Belles sanguinaires
Durant plus de 180 pages lâauteure nous gratifie dâune Ă©criture au style singulier et parfaitement rythmĂ©e , qui , pour un premier roman nous prĂ©dit le meilleur pour la suite.
Roman noir et plus si affinités, 15 juin 2019
Quand le rĂ©dacteur en chef de Corsica-Hebdo est tuĂ© par une bombe, IsaiĂ , une journaliste sans compromissions, part en quĂȘte de vĂ©ritĂ©s. Sa seule piste ? Des lettres anonymes concernant la prĂ©sence dâun faux Delacroix dans la cathĂ©drale dâAjaccio. Ses recherches lâamĂšnent Ă Marseille, oĂč elle rencontre Jane, une jeune peintre qui, b bon grĂ© mal grĂ©, lâĂ©paulera dans une enquĂȘte se rĂ©vĂ©lant bien plus dangereuse et tortueuse quâil nây paraĂźt. De lâinsondable maquis corse aux hĂŽtels parisiens miteux, dâintimidations en enlĂšvements, elles seront poussĂ©es dans leurs retranchements. Belles sanguinaires, câest aussi lâhistoire de deux femmes qui se trouvent, dans lâincertitude et la douleur, sous la force vibrante et solaire dâun territoire et dâune culture au croisement de la Corse, de lâItalie et de la Provence.
Revue de presse
- Terres de polar Maryvonne Colombani Zibeline août 2019
- Oui? Non? Belles sanguinaires rédaction Livresse du noir août 2019
- Actu#14 La rédaction Quatre Sans Quatre 10 juin 2019
- Belles sanguinaires Evadez-moi 20 juin 2019
- Belles sanguinaires Maeve Mademoiselle Maeve lit des livres 21 juin 2019
- Belles sanguinaires Roman noir et plus si affinités 15 juin 2019
Parfois, les chroniques me sautent des doigts, comme si elles avaient hĂąte de sâĂ©chapper et je les rĂ©dige Ă peine le roman terminĂ©. Parfois, comme dans le cas de ces Belles sanguinaires, il me faut des semaines ou mĂȘme des mois avant de trouver la bonne approche, le mot juste, celui qui exprimera ma pensĂ©e.
Belles sanguinaires est prĂ©sentĂ© comme un thriller, la quĂȘte dâune journaliste pour la vĂ©ritĂ©, celle qui a probablement tuĂ© son rĂ©dacteur en chef.
Bien plus quâune quĂȘte de vĂ©ritĂ©, Belles Sanguinaires est une ode Ă la Corse. LâĂ©criture dâIsabelle Chaumard transpire son amour pour ce pays ; on sent la chaleur sĂšche, les pierres qui sâeffritent, les sentiers cahoteux, le maquis bas et les rapports humains, aussi Ăąpres soient-ils, sont rĂ©els, charnels. Si tu ne connais pas la Corse, lis le, tu vas la respirer plus sĂ»rement quâaprĂšs avoir atterri Ă Calvi. Si tu connais la Corse, lis-le, tu vas tây trouver de nouveau, comme si tu tâasseyais derriĂšre un buisson, Ă Ă©pier les habitants. Ce qui mâa fascinĂ©e, câest cette capacitĂ© Ă laisser transparaĂźtre son amour pour la Corse. Ses descriptions de Marseille, par exemple, sont terriblement justes, on y est aussi, mais il y a un dĂ©tachement qui contraste avec cet amour explosif pour la Corse â sans jamais quâelle porte un jugement direct sur lâun ou lâautre.
Cette qualitĂ© rare de retranscrire des paysages et des ambiances en mots, Isabelle la double dâune autre qualitĂ©, celle de dĂ©crire les rapports humains. Dans ce rĂ©cit, il y a deux femmes, la journaliste exaltĂ©e et jusquâau-boutiste, et une peintre introvertie, qui vit en retrait. La rencontre entre ces deux ĂȘtres que tout oppose est juste belle, racontĂ©e comme on peint, par petites touches qui permettent peu Ă peu de cerner les personnages et ce qui les lie, et parfois Ă grands traits rageurs.
Belles sanguinaires porte en lui, Ă mon avis, les germes dâun Ă©crivain de saga, dâune de ces grandes sagas familiales, qui parle de personnages profonds et vrais, de volontĂ©s qui sâopposent, de destins tragiques et dâune terre passionnĂ©ment aimĂ©e.
Lisez la chronique intégrale en ligne
Entre la Corse, Marseille et Paris, sâorchestre le premier roman dâIsabelle Chaumard, Belles sanguinaires. En une Ă©criture dĂ©liĂ©e, lâauteure mĂšne une double intrigue, dans laquelle Ă©voluent deux personnages-clĂ©, IsaiĂ , journaliste, et Jane, peintre. Les premiers chapitres brossent leur quotidien, nous apprennent Ă les connaĂźtre avant leur rencontre et livrent des descriptions aux couleurs sans doute un peu trop attendues des lieux quâelles arpentent. (Difficile dâĂ©chapper aux poncifs pour Ă©voquer Marseille ou la Corse : « marchĂ© atypique » de Noailles, « le poumon de Marseille » oĂč « on aime ou on rejette tout en bloc », et « canistrelli » au « marchĂ© central » non loin du « parking du Diamant » dâAjaccioâŠ). Au dĂ©part, il y a des lettres anonymes reçues au siĂšge de Corsica-Hebdo, une explosion qui tue Paul, ami dâIsaiĂ et rĂ©dacteur en chef du journal, ~~attentat que lâon sâempresse dâattribuer Ă une faction indĂ©pendantiste~~, et une histoire de faux tableau signĂ© Delacroix exposĂ© dans la cathĂ©drale dâAjaccio⊠Est-ce pour Ă©garer la jeune enquĂȘtrice ? Dans quel but ? Elle suit la piste Ă Marseille, oĂč Ă©clot le personnage lumineux de Jane. Se glissent Mateo, un petit gĂ©nie de lâinformatique, des hommes cagoulĂ©s, alors que se multiplient courses-poursuites, enlĂšvements, et quâune panne gĂ©ante du web pousse Ă faire croire Ă lâexistence dâun complot informatique destinĂ© Ă renvoyer le monde Ă lâĂšre des dinosaures. Le tout est vivement menĂ©, riche en rebondissements. Une idylle se dessine, tandis que lâhistoire de lâart prend forme de maniĂšre encyclopĂ©dique, et que celle de la Corse est Ă©voquĂ©e avec justesse et intelligemment mise en perspective (chose rare !), depuis GĂȘnes, Pascal Paoli, le massacre de Ponte Novu en 1769 et la politique encore souvent coloniale de la France⊠Isabelle Chaumard signe ici une belle entrĂ©e dans lâunivers romanesque avec une plume alerte et souvent poĂ©tique.
Lisez la chronique sur le site de Zibeline
Une belle dĂ©couverte, un premier roman, un roman trĂšs prometteur mais qui a le gros dĂ©faut de traiter trop de thĂšmes en 192 pages. On oscille entre le polar et le suspense, lâhistoire de lâart et les longues descriptions, le guide touristique de la Corse et une histoire dâamour entre deux femmes (tellement rare que cela mĂ©rite dâĂȘtre soulignĂ©). Jâai beaucoup aimĂ© la plume de lâauteure, elle a du style. Je la suivrai dans son deuxiĂšme roman.
Printemps pluvieux, lecteur heureuxâŠ
Des centaines et des centaines de romans, polars, thrillers, romans noirs paraissent chaque annĂ©e et il nous est bien entendu impossible de tous les lire attentivement et dâĂ©crire un article sur tout ce que nous recevons.
Deux yeux ne fonctionnant, hĂ©las, que simultanĂ©ment, et les malheureuses vingt-quatre heures de chaque journĂ©e ne suffisant plus Ă Ă©viter lâeffondrement de piles Ă lire himalayennes Ă lâarchitecture pisane, le sacro-saint principe de prĂ©caution nous commande de prendre des mesures !
DâoĂč lâidĂ©e de cette rubrique, Quatre Sans Quatre â Actu dans laquelle nous vous ferons un petit topo des nouveautĂ©s du (ou des) mois prĂ©cĂ©dent(s).
En espĂ©rant que vous y piochiez dâexcellentes idĂ©es et que vous passiez en leur compagnie de trĂ©pidants moments de lecture !
La rédaction
BELLESSANGUINAIRES â Isabelle Chaumard â Ăditions le Mot et le Reste â 192 p. juin 2019 : IsaiĂ est journaliste et travaille Ă Corsica-Hebdo, oĂč ses articles Ă©crits sans souci de mĂ©nager quiconque font parfois des remous. Quand son rĂ©dactuer en chef, Paul, est tuĂ© par une bombe, IsaiĂ dĂ©cide de chercher la vĂ©ritĂ©. DâĂ©tranges lettres anonymes sont arrivĂ©es au journal, qui parlent dâun faux Delacroix dans la cathĂ©drale dâAjaccio, et IsaiĂ se rend vite compte quâelle va devoir se montrer rusĂ©e, tenace et chercher au-delĂ des apparences. Dans sa quĂȘte de vĂ©ritĂ©, elle rencontre Jane, une jeune femme peintre et ces deux-lĂ ne se quitteront plus, malgrĂ© les menaces et les dangers auxquels elles sâexposent.
DâAjaccio Ă Paris, en passant par Marseille, lâenquĂȘte des deux jeunes femmes va se rĂ©vĂ©ler truffĂ©e de faux-semblants, de fausses pistes et de vrais mĂ©chants.
[âŠ]
Retrouvez toute la sélection en ligne
Lire le premier roman dâun auteur est toujours compliquĂ©. On se doit dâĂȘtre moins intransigeante, dâaccepter les erreurs et tenter dâĂȘtre un tant soit peu bienveillante avec lâauteur.
Ceci dit, toutes ces qualités ne font pas partie de ma personnalité.
LâidĂ©e centrale est intĂ©ressante puisquâil sâagit dâun faux tableau de Delacroix qui trĂŽnerait dans la cathĂ©drale dâAjaccio et une journaliste corse, IsaiĂ , est chargĂ©e de mener lâenquĂȘte entre la Corse et Marseille dont elle nous dresse un panorama complet.
En parallĂšle, une bombe explose Ă la rĂ©daction de Corsica-Hebdo tuant le rĂ©dacteur en chef dâIsaiĂ , parce quâil aurait refusĂ© des pots de vin ou de cĂ©der Ă un chantage.
SaupoudrĂ© par-dessus ces deux trames, une romance entre la journaliste et une jeune peintre, vĂ©ritable encyclopĂ©die de lâhistoire de lâArt veut donner un peu dâĂ©pices Ă ce roman.
Câest lĂ que tout se complique. Les deux trames policiĂšres se mĂ©langent et nous perdent sans quâon sache, au final si on lit un polar, un routard sur Ajaccio et Marseille ou un manuel dâhistoire de lâArt.
Il nâen reste pas moins que le style en devenir est prometteur et que ce roman a beaucoup dâaspects intĂ©ressants, principalement ces deux personnages de femmes car il est encore rare de trouver des « hĂ©roĂŻnes » gay dans la littĂ©rature et câest dommage car, nâen dĂ©plaise Ă certains, lâamour entre filles et entre hommes existe depuis la nuit des temps et il serait temps de lâaccepter.
Ce roman mĂ©rite dâĂȘtre lu, pour ça mais pour le reste aussi car pour un premier roman, ce nâest pas si mal mĂȘme si de longs passages descriptifs ou explicatifs mâont parfois lassĂ©e.
Lisez cette chronique en ligne
Belles sanguinaires est le premier roman dâIsabelle Chaumard. Ayant trĂšs envie de vacances et de dĂ©paysement, jâĂ©tais assez pressĂ©e de me plonger dans cette enquĂȘte qui se dĂ©roule entre la Corse et Marseille. Une enquĂȘte mettant en scĂšne deux femmes trĂšs diffĂ©rentes lâune de lâautre.
IsaiĂ est journaliste Ă Corsica-Hebdo. Câest une Corse, fiĂšre de ses racines. Son mĂ©tier, elle lâexerce sans concessions, elle est entiĂšre, ce qui nâest pas toujours du goĂ»t de son rĂ©dacteur en chef, Paul, qui doit rĂ©guliĂšrement freiner les ardeurs de la jeune femme pour ne pas se mettre toute lâĂźle Ă dos. La jeune femme reçoit des lettres anonymes Ă propos dâun tableau de Delacroix se trouvant en Corse qui serait a priori un faux. Mais ces lettres sont interceptĂ©es par Paul qui ne veut ni lui donner, ni quâelle se mĂȘle de cette histoire. Alors quand le rĂ©dacteur en chef meurt dans une explosion au journal, IsaiĂ rĂ©cupĂšre les lettres. Son enquĂȘte va la mener Ă Marseille, oĂč elle va rencontrer Jane, une artiste peintre. Jane, contrairement Ă IsaiĂ est calme, posĂ©e, douce. MalgrĂ© des caractĂšres aussi Ă©loignĂ©s que le feu et lâeau, les deux femmes semblent se trouver. IsaiĂ embarque Jane dans une histoire dangereuse et pleine de fausses pistes. Mises sur Ă©coute, infractions, kidnapping⊠Jane, qui aspire Ă une vie sereine, ne va pourtant pas lĂącher sa nouvelle amie et va lâaider Ă dĂ©mĂȘler les fils qui semblent conduire dans mille directions diffĂ©rentes.
Je nâavais pas souvenir dâavoir dĂ©jĂ lu un roman se dĂ©roulant en Corse, avec des personnages aussi imprĂ©gnĂ©s de leur identitĂ© corse â je connais plus les Bretons qui, pour les non-bretons sont reconnaissables aux mariniĂšres et surtout au Gwenn ha du, le drapeau breton qui ne les quitte jamais, mais lĂ , avec les Corses, on est Ă un autre niveau.
La Corse nâest pas un coin que je connais vraiment, Ă part Ă travers des photos, des anecdotes dâamis pinzutus (non-Corses) qui y sont allĂ©s et aussi des faits divers. Jâai donc de la Corse une image totalement fantasmĂ©e et jâai trouvĂ© trĂšs intĂ©ressant de me plonger dans ce roman qui mâa fait dĂ©couvrir quelques personnages fiers de leur corsitude â ce qui doit ĂȘtre le cas de tous les Corses.
Lâintrigue est vraiment intĂ©ressante â et mĂȘme angoissante car elle aborde un sujet trĂšs proche dâune de mes peurs profondes â le black-out, (je suis persuadĂ©e que les gens finiraient par devenir cinglĂ©s et jâai trĂšs peur de devoir me battre Ă mort contre un voisin pour trois bougies et deux carottes). Jâai trouvĂ© lâhistoire bien ficelĂ©e et jâai bien aimĂ© lâambiance et les personnages.Belles sanguinaires est un roman dĂ©paysant. Et jâai beaucoup aimĂ© la fin, Ă laquelle je ne mâattendais pas du tout. Donc pour un premier roman, câest une rĂ©ussite.
Un roman qui nous emporte vers le Sud , vers la Corse et Marseille . Un roman de rencontres inédites et de menaces voilées .
La journaliste corse Isaia va croiser le chemin de lâartiste peintre Jane , par hasard en fuyant le danger et la Corse , sa patrie . et son village perchĂ© dâOta . Isaia est une vĂ©ritable journaliste dâinvestigation qui nâa pas peur de publier des papiers polĂ©miques . Et les motifs ne manquent pas sur lâIle de BeautĂ© .. PersuadĂ©e dâĂȘtre suivie , Ă©piĂ©e et que ses jours sont en danger depuis que son patron , rĂ©dacteur en chef de Corsica-Hebdo a Ă©tĂ© tuĂ© dans une explosion . Elle va alors tenter de comprendre la menace qui pĂšse sur elle et , avec lâaide de sa nouvelle amie ( amoureuse ?) et son ami Mateo , de percer les mystĂšres qui se cachent derriĂšre cette panne gĂ©ante dâInternet , derriĂšre cette rumeur qui parle dâun faux Delacroix ayant remplacĂ© lâoriginal dans la cathĂ©drale dâAjaccio ou sur une dangereuse organisation politico mĂ©diatique toute puissante âŠ..et bien sĂ»r tenter de retrouver les assassins de son boss .
Isabelle Chaumard nous livre un rĂ©cit au carrefour des cultures continentales et insulaires . Ce roman câest lâhistoire de belles amitiĂ©s , indestructibles malgrĂ© les Ă©vĂ©nements . Câest Ă©galement une belle galerie de personnages haut en couleur , aux caractĂšres bien trempĂ©s qui ne sâen laissent pas compter . En bonus elle nous offre des dĂ©cors majestueux qui nous font dĂ©couvrir lâarriĂšre pays corse comme les quartiers marseillais et nous fait partager un subtil bouquet de senteurs inĂ©dites de thym et de myrte qui fleurissent les garrigues .
Durant plus de 180 pages lâauteure nous gratifie dâune Ă©criture au style singulier et parfaitement rythmĂ©e, qui, pour un premier roman nous prĂ©dit le meilleur pour la suite.