© la rĂ©daction des Îles enchantĂ©es et, tout particuliĂšrement, celles d’un autre visiteur des Ăźles GalĂĄpagos, Charles Darwin. Melville s’est arrĂȘtĂ© dans l’archipel en 1841 alors qu’il Ă©tait embarquĂ© sur le baleinier Acushnet ; Darwin Ă  bord du Beagle l’y avait prĂ©cĂ©dĂ© en 1835. Le Journal de Darwin a Ă©tĂ© publiĂ© en 1839 puis en 1845 dans une forme enrichie. Les courts rĂ©cits de Melville sont, eux, publiĂ©s une premiĂšre fois dans un pĂ©riodique en 1854 avant d’ĂȘtre rĂ©unis en un volume deux ans plus tard.

En juxtaposant les deux Ɠuvres et en soulignant les Ă©chos qui courent de l’une Ă  l’autre, entre correspondances et discordances, Michel Imbert montre le romancier aux prises autant avec les souvenirs de sa brĂšve escale qu’avec une bibliothĂšque d’une rare ampleur. Darwin en effet n’est pas seul en cause : les dix esquisses de Melville renvoient implicitement ou explicitement Ă  de nombreux rĂ©cits de voyages, mais Ă©galement Ă  Edmund Spenser (citĂ© en exergue de chaque esquisse), Ă  Shakespeare, Ă  Milton, Ă  Washington Irving ou Fenimore Cooper — et encore Ă  la Bible ou Ă  la pensĂ©e politique de Thomas Jefferson. Prendre en compte la charge portĂ©e par ces diffĂ©rents courants Ă©largit d’autant l’horizon de ces Îles enchantĂ©es.

On peut enfin chercher ce qui dans l’Ɠuvre de Melville met en jeu, au-delĂ  de l’anecdote, une forme de « pensĂ©e en archipel ». Les Îles enchantĂ©es ont-elles leur place dans l’archipel de Mardi ? Peuvent-elles faire pendant aux Ăźles Marquises — Typee — oĂč l’Acushnet a fait escale aprĂšs son dĂ©part des GalĂĄpagos. Contraste, jeu de miroir ?

Consulter les extraits de textes et le complément bibliographique

Jacques Bayle-Ottenheim
BibliothĂšque insulaire 15 septembre 2015