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Parution : 15/06/2004
ISBN : 9782915378078
150 pages (21 x 14,8 cm)

16 €

Le Crépuscule des clochards

Une littĂ©rature qui sanctionne et cĂ©lĂšbre dans un mĂȘme Ă©clat de rire l’absurditĂ© du monde.

RaphaĂ«lle Leyris – Les Inrockuptibles

Raymond Federman fut un ami de Samuel Beckett, et il n’est pas surprenant qu’avec la complicitĂ© de George Chambers il mette ici en scĂšne deux clochards, comme il y a eu Vladimir et Estragon. Le texte est expĂ©rimental et drĂŽle, d’une Ă©criture « crĂ©pusculaire » avec toute la dĂ©rision qui sied Ă  un anti-opĂ©ra : les personnages sont minables, les dĂ©cors miteux, la mise en scĂšne calamiteuse. Les aventures, absurdes comme il se doit, se dĂ©roulent sur fond de violence : celles des mots et des langues, celle des situations de conflit, de dĂ©racinement, de dĂ©sir, celle de la mort enfin, qui rode Ă  chaque coin de page.

_« Le CrĂ©puscule confronte deux clochards mixĂ©s de Beckett et Diderot, qui ont cependant femme, enfants, dette, carriĂšre, et tout le tralala mais qui s’ennuient Ă  mourir »
_Libération, le 30 juillet 2004

Revue de presse

- Le Crépuscule des clochards Raphaëlle Leyris Les Inrockuptibles n°480 9/15 février 2005

- Le Crépuscule des clochards

Un jour, peut-ĂȘtre, on n’aura plus Ă  prĂ©senter Raymond Ferderman. Le travail rĂ©pĂ©tĂ© qu’abattent des petites
maisons d’édition comme Le Mot et le Reste, Al Dante ou Les Impressions Nouvelles pour faire dĂ©couvrir
son oeuvre aura portĂ© ses fruits. Et tout le monde saura enfin que l’un des plus excitants Ă©crivains français
des trente derniĂšres annĂ©es vit aux États-Unis et Ă©crit, parfois, en anglais. En attendant ce jour bĂ©ni,
rappelons donc sa passion de l’oeuvre beckettienne, car elle est au coeur de ce CrĂ©puscule des clochards,
dernier opus traduit de Federman, écrit en 2001 avec George Chambers, un écrivain américain pas encore
connu en France. [
]
Le Crépuscule des clochards est surtout un texte expérimental qui se fraie son chemin à travers une écriture
“crĂ©pusculaire”, fondĂ© sur la dĂ©rison, la pauvretĂ© des voix et des aventures de cette ”microfiction”,
cette fiction sur rien, oĂč les ĂȘtres, interchangeables, n’ont pas de consistance, oĂč les brĂšves de comptoir
tiennent lieu de brĂ©viaire philosophique Ă  base d’axiomes contradictoires. Il est impossible d’y deviner
quelles parts reviennent à George Chambers ou à Raymond Federman tant les deux complices – qui s’engueulent
et s’apostrophent rĂ©guliĂšrement au sein du texte mĂȘme – ont l’air d’avoir trouvĂ© un accord parfait
entre eux pour jouer avec les limites de ce que Federmen appelle la “laughterature”.
Une littĂ©rature qui sanctionne et cĂ©lĂšbre dans un mĂȘme Ă©clat de rire l’absurditĂ© du monde.

Raphaëlle Leyris
Les Inrockuptibles n°480 9/15 février 2005