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Parution : 24/08/2006
ISBN : 2915378304
72 pages (21 x 14,8 cm)

14 €

ÉpuisĂ©

Écrits dyonisiens

Joseph et l’universitĂ©

Joseph est penchĂ© sur les ƒuvres complĂštes du pseudo-Denys l’ArĂ©opagite (Traduction, prĂ©face et notes par Maurice de Gandillac, Aubier Montaigne, Paris, 1943), chargĂ© d’une nouvelle Ă©dition de la ThĂ©ologie mystique, le dernier traitĂ© de Dionysos, Denys, pseudo-Denys, ou Denis. – comment l’appeler ? puisque aucun des prĂ©noms ne correspond Ă  l’auteur vĂ©ritable ; puisque, comme il Ă©tait Ă  prĂ©voir, l’homme pieux quasi tricentenaire comblĂ© de rĂ©vĂ©lations successives, le prosĂ©lyte couronnĂ© de tant de mitres, le bienheureux gratifiĂ© Ă  son heure derniĂšre de la palme du martyre, le dĂ©collĂ©, saint Denis, Ă©tait un personnage abstrait, figure transparente oĂč se fondent, par l’entremise des hagiographes et des martyrologes, six ou dix Denis ou Denys vĂ©ritables courant chacun, Ă  l’ñge de la premiĂšre Eglise, un liĂšvre diffĂ©rent sur une autre partie du monde.

D’entre ces personnages, Ă©voquons ici les trois plus fameux : Denys l’ArĂ©opagite, citĂ© par saint Paul (Actes des ApĂŽtres, XVII, 34) comme l’un des rares AthĂ©niens qu’il trouva prĂȘts, lors de son discours dans la citĂ© attique, Ă  le suivre et Ă  embrasser la religion nouvelle – cet habitant de l’ArĂ©opage fut peut-ĂȘtre le premier Ă©vĂȘque d’AthĂšnes ; le second pseudo-Denys, est un des premiers auteurs « mystiques » – mais il faudrait dĂ©finir ce mot – qui emprunte, par humilitĂ© peut-ĂȘtre, le nom du compagnon de Paul et se fait passer pour un contemporain du Christ ; on lui doit quatre traitĂ©s : les Noms divins, la HiĂ©rarchie cĂ©leste, la HiĂ©rarchie ecclĂ©siastique, la ThĂ©ologie mystique et une dizaine d’EpĂźtres ; l’analyse minutieuse des textes patristiques circonscrit Ă©troitement l’ensemble de ses textes, le « corpus dionysien », au dĂ©but du vie siĂšcle et au cercle nĂ©oplatonicien de Proclus ; le troisiĂšme Denis, Ă©vĂȘque de Paris, fut dĂ©capitĂ© Ă  la fin du III^e siĂšcle : la lĂ©gende s’empare du martyr et la couronne mĂ©rovingienne en fait immĂ©diatement son saint patron ; plus tard, Charlemagne contribue Ă  en diffuser largement le culte.

Joseph, chercheur, professeur Ă  l’universitĂ© de Saint-Denis, expĂ©rimentĂ©, collĂšgue complaisant, Ă©dite textes mystiques avec apparat critique : introduction, prĂ©sentation, commentaires, notes en bas de page ou en fin de chapitre (indiffĂ©remment). Accepte tout, mĂȘme mal payĂ©.

Trop long.

J. prof. éd. textes myst. intro. comm.n. Mal payé O.K.
Ça va. On fait court. C’est la vie.

Le songe de Joseph

Dans la bibliothĂšque, Joseph s’endort. Il repousse sa chaise pour s’étendre plus commodĂ©ment, pose sa joue contre les pages du livre ouvert et sombre ainsi, parmi les effluves de poussiĂšre et de papier ranci. Il voit dans la nuit improvisĂ©e les vrillettes Ă  l’Ɠuvre Ă  mĂȘme le livre, y dessiner avec lenteur une figure aux contours indĂ©finissables, de leurs sillons aux reflets d’infini reprĂ©senter un visage et puis gagner sa tĂȘte Ă  lui, Joseph, pour y ronger des cavernes proprettes. Il voit encore dans le jour un corps glorieux comme une torche aux reflets mĂȘlĂ©s. Et lui adresse la parole.

Photographies d’Yves Jolivet

Qui Ă©tait Denys l’ArĂ©opagite, ou plutĂŽt qui Ă©taient-ils ? C’est la question Ă  laquelle Joseph, universitaire, tente de trouver une rĂ©ponse en interrogeant d’anciens manuscrits. Ainsi, prĂ©sent et histoire se mĂȘlent dans une rĂȘverie jusqu’à former un entre-deux insaisissable.
Les courts textes de Xavier Galmiche, Ă©rudits, ironiques et d’une trĂšs grande qualitĂ© stylistique soulĂšvent aussi les problĂšmes de conservation de la mĂ©moire et de son support, le livre. Cette mĂȘme interrogation se dĂ©ploie dans un autre registre, celui de l’image. Les photographies d’Yves Jolivet dĂ©veloppent une interrogation sur les niveaux de lecture d’une fresque religieuse dans laquelle les informations visuelles sont tronquĂ©es par l’effet du temps et des destructions humaines. Peut-ĂȘtre est-ce ainsi qu’il faut aussi considĂ©rer cet ouvrage, un lieu clos dans lequel saisissement du sens et effacement du sens des mots et images s’affrontent tour Ă  tour, Ă  mesure de la destruction physique du livre.

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