Dérives
Kenneth White nous entraĂźne dans sa traversĂ©e de lâEurope et jusquâaux portes du Sahara, de villes bouillonnantes en rencontres surprenantes.
Paru pour la premiĂšre fois en 1978, DĂ©rives retrace « les annĂ©es de la grande dĂ©rive » dont Kenneth White fait lâexpĂ©rience. Au dĂ©part, le besoin de sortir des codes et des structures, de recommencer Ă la base. DâoĂč une suite dâerrances et dâexpĂ©riences, de rencontres lumineuses avec des poĂštes, musiciens, junkies, amantes, dâabord en Grande Bretagne, dans un Londres underground, un Glasgow labyrinthique, avant de poursuivre la quĂȘte dans un Dublin secret, avec toujours dans lâair une musique faite de blues, de rock, de raga, et de cris de mouettes. Puis câest le Continent, Ă travers un Anvers fumeux, un Amsterdam mĂ©taphysique, un Barcelone dĂ©lirant, un Marseille lumineux. Et, terre ultime, lâAfrique du Nord : le dĂ©sert, le sable immĂ©morial, le vent du vide, le silence. Au bout du voyage, Ă la fin de la voyance, surgit un monde hors du monde, au large de lâHistoire.
Revue de presse
En mai 68, Kenneth Withe perd son emploi, câest pour lui lâoccasion de prendre son sac Ă dos et de partir voyager Ă travers lâEurope.
Il va vagabonder dans Londres, Glasgow, Dublin. Il parcourra ensuite la Bretagne, la Belgique, Amsterdam, Barcelone avant de faire une halte à Marseille pour se rendre au magreb et goûter au plaisir du désert.
Des pĂ©rĂ©grinations poĂ©tiques et littĂ©raires. Pas de but prĂ©cis autre que dâapprĂ©cier le moment et les rencontres.
Il visite des lieux en rapport avec un poĂšme, un livre, un Ă©crivain. Lors de ses dĂ©rives, il rencontrera des artistes, des droguĂ©s, des personnages hauts en couleur. Il ne sait pas oĂč il va, mais il y va.
P33 « Ă la tombĂ©e de la nuit, je continue Ă marcher, nâallant nulle part »
Ce livre paru pour la premiĂšre fois en 1978 il vient dâĂȘtre rééditĂ© chez le mot et le reste, il nâa pas pris une ride. Câest toujours un plaisir pour moi dâouvrir un livre de Kenneth White, câest doux, reposant. Il suffit de se laisser porter par lâĂ©criture de lâauteur et le dĂ©guster lentement.
P177 « Une derniĂšre image avant la tombĂ©e de la nuit (je suis restĂ© sur la plage tout lâaprĂšs-midi) : Sur la pointe dâun rocher torturĂ©, un fou de Bassan, rĂąblĂ©, lâair rĂ©solu, lâoeil dĂ©ment, fouettant lâair de ses ailes, prĂȘt Ă sâenvoler pour quelque destination : laquelle ? »
Lâauteur nous partage dans ces dĂ©rives quelques poĂšmes quâil a Ă©crits en chemin. Jâaime beaucoup Kenneth white et les Ă©ditions le mot et le reste. Le premier pour ses Ă©crits, le second pour sa ligne Ă©ditoriale et sa mise en page trĂšs âclassieuse â. Les deux rĂ©unis forment â Ă mes yeux â un objet livre trĂšs fĂ©minin, sensuel.
Dérives est pour moi un petit bonbon littéraire à déguster dans le calme, un livre cocooning à souhait.
Lire la chronique sur Les Passions de Chinouk