Ă l'abri du mal
Le destin de deux justiciers de fortune qui se pensaient Ă lâabri du mal.
Au cĆur des PyrĂ©nĂ©es, dans la vallĂ©e de la Himone, coule la Lisette, cours dâeau paisible dont la beautĂ© nâest altĂ©rĂ©e que par la prĂ©sence de lâusine Laely et de ses rejets toxiques. Câest sur la rive, non loin de ce monstre de ferraille, que le corps dâune jeune femme brĂ»lĂ©e au troisiĂšme degrĂ© est retrouvĂ©. LâhypothĂšse de lâaccident chimique est sur toutes les lĂšvres. Convaincus quâil ne peut en ĂȘtre autrement, MĂ©lanie, une saisonniĂšre idĂ©aliste en manque de combats, et son compagnon Abdel, ouvrier de lâusine et lascar repenti, vont se mettre en quĂȘte dâune justice que personne ne semble vouloir appliquer. AvivĂ©e par une Ă©criture tranchante, une imprĂ©visible spirale de violence va dĂ©ferler sur les personnages et piĂ©tiner leurs espoirs. Seule la montagne, majestueuse, pourra alors rivaliser avec la noirceur de lâĂąme humaine.
Revue de presse
- à l'abri du mal Bruno Chiron Bla bla blog 1 août 2021
- Ă l'abri du mal Fanny H Collectif Polar 12 juillet 2021
- Ă l'abri du mal E.M. et M.D Les notes 11 juin 2021
- Ă l'abri du mal Jean-Michel Isebe Polarmaniaque 24 mai 2021
- à l'abri du mal W Cassiopée Mediapart / Le coin des polars 23 mai 2021
[âŠ] Abdel entraine Marco dans un terrible engrenage, il est alors suspectĂ© du meurtre de la jeune fille et placĂ© en garde Ă vue, tandis que MĂ©lanie joue un jeu de sĂ©duction trouble. DerriĂšre lâode Ă la nature sauvage pointe lâhommage aux ĂȘtres blessĂ©s, que la violence sociale contraint Ă renoncer Ă leur volontĂ© de rĂ©demption.
Une chronique à lire en intégralité dans ALIBI
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La mort de cette jeune femme est dâautant plus un choc dans ce village peuplĂ© de gens modestes quâil semble que la cause en soit une usine, construite comme un dĂ©fi Ă la nature.
On peut lire Ă lâabri du mal comme un polar Ă©cologique, un sous-genre en vogue en cette pĂ©riode oĂč lâenvironnement est dans tous les esprits. Sauf que Sylvain MatorĂ© brouille les pistes en passant dâun personnage Ă un autre : la mort dâune jeune femme innocente devient le prĂ©texte Ă une opĂ©ration de pieds nickelĂ©s qui va vite montrer ses limites, pour ne pas dire quâelle va sâavĂ©rer vaine et destructrice Ă bien des Ă©gards.
Personne nâest rĂ©ellement Ă sauver dans cette histoire dense et crĂ©pusculaire oĂč âles cols et les pics se tirent la bourreâ. Face aux Ă©lĂ©ments, aux montagnes, Ă une riviĂšre insaisissable et Ă une vallĂ©e semblant vivre en autarcie, lâhomme se rĂ©vĂšle dans toute sa cruautĂ©, son Ă©goĂŻsme, ses penchants et, finalement, son animalitĂ© naturelle.
Une chronique à retrouver en intégralité sur Bla bla blog
AprĂšs plusieurs dĂ©lits et un sĂ©jour en prison, Abdel retourne sur un lieu de vacances quâil a connu enfant : Larmenvielle. La chance a lâair de lui sourire enfin. Il fait la rencontre dâune dame agĂ©e qui le loge et lui trouve trĂšs rapidement un emploi Ă lâusine du coin : Laely. Il rencontre Ă©galement lâamour en la personne de MĂ©lanie, un petit bout de femme aux idĂ©es bien arrĂȘtĂ©es.
Ils forment un couple dâĂ©corchĂ©s vifs. Pourtant, elle vient dâune famille stable mais elle a quand mĂȘme touchĂ© Ă la drogue, a trainĂ© dans des squats et a visitĂ© le monde.
Chasser le naturel, il revient⊠lentement et sûrement. Abdel fréquente un autre couple Marco et AngÚle qui trafiquent réguliÚrement à droite, à gauche.
Et puis un corps est dĂ©couvert dans un ruisseau jouxtant Laely, celui dâune jeune femme, Marion Bourdin. Rien ne sera plus jamais pareil dans la petite vie de ce quatuor paumĂ©.
Les rejets de lâusine sont-ils mis en cause ? Quels mĂ©faits se cachent en son sein ? Qui protĂšge qui ? MĂ©lanie reproche souvent Ă son compagnon son emploi dans cette entreprise polluante et destructrice de la natureâŠ
LâenquĂȘte sera menĂ©e par le commandant Desourd, monsieur muscle, et lâofficier Brunelle qui apprendront tout deux Ă travailler ensemble.
Sylvain MatorĂ© dĂ©taille avec une grande attention les lieux et les paysages notamment les villages, les vallĂ©es, les cours dâeaux et leur proximitĂ©. On visualise vraiment lâendroit oĂč se dĂ©roule lâaction, il arrive Ă nous les faire ressentir.
Il installe ses personnages en nous les dĂ©crivant prĂ©cisĂ©ment physiquement et mentalement afin de mieux entrer dans lâhistoire. Cela nous permet de bien connaĂźtre chacun dâeux pour mieux comprendre leur fonctionnement. Puis, petit Ă petit, nous entrons dans lâenquĂȘte qui ne sera pas facile.
Lâauteur met lâaccent sur lâĂ©cologie et la pollution de lâeau. MalgrĂ© les normes en vigueur, certaines entreprises ne les respectent toujours pas et arrivent Ă contourner le rĂšglement. Sylvain MatorĂ© nous explique trĂšs bien comment cela se passe en nous donnant un exemple de tricherie. Il dĂ©crit Ă©galement le fait que dĂšs quâil se passe quelque chose de grave, on soupçonne aussitĂŽt la personne qui a dĂ©jĂ connu des dĂ©mĂȘlĂ©s avec la justice ou qui a la peau colorĂ©e.
Cet auteur est une dĂ©couverte pour moi et jâai bien aimĂ© le sujet principal dont il traite et la façon dont il lâĂ©crit. A mon avis, la fin sâouvre sur une suite alors donc peut-ĂȘtre, Ă suivreâŠ
Une chronique Ă retrouver sur Collectif Polar
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Le roman dĂ©marre comme une intrigue policiĂšre sur fond dâabus de pouvoir et de malversations, mais dĂ©vie progressivement vers une sombre Ă©tude de mĆurs, mettant en lumiĂšre la complexitĂ© de la nature humaine. Lâauteur dĂ©peint des personnages aux psychologies fouillĂ©es qui tentent de vivre avec leurs fragilitĂ©s et leur blessures intimes, chacun ayant une vision de la sociĂ©tĂ© façonnĂ©e par son Ă©ducation et son statut social, dans une sĂ©rie de portraits sâattachant particuliĂšrement aux marginaux, aux rebelles. Alternant entre de belles descriptions de paysages majestueux, qui font Ă©cho parfois aux caractĂšres et dont la dimension analogique est soulignĂ©e, et la descente aux enfers de personnages incapables de maĂźtriser leur destin, ce roman offre une atmosphĂšre particuliĂšre captivante.
La chronique est à retrouver en intégralité sur Les notes
Une vallĂ©e pyrĂ©nĂ©enne trĂšs enclavĂ©e, un monstre industriel agroalimentaire posĂ© comme un furoncle au milieu dâune nature exubĂ©rante et dâune montagne majestueuse, et parmi ces Ă©lĂ©ments, de petites communautĂ©s dâautochtones dont ceux du minuscule village de Peyradol. Un quatuor de paumĂ©s Ă la marge de la sociĂ©tĂ©, Abdel le seul un tantinet intĂ©grĂ©, MĂ©lanie, au travail intermittent, Marco, dealer de petite envergure et AngĂšle qui joue de ses charmes vĂ©nĂ©neux traversent cet opus couleur dâobsidienne. Un corps fĂ©minin est retrouvĂ© sur les rives de la Lisette, baignant dans des rejets ammoniacaux. Ăvidemment, tous les regards, dont ceux de la marĂ©chaussĂ©e locale se tournent vers lâusine et ses responsables ou ses irresponsables. Mais les gendarmes JĂ©rĂŽme Desourd et StĂ©phanie Brunelle vont multiplier les impairs et se fourvoyer Ă chaque fois , se laissant conditionner par les apparences. Les personnages sont particuliĂšrement attachants dans ce roman noir haletant, oppressant, presque Ă©prouvant pour les nerfs du lecteur. LâĂ©criture en est remarquable et nâautorise aucune pause, vous allez ĂȘtre englouti tels les hĂ©ros, dans leur descente abyssale et ne pouvoir y Ă©chapper!
Extrait :âAlors, elle a pensĂ© ce cadavre comme une victime du systĂšme, un des dommages collatĂ©raux de lâusine Ă fric globalisĂ©e, lâusine Ă pomper les ressources de la Terre jusquâĂ la moelle, lâĂ©puiser, lâessorer, pour transformer ces matiĂšres en billets, et recracher de la crasse pour finir de lâachever.â
Câest une superbe dĂ©couverte que cet ouvrage.
Une chronique Ă retrouver sur Polarmaniaque
Comme un parfum de dĂ©sespĂ©ranceâŠ.
Dans cette vallĂ©e des PyrĂ©nĂ©es, au cĆur dâun petit village de montagne, il nây pas grand-chose Ă faire. Mais la vie est calme, proche de la nature et la plupart sâen contentent. Surtout que lâusine Laely donne du boulot aux gens du coin. Bien sĂ»r Jean-Paul Lanteau, le patron, nâest pas toujours trĂšs honnĂȘte dans sa charte de bonne conduite. Les dĂ©chets toxiques, censĂ©s ĂȘtre recyclĂ©s, sont parfois « Ă©chappĂ©s » dans la Lisette, la belle riviĂšre sauvage qui coule Ă proximitĂ©. Mais on fait comme si on ne savait pas, et puis dâabord, il ne dĂ©passe pas un certain taux et rien de grave nâen dĂ©coule, nâest-ce pas ?
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Cette lecture mâa captivĂ©e. Jâai apprĂ©ciĂ© lâomniprĂ©sence des PyrĂ©nĂ©es, de lâenvironnement, des lieux prĂ©sentĂ©s, tous sont Ă©voquĂ©s avec beaucoup de doigtĂ© et dâintelligence. Ce nâest pas seulement lâaspect Ă©cologique, mais tout un ensemble qui dĂ©montre combien il est important de respecter le rythme naturel de chaque coin du monde pour vivre en harmonie. Ce roman policier, outre lâintrigue, est un vĂ©ritable plaidoyer pour que le lecteur prenne conscience de certains faits. Câest trĂšs bien pensĂ© cette « double entrĂ©e ». Les personnages ne sont pas trop caricaturaux, ils sont parfois dans le mal-ĂȘtre ou la toute puissance mais sans exagĂ©ration. On comprend vite que certains vont ĂȘtre entraĂźnĂ©s plus loin que ce quâils souhaitaient et quâils risquent de souffrir. LâĂ©criture est belle, parfois poĂ©tique, enrichie par des approches trĂšs visuelles des lieux, jâavais presque lâimpression de contempler des photos. LâatmosphĂšre, teintĂ©e de dĂ©sespĂ©rance, est lourde de sens. Ă nous de ne pas oublier, une fois le livre refermĂ©.
Une chronique Ă retrouver sur Mediapart