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Parution : 18/02/2016
ISBN : 9782360541966
112 pages (14,8 x 21 cm)

13 €

À l'Ă©cart

De mĂȘme qu’il existe une lutte Ă  mener sur le langage, on peut ĂȘtre natif d’un pays, supposĂ© enracinĂ© – je prĂ©fĂšre dire ancrĂ© – et le regarder mourir. On peut aussi venir d’ailleurs et en faire partie intĂ©grante. On en revient Ă  cette Ă©vocation des racines. AĂ©riennes, souterraines, elles vous poussent ou vous retiennent. En soi, l’écriture propose un dĂ©racinement dans ce mĂ©lange permanent d’appartenance et d’exil. Ce qui explique mon obstination face Ă  cet incessant flux et reflux, Ă  vouloir planter, Ă©claircir, Ă©laguer et non seulement abattre, mais remplacer, rĂ©parer mĂȘme. Les arbres symbolisent la jonction, une symbiose adĂ©quate entre ces pratiques.

À l’écart est un rĂ©cit oĂč l’auteur dĂ©veloppe un ensemble de thĂ©matiques qui circonscrivent son univers. AndrĂ© Bucher prend la parole et partage sa vision sur le rĂŽle de l’écrivain-paysan, son rapport au temps et aux saisons, l’enracinement au lieu et le dĂ©racinement pas l’écriture. Qu’est-ce qu’écrire sur la vallĂ©e du Jabron et passer d’une expĂ©rience particuliĂšre Ă  une vision plus globale ? Au fil de ces textes, AndrĂ© Bucher revient sur l’écologie actuelle, le rapport que ce prĂ©curseur de l’agriculture bio entretient avec la nature, le lien qu’il tisse entre ces paysages oĂč il Ă©volue et son imaginaire. À l’écart dessine la gĂ©ographie intime d’AndrĂ© Bucher, permet de mieux cerner son Ɠuvre et porte au jour des questionnements actuels.

Revue de presse

- Livre du matin / livre du sac Ă  main / livre du soir Bonheur du jour 5 septembre 2018
- En marge Roger Wallet Le Calepin 29 janvier 2018
- Semer, planter des arbres
 et écrire ! Guillaume Lohest Valériane Juillet-août 2016
- Reportage sur André Bucher pour le 19/20 Véronique Bouvier France 3 Provence-Alpes 4 juillet 2016
- À l'Ă©cart NoĂ© Gaillard Daily Books 20 juin 2016
- La Grande Librairie François Busnel France 5 05 mai 2016
- Bucher par Bucher La Tribune 14 avril 2016

- Livre du matin / livre du sac Ă  main / livre du soir

Le matin, Jacques Tassin, Penser comme un arbre (On le relit pour la troisiĂšme fois de suite tellement ce livre est riche) en alternance avec A l’écart, d’AndrĂ© Bucher qu’on lira plusieurs fois certainement aussi.
Dans le sac Ă  main, Pedro Salinas, La mer lumiĂšre.
Le soir, Ragnar Jonasson, Snjor, qu’on a fini par racheter car, sans l’avoir lu, on l’a prĂȘtĂ© Ă  quelqu’un, qui l’a prĂȘtĂ© Ă  quelqu’un qui l’a prĂȘtĂ© Ă  quelqu’un qui l’a prĂȘtĂ© Ă  quelqu’un et on ne sait plus du tout Ă  qui on l’a prĂȘtĂ© finalement.

Rendez-vous sur Bonheur de jour

Bonheur du jour 5 septembre 2018

- En marge

AndrĂ© Bucher (bu-chĂšre, il est d’origine alsacienne) a dĂ©veloppĂ© l’image du paysan-Ă©crivain. Agriculteur bio (aujour- d’hui retraitĂ©) dans la DrĂŽme, il a publiĂ© de la poĂ©sie puis s’est fait connaĂźtre dans le domaine romanesque avec « Le cabaret des oiseaux » chez Sabine Wespieser. Il Ă©dite dorĂ©navant chez Le mot et le reste. Il y a sept ou huit ans, j’ai rĂ©alisĂ©, sur lui et avec lui, pour les Ă©d. du Petit VĂ©hicule, un recueil de la collection Chiendents (n°17) titrĂ© « Une gĂ©ographie intime ». Par la suite il m’invita deux fois au petit salon du livre qu’il organise dans son village de Montfroc. Je le savais proche de Jim Harrisson, l’auteur amĂ©ricain, il m’en a parlĂ©. « À l’écart » est un curieux livre, et la prĂ©sentation qu’A.B. en a faite Ă  La grande librairie (6 mai 2016) traduit bien sa nature si difficile Ă  cerner. Ce serait une sorte de portrait autobiographique composĂ© de textes de natures diffĂ©rentes : rĂ©cit de vie, C.V. ,mais aussi discours en faveur de l’agriculture bio (il s’y consacre depuis 1970) et contre le productivisme, rĂ©flexion sur l’amĂ©nagement du territoire et la notion de justice dĂ©mocratique (la raretĂ© des services publics dans sa vallĂ©e du Jabron), l’écriture de la nature (le nature writing « du Montana » Ă  quoi on le rattache) et plusieurs textes brefs qui en tĂ©moignent. En somme un portrait multiple. Il me semble que mes rĂ©serves sont justifiĂ©es par le sentiment d’une adaptation imparfaite de la langue et du processus de pensĂ©e d’A.B. au propos – sentiment qui ne cesse de me tenailler Ă  revoir la vidĂ©o avec François Busnel. La parole est hĂ©sitante, le propos peu clair. Prenons l’exemple de l’écriture de la nature. Bucher utilise successivement les termes d’écopoĂ©tique et d’écocritique sans vraiment les distinguer, ce qui perturbe la comprĂ©hension. Point de dĂ©part de la rĂ©flexion : le principe anthropocentriste, assis sur le dogme religieux, fondant «l’exploitation du rĂšgne animal, minĂ©ral et vĂ©gĂ©tal». S’ensuit un survol confus de l’usage de la nature en littĂ©rature, dont Ă©videmment le cadre bucolique et romantique. Mais pourquoi se poser la question de la lĂ©gitimitĂ© de l’écrivain Ă  interprĂ©ter les rĂ©actions de la nature qui, Ă  l’évidence, de par son essence mĂȘme, ignore de telles projections, car « elle ne possĂšde pas de voix distincte » ? Bucher pense sans doute Ă©clairer son propos en nommant les composantes de cette galaxie amĂ©ricaine du nature writing. HĂ©las, sa liste dĂ©borde et il finit par y intĂ©grer Faulkner, Carver – j’ai lu tout Carver et jamais n’ai eu le sentiment que la nature Ă©tait son propos –, Steinbeck, Hemingway – pour « Le vieil homme et la mer » ? Ceci juste aprĂšs la phrase : « La nature est omniprĂ©sente et irrigue de façon tangible leurs romans ».
Je pense que cet ouvrage pĂȘche par sa forme. L’écrivain s’y exprime en toute libertĂ© et ne parvient pas Ă  organiser avec pĂ©dagogie son propos, il se laisse entraĂźner d’une idĂ©e Ă  l’autre. Il n’a personne face Ă  lui pour lui faire prĂ©ciser les concepts dont il use ni pour creuser une idĂ©e. Cela transparaĂźt aussi dans la derniĂšre partie, « Les mythes », qui dĂ©marre par cette affirmation «Qu’on le veuille ou non, les mythes nous influencent et nous façonnent ». Affirmation convenue mais gratuite, qui s’inscrit dans le droit fil du religieux et ses vellĂ©itĂ©s Ă  structurer la pensĂ©e et la vie sociale. Mais que contre-dit la pensĂ©e laĂŻque qui, heureusement, s’est construite et affirmĂ©e au fil de l’Histoire. Les problĂšmes sociaux d’aujourd’hui ne relĂšvent pas du mythe. Et seule une trĂšs mince frange de l’écriture contemporaine – notamment poĂ©tique – continue de s’appuyer sur le mythe. Je tiens cet ouvrage pour Ă©crit « en marge » d’une Ɠuvre romanesque originale et nĂ©cessaire.

Roger Wallet
Le Calepin 29 janvier 2018

- Semer, planter des arbres
 et écrire !

En 1972, AndrĂ© Bucher, Alsacien d’origine, prend la direction de la Haute-Provence, avec sa femme et ses jumeaux. «Dans la fougue de mes vingt-six ans, je ne voyais d’autre alternative que celle de devenir paysan .» À cette Ă©poque, Nature & ProgrĂšs existe depuis une petite dizaine d’annĂ©es ; AndrĂ© Bucher fait partie des pionniers. L’esprit qui l’anime nous est familier, «cette capacitĂ© de prendre en charge son existence de maniĂšre plus radicale et autonome, tout en modifiant notre comportement. En somme un projet de vie Ă  l’écart, et non en marge, dans lequel l’agriculture biologique et une pratique Ă©cologique s’inscriraient tout naturellement mais qui ne constitueraient point le seul objectif en soi.» La vie d’agriculteur exige un engagement total. Ce n’est donc qu’une vingtaine d’annĂ©es plus tard qu’AndrĂ© Bucher s’est autorisĂ© Ă  renouer avec l’écriture. Et encore, prĂ©cise-t-il, seulement «l’hiver, la nuit», par manque de disponibilitĂ©s. Les titres de ses premiers romans publiĂ©s ne laissent aucun doute sur la place centrale qu’occupe la nature, le «pays», dans ses rĂ©cits : Le pays qui vient de loin (2003). Le Cabaret des oiseaux (2004), Pays Ă  vendre (2005). DĂ©neiger le ciel (2007) 
 Voici donc le paysan devenu «écrivain-paysan». AndrĂ© Bucher n’aime pas les Ă©tiquettes mais celle-lĂ , par son originalitĂ©, lui donne un petit caractĂšre de provocation. Ce qui semble lui convenir. Elle «fait figure de gag», dit-il. En lui, les deux activitĂ©s communiquent : «Dans cette supposĂ©e dichotomie, agriculture et Ă©criture, c’est comme si je parvenais Ă  m’unifier, m’unir Ă  cet endroit. Une maniĂšre de rĂ©tablir l’équilibre, mise Ă  Ă©galitĂ© de l’air, eau, ciel et terre, rochers, riviĂšres, hĂ©rons, ours ou loups, animaux dans leur globalitĂ© avec nous, autres ĂȘtres humains, apprentis sorciers et rois des prĂ©dateurs.» À l’écart n’est pas une fiction. Ce livre est un petit essai mais pas sur le mode de l’argumentation. PlutĂŽt une invitation Ă  s’approcher de l’univers de son auteur, Ă  dĂ©couvrir ses romans, sa vallĂ©e, son pays intĂ©rieur. On y Ă©prouve, par petites touches trĂšs personnelles dont l’agencement garde un air de mystĂšre, l’alchimie qui habite l’écrivain-paysan : un lieu, la vallĂ©e du Jabron, transformĂ© Ă  l’occasion par l’imagination en «Montana en miniature», une parentĂ© avec les Ă©crivains amĂ©ricains du Nature writing («l’écriture de la nature»), en particulier le regrettĂ© Jim Harrison et les Ă©crivains amĂ©rindiens, prĂ©cise-t-il. Mais aussi la rĂ©alitĂ© des luttes et alternatives Ă©cologiques dans les termes d’aujourd’hui, les AMAP françaises, la vente directe, les marchĂ©s locaux. La lecture d’AndrĂ© Bucher est un puissant encouragement pour celui ou celle qui est, Ă  la fois, amoureux de littĂ©rature et persuadĂ© que l’agriculture biologique, locale et solidaire est la seule Ă  mĂȘme de nourrir l’humanitĂ© sans dĂ©grader les «pays», les lieux et les sols qui hĂ©bergent la vie. Elle ouvre les portes qu’on tient trop souvent fermĂ©es entre les deux «cultures», celle qui nourrit les corps et celle qui alimente tout le reste, toutes deux nous situant dans une relation particuliĂšre avec la nature, constituĂ©e Ă  la fois de participation et de distance. «Ce que je crois savoir, Ă©crit AndrĂ© Bucher du bout de la plume, est que nous devons intercĂ©der dans le cycle naturel mais avec discernement et beaucoup d’humilitĂ©.» L’auteur y sĂšme Ă©galement de l’humour, du mythe et une musique de la phrase oĂč le silence a sa part. À l’écart est une mise en bouche ; on en sort avec l’envie de marcher sur les sentiers de la montagne de Lure, de goĂ»ter encore et toujours aux dĂ©cors de Haute-Provence, et avec la rĂ©solution de lire les derniers romans d’AndrĂ© Bucher. Les titres en disent long : La VallĂ©e seule (2013), La Montagne de la derniĂšre chance (2015). Ils sont publiĂ©s chez l’excellent Ă©diteur marseillais Le mot et le reste, dont le catalogue recĂšle aussi des trĂ©sors de traduction de Thoreau dont nous reparlerons.

Guillaume Lohest
Valériane Juillet-août 2016

- Reportage sur André Bucher pour le 19/20

À la rencontre d’AndrĂ© Bucher, sur ses terres, chez lui. Un reportage de France 3 Provence-Alpes.
DiffusĂ© le lundi 4 juillet Ă  19h00 (Ă  partir de 12’08).

Voir le reportage en replay sur le site de France 3

Véronique Bouvier
France 3 Provence-Alpes 4 juillet 2016

- À l'Ă©cart

Note : 5/5

QuatriĂšme titre de « notre » « Ă©crivain-paysan » ou « paysan-Ă©crivain » chez Le mot et le reste et je crois que l’on pourrait le considĂ©rer comme une sorte de bilan, d’auto-analyse.

Il justifie son titre par le fait qu’il est Ă  l’écart des modes, des lieux oĂč il faudrait ĂȘtre, des styles, etc. Il explique comment il en est arrivĂ© lĂ . Et ce qu’il dit de l’endroit qu’il habite nous laisse prĂ©sumer qu’il mĂšne une vie « tranquille » mais pas tout Ă  fait sereine tant le poids de la sociĂ©tĂ© et du monde pĂšse autour de lui. J’ai relevĂ© trois citations qui vous donneront une idĂ©e du bonhomme, de l’honnĂȘte homme que l’on sent marcher dans la campagne d’un pas rythmĂ© par la rĂ©flexion.

« MĂȘmes les plus remarquables expĂ©riences, les plus belles initiatives, si on n’y prend garde, finissent par ĂȘtre dĂ©voyĂ©es. (Le rock des annĂ©es soixante, par exemple). Ce que Guy Debord en son temps (1967) intitula La SociĂ©tĂ© du spectacle. Pour illustrer le propos, j’ai rĂ©guliĂšrement une grave crise d’urticaire, lorsque j’entends la chanson de John Lennon. Qui aurait cru qu’un jour son titre servirait de slogan publicitaire pour glorifier l’imagination et servir de vulgaire promotion au CrĂ©dit Agricole. »

« Que de fois n’entendons-nous pas : « On ne va pas revenir Ă  la bougie ! » Dans la bouche de supposĂ©s intellectuels, je trouve cela affligeant. »

« Par analogie, si nous nous prĂ©occupons de l’état de la planĂšte que nous lĂ©guerons Ă  nos enfants, en revanche on peut tout autant s’interroger sur quels enfants nous laisserons Ă  cette mĂȘme planĂšte. »

Je ne sais pas vous, mais moi, il me semble qu’un individu qui tient ce type de propos mĂ©rite d’ĂȘtre lu plus avant. Mais peut-ĂȘtre est-ce parce qu’il est nĂ© en 1946 ? Peut-ĂȘtre aussi que les jeunes lecteurs d’aujourd’hui n’ont pas les mĂȘmes prĂ©occupations.

Bonne lecture.`

Retrouvez la chronique de Noé Gaillard sur le site de Daily Books

Noé Gaillard
Daily Books 20 juin 2016

- La Grande Librairie

François Busnel invite AndrĂ© Bucher sur son plateau pour parler de son nouvel ouvrage À l’écart et de la réédition de son “magnifique roman” FĂ©e d’hiver.

Revoir l’émission sur le site de France 5

François Busnel
France 5 05 mai 2016

- Bucher par Bucher

Une pause. PoĂšmes, nouvelles, carnet de voyage et 8 romans tracent la voix littĂ©raire du paysan Ă©crivain AndrĂ© Bucher. Le montagnard de Montfroc (26) a plantĂ© sa vie Ă  l’écart, enfouissant d’abord ses mots pour animer son idĂ©al de libertĂ© et nourrir sa famille. Ce n’est qu’à partir de 1990 qu’il s’autorise Ă  réécrire dans la nature qui l’habite.
EditĂ© chez Sabine Wespieser, DenoĂ«l et Le mot et Le reste, repris en poche, l’ñpre paysan n’a pas dĂ©tournĂ© ses pas, ni Ă©coutĂ© les corneilles du succĂšs. Il revient dans un ouvrage d’une centaine de pages en ellipses, rĂ©flexions, critiques, fragments 
 sur l’éclosion, l’expression et les fondements de son Ă©criture.
Loin de l’autobiographie, son exĂ©gĂšse est tranchante, extrĂȘmement fine. Se rattachant au courant du «nature writing» («quitte Ă  se voir attribuer une Ă©tiquette»), AndrĂ© Bucher se raconte, analyse et Ă©pluche. Pudiquement, rĂ©solument. L’aveu de l’abandon de la mĂšre permet vite de laisser s’envoler sa poĂ©tique, souvent qualifiĂ©e de voix singuliĂšre. «  j’ai pensĂ© Ă  mon tour que l’écriture de la nature, entre autres actions, permettait de dĂ©placer le curseur de l’engagement mais paradoxalement elle vous invite, vous appelle au silence et au doute. C’est peut-ĂȘtre de cette tension, de ces instants magiques et fragiles, que se nourrit ma relation Ă  la nature et qui produit ce que je nommerais «une Ă©criture de l’incertitude.»
Agriculture Ă©cologique, rapport Ă  la nature, inscriptions dans le temps et l’espace, relations aux
animaux
 ce ne sont pas des convictions, des dĂ©finitions. C’est une gĂ©ographie intime, une typologie de l’écriture, une carte de la mĂ©moire. PrĂ©supposĂ© de lecture d‘«A l’écart» : avoir lu AndrĂ© Bucher ! ou aimer les procĂ©dĂ©s de fabrique.

La Tribune 14 avril 2016