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Parution : 27/11/2009
ISBN : 9782915378986
350 pages (220 x 200)

30 €

Romans graphiques

101 propositions de lectures des années soixante à deux mille

couverture originale de Blexbolex
nombreuses planches n/b & quadri

De Barbarella de Forest en 1964 au Pinocchio de Winshluss en 2008, en passant par Corto Maltese ou les livres de l’Association, la Bande DessinĂ©e n’a cessĂ© d’élargir son champ pour inclure progressivement des thĂ©matiques de plus en plus complexes, adultes, sophistiquĂ©es, politiques. Et adopter des formats de moins en moins conventionnels, hors des normes classiques. Pour parler de tout cela, un terme a surgi, vers le milieu des annĂ©es quatre-vingt : roman graphique.
Roman graphique ? L’appellation est sĂ©duisante, mais elle recouvre une disparitĂ© de rĂ©alitĂ©s, d’Ɠuvres, d’auteurs et de pĂ©riodes. Tant et si bien qu’il est difficile de s’y retrouver, au-delĂ  des best-sellers du genre (Persepolis de Marjane Satrapi ou Jimmy Corrigan de Chris Ware ne sont que les parties Ă©mergĂ©es de l’iceberg).
Romans Graphiques propose ainsi une liste de 101 livres commentĂ©s, historiquement et esthĂ©tiquement, qui forment bout Ă  bout une histoire du genre et surtout une proposition de lecture pour mieux apprĂ©cier la BD contemporaine. Ces 101 livres sont en effet des portes d’entrĂ©e dans la bande dessinĂ©e pour rĂ©pondre aux questions rĂ©currentes du type : « que faut-il lire ? par quoi commencer ? »
Dans cette liste, il y aura des classiques et des mĂ©connus, de l’autobiographie et de l’aventure, de la couleur et du noir et blanc, des AmĂ©ricains, des EuropĂ©ens et des Japonais et surtout, une furieuse envie de faire dĂ©couvrir et partager un art essentiel du siĂšcle, populaire et savant Ă  la fois, si foisonnant qu’il mĂ©ritait bien cette premiĂšre anthologie quasi amoureuse Ă©crite par un journaliste.

Revue de presse

- -Romans graphiques Benoit Bidoret Site Gonzai Janvier 2011
- Romans graphiques Pouria Amirshahi Revue des BibliothĂšques Juillet 2010
- Rencontre entre Joseph Ghosn et Thierry Smolderen - en ligne CitĂ© BD - AngoulĂȘme Mai 2010
- La bande dessinée délivrée Vincent Gerber Le Courrier (Suisse) Mars 2010
- Boßte à outils Fred Robert Zibeline Février 2010
- Romans graphiques Tewfik Hakem France Culture / À plus d'un titre fĂ©vrier 2010
- Explorations au fond des cases Ariel Herbez Le Temps (Suisse) Janvier 2010
- Les images intelligentes Philippe Nassif Glamour Mars 2010
- Dix romans graphiques pour les années 2000 Sylvain Bourmeau Mediapart - Entretien avec Joseph Ghosn Janvier 2010
- L'ivresse avec ou sans bulles Stéphane (Libraire) Blog seren.dipity Février 2010
- Hors Cases Titiou Lecoq Grazia Janvier 2010
- Romans graphiques France Inter / Alternatives 9 janvier 2010
- Monsieur Jo Alexis Bernier Tsugi Janvier 2010
- Romans graphiques Christophe Brunella Arte Culture Agenda BD Janvier 2010
- 101 "romans graphiques" pour les fĂȘtes Didier Pasamonik Site Actuabd DĂ©cembre 2009
- Romans graphiques Boris Henry radio Grenouille - Entretien avec Joseph Ghosn Décembre 2009
- Les nuits sonores aiment Cyrille Site des Nuits Sonores Décembre 2009
- Romans graphiques Les Inrockuptibles 16 décembre 2009
- Romans graphiques Site le choix des bibliothécaires.com Décembre 2009
- Romans graphiques Benjamin Roure Site Bodoï Décembre 2009
- Romans graphiques Jean Philippe Martin Site citebd.org Décembre 2009
- Romans graphiques: la somme Jacques Braunstein Blog GQ Décembre 2009

- -Romans graphiques

Le passeur/prescripteur, saint vertueux du journalisme, dĂ©serte le papier culturel. Aux cĂŽtĂ©s des blogueurs acharnĂ©s offrant des sons mutants perdus, quelques plumes savent oĂč regarder. Encore jeunes souvent, ils sont les futurs hĂ©ros ; immigrĂ©s-web de ce qu’on aimera appeler encore rock-critique, cette drĂŽle de crĂšche. Au milieu des bƓufs et des Ăąnes, on oublie les yeux plus gonzo que les tripes. Joseph Ghosn guette les bons signaux, descendus d’un ciel encombrĂ©.

La suite sur Gonzai

Benoit Bidoret
Site Gonzai Janvier 2011

- Romans graphiques

Ce livre est une nĂ©cessitĂ© du moment. Se rĂ©jouissant de l’augmentation du nombre d’auteurs et de lecteurs de bandes dessinĂ©es pour adultes, Joseph Ghosn, ancien critique aux Inrockuptibles a choisi dans cet ouvrage de s’arrĂȘter sur cette bande dessinĂ©e romanesque, que Will Esner (big City) ou Hugo Pratt (Corto Maltese) avaient rĂ©vĂ©lĂ© au public occidental dĂšs les annĂ©es 1960. De la littĂ©rature d’aventures au rĂ©cit engagĂ© en passant par l’autobiographie, Joseph Ghosn nous fait partager ses choix. Une sĂ©lection Ă©clectique, intemporelle et internationale mais argumentĂ©e et commentĂ©e, dans un lien chaque fois indissociable entre l’auteur et l’Ɠuvre. Cette bibliographie, certes discutable est Ă©galement prĂ©cĂ©dĂ©e d’un regard historique sur la naissance et les courants artistiques autant qu’éditoriaux qui ont fait et font aussi beaucoup pour la consĂ©cration de la bande-dessinĂ©e comme un art Ă  part entiĂšre.
De la “LittĂ©rature en estampes” sur laquelle conversaient Töpffner et Goethe au milieu du XIXĂš s, Ă  la littĂ©rature graphique contemporaine, la bande dessinĂ©e se rĂ©vĂšle ainsi depuis deux siĂšcles comme un art narratif aux frontiĂšres et aux techniques insoupçonnĂ©es qui la sortent du ghetto et de la caricature dans laquelle elle a trop souvent Ă©tĂ© enfermĂ©e. [
]

À vous de dĂ©couvrir ces pĂ©pites du patrimoine et de la crĂ©ation contemporaine.

Pouria Amirshahi
Revue des BibliothĂšques Juillet 2010

- Rencontre entre Joseph Ghosn et Thierry Smolderen - en ligne

Cité BD

CitĂ© BD - AngoulĂȘme Mai 2010

- La bande dessinée délivrée

BD Ancien des Inrockuptibles, Joseph Ghosn retrace l’éclosion du roman graphique dans un livre passionnant.

«Le roman graphique est un rĂ©cit complet, plutĂŽt en noir et blanc, publiĂ© dans un format Ă©voquant celui de la littĂ©rature». VoilĂ  comment Joseph Ghosn, ancien chroniqueur BD de la revue Les Inrockuptibles, prĂ©sente dans son introduction cette catĂ©gorie d’oeuvres Ă  part au sein du neuviĂšme art. Une dĂ©finition nĂ©cessairement vague pour un genre littĂ©raire nouveau qui cherche encore Ă  se dĂ©finir.
On appelle «roman graphique» une variĂ©tĂ© de BD ayant Ă©mergĂ© Ă  la fin des annĂ©es 1960 et destinĂ©e au public adulte. Des oeuvres qui se rapprochent de la littĂ©rature par leur traitement de thĂ©matiques plus complexes, plus profondes et plus abouties. Des rĂ©cits qui ont en commun une propension marquĂ©e Ă  l’introspection, parfois Ă  l’autobiographie, surtout Ă  l’expĂ©rimentation: les limites traditionnelles de format et pagination sont abandonnĂ©es pour laisser au contenu le soin de dĂ©finir la forme.

histoire parallĂšle de la BD

Le roman graphique fait donc la part belle au rĂ©cit. Moins l’affaire de sĂ©ries Ă  rebondissements, les histoires sont entiĂšres et se suffisent Ă  elles-mĂȘmes. On ne parle d’ailleurs plus d‘«albums» de bande dessinĂ©e, mais de «livres». Avec pour particularitĂ© l’utilisation des images (non censurĂ©es) comme moyen d’expression Ă  part entiĂšre. Comme l’explique Ghosn, le roman graphique «permet de mettre en scĂšne des matiĂšres graphiques, d’inverser les sens de lecture, de superposer des strates de couleurs et de typographie provoquant des sensations immĂ©diates, avant mĂȘme toute lecture». Un apport rĂ©el vis-Ă -vis de la littĂ©rature classique.
Illustrations Ă  l’appui, Joseph Ghosn propose une chronologie descriptive des titres parmi les plus reprĂ©sentatifs dans ce domaine. On y retrouve Maus d’Art Spiegelman, rĂ©fĂ©rence du genre qui reçut le prix Pulitzer en 1992 et canonisa le terme, Kafka de Robert Crumb, l’autobiographie A Drifting Life du Japonais Yoshihiro Tatsumi, le mĂ©ticuleux et dĂ©jantĂ© Jimmy Corrigan de Chris Ware, ou, plus prĂšs de chez nous, Major Fatal de Moebius et le dĂ©sormais incontournable Persepolis de Marjane Satrapi. En sus, des dĂ©couvertes comme ce PrisonniĂšre de l’armĂ©e rouge de Romain Slocombe, ouvrage rempli de Japonaises bandĂ©es, censurĂ© en France Ă  sa sortie en 1978, ou encore Gen d’Hiroshima de Keiji Nakazawa, vu comme un prĂ©curseur du Maus de Spiegelman, parlant du vĂ©cu de la bombe comme ce dernier abordait les camps de concentration.
De La Ballade de la mer salĂ©e d’Hugo Pratt (dont la parution dĂ©bute en 1967) jusqu’à nos jours, le journaliste montre les liens entre les oeuvres et les diffĂ©rents auteurs, les influences multiples, de mĂȘme que l’histoire souvent prĂ©sente derriĂšre sa naissance. Au sein de chacune de ces cent une chroniques se niche une foule d’information. Guide de lecture, Romans Graphiques peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un ouvrage de recherche, traçant le portrait d’une Ă©poque et d’un milieu artistique. On y apprend l’histoire de ce genre littĂ©raire en pleine Ă©volution, histoire internationale et parallĂšle Ă  celle de la bande dessinĂ©e traditionnelle. Que ce soit aux Etats-Unis (graphic novel), au Japon (gekiga) ou en Europe, le roman graphique rĂ©pond Ă  la mĂȘme dĂ©finition et Ă©merge face Ă  une mĂȘme rĂ©alitĂ©: l’arrivĂ©e Ă  maturation de la bande dessinĂ©e qui la fait sortir du simple divertissement pour lui ouvrir la voie Ă  de nouvelles formes d’expression.

reconnaissance attendue

Pourtant, le roman graphique demeure un genre hybride et en mal de reconnaissance. La mĂ©diatisation ne suit pas la qualitĂ© des oeuvres et l’engouement qu’elles suscitent. Comme nous le faisait rĂ©cemment remarquer Frederik Peeters, seul auteur suisse mentionnĂ© par Ghosn, «n’importe quel Ă©crivain romand publiĂ© obtient facilement plusieurs pages dans les journaux. Nous, on peut vendre vingt mille exemplaires, personne n’en parle!»
Avec l’intĂ©rĂȘt rĂ©cent manifestĂ© par les divers acteurs du milieu, les choses pourraient changer. Journal d’un passionnĂ© pour passionnĂ©s en devenir, Romans Graphiques y contribuera sans doute.

Vincent Gerber
Le Courrier (Suisse) Mars 2010

- BoĂźte Ă  outils

Une mine pour les amateurs et pour les autres une excellente occasion de réviser leurs préjugés!

Fred Robert
Zibeline Février 2010

- Romans graphiques

À plus d’un titre

Tewfik Hakem
France Culture / À plus d'un titre fĂ©vrier 2010

- Explorations au fond des cases

Pour saluer le Festival d’AngoulĂȘme, retour sur quelques livres plongeant dans l’histoire de la BD

Le Temps

Ariel Herbez
Le Temps (Suisse) Janvier 2010

- Les images intelligentes

Enfin, une anthologie du roman graphique sort de l’ombre ce genre essentiel.

(
) Amateur Ă©clairĂ© Ă  l’esprit fin et au cƓur gĂ©nĂ©reux, Joseph Ghosn y commente les principaux chefs d’Ɠuvre venus des USA, d’Europe et du Japon, autofictionnels ou Ă©piques, en couleurs ou en noir et blanc.

Un livre de chevet pour ceux qui cherchent les points d’énergie de l’époque – et qui aiment rĂȘver les yeux grands ouverts.

Philippe Nassif
Glamour Mars 2010

- Dix romans graphiques pour les années 2000

Médiapart

Sylvain Bourmeau
Mediapart - Entretien avec Joseph Ghosn Janvier 2010

- L'ivresse avec ou sans bulles

Blog seren.dipity

Stéphane (Libraire)
Blog seren.dipity Février 2010

- Hors Cases

Un guide fouillĂ© et passionnĂ© pour explorer le meilleur de cette frange adulte de la BD qu l’on appelle roman graphique.

(
) Pour dĂ©couvrir ces Ɠuvres, l’ouvrage de J Ghosn est indispensable. Il dĂ©friche le contexte de chaque livre pour aider le lecteur Ă  en saisir l’importance et la force, il indique des directions dans le fouillis des cases dessinĂ©es.

Titiou Lecoq
Grazia Janvier 2010

- Romans graphiques

Alternatives

France Inter / Alternatives 9 janvier 2010

- Monsieur Jo

Joseph Ghosn est l’un de ces rares garçons capables dĂ©crire intelligemment sur des sujets aussi divers et Ă©loignĂ©s que le drone metal, les Daft Punk ou les petits Mickey. (
)
Allez juger en librairie de quoi il s’agit, vous ne serez pas déçus!

Alexis Bernier
Tsugi Janvier 2010

- Romans graphiques

Arte Culture Agenda BD

Christophe Brunella
Arte Culture Agenda BD Janvier 2010

- 101 "romans graphiques" pour les fĂȘtes

« Romans graphiques », le vocable sonne aujourd’hui comme une Ă©vidence mais il a une historiographie trĂšs disputĂ©e, comme nous vous le rappelions dans notre article Sur les traces du Graphic Novel (Nov.2007).
Dans le film de Ron Mann, Comic Book Confidential (2004), le grand dessinateur amĂ©ricain Will Eisner expliquait les circonstances de la publication de Un Pacte avec Dieu (Ă©ditions Delcourt), le premier « Graphic Novel » historique : Il appelle un Ă©diteur new-yorkais de ses amis, un personnage important dont le temps est comptĂ©. Il lui parle de ce « Graphic Novel » qu’il vient de crĂ©er et pour lequel il cherche un Ă©diteur. « Graphic Novel » ? Oh, oh, ça m’intĂ©resse ! lui rĂ©pond l’éditeur. Passe me voir ! ». ArrivĂ© chez son lui, Eisner lui montre les pages et lĂ , dĂ©ception, notre tycoon de l’édition lui dit : « Mais Will, enfin, ce que tu me montres lĂ , c’est un comic book ! »
Avec cette anecdote, tout est dit sur le malentendu suscitĂ© par la traduction du vocable anglais : « roman graphique ». Je me souviens de Jean-Louis Gauthey, le vraiment trop sympathique Ă©diteur de CornĂ©lius, essayant de me coincer aux UniversitĂ©s d’étĂ© d’AngoulĂȘme sur la dĂ©finition du mot. Comme je lui opposais ce qui Ă  mon sens est la seule dĂ©finition qui vaille : son usage commercial, Ă  savoir une bande dessinĂ©e qui « singe » une forme de livre pour mieux se retrouver Ă  cĂŽtĂ© des romans et des essais, et pas des bandes dessinĂ©es, il avait eu le bec dans l’eau

Dans l’ouvrage de Ghosn, le malentendu est assumĂ© puisque se retrouve dans son choix aussi bien le Ayako de Tezuka, que La Ballade de la Mer salĂ©e de Pratt, La TĂ©tralogie du monstre de Bilal ou La ComĂšte de Carthage de Chaland et Yann
 Évidemment qu’on y retrouve Joann Sfar, Marjane Satrapi, Emmanuel Guibert, Jean-Christophe Menu, Marko Turunen, Ben Katchor ou Adian Tomine
 C’est un choix subjectif, sous une jolie couverture de Blexbolex, mais sans faux pas et qui promet de belles heures de lecture.
C’est pourquoi nous ne ferons pas l’injure de rĂ©torquer Ă  son rĂ©dacteur : « Mais Joseph, enfin, ce que tu me montres lĂ , c’est une bande dessinĂ©e d’auteur ! »

Actuabd

Didier Pasamonik
Site Actuabd Décembre 2009

- Romans graphiques

radio Grenouille

Boris Henry
radio Grenouille - Entretien avec Joseph Ghosn Décembre 2009

- Les nuits sonores aiment

Sous titrĂ© 101 propositions de lectures des annĂ©es soixante Ă  deux mille, ce livre signĂ© Joseph Ghosn (ancien journaliste des Inrocks et tenancier d’un joli blog pointu Ă  dĂ©couvrir ici) et formidablement Ă©ditĂ© par les hĂ©roĂŻques marseillais du mot et le reste, s’avĂšre un super guide de lecture pour (re)dĂ©couvrir une forme essentielle de la bande dessinĂ©e moderne, celle qui raconte des histoires, sous une forme totalement libre et novatrice, mĂȘlant dessins et textes, sans la moindre pression esthĂ©tique et commerciale.

Evidemment, une bonne partie de cette bd, la post sixties ricaine on va dire, est le fait de bon freaks bien punk, un grand nombre d’auteurs (notamment ceux des deux derniĂšres dĂ©cennies) ont beaucoup Ă  voir avec le bordel de la musique (un certain nombre d’éditeurs, notamment en France, sont l’équivalent des labels indĂ©pendants pour les disques), et les propositions de Joseph Ghosn sont particuliĂšrement argumentĂ©es et Ă©rudites. Ca donne grave envie, de lire et relire des classiques du genre (La ballade de la mer salĂ©e d’Hugo Pratt ou le Maus d’Art Spiegelman), de se laisser emporter par de droles de trucs autobiographiques, souvent hardcore (SclĂ©rose en plaque de Matt Konture ou Daddy’s girl de Debbie Drechler), plus fun (le retour au lycĂ©e de Riad Sattouf) ou pathĂ©tique (Joe Matt). Certain de ses livres ne sont pas loin de trucs artys (Winschluss, Chris Ware), c’est trĂšs international (il y a des ricains ou des français et des belges bien, sur, mais aussi des sudafs, des japs
), plus grand public qu’on voudrait nous le faire croire, il y a pas mal de filles auteuses, et le dessin devient au-delĂ  d’un truc d’artisan un peu futile, un vrai support d’émotion et de modernitĂ©, un truc essentiel en quelque sorte


Typiquement le genre de livre qu’on devrait retrouver dans toutes les mĂ©diathĂšques de France, et un outil obligatoire pour qui veux capter l’air du temps et la transformation en quarante ans d’un genre mineur, la bande dessinĂ©e, en une sorte d’hybride entre littĂ©rature et graphisme, qui en dit long sur l’ĂȘtre humain et ses tourments.

Cyrille
Site des Nuits Sonores Décembre 2009

- Romans graphiques

Ex-journaliste aux Inrocks Joseph Ghosn, spĂ©cialiste de la BD, publie Romans graphiques. Une premiĂšre anthologie de la bande dessinĂ©e des annĂ©es 60 Ă  2000 Ă  travers 101 critiques, qui pointent la diversitĂ© et l’évolution permanente du genre, qui depuis ces deux dĂ©cennies s’est ouvert aux thĂ©matiques plus adultes voire politiques.

Les Inrockuptibles 16 décembre 2009

- Romans graphiques

le choix des bibliothécaires

Site le choix des bibliothécaires.com Décembre 2009

- Romans graphiques

Ceci n’est pas une compilation des meilleurs BD du siĂšcle, ni un top 101 des albums qu’il faut avoir lu. Comme son titre l’indique, Romans Graphiques – 101 propositions de lectures des annĂ©es soixante Ă  deux mille est une sĂ©lection de livres sortant des sentiers (re)battus de la bande dessinĂ©e franco-belge, mettant particuliĂšrement en valeur la production internationale contemporaine parfois qualifiĂ©e d’alternative. C’est un guide de lecture tout Ă  fait subjectif, mais de haute tenue . Et c’est un joli livre.

Pour l’auteur de cet ouvrage, le journaliste Joseph Ghosn, l’expression « roman graphique » « ouvre le champ des possibles de la bande dessinĂ©e et en termine avec les connivences de base qui voudraient que la BD soit formellement dĂ©terminĂ©e et avant tout destinĂ©e Ă  la jeunesse ». Conscient que le terme, popularisĂ© depuis Un pacte avec Dieu de Will Eisner, est rejetĂ© par la plupart des auteurs eux-mĂȘmes, qui lui prĂ©fĂšrent celui plus sobre de « bande dessinĂ©e », Joseph Ghosn insiste car il reprĂ©sente pour lui une autre maniĂšre de faire et de lire des BD. « Les bandes dessinĂ©es retenues ici ont pour elles de possĂ©der une esthĂ©tique forte, un propos singulier, faisant surgir Ă  chaque fois la voix d’un auteur, jamais celle d’un faiseur ou d’un copiste », Ă©crit-il en introduction.

Le journaliste prend comme point de dĂ©part « un livre ayant fait rupture avec son Ă©poque »: La Ballade de la mer salĂ©e d’Hugo Pratt. Suivent donc une centaine d’articles, reprenant parfois des interviews que l’auteur avait rĂ©alisĂ© pour Les Inrockuptibles, magazine oĂč il s’est illustrĂ© pendant huit ans, avant de rejoindre le groupe CondĂ© Nast; Ă  noter qu’il Ă©tait Ă©galement membre du jury du Festival d’AngoulĂȘme en 2009, aux cĂŽtĂ©s de Dupuy et Berberian.

Parmi les livres retenus, beaucoup de titres des annĂ©es 90 et 2000, un choix pertinent car il n’y avait finalement pas tant d’ouvrages recensant ce qui faisait de plus crĂ©atif en matiĂšre de bandes dessinĂ©es ces vingt derniĂšres annĂ©es. On croise ainsi pas mal de BD signĂ©es par des AmĂ©ricains (J’ai le cerveau sens dessus dessous, David Boring, Jimmy Corrigan, Black Hole, Bottomless Belly Button_
), des Japonais (_Ayako, L’École emportĂ©e, OpĂ©ration Mort, _Dans la prison_
) et surtout une bonne dose d’auteurs de ce qu’on a appelĂ© la nouvelle vague en France: Lewis Trondheim, Dupuy-Berberian, JC Menu, Blutch, David B., Joann Sfar, Emmanuel Guibert, Winshluss, Marjane Satrapi
 Mais aussi des tout jeunes comme Zeina Abirached ou Bastien VivĂšs.

Romans graphiques est donc conforme Ă  son titre: c’est une sorte de bibliothĂšque personnelle et idĂ©ale que partage ici Joseph Ghosn. Mais il n’impose rien, alors pas besoin de s’énerver s’il n’a pas inclus votre titre prĂ©fĂ©rĂ©. Il propose, il explique, il donne la parole aux auteurs, et en plus il bĂ©nĂ©ficie d’une superbe couverture originale signĂ©e Blexbolex. What else?

Benjamin Roure
Site Bodoï Décembre 2009

- Romans graphiques

De La Ballade de la mer salĂ©e d’Hugo Pratt Ă  Rats et chiens de Conrad Botes, en passant par l’Autoroute du soleil de Baru ou la ComĂšte de Carthage d’Yves Chaland, Joseph Ghosn propose cent et une lectures d’ouvrages allant des annĂ©es soixante Ă  deux mille, rassemblĂ©s sous l’appellation de “romans graphiques”. SubjectivitĂ© des choix et envie de faire partager des coups de coeur pour ces “livres aux esthĂ©tiques souvent voisines, aux thĂ©matiques souvent similaires” sont les critĂšres qui ont prĂ©sidĂ© Ă  l’établissement de cette anthologie de la bande dessinĂ©e contemporaine.
D’emblĂ©e plusieurs questions se posent : que recouvre l’appellation “roman graphique” ? En quoi les ouvrages que l’on regroupe dans cet ensemble diffĂ©rent-ils des bandes dessinĂ©es ? Selon Joseph Ghosn l’expression dĂ©signe des ouvrages dont les thĂ©matiques, toujours plus complexes, adultes, sophistiquĂ©es, politiques, et dont les formats de moins en conventionels, les placent hors des normes classiques de la bande dessinĂ©e. Toujours selon l’ancien chroniqueur bande dessinĂ©e des Inrockuptibles, le parangon ultime de la bande dessinĂ©e classique serait le Tintin de HergĂ© qui aurait fixĂ© les standards Ă  partir desquels une BD est aujourd’hui envisagĂ©e par un large public. L’ambition littĂ©raire des bandes dessinĂ©es regroupĂ©es dans ce livre, le travail d’auteur qu’elles offrent, feraient que l’on ne puisse plus les considĂ©rer selon les critĂšres qui caractĂ©risent les “bandes dessinĂ©es classiques”. Quoi de commun en effet entre PersĂ©polis de Marjane Satrapi et les Tuniques bleues, entre Maus d’Art Spiegelman et Michel Vaillant de Jean Graton ? D’oĂč cette tentation de dĂ©signer ces livres par cette expression de “roman graphique” qui “dit autre chose que “bande dessinĂ©e”, emmenant vers une perception plus globale, mĂȘlant art et dessin”.
A partir de cette approche qui d’ailleurs dĂ©borde la dĂ©finition ordinaire des romans graphiques (dont la tradition est plus ancienne que ne l’écrit l’auteur), Ghosn dresse une liste des plus pertinentes, d’ouvrages entiers, europĂ©ens, amĂ©ricains et asiatiques, qui ont fortement marquĂ© l’art de raconter en images dessinĂ©es ces quarante derniĂšres annĂ©es. Cette compilation de livres, intelligement commentĂ©s, prĂ©sentĂ©s dans la chronologie de leur parution, permet de dresser la carte de la crĂ©ation et apporte des rĂ©ponses aux questions “que faut-il lire ? ; par quoi commencer ? “ (un prĂ©cieux guide d’achat en somme). La longue introduction justifiant ces choix, les situant dans une perspective historique et esthĂ©tique, vaut Ă  elle seule que l’on s’intĂ©resse Ă  Romans graphiques. On pourra toujours dĂ©plorer des manques ( on aurait aimĂ© voir Ethel et Ernest de Raymond Briggs, La Nuit de Philippe Druillet, des ouvrages pour la jeunesse
) ou s’étonner de la prĂ©sence de certains ouvrages un peu surfaits ( ils sont peu nombreux).
Que l’on commence Ă  dresser sa propre liste est le signe que l’ouvrage de Joseph Ghosn a tous les atouts pour devenir un livre de rĂ©fĂ©rence.

www.citebd.org

Jean Philippe Martin
Site citebd.org Décembre 2009

- Romans graphiques: la somme

La BD c’est pas que « des conneries ». C‘est du moins le pari de Joseph Ghosn qui dirige la rĂ©daction du site Menstyle. Dans son livre Romans graphiques 101 propositions de lectures – des annĂ©es soixante Ă  deux mille (Les mots et le reste) il s’attache Ă  la bande dessinĂ©e pour adulte quand elle prĂ©tend faire jeu Ă©gal avec la littĂ©rature plus classique. De Hugo Pratt Ă  Robert Crumb et de Art Spigelman Ă  Dupuy & Berberian (la planche que nous publions), il sĂ©lectionne le meilleur de cet art Ă©mergeant qui se caractĂ©rise par « une esthĂ©tique forte , un propos singulier, faisant surgir Ă  chaque fois la voix d’un auteur, jamais celle d’un faiseur ou d’un copiste. » Premier livre sur le sujet, cette somme dĂ©friche et met en perspective un domaine dont on pourrait dire, plus prosaĂŻquement, que c’est le contraire de Tintin. MĂȘme si Tintin c’est pas « des conneries » non plus. Mais c’est un autre sujet.

Blog de GQ

Jacques Braunstein
Blog GQ Décembre 2009