🔍
Parution : 30/06/2020
ISBN : 9782361392529
182 pages (14,8 x 21 cm)

Le Sacrifié de Castelluccio

On reçoit ce texte comme un coup de poing.

Maryvonne Colombani – Zibeline

Sur les hauteurs d’Ajaccio, au cƓur du maquis, le jeune Abram est internĂ© dans l’hĂŽpital psychiatrique de Castelluccio. Souffrant du syndrome de Cotard, il est convaincu de sa propre mort et n’a de cesse de le rappeler par ses mutilations. Il est confiĂ© Ă  Marie, assistante sociale dans un service Ă  bout de souffle, jusqu’à ce que trois adolescents soient assassinĂ©s. À la disparition d’Abram, soupçonnĂ©e et suspendue de ses fonctions, elle s’engage dans un combat sans merci pour la vĂ©ritĂ©. Mais l’ancien bagne pour enfants qui abrite aujourd’hui l’hĂŽpital rĂ©vĂšle bientĂŽt de lourds secrets. L’enquĂȘte se teinte alors de la sueur et du sang des petits forçats des annĂ©es mille huit cent.

Revue de presse

- Isabelle Chaumard célÚbre la mémoire des enfants de Castelluccio Anne Combe Culture et justice 9 juin 2021
- Portrait d'Isabelle Chaumard la rédaction Corse Matin // Settimana 24 juillet 2020
"Le sacrifiĂ© de Castelluccio", enquĂȘte sur le bagne d'enfants de Saint-Antoine la rĂ©daction Corse Net Infos 12 juillet 2020
- Les risques du métier Brigitte BÚgue - ASH 3 juillet 2020
- L’assistante sociale au cƓur d’un polar Jacques TrĂ©mintin Lien Social Ă©tĂ© 2020
- La folie et l'horreur Robert Colonna d'Istria Corse-Matin // Settimana 19 juin 2020
- Du bagne Ă  l'hĂŽpital Maryvonne Colombani Zibeline juin 2020

- Isabelle Chaumard célÚbre la mémoire des enfants de Castelluccio

[
]
DĂšs les premiĂšres pages, Le sacrifiĂ© de Castelluccio nous plonge dans le monde de la Protection de l’enfance avec pour toile de fond, un ancien bagne pour enfants. La mĂ©moire et le lien Ă  l’autre sont au cƓur de ce trĂšs beau roman d’Isabelle Chaumard sur lequel plane « la sueur et le sang des petits forçats des annĂ©es 1800 ».

Quelques mois aprĂšs le 31Ăšme anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, nous sommes allĂ©s Ă  la rencontre de l’auteure de ce texte fort et sensible sur ces petites Ăąmes abĂźmĂ©es par la vie.

Bonjour Isabelle, est-ce que tu peux te présenter rapidement ?
AprĂšs vingt ans dans la Protection de l’enfance, je me suis reconvertie dans le journalisme et l’écriture. Le SacrifiĂ© de Castelluccio est mon second roman, le troisiĂšme sortira le 17 juin. Je vis dans le sud de la France, oĂč j’ai grandi. J’ai souvent changĂ© de rĂ©gion et j’aime dĂ©couvrir les terroirs, l’histoire des lieux et les cultures. J’ai autant besoin de silence et de solitude que de rencontres humaines vĂ©ritables.
[
]

DĂ©couvrez la suite de l’interview d’Isabelle Chaumard sur Culture et justice

Anne Combe
Culture et justice 9 juin 2021

- Portrait d'Isabelle Chaumard

Éducatrice spĂ©cialisĂ©e, elle s’implique dans le domaine de l’insertion de populations en difficultĂ© et de la protection de l’enfance. Son deuxiĂšme roman, Le SacrifiĂ© de Castelluccio, vient de paraĂźtre aux Ă©ditions Le mot et le reste. Elle participera les 7 et 8 aoĂ»t au festival littĂ©raire Corsicapolar Ă  Ajaccio.

UN BLOG, UN COMPTEINSTA OU TWITTERQUEVOUSSUIVEZ ?

Je suis surtout les titres d’actualitĂ©, le vĂŽtre par exemple ! Mais aussi les mĂ©dias nationaux. C’est important de rester connectĂ© au monde et de ne jamais perdre de vue ce qu’il s’y passe. En ce qui concerne les rĂ©seaux sociaux, j’utilise surtout Facebook, oĂč j’alimente ma page @IsabelleChaumardAuteur pour rester en lien avec les lecteurs. J’échange avec eux. Je suis aussi membre de groupes de lecture et de groupes dĂ©diĂ©s Ă  la Corse, rĂ©gion pour laquelle je suis tombĂ©e en amour dĂšs l’enfance. À la premiĂšre rencontre.

LA CULTURECORSE, C’EST QUOIPOURVOUS ?

La culture corse, c’est l’histoire d’un peuple insulaire qui a su se battre 1 000 fois pour prĂ©server sa terre, son identitĂ©, sa libertĂ©. Au cours des siĂšcles passĂ©s, bien sĂ»r, mais encore aujourd’hui. Cela lui donne un caractĂšre apte Ă  l’insoumission et j’aime cette capacitĂ© Ă  refuser, tenir le cap, prĂ©server la mĂ©moire. Évidemment, on ne peut penser Ă  la Corse sans Ă©voquer ses traditions, sa cuisine ou ses chants. Mais ce qui fait la culture corse, ce sont ses gens. Ils sont Ă  l’image de leur Ăźle : fiers, exigeants, rudes et beaux. On ne visite pas une telle terre, on vient Ă  sa rencontre.

POURVOUSDÉTENDRE, VOUSFAITESQUOI ?

L’écriture, comme la lecture, me permettent de voyager, d’imaginer, de me laisser embarquer. J’aime ces moments de silence oĂč l’esprit peut s’extirper du rĂ©el, l’extrĂȘme libertĂ© qui en dĂ©coule. Une carte blanche. J’apprĂ©cie aussi d’arpenter la nature, d’y dĂ©couvrir sa beautĂ© indicible, Ă  chaque fois renouvelĂ©e. Ses ciels, ses bruits, ses parfums. J’aime aussi m’immerger dans le grouillement des marchĂ©s, m’asseoir Ă  la terrasse des cafĂ©s et y passer un long moment Ă  regarder la vie.

UN LIVRE

Les Noces d’Albert Camus. À l’adolescence, cette nouvelle a changĂ© ma vision du monde et de la vie. Je l’ai dĂ©couverte par hasard Ă  l’ñge de 13 ans. Camus raconte la rencontre entre l’homme et l’univers. Il parle du sens. Dans ce texte, tout est dit. De telles rĂ©vĂ©lations reçues aussi jeune ont tout bouleversĂ©.

UN FILM

La vague, de Dennis Gansel. Il s’agit d’un film inspirĂ© d’une expĂ©rience rĂ©alisĂ©e en 1967 par un professeur sur ses Ă©lĂšves. Il montre avec quelle facilitĂ© et selon quels procĂ©dĂ©s trĂšs simples un rĂ©gime autocratique peut ĂȘtre instaurĂ© auprĂšs d’une population pourtant libre. C’est une oeuvre d’actualitĂ©, Ă  voir, Ă  revoir et Ă  rĂ©flĂ©chir.

UNESÉRIE

Je ne suis pas attirĂ©e par les sĂ©ries. Elles instaurent une addiction qui me dĂ©range. Ce format est trop long pour moi, il ne me correspond pas. Il enferme le tĂ©lĂ©spectateur dans une sorte d’injonction Ă  regarder encore et toujours. Soit qu’il place le public sous tension permanente, soit qu’il traĂźne en longueur.

UN ARTISTE

Barbara. Ses textes, d’abord : elle possĂ©dait ce gĂ©nie, qui consiste Ă  raconter l’intime et le quotidien pour convoquer l’universel. Sa voix, ensuite. Si proche. Comme si elle nous chuchotait Ă  l’oreille. Et pourtant si puissante. Le piano. Pas d’orchestre. Juste quelques notes. Une sorte de puretĂ©. Et enfin, cette femme libre.

UNECHANSON

La QuĂȘte, de Brel. Je ne me risquerai pas Ă  commenter. A coup sĂ»r, mon propos serait miĂšvre s’il tentait d’évoquer un tel monument. Tout est dans le titre.

UN PLAT

Le veau aux olives. J’aime le dĂ©guster en Corse. C’est le premier plat sur lequel je me prĂ©cipite lorsque je viens ici. À la premiĂšre bouchĂ©e, je retrouve toutes les essences du maquis. J’ai aussi appris Ă  le cuisiner, mais ça n’est jamais Ă©quivalent.

la rédaction
Corse Matin // Settimana 24 juillet 2020

"Le sacrifiĂ© de Castelluccio", enquĂȘte sur le bagne d'enfants de Saint-Antoine

Sur les hauteurs d’Ajaccio, au cƓur du maquis, le jeune Abram est internĂ© dans l’hĂŽpital psychiatrique de Castelluccio. Souffrant du syndrome de Cotard, il est convaincu de sa propre mort et n’a de cesse de le rappeler par ses mutilations. Il est confiĂ© Ă  Marie, assistante sociale dans un service Ă  bout de souffle, jusqu’à ce que trois adolescents soient assassinĂ©s.
À la disparition d’Abram, soupçonnĂ©e et suspendue de ses fonctions, elle s’engage dans un combat sans merci pour la vĂ©ritĂ©. Mais l’ancien bagne pour enfants qui abrite aujourd’hui l’hĂŽpital rĂ©vĂšle bientĂŽt de lourds secrets.
L’enquĂȘte se teinte alors de la sueur et du sang des petits forçats des annĂ©es mille huit cent.

Isabelle Chaumard est auteure de romans, d’articles et essais socio-politiques. Aux Ă©ditions Le mot et le reste, elle a publiĂ© son premier roman, Belles sanguinaires
—-

Lire la chronique en ligne

la rédaction
Corse Net Infos 12 juillet 2020

- Les risques du métier

ÉDUCATRICE SPÉCIALISÉEDANS LA PROTECTION DE L’ENFANCE, Isabelle Chaumard est passĂ©e Ă  l’écriture. Son avant-dernier livre s’adressait aux travailleurs sociaux mis Ă  rude Ă©preuve dans l’évaluation des informations prĂ©occupantes concernant les mineurs en danger. Son dernier ouvrage est une fiction dont le personnage principal est Marie, assistante sociale Ă  Ajaccio, fatiguĂ©e de jongler Ă  longueur de journĂ©e entre les dossiers de RSA, de surendettement, d’insertion, d’hĂ©bergement pour violences conjugales
 Mais elle l’aime, ce mĂ©tier. « Elle les aime, tous ces gens. C’est plutĂŽt le carcan administratif qui l’épuise. L’absence de rĂ©ponse et le mensonge qui va avec. La baisse des budgets. Les gamins fracassĂ©s qui attendent des mois avant d’ĂȘtre retirĂ©s Ă  leur famille, mĂȘme quand le juge l’a ordonnĂ©. » Quand elle rencontre Abram, un jeune de 16 ans dont elle doit Ă©valuer la situation, cela fait dĂ©jĂ  quelques heures qu’il est arrivĂ© Ă  l’hĂŽpital psychiatrique. Ongles rongĂ©s, avant-bras scarifiĂ©s et zĂ©brĂ©s de croĂ»tes, obĂšse, l’adolescent est atteint du syndrome de Cotard, un dĂ©lire de nĂ©gation se traduisant par le sentiment d’ĂȘtre mort. Sur les 70 patients internĂ©s dans cet ancien bagne pour enfants, surnommĂ© par la presse locale « l’hĂŽpital de la honte », 5 % sont des mineurs. Marie veut parler Ă  Abram mais ce dernier reste muet, impassible. Surtout, il pense qu’elle ferait mieux de s’occuper de sa mĂšre alcoolique, pas de lui, puisque lui n’existe pas. Des vrais morts, il y en a dans le livre : trois adolescents, tous suivis par l’assistante sociale aprĂšs des signalements. Qui les a tuĂ©s ? Un usager mĂ©content voulant se venger des services sociaux ? Un mineur de l’ASE Ă  la rue le jour de ses 18 ans ? Un parent en attente de soutien Ă©ducatif depuis de longs mois ? Tout accuse Marie, jusqu’aux sous-entendus de ses collĂšgues et aux menaces Ă  peine voilĂ©es de sa hiĂ©rarchie. Une enquĂȘte est ouverte. L’auteure a choisi l’intrigue d’un polar pour raconter les difficultĂ©s du mĂ©tier, le manque de moyens et de reconnaissance, les jeunes ravagĂ©s par l’alcool ou la drogue et les familles qui sombrent.

Brigitte BĂšgue
- ASH 3 juillet 2020

- L’assistante sociale au cƓur d’un polar

Il y a, d’abord, Jean-Baptiste mort Ă  16 ans, comme 160 des 1 200 enfants esclaves contraints, entre 1855 et 1866, d’assainir douze heures par jour des marais de Castelluccio pour y planter des arbres fruitiers, sous la fĂ©rule de bagnards brutaux et sans pitiĂ©. Il y a ensuite Marie Rosier, assistante sociale chargĂ©e d’évaluer le danger de mineurs maltraitĂ©s, confrontĂ©e Ă  l’engorgement d’un dispositif qui, pour ĂȘtre dans l’incapacitĂ© de rĂ©pondre aux besoins, n’en hĂ©site pas moins Ă  en rendre responsables les travailleurs sociaux. Il y a enfin Abram, adolescent de 16 ans, internĂ© en psychiatrie aprĂšs avoir fracturĂ© la mĂąchoire de sa mĂšre : il est atteint du syndrome de Cotard qui lui fait croire qu’il est dĂ©jĂ  mort. Au croisement de ces personnages, trois adolescents morts d’une injection d’insuline. Partant de faits historiques et de l’état contemporain de la protection de l’enfance, ce roman noir voit trĂšs vite son rythme s’accĂ©lĂ©rer, menant le lecteur de surprise en surprise, dans un suspense haletant.

Jacques Trémintin
Lien Social été 2020

- La folie et l'horreur

Le dernier livre d’Isabelle Chaumard a pour dĂ©cor l’hĂŽpital psychiatrique de Castelluccio, construit lĂ  oĂč, au XIXe siĂšcle, a existĂ© un bagne pour enfants. Drames d’hier et d’aujourd’hui s’entremĂȘlent en un thriller bien ficelĂ©.

[
]

L’ensemble est sombre et glaçant, mais efficace, bien fait.

Robert Colonna d'Istria
Corse-Matin // Settimana 19 juin 2020

- Du bagne Ă  l'hĂŽpital

Le nouveau roman d’Isabelle Chaumard, Le sacrifiĂ© de Castelluccio, Ă©voque Ă  travers une intrigue serrĂ©e l’histoire de l’hĂŽpital psychiatrique d’Ajaccio, ancien bagne pour enfants au XIXe. Marie, assistante sociale se dĂ©mĂšne dans son service des services sociaux d’Ajaccio oĂč tout manque, moyens financiers, humains, logistiques


[
]

on reçoit ce texte comme un coup de poing

[
]

Pas d’effet de style dans ce texte qui, Ă  travers une enquĂȘte bien menĂ©e, brosse un constat sans appel et glaçant de l’abandon par l’État de ce qui devrait dĂ©couler de la simple humanitĂ©.

La chronique intégrale est sur le site de Zibeline

Maryvonne Colombani
Zibeline juin 2020