🔍
Parution : 21/03/2019
ISBN : 9782360549511
366 pages (14,8 x 21 cm)

Aéroplanes

Un roman politique qui jette la lumiĂšre sur un Ă©pisode mĂ©connu de l’histoire de France, dans une rĂ©gion du monde oscillant entre pratiques cultuelles et dĂ©clin colonial.

Juin 1979. La journaliste Gabrielle Neuville est envoyĂ©e en Nouvelle-CalĂ©donie pour couvrir les Ă©lections territoriales. Au lendemain du scrutin, elle dĂ©couvre les Nouvelles-HĂ©brides. InterloquĂ©e par l’anachronique systĂšme de double tutelle franco-anglaise qui rĂ©git l’archipel, elle dĂ©cide de le visiter. Sur place, deux visions du monde s’opposent. Celle des anglophones presbytĂ©riens qui poussent Ă  l’indĂ©pendance et celle des francophones paĂŻens et traditionalistes. En immersion auprĂšs de ces derniers, elle fait l’expĂ©rience du culte du cargo, induit par la prĂ©sence amĂ©ricaine lors de la seconde guerre mondiale, et rencontre leurs adeptes, les John From. Comment ce culte messianique parodiant les procĂ©dures de ravitaillement militaire – avions, tours de contrĂŽle et radios en bois Ă  l’appui – dans le but de voir dĂ©barquer des provisions peut-il encore exister et cohabiter avec la rĂ©alitĂ© politique et technologique moderne?

Revue de presse

- Marc Trillard et le fait colonial Yves Gabay La DĂ©pĂȘche du Midi 29 aoĂ»t 2019
- Des rituels étranges et anachroniques aux Nouvelles-Hébrides Daniel Rolland Culturehebdo mai 2019

- Marc Trillard et le fait colonial

Marc Trillard est un infatigable bourlingueur, un incomparable raconteur d’histoires et de voyages qu’il partage au travers de ses nombreux livres et documentaires. Son nouveau roman, « AĂ©roplanes », est passionnant. Il nous emmĂšne en Nouvelle-CalĂ©donie, sur les traces d’une journaliste, Gabrielle, qui doit couvrir les prochaines Ă©lections territoriales. La jeune fille va dĂ©couvrir les Ăźles voisines des Nouvelles-HĂ©brides et le culte du cargo et les fameux John From, qui imitent les opĂ©rateurs radio amĂ©ricains et japonais pour obtenir du ravitaillement
 « C’est en faisant des recherches n’ayant rien Ă  voir avec le sujet du roman que je suis tombĂ© sur la photo des MĂ©lanĂ©siens devant un avion fictif et que j’ai dĂ©couvert le culte du cargo, explique l’auteur depuis les Philippines oĂč il vit aujourd’hui. En explorant la piste, j’ai appris l’existence de l’ancienne colonie des Nouvelles-HĂ©brides. Ma surprise fut grande quand je sus que ce systĂšme colonial avait perdurĂ© jusqu’en 1980 : la derniĂšre colonie française, oubliĂ©e, sinon cachĂ©e ou secrĂšte
 DĂšs lors, j’avais tous les Ă©lĂ©ments, tous les dĂ©clencheurs de mon histoire : un culte baroque largement inconnu de nous, dans le cadre d’une situation politique volatile et bientĂŽt violente. » L’intrigue est menĂ©e d’un style alerte et l’on tourne avec Gabrielle quelques pages mĂ©connues d’une histoire contemporaine française peu glorieuse et peuplĂ©e de barbouzes et colons inquiĂ©tants et plus vrais que nature.

Services secrets et indépendance

« Cette histoire Ă©tait excitante Ă  mes yeux rĂ©pondait Ă  deux de mes prĂ©occupations majeures : le fait colonial – mon pĂšre fut un des soldats du corps expĂ©ditionnaire au Vietnam – et les diverses manifestations de la superstition dans le monde contemporain. J’ai Ă©crit l’essentiel du livre depuis chez moi, ce qui fut une nouveautĂ© pour moi mais, alors que j’étais sur la fin du livre, le hasard m’emmena sur place, au Vanuatu, pendant une douzaine de jours. Cela me permit de rencontrer l’un des acteurs majeurs de l’indĂ©pendance, qui me fournit quelques prĂ©cieuses informations sur l’ingĂ©rence des services secrets français dans le pays de cette Ă©poque
 »

Yves Gabay
La DĂ©pĂȘche du Midi 29 aoĂ»t 2019

- Des rituels étranges et anachroniques aux Nouvelles-Hébrides

Ce qu’il y a de formidable avec la connaissance, c’est que plus on apprend et plus on se rend compte que nous sommes des nains devant le savoir. Ainsi qui d’entre nous, levez la main, savaient ce qu’est le culte du cargo ? GrĂące Ă  Marc Trillard vous saurez tout ou presque Ă  son sujet, sur ces rituels qui ont pris naissance Ă  la fin du XIXĂšme siĂšcle en OcĂ©anie. OĂč les indigĂšnes Ă©taient fascinĂ©s par l’abondance des biens matĂ©riels entre les mains des occidentaux. Ils ignoraient tout ce qui se tramait derriĂšre la production et le financement des biens. Pour eux, c’étaient comme des fabricants de produits miracles. Donc est nĂ© ce culte du cargo pour favoriser l’arrivĂ©e de l’abondance. Autrement dit c’est une vision millĂ©nariste du monde. Dans son roman AĂ©roplanes l’écrivain met en scĂšne une journaliste qui dĂ©barque en 1979 en Nouvelle-CalĂ©donie et aux Nouvelles-HĂ©brides. Et c’est dans cet archipel qu’elle sera confrontĂ©e Ă  ce culte local. L’occasion de faire votre initiation dans cet univers parallĂšle et captivant. Ah, oui, vous a-t-on dit que c’est magnifiquement Ă©crit ?

Daniel Rolland
Culturehebdo mai 2019