Histoire naturelle de Selborne - poche
Le pasteur naturaliste, amoureux de lâenvironnement, dĂ©crit la nature quotidienne sur un mode des plus poĂ©tiques.
Claude-Marie Vadrot â Politis
traduit de lâanglais par Nicoles Mallet
introduction et notes de Anne Dromart
Lâouvrage rassemble deux sĂ©ries de lettres que Gilbert White a Ă©crites Ă Thomas Pennant, un des grands zoologistes de son temps et Ă Daines Barrington, juriste et naturaliste amateur. Dans ses lettres, White rend compte de ses observations minutieuses de la faune et de la flore, et surtout des oiseaux des alentours du village de Selborne oĂč il a passĂ© la quasi totalitĂ© de son existence. La rigueur scientifique est ici servie par une prose simple et lumineuse, qui rend lâouvrage accessible Ă tous. Ă cĂŽtĂ© de la description de ses dĂ©couvertes, White donne aussi Ă voir des pans de sa sensibilitĂ© avec humour et modestie.
Un ouvrage clé et fondateur de la pensée écologiste, publié pour la premiÚre fois en France.
Revue de presse
- Histoire naturelle de Selborne Fabrice Nicolino PlanĂšte sans visa 9 mai 2012
- Histoire naturelle de Selborne Roger Cans JNE Mars 2012
- A lire Valérie Chansigaud Pour la science Février 2012
- "La nature dans l'éducation au XIXe siÚcle" Olivier Sigaut L'ecologiste Octobre/Décembre 2011
- Histoire naturelle de Selborne Walter Belis L'ornithologue
- Histoire naturelle de Selborne Claude-Marie Vadrot Politis 24 novembre 2011
- Histoire naturelle de Selborne Aude Binet Festival Du Livre Et De La Presse D'écologie Novembre 2011
- Histoire naturelle de Selborne Association pour une histoire de la protection de la nature et de l'environnement 6 novembre 2011
- Histoire naturelle de Selborne Catherine Levesque L'oiseau Magazine Automne 2011
- White is green Guillaume Jan Standard Magazine #33 Octobre 2011
- Ce qu'ils lisent Valérie Chansigaud France Culture 12 septembre 2011
- So, White now. Didier Bazy La cause litteraire Septembre 2011
- Histoire naturelle de Selborne Festival international du film ornithologique Août 2011
- Dossier nature, écologie Véronique Heurtematte Livres Hebdo 11 mars 2011
LâĂ©diteur marseillais Le Mot et le reste publie Ă petit prix, le 20 septembre, Histoire naturelle de Selborne (345 pages, 9,90 euros), Ćuvre majeure sur les prĂ©mices de lâĂ©cologie, signĂ©e par lâornithologue britannique Gilbert White (1720-1793). ConsidĂ©rĂ© comme un classique au Royaume-Uni avec plus de 300 rééditions, ce livre rĂ©unit des lettres sur la faune et la flore du village de Selborne, situĂ© au sud-ouest de Londres. Sa particularitĂ© ? Le sens aiguisĂ© de lâobservation de son auteur, qui identifia plusieurs espĂšces et constata, entre autres choses, le rĂŽle du ver de terre dans lâĂ©quilibre du terreau.
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Qui est Gilbert White ? Un curieux Anglais nĂ© en 1720, qui a passĂ© lâessentiel de sa vie dans le village de Selborne. La petite et valeureuse maison dâĂ©dition marseillaise Le Mot et le Reste publie un classique dâoutre-Manche, parfaitement inconnu chez nous, Histoire naturelle de Selborne (320 pages, 23 euros). Il sâagit de deux sĂ©ries de lettres adressĂ©es par Selborne au zoologiste Thomas Pennant dâune part et au juriste Daines Barrington dâautre part.
Selborne est un village de moins de 700 habitants, Ă environ 75 km au sud de Londres, que White explore pour nous dans tous les sens. Comme il est un naturaliste, son regard est prĂ©cis, mais aussi chargĂ© dâĂ©motion. Extrait : « Au fur et Ă mesure que la paroisse sâĂ©tend vers la forĂȘt de Woolmer, Ă la jonction des terres argileuses, le sol devient un terreau sableux et humide, impeccable pour le bois de construction, mais Ă©pouvantable pour la circulation ». Les oiseaux fascinent White, et nous fascinent Ă notre tour, 220 annĂ©es plus tard. Si peu de choses semblent avoir changĂ© ! Extrait : « Lâalouette a commencĂ© dâĂ©mettre ses chuintements dans mes champs samedi dernier ». Les pouillots voisinent avec les choucas, le faucon hante les marais Ă la recherche de sa pitance, lâengoulevent et lâĆdicnĂšme fendent les airs ou les herbes.
PropriĂ©taire terrien et pasteur anglican du village de Selborne (75km au sud-ouest de Londres) oĂč il est nĂ© et a toujours vĂ©cu, Gilbert White sâest pris de passion pour la terre, la chasse et la nature. De ses observations, consignĂ©es au jour le jour, et des courriers Ă©changĂ©s avec dâautres naturalistes amateurs comme lui, il a tirĂ© un ouvrage publiĂ© en 1789, Lâhistoire naturelle de Selborne. Un ouvrage qui a eu un succĂšs incroyable en Grande-Bretagne, avec plus de 200 rééditions, et qui fait de lui lâouvrage le plus lu en Angleterre aprĂšs la Bible, Shakespeare et le dictionnaire dâOxford !
Le charme et lâintĂ©rĂȘt de lâouvrage, qui vient enfin dâĂȘtre traduit en français, câest le mĂ©lange de connaissances et de naĂŻvetĂ© de cet ornithologue amateur, qui ne se fie quâĂ ses observations personnelles. Il note lâordre dâarrivĂ©e des oiseaux migrateurs, quâil appelle « de passage », et aussi les dates de leur disparition du paysage, sans se douter que mĂȘme des petits passereaux comme le roitelet ou la fauvette puissent entreprendre de grandes migrations. Que les martinets et les hirondelles, taillĂ©es pour le vol, puissent franchir le Pas-de-Calais et le dĂ©troit de Gibraltar, soit, mais que ces minuscules oiseaux « Ă bec fin et ailes courtes » puissent les suivre, il ne peut lâimaginer.
En ouvrant le ventre des vipĂšres, il dĂ©couvre que ce serpent est Ă la fois ovipare, puisquâil fabrique des Ćufs, et vivipare, puisque lâincubation est interne et donne naissance Ă des petits vivants. En examinant un cadavre dâengoulevent, il remarque que le doigt du milieu est muni dâune griffe en dent de scie, ce qui explique son habiletĂ© Ă attraper les insectes avec ses pattes, puis Ă les passer dans le bec, et tout cela en plein vol.
Ecologiste avant lâheure, il veut rĂ©habiliter le ver de terre, qui nâest pas aimĂ© du jardinier soucieux de la propretĂ© de ses allĂ©es ni du cultivateur, qui croit que le ver mange la racine du blĂ© ! Il explique au contraire le rĂŽle indispensable du ver, qui fait respirer lâhumus et lâenrichit constamment du produit de sa digestion.
Le lecteur ne peut ĂȘtre que frappĂ© par la douceur qui se dĂ©gage de ce recueil de lettres, paru en 1789. Dans cet ouvrage dâhistoire naturelle peu ordinaire, il ne sâagit pas dâĂ©tablir des classifications comme chez LinnĂ©, dâinventorier le vivant et dâen dĂ©gager des lois gĂ©nĂ©rales comme chez Buffon, ni mĂȘme de rĂ©aliser dâingĂ©nieuses expĂ©riences afin de comprendre le comportement animal comme chez RĂ©aumur, mais dâobserver et de dĂ©crire minutieusement la campagne anglaise.
Dans sa paroisse de Selborne, jour aprĂšs jour, le rĂ©vĂ©rend White scrute les migrations des hirondelles, le chant des pouillots, lâentrĂ©e puis la sortie dâhibernation dâune vieille tortue, les fils tissĂ©s par les araignĂ©es, les variations mĂ©tĂ©orologiques⊠Les connaissances scientifiques de White sont impressionnantes, mais lorsquâil Ă©voque les travaux des naturalistes, câest toujours pour les analyser Ă la lumiĂšre de sa propre expĂ©rience, dâautant quâil nâhĂ©site pas, si le sujet sây prĂȘte, Ă pratiquer des dissections et Ă comparer ses rĂ©sultats Ă ceux des autres anatomistes. LâHistoire naturelle de Selborne est lâun des livres les plus Ă©ditĂ©s au Royaume-Uni aprĂšs la Bible et Shakespeare. Tous les naturalistes britanniques lâont lu, tel Charles Darwin qui consacre un ouvrage Ă rĂ©pondre Ă une question posĂ©e par White au sujet du rĂŽle des lombrics dans la formation de la terre vĂ©gĂ©tale. Plus quâun simple jalon de lâhistoire de lâĂ©dition naturaliste, ce recueil de lettres, en ce quâil montre des animaux dans leurs multiples relations avec leur environnement, est une rĂ©elle Ă©bauche dâune pensĂ©e Ă©cologique. Son succĂšs permet de mieux saisir la passion et lâaffection qui caractĂ©risent les relations des Britanniques avec la nature.
Il faut fĂ©liciter le travail accompli par la traductrice, Nicole Mallet, et par lâĂ©diteur, le Mot et le Reste, qui viennent, pour la premiĂšre fois, de rendre accessible en français cet envoĂ»tant ouvrage. Enfin !
La revue trimestrielle LâEcologiste, dans non numĂ©ro 35 (octobre-dĂ©cembre 2011), consacre son dossier central Ă âLa nature dans lâĂ©ducation au XIXe siĂšcleâ. Ce faisant, elle nous parle, entre autres grands classiques littĂ©raires et naturalistes, de LâHistoire naturelle de Selborne de Gilbert White. Extraits.
Depuis le XVIIIe siĂšcle, les manuels scolaires et parascolaires ont participĂ© Ă la diffusion des connaissances sur la nature mais aussi dâune reprĂ©sentation de la nature oĂč lâhomme et lâanimal apparaissent singuliĂšrement appartenir Ă une mĂȘme communautĂ© de destin. (âŠ)
Un peu aprĂšs Berquin et Rousseau, un autre Ă©crivain naturaliste en la personne de Bernardin de Saint-Pierre (1804), lâauteur de Paul et Virginie, qui fut en mĂȘme temps directeur du Jardin des plantes, Ă©crivit en 1784 un livre intitulĂ© Etudes de la nature. Un singulier ouvrage de vulgarisation Ă©cologique qui posait dĂ©jĂ la question de lâinfluence nĂ©gative de lâhomme sur son milieu naturel, notamment dans les territoires du Sud rĂ©cemment dĂ©couverts. (âŠ) Il faut aussi noter que peu aprĂšs en Angeterre en 1788, le rĂ©vĂ©rend Gilbert White faisait paraĂźtre The Natural History of Selborne (voir encadrĂ©). Ce livre prĂ©figure les Ă©tudes scientifiques du milieu naturel local et les livres de sensibilisation Ă la nature. Il prĂ©sente un remarquable travail dâinventaire rĂ©alisĂ© par un naturaliste accompli, autour de la ville de Selborne, et destinĂ© au grand public. (âŠ)
Encadré
VoilĂ la premiĂšre traduction française dâun livre paru en 1789 dont on dit quâil est le plus lu en Angleterre aprĂšs la Bible et Shakespeare. Son auteur ? Le pasteur Gilbert White, un vĂ©ritable mythe national au Royaume-Uni. Son propos ? âPrĂ©senter au public la conception quâil se fait de lâhistoire paroissialeâ (p.27). Une conception peu banale: en plus de 300 pages organisĂ©es en 66 lettres, Gilbert White prĂ©sente ses observations prĂ©cises de la nature sur sa commune. Oiseaux, plantes, insectes⊠sont Ă©tudiĂ©s pour eux-mĂȘmes et non pour lâusage que lâhomme peut en faire. Avec une belle introduction dâAnne Dromart.
Il faut pour un Ă©diteur une dose dâaudace pour publier un tel ouvrage, mais nous lui sommes trĂšs reconnaissant. Gilbert White (1720-1793), est un naturaliste et un ornithologue britannique qui peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un pionnier de lâĂ©cologie. Cet ouvrage est une compilation de ses lettres Ă Thomas Pennant, un grand zoologiste, mais aussi Ă Daines Barrington, un avocat gallois et naturaliste amateur. Dans ses lettres, White rĂ©sume le rĂ©sultat de ses observations minutieuses de la faune et de la flore, et surtout des oiseaux des alentours du village de Selborne, quâil nâa presque jamais quittĂ©. La rigueur scientifique se conjugue avec les textes rĂ©digĂ©s dans un langage simple et comprĂ©hensible pour tous. The Natural History of Selborne fut outre-Manche le livre qui sâest le plus vendu aprĂšs, bien sĂ»r, la Bible et les Ćuvres de Shakespeare et bon nombre de Britanniques se sont laissĂ© sĂ©duire par ce livre avant de devenir ornithologue. Quelle est la valeur scientifique de cette Ćuvre Ă©pistolaire? Elle nâest pas inestimable: White est lâun des premiers Ă distinguer des espĂšces dâaspect proche comme le Pouillot vĂ©loce, le Pouillot fitis et le Pouillot siffleur. Il sâest trompĂ© dans dâautres domaines mais nous le lui pardonnons. A lâĂ©poque oĂč tout naturaliste Ă©tait collectionneur ou taxidermiste, il pensait que lâobservation des oiseaux suffit Ă les distinguer et quâil nâest pas besoin de les attraper ou de les tuer. Comme les auteurs du XVIIIe maĂźtrisaient parfaitement le genre Ă©pistolaire, ce livre se lit comme un ouvrage de nos jours.
PubliĂ© en 1789 et Ă©ditĂ© pour la premiĂšre fois en français, Histoire naturelle de Selborne, du pasteur anglais Gilbert White, propose une Ă©tude de la vie naturelle et Ă©cologique dâune commune anglaise dâalors 600 habitants, Ă 75 km au sud-ouest de Londres. Gilbert White explique, Ă travers une centaine de lettres adressĂ©es Ă des amis scientifiques, pourquoi il estime, en avance sur les naturalistes du XIXe siĂšcle, que les humains doivent protĂ©ger le milieu naturel. Il se fait lâardent dĂ©fenseur des paysages et des jardins Ă lâanglaise, qui martyrisent moins les vĂ©gĂ©taux que les jardins Ă la française ! Le pasteur naturaliste, amoureux de lâenvironnement, dĂ©crit la nature quotidienne sur un mode des plus poĂ©tiques.
Si lâon sâattache Ă raconter lâhistoire des hommes, pourquoi lâhistoire des animaux et des Ă©lĂ©ments naturels qui les entourent nâen font-elle pas partie ? GrĂące Ă ce recueil de lettres, Gilbert White, naturaliste et ornithologue du XVIIIĂšme siĂšcle, nous livre 20 ans dâobservation de la nature du comtĂ© de Selborne, un village au sud de lâAngleterre. Alors quâa cette Ă©poque, lâacquisition de connaissances sur les animaux passe principalement par la dissection des cadavres, Gilbert White tranche avec ses contemporains et les Ă©tudie en pleine nature.
GrĂące Ă des observations prĂ©cises, il enrichit les travaux de John Ray (1627-1705), naturaliste reconnu comme « pĂšre de lâhistoire naturelle anglaise ». Il dĂ©couvre par exemple de nouvelles espĂšces de souris qui sâabritent dans des petits nids ronds composĂ©s de brins dâherbe et de froment. Et aussi des rats dâeau qui savent parfaitement nager et plonger alors quâils nâont pas de pattes arriĂšres palmĂ©es. Il complĂšte les observations de lâoiseau « gobe-mouche » qui, perchĂ© au sommet dâun poteau ou dâun pieu, plonge sur une mouche dans les airs, sans presque jamais toucher le sol et retourne sur le mĂȘme perchoir plusieurs fois de suite. Il devine mĂȘme un passage au coin intĂ©rieur de lâĆil des daims qui communique avec le nez. Cela leur permet de ne pas suffoquer lorsquâils plongent longtemps les naseaux dans lâeau et que bouche et narines sont entravĂ©es.
Il ne travaille pas seul et recoupe ses observations avec les jardiniers, les agriculteurs et divers correspondants en Angleterre. Il pensait, par analogie avec les autres oiseaux, que les merles Ă plastron, connus pour aimer les pays froids et montagneux, migraient du Nord vers le Sud. GrĂące Ă ses contacts, il dĂ©couvre que ceux qui viennent passer lâhiver Ă Selborne arrivent des hautes collines de Dartmoor, Ă lâouest de Selborne. Les migrations des oiseaux sont dĂ©taillĂ©es annĂ©e par annĂ©es et si lâon peut Ă©couter le doux gazouillis de ceux qui se regroupent avant de dĂ©coller, on peut aussi chercher ceux qui restent cachĂ©s pendant lâhiver. Il est lâun des premiers Ă dĂ©crire les interactions entre les diffĂ©rents constituants du vivant. En Ă©tĂ©, le bĂ©tail, poussĂ© par la chaleur, vient se prĂ©lasser dans lâeau jusquâĂ mi-jambe la majeure partie de la journĂ©e. Il laisse beaucoup de bouses dans lesquelles se nichent les insectes ⊠qui nourrissent avec bonheur les carpes, tanches, anguilles et perches des trois grands lacs du comtĂ© !
Par son regard bienveillant et attentif sur la nature Gilbert White peut contredire les observations admises. En sâamusant avec une chauve-souris apprivoisĂ©e, il constate quâelle est tout Ă fait capable de se remettre Ă voler une fois quâelle est tombĂ©e sur une surface plane, malgrĂ© un dĂ©placement « fort ridicule et grotesque ». Enfin câest avec beaucoup dâhumour que Gilbert White vous livrera les secrets du langage et la richesse du vocabulaire des volailles de la basse-cour, poule commune en tĂȘte ! Empreint de poĂ©sie, ce livre regorge dâanecdotes sur la nature et les animaux. On finit par nâavoir quâune envie : sortir observer tout cela par soi-mĂȘme. AĂŻe lâhiver arrive ⊠la lecture dâune lettre du naturaliste de temps Ă autre devrait nous permettre de patienter jusquâau printemps !
Festival du livre et de la presse dâĂ©cologie
Lâauteur, Gilbert White (1720-1793), vicaire de son Ă©tat de la paroisse de Selborne, situĂ©e Ă 80 km au Sud-Est de Londres dans le Hampshire, deviendra, au long de sa vie, un naturaliste et un ornithologue britannique qui, aujourdâhui, compte parmi les pĂšres des sciences naturelles modernes et de lâĂ©cologie scientifique. Il est, entre autres, un des premiers Ă avoir appuyĂ© sa rĂ©flexion sur lâobservation en pleine nature. Son Histoire naturelle de Selborne [Natural History of Selborne], oĂč il passa la quasi totalitĂ© de son existence, publiĂ©e pour la premiĂšre fois en 1789, est, Ă©tonnamment, un des ouvrages de langue anglaise qui a Ă©tĂ© le plus Ă©ditĂ©, derriĂšre la Bible, Shakespeare et Harry Potter.
Lâouvrage rassemble deux sĂ©ries de lettres que Gilbert White a Ă©crites Ă Thomas Pennant, un des grands zoologistes de son temps et Ă Daines Barrington, juriste et naturaliste amateur. Dans ses lettres, White rend compte de ses observations minutieuses de la faune et de la flore, du rythme des saisons et surtout des oiseaux migrateurs qui frĂ©quentaient les alentours du village de Selborne.
Selon Donald Worster (Les pionniers de lâĂ©cologie, Sang de la terre, 1992), lâhistoire naturelle de White est sans doute lâune des plus importantes contributions Ă lâĂ©cologie de terrain au commencement de la science anglaise. Le projet de White Ă©tait en effet de recenser les ĂȘtres vivants que contenait la paroisse de Selborne et comprendre les liens qui les unissaient au sein dâun mĂȘme systĂšme de corrĂ©lations.
Un ouvrage clé qui participe de la fondation de la de la science écologiste, publié et traduit pour la premiÚre fois en France.
MĂ©connu en France, lâHistoire naturelle de Selborne (1789) est pourtant lâun des ouvrages anglais qui a Ă©tĂ© le plus Ă©ditĂ© derriĂšre la Bible et lâoeuvre de Shakespeare. PubliĂ© pour la premiĂšre fois en français, il rassemble deux sĂ©ries de lettres que Gilbert White, naturaliste et ornithologue, a Ă©crites Ă Thomas Pennant, un des grands zoologistes de son temps, et Ă Daines Barrington, juriste et naturaliste. Innovant par rapport Ă ses contemporains, plutĂŽt collectionneurs ou taxinomistes, Gilbert White est lâun des premiers Ă avoir appuyĂ© sa rĂ©flexion sur une observation minutieuse en pleine nature, autour de son village, Selborne, au sud-ouest de Londres. Pionnier de lâĂ©thologie et de lâĂ©cologie, il sâintĂ©resse Ă âla vie et la conversation des animauxâ, en particulier au chant des oiseaux, Ă leur reproduction, leurs dĂ©placements, leur nourriture⊠Il aurait notamment dĂ©couvert lâexistence de trois espĂšces de pouillots en les distinguant au chant, tout en faisant fausse route en considĂ©rant les martinets et les hirondelles comme Ă©tant dâune mĂȘme famille. Mais la valeur de ce livre ne rĂ©side pas tant dans ses dĂ©couvertes que dans sa dĂ©marche et sa rigueur scientifique, servies par une prose simple et lumineuse, voire poĂ©tique. Ce recueil Ă©pistolaire, genre prisĂ© au 18e s., a en effet Ă©tĂ© lâobjet dâun travail Ă©ditorial et se lit de fait comme un roman au charme dĂ©suet.
En observant la faune et la flore de son village, la pasteur anglais GILBERTWHITE a -t-il inventĂ© lâĂ©cologie ?
Le jardin dâEden ne lâintĂ©ressait pas plus que ça. Ce qui fascinait vraiment Gilbert White (1720-1793), pasteur de la commune de Selborne, au sud de Londres, câĂ©tait la sexualitĂ© des grenouilles, lâouĂŻe des abeilles, la migration des hirondelles ou la transpiration des arbres. âJâavais dans ma poche une liste dâoiseaux Ă observer (âŠ) Je notais chaque jour lâabsence ou la persistance du chant de chaque oiseauâ, Ă©crit-il dans la compilation de lettres qui constitue Histoire naturelle de Selborne, ouvrage publiĂ© pour la premiĂšre fois en 1789. En lisant ces courriers adressĂ©s Ă ses amis zoophiles (en tout bien tout honneur), on est frappĂ© par lâĂ©nergie amoureuse, Ă la fois candide et rigoureuse, que White met Ă dĂ©crire les moindres dĂ©tails naturels qui environne sa paroisse. Lâhomme dâEglise veut rĂ©soudre chaque Ă©nigme de la faune et de la flore et cherche non seulement Ă rĂ©pertorier les espĂšces, mais aussi Ă Ă©tudier âleur vie et leur conversationâ. Car ce fervent naturaliste a lâintuition de lâexistence dâun Ă©cosystĂšme oĂč chaque Ă©lĂ©ment serait liĂ© aux autres â notion encore dans les choux pour ses contemporains.
Le MystĂšre des bocages
Toute sa vie, Gilbert White fait de lâĂ©cologie sans le savoir â le mot naĂźtra quelques dĂ©cennies aprĂšs sa mort, en 1866, sous la plume du biologiste allemand Ernst Haeckel. La âscience des relations des organismes avec le monde environnantâ Ă©clot avec le dĂ©veloppement de la biologie, aprĂšs la publication de LâOrigine des espĂšces, rĂ©digĂ©e par Darwin en 1859. A la mĂȘme Ă©poque, la rĂ©volution industrielle cause ses premiers dĂ©gĂąts et des pionniers de la simplicitĂ© volontaire, comme LĂ©on TolstoĂŻ en Russie ou Henri David Thoreau aux Etats-Unis, posent les bases de lâĂ©cologie politique.
Mais revenons Ă White : en sâenthousiasmant pour les mystĂšres de ses bocages tout en cherchant Ă faire avancer les sciences naturelles, le pasteur change la façon dont lâhumanitĂ© va regarder, Ă©tudier et dĂ©crire la nature. Son livre bucolique devient fĂ©tiche en Angleterre (deux cents rééditions !) et inspire une ribambelle de peintres, de poĂštes romantiques. Surtout, il capte la philosophie de ce qui deviendra le courant vert aux XIXe puis XXe siĂšcle. âIl est sans doute le premier Ă comprendre et Ă expliquer la nĂ©cessitĂ© de prĂȘter attention mĂȘme au plus petit ĂȘtre vivant car il est utile Ă lâĂ©cosystĂšmeâ, Ă©crit en prĂ©face lâuniversitaire Anne Dromart. GrĂące Ă sa correspondance champĂȘtre, ce pasteur incollable sur les sangliers ou les merles Ă plastron est devenu un pape de la pensĂ©e environnementaliste.
STANDARD, le trimestriel de la mode et de la culture
« La meilleure façon de comprendre le rapport des Britanniques avec la nature est de lire ce livre. Câest un phĂ©nomĂšne culturel. » ValĂ©rie Chansigaud historienne de lâenvironnement / FRANCECULTURE
Traduite pour la premiĂšre fois en français, lâhistoire naturelle de Selborne est un monument. Il Ă©tait grand temps de dĂ©couvrir Gilbert White (1720-1789) en France. Car en Grande Bretagne câest non seulement un classique mais Un des trois livres les plus publiĂ©s et rééditĂ©s. Lâhexagone est fermĂ©, il faut le percer du dehors. Les Editions Le mot et le reste sâen occupe.
A premiĂšre vue, deux sĂ©ries de lettres destinĂ©es Ă deux savants britanniques. En fait, il sâagit bel et bien dâune grande et belle composition. Et le rĂ©gime Ă©pistolaire nous implique et nous interpelle toujours.
Gilbert White est un pasteur Ă©rudit et curieux des choses naturelles. Selborne est un petit village isolĂ© non loin de Londres. White observe, note, vĂ©rifie, expĂ©rimente. Sa mĂ©thode, originale pour lâĂ©poque, consiste Ă analyser les milieux naturels tels quâils se donnent et tels quâils changent dans le temps. Les plantes, les insectes, les asticots, les oiseaux, la terre, le tout dans cet espace de Selborne et au grĂ© des saisons, voire du climat. Voici le pionnier de lâĂ©thologie, un des premiers Ă©cologues modernes.
White expérimente avec un esprit systémique trÚs contemporain : liens, partie incidente sur le tout, rétroactions etc. Voici en vrac quelques exemples :
â Le rĂŽle du ver de terre dans lâĂ©quilibre du terreau (le compost)
â Constat que les Ă©manations gazeuses sont nocives pour les plantes.
â Les abeilles nâont pas peur de lâĂ©cho, contrairement Ă ce que prĂ©tendait Virgile.
â Lâanatomie du coucou nâest pas un obstacle Ă la couvade, ou Ă lâabsence de couvade.
â Les concombres peuvent pousser avant la saison.
Non seulement il éprouve mais il prouve en provoquant avec des moyens trÚs simples les phénomÚnes naturels. Son ùme de cherchant cÎtoie celle du chercheur. Et il trouve. Il découvre trois espÚces de pouillots, les distinguant par leur chant ! Il classe le rat des moissons ainsi que la noctule commune.
Le pasteur nâa pas la tĂȘte dans les Ă©toiles. Lecteur de LinnĂ© et de Buffon, notre savant jardinier se double dâun zoologue averti et attentif. ModĂšle pour les chercheurs en bio-Ă©thologie de demain, White est un exemple trĂšs concret qui montre que la science (et les sciences) est bien de la littĂ©rature, et de la meilleure : celle qui se nourrit de ce qui nâest pas elle, celle qui ne tourne pas en rond Ă se regarder le nombril, une littĂ©rature savante et abordable, fondĂ©e sur des phĂ©nomĂšnes observables pour mieux les saisir et les comprendre.
White prĂ©pare Cuvier et Darwin, et sans doute Mendel. Michel Foucault lâaurait honorĂ© lui octroyant une place de choix dans lâarchĂ©ologie des sciences humaines.
Il nâest jamais trop tard pour mieux cultiver son jardin. Alors imitons ces Ă©migrants anglais du 19° siĂšcle qui emportaient, outre une Bible, cette gĂ©niale et trĂšs utile Histoire de Selborne. Son titre, trop modeste, touche et pointe du doigt, avec un tact tout britannique, ce vivant universel qui, si nous lâoublions prĂ©tentieusement, ne nous oubliera pas, en toute candeur. So, White now.
MĂ©connu en France, lâHistoire naturelle de Selborne (1789) est un des ouvrages anglais qui ont Ă©tĂ© les plus Ă©ditĂ©s derriĂšre la Bible et Shakespeare. PubliĂ© pour la premiĂšre fois en français, il rassemble deux sĂ©ries de lettres que Gilbert White, naturaliste et ornithologue, a Ă©crites Ă Thomas Pennant, un des grands zoologistes de son temps, et Ă Daines Barrington, juriste et naturaliste. Gilbert White est lâun des premiers Ă avoir appuyĂ© sa rĂ©flexion sur une observation minutieuse en pleine nature, autour de son village, Selborne, au sud-ouest de Londres. Sa rigueur scientifique est servie par une prose simple et lumineuse. Ed. Le Mot et Le Reste (23 âŹ).)
Festival international du film ornithologique de Menigoute
(âŠ)
Les amis américains
Tendance lourde cette annĂ©e : lâabondance de traductions de textes de rĂ©fĂ©rence en matiĂšre de philosophie de la pensĂ©e Ă©cologiste, et dâauteurs de ânature writingâ, la littĂ©rature inspirĂ©e par la nature, trĂšs en vogue aux Ătats-Unis. Wildproject veut ainsi donner accĂšs aux ouvrages amĂ©ricains qui ont construit le courant de lâĂ©thique environnementale. (âŠ) Dans un registre similaire, lâĂ©diteur marseillais Le Mot et Le Reste a lancĂ© en janvier Le Pays des petites pluies, un des grands classiques de la tradition amĂ©ricaine de ânature writingâ, Ă©crit par Mary Austin. Est Ă©galement prĂ©vu en aoĂ»t Histoire naturelle de Selborne, ouvrage paru pour la premiĂšre fois en 1789 et Ă©crit par Gilbert White, considĂ©rĂ© comme lâun des pĂšres fondateurs de la pensĂ©e Ă©cologiste. LâannĂ©e derniĂšre, la nouvelle version française de Walden de Henry D. Thoreau par Brice Matthieussent, le traducteur notamment de Jim Harrison, avait obtenu un gros succĂšs, les 4000 exemplaires Ă©tant aujourdâhui Ă©puisĂ©s. (âŠ)