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Parution : 25/04/2025
ISBN : 9782384315673
472 pages (148 x 210)

28 €

Inventer des grottes

Pré-Histoires romanesques

Un essai sur l’imaginaire qui se dĂ©ploie dans les romans prĂ©historiques autour de l’« homme – et de la femme – des cavernes », de la violence originelle ou encore des environnements naturels prĂ©servĂ©s.

Depuis la reconnaissance de l’anciennetĂ© de notre espĂšce au XIXe siĂšcle, l’univers de l’« homme des cavernes » fascine tant le grand public que des auteurs majeurs comme Proust ou Malraux. Le roman fait Ă©cho Ă  cette attirance pour les origines et, depuis La Guerre du feu de Rosny aĂźnĂ© jusqu’aux Enfants de la terre de Auel en passant par Les HĂ©ritiers de Golding, les Ă©crivains de la PrĂ©histoire se sont imposĂ©s comme des inventeurs au mĂȘme titre que les spĂ©lĂ©ologues. Alors que le roman prĂ©historique est habituellement jugĂ© Ă  l’aulne du degrĂ© de respect envers les connaissances scientifiques, Inventer des grottes dĂ©place la perspective pour opĂ©rer une lecture interne des oeuvres et interroger les liens qui s’établissent entre elles. Le travail de fouille, attentif aux Ă©crits de prĂ©historiens tentĂ©s parfois de raconter des histoires, s’arrĂȘte Ă  la littĂ©rature qui affleure aujourd’hui, mais exhume aussi une production ancienne et oubliĂ©e. L’essai trace les contours d’un imaginaire dont l’horizon n’est pas fait seulement de violence masculine, d’exclusion de l’Autre et de mystĂ©rieux chamanes, il s’ouvre aussi sur des environnements naturels prĂ©servĂ©s, des femmes fortes et des rires de joie.

Revue de presse

Écrire la PrĂ©histoire avec Pierre Schoentjes AndrĂ© Loez Paroles d'histoire 8 dĂ©cembre 2025
_ Écrire la prĂ©histoire Richard Blin Le matricule des anges septembre 2025
Lire la préhistoire Nicolas Stetenfeld Le Carnet et les Instants 24 juin 2025
Au fil des pages Francis Pian Radio Libertaire // Au fil des pages 29 mai 2025
Pierre Schoentjes | Inventer des grottes. Pré-Histoires romanesques | Le mot et le reste | 2025 Anne Simon Animots 16 avril 2025

Écrire la PrĂ©histoire avec Pierre Schoentjes

“Entretien avec Pierre Schoentjes, professeur Ă  l’UniversitĂ© de Gand, spĂ©cialiste de littĂ©rature française pour parler de la PrĂ©histoire”

Entretien à écouter ici

André Loez
Paroles d'histoire 8 décembre 2025

_ Écrire la prĂ©histoire

DANS UN ESSAISUR L’IMAGINAIREQUI SE DÉPLOIEDANSLESFICTIONSPRÉHISTORIQUES, PIERRESCHOENTJESEXPLORE L’ÉVOLUTION DE QUELQUESGRANDSTHÈMESCOMME LA VIOLENCE, LA PLACEDESFEMMES, LA MORT, LE RIRE ET LE RACISME.

Plonger au cƓur du « sombre abĂźme du temps » (Buffon), voyager dans la PrĂ©histoire entendue ici comme un lieu et non une durĂ©e – celle qui va de la naissance du genre Homo, il y a envi­ron 2,8 millions d’annĂ©es jusqu’à l’inven­tion de l’écriture il y a plus de 5000 ans -, s’enfoncer dans les grottes, s’imaginer homme -ou femme – des cavernes, les sui­vre dans leurs dĂ©placements au sein d’une nature prĂ©servĂ©e mais souvent hostile, voilĂ  qui ne pouvait qu’enflammer l’imagination de certains romanciers, comme J.-H. Rosny aĂźnĂ© qui, avec La Guerre du feu (1909) a signĂ© le roman prĂ©historique le plus lu et le plus diffusĂ© jusqu’à nos jours. Ce type de romans tournĂ©s vers la PrĂ©histoire, Pierre Schoentjes, professeur de littĂ©rature fran­çaise Ă  l’universitĂ© de Gand, en explore une riche mosaĂŻque, de Paris avant les hommes (1861) de Pierre Boitard jusqu’aux produc­tions les plus rĂ©centes, en s’attachant, dans une premiĂšre partie, Ă  la façon dont les Ă©crivains se sont appropriĂ© la matiĂšre pré­historique et l’ont transformĂ©e en rĂ©cits qu’il met en rĂ©sonance avec les tĂ©moi­gnages des inventeurs – ceux qui dĂ©cou­vrent des grottes (du latin invenire, trouver) – et avec les histoires racontĂ©es par les prĂ©historiens dans leurs tentatives de faire parler les documents archĂ©olo­giques, « muets en l’absence de toute trace Ă©crite». Pour, dans une seconde partie, in­verser la perspective et examiner la ma­niĂšre dont les Ɠuvres ont modelĂ© l’imaginaire qui entoure la PrĂ©histoire.
NĂ© de l’attrait pour le primitivisme, le roman prĂ©historique est souvent un roman d’aventures, avec tout ce qu’il com­porte d’imprĂ©vu et d’imprĂ©visible. S’ap­puyant sur les traces laissĂ©es par nos ancĂȘtres, il nous les rend prĂ©sents, c’est-à­dire quasi contemporains, et ce en plon­geant les lecteurs Ă  l’intĂ©rieur d’un univers reconstruit de maniĂšre Ă  susciter des Ă©mo­tions fortes. D’oĂč des scĂšnes qui se rĂ©pÚ­tent d’un roman Ă  l’autre: chasser, faire du feu, tailler le silex, combattre un ennemi, trouver femme, participer Ă  un rituel, dire adieu aux morts. Les dĂ©couvertes des grottes, les avancĂ©es des travaux scienti­fiques, servent aux Ă©crivains de gĂ©nĂ©rateur d’histoire tout en les incitant Ă  poursuivre les interprĂ©tations au-delĂ  de ce que la science peut affirmer avec certitude. Et Pierre Schoentjes de montrer comment s’entrelacent l’histoire du roman prĂ©histo­rique et celle de la science prĂ©historique, mais aussi comment lesdits romans intÚ­grent les rĂ©alitĂ©s et les prĂ©occupations qui sont celles de l’époque de leur publication. C’est ainsi que, jusqu’à la premiĂšre moi­tiĂ© du XX‱ siĂšcle, la violence mĂąle a Ă©tĂ© mise en avant dans un environnement rempli de menaces. Avec des moments forts comme les combats sanglants contre l’animal, la lutte pour l’appropriation des lieux ou la guerre. Une exaltation des qua­litĂ©s viriles et un registre brutal qui sont aussi censĂ©s tĂ©moigner par contraste des progrĂšs que l’humanitĂ© a rĂ©alisĂ©s. À partir de la seconde moitiĂ© du XX‱ siĂšcle, tout change au profit de nouveaux ressorts nar­ratifs comme la solidaritĂ© et l’altruisme. Il en va de mĂȘme pour l’image de la femme. Longtemps confinĂ©e Ă  des tĂąches prĂ©cises – cueillette, cuisine, reproduction – et souvent sexuellement convoitĂ©e, enlevĂ©e ou violĂ©e, elle apparaĂźt dorĂ©navant dans des rĂŽles agissants « qui ne constituent pas des calques des comportements masculins », comme dans Muta, fille des cavernes (1963) de Norbert Casteret ou comme dans Ayla, l’enfant de la terre, la saga (1980-2011) de l’AmĂ©ricaine Jean Auel, une sĂ©rie oĂč lĂ«rotisme apparaĂźt en phase avec le dĂ©sir fĂ©minin pour la premiĂšre fois dans la littĂ©rature prĂ©historique.
Un imaginaire oĂč l’on croise la mysté­rieuse figure du chamane, associĂ© aux rites censĂ©s favoriser la chasse, mais aussi des comportements racistes nĂ©s de la prise en considĂ©ration d’un« nous» s’opposant aux « autres », ou consistant pour le Sapiens Ă  rejeter le NĂ©andertalien, considĂ©rĂ© comme une brute Ă©paisse Ă  peine sortie de l’ani­malitĂ©. Et ce jusqu’à ce que William Gol­ding, dans Les HĂ©ritiers (1955), fasse passer ce dernier du rang d’infĂ©rieur Ă  celui de diffĂ©rent, « non plus en dessous de notre espĂšce mais Ă  cĂŽtĂ© d’elle».
Un essai oĂč sont aussi examinĂ©s le rĂŽle du rire et les funĂ©railles – censĂ©es garantir que les dĂ©funts ne reviendront pas impor­tuner les vivants sous une forme ou une autre – et qui montre surtout combien ces fictions reflĂštent les changements que notre sociĂ©tĂ© voit aujourd’hui fleurir. Sans oublier la multitude de voix et de talents qu’il nous fait dĂ©couvrir. Richard Blin

Richard Blin
Le matricule des anges septembre 2025

Lire la préhistoire

“Bien que la PrĂ©histoire constitue la pĂ©riode la plus longue de l’humanitĂ© et qu’elle fascine les scientifiques, les artistes et le grand public depuis le 19e siĂšcle, l’histoire littĂ©raire n’a accordĂ© qu’une place marginale aux fictions mettant en scĂšne les origines de l’homme. C’est par ce constat que Pierre Schoentjes, professeur de littĂ©rature française Ă  l’UniversitĂ© de Gand, ouvre son dernier essai : Inventer des grottes : prĂ©-histoires romanesques. L’auteur s’attache Ă  explorer l’imaginaire de la prĂ©histoire dans ce vaste corpus issu de la littĂ©rature occidentale que l’on rassemble volontiers sous l’étiquette plutĂŽt vague de « fictions prĂ©historiques ». De Paris avant les hommes de Pierre Boitard en 1861, jusqu’au productions les plus rĂ©centes comme la sĂ©rie romanesque Les enfants de la Terre de l’états-unienne Jean M. Auel (1980-2011), l’ouvrage voyage Ă  travers une production de plus d’un siĂšcle et demi. Il accorde par ailleurs une attention particuliĂšre aux figures belges. Au-delĂ  de l’incontournable J.-H. Rosny aĂźnĂ© qui, avec La guerre du feu en 1909, signe probablement le roman prĂ©historique le plus lu et le plus diffusĂ© jusqu’à nos jours, le lecteur dĂ©couvre avec intĂ©rĂȘt des figures oubliĂ©es ou mĂ©connues de notre patrimoine comme Pierre Goemaere, Gustave Hagemans ou encore Ray Nyst. Face Ă  cette production hĂ©tĂ©roclite, l’auteur prend soin de sortir des visions globalisantes et des Ă©tudes aux accents trop marquĂ©s par l’approche sociologique souvent utilisĂ©e pour Ă©tudier les phĂ©nomĂšnes littĂ©raires associĂ©s aux productions populaires et de genre. Car le roman prĂ©historique reste bien souvent cantonnĂ© aux marges des Ă©tudes littĂ©raires, tout considĂ©rĂ© qu’il est comme un genre sans ambition formelle ni thĂ©matique, simple rejeton du roman d’aventure et donc des littĂ©ratures de masse que l’on rassemblait encore il y a peu sous l’étiquette de paralittĂ©rature. L’approche de Pierre Schoentjes, sensible et prĂ©cise, s’attache Ă  retourner au cƓur des textes, Ă  voir ce qu’ils nous disent, Ă  analyser les histoires qu’ils nous racontent et les mĂ©thodes qu’ils emploient pour y arriver. Il fait ainsi Ă©merger des figures et des Ɠuvres singuliĂšres qui cohabitent, se rĂ©pondent ou s’ignorent mais qui, malgrĂ© ce cadre historique commun, ne constituent pas, ensemble, un corpus homogĂšne ou univoque. L’essai se divise ainsi en deux grandes parties. La premiĂšre vise Ă  explorer la maniĂšre dont l’archĂ©ologie prĂ©historique, son Ă©volution et ses dĂ©couvertes, ont influencĂ© l’imaginaire des romanciers et des artistes. La seconde, dans un mouvement inverse explore la maniĂšre dont les reprĂ©sentations de la prĂ©histoire dans l’art et dans la littĂ©rature ont pu influencer, parfois durablement, nos reprĂ©sentations de cette pĂ©riode historique. L’approche est trĂšs didactique et l’auteur aborde, chapitre par chapitre, quelques grandes thĂ©matiques dont il explore les variations Ă  travers le temps et les Ɠuvres : violence ; place de la femme ; mort ; rire ; racisme
 Tout au long de l’essai, il entrelace ainsi l’histoire du roman prĂ©historique et celle de la science prĂ©historique pour illustrer la tenace influence que nos propres mƓurs et mentalitĂ©s exercent sur notre vision de cette pĂ©riode. En montrant Ă  quel point les mĂ©thodes d’investigation scientifiques dĂ©pendent Ă©galement des systĂšmes de valeurs dans lesquels les chercheurs Ă©voluent, surtout lorsque l’objet d’étude porte sur des ĂȘtres dont l’imaginaire, les rites ou encore la pensĂ©e nous sont Ă  jamais inaccessibles, l’essai rappelle aussi les travaux de philosophes des sciences comme Vinciane Despret. Les fictions prĂ©historiques, loin de l’illusoire reconstitution historique Ă  laquelle on les enjoignait et les rĂ©duisait parfois, sont ainsi traversĂ©es par les enjeux contemporains de leurs auteurs. Les lire aujourd’hui, c’est dĂ©couvrir une multitude de voix, une variĂ©tĂ© de talents, une diversitĂ© d’intentions et d’ambitions dans un corpus riche et variĂ© que Pierre Schoentjes, et ce n’est pas lĂ  le moindre de ses mĂ©rites, explore avec cet attachement sincĂšre qui donne au lecteur l’envie de s’y plonger.”

Lire en ligne

Nicolas Stetenfeld
Le Carnet et les Instants 24 juin 2025

Au fil des pages

“Il y a toujours une part de mystĂšre lorsque nous parlons ou voyons des grottes et autres souterrains. On y rentre ? Pour aller vers des dĂ©couvertes, du vivant innommĂ©, un cĂŽtĂ© Lovecraft, les temps d’avant les temps ? Ces questions prennent encore plus de sens lorsque nous y adjoignons la notion de prĂ©histoire et celle de romans. Pierre Schoentjes, professeur de littĂ©rature française Ă  l’UniversitĂ© de Gand nous offre un dense ouvrage intitulĂ© Inventer des grottes, prĂ©-histoires romanesques publiĂ© aux Ă©ditions Le mot et le reste pour explorer dans et par la littĂ©rature cette prĂ©histoire. Cette derniĂšre « constitue la pĂ©riode la plus longue de l’humanitĂ© : elle s’étend de la naissance du genre Homo, il y a environ 2, 8 millions d’annĂ©es jusqu’à l’invention de l’écriture il y a un peu plus de 5 000 ans ». Mais qui la connaĂźt, malgrĂ© les efforts de prĂ©historiens particuliĂšrement pĂ©dagogues ? L’un d’entre eux, Richard E. Leakey estimait « que si l’Histoire de la Terre devait s’écrire dans un volume de 1 000 pages, l’homme apparaĂźtrait Ă  l’avant derniĂšre page et serrĂ©s dans le dernier mot, l’ensemble des changements esthĂ©tiques, techniques et symboliques de Chauvet Ă  la polarisation des superpuissances et des voyages spatiaux ». Nous sommes dans l’abĂźme sans fond du temps. La littĂ©rature se perd dans ces pĂ©riodes, « la durĂ©e se dissout dans l’espace ». Nous sommes dans le roman donc dans une part majeure d’imagination. Les romanciers cherchent Ă  donner un portrait psychologique d’une supposĂ©e mentalitĂ© prĂ©historique. De La Guerre du feu (1911) de J.H.Rosny aĂźnĂ© aux Enfants de la Terre (1980-2011) de Jean Auel, le roman a contribuĂ© Ă  modeler en profondeur l’image que les diffĂ©rentes gĂ©nĂ©rations se sont faites de la PrĂ©histoire, estime Pierre Schoentjes. Il nous propose un vaste panorama de cette littĂ©rature. Les sources ne se limitent pas Ă  l’Europe, le monde est grand en littĂ©rature.
L’ouvrage entend inventer au sens latin du terme, Ă  savoir dĂ©couvrir et imaginer. La premiĂšre partie s’ouvre sur Romancer l’ñge de pierre, un tour d’horizon qui brosse le tableau gĂ©nĂ©ral et interroge sur la spĂ©cificitĂ© du roman prĂ©historique avec l’attrait du primitivisme. Nombre d’auteurs sont mobilisĂ©s mĂȘme s’ils ont parfois peu Ă©crit de romans sur cette pĂ©riode (MĂ©rimĂ©e, Quignard, Malraux). D’autres vont accompagner les Ă©motions dans les grottes ornĂ©es, boĂźtes Ă  souvenirs avec le chamane de la grotte des trois-frĂšres ou Les Bisons d’argile, une statue dans la grotte du Tuc d’Audoubert et le titre d’un roman. La seconde partie s’appuie sur Imaginer : la violence mĂąle, la condition fĂ©minine
 Le temps long de la nature permet de distinguer le roman Ă  durĂ©e de vie humaine et celui qui intĂšgre l’évolution du climat, des paysages, le rĂŽle des hommes dans l’évolution de leur environnement. La dimension raciste est Ă©voquĂ©e. Enfin, intĂ©ressons-nous Ă  deux caractĂ©ristiques attribuĂ©es un peu rapidement Ă  l’homme : Le rire et les rituels funĂ©raires. Le champ est vaste et les rĂ©fĂ©rences littĂ©raires sont multiples. C’est sans aucun doute l’un des intĂ©rĂȘts que je dĂ©couvre dans ce type d’ouvrage : chaque page nous invite Ă  dĂ©couvrir d’autres livres. Nous aussi grĂące Ă  Pierre Schoentjes, nous allons inventer-dĂ©couvrir des grottes prĂ©-histoires romanesques pour notre plus grand plaisir.”

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Francis Pian
Radio Libertaire // Au fil des pages 29 mai 2025

Pierre Schoentjes | Inventer des grottes. Pré-Histoires romanesques | Le mot et le reste | 2025

“Depuis la reconnaissance de l’anciennetĂ© de notre espĂšce au XIXe siĂšcle, l’univers de l’« homme des cavernes » fascine tant le grand public que des auteurs majeurs comme Proust ou Malraux. Le roman fait Ă©cho Ă  cette attirance pour les origines et, depuis La Guerre du feu de Rosny aĂźnĂ© jusqu’aux Enfants de la terre de Auel en passant par Les HĂ©ritiers de Golding, les Ă©crivains de la PrĂ©histoire se sont imposĂ©s comme des inventeurs au mĂȘme titre que les spĂ©lĂ©ologues. Alors que le roman prĂ©historique est habituellement jugĂ© Ă  l’aulne du degrĂ© de respect envers les connaissances scientifiques, Inventer des grottes dĂ©place la perspective pour opĂ©rer une lecture interne des oeuvres et interroger les liens qui s’établissent entre elles. Le travail de fouille, attentif aux Ă©crits de prĂ©historiens tentĂ©s parfois de raconter des histoires, s’arrĂȘte Ă  la littĂ©rature qui affleure aujourd’hui, mais exhume aussi une production ancienne et oubliĂ©e. L’essai trace les contours d’un imaginaire dont l’horizon n’est pas fait seulement de violence masculine, d’exclusion de l’Autre et de mystĂ©rieux chamanes, il s’ouvre aussi sur des environnements naturels prĂ©servĂ©s, des femmes fortes et des rires de joie.”

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Anne Simon
Animots 16 avril 2025