Arbres en péril
Nos villes, leur dernier sanctuaire
Si le constat est sombre, ce teÌmoignage montre que nous avons les connaissances neÌcessaires pour mieux comprendre le deÌclin silencieux mais massif de la biodiversiteÌ et inverser la situation.
LaurĂ©at du Prix du livre de lâarbre 2021
Conçu comme un voyage botanique qui emmeÌne le lecteur sur les cinq continents, Arbres en peÌril deÌploie lâhistoire de ces migrants veÌgeÌtaux qui au fil des sieÌcles ont agreÌmenteÌ parcs et jardins, et dont lâavenir aÌ lâeÌtat sauvage est largement menaceÌ. CommuneÌment planteÌes dans notre environnement proche, certaines essences dâornement peinent aÌ subsister dans leur milieu naturel. Combien de ceÌdres, de seÌquoias, de marronniers et de milliers dâautres espeÌces subissent les nuisances causeÌes par les hommes? Surexploitation forestieÌre, seÌcheresse, pathogeÌnes, urbanisation galopante entraiÌnent un deÌclin massif qui affecte preÌs de la moitieÌ de la diversiteÌ arboricole de la planeÌte. Il subsiste toutefois lâespoir que le grand public par son inteÌreÌt croissant pour ces grands veÌgeÌtaux puisse contribuer aÌ leur sauvegarde.
Revue de presse
- Arbres en péril Daily Greens n°29 janvier 2022
- Arbres en péril La vie, l'univers et le reste 11 mai 2021
- Arbres en péril Revue Silence octobre 2021
- Interview de David Happe Radio Arverne // Journal d'un agrologue 17 septembre 2021
- Interview de David Happe Podcast La voix veĂŹrte / VeĂŹr Magazine 2 septembre 2021
- Interview de David Happe Joe Saccal Ouest France 13 août 2021
- Arbres en péril Yves Leers JNE 21 juin 2021
- Arbres en péril JC. Breton Revue EspÚces juin 2021
- Ma Petite PlanÚte : des géants en Béarn Julie Laussat La Rép des Pyrénées 22 mai 2021
- Arbres en péril The Magic Orange Plastic Bird 10 mai 2021
- Arbres en péril Nathalie Vanhauwaert Le coin lecture de Nath 7 mai 2021
- Interview de David Happe Christophe Noiseux France Bleu Pays d'Auvergne // L'invité H2O 26 mars 2021
- Arbres en péril Tela Botanica Tela Botanica 11 mars 2021
- Arbres en péril La lettre de l'aboriculture La lettre de l'aboriculture mars 2021
- Quatre espĂšces dâarbres sur dix sont menacĂ©es de disparition David Happe Reporterre 3 mars 2021
Aussi paradoxal que cela puisse paraĂźtre, un grand nombre dâespĂšces dâarbres dans le monde, en voie de disparition dans leur aire dâorigine, survivent dans des mĂ©tropoles, parcs, jardins botaniques, arboretums, voire plantations forestiĂšres, de pays Ă©loignĂ©s, oĂč elles ont Ă©tĂ© acclimatĂ©es. Arbres en exil (et en survie) serait le titre le plus appropriĂ© pour cet ouvrage, dans lequel David Happe dresse un panorama de ces immigrĂ©s vĂ©gĂ©taux, issus des cinq continents, et dont les parents dans leurs pays dâorigine disparaissent, victimes dâincendies, de surexploitation, dâurbanisation, de dĂ©frichements, de changement climatique ou dâaugmentation des parasites. Ainsi, nous dit-il, un tiers des espĂšces dâĂ©rables, la moitiĂ© de celles de magnolias, 80 espĂšces de chĂȘnes et 60 de bouleaux, souvent endĂ©miques, sont susceptibles de disparaĂźtre Ă court ou moyen terme de leur aire naturelle. Araucaria, cyprĂšs de Lawson sont sur liste rouge ; dâAcer griseum, en Chine, il ne resterait que 200 Ă 250 individus ; de Sorbus leyana, au Pays de Galles, une vingtaine dâindividus seulement survivent accrochĂ©s Ă des falaises. Notre marronnier commun lui-mĂȘme, si prĂ©sent le long de nos avenues, est en voie de disparition dans ses pays dâorigine, Nord de la GrĂšce et Bulgarie et disparu dâAlbanie. Or, si ces arbres survivent, plus ou moins bien, dans les villes oĂč ils ont Ă©tĂ© introduits, ils restent des individus isolĂ©s, dĂ©connectĂ©s de leur environnement naturel et, lĂ oĂč ils disparaissent, dans leur aire dâorigine, disparaĂźt aussi la biodiversitĂ© qui leur est associĂ©e.
Cette semaine jâaimerais vous parler de deux livres, lâun que jâai eu le plaisir de feuilleter en numĂ©rique -mais que je vous recommande vivement en version papier âArbre en PĂ©rilâ de David Happe. Câest le genre de livres qui a priori peut donner lâimpression de nâĂȘtre adressĂ© quâaux spĂ©cialistes du domaine. Pourtant, rapidement, on est happĂ© par le rĂ©cit : origines des essences dâarbres, leur voyage de continent en continent. Dans leur grande majoritĂ©, les noms de ces arbres me nâĂ©taient pas inconnus, mais le plus Ă©tonnant est de dĂ©couvrir que beaucoup dâentre eux sont en danger critique dâextinction. La lecture est agrĂ©able et nous permet de mesurer concrĂštement notre impact sur lâenvironnement.
Alors que la COP 26 dĂ©sespĂšre les citoyens engagĂ©s, je me suis demandĂ© ce que concrĂštement, je pouvais faire⊠Comme pas mal de gens, je sais reconnaĂźtre un chĂȘne, un marronnier, un saule. Je peux hurler, protester, vocifĂ©rer quand on coupe un arbre. Mais aprĂšs ? Est-ce que je suis capable de parler pendant dix minutes dâarbres et de biodiversitĂ© ? Est-ce que quand je vois un tronc dâarbre coupĂ©, je suis capable de savoir si câest pour lâentretien dâune forĂȘt, si lâarbre Ă©tait malade, sâil risquait de tomber sur un humain, ou si câest juste de lâexploitation Ă©conomique ?
Câest au dĂ©tour dâune discussion sur le saule du parc nord, que jâai Ă©changĂ© avec David Happe sur Twitter. Jâai alors dĂ©couvert quâil Ă©tait lâauteur dâun ouvrage âArbres en pĂ©ril, Nos villes leur dernier sanctuaireâ.
ConnaĂźtre pour agir
La premiĂšre des choses qui mâa frappĂ©e quand jâai lu les premiĂšres pages, câest que je manquais de vocabulaire. Quâest-ce quâun organisme corticole ? Câest quelque chose qui vit dans lâĂ©corce. Quand on abat un arbre, lâimpact ne se limite pas Ă une seule espĂšce (lâarbre abattu) mais Ă tout un Ă©cosystĂšme.
Ă la fin du livre, un glossaire Ă©vite dâavoir Ă rechercher sur WikipĂ©dia les mots que lâon nâentendra jamais sur une chaĂźne info. Quand on termine le dernier chapitre, âconnaĂźtre pour agir, agir pour sauverâ, on se sent moins bĂȘte. [âŠ]
Voyage sur les 5 continents
Le livre comporte de nombreuses références, en particulier sur les sites référençant les espÚces menacées, mais aussi sur des articles de presse.
Il est abondamment illustrĂ©, ce qui rend le voyage trĂšs agrĂ©able pour la nĂ©ophyte que je suis, mĂȘme si on peut regretter que les photos soient en noir et blanc. [âŠ]
A lâheure oĂč chacun admire les couleurs automnales, le livre âArbres en pĂ©ril, Nos villes leur dernier sanctuaireâ de David Happe, permet de prendre conscience de la richesse et de la fragilitĂ© de ce patrimoine. Jane Goodal est trĂšs optimiste en disant que chacun de nous fait des choix Ă chaque instant, qui dĂ©truisent ou prĂ©servent la planĂšte. Elle a confiance en lâespĂšce humaine. Se documenter sur les arbres en lisant un livre comme celui-lĂ me semble un bon choix⊠Il ne changera pas le bilan de la COP 26, mais permet de regarder la planĂšte autrement, par exemple de sâĂ©mouvoir parce quâun Ă©norme saule a Ă©tĂ© coupĂ© Ă quelques centaines de mĂštres de arboretum de lâuniversitĂ© Paris Saclay.
Un article Ă retrouver en intĂ©gralitĂ© sur La vie, lâunivers, et le resteâŠ
La disparition de nombreuses espĂšces animales est bien connue. il faut hĂ©las y ajouter les menaces qui pĂšsent sur beaucoup dâespĂšces dâarbres. Les parcs et jardins leur offrent un refuge prĂ©caire. Un voyage botanique sur les cinq continents.
David Happe Ă©tait au micro de lâĂ©mission Journal dâun argrologue diffusĂ© sur Radio Arverne. Vous pouvez *réécouter lâĂ©mission* du vendredi 17 septembre en ligne.
Dans cet épisode, on accueille David Happe, expert arboricole, auteur du livre Arbres en péril aux éditions Le mot et le reste.
Son livre est conçu comme un voyage botanique Ă travers les cinq continents pour dĂ©couvrir la situation Ă©cologique des arbres que lâon connaĂźt bien chez nous. Le platane, lâĂ©rable, le pin, le marronnier⊠font partie de nos paysages français. Mais savez-vous dâoĂč ils viennent ? Avez-vous conscience quâun grand nombre de ces espĂšces sont inscrites sur la liste rouge mondiale des espĂšces menacĂ©es ?
Avec David, on parle de son mĂ©tier de « docteur des arbres » mais surtout de la situation alarmante des forĂȘts Ă travers le monde.
âLes arbres sont les poumons de la planĂšte.â
Ouest France : En quoi consiste le mĂ©tier dâexpert arboricole ?
David Happe : Lâexpert arboricole est en quelque sort un conseiller concernant les arbres dans le milieu urbain. Il ne faut pas confondre notre mĂ©tier avec celui dâexpert forestier qui, par logique, est concernĂ© par les arbres en forĂȘt. Nous essayons au mieux de prĂ©server les arbres dans les parcs et les jardins ou encore en bord de route. Je nâai pas la prĂ©tention dâĂȘtre mĂ©decin mais dans lâidĂ©e, cela se ressemble. En tant quâexpert arboricole, je regarde si les arbres sont sains ou malades, sâils sont fragiles ou dangereux. Personnellement, je travaille beaucoup avec les collectivitĂ©s publiques et les communes, et un peu avec les particuliers.
Ouest France : Comment vous est venue lâidĂ©e dâĂ©crire ce livre ?
David Happe : Jâaime communiquer sur les sujets qui me passionnent. Ce dernier en est un. Lors dâun voyage en Californie en 2018, jâai assistĂ© aux grands feux de forĂȘts. JâĂ©tais Ă 40 kilomĂštres et jâai Ă©tĂ© plongĂ© dans un brouillard irrespirable. Jâai alors pris la mesure de lâampleur du sujet. Pourquoi parle-t-on beaucoup du nombre dâincendies dans le monde mais jamais du nombre dâespĂšces dâarbres menacĂ©s Ă cause de ces derniers ? Par la suite, jâai publiĂ© plusieurs articles sur ces Ă©vĂ©nements et les retours Ă©taient bons. Alors je me suis dit pourquoi pas en Ă©crire un livre.
Ouest France : De quoi parle-t-il ?
David Happe : Les arbres sont les poumons de la planĂšte. Il y en a 3 000 milliards aujourdâhui sur la Terre. Dâici un siĂšcle, ce chiffre sera rĂ©duit de moitiĂ©. 50 % des espĂšces sont menacĂ©es de disparaĂźtre Ă court ou moyen terme. Arbres en pĂ©ril est conçu comme un voyage botanique sur les cinq continents, oĂč lâhistoire des arbres qui agrĂ©mente nos parcs et nos jardins et dont lâavenir est menacĂ© dans leur milieu naturel, tel que le marronnier, est racontĂ©e.
Ouest France : En plus de leur espace naturel mis Ă mal par le rĂ©chauffement climatique et lâaction de lâHomme, pourquoi les arbres dans lâespace urbain sont menacĂ©s ? En quoi est-ce un danger ?
David Happe : Les habitudes ont Ă©voluĂ©. Il y a un siĂšcle et plus, pour planter un arbre, une surface sous sol dâenviron une trentaine de mĂštres lui Ă©taient dĂ©diĂ©s. Aujourdâhui, seuls quelques mĂštres lui sont accordĂ©s sous sol et trĂšs peu de hauteur Ă la surface. Alors quelques annĂ©es plus tard, ils ne poussent pas droit et ils dĂ©rangent, donc on les Ă©lague.
Les arbres sont nos premiers rĂ©gulateurs climatiques. Ils stockent certains gaz Ă effet de serre. Ils rĂ©gulent aussi les rĂ©gimes dâeaux. Ils sont essentiels pour lâindustrie du bois ou encore lâĂ©conomie dâun pays dont ils sont les principaux atouts touristiques. Enfin, ils peuvent aussi contribuer au bien-ĂȘtre de lâĂȘtre humain. Sans eux, certaines grandes villes ne pourront plus ĂȘtre habitables dâici un siĂšcle.
Ouest France : Comment remédier à cela ?
David Happe : Il faut savoir que la France nâest pas le pire Ă©lĂšve en matiĂšre de santĂ© des arbres. On estime que la surface forestiĂšre en France augmente de 0,7 % chaque annĂ©e. On remarque aussi que de nombreuses collectivitĂ©s vantent le fait de planter un certain nombre dâarbres. Câest une bonne chose, mais il faudrait sâĂ©carter de cette politique de chiffre. Beaucoup dâarbres sont plantĂ©s dans de mauvaises conditions et des choix dâespĂšces trop homogĂšnes. Ainsi, il faudrait augmenter la qualitĂ© et la diversitĂ© des plantations. Les collectivitĂ©s locales, les grandes mĂ©tropoles et les communes ont un rĂŽle essentiel Ă jouer dans ce changement.
Une interview Ă retrouver sur Ouest France
VoilĂ un inquiĂ©tant voyage botanique planĂ©taire ! Lorsque jâai refermĂ© le livre de David Happe, mon regard sur les arbres a vraiment changĂ© ! TrĂšs vite, je me suis aperçu que ces grands arbres familiers, fiertĂ©s de nos parcs et jardins botaniques depuis si longtemps, ont commencĂ© Ă me raconter une autre histoire : celle de ces arbres Ă lâĂ©tat sauvage sur leur terre dâorigine, lĂ oĂč ils tentent de survivre ou sont tellement menacĂ©s que la question de leur survie se pose : « Combien de cĂšdres, de sĂ©quoias, de marronniers et de milliers dâautres espĂšces subissent les nuisances causĂ©es par les hommes », sâinterroge Happe, qui a le regard aiguisĂ© du forestier et de lâĂ©cologue : Un arbre sur deux menacĂ© dans le monde ⊠grĂące Ă nous !
Les causes de ce dĂ©clin dâun arbre sur deux sont trop bien connues : surexploitation forestiĂšre, sĂ©cheresse, stress hydrique, pathogĂšnes, urbanisation, tout cela sur fond de changement climatique. « Ce dĂ©clin massif, Ă©crit lâauteur, affecte prĂšs de la moitiĂ© de la diversitĂ© agricole de la planĂšte ». La France nâest pas Ă©pargnĂ©e, spĂ©cialement dans les territoires ultra-marins, dont la biodiversitĂ© naturelle est exceptionnelle.
Dans ce livre de 200 pages, illustrĂ© de centaines de notes historiques et de photographies en noir-et-blanc â timbres-poste ou pleine page â David Happe nous raconte lâaventure de ces arbres Ă la maniĂšre dâun voyage planĂ©taire botanique : les plus grands arbres du monde (un sĂ©quoia en Californie), les plus hauts (75 mĂštres environ), ceux dont le tour de taille est imbattable (50 mĂštres) ou encore les grands vĂ©tĂ©rans toujours en vie : des pins amĂ©ricains (jusquâĂ 5.000 ans).
Les performances de ces arbres sont une chose, leur survie en est une autre : ils sont victimes dâune « tempĂȘte silencieuse », selon la formule dramatique de Claudine Richter (Office national des forĂȘts), citĂ©e par Happe. « TempĂȘte silencieuse », car nous nâimaginons pas ce qui se passe vraiment pour ces grands arbres dans leur milieu naturel, et non pour ceux qui ont Ă©tĂ© transplantĂ©s dans les parcs occidentaux, au retour de grandes expĂ©ditions. Lâauteur nous conte en dĂ©tail lâhistoire de ces gĂ©ants sur les cinq continents, ces « migrants vĂ©gĂ©taux » quâil dĂ©crit comme « des survivants des forĂȘts (âŠ), tĂ©moins du dĂ©clin de la nature planĂ©taire ».
Lorsque lâon pense âextinctionâ, ce nâest pas lâimage dâun arbre qui vient dâabord Ă notre esprit, pas plus que lorsque lâon pense âmigrationâ. Bien sĂ»r, si lâon compare le nombre dâespĂšces dâarbres en danger Ă celui des espĂšces animales, il semble dĂ©risoire, mais David Happe attire notre attention sur le fait que beaucoup dâentre elles ont disparu ou tendent Ă disparaĂźtre de leur zone dâorigine. [âŠ] Au-delĂ de ce plaidoyer, Arbres en pĂ©ril est aussi un passionnant voyage dans lâhistoire des peuplements vĂ©gĂ©taux des cinq continents Ă la rencontre de ces espĂšces que lâon pourrait croire banales.
Chaque semaine, la blogueuse paloise Julie Laussat décortique une question du quotidien version écolo.
Chaque annĂ©e, la situation de la forĂȘt Ă travers le monde se dĂ©grade. Que ce soient les consĂ©quences de la dĂ©forestation, les feux gigantesques en Californie ou en Australie ou simplement les dommages causĂ©s par des ravageurs, ce sont des centaines dâespĂšces dâarbres qui sont menacĂ©s dans leur Ă©tat naturel. Au BrĂ©sil, 7 000 km2 de forĂȘts primaires sont dĂ©truites chaque annĂ©e et lâincendie de lâhiver 2019 en Australie a ravagĂ© prĂšs de 12 000 000 ha. Cette situation Ă©meut de plus en plus le public qui prend conscience de la fragilitĂ© extrĂȘme de ces espaces.
Pourtant, nous avons encore peu conscience des variĂ©tĂ©s dâarbres menacĂ©es et encore moins de leur prĂ©sence dans notre rĂ©gion. Le marronnier, le cyprĂšs, le peuplier ou le cĂšdre sont des arbres que lâon connaĂźt bien en France. PlantĂ©es au bord de nos routes, dans les cours dâĂ©coles ou au sein des parcs, ces espĂšces ne nous paraissent pas en danger. Pourtant, elles figurent toutes sur la liste rouge mondiale des espĂšces menacĂ©es par lâUnion internationale pour la conservation de la nature !
Nous avons en effet oubliĂ© que de nombreuses espĂšces ne sont pas natives de nos contrĂ©es et sont en grand danger dans leur espace naturel. Prenez le marronnier, il fait partie des essences les plus plantĂ©es en France, derriĂšre le platane, mais il est en voie de disparition Ă lâĂ©tat naturel, notamment en Albanie ou en Bulgarie.
Découvrir le patrimoine béarnais
Il serait illusoire de penser protĂ©ger ces espĂšces uniquement en les plantant dans nos rĂ©gions. Sâils sont moins confrontĂ©s Ă certaines problĂ©matiques des forĂȘts primaires, ils sont bien plus fragiles face aux ravageurs, tel que certains champignons.
Et surtout, qui a conscience des arbres remarquables autour de lui ? Saviez-vous que le BĂ©arn compte de nombreux arbres aux mesures exceptionnelles, dâespĂšces particuliĂšrement en danger dans leur espace naturel ? Câest le cas dâun cĂšdre de lâAtlas Ă Narcastet qui culmine Ă 46 m de hauteur pour 6 m de circonfĂ©rence, dâun sĂ©quoia de 52 m de haut Ă Laruns, dâun platane de 200 ans et de 45 m de haut dans le parc du chĂąteau Ă Pau.
Leur prĂ©sence dans notre rĂ©gion nĂ©cessite des mesures de protection, notamment en raison de leurs incroyables dimensions, afin de sensibiliser le public Ă leur disparition Ă lâĂ©tat naturel. Une chouette idĂ©e de balade en famille pour trouver tous ces gĂ©ants bĂ©arnais. Pour ceux qui aimeraient en savoir plus, je vous conseille le livre de David Happe « Arbres en pĂ©ril » aux Ă©ditions Le mot et le reste.
Un article à retrouver sur La Rép des Pyrénées
David Happe est technicien forestier et ingĂ©nieur Ă©cologue, basĂ© pour lâinstant en Auvergne mĂȘme si son fil Twitter mâinforme quâil va partir pour la Bretagne (excellent choix, comment lui en vouloir ?). Depuis de nombreuses annĂ©es il Ă©tudie les populations dâarbres aux quatre coins de la planĂšte et dans ce livre il nous fait part de ses recherches et observations, en prenant pour exemple plusieurs essences dâarbres plus ou moins connues du grand public. Il nous alerte sur lâimminence du danger qui guette certaines dâentre elles, au travers dâun âvoyage dendrologiqueâ sur les cinq continents.
Les premiĂšres pages du livre Ă©voquent les constats et mobilisations internationales concernant la biodiversitĂ©, oĂč les espĂšces animales semblent souvent retenir lâattention plus que les espĂšces vĂ©gĂ©tales. Mais depuis quelques annĂ©es, notamment en raison des âmegafiresâ, de la dĂ©forestation galopante et du rĂ©chauffement climatique, le grand public autant que les pouvoirs publics (certains) commencent Ă ouvrir les yeux sur la situation de nos arbres, qui nâest pas brillante.
[âŠ]
Jâai trouvĂ© lâangle choisi par David Happe particuliĂšrement intĂ©ressant, ce parallĂšle entre lâorigine exotique dâun arbre et sa destinĂ©e urbaine. Je vais garder prĂ©cieusement ces informations pour mây rĂ©fĂ©rer lorsque je croiserai un bel arbre Ă lâarboretum de Royat, afin de connaĂźtre son histoire lointaine. Il Ă©voque Ă la fin du livre lâarboretum de Balaine, dans lâAllier, que je nâai toujours pas (honte Ă moi) visitĂ©. Tout cela donne envie de regarder les arbres avec un peu plus dâattention, ce que je ne manque jamais de faire lorsque je randonne, mais jâai envie de mieux connaĂźtre leur nom, leurs origines. Je prĂ©cise quâ Arbres en pĂ©ril est accessible au plus grand nombre, agrĂ©mentĂ© de notes, de photos (en noir et blanc malheureusement) et dâun glossaire qui permettent aux non-spĂ©cialistes de ne pas se perdre en route.
On a parfois lâimpression que nos agglomĂ©rations urbaines font des choix un peu alĂ©atoires, lorsquâelles plantent des arbres. Aujourdâhui encore, jâai vu Ă cĂŽtĂ© de chez moi un petit tilleul (? va falloir que je vĂ©rifie plus prĂ©cisĂ©ment) flanquĂ© dâun panneau de la ville annonçant son âremplacementâ prochain, arguant que parfois, les arbres doivent ĂȘtre remplacĂ©s, ainsi va la vie etc⊠Jâignore sâil est le seul Ă faire les frais de cette opĂ©ration, car ils sont quelques-uns alignĂ©s dans cette rue et câest le plus chĂ©tif. JâespĂšre quâils ne vont pas tous les couper. Dans tous les cas, on gagnerait Ă prendre conseil auprĂšs de personnes qualifiĂ©es car il ne sâagit plus dĂ©sormais de faire de lâornement, mais dâarmer nos villes contre les Ă©pisodes de canicules et de trouver un forme de vĂ©gĂ©talisation pĂ©renne.
Une chronique Ă retrouver sur The Magic Orange Plastic Bird
David Happe nous fait prendre conscience des arbres en péril à travers le monde.
Câest super intĂ©ressant mais aussi interpellant car on parle souvent dâextinction dâespĂšces en pensant aux oiseaux ou autres espĂšces animales mais la flore et les arbres en particulier en font partie intĂ©grante.
Dans ce livre on dĂ©couvre avec de nombreuses photos et croquis Ă lâappui les diffĂ©rentes espĂšces, comment celles-ci on Ă©tĂ© dĂ©couvertes, introduites dans dâautres contrĂ©es mais surtout on prend conscience des menaces, des gestes que lâon pourrait poser pour Ă©viter ou ralentir ces disparitions.
Saviez-vous que sur les cinq continents, ce sont 60.000 espÚces à travers le monde qui sont menacées ?
Saviez-vous quâun tiers des conifĂšres est en rĂ©gression tout comme un tiers des Ă©rables, la moitiĂš des magnolias, 80 espĂšces de chĂȘnes, 60 de bouleaux ?
Saviez-vous que des arbres remarquables comme les sĂ©quoias gĂ©ants sont eux aussi menacĂ©s pour cause de sĂ©cheresse, dâabandon dâanciennes pratiques ancestrales de brĂ»lis, de vulnĂ©rabilitĂ© aux insectes, dâun environnement de sapins plus inflammables ?
Ce livre est trĂšs bien illustrĂ©, de nombreuses photos (juste dommage quâelles soient en noir et blanc), planches ou documents nous racontent lâhistoire dâespĂšces, leur dĂ©couverte, leur introduction dans dâautres continents.
AprĂšs avoir parcouru diverses espĂšces et les menaces pesant sur elles ; comme le peuplier noir victime de pollution, se dĂ©veloppant le long des cours dâeau de plus en plus enfouis, les sorbiers de Serbie, victime collatĂ©rale de la guerre, la menace du bois de rose en Afrique, du Gingo Biloba ou des magnolias en Asie , on se penchera sur les causes et solutions pour enrayer le mouvement.
Les causes de disparition :
Les grands incendies liés souvent aux changements climatiques, à la sécheresse.
Les abattages urbains, diminution de nouvelles plantations comme le marronier par exemple en ville, les arbres Ă©tĂ©tĂ©s, Ă©laguĂ©s, mutilĂ©s pour des raisons de sĂ©curitĂ© qui les fragilisent en cas de sĂ©cheresse et tempĂȘte.
Lâexploitation intensive comme la biomasse aux Etats-Unis
La dĂ©forestation et lâapparition de nouveaux parasites suite Ă cela
Lâintensification de la sylviculture
La pollution urbaine
LâimpermĂ©abilisation des sols etcâŠ
A nous dâagir en Ă©tant plus conscient de cela et en changeant nos comportements, en crĂ©ant des banques de graines et en conservant des arbres remarquables dans les arboretum, jardins et parcs botaniques, en Ă©levant certains arbres ex-situ pour les rĂ©introduire aprĂšs dans les pays dâorigine.
A nous dâĂȘtre responsables.
Une chronique Ă retrouver sur Le coin lecture de Nath
Une catastrophe silencieuse
Depuis plusieurs annĂ©es, les arbres du monde entier souffrent de multiples agressions en lien avec le rĂ©chauffement climatique, la disparition des milieux naturels, la fonte de la biodiversitĂ© et la consommation humaine de bois. David Happe, technicien forestier et ingĂ©nieur Ă©cologue, est lâauteur dâun livre qui fait un Ă©tat des lieux inquiĂ©tant. âArbres en pĂ©rilâ, câest son titre, vient de paraĂźtre aux Editions âLe mot et le resteâ. On en parle dans H2O aujourdâhui.
Une interview Ă réécouter sur France Bleu Pays dâAuvergne
Conçu comme un voyage botanique qui emmeÌne le lecteur sur les cinq continents, Arbres en peÌril deÌploie lâhistoire de ces migrants veÌgeÌtaux qui au fil des sieÌcles ont agreÌmenteÌ les parcs et jardins, et dont lâavenir aÌ lâeÌtat sauvage est largement menaceÌ.
CommuneÌment planteÌs dans nos paysages du quotidien, certains arbres dâornement peinent aÌ subsister dans leur milieu naturel. Combien de ceÌdres, de seÌquoias, de marronniers et de milliers dâautres espeÌces subissent les nuisances causeÌes par les hommes? Surexploitation forestieÌre, seÌcheresse, pathogeÌnes, urbanisation galopante entraiÌnent un deÌclin massif qui affecte preÌs de la moitieÌ de la diversiteÌ arboricole de la planeÌte. A travers lâexemple des vĂ©gĂ©taux qui occupent nos parcs, bords de route et autres jardins dâagrĂ©ment, ce livre propose au lecteur dâaller Ă la rencontre de ces vĂ©gĂ©taux en sursis dont lâavenir Ă lâĂ©tat sauvage est devenu trĂšs incertain.
Retrouver lâannonce de parution du livre sur Tela Botanica
CommuneÌment planteÌes dans nos paysages du quotidien, les arbres les arrbes dâornements sont souvent des migrants vĂ©gĂ©taux qui peinent Ă subsister Ă lâĂ©tat naturel. Combien de cĂ©dres, de sĂ©quoias, de marronniers, et de milliers dâautres espĂšces subissent les nuisances causĂ©es par les hommes ? urexploitation forestieÌre, seÌcheresse, pathogeÌnes, urbanisation galopante entraiÌnent un deÌclin massif qui affecte preÌs de la moitieÌ de la diversiteÌ arboricole de la planeÌte. Tout au long dâun voyage botanique qui emmĂšne le lecteur sur cinq continents, cet ouvrage Ă©voque lâhistoire de ces essences qui agrĂ©mentent nos parcs et jardins et dont lâavenir Ă lâĂ©tat sauvage est devenu trĂšs incertain. Si le constat est sombre, ce tĂ©moignage montre quâil est aussi possible dâutiliser ces vĂ©gĂ©taux âdĂ©racinĂ©sâ pour mieux comprendre le dĂ©clin silencieux mais nĂ©anmoins massif de la biodiversitĂ©.
âRares sont aujourdâhui les citoyens qui demeurent totalement insensibles Ă la beautĂ© dâun arbre. Profitons-en ! Appuyons-nous sur les arbres pour montrer Ă lâensemble de nos semblables que que lâHumanitĂ© et la Nature ne peuvent sâopposer.â explique lâauteur
David Happe a écrit une tribune sur les arbres, sujet de son livre Arbres en péril, Nos villes, leur dernier sanctuaire pour Reporterre.
Lâeffondrement du vivant est enfin reconnu comme une menace environnementale majeure, nous dit lâauteur de cette tribune, mais lâappauvrissement de la flore, et notamment des arbres, est un sujet qui demeure peu mĂ©diatisĂ©. Pourtant, dans le monde, prĂšs de quatre espĂšces dâarbres sur dix sont menacĂ©es de disparition.
Au cours des deux derniĂšres dĂ©cennies, les forĂȘts mondiales ont subi de multiples ravages, qui nâont pas manquĂ© dâattirer lâattention des mĂ©dias et de sensibiliser le grand public Ă la vulnĂ©rabilitĂ© des Ă©cosystĂšmes forestiers. Dans de nombreuses rĂ©gions du monde (Portugal, Californie, Amazonie, SibĂ©rie, AustralieâŠ), des incendies gigantesques â dĂ©sormais dĂ©signĂ©s sous le terme de mĂ©gafeux â ont eu des consĂ©quences colossales sur la biodiversitĂ© locale et, plus globalement, sur lâensemble des composantes de lâenvironnement (du fait du relargage massif de gaz Ă effet de serre, de lâĂ©rosion des sols, de la dĂ©gradation de la qualitĂ© de lâeauâŠ).
En Australie, de lâĂ©tĂ© Ă lâhiver 2019-2020, une surface Ă©quivalente Ă celle de la forĂȘt française a Ă©tĂ© rayĂ©e de la carte. En Europe, et notamment dans lâHexagone (dans le Morvan, en Champagne ou en Lorraine, par exemple), de nombreux peuplements forestiers ont subi des dĂ©pĂ©rissements au cours de ces trois derniĂšres annĂ©es, rĂ©vĂ©lant ainsi la fragilitĂ© de nos forĂȘts dites de climat tempĂ©rĂ© face au changement climatique.
[âŠ]
Une tribune à lire en intégralité sur Reporterre