🔍
Parution : 20/08/2020
ISBN : 9782361395971
264 pages (14,8 x 21 cm)

Amqui

Un polar trĂšs efficace, construit dans les rĂšgles de l’art et non dĂ©nuĂ© d’humour. De l’humour noir, on s’entend. Impossible de le dĂ©poser avant d’avoir tournĂ© la derniĂšre page. Vous serez prĂ©venus !

ICI Radio-Canada

À l’arrĂȘt de bus devant la prison de MontrĂ©al, Étienne ChĂ©nier attend sous la pluie. Libraire dans la mi-trentaine, nĂ© Ă  Amqui, condamnĂ© pour meurtre il y a quatre ans, il vient d’ĂȘtre relĂąchĂ©, bien avant la fin de sa peine, Ă  la suite de tractations douteuses. Il attend le bus, mais surtout le moment propice pour exĂ©cuter un plan de vengeance longuement mijotĂ©. EnquĂȘteur bedonnant, alcoolique et dĂ©pressif, Denis Leblanc, accompagnĂ© de sa partenaire Sophie, se lance sur la piste de ChĂ©nier, autour de qui les cadavres s’empilent. Comment un simple libraire a-t-il pu se transformer en tueur sanguinaire? Est-ce liĂ© aux innombrables pans d’ombre de son histoire familiale? Leblanc joue un jeu dangereux dans cette enquĂȘte, mais depuis la mort de son fils, il n’a vraiment plus rien Ă  perdre.

• Lire un extrait

Revue de presse

- Rentrée littéraire, quelques pistes : Amqui, Betty Fanny Aire(s) Libre(s) 26 août 2020
- Amqui Flore Delain En lisant, en écrivant 26 octobre 2020
- Amqui Simone Tremblay La livrophage 27 octobre 2020
- Quelques questions Ă  Eric Forbes lectrice en campagne La livrophage 2 novembre 2020
- Avec Éric Forbes, nulle Amqui vive. Alexandra Schwartzbrod LibĂ©ration 24 septembre 2020
- Pour que tu flingues encore Thierry Boillot L'Alsace 30 août 2020

- Rentrée littéraire, quelques pistes : Amqui, Betty

Je peux te dire que dans le genre amusement sanglant, Étienne ChĂ©nier n’y va pas qu’avec la crosse de son Glock et c’est
 totalement gĂ©nial. Bon, d’accord, le fait que le personnage principal soit libraire de son Ă©tat pourrait te faire dire « ça y est, c’est facile cette identification » tss tss, que nenni, car Étienne est un tueur acharnĂ©, plutĂŽt pas mal bon dans ce domaine d’ailleurs.
Mais pourquoi donc cette obstination farouche Ă  tuer des hommes dĂ©shabillĂ©s de toute fioriture phallocentrique ? car oui Étienne apprĂ©cie d’abattre sa proie dans le plus simple appareil. Et bien Ă  toi d’y aller car il serait fort dommageable que tu passes Ă  cĂŽtĂ© de ce trĂšs bon polar qui ne s’arrĂȘte pas au limite du genre.

En face d’Étienne, Éric Forbes place un enquĂȘteur du Service de Police de MontrĂ©al, un certain Denis Leblanc, qui se demande comment ce singulier individu a pu bĂ©nĂ©ficier d’une large remise de peine. La figure de Leblanc est dĂ©jĂ  tout un poĂšme « (
) Une seule fois il avait lu un livre de ce genre, et il n’avait pas vraiment aimĂ©. Le personnage principal, un policier alcoolique et bedonnant au seuil de la retraite, rĂąlait sans cesse Ă  propos de tout et de rien ; et, malgrĂ© son caractĂšre exĂ©crable, finissait au lit avec une blonde pulpeuse qui se rĂ©vĂ©lait ĂȘtre la meurtriĂšre. À croire que les auteurs ne connaissait strictement rien au mĂ©tier de policier(
) ». Bref.
Dans cette histoire qui te prend aux tripes, sans mauvais jeu de mots, ce qui est plus qu’agrĂ©able c’est cette galerie de personnages composĂ©e par Forbes. Il y a du consistant, de la carcasse usagĂ©e, le sens exquis de la formule et de la mise en situation, les plaies, les bosses et toute la sympathie humaine tout Ă  fait anti-hĂ©roĂŻque.

Sur un rythme soutenu, l’auteur, lui aussi libraire, collectionneur de polars et originaire d’Amqui, va, par petites gouttes ensanglantĂ©es, te mener au secret qui ronge son protagoniste, certes « imparfait » et pourtant terriblement fascinant.
L’inspiration de Jean-Patrick Manchette n’est pas loin, pas loin non plus des dĂ©tectives privĂ©s comme Philip Marlowe (Raymond Chandler) ou Sam Spade (Dashiell Hammett).
Sauf que « notre » Étienne Charnier, euh excusez moi, ChĂ©nier, est plutĂŽt un homme en colĂšre. Des bas quartiers aux grandes villas, sa vengeance s’étale et rien n’est plus dangereux qu’un homme qui n’a plus rien Ă  perdre.

Éric Forbes balance dans son shaker littĂ©raire un flic alcoolique et un libraire ivre de revanche pour t’offrir un cocktail explosif oĂč la pointe d’humour, forcĂ©ment noir, te tracera un sourire et te gardera l’Ɠil pĂ©tillant jusque tard dans la nuit.
Dans le jeu du massacre oĂč le tueur montre bien que le monstre n’est pas forcĂ©ment celui que l’on croit, « Amqui » t’entraĂźne dans un tumultueux chemin jamais pavĂ© de bonnes intentions.
Voici un polar hors cadre qui t’électrisera jusqu’au bout.

Coup au cƓur bien noir.

*Sur le site Aire(s) Libre(s), Amqui est à retrouver aux cÎtés de Betty de Tiffany McDaniel !*

Fanny
Aire(s) Libre(s) 26 août 2020

- Amqui

[
]
On suit deux romans en un, finalement, puisqu’on Ă©pouse Ă  la fois le point de vue de ChĂ©nier et celui de Leblanc, pas forcĂ©ment ennemis mais plutĂŽt adversaires, chacun se tenant, vacillant, de son cĂŽtĂ© de la loi.

Les deux hommes ont en commun des blessures que rien ne pourra cicatriser mais chacun a une maniĂšre diffĂ©rente d’y survivre, l’alcool et la dĂ©pression pour l’un, la justice expĂ©ditive pour l’autre.

Au centre de ce rĂ©cit, un regard extrĂȘmement critique sur la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise : gangrenĂ©e, pourrie, corrompue jusqu’au coeur de la classe dirigeante, elle dĂ©truit la vie des hommes et les pousse au dĂ©sespoir et Ă  la violence.

Écrite dans cette langue rĂ©jouissante et inventive, l’intrigue est convulsive et sĂšche comme un coup de trique, la noirceur et la mort ne cessant de se rĂ©pandre au fil des pages, avec, çà et lĂ , des moments d’humour comme des aboiements brefs et un amour des polars Ă  l’ancienne que je partage totalement.

Le début de cette chronique ainsi que des extraits sont à lire sur En lisant, en écrivant.

Flore Delain
En lisant, en écrivant 26 octobre 2020

- Amqui

“Ça faisait un moment que je n’en avais pas lu un, un roman policier pur et dur. Ici en quĂ©becois, ce qui donne une note parfois trĂšs trĂšs comique aux scĂšnes les plus saignantes, et il y en a un bon lot, ce qui n’est pas pour me dĂ©plaire.“
[
]
“TrĂšs bel Ă©pilogue, avec un libraire revenu Ă  sa vie de libraire, mais
 pour moi un roman jubilatoire et ça ne se refuse pas .”

La chronique est entiĂšre et illustrĂ©e d’extraits sur le blog La livrophage.

Sur ce mĂȘme blog, vous pouvez Ă©galement retrouver un entretien avec l’auteur.

Simone Tremblay
La livrophage 27 octobre 2020

- Quelques questions Ă  Eric Forbes

“Cher Éric, bonjour et merci. Merci d’avoir acceptĂ© de rĂ©pondre Ă  quelques questions et merci pour la lecture savoureuse que vous m’avez offerte.

J’ai pu lire que vous ĂȘtes libraire et collectionneur de polars. Vous avez donc de beaux atouts pour Ă  votre tour vous lancer dans l’écriture.

Est-ce qu’il a fallu beaucoup de temps pour oser vous lancer, l’envie Ă©tait-elle lĂ  depuis longtemps ou bien ce fut un besoin pressant, un sujet qui survient, une stimulation particuliĂšre ? Dites-moi quelle a Ă©tĂ© la machine qui s’est mise en route pour dĂ©buter ce roman.

Depuis Ă  peu prĂšs l’ñge de 12 ans, soit depuis que je m’intĂ©resse au polar, l’idĂ©e d’écrire un roman m’a toujours trottĂ© dans la tĂȘte. Sauf que, pendant longtemps, je ne croyais pas avoir ce qu’il faut pour en Ă©crire un. À force de frĂ©quenter les plus grands auteurs, j’avais dĂ©veloppĂ©, je crois, une espĂšce de complexe d’infĂ©rioritĂ©. Et, honnĂȘtement, mĂȘme aprĂšs l’écriture d’Amqui, et son succĂšs inespĂ©rĂ©, ce complexe me hante toujours. Comme si j’étais un imposteur sur le point d’ĂȘtre dĂ©masquĂ© ! Ce qui m’a dĂ©cidĂ© Ă  envoyer le manuscrit d’Amqui (qui dormait dans un tiroir, et sur lequel je travaillais par intermittence depuis une douzaine d’annĂ©es), le vĂ©ritable Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur, est un sentiment d’urgence qui m’a saisi aprĂšs un incident cardiaque oĂč j’ai failli laisser ma peau ( le mĂȘme genre d’incident qui tue le fils de Leblanc dans mon livre). Quand on rĂ©alise que, dans la vie, tout peut basculer en un claquement de doigt, on fait fi de ses scrupules et on fonce en se disant qu’on a rien Ă  perdre, sauf, peut-ĂȘtre, un peu d’amour propre.”

L’interview est Ă  lire en intĂ©gralitĂ© sur le blog La livrophage

lectrice en campagne
La livrophage 2 novembre 2020

- Avec Éric Forbes, nulle Amqui vive.

Pour son premier roman, l’écrivain quĂ©becois nous emmĂšne dans la rĂ©gion du Bas-Saint-Laurent, sur les traces d’un libraire transformĂ© en tueur.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, Amqui est une ville du QuĂ©bec, dont le nom signifierait «lieu d’amusement et de plaisir», ce qui paraĂźt difficile Ă  croire quand on lit le roman noir d’Eric Forbes. Amqui, c’est la ville dont son hĂ©ros est originaire : Etienne ChĂ©nier, un libraire trentenaire que l’on dĂ©couvre dĂšs la premiĂšre page imbibĂ© de pluie sous un abribus devant le mythique pĂ©nitencier de Bordeaux, non pas en Gironde mais au nord de MontrĂ©al. L’homme vient de purger quatre ans de prison pour meurtre : il a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© bien plus tĂŽt que prĂ©vu pour une raison inconnue et, manifestement, il entend bien utiliser ce temps de libertĂ© qui s’ouvre Ă  lui pour rĂ©gler quelques comptes.

Quand il commence Ă  laisser trop de sang couler derriĂšre lui, un enquĂȘteur se lance Ă  sa poursuite. Denis Leblanc est l’archĂ©type du flic dĂ©pressif et bedonnant mais il a une circonstance attĂ©nuante : son fils unique Samuel est mort par nĂ©gligence mĂ©dicale Ă  l’hĂŽpital Jean-Talon, et il reste hantĂ© par l’image du jeune homme «affalĂ© dans un fauteuil roulant, inerte, la tĂȘte renversĂ©e vers l’arriĂšre, les yeux rĂ©vulsĂ©s, la bouche entrouverte». Une course-poursuite va s’engager entre les deux hommes, Leblanc ayant toujours un coup de retard sur ChĂ©nier. Celui-ci a un point faible, sa mĂšre, hospitalisĂ©e pour Alzheimer. «DĂšs l’apparition des premiers symptĂŽmes, elle avait su qu’elle partait Ă  toute vitesse dans un autre monde. Un monde de noirceur et de silence. Sa prison Ă  elle. Elle l’avait suppliĂ© de la tuer. ChĂ©nier en avait Ă©tĂ© incapable.»

[
]

Eric Forbes a mis beaucoup de lui-mĂȘme dans ce premier roman car il est libraire et originaire d’Amqui, comme son hĂ©ros. On adore ses dialogues avec le mot «pis» Ă  toutes les sauces («Tiens, ton nouveau gun, l’hĂ©roĂŻne, pis tes autres gugusses. Vu que l’arme Ă©tait pas prĂ©vue, pis qu’il a fallu couper dans les dĂ©lais, ça va te coĂ»ter le double») et ses rĂ©fĂ©rences aux polars (qu’il collectionne).

Lisez toute la chronique sur Libération.fr

Alexandra Schwartzbrod
Libération 24 septembre 2020

- Pour que tu flingues encore

Un noir roman dont le flic s’appelle Leblanc ? Tabarnak ! Nous sommes Ă  MontrĂ©al oĂč le dĂ©nommĂ© ChĂ©nier vient d’ĂȘtre libĂ©rĂ© de prison plus tĂŽt que prĂ©vu. Que lui vaut cette gracieuse remise de peine ? MystĂšre. Mais visiblement, ChĂ©nier a des comptes Ă  rĂ©gler. Avec un tram de retard, le neurasthĂ©nique sergent enquĂȘteur Leblanc et sa plus dynamique collĂšgue Sophie se lancent Ă  ses trousses.
Étrange tout de mĂȘme : ChĂ©nier Ă©tait auparavant un libraire sans histoire. Qu’a-t-il bien pu se passer pour qu’il se mĂ©tamorphose en tonton flingueur prĂȘt Ă  vider son chargeur Ă  la premiĂšre contrariĂ©tĂ© ?

[
]

Chic alors : Éric Forbes nous dĂ©livre un percutant roman chargĂ© d’humour et d’hĂ©moglobine oĂč l’on se dĂ©lecte de dialogues avec l’accent quĂ©bĂ©cois authentique. Crisse ! Un pur bonheur tarantinesque.

Thierry Boillot
L'Alsace 30 août 2020