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Parution : 20/01/2011
ISBN : 9782360540181
144 pages (14,8 X 21 cm)

Le Pays des petites pluies

On est donc Ă©merveillĂ© par l’émerveillement de cette Ă©crivaine aventureuse et fĂ©ministe, amie de Jack London, face aux miroitements subtils de la Sierra Nevada. Modestie, patience
 L’écologie avant l’heure.

Arnaud Gonzague – Terra Eco

Traduction de François Specq

Ce texte de Mary Austin est l’un des grands classiques de la tradition amĂ©ricaine de nature writing et les critiques de son temps ont comparĂ© sa sensibilitĂ© Ă  l’environnement Ă  celles de Thoreau et Muir. Sa cĂ©lĂ©bration de la beautĂ© du dĂ©sert la place au commencement de toute une lignĂ©e d’écrivains amĂ©ricains qui, de John Van Dyke Ă  Edward Abbey, ont fait porter sur ces rĂ©gions un regard Ă  contre-courant du dĂ©sir d’exploitation indissociable de l’histoire de l’Ouest amĂ©ricain. Se tenant Ă  l’écart tant de l’esthĂ©tisme que du sentimentalisme, Austin n’en parvient pas moins, dans une prose sobre mais intense, Ă  Ă©voquer les singuliers pouvoirs d’envoĂ»tement du dĂ©sert de l’Ouest, tout en laissant entendre de maniĂšre poignante la rĂ©sonance intime du mĂ©lange de beautĂ© et de douleur propre Ă  ce lieu.

Revue de presse

- Le Pays des petites pluies Dominique Chez Mark et Marcel 161septembre 2015
- Le Pays des petites pluies Arnaud Gonzague Terra Eco Avril 2011
- Dossier nature, écologie Véronique Heurtematte Livres Hebdo 11 mars 2011
- Le désert aussi nous parle Jane Hervé Festival du livre et de la presse d'écologie Mars 2011
- Zone critique J.-M. Félix, C. Gonzalez et Raphaële B Radio Suisse Romande / émission Zone critique 25 février 2011
- Aux amateurs de nature, de désert et de poésie à sauts et à gambades Février 2011

- Le Pays des petites pluies

Petit livre trÚs dense : un trésor.

Le Pays des petites pluies n’est pas un roman. Il s’agit de courts textes dĂ©crivant autant que possible le dĂ©sert du Sud de la Californie. Encore que le terme « dĂ©sert » soit loin d’ĂȘtre exact. Austin refuse en effet l’emploi de ce terme qui englobe toute une rĂ©gion dans une seule appellation du point de vue de l’ĂȘtre humain et en particulier du colon blanc, qui est souvent aveugle aux rĂ©alitĂ©s du lieu.

Au milieu du dĂ©sert, oĂč le bĂ©tail est absent, il n’y a pas de charognards, mais si vous vous enfoncez suffisamment loin dans cette direction vous avez toutes les chances de sentir sur vous l’ombre de leurs ailes relevĂ©es. Rien de la taille d’un humain se dĂ©placer inaperçu dans cette contrĂ©e et ils savent trĂšs bien comment cette terre traite les Ă©trangers. On peut trouver lĂ  des indices de la maniĂšre dont un territoire impose de nouvelles habitudes Ă  ceux qui l’habitent.

Or elle s’attache Ă  dĂ©tailler toute la diversitĂ© des existences de la faune et de la flore au fil des saisons, les altitudes, les climats
 Elle en montre toute la richesse et l’originalitĂ© et prĂ©sente surtout les interactions entre les modes de vie de chacun, entre une herbe et un rongeur, un oiseau et une certaine heure du jour. Ce territoire est observĂ© Ă  hauteur de musaraignes ou de petits oiseaux : les sources, la moindre goutte d’eau, les sentes dans l’herbe, les bruits des plantes qui poussent, le son de la riviĂšre. La vie est passionnante vue d’en bas !

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Retrouvez toute la chronique chez Mark et Marcel

Dominique
Chez Mark et Marcel 161septembre 2015

- Le Pays des petites pluies

Aujourd’hui, les randonnĂ©es dans le dĂ©sert sont devenues un classique bobo. En 1903, quand Mary Austin a publiĂ© “Le Pays des petites pluies”, c’était un endroit inconnu et, pour tout dire, honni. On est donc Ă©merveillĂ© par l’émerveillement de cette Ă©crivaine aventureuse et fĂ©ministe, amie de Jack London, face aux miroitements subtils de la Sierra Nevada. Modestie, patience
 L’écologie avant l’heure. “Loin, Ă  l’est des sierras, au sud de la Panamint et de l’Armagosa, d’incalculables milles Ă  l’est et au sud, se trouve le Pays des frontiĂšres perdues.” Ainsi s’ouvre le pĂ©riple. On est dĂ©jĂ  happĂ©.

Arnaud Gonzague
Terra Eco Avril 2011

- Dossier nature, écologie

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Les amis américains
Tendance lourde cette annĂ©e : l’abondance de traductions de textes de rĂ©fĂ©rence en matiĂšre de philosophie de la pensĂ©e Ă©cologiste, et d’auteurs de “nature writing”, la littĂ©rature inspirĂ©e par la nature, trĂšs en vogue aux États-Unis. Wildproject veut ainsi donner accĂšs aux ouvrages amĂ©ricains qui ont construit le courant de l’éthique environnementale. (
) Dans un registre similaire, l’éditeur marseillais Le Mot et Le Reste a lancĂ© en janvier Le Pays des petites pluies, un des grands classiques de la tradition amĂ©ricaine de “nature writing”, Ă©crit par Mary Austin. Est Ă©galement prĂ©vu en aoĂ»t Histoire naturelle de Selborne, ouvrage paru pour la premiĂšre fois en 1789 et Ă©crit par Gilbert White, considĂ©rĂ© comme l’un des pĂšres fondateurs de la pensĂ©e Ă©cologiste. L’annĂ©e derniĂšre, la nouvelle version française de Walden de Henry D. Thoreau par Brice Matthieussent, le traducteur notamment de Jim Harrison, avait obtenu un gros succĂšs, les 4000 exemplaires Ă©tant aujourd’hui Ă©puisĂ©s. (
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Véronique Heurtematte
Livres Hebdo 11 mars 2011

- Le désert aussi nous parle

Le titre du livre de Mary Austin, Le pays des petites pluies, a une grĂące intrigante : celle de ces ondĂ©es qui font hĂ©siter une seconde sur son contenu : recueil de poĂ©sie amĂ©rindienne ? de gĂ©ographie Ă  vocation hydrographique (faibles prĂ©cipitations) ? etc. De fait, Ă  partir de 14 rĂ©cits, se reconstruit un monde autre – au tout dĂ©but du XXe siĂšcle – oĂč rĂšgne encore une certaine harmonie et/ou complicitĂ© entre l’homme et la nature.

L’ouvrage est bouleversant (1) car il propose un vĂ©ritable renversement de perspective : il est une vĂ©ritable parole de la nature, comme si celle-ci avait des yeux pour s’observer et des mots qui affleuraient pour rĂ©vĂ©ler sa propre vie.

Le dĂ©sert du grand ouest (californien et mexicain) et ses habitants – paiutes, shoshones, etc. – parlent. Que disent-ils ? Les paysages d’abord. La montagne a « un visage » et » pleure », le lac est « l’Ɠil de la montagne », les collines possĂšdent « un langage », les prĂ©s sont « heureux », une force cachĂ©e (geysers ou laves) ronge et brĂ»le le sol, les Ă©toiles rendent « insignifiante l’agitation du monde ». Les animaux ensuite : pour les « petites bĂȘtes », les sentiers sont des routes de campagne, le coyote sait « dĂ©cider et Ă©viter le terrain Ă  dĂ©couvert comme un homme », les cerfs suivent le « plus court chemin pour traverser la vallĂ©e », corbeau et coyote s’épient car ces rivaux se partagent les mĂȘmes proies. Les vĂ©gĂ©taux enfin : le pin dont les branches ploient sous le poids de la neige, le bouleau qui « contrarie les plans des autres » en Ă©touffant la riviĂšre qui le nourrit, le sapin qui consacre son Ă©nergie Ă  « parfaire ses Ă©lĂ©gants cĂŽnes lustrĂ©s ».

Les habitants s’inscrivent dans et Ă©manent du paysage. La vanniĂšre cĂ©libataire et aveugle vit « dans un paysage qui lui ressemble » en fabriquant des paniers qui vont « au-delĂ  de l’habiletĂ© » (car porteurs d’art). L’homme mĂ©decine est tuĂ© pour n’avoir pas su vaincre une Ă©pidĂ©mie de pneumonie. Les shoshone qui vivent comme les arbustes mesquite sĂ©parĂ©s entre eux par de grands espaces. Le chercheur d’or (pourtant non indien) sans fusil et trappeur, heureux n’importe oĂč « en plein air ».

Au-delĂ  de cette description de la nature, l’auteure se dĂ©signe par sa religiositĂ© (rĂ©fĂ©rence Ă  St JĂ©rome, MoĂŻse, DĂ©borah, etc.) ou sa culture ( L’Iliade, Shakespeare, la botanique), l’émergence du « Je » dans un dĂ©sir d’achat « d’un prĂ© » aux Ă©glantiers et herbes folles, ou la perception aiguĂ« d’instants fulgurants : une corne de mouflon entravĂ©e dans la fourche d’un pin qui y prĂ©serve les os crĂąnien. Sa dĂ©marche littĂ©raire transmet la saveur de ce monde dans lequel elle est en osmose, sans jamais oublier son intelligence intrinsĂšque : le Far-West se mue en Near-West.

Au terme de ce livre initiatique, l’univers n’est plus celui de nos habitudes anthropocentriques (orgueil et narcissisme en font un usage dĂ©mesurĂ© jusqu’à la destruction). Ces « petites pluies » engendrent un ouragan dans nos tĂȘtes : la nature, aussi importante qu’un homme, est une interlocutrice incontournable. Voila une invitation secrĂšte Ă  se dĂ©pouiller des « prĂ©jugĂ©s » et des scories civilisatrices, « comme le lĂ©zard de sa peau ». AprĂšs tout, In the wind est in the mind, n’ont qu’une lettre de diffĂ©rence !

Festival du livre et de la presse d’écologie

Jane Hervé

Mary Austin, Le pays des petites pluies, Attitudes, Le mot et le reste, 2011, 16 euros

Jane Hervé
Festival du livre et de la presse d'écologie Mars 2011

- Zone critique

Avec Eléonore Sulser (Le Temps), Jacques Sterchi (La Liberté) et Sylvie Tanette (Espace 2)

Animation : Jean-Marie Félix
Les livres au programme:

  • Michel Layaz, Deux sƓurs, Editions ZoĂ©
  • Kossi Efoui, L’Ombre des choses Ă  venir, Editions du Seuil
  • Dominique Fernandez, Pise 1951, Grasset
  • Hubert Mingarelli, La lettre de Buenos Aires, Editions Buchet-Chastel

Les coups de cƓur des critiques :

* Eléonore Sulser : Mary Austin, Le Pays des petites pluies (trad. de François Specq qui paraßt chez Les Mots et le Reste) * Sylvie Tanette : François Cavanna, Lune de miel (Gallimard) * Jacques Sterchi : Kenneth White, La Carte de Guido (Albin Michel)

Pour Ă©couter l’émission, rendez-vous sur le site Internet :
Radio Suisse Romande

J.-M. Félix, C. Gonzalez et Raphaële B
Radio Suisse Romande / émission Zone critique 25 février 2011

- Aux amateurs de nature, de désert et de poésie

Un mot de l’auteur Mary Austin d’abord car son nom n’est pas connu en France, auteur prolixe, théùtre, nouvelles, c’est ce rĂ©cit publiĂ© en 1903 qui l’a fait connaĂźtre et en a fait le chantre de la nature Ă  l’égal de John Muir ou Thoreau, elle fut amie avec Willa Cather et Jack London.
C’est le dĂ©sert qui est ici au cƓur du livre, Mary Austin aime le dĂ©sert car dit-elle « Pour tout ce que le dĂ©sert prend Ă  l’homme il donne une contrepartie, des respirations profondes, un sommeil profond et la communion des Ă©toiles. Il nous vient Ă  l’esprit avec une force renouvelĂ©e, dans les silences de la nuit ».

14 courts chapitres initialement Ă©crits pour les journaux qui vont vous faire parcourir le dĂ©sert des chercheurs d’or, celui oĂč des fables nourrissent l’imaginaire, vous pourrez repĂ©rer les sentiers qui mĂšnent aux sources, admirer « cinquante sept busards, un sur chacun des cinquante sept poteaux de clĂŽture du ranch El Tejon, par un matin de septembre favorable au mirage, vous enfoncer sur les terres des indiens shoshone « Le pays du mouflon, du wapiti et du loup. »

Tout est prĂ©texte Ă  Ă©merveillement pour Mary Austin, tenez par exemple, le prĂ© de son voisin, convoitĂ©, Ă©changĂ©, achetĂ©, revendu, traversĂ© d’un ruisseau, il finit un peu abandonnĂ©, la nature reprend ses droits « il est intĂ©ressant de voir cette reconquĂȘte d’un ancien territoire par les plantes sauvages que l’homme a bannies ». Le prĂ© change de couleur au grĂ© des saisons « Depuis le cƓur de l’étĂ© jusqu’aux gelĂ©es la note dominante du prĂ© est l’or clair, tournant Ă  la teinte rouille de la bigelovie sur le dĂ©clin, une succession de couleurs plus admirablement rĂ©glĂ©es qu’un changement de dĂ©cor au théùtre ».

Canyons, sierras, mesas, sentiers sont son domaine mais les histoires des hommes aussi tels ses gardiens d’écluse en un pays oĂč l’eau est un trĂ©sor. Attentive Ă  la beautĂ©, l’auteur observe et note avec prĂ©cision en naturaliste passionnĂ©e. Ses rĂ©cits dĂ©gagent une grande poĂ©sie, un certain lyrisme et un immense amour pour ce pays « de riviĂšres perdues, oĂč il n’y a pas grand-chose Ă  aimer ; et pourtant un pays vers lequel on ne peut que revenir une fois qu’on l’a jamais visitĂ©. »

Ecoutez son appel : « Venez donc vous qui ĂȘtes obsĂ©dĂ©s par votre importance dans l’ordre des choses, et qui ne possĂ©dez rien qui n’ayez obtenu sans peiner, venez par les sombres vallĂ©es et les collines charnues, jusqu’au pays des jours paisibles, et faites vĂŽtres la gĂ©nĂ©rositĂ©, la simplicitĂ© et la sereine libertĂ©. »

François Specq traducteur et prĂ©facier dit du livre « magnifique cĂ©lĂ©bration de la beautĂ© sauvage », si vous aimez Edward Abbey ou John Muir, si Walden est un livre important pour vous, si vous avez aimĂ© ElisĂ©e Reclus et son Histoire d’un ruisseau, alors Le pays des petites pluies ne vous dĂ©cevra pas.

Ă  sauts et Ă  gambades

à sauts et à gambades Février 2011