Du sang sur ses lĂšvres
En 118 pages, Isabelle Gagnon nous plonge dans la vie brĂ»lante de ces jumeaux et, malgrĂ© la force du choc, on voudrait retarder lâinĂ©vitable.
Alix a dĂ» faire appel Ă un dĂ©tective et traverser lâAtlantique jusquâĂ PohĂ©nĂ©gamook, une petite ville du QuĂ©bec, pour retrouver la trace de son frĂšre jumeau Paul. PlanquĂ© dans une cabane de chasseur au milieu des bois, il prĂ©pare sa vengeance. Ces derniĂšres annĂ©es, leur relation sâest un peu Ă©tiolĂ©e, mais entre eux câest « Ă la vie Ă la mort ». Quand on traverse, gamin, une Ă©preuve aussi traumatique que celle quâils ont vĂ©cue, plus rien nâest jamais pareil et on ne peut partager sa vie quâavec celui qui partage notre douleur. Câest pour ça quâelle ira jusquâau bout avec lui, en dĂ©pit du bon sens, en dĂ©pit du pardon. Dans ce polar dâune densitĂ© remarquable, on fume trop, le whisky est bu au goulot, on sâaime de travers et on avance, toujours, pour ne pas sombrer dans les souvenirs, quelle que soit lâissue.
Revue de presse
- Du sang sur ses lÚvres Noé Gaillard Daily Passions 18 avril 2021
- Du sang sur ses lĂšvres Nathalie Glorion Les passions de Chinouk 11 mars 2021
- Du sang sur ses lÚvres Flore Delain En lisant, en écrivant 1 avril 2021
- Du sang sur ses lĂšvres Fanny Haquette Collectif Polar 23 mars 2021
- Du sang sur ses lĂšvres Passion Polar 14 mars 2021
- Du sang sur ses lÚvres Bruxelles News Bruxelles News 19 février 2021
- Du sang sur ses lÚvres Muriel Gaillard Blues et Polar 16 février 2021
Les Ă©ditions Le Mot et le Reste publient dâexcellents livres sur le rock (le tout rĂ©cent âLondres et Liverpool avec les Beatlesâ, de Philippe Brossat est un rĂ©gal indispensable aux fans des Fab Four), mais aussi des romans de trĂšs bonne facture : clairement, ces gens ont du goĂ»t. On a adorĂ© les nouvelles de Ahmed Kalouaz rĂ©unies dans âLe Violon de Scarletâ (sorti en fĂ©vrier dernier) et on est restĂ© pantois Ă la lecture du deuxiĂšme roman dâIsabelle Gagnon, âDu sang sur ses lĂšvresâ, un thriller sombre et haletant, Ă dĂ©couvrir absolument.
Ford Escape, trombes dâeau et Radiohead dans lâauto-radio : bienvenue Ă PohĂ©nĂ©gamook, petite ville du QuĂ©bec oĂč Alix vient dâatterrir depuis Paris, bien dĂ©cidĂ©e Ă retrouver son frĂšre Paul. Un dĂ©tective privĂ© lâa mise sur les traces de son incontrĂŽlable jumeau, dont elle devine quâil a lâintention de rĂ©gler son compte au âMonsterâ qui a dĂ©truit leur enfanceâŠ
ThĂšmes taillĂ©s sur mesure pour un polar maĂźtrisĂ© de bout en bout, vengeance et gĂ©mellitĂ© forment le cadre dâune narration tendue qui font de âDu sang sur ses lĂšvresâ un roman court et sec (118 pages) qui se dĂ©vore dâune traite. PrĂ©sent de narration saccadĂ©e, espace-temps serrĂ© façon sĂ©rie US (le rĂ©cit sâĂ©coule sur trois jours, minutĂ©s au rasoir) et vocabulaire quĂ©becois doucement exotique baignent la relation Alix-Paul dans des vapeurs de Jack Danielâs et des nuages de fumĂ©e de cigarette. Ces jumeaux, liĂ©s par le traumatisme originel autant que par le sang qui coule dans leurs veines, sâaiment mais se dĂ©chirent, se tabassent plus quâils ne sâembrassent. Perdus dans les vastes forĂȘts canadiennes, ils vont enfin devoir regarder le passĂ© bien en face. Alix parviendra-t-elle Ă dissuader son frĂšre de renoncer, ou lâaccompagnera-t-elle dans son projet fou ? Isabelle Gagnon, native du QuĂ©bec aujourdâhui installĂ©e Ă Paris, signe un roman poignant et chaudement recommandĂ©.
Un article Ă retrouver sur La DĂ©pĂȘche.fr
Une belle illustration mais qui ne vous dira pas grand-chose du contenu si ce nâest une certaine noirceur.
Elle câest Alix et on la rencontre en train de suivre la trace de son frĂšre jumeau Paul quâelle a retrouvĂ© par lâintermĂ©diaire dâun dĂ©tective privĂ©. Nous sommes Ă PohĂ©nĂ©gamook, une petite ville du QuĂ©bec proche de la frontiĂšre avec les Ătats-Unis. Elle sâest munie dâune arme car elle sait la raison de la prĂ©sence de son frĂšre dans ce coin perdu. Paul a dĂ©couvert le monstre qui a brisĂ© leur vie, les a faits orphelins. JusquâĂ une certaine date, ils vivaient heureux malgrĂ© lâextrĂȘme sĂ©vĂ©ritĂ© de leur pĂšre. Ce jour-lĂ , le pĂšre est rentrĂ© plus tĂŽt et a surpris son Ă©pouse infidĂšle. Le monstre est lâamant qui vit aux USA. Mais frĂ©quente une quĂ©bĂ©coise.
Surtout ne lisez pas le texte de prĂ©sentation en quatriĂšme de couverture, il est beaucoup trop prĂ©cis au point de rĂ©duire les effets du court roman. Jâai notĂ© deux choses : la grande quantitĂ© de whisky absorbĂ©e par les jumeaux et une trĂšs belle sĂ©quence de pĂȘche Ă la truite et Ă la mouche. Alix et Paul seraient les deux versants dâun humain. Alix est « structurĂ©e », solide et rĂ©aliste ; Paul culpabilise et se sent responsable et vengeur, porteur des valeurs morales et tous deux posent la mĂȘme question : peut-on guĂ©rir sans sĂ©quelle des traumatismes violents subis dans lâenfance ?
Il me semble que grùce à son intensité et à sa briÚveté cette histoire rend compte de quelque chose et donne à réfléchir sur notre présence au monde.
A lire lentement pour sâapproprier les personnages.
Une chronique Ă retrouver sur Daily Passions
La nouvelle collection des Ă©ditions le Mot et le Reste qui met en avant des auteurs QuĂ©bĂ©cois mâattire beaucoup ! Il faut dire que les deux premiers ouvrages que jâai lus (LâApparition du chevreuil) et (EncabanĂ©e) mâont enchantĂ©e. Ici, il ne va pas ĂȘtre question de nature, car comme son titre le laisse prĂ©sager, « Du sang sur ses lĂšvres » est plutĂŽt un roman noir, mais son rĂ©sumĂ© mâa tout de suite captivĂ©e !
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« Du sang sur ses lĂšvres » dâIsabelle Gagnon est un livre que jâai lu dâune traite et presque en apnĂ©e ! Câest un tout petit livre, mais lâauteure nous projette de suite dans lâaction et on est happĂ© par lâhistoire. On va suivre ce frĂšre et cette sĆur durant quatre jours pendant lesquels lâintensitĂ© du roman ne va que sâamplifier. Au dĂ©but on se pose des questions sur Alix : pourquoi part-elle retrouver son frĂšre avec un tel Ă©quipement, puis petit Ă petit on comprend. Et câest noire, trĂšs noire.
Jâai adorĂ© ce livre, car la relation entre les jumeaux est extrĂȘmement intense, leur passĂ© est terrible, ils ont subi un choc indescriptible dans leur petite enfance.
LâĂ©criture de lâauteure est complĂštement addictive, elle a su me captiver dĂšs la premiĂšre page. On croit Ă ses personnages et leur histoire est plausible et trĂšs bien construite.
Petit Ă petit, elle nous divulgue des informations qui font monter le rĂ©cit en tension, jusquâaux terribles derniĂšres rĂ©vĂ©lations. Une fois la derniĂšre page tournĂ©e, jâai Ă©prouvĂ© le besoin de relire le premier chapitre qui se dĂ©roule une semaine avant les faits.
Petite joke : lâauteure est quĂ©bĂ©coise et ses personnages sont français (lâauteure vit en France), mais Ă un moment Alix nous dit quâelle sort du Gym , câest du quĂ©bĂ©cois ça , car en français on sort de la salle de Gym:). Jâai mis deux secondes Ă resituer Alix du coup :).
Du sang sur ses lĂšvres dâIsabelle Gagnon est un livre trĂšs sombre, dâune forte intensitĂ©. Un roman Ă dĂ©couvrir !
Une chronique Ă retrouver sur Les passions de chinouk
Isabelle Gagnon est nĂ©e au QuĂ©bec mais vit Ă Paris oĂč elle dirige la librairie-Ă©cole de lâInstitut National de Formation de la Librairie.
Seule. Câest sa caractĂ©ristique principale. Seule et dure comme un roc.
Alix arrive au QuĂ©bec depuis Paris avec une idĂ©e fixe : ĂȘtre avec Paul. Elle a tout quittĂ© en un clin dâoeil, sâest procurĂ© des armes et dĂ©barque sans prĂ©venir dans la cabane de chasse quâa louĂ©e Paul, son frĂšre jumeau, Ă PohĂ©nĂ©gamook, tout prĂšs de la frontiĂšre avec les Etats-Unis.
Alix est une force vitale, une grande femme sportive, musclĂ©e, que rien nâarrĂȘte. Pour retrouver Paul, elle a dĂ» faire appel Ă un dĂ©tective, parce quâil est aux abonnĂ©s absents depuis longtemps. Parce quâil a des idĂ©es stupides et quâelle veut en ĂȘtre. Quoi quâil lui en coĂ»te.
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La relation entre le frĂšre et la sĆur est intense, Ă©lectrisĂ©e par leur passĂ© et la tragĂ©die quâils ont vĂ©cue, mais violente, dure, sans aucune marque de tendresse. Paul et elle Ă©changent plus volontiers des coups que des gentillesses, se mesurent lâun Ă lâautre sans cesse, se provoquent, se jaugent, se mesurent et noient dans le whisky les possibles regrets, doutes ou faiblesses quâils pourraient Ă©prouver.
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Sans en rĂ©vĂ©ler davantage, on est frappĂ© par la relation entre les jumeaux : Paul est totalement dĂ©shumanisĂ©, boule de colĂšre Ă grand-peine retenue, de violence quâil ne peut pas toujours contrĂŽler. Son Ă©nergie entiĂšre est focalisĂ©e sur son projet fou, malade, vain. Alix nây a pas vraiment de place, elle nâĂ©tait pas prĂ©vue, Paul nâa besoin de rien hormis de sa haine qui le rend sourd et aveugle Ă tout ce qui lâentoure, lâisole, lâinsensibilise.
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Pas de reconstruction possible, pas de pardon ni dâavenir. Le futur est rouge sang.
Un texte dense et sans fioriture.
Une chronique à retrouver sur le blog En lisant, en écrivant
Dans Du sang sur ses lĂšvres, lâauteur nous parle du lien indescriptible qui unit les jumeaux. Nous suivrons Alix, la jumelle, qui part Ă la recherche de son jumeau, Paul. Elle prendra de gros risques pour le retrouver quitte Ă frĂ©quenter des personnes trĂšs peu recommandables. Mais elle nâa plus que lui de sa famille et il compte plus que tout pour elle.
On comprend que les liens qui unissent les jumeaux sont plus forts que tout et que rien ne peut se mettre au travers lorsque lâauteur nous livre leur vĂ©ritĂ©.
Alix sait ce que son frĂšre cherche, ce quâil fait et ce qui va certainement se passer. Elle a peur mais souhaite Ă tout prix ĂȘtre prĂ©sente.
DĂšs le dĂ©but de lâhistoire, jâai Ă©tĂ© emmenĂ©e par lâĂ©criture fluide et prĂ©cise dâIsabelle Gagnon. Cependant 118 pages câest trĂšs court mais lâintrigue monte crescendo jusquâĂ la toute fin. Jâai beaucoup aimĂ© lire ce roman oĂč aucun mot, ni aucun paragraphe nâest en trop, tout est parfaitement Ă sa place et jâai hĂąte de retrouver lâauteure dans un autre thriller plus long cette fois juste pour mon plus grand plaisir de lectrice.
Une chronique Ă retrouver sur Collectif Polar
Il nây a pas Ă dire, jâaime les romans courts. Non pas par fainĂ©antise, mais parce que lorsquâil est bien Ă©crit et bien construit, le plaisir ne se fait pas attendre. Il est lĂ , dĂšs la premiĂšre page, dĂšs les premiers mots.
A une Ă©poque oĂč la tendance va aux pavĂ©s de 600 pages et plus, oĂč le superficiel rivalise avec lâinsipide, il est bon de dĂ©couvrir ces novellas et petits romans qui dĂ©montrent quâil nâest pas besoin de sombrer dans une surenchĂšre de pagination pour offrir Ă son lecteur un texte passionnant Ă lire.
Le bouquin dâIsabelle Gagnon fait lui Ă peine plus dâune centaine de pages et rend hommage Ă ces publications de qualitĂ©.
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« Du sang sur ses lĂšvres » câest dâabord cette incroyable montĂ©e en tension qui sâopĂšre Ă mesure que lâon avance dans lâhistoire, et qui vous fait tourner les pages toujours plus vite.
On devine que les choses finiront mal, mais on ne sait pas comment elles vont rĂ©ellement Ă©voluer. Et câest bien lĂ tout le talent dâisabelle Gagnon que de diffuser cette atmosphĂšre oppressante, et qui offrira un final surprenant et parfaitement rĂ©ussi Ă son lecteur, lĂ oĂč quelquefois un auteur se rate.
A cela sâajoute cette relation particuliĂšre entre ces jumeaux marquĂ©s par cette mĂȘme blessure qui reste bĂ©ante. Mais sâils sont unis dans cette souffrance, chacun la porte de maniĂšre trĂšs personnelle,car celle-ci les a mis aussi Ă distance.
Une fracture qui a façonnĂ© leur ĂȘtre et dont elle les conduit Ă un destin que lâon devine trĂšs sombre.
Lâurgence Ă retrouver son frĂšre, tient autant Ă lâidĂ©e de lâempĂȘcher absolument faire ce quâil se prĂ©pare Ă exĂ©cuter, quâĂ ĂȘtre liĂ© Ă lui pour faire face ensemble Ă ce passĂ© traumatisant dont la source est encore bien vivante.
Mais sâagira-t-il de sâen libĂ©rer ou de sây perdre dĂ©finitivement ?
« Du sang sur ses lĂšvres » et un petit bouquin qui nâa donc rien Ă envier aux romans de trois cents pages et plus, et qui est vraiment rĂ©ussi.
Je ne connaissais pas Isabelle Gagnon. AprĂšs quelques recherches jâapprends quâil sâagit dâune auteure dâorigine canadienne, quĂ©bĂ©coise plus prĂ©cisĂ©ment, et qui outre-Atlantique, a dĂ©jĂ Ă©crit plusieurs titres.
Gageons alors que les Ă©ditions « Le mot et le reste » qui font le pari de la publier en France nous offriront bientĂŽt lâoccasion de poursuivre la dĂ©couverte de cette auteure talentueuse.
Une chronique Ă retrouver sur Passion Polar
Dans ce court roman, Isabelle Gagnon construit deux personnages, frĂšre et sĆur jumeaux, Alix et Paul, Ă©corchĂ©s vifs par la mort tragique de leurs parents quand ils Ă©taient enfants (7 ans), aux prises avec une existence qui ne leur fait pas de cadeau et dans laquelle ils ne peuvent pas imaginer Sisyphe heureux : « Toi et moi avons grandi dans le sang. Il ne sâest jamais arrĂȘter de couler dans nos souvenirs ».
Le roman commence Ă Ătretat une semaine aprĂšs le retour dâAlix du QuĂ©bec. En marchant au haut des falaises, Alix raconte des tranches de vie de son passĂ© avec Paul, comme si elle lui parlait, mais on sent bien que câest un monologue. Habile procĂ©dĂ© (le contraire dâun flash-back) qui, en deux pages, rĂ©sume lâessentiel des deux personnages principaux et laisse entrevoir le caractĂšre dramatique de leur destin, comme dans une tragĂ©die grecque. Puis, au chapitre suivant, on se retrouve au QuĂ©bec : le rĂ©cit sâĂ©tend du mardi au vendredi, presque heure par heure. Pas un mot de trop. Il en rĂ©sulte une densitĂ© certaine qui nous permet de nous rapprocher des personnages, sans nous y attacher pour autant, parce quâon ne peut pas vraiment les qualifier de sympathiques. En poursuivant un monstre, on risque de devenir soi-mĂȘme un monstre.
Gagnon ne sombre pas dans la mĂ©lancolie. Câest plutĂŽt comme si elle examinait, au microscope, le comportement dâun virus. Avec une prĂ©cision toute chirurgicale.
SĂ»rement une Ă©crivaine dont on rĂ©entendra parler et quâon relira avec plaisir.
Une chronique Ă retrouver sur Bruxelles News
Muriel Gaillard a présenté Du sang sur ses lÚvres sur Blues et Polar :
« Câest un livre trĂšs agrĂ©able Ă lire oĂč lâon ne se perd pas en dĂ©tails et descriptions Ă nâen plus finir. Câest prĂ©cis, net, direct et bien Ă©crit. On plonge tout de suite dans lâhistoire, on lit dâune traite, et la fin est surprenante. Un excellent livre ! »
Un article Ă retrouver sur Blues et Polar