L'apparition du chevreuil
Ă couper le souffle.
Anne-FrĂ©dĂ©rique HĂ©bert-Dolbec â Le Devoir
Ce quâen pensent les libraires :
« 150 pages denses, brillamment construites qui font le pari de lâintelligence. »
SĂ©bastien Le Benoist â Quai des brumes, Strasbourg
« Terrifiant et nécessaire. »
Charlotte Desmousseaux â La Vie devant soi, Nantes
« Un roman trĂšs intense sur lâimportance de la parole et la construction du rĂ©cit, dans notre sociĂ©tĂ© post #metoo oĂč il est nĂ©cessaire de faire rayonner le discours des invisibilisĂ©es. Magnifiquement Ă©crit. »
Lucie Leroy â Librairie Mollat, Bordeaux
« Avec LâApparition du chevreuil, Ălise Turcotte sonde les profondeurs de lâintime, de lâentre-soi, de la famille, de lâemprise et des diktats de la masculinitĂ© et de la normalitĂ©. Le style Ă la fois dense et saccadĂ©, onirique et prĂ©cis confĂšre une atmosphĂšre inquiĂ©tante et oppressante qui maintient le lecteur au cĂŽtĂ© de la narratrice en permanence aux aguets. Un texte charnel, au plus prĂšs du corps et des Ă©motions.
Une parole libérée. Une réussite ! »
Ălodie Murzi â ICI Librairie, Paris
« Câest un texte marquant, quâil faut lire dâune traite, sur le rĂ©cit dâune emprise, le rĂ©cit dâune colĂšre et dâun silence qui ne doit pas se faire, le rĂ©cit dâune famille comme il en existe tant dâautres, emmurĂ©e dans la peur du conflit. La langue dâĂlise Turcotte est poĂ©tique, intense et constitue la puissance de ce conte noir, chaque phrase est forte, troublante et son style
a quelque chose de magnĂ©tique qui renforce la tension et lâangoisse qui montent au fil
des pages. »
Kim Dagron â Ombres blanches, Toulouse
« Jâai Ă©tĂ© complĂštement happĂ©e par la narration et la force de captation de lâĂ©criture. Je me sentais Ă la fois prisonniĂšre du rĂ©cit en cours et en mĂȘme temps aux cĂŽtĂ©s dâune femme libre ! »
CĂ©cile â Les Biens-AimĂ©s, Nantes
« Lorsque la menace se fait trop lourde, il faut parfois fuir. Câest tel un animal blessĂ© que la narratrice de ce roman sâĂ©loigne de la civilisation, dans une cabane, dans les bois. Mais ce lieu est-il un refuge ou une nouvelle menace ? Un roman fascinant, engagĂ©, profond, mĂ©taphysique oĂč le fond et la forme se rejoignent dans une expĂ©rience sensorielle tantĂŽt calme tantĂŽt chaotique. Une vĂ©ritable tempĂȘte de flocons de mots, pour tenter dâapaiser les maux. Jâai aimĂ© ĂȘtre malmenĂ© comme un chevreuil blessĂ© par cette histoire qui ne laisse pas indiffĂ©rente. »
AurĂ©lie Janssens â Page et Plume, Limoges
âĂcrivaine fĂ©ministe, elle est la sĆur dans cette famille blessĂ©e. Elle est celle Ă qui on impose le silence et qui sâisole en pleine forĂȘt. Elle nous entraĂźne dans cet univers de rage, de peur et de courage par un texte envoĂ»tant et poĂ©tique. Merveilleux !â
Muriel Martinez-Pat â Vivement dimanche, Lyon
âVoici un roman durement ancrĂ© dans notre Ă©poque. Une Ă©crivaine victime de cyberintimidation par un groupe qui sĂ©vit sur les rĂ©seaux sociaux se rĂ©fugie dans un chalet en forĂȘt. Au dehors, tempĂȘte de neige et tempĂȘte sociale grondent, sâinvitant dans ce huis clos dâune Ă©criture haletante.
Roman fĂ©ministe Ă la construction finement ciselĂ©e, court, dense, on y plonge avec cette curiositĂ© dangereuse de dĂ©couvrir ce qui se chache derriĂšre la toile et le blizzard.â
Clarence â Les yeux qui pĂ©tillent, Valenciennes
âCâest le roman dâune lutte contre la prĂ©dation de la parole. les mots des femmes se sont certes libĂ©rĂ©s, mais en mĂȘme temps quâune violence inouĂŻe Ă leur encontre. Que peut la littĂ©rature contre lâenfouissement des faits ? Contre le mythe du « grand roman amĂ©ricain » la quĂ©bĂ©coise Elise Turcotte tisse une histoire tout en tensions et voix entremĂȘlĂ©es. La forme du roman explore la violence tel un anneau de mobius, et cĂ©lĂšbre la littĂ©rature comme un puissant outil de dĂ©fense de lâinnocence.â
Lucie Eple â Le Pied Ă Terre, Paris
CiblĂ©e par de nombreuses menaces, dues Ă son statut dâĂ©crivaine fĂ©ministe et militante, la narratrice sâisole dans un chalet en pleine forĂȘt pour disparaĂźtre. Face Ă la neige qui recouvre tout au-dehors, elle peut sâabandonner Ă son monde intĂ©rieur et retrace pour nous le fil des Ă©vĂ©nements. Elle se souvient de lâarrivĂ©e du beau-frĂšre dans la famille, toute la violence des hommes quâil cristallise Ă lui seul. Ă son contact les personnalitĂ©s sâeffilochent et lâinacceptable devient pardonnable ; la famille dĂ©tourne les yeux, on lui demande Ă elle, lâĂ©crivaine, de maintenir la paix par le silence, de cĂ©der Ă ceux qui tentent depuis toujours de tuer le langage. Or, malgrĂ© le danger, elle sait bien quâil faut raconter et, face Ă cette violence, elle ne peut quâouvrir une porte Ă la vĂ©ritĂ© par lâĂ©criture et tenter de construire un tĂ©moignage universel.
Revue de presse
- L'apparition du chevreuil Aline Sirba Avoir Ă lire 22 novembre
- L'apparition du chevreuil Ronan Manuel Radio Rennes // Si on parlait de lire 19 octobre 2020
- L'apparition du chevreuil Amandine Farges Encres Vagabondes 15 octobre 2020
- Aux frontiĂšres de la folie Robert Colonna d'Istria Corse-Matin // Settimana 23 octobre 2020
- L'Apparition du chevreuil T.R. et E.M. les notes 5 octobre 2020
Câest au cĆur de la rĂ©cente tempĂȘte de dĂ©nonciations dâagressions faites aux femmes quâĂlise Turcotte a Ă©crit Lâapparition du chevreuil, le produit dâun dialogue intĂ©rieur lâayant occupĂ©e pendant plusieurs annĂ©es. Aussi publiĂ© aux Ă©ditions Le mot et le reste en Europe francophone, le dernier roman de lâautrice a connu un accueil remarquĂ© au QuĂ©bec, oĂč il sâest retrouvĂ© fnaliste du prix Ringuet et du Prix des libraires du QuĂ©bec, en plus de se tailler une place dans la prĂ©sĂ©lection du prix France-QuĂ©bec.
Dans ce livre court et dense Ă la forme dĂ©stabilisante, une Ă©crivaine sâisole dans un chalet «quelque part dans la forĂȘt» afn dâĂ©chapper aux menaces quâelle reçoit sur les mĂ©dias sociaux, aprĂšs sâĂȘtre prononcĂ©e contre des propos violents adressĂ©s aux femmes. EnveloppĂ©e par la neige qui envahit peu Ă peu son environnement, la narratrice laisse les souvenirs se frayer un chemin sur la page. Le vin aide Ă la dĂ©sobĂ©issance de lâĂ©criture, qui est alimentĂ©e par un instinct de survie puissant. Mis Ă part le propriĂ©taire du chalet, personne nâest censĂ© savoir oĂč la trouver. La maison voisine, la seule Ă des kilomĂštres, est inhabitĂ©e depuis longtemps et grugĂ©e par la mĂ©rule, un champignon qui sâattaque au bois de charpente. Mais la narratrice ressent une prĂ©sence, qui fnit par se matĂ©rialiser devant ses yeux. Elle se remĂ©more lâarrivĂ©e de son beau-frĂšre dans la cellule familiale, la violence des hommes quâil incarne Ă lui seul. Ce quâelle cherchait Ă fuir serait-il venu la
retrouver? Un roman qui brise tant les idées masculinistes que les conventions littéraires et la linéarité du récit.
Une auteure fĂ©ministe trouve refuge dans un chalet en forĂȘt aprĂšs avoir Ă©tĂ© victime de harcĂšlement en ligne et confrontĂ©e Ă lâaveuglement de sa famille concernant le comportement agressif de son beau-frĂšre. Dans cet Ă©loignement temporaire, elle espĂšre trouver la bonne distance pour laisser venir les mots Ă elle, les mots justes et vrais qui disent la violence sociale et familiale, et dĂ©noncent une forme dâintimidation insidieuse envers les femmes, visant Ă les rĂ©duire au silence au nom de la paix domestique et extĂ©rieure.
Par ailleurs, la solitude sâavĂšre le meilleur remĂšde pour se rĂ©approprier son corps et ses pensĂ©es ; la narratrice y puisera la force de sa rĂ©sistance face au dĂ©ni, Ă la dĂ©formation des paroles, au soupçon et aux discours radicaux. Mais une inquiĂ©tude teintĂ©e de paranoĂŻa la gagne lorsquâune tempĂȘte de neige se lĂšve et quâelle pressent que la cabane voisine de la sienne est Ă©tonnamment habitĂ©e.
Ălise Turcotte imprime Ă son intrigue une atmosphĂšre oppressante et menaçante qui nous tient en haleine jusquâau bout. Dans le silence de la forĂȘt, passĂ© et prĂ©sent se confondent parfois en une confusion accentuĂ©e par la peur et les cauchemars, le flux de conscience charrie les discours acrimonieux qui poursuivent lâhĂ©roĂŻne jusque dans sa retraite, rĂ©veillant lâangoisse pour sa sĂ©curitĂ© et pour celle de son neveu, enfant maltraitĂ© par un pĂšre sadique et misogyne.
La noirceur sâexprime via une Ă©criture poĂ©tique, au plus prĂšs des sensations du personnage tourmentĂ© par les consĂ©quences de la crĂ©ation littĂ©raire, mais persuadĂ© de lâimportance du tĂ©moignage et du pouvoir de lâĂ©crit.
Une chronique Ă retrouver sur Avoir Ă lire
Dans lâĂ©mission Si on parlait de lire, Ronan Manuel nous donne son avis sur Lâapparition du chevreuil :
âCe livre de nature est en fait un huit clos. La narratrice fuit les rĂ©seaux sociaux, les menaces, le monde de la toile pour se tourner dans une autre toile, fermĂ©e, sombre, menaçante : la forĂȘt.
Je suis tombĂ©e amoureux de ce rĂ©cit, il y a du Stephen King dans son apprĂ©hension, ses premiers pas vers le chalet [âŠ].â
Une émission diffusée sur Radio Rennes.
[âŠ]
Sous des aspects de conte horrifique, le roman dâElise Turcotte sâintĂ©resse au plus concret : la prise de parole des femmes et ses difficultĂ©s, que ce soit dans la sphĂšre publique ou privĂ©e. En effet ici lâogre sâappelle Rock Dumont, « Patriarche radical » du groupe extrĂ©miste « La Souche », chef dâune meute qui la poursuit.
[âŠ]
Le tour de force dâĂlise Turcotte est de nous faire ressentir physiquement lâangoisse, la sensation dâemprisonnement, dâimpuissance qui est celle de la narratrice. En donnant Ă son rĂ©cit de nombreuses caractĂ©ristiques du conte de fĂ©es et en le combinant Ă la psychanalyse (la narratrice rapporte nombre de ses sĂ©ances) lâauteure nous offre un roman regorgeant de symboles, de peurs et de fantasmes, miroir de notre sociĂ©tĂ© : « Je laisse les choses revenir, jâattends la cristallisation de lâĂ©motion, celle qui demeure, celle qui Ă©claire tout. Pendant que jâĂ©cris, je sauve lâenfant et la neige passe du blanc au grisĂątre. »
Une chronique à lire en intégralité sur Encres Vagabondes
Ăcrivaine fĂ©ministe, la narratrice a Ă©tĂ© victime de menaces. Elle a trouvĂ© refuge Ă la campagne dans un chalet loin de tout. LĂ , ses terreurs la poursuivent. Lâenvahissent. Elle parle. Une jolie pĂ©pite littĂ©raire.
Ce roman arrive du QuĂ©bec. Il est Ă©crit dans une langue admirable. Surprenante au premier abord, parfois dĂ©concertante, mais admirable. Intelligente, prĂ©cise, originale. Cette Apparition, câest dâabord cela : la musique dâune phrase, qui intrigue, emporte, et emmĂšne dans un univers sĂ©parĂ© de lâunivers normal.
[âŠ]
Un texte haletant, angoissant, affolant â sans cesse aux limites de la folie â, de belle tenue, animĂ© par ce constat terrible : âCâest de la colĂšre que vient la sagesse, car seule la colĂšre est capable de dĂ©passer toute frontiĂšre.â Ă dĂ©couvrir.
HarcelĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux pour ses prises de position fĂ©ministes, une Ă©crivaine se retire dans un chalet isolĂ© en pleine nature. Ă peine installĂ©e, elle sort ses carnets de notes en prĂ©vision de lâĂ©criture dâun roman inspirĂ© par un conflit familial rĂ©cent. Elle se voit enfin Ă lâabri de menaces difficiles Ă identifier, vigilante mais plus solide, en harmonie avec le paysage automnal. Mais trĂšs vite son inquiĂ©tude renaĂźt : une lueur dans la nuit, une tempĂȘte de neige qui sâannonce, le passĂ© qui resurgit, les cauchemarsâŠ
Fuir et se taire ? Faire face, dire lâindicible, Ă©crire pour dĂ©noncer lâinacceptable ? Les consĂ©quences de lâune ou lâautre attitude sont-elles les mĂȘmes pour les dĂ©bats sur internet, ou dans la sphĂšre privĂ©e ? RĂ©agit-on pareil sous les injures Ă distance, ou quand on fait face Ă la violence physique, lorsque la vie dâun enfant est en jeu ? Lâauteure quĂ©bĂ©coise rĂ©pond en faisant passer son hĂ©roĂŻne par divers degrĂ©s de conscience : le doute, la culpabilitĂ©, la colĂšre. LâĂ©criture est trĂšs introspective : le flot des pensĂ©es de la narratrice mĂ©lange observations du prĂ©sent, interrogations sur elle-mĂȘme, mises en scĂšne de ses souvenirs. Câest parfois difficile Ă dĂ©mĂȘler mais cela confĂšre une atmosphĂšre oppressante Ă ce court roman, intense et dĂ©rangeant.
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