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Parution : 30/01/2007
ISBN : 9782915378368
128 pages (21 x 14,8 cm)

14 €

Le Candidat

Cette farce oĂč nos quĂ©mandeurs tentent d’attraper la gloire au moyen de la tricherie est d’une actualitĂ© brĂ»lante.

François Busnel – L’Express

Le candidat Rousselin est prĂȘt Ă  tout pour devenir dĂ©putĂ©. MĂȘme Ă  changer plusieurs fois d’étiquettes politiques et de partisans. MĂȘme Ă  se laisser duper par les Ă©lecteurs madrĂ©s de sa province. MĂȘme Ă  promettre tout ce qu’on voudra. MĂȘme Ă  intriguer pour ou contre les intrigants, c’est selon. MĂȘme Ă  vendre sa fille et Ă  tolĂ©rer l’inconduite de sa femme


Cette piĂšce, Ă©crite en 1873 et jouĂ©e Ă  Paris en 1874 seulement durant quatre jours, dĂ©passe le simple cadre d’une pochade ironique et circonscrite Ă  un champ d’action qui serait l’élection d’un dĂ©putĂ© du XIX^e^ siĂšcle, pour toucher Ă  l’universelle condition de l’exercice de la politique. Cette « grande comĂ©die politique » selon Flaubert est une parenthĂšse dans la rĂ©daction de Bouvard et PĂ©cuchet, dĂ©butĂ© fin 1872, auquel il revient vite, le théùtre ne lui ayant apportĂ© que peu de satisfaction et ne lui permettant pas de dĂ©velopper ses personnages, comme dans ses romans.
Dans la grande tradition des piĂšces du boulevard, il y a bien sur ici le mĂ©lange de scĂšnes cocasses et mordantes, mais aussi une vision vertigineuse de la conquĂȘte du pouvoir, fĂ»t-il circonscrit Ă  une dĂ©putation. Flaubert a frĂ©quentĂ© des politiciens et connaĂźt tous les dĂ©tails d’un quotidien en usage dans la profession en pleine campagne Ă©lectorale : poignĂ©es de main, promesses diverses, programme gĂ©rĂ© Ă  vue, flatteries en tout genre, 

Rousselin est prĂȘt Ă  tout pour sĂ©duire ses Ă©lecteurs, comme de promettre Ă  tout va des achats de terrain, des emplois, des passe-droits, tout peut ĂȘtre objet de marchandage, y compris sa femme et sa fille.
Cette piĂšce de théùtre reste d’une permanente actualitĂ©, tant la persistance de ces actes, ambition et dĂ©magogie populiste ont existĂ© et existent encore, dans toutes les sphĂšres du pouvoir : le pouvoir corrompt, disait un prĂ©sident de la rĂ©publique rĂ©cent, le pouvoir totalitaire corrompt absolument !
Non, les mƓurs politiques douteuses qui avaient cours Ă  cette Ă©poque n’ont pas disparu, au contraire ! Il faut lire ce livre comme une immersion dans la politique quotidienne en action, un documentaire qui Ă©chappe Ă  son contexte historique, par un ethnologue attentif Ă  l’universalitĂ© des travers de nombreux politiciens en campagne.

Revue de presse

Nova Book Box Richard Gaite Radio Nova 25 novembre 2011
François Busnel L'Express avril 2007
Odile Quirot Le nouvel Observateur avril 2007
Alain Nicolas L’HumanitĂ© avril 2007

Nova Book Box

Jeudi 25 novembre, dans un Nova Book Box largement consacrĂ© au thĂšme politique, entre autres extraits, Richard Gaitet a pris les habits (pardon la voix) du candidat Rousselin Ă  la dĂ©putation et nous a lu le trĂšs jouissif monologue de l’acte III, scĂšne I.

Petit extrait :
“Je conserve mon air tranquille, et tout en enfonçant la main dans mon gilet
 Si j’avais pris mon habit ? C’est plus commode pour le bras ! Une redingote vaut mieux, Ă  cause de la simplicitĂ©. Cependant, le peuple, on a beau dire, aime la tenue, le luxe. Voyons ma cravatte ? (Il se regarde dans une petite glace Ă  main qu’il tire de sa poche). (
) Et je continue jusqu’à une phrase, oĂč je trouve le moyen d’introduire le mot “bourgeoisie”. Tout de suite, Ă©loge de la bourgeoisie, le tiers Ă©tat, les cahiers, 89, notre commerce, richesse nationale, dĂ©veloppement du bien-ĂȘtre par l’ascension progressive des classes moyennes. Mais un ouvrier : “Eh bien ! et le peuple, qu’en faites-vous ?” Je pars : “Ah! le peuple, il est grand!”; et je le flagorne, je lui en fourre par-dessus les oreilles!”

Richard Gaite
Radio Nova 25 novembre 2011

Le Candidat est l’unique comĂ©die politique de l’auteur de Madame Bovary. Une turlupinade Ă©crite en quelques jours, afin de se distraire des scĂšnes grandioses (mais Ă©puisantes) de Bouvard et PĂ©cuchet.
Si l’intrigue est confuse, la langue est somptueuse.
Cette farce oĂč nos quĂ©mandeurs tentent d’attraper la gloire au moyen de la tricherie est d’une actualitĂ© brĂ»lante.

François Busnel
L'Express avril 2007

Pour vous faire Ă©lire
 votez Flaubert ! Cette comĂ©die politique oubliĂ©e est rééditĂ©e Ă  point nommĂ©!

Odile Quirot
Le nouvel Observateur avril 2007

Ce qui nous retient Ă  la lecture de cet inĂ©dit, ce n’est pas le cynisme sordide des protagonistes, ni le regard dĂ©sabusĂ© d’un auteur. C’est le discours politique Ă  l’état brut qui se donne Ă  lire. Comment une phrase se retourne, comment on passe insensiblement d’une thĂšse Ă  son contraire, en en relativisant d’abord la portĂ©e, puis en introduisant une petite restriction, en s’appuyant enfin dessus pour transformer tout un argumentaire en son exact opposĂ©. L’exposition de ces performances est le rĂ©el enjeu de ces retournements de situation effectuĂ©s Ă  la vitesse d’une girouette affolĂ©e. Mieux, théùtre dans le théùtre, c’est la vĂ©ritable mise en scĂšne de la reprĂ©sentation du pouvoir qui se donne Ă  lire. (
) Lisez ce Flaubert oubliĂ© brĂ»lant d’actualitĂ©.

Alain Nicolas
L’HumanitĂ© avril 2007