Inventer des grottes
Pré-Histoires romanesques
Un essai sur lâimaginaire qui se dĂ©ploie dans les romans prĂ©historiques autour de lâ« homme â et de la femme â des cavernes », de la violence originelle ou encore des environnements naturels prĂ©servĂ©s.
Depuis la reconnaissance de lâanciennetĂ© de notre espĂšce au XIXe siĂšcle, lâunivers de lâ« homme des cavernes » fascine tant le grand public que des auteurs majeurs comme Proust ou Malraux. Le roman fait Ă©cho Ă cette attirance pour les origines et, depuis La Guerre du feu de Rosny aĂźnĂ© jusquâaux Enfants de la terre de Auel en passant par Les HĂ©ritiers de Golding, les Ă©crivains de la PrĂ©histoire se sont imposĂ©s comme des inventeurs au mĂȘme titre que les spĂ©lĂ©ologues. Alors que le roman prĂ©historique est habituellement jugĂ© Ă lâaulne du degrĂ© de respect envers les connaissances scientifiques, Inventer des grottes dĂ©place la perspective pour opĂ©rer une lecture interne des oeuvres et interroger les liens qui sâĂ©tablissent entre elles. Le travail de fouille, attentif aux Ă©crits de prĂ©historiens tentĂ©s parfois de raconter des histoires, sâarrĂȘte Ă la littĂ©rature qui affleure aujourdâhui, mais exhume aussi une production ancienne et oubliĂ©e. Lâessai trace les contours dâun imaginaire dont lâhorizon nâest pas fait seulement de violence masculine, dâexclusion de lâAutre et de mystĂ©rieux chamanes, il sâouvre aussi sur des environnements naturels prĂ©servĂ©s, des femmes fortes et des rires de joie.
Revue de presse
_ Ăcrire la prĂ©histoire Richard Blin Le matricule des anges septembre 2025
Lire la préhistoire Nicolas Stetenfeld Le Carnet et les Instants 24 juin 2025
Au fil des pages Francis Pian Radio Libertaire // Au fil des pages 29 mai 2025
Pierre Schoentjes | Inventer des grottes. Pré-Histoires romanesques | Le mot et le reste | 2025 Anne Simon Animots 16 avril 2025
âEntretien avec Pierre Schoentjes, professeur Ă lâUniversitĂ© de Gand, spĂ©cialiste de littĂ©rature française pour parler de la PrĂ©histoireâ
DANS UN ESSAISUR LâIMAGINAIREQUI SE DĂPLOIEDANSLESFICTIONSPRĂHISTORIQUES, PIERRESCHOENTJESEXPLORE LâĂVOLUTION DE QUELQUESGRANDSTHĂMESCOMME LA VIOLENCE, LA PLACEDESFEMMES, LA MORT, LE RIRE ET LE RACISME.
Plonger au cĆur du « sombre abĂźme du temps » (Buffon), voyager dans la PrĂ©histoire entendue ici comme un lieu et non une durĂ©e â celle qui va de la naissance du genre Homo, il y a enviÂron 2,8 millions dâannĂ©es jusquâĂ lâinvenÂtion de lâĂ©criture il y a plus de 5000 ans -, sâenfoncer dans les grottes, sâimaginer homme -ou femme â des cavernes, les suiÂvre dans leurs dĂ©placements au sein dâune nature prĂ©servĂ©e mais souvent hostile, voilĂ qui ne pouvait quâenflammer lâimagination de certains romanciers, comme J.-H. Rosny aĂźnĂ© qui, avec La Guerre du feu (1909) a signĂ© le roman prĂ©historique le plus lu et le plus diffusĂ© jusquâĂ nos jours. Ce type de romans tournĂ©s vers la PrĂ©histoire, Pierre Schoentjes, professeur de littĂ©rature franÂçaise Ă lâuniversitĂ© de Gand, en explore une riche mosaĂŻque, de Paris avant les hommes (1861) de Pierre Boitard jusquâaux producÂtions les plus rĂ©centes, en sâattachant, dans une premiĂšre partie, Ă la façon dont les Ă©crivains se sont appropriĂ© la matiĂšre prĂ©Âhistorique et lâont transformĂ©e en rĂ©cits quâil met en rĂ©sonance avec les tĂ©moiÂgnages des inventeurs â ceux qui dĂ©couÂvrent des grottes (du latin invenire, trouver) â et avec les histoires racontĂ©es par les prĂ©historiens dans leurs tentatives de faire parler les documents archĂ©oloÂgiques, « muets en lâabsence de toute trace Ă©crite». Pour, dans une seconde partie, inÂverser la perspective et examiner la maÂniĂšre dont les Ćuvres ont modelĂ© lâimaginaire qui entoure la PrĂ©histoire.
NĂ© de lâattrait pour le primitivisme, le roman prĂ©historique est souvent un roman dâaventures, avec tout ce quâil comÂporte dâimprĂ©vu et dâimprĂ©visible. SâapÂpuyant sur les traces laissĂ©es par nos ancĂȘtres, il nous les rend prĂ©sents, câest-Ă Âdire quasi contemporains, et ce en plonÂgeant les lecteurs Ă lâintĂ©rieur dâun univers reconstruit de maniĂšre Ă susciter des Ă©moÂtions fortes. DâoĂč des scĂšnes qui se rĂ©pĂšÂtent dâun roman Ă lâautre: chasser, faire du feu, tailler le silex, combattre un ennemi, trouver femme, participer Ă un rituel, dire adieu aux morts. Les dĂ©couvertes des grottes, les avancĂ©es des travaux scientiÂfiques, servent aux Ă©crivains de gĂ©nĂ©rateur dâhistoire tout en les incitant Ă poursuivre les interprĂ©tations au-delĂ de ce que la science peut affirmer avec certitude. Et Pierre Schoentjes de montrer comment sâentrelacent lâhistoire du roman prĂ©histoÂrique et celle de la science prĂ©historique, mais aussi comment lesdits romans intĂšÂgrent les rĂ©alitĂ©s et les prĂ©occupations qui sont celles de lâĂ©poque de leur publication. Câest ainsi que, jusquâĂ la premiĂšre moiÂtiĂ© du XXâą siĂšcle, la violence mĂąle a Ă©tĂ© mise en avant dans un environnement rempli de menaces. Avec des moments forts comme les combats sanglants contre lâanimal, la lutte pour lâappropriation des lieux ou la guerre. Une exaltation des quaÂlitĂ©s viriles et un registre brutal qui sont aussi censĂ©s tĂ©moigner par contraste des progrĂšs que lâhumanitĂ© a rĂ©alisĂ©s. Ă partir de la seconde moitiĂ© du XXâą siĂšcle, tout change au profit de nouveaux ressorts narÂratifs comme la solidaritĂ© et lâaltruisme. Il en va de mĂȘme pour lâimage de la femme. Longtemps confinĂ©e Ă des tĂąches prĂ©cises â cueillette, cuisine, reproduction â et souvent sexuellement convoitĂ©e, enlevĂ©e ou violĂ©e, elle apparaĂźt dorĂ©navant dans des rĂŽles agissants « qui ne constituent pas des calques des comportements masculins », comme dans Muta, fille des cavernes (1963) de Norbert Casteret ou comme dans Ayla, lâenfant de la terre, la saga (1980-2011) de lâAmĂ©ricaine Jean Auel, une sĂ©rie oĂč lĂ«rotisme apparaĂźt en phase avec le dĂ©sir fĂ©minin pour la premiĂšre fois dans la littĂ©rature prĂ©historique.
Un imaginaire oĂč lâon croise la mystĂ©Ârieuse figure du chamane, associĂ© aux rites censĂ©s favoriser la chasse, mais aussi des comportements racistes nĂ©s de la prise en considĂ©ration dâun« nous» sâopposant aux « autres », ou consistant pour le Sapiens Ă rejeter le NĂ©andertalien, considĂ©rĂ© comme une brute Ă©paisse Ă peine sortie de lâaniÂmalitĂ©. Et ce jusquâĂ ce que William GolÂding, dans Les HĂ©ritiers (1955), fasse passer ce dernier du rang dâinfĂ©rieur Ă celui de diffĂ©rent, « non plus en dessous de notre espĂšce mais Ă cĂŽtĂ© dâelle».
Un essai oĂč sont aussi examinĂ©s le rĂŽle du rire et les funĂ©railles â censĂ©es garantir que les dĂ©funts ne reviendront pas imporÂtuner les vivants sous une forme ou une autre â et qui montre surtout combien ces fictions reflĂštent les changements que notre sociĂ©tĂ© voit aujourdâhui fleurir. Sans oublier la multitude de voix et de talents quâil nous fait dĂ©couvrir. Richard Blin
âBien que la PrĂ©histoire constitue la pĂ©riode la plus longue de lâhumanitĂ© et quâelle fascine les scientifiques, les artistes et le grand public depuis le 19e siĂšcle, lâhistoire littĂ©raire nâa accordĂ© quâune place marginale aux fictions mettant en scĂšne les origines de lâhomme. Câest par ce constat que Pierre Schoentjes, professeur de littĂ©rature française Ă lâUniversitĂ© de Gand, ouvre son dernier essai : Inventer des grottes : prĂ©-histoires romanesques. Lâauteur sâattache Ă explorer lâimaginaire de la prĂ©histoire dans ce vaste corpus issu de la littĂ©rature occidentale que lâon rassemble volontiers sous lâĂ©tiquette plutĂŽt vague de « fictions prĂ©historiques ». De Paris avant les hommes de Pierre Boitard en 1861, jusquâau productions les plus rĂ©centes comme la sĂ©rie romanesque Les enfants de la Terre de lâĂ©tats-unienne Jean M. Auel (1980-2011), lâouvrage voyage Ă travers une production de plus dâun siĂšcle et demi. Il accorde par ailleurs une attention particuliĂšre aux figures belges. Au-delĂ de lâincontournable J.-H. Rosny aĂźnĂ© qui, avec La guerre du feu en 1909, signe probablement le roman prĂ©historique le plus lu et le plus diffusĂ© jusquâĂ nos jours, le lecteur dĂ©couvre avec intĂ©rĂȘt des figures oubliĂ©es ou mĂ©connues de notre patrimoine comme Pierre Goemaere, Gustave Hagemans ou encore Ray Nyst. Face Ă cette production hĂ©tĂ©roclite, lâauteur prend soin de sortir des visions globalisantes et des Ă©tudes aux accents trop marquĂ©s par lâapproche sociologique souvent utilisĂ©e pour Ă©tudier les phĂ©nomĂšnes littĂ©raires associĂ©s aux productions populaires et de genre. Car le roman prĂ©historique reste bien souvent cantonnĂ© aux marges des Ă©tudes littĂ©raires, tout considĂ©rĂ© quâil est comme un genre sans ambition formelle ni thĂ©matique, simple rejeton du roman dâaventure et donc des littĂ©ratures de masse que lâon rassemblait encore il y a peu sous lâĂ©tiquette de paralittĂ©rature. Lâapproche de Pierre Schoentjes, sensible et prĂ©cise, sâattache Ă retourner au cĆur des textes, Ă voir ce quâils nous disent, Ă analyser les histoires quâils nous racontent et les mĂ©thodes quâils emploient pour y arriver. Il fait ainsi Ă©merger des figures et des Ćuvres singuliĂšres qui cohabitent, se rĂ©pondent ou sâignorent mais qui, malgrĂ© ce cadre historique commun, ne constituent pas, ensemble, un corpus homogĂšne ou univoque. Lâessai se divise ainsi en deux grandes parties. La premiĂšre vise Ă explorer la maniĂšre dont lâarchĂ©ologie prĂ©historique, son Ă©volution et ses dĂ©couvertes, ont influencĂ© lâimaginaire des romanciers et des artistes. La seconde, dans un mouvement inverse explore la maniĂšre dont les reprĂ©sentations de la prĂ©histoire dans lâart et dans la littĂ©rature ont pu influencer, parfois durablement, nos reprĂ©sentations de cette pĂ©riode historique. Lâapproche est trĂšs didactique et lâauteur aborde, chapitre par chapitre, quelques grandes thĂ©matiques dont il explore les variations Ă travers le temps et les Ćuvres : violence ; place de la femme ; mort ; rire ; racisme⊠Tout au long de lâessai, il entrelace ainsi lâhistoire du roman prĂ©historique et celle de la science prĂ©historique pour illustrer la tenace influence que nos propres mĆurs et mentalitĂ©s exercent sur notre vision de cette pĂ©riode. En montrant Ă quel point les mĂ©thodes dâinvestigation scientifiques dĂ©pendent Ă©galement des systĂšmes de valeurs dans lesquels les chercheurs Ă©voluent, surtout lorsque lâobjet dâĂ©tude porte sur des ĂȘtres dont lâimaginaire, les rites ou encore la pensĂ©e nous sont Ă jamais inaccessibles, lâessai rappelle aussi les travaux de philosophes des sciences comme Vinciane Despret. Les fictions prĂ©historiques, loin de lâillusoire reconstitution historique Ă laquelle on les enjoignait et les rĂ©duisait parfois, sont ainsi traversĂ©es par les enjeux contemporains de leurs auteurs. Les lire aujourdâhui, câest dĂ©couvrir une multitude de voix, une variĂ©tĂ© de talents, une diversitĂ© dâintentions et dâambitions dans un corpus riche et variĂ© que Pierre Schoentjes, et ce nâest pas lĂ le moindre de ses mĂ©rites, explore avec cet attachement sincĂšre qui donne au lecteur lâenvie de sây plonger.â
âIl y a toujours une part de mystĂšre lorsque nous parlons ou voyons des grottes et autres souterrains. On y rentre ? Pour aller vers des dĂ©couvertes, du vivant innommĂ©, un cĂŽtĂ© Lovecraft, les temps dâavant les temps ? Ces questions prennent encore plus de sens lorsque nous y adjoignons la notion de prĂ©histoire et celle de romans. Pierre Schoentjes, professeur de littĂ©rature française Ă lâUniversitĂ© de Gand nous offre un dense ouvrage intitulĂ© Inventer des grottes, prĂ©-histoires romanesques publiĂ© aux Ă©ditions Le mot et le reste pour explorer dans et par la littĂ©rature cette prĂ©histoire. Cette derniĂšre « constitue la pĂ©riode la plus longue de lâhumanitĂ© : elle sâĂ©tend de la naissance du genre Homo, il y a environ 2, 8 millions dâannĂ©es jusquâĂ lâinvention de lâĂ©criture il y a un peu plus de 5 000 ans ». Mais qui la connaĂźt, malgrĂ© les efforts de prĂ©historiens particuliĂšrement pĂ©dagogues ? Lâun dâentre eux, Richard E. Leakey estimait « que si lâHistoire de la Terre devait sâĂ©crire dans un volume de 1 000 pages, lâhomme apparaĂźtrait Ă lâavant derniĂšre page et serrĂ©s dans le dernier mot, lâensemble des changements esthĂ©tiques, techniques et symboliques de Chauvet Ă la polarisation des superpuissances et des voyages spatiaux ». Nous sommes dans lâabĂźme sans fond du temps. La littĂ©rature se perd dans ces pĂ©riodes, « la durĂ©e se dissout dans lâespace ». Nous sommes dans le roman donc dans une part majeure dâimagination. Les romanciers cherchent Ă donner un portrait psychologique dâune supposĂ©e mentalitĂ© prĂ©historique. De La Guerre du feu (1911) de J.H.Rosny aĂźnĂ© aux Enfants de la Terre (1980-2011) de Jean Auel, le roman a contribuĂ© Ă modeler en profondeur lâimage que les diffĂ©rentes gĂ©nĂ©rations se sont faites de la PrĂ©histoire, estime Pierre Schoentjes. Il nous propose un vaste panorama de cette littĂ©rature. Les sources ne se limitent pas Ă lâEurope, le monde est grand en littĂ©rature.
Lâouvrage entend inventer au sens latin du terme, Ă savoir dĂ©couvrir et imaginer. La premiĂšre partie sâouvre sur Romancer lâĂąge de pierre, un tour dâhorizon qui brosse le tableau gĂ©nĂ©ral et interroge sur la spĂ©cificitĂ© du roman prĂ©historique avec lâattrait du primitivisme. Nombre dâauteurs sont mobilisĂ©s mĂȘme sâils ont parfois peu Ă©crit de romans sur cette pĂ©riode (MĂ©rimĂ©e, Quignard, Malraux). Dâautres vont accompagner les Ă©motions dans les grottes ornĂ©es, boĂźtes Ă souvenirs avec le chamane de la grotte des trois-frĂšres ou Les Bisons dâargile, une statue dans la grotte du Tuc dâAudoubert et le titre dâun roman. La seconde partie sâappuie sur Imaginer : la violence mĂąle, la condition fĂ©minine⊠Le temps long de la nature permet de distinguer le roman Ă durĂ©e de vie humaine et celui qui intĂšgre lâĂ©volution du climat, des paysages, le rĂŽle des hommes dans lâĂ©volution de leur environnement. La dimension raciste est Ă©voquĂ©e. Enfin, intĂ©ressons-nous Ă deux caractĂ©ristiques attribuĂ©es un peu rapidement Ă lâhomme : Le rire et les rituels funĂ©raires. Le champ est vaste et les rĂ©fĂ©rences littĂ©raires sont multiples. Câest sans aucun doute lâun des intĂ©rĂȘts que je dĂ©couvre dans ce type dâouvrage : chaque page nous invite Ă dĂ©couvrir dâautres livres. Nous aussi grĂące Ă Pierre Schoentjes, nous allons inventer-dĂ©couvrir des grottes prĂ©-histoires romanesques pour notre plus grand plaisir.â
âDepuis la reconnaissance de lâanciennetĂ© de notre espĂšce au XIXe siĂšcle, lâunivers de lâ« homme des cavernes » fascine tant le grand public que des auteurs majeurs comme Proust ou Malraux. Le roman fait Ă©cho Ă cette attirance pour les origines et, depuis La Guerre du feu de Rosny aĂźnĂ© jusquâaux Enfants de la terre de Auel en passant par Les HĂ©ritiers de Golding, les Ă©crivains de la PrĂ©histoire se sont imposĂ©s comme des inventeurs au mĂȘme titre que les spĂ©lĂ©ologues. Alors que le roman prĂ©historique est habituellement jugĂ© Ă lâaulne du degrĂ© de respect envers les connaissances scientifiques, Inventer des grottes dĂ©place la perspective pour opĂ©rer une lecture interne des oeuvres et interroger les liens qui sâĂ©tablissent entre elles. Le travail de fouille, attentif aux Ă©crits de prĂ©historiens tentĂ©s parfois de raconter des histoires, sâarrĂȘte Ă la littĂ©rature qui affleure aujourdâhui, mais exhume aussi une production ancienne et oubliĂ©e. Lâessai trace les contours dâun imaginaire dont lâhorizon nâest pas fait seulement de violence masculine, dâexclusion de lâAutre et de mystĂ©rieux chamanes, il sâouvre aussi sur des environnements naturels prĂ©servĂ©s, des femmes fortes et des rires de joie.â