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Parution : 21/03/2025
ISBN : 9782384315727
112 pages (148 x 210)

14 €

La vie sans principe _ Nouvelle édition

Ce serait merveilleux de voir une fois l’humanitĂ© s’adonner au loisir. Rien ne prime que le travail, encore le travail, toujours le travail.

Traduction de Nicolle Mallet. Préface et postface de Michel Granger.

La Vie sans principe critique les fondements d’une sociĂ©tĂ© qui, trop exclusivement centrĂ©e sur le nĂ©goce, l’industrie et l’agriculture, oublie les fins d’une existence pleinement humaine et sacrifie la spiritualitĂ© Ă  l’argent. Chercher Ă  Ă©lever sa vie, l’enrichir au contact de la nature et rĂ©sister Ă  l’emprise de la sociĂ©tĂ© et ses conventions superficielles, tel est l’appel dictĂ© par Thoreau. Pour argumenter, il analyse le symptĂŽme de la ruĂ©e vers l’or et oppose l’appĂąt du gain facile Ă  la valeur du travail honnĂȘte et Ă  la recherche d’élĂ©vation. Il dĂ©veloppe aussi l’idĂ©e d’un art de vivre qui donnant une place centrale au loisir et Ă  la culture de soi permettrait Ă  un individu de ne pas se dĂ©tourner de l’essentiel et de fonder sa vie sur des valeurs supĂ©rieures.

Revue de presse

DES IDÉES ET DES LUTTES: LA VIE SANS PRINCIPE Francis Pian Le Monde Libertaire 9 aoĂ»t 2025
_ La vie sans principe, marre des affaires ! Christian Killian Suricate magazine 3 avril 2025
Repenser le travail et le monde avec Henry David Thoreau Jean-Samuel Kriegk Blast 17 mars 2025

DES IDÉES ET DES LUTTES: LA VIE SANS PRINCIPE

“Nous connaissons, le plus souvent, Henry David Thoreau pour deux de ses livres, Walden ou la Vie dans les bois et La DĂ©sobĂ©issance civile. Fort heureusement les Ă©ditions Le Mot et le Reste rééditent La Vie sans principe accompagnĂ©e d’une introduction de Philippe Granger. Ce texte constitue un condensĂ© de sa rĂ©flexion Ă©thique. Thoreau y dĂ©nonce la faillite morale de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine en raison de sa course permanente Ă  l’enrichissement et l’inhumanitĂ© du capitalisme industriel du milieu de 19Ăšme siĂšcle. « Ce monde est le lieu des affaires. [
] Rien d’autre ne prime que le travail, encore le travail, toujours le travail. » Cette approche, il la mĂ»rit, l’enrichit lors de ses confĂ©rences. Il hĂ©sitera longtemps sur le titre de cet essai. Philippe Granger en souligne la portĂ©e. « Longuement mĂ»ri, l’essai dĂ©finit son « art de vivre », terme par lequel il dĂ©signe une Ă©conomie de sa vie : il exprime clairement la confiance qu’il met en lui-mĂȘme pour savoir en toute autonomie dĂ©terminer la vie juste qu’il lui paraĂźt souhaitable de mener hors de sentiers battus. » Cette passion pour le travail imposĂ©e par la pensĂ©e dominante de la sociĂ©tĂ© va jusqu’à accomplir des tĂąches inutiles comme l’a si bien dĂ©montrĂ© David Graeber dans Bullshit Jobs Ă©ditĂ© en français par Les Liens qui libĂšrent en 2019. Attention, Thoreau n’est pas hostile au travail intelligent, utile Ă  l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral qui laisse du temps au travailleur pour s’épanouir, il refuse en revanche le travail, forme de servitude. Cette servitude est Ă©videmment la nĂ©gation du fondement thĂ©orique des Etats-Unis, la libertĂ©. Le lecteur trouvera dans ces pages une dĂ©nonciation de la classe politique, de la manipulation gĂ©nĂ©rĂ©e par les mĂ©dias qui dĂ©tournent l’intĂ©rĂȘt du public vers des faits divers, des informations inutiles. Ne pourrait-on pas Ă©crire que la situation a empirĂ© aujourd’hui avec l’audio-visuel et les rĂ©seaux-sociaux ? Notons aussi cette phrase Ă©vocatrice : « Ce qu’on appelle la politique est une chose comparativement si superficielle et inhumaine que je n’ai, pour ainsi dire, jamais honnĂȘtement reconnu que cela me concerne en quoi que ce soit. » Jeter les bases d’une rĂ©flexion personnelle, autonome. Ses propos relatifs Ă  la religion et aux principes des pasteurs soulignent leur enseignement de la rĂ©signation, l’acceptation d’un monde d’inĂ©galitĂ©s, d’absurditĂ©s. Pour Thoreau, l’individu doit devenir son propre professeur de morale, guider sa vie et jeter les bases d’une rĂ©flexion personnelle, autonome. La premiĂšre partie de l’ouvrage multiplie les exemples de la course au fric et de l’orientation de la sociĂ©tĂ© vers l’argent. Le texte a certes une connotation datĂ©e, le 19Ăšme siĂšcle, situĂ©e, les Etats-Unis, il est nĂ©anmoins aisĂ©ment transposable Ă  la sociĂ©tĂ© actuelle. Il suffit d’observer, dans les transports en commun, ces obsessionnels du travail, penchĂ©s sur leurs tĂ©lĂ©phones, leurs ordinateurs, voire parlant « boulot » pendant des randonnĂ©es ou des footings. Oui, c’est grave. Vous lirez avec effroi le passage consacrĂ© au travail des chercheurs d’or, un travail d’esclaves, esclaves de l’Argent, jusqu’à en mourir. Songeons aux cĂ©lĂ©brissimes photos de SebastiĂŁo Salgado. L’ouvrage est empreint d’une grande poĂ©sie, notamment par sa vision de la nature, mais aussi par le vocabulaire utilisĂ©, l’homme est nature et il ne doit pas la dĂ©truire. Des propos qui font songer Ă  ElisĂ©e Reclus. Je cite sa conclusion : « Pourquoi ne devrions-nous pas nous retrouver, non pas toujours comme des dyspeptiques qui se racontent leurs mauvais rĂȘves, mais quelquefois comme des eupeptiques qui se fĂ©licitent mutuellement de l’éternelle et resplendissante beautĂ© du matin ? Je n’exige rien lĂ  d’exorbitant, assurĂ©ment. »”

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Francis Pian
Le Monde Libertaire 9 août 2025

_ La vie sans principe, marre des affaires !

“NippĂ© d’une réédition de belle allure, l’essai de Thoreau, plus d’un siĂšcle aprĂšs sa parution, conserve pour nos contemporains sa pertinence critique en dĂ©nonçant une superficialitĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e qui dĂ©grade l’image de l’Homme — au point qu’un porc, fouillant la terre pour sa subsistance, rougirait de la compagnie de notre espĂšce. “

À lire en entier ici

Christian Killian
Suricate magazine 3 avril 2025

Repenser le travail et le monde avec Henry David Thoreau

“La réédition de « La Vie sans Principe », texte essentiel d’Henry David Thoreau, rappelle que la pensĂ©e du philosophe amĂ©ricain n’a rien perdu de sa force cent-soixante ans aprĂšs sa publication. En invitant chacun Ă  refuser l’emprise du travail sur sa vie quotidienne et Ă  rester libre de nourrir sa spiritualitĂ© plutĂŽt que de courir aprĂšs le profit, Thoreau rĂ©pond Ă  travers les Ăąges Ă  l’idĂ©ologie libertarienne d’aujourd’hui. L’histoire de la pensĂ©e Ă©conomique aux États-Unis ne peut se rĂ©sumer Ă  celle du libĂ©ralisme glacial qui glorifie l’accumulation perpĂ©tuelle de richesses, image d’Épinal violemment rĂ©actualisĂ©e depuis un mois par la nouvelle administration Trump. La nation amĂ©ricaine a aussi vu naĂźtre un courant intellectuel farouchement opposĂ© Ă  cette vision. La réédition du court essai – devenu un classique – d’Henry David Thoreau, « La Vie sans Principe », en tĂ©moigne avec force. Texte initialement lu en confĂ©rences avant d’ĂȘtre publiĂ© aprĂšs sa mort, plusieurs fois réécrit entre 1854 et 1862, « La Vie sans Principe » condense en quelques dizaines de pages la pensĂ©e rĂ©volutionnaire de Thoreau. Il y critique avec virulence le libĂ©ralisme Ă©conomique dominant la vie intellectuelle de son pays, dĂ©crivant une sociĂ©tĂ© obnubilĂ©e par l’accumulation et le profit dans laquelle l’homme oublie sa part de spiritualitĂ© pour se jeter Ă  corps perdu dans le travail et la superficialitĂ©. A cette vision du libĂ©ralisme Ă©conomique anglo-saxon hĂ©ritĂ© d’Adam Smith, Thoreau invite au contraire Ă  repenser l’art de vivre, pour ne pas gĂącher son existence.”

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Jean-Samuel Kriegk
Blast 17 mars 2025