La Route bleue - poche
Le classique de Kenneth White est enfin disponible au format de poche. Un voyage de Montréal au Labrador à emporter avec soi.
Prix Médicis étranger 1983
Il est des images et des rĂȘves dâenfant qui nous imprĂšgnent si bien quâils dĂ©terminent nos pas dâadulte. Enfant, lâauteur jouait Ă travers les landes Ă©cossaises et rĂȘvait aux baleines, au grand Nord, aux vastes territoires amĂ©ricains. Des annĂ©es plus tard, il part sur la route Ă la recherche du Labrador, territoire canadien fantasmĂ© depuis longtemps. Voici le rĂ©cit de cette aventure. Nous le suivons dans son pĂ©riple depuis MontrĂ©al. En chemin, il rencontre des AmĂ©rindiens, des mineurs, des chasseurs, des descendants dâĂcossais, de jeunes Pocahontas, de vieux chamans. Il visite les mines et les rĂ©serves, Ă©cume les bars. Scrute les paysages et Ă©coute le monde. Plein dâhumour et de poĂ©sie, ce rĂ©cit de voyage est aussi un texte dâinitiation. Le routard qui nous parle est un intellectuel nomade et inversement : aux petits tracas quotidiens du voyageur, aux dialogues truculents avec Eskimo Joe ou dâautres personnages hauts en couleurs, alternent rĂȘverie philosophique et rĂ©fĂ©rences Ă une constellation dâĂ©crivains et de penseurs libres, en premiĂšre ligne desquels Henry David Thoreau.
Revue de presse
- La Route bleue Nathalie Glorion Blog Les passions de Chinouk 01 février 2018
Kenneth White sait sâimmerger dans la vie locale avec une facilitĂ© Ă©tonnante. Durant toute sa vie, Il a rencontrĂ© beaucoup de gens, a discutĂ© avec eux, a partagĂ© leur vie quotidienne. Chaque rencontre fut lâoccasion de comparer les Ă©carts entre civilisations et de constater les ravages de la vie moderne. Nous avons horreur du vide, du silence. Chaque fois quâun vide se crĂ©e ou que le silence sâinstalle, nous nous hĂątons de le remplir de bruit, de culture. Dans la nature, le vide et le silence sont inexistants. La route bleue reprĂ©sente le bleu du grand ciel, le bleu du fleuve, le bleu de la glace. Dans ce livre, Kenneth White nous apprend Ă Ă©couter la Nature.
PremiĂšres phrases :
ââ un Ćuf tournĂ©, toast, cafĂ© !
LĂ dehors, MontrĂ©al. Les rues et le fleuve. Jâen entends la rumeur. Et lĂ -bas, tout au fond, vaste beautĂ© qui dort, le Labrador.
SitĂŽt mon petit-dĂ©jeuner terminĂ©, je commence Ă mâenquĂ©rir du Labrador. Au voyageur Terminus, je dĂ©croche lâun de ces tĂ©lĂ©phones qui donnent des renseignements et, comme si jâavais onze ans, je demande :
Sâil vous plaĂźt, comment est-ce quâon va au Labrador ?
â OĂč ça ?
â Au Labrador
â Au Labrador ?
â Mais oui, au Labrador !
â Monsieur, câest un joke ou quoi ?
[âŠ]
â Monsieur, dâoĂč venez-vous ?
â De France
â Je me disais bien. Monsieur, chez vous, vos provinces sont collĂ©es les unes aux autres. Ici câest pas pareil.
â D accord, mais on peut aller au Labrador, oui ou merde ?
â Monsieur, je nâen sais rien. Je rĂ©ponds Ă des questions prĂ©cises.
Elle me raccroche au nez.â
Pourquoi ce livre :
Je crois que câest avec ce titre que jâai dĂ©couvert Kenneth White. Je me souviens lâavoir vu en grand format sur une table de mon libraire, il Ă©tait juste Ă cĂŽtĂ© de «Journal des canyons» dâArnaud Devillard chez le mĂȘme Ă©diteur. Ce jour-lĂ câest Arnaud Devillard qui est reparti avec moi, mais «La route bleue» Ă©tait toujours sur ma Wishlist. Depuis jâai lu â et adorĂ© â dâautres livres de Kenneth White (lien) mais il est temps que je dĂ©couvre cette fameuse route bleue, dâautant plus que le rĂ©cit vient de sortir dans la jolie collection de poche de la maison dâĂ©dition « Le Mot et le reste ».
Mon avis sur La route bleue de Kenneth White :
Avec la route bleue, Kenneth White nous emmĂšne avec lui dans un voyage poĂ©tique. Un voyage quâil rĂȘve de faire depuis quâil est petit quand, au dĂ©tour dâun livre, il dĂ©couvre la province du Labrador.
Nous voilĂ donc Ă suivre les pĂ©rĂ©grinations de lâauteur de MontrĂ©al Ă la baie dâUngava, au Labrador. En longeant le fleuve Saint-Laurent, il va traverser de nombreux villages, certains valent la peine dâun arrĂȘt de plusieurs jours, dâautres non. Il va y rencontrer des personnages hauts en couleur, se mĂȘler Ă la population locale, il va avoir lâoccasion de traverser plusieurs rĂ©serves indiennes et de sympathiser avec des Indiens Montagnais, et par la mĂȘme occasion de dĂ©couvrir la triste rĂ©alitĂ© de la vie dans ces rĂ©serves aujourdâhui.
SoupirâŠ, jâai toujours envie de soupirer quand je tourne la derniĂšre page dâun livre de Kenneth White.
Je viens Ă peine de terminer de parcourir cette « route bleue » que jâai envie dây retourner. Je lâai vraiment trouvĂ© trop court, ce petit livre.
On y retrouve ici tout ce que jâaime chez lâauteur : un mĂ©lange de rĂ©cits de voyage et de poĂ©sies, le livre se termine dâailleurs par un long poĂšme. Lâhistoire est parsemĂ©e de HaĂŻkus et de listes en tout genre : des noms de villes traversĂ©es, dâexpressions quĂ©bĂ©coisesâŠ
On y parle dâIndiens, de trappeurs, dâHistoire du Canada, on y retrouve aussi les Ă©crivains chers Ă lâauteur comme : Thoreau, Walt Whitman (il faut que je dĂ©couvre cet homme), BashĂŽ, MelvilleâŠ
Kenneth effectue ce voyage sans pression, au jour le jour, au gré de ses envies et rencontres.
LâĂ©criture de lâauteur est sublime. Douces et agrĂ©ables Ă lire, les pages de ce livre tournent toutes seules.
Si vous ne connaissez pas cet auteur il faut absolument le dĂ©couvrir, et ce petit livre est une trĂšs belle porte dâentrĂ©e dans lâĆuvre de Kenneth White.
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