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Parution : 17/01/2019
ISBN : 9782360549313
186 pages (14,8 x 21 cm)

Jack Kerouac

De l'Amérique à la Bretagne

Un merveilleux voyage initiatique.

Jacques LanctĂŽt – Le Journal de MontrĂ©al

Jack Kerouac, icĂŽne de la beat generation, meurt il y a cinquante ans, laissant derriĂšre lui une Ɠuvre littĂ©raire qui fait de lui un des auteurs amĂ©ricains les plus importants du XX^e^ siĂšcle. Cependant jusqu’à l’ñge de six ans, sa langue maternelle fut le français et son pĂšre lui rĂ©pĂ©tait « Ti-Jean n’oublie jamais que tu es breton ». Fort de cette tradition familiale, l’écrivain a multipliĂ© les initiatives afin d’identifier son ancĂȘtre, mais la mission s’est avĂ©rĂ©e difficile tant ce dernier avait semĂ© son parcours de fausses pistes. DĂ©sireux d’aller au bout de cette quĂȘte, la gĂ©nĂ©alogiste Patricia Dagier a traquĂ© le moindre indice dans les archives en France et au QuĂ©bec tandis qu’HervĂ© QuĂ©mĂ©ner a suivi la quĂȘte bretonne de l’écrivain Ă  travers sa vie et son Ɠuvre. Si Jack Kerouac s’est approchĂ© au plus prĂšs de la vĂ©ritĂ©, il aura fallu ce travail solide pour nous la dĂ©voiler.

Revue de presse

- Jack Kerouac Krystelle Jambon Écoute novembre 2019
- Comme son ancĂȘtre AndrĂ© Duchesne La Presse 25 avril 2019
- Jack Kerouac Jacques LanctÎt Le Journal de Montréal 20 avril 2019
- Micmac chez les Kerouac Françoise Montfort Service littéraire avril 2019
- Jack Kerouac Nathalie Glorion Les Passions de Chinouk 15 avril 2019
- Jack Kerouac Hervé Devallan Bretagne actuelle 8 avril 2019
- Du cĂŽtĂ© de chez Swaz... n°3 Françoise Hachani À vos marques
 Tapage! 7 mars 2019
- Kerouac et ses racines bretonnes Jean-Marc Pinson Ouest-France 2-3 mars 2019
- "Les poissons de le mer parlent breton" : Pourquoi la Bretagne a obsédé Jack Kerouac? Jacques Besnard Slate 24 février 2019
- Pourquoi la Bretagne a obsédé Jack Kerouac?
- EnquĂȘte. Jack Kerouac, de l'AmĂ©rique Ă  la Bretagne Berthold Bies Le TĂ©lĂ©gramme 26 fĂ©vrier 2019

- Jack Kerouac

Le saviez-vous ? L’un des plus grands Ă©crivains amĂ©ricains du XXe siĂšcle, Jack Kerouac (1922-1969), auteur du cĂ©lĂšbre roman Sur la route (1957), avait des ancĂȘtres bretons. Et saviez-vous Ă©galement que, jusqu’à l’ñge de 6 ans, le garçonnet surnommĂ© « Ti-Jean » s’exprimait en français avec son pĂšre ? Pour beaucoup, Jack Kerouac incarne la Beat Generation, ce mouvement de rejet de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine dans les annĂ©es 1960. Lui se considĂ©rait comme un « jazz poet » passionnĂ© de voyages et de grands espaces. Tout au long de sa vie, il a recherchĂ© plus ou moins intensĂ©ment ses ancĂȘtres europĂ©ens qui ont migrĂ© au Canada, puis aux États-Unis. Sans grand succĂšs. Un travail de fourmi dans les archives quĂ©bĂ©coises et françaises, rĂ©alisĂ© par une gĂ©nĂ©alogiste, Patricia Dagier, et un journaliste, HervĂ© QuĂ©mĂ©ner, vient, 50 ans aprĂšs le dĂ©cĂšs de Kerouac, Ă©clairer son ascendance bretonne. Jack aurait sĂ»rement apprĂ©ciĂ© ce livre trĂšs fourni !

Krystelle Jambon
Écoute novembre 2019

- Comme son ancĂȘtre

Et si une forme d’atavisme avait marquĂ© la vie en forme de feu d’artifice de Jack Kerouac, enfant chĂ©ri ou maudit, c’est selon, de la beat generation ? C’est l’impression qui nous reste Ă  la lecture de cet ouvrage qui se veut une réédition du livre Jack Kerouac, Breton d’AmĂ©rique (2009) et qui nous arrive en ce 50e anniversaire de la mort de l’auteur de Sur la route. Au terme de recherches exhaustives des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique, incluant un passage aux Archives nationales du QuĂ©bec, la gĂ©nĂ©alogiste Patricia Dagier a rĂ©ussi Ă  dĂ©busquer Urbain-François Le Bihan de Kervoac, premier ancĂȘtre de Jack Ă  s’installer en AmĂ©rique, prĂšs des rives du Saint-Laurent. Sa traversĂ©e de la mer est la rĂ©sultante d’accusations faites Ă  son endroit dans son patelin de Huelgoat, dans le FinistĂšre. Rendu ici, Le Bihan a brouillĂ© les pistes de son passĂ©. Son errance, son caractĂšre, son mal-ĂȘtre, sa double identitĂ© ne sont pas sans rappeler le Jack Kerouac vagabond du XXe siĂšcle. L’ordre des chapitres nous fait passer d’une vie Ă  l’autre comme une forme d’écho. C’est ingĂ©nieux, mais le rĂ©sultat n’est pas toujours convaincant. On se sent moins interpellĂ©, concernĂ©, par certains passages de la vie d’Urbain-François qui a vĂ©cu au XVIIIe siĂšcle. Le travail de recherche demeure nĂ©anmoins impressionnant.

André Duchesne
La Presse 25 avril 2019

- Jack Kerouac

Le roman Sur la route, de Jack Kerouac, a Ă©tĂ© publiĂ© en français en 1960. « Ti-Jean, n’oublie jamais que
tu es breton », lui rĂ©pĂ©tait son pĂšre. En 1965, celui que l’on surnomme « le pĂšre de la beat generation » retourne en France, Ă  la recherche de ses origines bretonnes. Peine perdue. Plus de cinquante plus tard, les deux auteurs tentent de retracer son ancĂȘtre , Urbain-François Le Bihan de Kervoac, habitant en 1720 la localitĂ© de Huelgoat , en Bretagne . Sept ans plus tard, il s’embarque pour la Nouvelle-France. C’est lĂ  que tout a commencĂ©, affirment les auteurs. Un merveilleux voyage initiatique.

Jacques LanctĂŽt
Le Journal de Montréal 20 avril 2019

- Micmac chez les Kerouac

ChassĂ©-croisĂ© entre les errances du pape de la Beat et de son ancĂȘtre breton.

“Ti-Jean n’oublie jamais que tu es breton.” Les paroles de son pĂšre resteront gravĂ©es en Kerouac jusqu’à sa derniĂšre heure. 1965, premier pĂ©riple brestois dĂ©crit dans Satori Ă  Paris, Ă  peine 24 heures arrosĂ©es au cognac. 21 octobre 1959, il dĂ©cĂšde en Floride quelques jours avant de rejoindre Huelgoat.

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Alternance judicieuse aux allures d’enquĂȘte judiciaire. Les pistes ont Ă©tĂ© brouillĂ©es des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique : en Bretagne, du vivant de son migrant forcĂ©, la famille de notaires avait dĂ©jĂ  effacĂ© ses traces. Un dĂ©nouement de polar entre Blazac et Simenon.

Françoise Montfort
Service littéraire avril 2019

- Jack Kerouac

PremiĂšres phrases
Le 1er juin 1965, l’écrivain amĂ©ricain Jack Kerouac, qui rĂ©side en Floride depuis quelques mois avec Gabrielle, sa mĂšre, s’envole seul pour Paris. Il veut voir la capitale et la Bretagne. C’est la seconde fois qu’il vient en France. Il a effectuĂ© un pĂ©riple entre Marseille et Paris, huit ans plus tĂŽt, alors qu’il dĂ©barquait de Tanger oĂč vivaient certains de ses amis. A l’époque, il accĂ©dait Ă  peine Ă  la notoriĂ©tĂ© puisque c’est en 1957 que sortit des presses On the road, « le » roman de la beat gĂ©nĂ©ration.

Pourquoi ce titre
J’aime beaucoup Jack Kerouac, mĂȘme si je n’ai encore lu que trĂšs peu de ses romans (bien qu’ils soient tous dans ma bibliothĂšque). C’est un auteur qui me fascine. Avec Jack Kerouac de L’AmĂ©rique Ă  la Bretagne, nous avons affaire Ă  une biographie pas comme les autres puisqu’elle met l’accent sur les origines bretonnes de l’auteur. Vous ne le savez peut-ĂȘtre pas, mais je suis bretonne :) et je rĂ©side Ă  1h30 de Huelgoat, le fief des Kerouac. Ce livre ne pouvait donc que doublement m’intĂ©resser !

Mon avis sur Jack Kerouac de L’AmĂ©rique Ă  la Bretagne

Pour l’anniversaire des cinquante ans de la mort de Jack Kerouac (en octobre 2019), les Ă©ditions Le mot et le reste ont rééditĂ© une version actualisĂ©e de l’enquĂȘte de Patricia Dagier et HervĂ© QuĂ©mĂ©ner sur les origines bretonnes de Jack Kerouac, parue prĂ©cĂ©demment sous le titre Jack Kerouac Breton d’AmĂ©rique.
Une enquĂȘte complĂštement passionnante qui commence en 1720 dans le village de Huelgoat en centre Bretagne. On va y faire la connaissance de Urbain-François, un fils de bonne famille. C’est lui qui, suite Ă  quelques ennuis avec la justice, va partir en Nouvelle France (QuĂ©bec) pour repartir Ă  zĂ©ro. Cet Urbain-François est un personnage assez filou et il va faire en sorte de brouiller les pistes en changeant rĂ©guliĂšrement de nom pour qu’on ne le retrouve pas. Ce n’est d’ailleurs qu’en 1999 aprĂšs de trĂšs nombreuses recherches que Patricia Dagier qui est gĂ©nĂ©alogiste a rĂ©ussi Ă  faire le lien entre lui et Jack Kerouac.

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Patricia Dagier et Hervé Quéméner ont fait un incroyable travail avec ce livre, qui plaira assurément à tous les fans du précurseur de la « Beat Generation ».

Jack Kerouac de L’AmĂ©rique Ă  la Bretagne est une enquĂȘte complĂštement captivante que je vous recommande trĂšs fortement!

Lisez toute la chronique sur Les Passions de Chinouk

Nathalie Glorion
Les Passions de Chinouk 15 avril 2019

- Jack Kerouac

Jack Kerouac a passĂ© sa vie Ă  chercher ses racines bretonnes. En fait, depuis que son pĂšre lui disait « N’oublies jamais que tu es Breton Ti Jean ».

Il n’a pas oubliĂ©, se rendant par deux fois en France pour pister ses origines celtes. Deux Ă©checs dus autant Ă  l’alcool qu’aux fausses archives que ses ancĂȘtres ont laissĂ© traĂźner dans les Ă©tats civils du QuĂ©bec. Lui-mĂȘme perpĂ©tuant une tradition presque familiale, passant de Jean-Louis Ă  Jack.

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De l’autre cĂŽtĂ©, HervĂ© QuĂ©mĂ©ner suit Jack KĂ©rouac sur les routes amĂ©ricaines oĂč il est nĂ© en 1922 dans la communautĂ© francophone de Lowell, une ville de la Nouvelle Angleterre dans le Massachussetts. S’il n’apprend l’anglais qu’à l’ñge de 8 ans, c’est pourtant dans la langue de Shakespeare qu’il va Ă©crire tous ses romans.

OrganisĂ©s comme deux vĂ©ritables filatures, « De l’AmĂ©rique Ă  la Bretagne » dĂ©voile cette singuliĂšre lignĂ©e de Kerouac au fil du 18e siĂšcle en Bretagne et au Canada avec, en miroir, le cheminement de celui allait devenir le hĂ©raut bien malgrĂ© lui de la gĂ©nĂ©ration beatnik puis hippies. Et que ce soit Urbain-François ou Jack, l’aventure est autant « Sur la route » que dans les cƓurs. Car prĂšs de 3 siĂšcle plus tard, chez les Kerouac un seul principe l’emporte : rester breton avant tout. Comme nous tous.

Lire toute la chronique sur le site de Bretagne Actuelle

Hervé Devallan
Bretagne actuelle 8 avril 2019

- Du cÎté de chez Swaz... n°3

Sept ouvrages comme sept petits cailloux blancs ramassĂ©s au fil de balades littĂ©raires pour vous conduire de L’AmĂ©rique Ă  L’ExtrĂȘme-Orient, en faisant escale en Europe et s’attardant au Moyen-Orient. Une balade qui s’étend sur plusieurs siĂšcles, entre archaĂŻsmes et libertinages, entre belle ouvrage et scĂ©narios. Mais lisez plutĂŽt


Cet ouvrage n’a que 180 pages au compteur, mais sa densitĂ© est singuliĂšre : rien n’est en trop, tout est y signifiant. Les deux co-auteurs ont alternĂ© les chapitres, et ce va et vient, entre l’histoire d’un Breton inconnu qui dut quitter la Bretagne pour tenter de se refaire sur des terres « neuves » et l’histoire du « pape » de la Beat Generation, est d’une grande cohĂ©rence. En effet, le premier brouille ses traces volontairement et change d’identitĂ© avec une aisance mĂ©dusante, alors que ses Ă©crits finissent par trop peser au second et l’obligent Ă  endosser une identitĂ© qui n’est plus tout Ă  fait la sienne.

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Si le livre contribue Ă  dĂ©mystifier Jack Kerouac, celui-ci reste un personnage emblĂ©matique d’une Ă©poque. Il nous reste aussi une poĂ©sie et une Ă©criture nourries d’expĂ©riences incandescentes et cet homme aperçu derriĂšre le mythe, parfois faible, souvent proche des Ă©toiles, exaltĂ©, mais qui sut surtout entraĂźner dans son sillage des ĂȘtres en recherche.

Lire la chronique dans on intégralité

Françoise Hachani
À vos marques
 Tapage! 7 mars 2019

- Kerouac et ses racines bretonnes

Le pĂšre de Jack Kerouac disait souvent Ă  son fils : « Ti-Jean n’oublies jamais que tu es Breton ! » L’auteur emblĂ©matique (et bien malgrĂ© lui d’ailleurs) de la Beat Generation, avec des livres qui ont lancĂ© des garçons et des filles sur la route (Big Sur, les Clochards cĂ©lestes, Sur la route) avait effectivement des racines bretonnes. FinistĂ©riennes prĂ©cisĂ©ment, Ă  Kervoac, sur la commune de Lanmeur, prĂšs de Morlaix, puis Ă  Huelgoat oĂč les Le Bihan de Kervoac Ă©taient notaires. Il a fallu, au dĂ©but du XVIIIe siĂšcle, qu’Urbain-François Le Bihan se fasse accuser de vol, pour que l’histoire de Kerouac traverse l’Atlantique. Puni, Urbain-François sera envoyĂ© en Nouvelle-France, au QuĂ©bec. De fil en aiguille, on arrive dans le Massachusetts, Ă  Lowell, oĂč va naĂźtre en 1922 le fameux Jack Kerouac. À l’occasion du cinquantenaire de la mort de Kerouac, les Ă©ditions Le Mot et le reste rééditent un ouvrage passionnant publiĂ© il y a dix ans. C’est le fruit d’un travail Ă©norme rĂ©alisĂ© par Patricia Dagier et HervĂ© QuĂ©mĂ©ner. On suit pas Ă  pas la route de Jack Kerouac et celle de son ancĂȘtre Urbain-François, un sacrĂ© filou au demeurant. Kerouac fera des tentatives, avortĂ©es, pour retrouver ses racines bretonnes. Sa vie d’errance et d’excĂšs achĂšvera son rĂȘve. Il a Ă©crit cette phrase, en Français : « Je suis Breton ! » m’écriĂ©-je. Et les tĂ©nĂšbres rĂ©pondent : « Les poissons de la mer parlent Breton ! »

Jean-Marc Pinson
Ouest-France 2-3 mars 2019

- "Les poissons de le mer parlent breton" : Pourquoi la Bretagne a obsédé Jack Kerouac?

L’auteur mythique de la Beat Generation a recherchĂ© pendant des annĂ©es son ancĂȘtre breton, au point de se payer une virĂ©e Ă  Brest. En vain. La gĂ©nĂ©alogiste Patricia Dagier raconte comme elle l’a pistĂ© et identifiĂ©.

En parcourant les routes de son pays au volant de «Rossinante» et en compagnie de son caniche en 1960 – pĂ©riple qu’il raconte dans Voyage avec Charley – John Steinbeck digressait sur les Ă©tats de son pays qui trouvaient un malin plaisir Ă  dĂ©multiplier les plaques commĂ©moratives.
«Tout comme les États et les communautĂ©s, l’AmĂ©ricain souffre de cette faim [d’histoire, ndlr] et veut se rattacher honnĂȘtement Ă  son passĂ©. Les gĂ©nĂ©alogistes se donnent un travail terrible pour rechercher dans nos dĂ©bris ancestraux des fragments de grandeur», Ă©crit l’auteur des ouvrages Les Raisins de la colĂšre et Des Souris et des Hommes.

Quasiment Ă  la mĂȘme Ă©poque, Jack Kerouac, Ă©tendard de la Beat Generation avec Ginsberg et Burroughs, est Ă  la recherche de son ancĂȘtre qui a quittĂ© la France pour les AmĂ©riques. Dans Big Sur, en 1962, le romancier s’exclame, ainsi, en français, l’unique langue qu’il a parlĂ©e jusqu’à l’ñge de 6 ans: «Je suis Breton m’écriĂ©-je et les tĂ©nĂšbres rĂ©pondent: “Les poissons de la mer parlent breton”».
MĂȘme chose dans La nuit est ma femme. «Il y a un moment oĂč son pĂšre dĂ©mĂ©nage prĂšs de la mer et durant lequel il Ă©voque ses racines bretonnes», confirme Jean-Christophe Cloutier, auteur de l’ouvrage La vie est d’hommage (aux Ă©ditions du BorĂ©al) qui rĂ©pertorie ses textes rĂ©digĂ©s en français.

FascinĂ© par cette rĂ©gion qu’il fantasme Ă  travers notamment la lecture de divers ouvrages, l’auteur de Sur la route ou des Clochards cĂ©lestes est allĂ©, vous le verrez, jusqu’à Brest Ă  la recherche de son ancĂȘtre et, mĂȘme s’il s’en est approchĂ©, il ne l’a jamais trouvĂ©. Ce n’est pas le cas de Patricia Dagier. Dans un ouvrage co-Ă©crit avec le journaliste HervĂ© QuĂ©mĂ©ner (De l’AmĂ©rique Ă  la Bretagne, aux Ă©ditions Le Mot et le Reste), la gĂ©nĂ©alogiste bretonne raconte l’obsession de l’auteur pour sa rĂ©gion et les portes qu’il a fallu ouvrir pour parvenir Ă  retrouver ses racines.

Jack ou plutĂŽt Jean-Louis Kerouac a trĂšs tĂŽt entendu parler de cet aĂŻeul et de ses racines bretonnes. Son grand-pĂšre, ses oncles, «tout le monde cherchait cet ancĂȘtre» qui avait traversĂ© l’Atlantique pour venir s’établir en Nouvelle-France. «Ti-Jean, n’oublie jamais que tu es Breton», lui rĂ©pĂ©tait, sans cesse son pĂšre, LĂ©o-Alcide Kirouac. «La graphie Kirouac-Kerouac est fluctuante jusqu’à l’installation de LĂ©o-Alcide aux États-Unis oĂč le patronyme Kerouac s’impose», prĂ©cise la gĂ©nĂ©alogiste.
Avec la mĂšre du romancier (Gabrielle-Ange LĂ©vesque que Jack appelle «MĂ©mĂšre»), ils ont ainsi Ă©migrĂ© du QuĂ©bec aux États-Unis comme des milliers de Canadiens français durant l’Exode. Pour des raisons Ă©conomiques, la famille s’établit Ă  Lowell, au cƓur du Massachusetts.

Si cette obsession pour la gĂ©nĂ©alogie «est courante» en AmĂ©rique du Nord, selon Patricia Dagier, dans le cas de la famille de Jack, l’aspect pĂ©cuniaire de l’affaire a, Ă©galement, jouĂ© puisqu’il est dit, de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, que l’ancĂȘtre Ă©tait un riche noble rĂ©pondant au nom de Le Bris de Kerouac. Certains des cousins sont mĂȘme allĂ©s en Bretagne pour espĂ©rer toucher un hĂ©ritage.
Vous allez comprendre qu’ils se sont tous emballĂ©s sur sa destinĂ©e et n’étaient, du mĂȘme coup, pas prĂšs de le trouver. «Il y a ce qu’on croit, ce qu’on imagine, ce qu’on aimerait et puis il y a ce qui est vrai, j’ai vite compris que l’homme qu’on recherchait n’existait nulle part en Bretagne», raconte Patricia Dagier.

Il lui a fallu dix ans pour reconstituer ce puzzle compliquĂ© aprĂšs qu’un lointain cousin de Jack (ClĂ©ment Kirouac –à l’époque le prĂ©sident de l’association de la famille Kirouac) ne l’embarque, «par hasard», dans cette histoire en 1996. La gĂ©nĂ©alogiste s’est rapidement envolĂ©e pour le QuĂ©bec afin de reconstituer son parcours en Nouvelle-France.
En fouillant dans les archives, en comparant divers documents avec ses trouvailles en Bretagne, elle s’est rendue compte que l’ancĂȘtre, arrivĂ© vers 1722-1723, a changĂ© Ă  plusieurs reprises de nom. Il avait toutes les bonnes raisons du monde de cacher sa vraie identitĂ© puisqu’il Ă©tait arrivĂ© de France (de Huelgoat, dans le FinistĂšre, oĂč sa famille Ă©tait installĂ©e) aprĂšs avoir Ă©tĂ© soupçonnĂ© de vols commis Ă  Saint-Pol-de-LĂ©on et Ă  Cornouaille (Quimper). C’était mal vu pour un fils de notaire, petit bourgeois, Ă  dĂ©faut d’ĂȘtre, comme le pensait Jack et les Kerouac d’AmĂ©rique, issu de la noblesse.

«À l’époque, les parents qui avaient du mal Ă  Ă©duquer leurs enfants les mettaient Ă  l’écart pendant un certain temps, c’était le plein essor de la Nouvelle-France, on envoyait le gamin rĂ©calcitrant aux colonies, pas forcĂ©ment pour un exil dĂ©finitif. LĂ , il s’agissait de l’écarter car il portait prĂ©judice Ă  ses frĂšres et Ă  son pĂšre. Il avait espoir de revenir en France, c’est pour cette raison qu’il a pris un faux nom.»
Urbain-François Le Bihan (son vrai nom) a donc seulement voulu repartir de zĂ©ro en arrivant aux AmĂ©riques. Le 25 janvier 1727, chez un notaire, il signe ainsi Hyacinte Louis Allexandre De K/voach Le Bihan. Cinq ans plus tard, il fait un enfant Ă  Louise Bernier, une fille mineure. Pour Ă©viter la prison, il n’a pas vraiment le choix que de l’épouser mais pour empĂȘcher sa progĂ©niture de lorgner un Ă©ventuel hĂ©ritage, il signe Maurice-Louis Le Bris de Kervoach devant le curĂ©. C’est sur ce nom que tous les Kerouac vont s’appuyer pour le rechercher.

En 1965, lorsque le romancier dĂ©cide de partir en France Ă  la recherche de ses origines, il fait rĂ©fĂ©rence au nom de mariĂ© de son ancĂȘtre. «J’essayais de dĂ©couvrir quelque chose sur mon ancienne famille, j’étais le premier Lebris de KĂ©rouack Ă  remettre les pieds en France, au bout de deux cent dix ans pour essayer d’y voir plus clair», Ă©crit-il dans Satori Ă  Paris, roman dans lequel il raconte son sĂ©jour hexagonal.

Il se rend dans diverses bibliothĂšques de la capitale et notamment aux Archives nationales et Ă  la BibliothĂšque nationale pour consulter des documents concernant la maison royale de Bretagne. Bredouille, il prend ensuite la route de la rĂ©gion en train depuis Montparnasse (il a ratĂ© son avion). Le temps, sur le trajet, de brandir une bouteille de vin devant un prĂȘtre et de crier «Saint-Brieuck» Ă  un contrĂŽleur dans la nuit bretonne

ArrivĂ© Ă  Brest, on suit les pĂ©ripĂ©ties de l’auteur qui romance, avec humour, sa quĂȘte. Il pose ses valises Ă  l’HĂŽtel Bellevue, rue Victor Hugo.

Il parle de courses hippiques avec le patron du bar La Cigale. Georges Didier –surnommĂ© «Fournier» dans son roman– avait Ă©tĂ© interviewĂ© par HervĂ© QuĂ©mĂ©ner: «Un gars est entrĂ© qui me semblait avoir dĂ©jĂ  bu quelques verres. Il m’a commandĂ© un cognac et nous avons commencĂ© Ă  discuter.» C’est Georges Didier qui lui donne le contact de Pierre Le Bris (appelĂ© «Ulysse» dans Satori Ă  Paris) Ă©diteur et libraire qui venait de se faire opĂ©rer d’une hernie.
«C’est dans mon appartement, au-dessus de la librairie, que j’ai accueilli Kerouac dont je connaissais les livres. Il s’est installĂ© Ă  mon chevet et a commencĂ© Ă  m’entretenir de ses ancĂȘtres; je lui ai montrĂ© mon arbre gĂ©nĂ©alogique (
). Quelque temps plus tard, j’ai bien cru que nous avions une origine commune quand j’ai dĂ©couvert Ă  deux pas de la ferme familiale Ă  Plomelin [FinistĂšre sud], un Ă©tang portant le nom de Kervoac’h.» Les deux hommes vont continuer Ă  s’écrire, comme en tĂ©moigne cette lettre de Jack lue par feu Pierre Le Bris.

L’ironie du sort, c’est que Jack Kerouac ne sera pas loin de trouver la trace d’Urbain-François. En 1967, en effet, il croise Ă  New York la route d’un poĂšte breton: Youenn Gwernig. Ce dernier entend dire, comme beaucoup de Bretons, que le romancier est Ă  la poursuite de ses origines. Il lui Ă©crit, puis ils deviennent amis.

En 1969, ils envisageront un voyage ensemble en Bretagne. «Ce qui est extraordinaire c’est que Youenn Gwernig est de Huelgoat et ils envisagent tous les deux ce voyage en ignorant que l’ancĂȘtre vient de cette ville. Ils auraient pu le trouver »
Ce qu’ils ne feront donc jamais puisque «Ti-Jean» s’éteint la mĂȘme annĂ©e. La Bretagne ne l’a en tout cas pas oubliĂ©. Une plaque en son honneur a Ă©tĂ© inaugurĂ©e sur le rond-point Kervoac (Kervouach en breton) Ă  Lanmeur d’oĂč la famille Ă©tait originaire. La premiĂšre statue de l’auteur aurait Ă©tĂ© confectionnĂ©e par l’artiste bigouden AndrĂ© PĂ©ron. Sans oublier la deuxiĂšme scĂšne des Vieilles Charrues Ă  Carhaix qui porte, chaque Ă©tĂ©, son nom.

Lire cet article sur Slate.fr

Jacques Besnard
Slate 24 février 2019


- EnquĂȘte. Jack Kerouac, de l'AmĂ©rique Ă  la Bretagne

Les Ă©ditions marseillaises Le Mot Et le Reste publient une version actualisĂ©e de l’enquĂȘte de Patricia Dagier et HervĂ© QuĂ©mĂ©ner sur les origines bretonnes de Jack Kerouac. Une belle façon de cĂ©lĂ©brer le cinquantiĂšme anniversaire de la disparition de l’auteur de « Sur la route ».
Nul ne l’ignore plus, Jack Kerouac, jusqu’à sa mort en 1969, Ă  47 ans, Ă©tait un sacrĂ© luron, enjĂŽleur et sĂ©ducteur invĂ©tĂ©rĂ©, grand buveur, casse-cou ; et surtout dynamiteur d’une certaine idĂ©e de la littĂ©rature et de la culture amĂ©ricaines, aux commandes de « Sur la route » (1957), ce bolide de mots, de sexe, de be-bop et de fureur. Il n’eut guĂšre de disciples de son niveau, n’en dĂ©plaise Ă  ses copains de la Beat Generation. Il Ă©tait tellement unique et ingĂ©rable qu’il a fini quasiment seul, perdu dans les brumes de l’alcool, empĂȘtrĂ© dans des soucis d’argent et des problĂšmes conjugaux insolubles. Il n’empĂȘche, la comĂšte a brĂ»lĂ© pour toujours l’ñme des lecteurs. Et le gĂ©nie ravageur nous intĂ©resse d’autant plus qu’il termina sa vie avec des rĂȘves de Bretagne en tĂȘte. Histoire de retrouver son dernier grand copain Youenn Gwernig, de humer le berceau familial, enracinĂ© du cĂŽtĂ© d’Huelgoat


DrĂŽles de loustics

Ce que l’on ignora longtemps et que ce travail d’enquĂȘte a permis d’éclaircir, c’est que l’auteur de « Big Sur » et de « Satori Ă  Paris » avait pour ancĂȘtre, un autre drĂŽle de loustic du nom de Urbain-François Le Bihan de Kervoac. Sa mauvaise rĂ©putation Ă©tait si solidement Ă©tablie en FinistĂšre qu’il dut s’exiler. Le (paraĂźt-il) peu recommandable fripon partit au Canada en 1727, oĂč il fit souche et oĂč naquit, environ 200 ans plus tard, Jean-Louis Kerouac, « Ti Jean », le futur Jack. Mauvais sang ne saurait donc mentir.
Le journaliste HervĂ© QuĂ©mĂ©ner raconte ici le destin cabossĂ© du fantasque chantre de la contre-culture aux États-Unis. MĂȘme si ce catholique filial, par sa chĂšre maman, fera mine de honnir le mouvement hippie et ressemblera in fine, pathĂ©tique ombre ahurie ou triste double de lui-mĂȘme, Ă  un rĂ©ac dĂ©sabusĂ©. Il est vrai trĂšs fortement Ă©thylisĂ©, offrons-lui ces circonstances attĂ©nuantes. Tirant des fils tĂ©nus Ă  travers les siĂšcles, l’opiniĂątre gĂ©nĂ©alogiste Patricia Dagier reconstitue quant Ă  elle le puzzle de la vie de « monsieur Urbain », le mal nommĂ©. Elle Ă©tablit notamment, au dĂ©sespoir de ses descendants, que le coquin n’est pas issu d’une vieille noblesse bretonne et que son nom ne saurait ĂȘtre assorti d’une particule que d’aucun aurait aimĂ© dorer Ă  l’or fin. Cette vĂ©ritĂ©, plus trĂ©buchante que sonnante, valut d’ailleurs Ă  celle qui l’a Ă©tablie de solides inimitiĂ©s Outre-Atlantique oĂč, c’est connu, on aime entretenir les mythes.
PubliĂ© pour la troisiĂšme fois, et exactement tous les dix ans, d’abord chez An Here, en 1999, puis aux Ă©ditions du TĂ©lĂ©gramme (2009), ce texte, ici amendĂ© et rĂ©actualisĂ©, raconte en parallĂšle les passionnants destins de deux personnages au caractĂšre bien trempĂ©, dont la vie puissante dĂ©passe les plus folles fictions.

Lire l’article sur le site du TĂ©lĂ©gramme

Berthold Bies
Le Télégramme 26 février 2019