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Parution : 22/10/2020
ISBN : 9782361396428
144 pages (14,8 x 21 cm)

Fantaisie villageoise

Marc Trillard plonge sa narratrice dans un espace-temps incertain, oĂč secrets et tradition se mĂȘlent en une tentative utopique questionnable.

Il y avait deux ans que l’Agence rĂ©gionale de santĂ© cherchait Ă  effacer le canton de Theyllise de la carte des dĂ©serts mĂ©dicaux, jusqu’à l’arrivĂ©e de Jeanne Ambarel pour remplacer feu le docteur Malbosc au village de Malabre. Bien dĂ©cidĂ©e Ă  s’intĂ©grer rapidement Ă  la population pour son premier poste, elle dĂ©couvre petit Ă  petit la communautĂ© qui compose le village, un peu fruste mais bon enfant, avec ses coutumes Ă©nigmatiques. AbandonnĂ©e Ă  son nouveau cabinet, sans une seule visite, elle tente de comprendre le passĂ© mĂ©dical du coin et les rĂ©ticences des habitants Ă  la consulter. Entre processions paĂŻennes, Ă©ducation et us d’un autre temps, elle comprend rapidement que tout le village partage un secret et qu’il lui faudra fouiller le passĂ© pour le percer, Ă  dĂ©faut d’y ĂȘtre associĂ©e.

Revue de presse

- De si jolis villages Fred Robert Zibeline Décembre 2020
- Fantaisie Villageoise Caroline de Benedetti Fondu au noir 6 février 2021
- EnvoĂ»tante Fantaisie Villageoise Yves Gabay La dĂ©pĂȘche 8 janvier 2021
- Fantaisie villageoise / Au milieu de nulle part Patrick Béguinel Litzic 6 janvier 2021
- Fantaisie villageoise Noé Gaillard Daily Passions 20 décembre 2020
- Fantaisie villageoise Frédéric Koster Bretagne 5 // Le livre du jour 16 décembre 2020
- Fantaisie villageoise Jean-Paul Guéry Le courrier de l'ouest 4 décembre 2020
- Fantaisie villageoise C.B et J.G Les notes 22 octobre 2020

- De si jolis villages

Le village des apparences

Malabre, le village que met en scĂšne Marc Trillard dans Fantaisie villageoise, est tout sauf mort, lui. Et tellement normal en apparence. Un village sans histoires, avec son boulanger, son Ă©picerie, ses quelques petits commerces et ses habitants qui se connaissent tous. C’est l’étĂ©. La nature exulte dans cette rĂ©gion rurale du Sud-Ouest. Les travaux des champs battent leur plein. Jeanne Ambarel vient de s’installer. Elle prend la suite du mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste du canton, non remplacĂ© depuis sa mort quelques annĂ©es plus tĂŽt. TrĂšs vite, elle se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond dans ce petit village pimpant. Pourquoi personne ne vient-il Ă  ses consultations ? Pourquoi semble-t-il n’y avoir aucun dĂ©cĂšs Ă  Malabre ? Pourquoi n’y a-t-il pas de monument aux morts ? Pourquoi n’y fĂȘte-t-on pas le 14 juillet ? Pourquoi y suit-on chaque annĂ©e le mĂȘme rituel, une grande marche de deux jours autour du canton ? À toutes ces questions, et Ă  d’autres encore, l’esprit rationnel de Jeanne exige des rĂ©ponses
 qu’elle obtiendra Ă  force d’obstination. Elle dĂ©couvrira alors les dessous de l’histoire, ce qui tient prisonniers les gens de ce canton. Croyances, superstitions d’un autre Ăąge sont au cƓur de ce court roman qui se dĂ©vore mais laisse planer le doute
 et comme une sourde angoisse.

Une chronique Ă  retrouver dans Zibeline

Fred Robert
Zibeline Décembre 2020

- Fantaisie Villageoise

La dĂ©sertification des campagnes a son corollaire : le dĂ©sert mĂ©dical. Ceux qu’on nomme ruraux pleurent les kilomĂštres Ă  parcourir pour consulter loin lĂ -bas, Ă  la ville. Mais Ă  Malabre, la nouvelle docteure, on n’en veut pas. Telle ce bon vieux docteur Knock, Jeanne Ambarel hĂ©rite d’une salle d’attente vide. Ainsi commence la Fantaisie villageoise de Marc Trillard.

“Mercredi jour du crĂ©mier, les molĂ©cules de calcium ; Ă  faire descendre dans les os. AprĂšs-demain vendredi jour de la marĂ©e, les particules d’iode ; Ă  transfiltrer vers la thyroĂŻde. Et toute l’annĂ©e les molĂ©cules de glucose dans les pots de miel de Pech aux cĂŽtĂ©s des bocaux de la mortelle gelĂ©e de mĂ»res. Les Malabrais ont-ils besoin de quoi que ce soit qui ne leur parvient pas ? MĂȘme le carburant, tous les lundis, pour les voitures qui restent dans les garages. On ne va pas cavaler vers les ocĂ©ans ou les alpages laitiers puisque tout nous arrive, mĂȘme les mĂ©decins qu’on n’a pas demandĂ©s.”

L’écriture de Marc Trillard est tour Ă  tour descriptive, dialoguĂ©e, lĂ©gĂšre, grave : elle rend compte au plus prĂšs de l’ambiance Ă©trange de ce village hors du temps. Jeanne Ambarel a tout de l’archĂ©type de roman noir, celui de l’étranger qui dĂ©barque dans la ville pour mieux mettre en lumiĂšre ses mystĂšres et ses dysfonctionnements. Malabre, sous la plume de l’auteur, a un air du Village de Night Shyamalan. A-t-on sous les yeux une secte ? Est-on passĂ© dans une quatriĂšme dimension ? Quelle superstition, quel charme pĂšsent sur ces lieux ?

Jeanne Ambarel (vous l’avez repĂ©rĂ©, l’anagrame ?) porte la voix de ce court et rĂ©jouissant voyage dans la tradition et la mĂ©moire. Une fantaisie incroyable, lĂ©gĂšre et dramatique.

Une chronique Ă  retrouver sur Fondu au noir

Caroline de Benedetti
Fondu au noir 6 février 2021

- Envoûtante Fantaisie Villageoise

L’écrivain Marc Trillard, qui a longtemps vĂ©cu Ă  Toulouse – il est aujourd’hui installĂ© en Asie du Sud-Est –, est dĂ©cidĂ©ment un sacrĂ© conteur d’histoires. RĂ©vĂ©lĂ© par “Eldorado 51” (Prix InteralliĂ© en 1994), il nous revient, aprĂšs l’excellent “AĂ©roplanes”, publiĂ© par les Ă©ditions Le mot et le reste en 2019, avec un nouveau roman, “Fantaisie villageoise” (Ă  nouveau chez Le mot et le reste) aussi passionnant que troublant. On voyage souvent trĂšs loin avec le bourlingueur Trillard : une fois n’est pas coutume, c’est quelque part en France, dans un espace-temps incertain, qu’il situe son roman et place son personnage central, encore une femme Ă  la personnalitĂ© attachante, aprĂšs Gabrielle, la jeune journaliste d’AĂ©roplanes. Malabre, dĂ©sert mĂ©dical : c’est ici, dans le canton de Theyllise, que Jeanne Ambarel, mĂ©decin, vient Ă©chouer aprĂšs le dĂ©cĂšs du docteur Malbosc. Jeanne va Ă  la rencontre de la population locale un peu fruste, qui l’accueille entre bienveillance et mĂ©fiance
 mais sans jamais franchir le seuil de son cabinet. Pourquoi cette rĂ©ticence ? La jeune femme s’interroge


Elle dĂ©cide d’enquĂȘter sur le passĂ© mĂ©dical de la rĂ©gion et dĂ©couvre peu Ă  peu des rĂ©cits de processions paĂŻennes, d’éducation dĂ©vote, d’emprise et de dĂ©pendance sur les esprits les plus jeunes
 Jeanne et le lecteur, captivĂ©, ne sont pas au bout de leurs surprises
 Un excellent roman, qui se lit d’une traite et dont l’atmosphĂšre envoĂ»tante vous hante longtemps aprĂšs en avoir tournĂ© la derniĂšre page


Une chronique Ă  retrouver sur La DĂ©pĂȘche

Yves Gabay
La dĂ©pĂȘche 8 janvier 2021

- Fantaisie villageoise / Au milieu de nulle part

Tout juste dĂ©barquĂ©e Ă  Malabre, village du canton de Theylisse, Jeanne Ambarel, jeune mĂ©decin dĂ©pĂȘchĂ©e par l’agence rĂ©gionale de santĂ© afin d’éradiquer ce territoire de la liste des dĂ©serts mĂ©dicaux, entend bien crĂ©er sa place et s’intĂ©grer Ă  la population locale. Mais la Fantaisie Villageoise de Malabre, se manifestant de façon pour le moins spĂ©ciale, l’entraĂźnera dans une sorte de quĂȘte de la vĂ©ritĂ© un peu particuliĂšre.

Ce roman de Marc Trillard est à mi-chemin entre la fable sociale (prenant pour décor une commune rurale isolée), la farce et le « thriller », médical ou pas. Pour nous, il évoque les romans de Kenneth Cook, 5 matins de trop ou de Douglas Kennedy, Cul-de-sac, se déroulant tous deux dans le bush australien et dont certaines similitudes se retrouvent dans ce roman aux nombreuses qualités.

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Fantaisie villageoise est un roman absolument stupĂ©fiant. Nous utilisons Ă  dessein ce terme car il fait naĂźtre en nous plusieurs constatations/remarques. La premiĂšre Ă©tant la suivante : mais est-ce qu’une telle histoire n’est que le fruit de l’imagination d’un auteur inspirĂ© ou est-elle plus ou moins fondĂ©e sur des Ă©lĂ©ments concrets, rĂ©els.

La base du roman repose sur une rĂ©alitĂ© tangible, celle des dĂ©serts mĂ©dicaux et/ou administratifs dans des villages ou cantons trĂšs peu peuplĂ©s de l’hexagone. Ceux-ci, laissĂ©s l’abandon par les pouvoirs publics, se dĂ©brouillent comme ils peuvent, comptant principalement sur la solidaritĂ© des habitants qui y vive, faute de mieux, en quasi autarcie.

La seconde naĂźt de la premiĂšre : mais qui peut y changer quelque chose ?

Une lĂ©gĂšre touche d’humour grinçant.

Dans le cas prĂ©sent, Marc Trillard dĂ©crit une (triste) rĂ©alitĂ© mais en y insufflant un je-ne-sais-quoi d’humour (pince-sans-rire, presque ironique). Les habitants, des paysans, des « ploucs » plus vrais que nature, se trouvent mis en dĂ©calage par le personnage principal. Celle-ci apporte la seule dose de modernitĂ© dans ce village repliĂ© sur lui-mĂȘme. Le contraste est flagrant, joue sur la peur de l’autre, sur la mĂ©fiance (pour ne pas dire la dĂ©fiance) des uns envers l’autre.

Fin, drĂŽle (a posteriori) et interrogeant le monde.

Au final, ce Fantaisie villageoise s’avĂšre ĂȘtre un roman trĂšs intĂ©ressant. De par ses qualitĂ©s littĂ©raires et son rythme, mais Ă©galement par le regard qu’il porte sur le monde. Car en creux, c’est bien de cela qu’il s’agit. Il interroge sur le pouvoir administratif de l’état, sur le fait qu’il laisse Ă  l’abandon certains territoires ruraux. Il questionne sur l’exode vers les grandes villes, sur les questions de rĂ©sistances/rĂ©siliences, mais Ă©galement sur la tolĂ©rance dans une certaine globalitĂ©.

Sans tirer sur de grosses ficelles, procĂ©dĂ© qu’il eut Ă©tĂ© facile de mettre en place, Marc Trillard nous offre un roman subtil et intelligent, qui dit les choses sans les nommer (donc ne nous prend pas pour des imbĂ©ciles), en portant un regard empli d’amour pour ses personnages et, au-delĂ , pour ses « dĂ©serts » français chargĂ©s d’une histoire forte, profondĂ©ment ancrĂ©e dans le sol par des racines sĂ©culaires. En bref, un roman d’amour (en quelque sorte).

La chronique est à retrouver dans son intégralité sur Litzic

Patrick Béguinel
Litzic 6 janvier 2021

- Fantaisie villageoise

Illustration de couverture exceptionnelle et tout Ă  fait dans le ton. J’espĂšre que l’auteur ne m’en voudra pas des lignes qui vont suivre car il ne faudra surtout les considĂ©rer comme rĂ©ductrices de son roman.

D’abord un petit jeu de mots sur le titre. Fantaisie pourrait s’écrire en anglais Fantasy et ce livre relĂšverait alors d’un genre Ă  la mode. Mais je prĂ©fĂšrerais l’associer Ă  un autre mot français et Ă  un auteur particulier
 Fantaisie pourrait renvoyer Ă  Fantastique et je ferais rĂ©fĂ©rence alors Ă  Claude Seignolle, un des grands maĂźtres français du genre. De ce fantastique qui dĂ©pend de la maniĂšre dont on observe les choses et les gens, de l’éclairage qui nous les montre.

Imaginez une jeune femme – pas encore trentenaire – qui s’installe dans un petit village – entre deux cent cinquante et deux cent soixante habitants – deux ans aprĂšs le dĂ©cĂšs du prĂ©cĂ©dent docteur ayant officiĂ© pendant quarante-cinq ans. La jeune toubib va constater diverses anomalies comme l’absence de fiches mĂ©dicales concernant les dĂ©cĂšs dans le village, un dĂ©pĂŽt de carburant alors que la plus proche station-service n’est qu’à une dizaine de kilomĂštres, la prĂ©sence de la carte du canton un peu partout. Et surtout l’absence de malades, de consultants dans le village. Et elle va chercher Ă  comprendre par tous les moyens modernes Ă  sa disposition. Elle trouvera la solution et j’aurais pour ma part prĂ©fĂ©rĂ© qu’elle n’explicite pas ce que nous venions de comprendre, mĂȘme si ce qu’elle fait alors l’intĂšgre au village.

C’est subtilement Ă©crit avec de belles tournures de phrases qui rendent compte d’un parler villageois particulier et d’autres qui renvoient Ă  nos scepticismes. Je pense que vous avez lĂ  un bon plaisir de lecture
 IdĂ©al pour les transports en commun et aborder lucidement une journĂ©e de labeur


Bonne lecture.

Une chronique Ă  retrouver sur Daily Passions

Noé Gaillard
Daily Passions 20 décembre 2020

- Fantaisie villageoise

Ce matin dans le Livre du Jour, FrĂ©dĂ©ric Koster nous fait dĂ©couvrir Fantaisie villageoise de Marc Trillard, paru aux Éditions Le Mot et le reste.

À Ă©couter sur Bretagne 5

Frédéric Koster
Bretagne 5 // Le livre du jour 16 décembre 2020

- Fantaisie villageoise

Dans la sélection Culture & Vous de Jean-Paul Guéry

En succĂ©dant au vieux docteur installĂ© depuis 45 ans, Jeanne sait bien qu’il lui sera difficile de se faire accepter parmi les quelques centaines d’habitants de ce petit village. Comme elle n’a aucune visite, elle a le temps de consulter les fiches et lĂ , premiĂšre surprise, seulement onze patients rĂ©pertoriĂ©s dont deux morts. En fouillant un peu, Jeanne va dĂ©couvrir une communautĂ© totalement repliĂ©e sur elle-mĂȘme et attachĂ©e Ă  des valeurs qu’elle ne discerne pas. IsolĂ©e mais dĂ©terminĂ©e, elle dĂ©fie courageusement les Ă©diles locaux, bien dĂ©cidĂ©e Ă  comprendre
 Une histoire originale au suspense grandissant.

Jean-Paul Guéry
Le courrier de l'ouest 4 décembre 2020

- Fantaisie villageoise

Jeanne Ambarel, jeune mĂ©decin fraĂźchement diplĂŽmĂ©e, s’installe Ă  Malabre, un dĂ©sert mĂ©dical du sud-ouest. Accueillie sans enthousiasme par le maire, elle s’entĂȘte, avec la ferveur d’une nĂ©ophyte, Ă  dĂ©marrer lĂ  une vie professionnelle dont elle a fait siennes les exigences dĂ©ontologiques. Elle pourrait vite renoncer devant l’indiffĂ©rence ou la mĂ©fiance de sa patientĂšle supposĂ©e, pour le moins troublantes. Au contraire elle dĂ©cide de comprendre : les dĂ©cĂšs survenus sans trace de suivi mĂ©dical par son prĂ©dĂ©cesseur, les inhumations sans certificat, etc.

Un polar en milieu rural, non. Une « fantaisie » ! Écrit Ă  la premiĂšre personne, ce roman suit l’itinĂ©raire de l’hĂ©roĂŻne, le cheminement de son enquĂȘte au grĂ© de ses conversations avec les autochtones : elle oppose son rationalisme Ă  « la raison bancale » du village, une communautĂ© rurale repliĂ©e sur elle-mĂȘme dans un hors-la-loi favorisĂ© par l’incurie administrative. Plus intĂ©ressant est le rapport de force qu’installe le romancier entre deux maniĂšres de faire face aux coups du sort. « L’entĂȘtant nectar de la coutume » Ă©rige l’isolement en sauvegarde, au rythme de rituels dont on a perdu l’origine et la signification. Vertige de la raison ? L’écriture dense et efficace alterne les dialogues et un monologue intĂ©rieur souvent dĂ©calĂ©, contaminĂ© par le parler local. L’efficacitĂ© professionnelle passerait-elle par l’empathie, la comprĂ©hension des autres, leur « fantaisie » plus que par un affrontement stĂ©rile ?

À retrouver sur Les notes

C.B et J.G
Les notes 22 octobre 2020