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Parution : 16/06/2011
ISBN : 9782360540242
336 pages (14,8 x 21)

Presse parallĂšle

La contre-culture en France dans les années 1970

La presse parallĂšle se veut libre; on la dit sauvage, alternative, rĂ©volutionnaire
 Elle est un appel Ă  l’émancipation, une invitation Ă  la rĂ©volte, l’incarnation d’une diffĂ©rence. S’opposant aux injustices et aux conventions, la presse parallĂšle propose le changement. Elle est l’outil privilĂ©giĂ© de la contestation, l’incarnation de la contre-culture qui a vu le jour, en France, dans le sillage de Mai 1968. A la fois support et mĂ©dia des luttes, cette presse underground fĂ©dĂšre les Ă©nergies des marges. Elle donne Ă  entendre une parole libĂ©rĂ©e qui se rĂ©pand dans tous les domaines de la sociĂ©tĂ© et gĂ©nĂšre autant de mouvements d’émancipation et de remise en cause dans le systĂšme dominant.

En s’appuyant sur des titres emblĂ©matiques, ce livre dresse le portrait d’une gĂ©nĂ©ration qui a conquis sa libertĂ© Ă  la force des idĂ©es et des mots. Il dĂ©peint une dĂ©cennie soixante-dix pleine d’effervescence qui a vu jaillir le mouvement Ă©cologiste, la libĂ©ration des femmes, la revendication des droits homosexuels, le mouvement communautaire, les rĂ©flexions en matiĂšre de santĂ©, d’éducation, de justice, et de rapport Ă  l’autre et Ă  la diffĂ©rence.

Revue de presse

- Presse parallÚle Frédéric Thomas Dissidences Janvier 2012
- L'Invité du jour - émission MATADOR Chrystelle André RSR - Couleur trois 26 décembre 2011
- Nos anti-prix littéraires malotrus Noël Gaudin Sine Mensuel 2 décembre 2011
- Contre culture Sylvain Boulouque L'OURS Septembre/Octobre 2011
- La sĂšve des 70'S Emilien Bernard OWNI Octobre 2011
- Les annĂ©es 1970, Ăąge d’or de la presse parallĂšle ? LEMI Article 11 27 septembre 2011
- Presse parallĂšle Thierry L'AMINOT Etudes Jean-Jacques Rousseau n°18 ÉtĂ© 2011
- Presse parallÚle Olivier Bailly Evene Août 2011
- Easy Rider n°1117 Olivier Valerio Radio PFM 24 juillet 2011

- Presse parallĂšle

AprĂšs leur ouvrage sur la saga du magazine Actuel (voir le compte-rendu de lecture sur ce site), la maison d’édition Le mot et le reste continue son travail original d’exploration culturelle des annĂ©es 70 en France. AgrĂ©mentĂ© de nombreuses illustrations de couvertures et d’un cahier en couleur d’une quinzaine de pages, reprenant quelques titres parmi les plus emblĂ©matiques, ce livre retrace de maniĂšre plaisante l’effervescence post 68 au niveau de la presse. Tout en reconnaissant l’influence anglo-saxonne, Steven Jezo-Vannier n’en dĂ©fend pas moins une spĂ©cificitĂ© française, « une tradition contestataire underground » propre Ă  la France (page 21). Pour ce faire, il dĂ©gage une gĂ©nĂ©alogie qui, centrĂ©e autour de Mai 68, n’en dĂ©borde pas moins ce contexte historique. Ainsi, il revient par exemple sur le journal Futur, créé en 1952, qui constitue une « premiĂšre expression d’une forme d’affirmation homosexuelle et de rĂ©sistance Ă  l’homophobie » (page 201), et s’intĂ©resse aux renouveaux de la contre-culture, prĂ©sents dans le punk, les free party, l’alter mondialisme, 
 (pages 298-299). De mĂȘme, il Ă©voque la particularitĂ© du contexte français marquĂ© par la Guerre d’AlgĂ©rie. Sa dĂ©monstration d’une originalitĂ© contre-culturelle met en Ă©vidence une passionnante cartographie, qui dessine les contours d’une mouvance qui passe par quelques librairies parisiennes – dont les plus connues sont ParallĂšles et Alternative (page 113) –, un ensemble assez lĂąche de communautĂ©s rurales, souvent Ă©phĂ©mĂšres, des Ă©vĂ©nements chargĂ©s (concerts, manifestations, etc.) et le bouillonnement de journaux parallĂšles, dont le nombre est estimĂ© par l’auteur dans une fourchette de trois Ă  cinq cent entre 1971 et 1973 (page 23). L’auteur passe d’ailleurs en sĂ©rie le parcours de nombre de ces journaux : des plus connus – LibĂ©ration, L’idiot international, Tout, Rock & Folk, etc. – aux plus discrets – CrĂšve salope, Le parapluie, etc. Cet angle d’approche est encore enrichi par le portrait d’autant de « passeurs », qui ont jouĂ© un rĂŽle important, comme Jean-Jacques Lebel, Alain Dister, Guy Hocquenghem ou le trĂšs prolifique Robert Crumb. De plus, le livre donne Ă  voir toute une dialectique d’échanges, d’allers-retours et un rĂ©seau Ă©troit, matĂ©rialisĂ©s entre autre par la crĂ©ation d’un Syndicat de la presse underground (page 114), « la rencontre des combats pacifistes et Ă©cologistes », le « mouvement antinuclĂ©aire » (pages 155 et 160) et les luttes fĂ©ministes (pages 177 et suivantes). Certaines pages invitent Ă  des rĂ©flexions intĂ©ressantes ; plus particuliĂšrement celles autour des Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP) et sur la bande dessinĂ©e. PropriĂ©tĂ© du groupe Hachette, les NMPP jouissent d’une situation de quasi-monopole dans la diffusion des journaux en kiosque, imposant ainsi « son rythme de diffusion, ses tarifs et ses choix de distribution » (page 100). Ce pesant contrĂŽle sera remis en question par une partie seulement de la presse alternative, mais sans jamais rĂ©ussir Ă  le renverser ou, plus modestement, Ă  le contourner durablement. Se posent dĂšs lors les limites et contradictions d’une presse alternative, dont la distribution, aux mains des NMPP, dĂ©pend des rapports marchands « traditionnels ». C’est trĂšs certainement par la bande dessinĂ©e que s’illustre le mieux la contre-culture en France, au point oĂč l’auteur affirme que c’est par la voie de la contre-culture que la bande dessinĂ©e acquerra ses lettres de noblesse (page 269) avec des journaux comme L’écho des savanes, Fluide glacial, MĂ©tal hurlant. Signe des temps et d’une lecture rĂ©trospective de Mai 68, ce livre, essentiellement descriptif, tend Ă  s’inscrire dans la conception de la contre-culture comme correcteur de la question politique. Et ce dĂšs les premiĂšres pages. La contre-culture serait la vĂ©ritable rĂ©volution, « la plus grande rĂ©ussite du mouvement post-68 », Ă  la fois prolongement et dĂ©passement de la contestation soixante-huitarde, « Ă©mancipĂ© du carcan idĂ©ologique de Mai 68 » (pages 9-14). MĂȘme s’il rĂ©inscrit souvent la dynamique de la presse alternative dans le contexte historique et social, dans un rĂ©seau politique, ce livre tend malgrĂ© tout Ă  figer la question politique, Ă  Ă©vacuer la dialectique contradictoire entre le militantisme politique de ces annĂ©es et les foyers contre-culturels. En opposant une rĂ©volution politique – qualifiĂ©e de conventionnelle, traditionnelle et Ă©troite – Ă  une action culturelle alternative, mobile, jeune et effervescente, on en arrive Ă  inscrire la contre-culture dans une perspective « post politique », qui fausse la perspective et Ă©vacue les contradictions de la contre-culture, et ses liens autrement complexes avec l’engagement politique.

Frédéric Thomas
Dissidences Janvier 2012

- L'Invité du jour - émission MATADOR

Steven Jezo-Vannier Ă©tait l’invitĂ© du jour de Chrystelle AndrĂ© dans son Ă©mission culturelle (tous les jours, du lundi au vendredi, de 9h Ă  12h).
“Dans les seventies, en France, la presse underground explose dans le sillage de mai 68.
Interview de Steven Jezo-Vannier, auteur de “Presse parallĂšle” chez l’éditeur marseillais Le Mot et le Reste. Sauvage, alternatif, rĂ©volutionnaire!”

ECOUTER L’EMISSION

Chrystelle André
RSR - Couleur trois 26 décembre 2011

- Nos anti-prix littéraires malotrus

Prix Arthur Cravan
Presse parallĂšle, de Steven Jezo-Vannier, Le Mot et le reste. Par le frigousseur du formidable San Francisco, l’utopie libertaire des sixties (Le Mot et le reste aussi), la radiographie festive de « la contre-culture en France dans les annĂ©es 1970 » appelant Ă  l’émancipation, Ă  la mutinerie, Ă  l’explosion des diffĂ©rences, Ă  la fĂ©dĂ©ration des Ă©nergies des marges. Parmi les super-hĂ©ros de l’aventure : Hara-Kiri, L’Idiot international, Le torchon brĂ»le, La Gueule ouverte, Le Sauvage, Le Parapluie, Zinc, Tout et, bien sĂ»r, L’EnragĂ© de SinĂ© qui ouvrit le feu : « Nous ne sommes ni Ă©tudiants ni ouvriers ni paysans mais nous tenons Ă  apporter notre pavĂ© Ă  toutes leurs barricades. »

Consulter la liste complĂšte des anti-prix : SINEMENSUEL

Noël Gaudin
Sine Mensuel 2 décembre 2011

- Contre culture

SpĂ©cialiste de la contre-culture outre atlantique, l’auteur a publiĂ© un ouvrage sur San Francisco comme symbole de la rupture culturelle aux Etats-Unis. Il s’attaque aujourd’hui Ă  son homologue française. Il prĂ©sente un panorama gĂ©nĂ©ral de la presse française publiĂ©e dans la foulĂ©e de mai 1968, proposant donc sous une forme de catalogue les diffĂ©rents journaux ayant participĂ© de cette volontĂ© de rupture avec les normes Ă©tablies. En tant que catalogue, l’ouvrage est intĂ©ressant par les monographies prĂ©sentĂ©es, les gĂ©nĂ©alogies rappelĂ©es et les dĂ©coupages effectuĂ©s. Si parfois la construction historique ne convient pas parfaitement et bien que l’empathie affichĂ©e entache quelque peu la lecture, il n’en demeure pas moins que Steven Jezo-Vannier a construit un outil utile pour apprĂ©hender les diffĂ©rentes Ă©volutions de cette presse underground.

L’OURS – L’Office universitaire de recherche socialiste

Sylvain Boulouque
L'OURS Septembre/Octobre 2011

- La sĂšve des 70'S

Les sixties & seventies, Ăąge d’or d’une presse hexagonale libre, intelligente et mĂ©chamment irrĂ©vĂ©rencieuse blablabla, Actuel blablabla, vaches sacrĂ©es blablabla, ce journal est un pavé  Yep, c’est lu et relu, battu et rebattu. Pourtant, derriĂšre le poncif se cache une rĂ©alitĂ© souvent mĂ©connue. Et Ă  trop ramener la pĂ©riode Ă  quelques figures tutĂ©laires un tantinet momifiĂ©es (Hara-Kiri et Choron, L’EnragĂ© et SinĂ©, Actuel et Bizot), on passe Ă  cĂŽtĂ© des composantes essentielles dudit Ăąge d’or : diversitĂ©, vitalitĂ© et virulence gĂ©nĂ©ralisĂ©es.

Dans un paysage mĂ©diatique contemporain largement dominĂ© (en matiĂšre de presse papier, en tout cas) par un journalisme de rĂ©vĂ©rence, mou et fade comme une endive, il est toujours utile (et un peu triste) de rappeler qu’un autre rapport Ă  la presse a existĂ©, que cette derniĂšre Ă©tait massivement distribuĂ©e (en comparaison des journaux dissidents contemporains) et que cette rĂ©appropriation de la parole n’était pas uniquement le fait de quelques locomotives isolĂ©es mais l’expression d’une Ă©poque (plus) enflammĂ©e.

C’est lĂ  tout l’intĂ©rĂȘt du trĂšs rĂ©cent livre de Steven Jezo-Vannier, Presse parallĂšle, la contre-culture en France dans les annĂ©es 1970, publiĂ© aux Ă©ditions Le Mot et le reste1, qui livre un panorama dĂ©taillĂ© et vivant des diffĂ©rents acteurs de l’explosion d’une presse libre en France. Tout, Le Parapluie, Zinc, Le Torchon brĂ»le, La Gueule ouverte, Le Petit Mickey qui n’a pas peur des gros, Interaction, Sauvage
 une myriade de titres, en grande partie Ă©phĂ©mĂšres, ouverts Ă  des thĂ©matiques diverses (fĂ©minisme, Ă©cologie politique, bande-dessinĂ©e, rock, sexualitĂ©), mais se retrouvant dans une mĂȘme pratique de la presse : libre, urgente et dĂ©bridĂ©e.

(reprise de l’interview d’article XI)

Pour lire l’intĂ©gralitĂ© de l’article : OWNI

Emilien Bernard
OWNI Octobre 2011

- Les annĂ©es 1970, Ăąge d’or de la presse parallĂšle ?

INTERVIEWFLEUVE DE STEVENJEZO-VANNIERDANSARTICLE 11, REJOUISSANTTITREPARALLELE. EXTRAITS :

Soyons francs : il est Ă  la fois rĂ©jouissant et un peu dĂ©primant de se pencher sur l’histoire de la presse alternative dans les annĂ©es 1970. C’est que le paysage mĂ©diatique actuel semble – en comparaison – terriblement morne. Retour sur une Ă©poque oĂč les kiosques Ă©taient explosifs – avec Steven Jezo-Vannier, auteur de Presse ParallĂšle, la contre-culture en France dans les annĂ©es 1970.
Les sixties & seventies, Ăąge d’or d’une presse hexagonale libre, intelligente et mĂ©chamment irrĂ©vĂ©rencieuse blablabla Actuel blablabla vaches sacrĂ©es blablabla ce journal est un pavé  Yep, c’est lu et relu, battu et rebattu. Pourtant, derriĂšre le poncif se cache une rĂ©alitĂ© souvent mĂ©connue. Et Ă  trop ramener la pĂ©riode Ă  quelques figures tutĂ©laires un tantinet momifiĂ©es (Hara-Kiri et Choron, L’EnragĂ© et SinĂ©, Actuel et Bizot), on passe Ă  cĂŽtĂ© des composantes essentielles dudit Ăąge d’or : diversitĂ©, vitalitĂ© et virulence gĂ©nĂ©ralisĂ©es. Dans un paysage mĂ©diatique contemporain largement dominĂ© (en matiĂšre de presse papier, en tout cas) par un journalisme de rĂ©vĂ©rence, mou et fade comme une endive, il est toujours utile (et un peu triste) de rappeler qu’un autre rapport Ă  la presse a existĂ©, que cette derniĂšre Ă©tait massivement distribuĂ©e (en comparaison des journaux dissidents contemporains) et que cette rĂ©appropriation de la parole n’était pas uniquement le fait de quelques locomotives isolĂ©es mais l’expression d’une Ă©poque (plus) enflammĂ©e.
C’est lĂ  tout l’intĂ©rĂȘt du trĂšs rĂ©cent livre de Steven Jezo-Vannier, Presse parallĂšle, la contre-culture en France dans les annĂ©es 1970, publiĂ© aux Ă©ditions Le Mot et le reste [1], qui livre un panorama dĂ©taillĂ© et vivant des diffĂ©rents acteurs de l’explosion d’une presse libre en France. Tout, Le Parapluie, Zinc, Le Torchon brĂ»le, La Gueule ouverte, Le Petit Mickey qui n’a pas peur des gros, Interaction, Sauvage
 une myriade de titres, en grande partie Ă©phĂ©mĂšres, ouverts Ă  des thĂ©matiques diverses (fĂ©minisme, Ă©cologie politique, bande-dessinĂ©e, rock, sexualitĂ©), mais se retrouvant dans une mĂȘme pratique de la presse : libre, urgente et dĂ©bridĂ©e [2].

ART. 11 : DerriĂšre les titres emblĂ©matiques (Hara-Kiri, Actuel, L’EnragĂ©), lĂ©gendaires, on dĂ©couvre dans votre ouvrage une foule de canards plus mĂ©connus : Tout, Politicon, Le Parapluie, Geranonymo
 Avec Ă©galement une presse dissidente locale trĂšs active [3] et un nombre de fanzines impressionnant. Pourquoi une telle effervescence ? Et pourquoi n’a-t-elle pas tenu la distance ?

Il y a effectivement Ă  cette Ă©poque Ă©normĂ©ment de titres, la plupart bien moins connus que Tout ou Le Parapluie [4] : quelques petites centaines de journaux, tĂ©moignages d’une effervescence rare, elle-mĂȘme reflĂ©tant la diversitĂ© des voix libĂ©rĂ©es durant ces annĂ©es. La fin des annĂ©es soixante est marquĂ©e par le combat pour l’existence en tant qu’individualitĂ© propre, chacun affirmant son unicitĂ©. II y a Ă©videmment une jeunesse unie et cohĂ©rente qui aspire Ă  gagner en libertĂ© et surtout en reconnaissance, mais cette jeunesse est tout sauf uniforme, elle revendique haut et fort son hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ©. Le mouvement underground qui fait naĂźtre la presse parallĂšle affirme la pluralitĂ© de ses composantes. Chacun souhaite y faire entendre sa diffĂ©rence, sa sensibilitĂ©, et utilise la presse libre pour le faire, d’oĂč la multiplicitĂ© des titres.

Avant le premier choc pĂ©trolier, rĂ©aliser un journal est facile et peu onĂ©reux : les modes de fabrication en sĂ©rie se sont extraordinairement dĂ©mocratisĂ©s, et le prix du papier et des encres reste faible. D’ailleurs, lorsque la crise de 1973 entraĂźne une flambĂ©e des coĂ»ts de la matiĂšre premiĂšre, plus d’un journal cesse de paraĂźtre.
Mais le fait que la presse parallĂšle ne soit pas parvenue Ă  s’inscrire dans la durĂ©e rĂ©sulte d’une combinaison de facteurs : Ă  la hausse des prix, il faut ajouter que la plupart des titres ne sont pas rentables et ne cherchent pas nĂ©cessairement Ă  l’ĂȘtre ; sur le plan financier, les journaux underground Ă©taient vouĂ©s Ă  une existence cyclique. La quantitĂ© de titres est impressionnante sur toute la pĂ©riode, mais la plupart sont extrĂȘmement Ă©phĂ©mĂšres et se limitent Ă  une ou deux parutions. Des journaux meurent Ă  un endroit, d’autres naissent ailleurs. Autre raison de poids : tous les jeunes qui font vivre cette presse sont tĂŽt ou tard contraints d’effectuer leur service militaire, qui les Ă©loigne du front de la contestation et de l’activitĂ© culturelle pendant un an (Ă  partir de 1970). Enfin, et je pense que c’est lĂ  la raison majeure : les acteurs de la presse parallĂšle n’ont pas pour objectif de durer, Ă  de rares exceptions prĂšs (en l’occurrence, Actuel et Hara-Kiri/Charlie, qui y sont parvenus grĂące au professionnalisme). Une majoritĂ© souhaite simplement dire ce qu’elle a Ă  dire, vivre une expĂ©rience avant de passer Ă  autre chose. Le Parapluie s’est arrĂȘtĂ© alors qu’il Ă©tait parvenu Ă  s’installer et s’affirmer Ă  la proue du mouvement, avec une relative stabilitĂ© financiĂšre. Pour ses fondateurs, le tour de la question avait Ă©tĂ© fait.

Il faut bien comprendre Ă©galement qu’une large partie des artisans de la presse parallĂšle cherchent Ă  s’investir hors des sentiers battus. Cinq ans aprĂšs 1968, la presse parallĂšle n’a plus rien de nouveau, elle ne reprĂ©sente plus un enjeu pour la libertĂ©, elle fait partie des acquis. Elle est donc moins vivace.

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Pour lire l’intĂ©gralitĂ© de l’article : ARTICLE 11

LEMI
Article 11 27 septembre 2011

- Presse parallĂšle

Pour qui a conservĂ© comme moi ses collections d’Actuel, de Zinc, Geronymo, Le Parapluie, de Sexpol ou de Tout, ce livre est une mine d’or. Il relate en effet l’histoire de cette presse des annĂ©es 70 que l’on trouvait certes dans les kiosques et qui Ă©tait diffusĂ©e par les NMPP, mais qui vĂ©hiculait le souffle d’une nouvelle vie et le refus d’un monde Ă©troit, celui des adultes responsables et respectueux des valeurs du travail, de l’engagement ou autres garde-fous destinĂ©s Ă  faire marcher la jeunesse au pas et dans les couloirs qu’ils souhaitaient pour elle. Tout y est, y compris les procĂ©dĂ©s d’impression comme la ronĂ©o, la sĂ©rigraphie ou l’offset qui permirent Ă  des individus ou Ă  de petits groupes d’exprimer ce qu’ils avaient Ă  dire. Une ronĂ©o permettait de sortir des pages assez lisibles quand on savait s’en servir et on pouvait illustrer d’autres pages avec de belles sĂ©rigraphies, des linogravures ou d’autres procĂ©dĂ©s pour peu qu’on ait quelques relations et moyens. Je le sais, car j’ai tirĂ© alors deux revues par des procĂ©dĂ©s bien artisanaux qui feraient sourire de dĂ©dain la jeunesse qui dispose d’ordinateur et qui a pris le relais aujourd’hui avec des revues comme Guerre au paradis ou Oiseau-TempĂȘte. R. n’était pas absent de cette presse, puisqu’il est dĂ©signĂ© comme le premier hippy dans un numĂ©ro d’Actuel intitulĂ© “Colossale chronologie” et on le retrouve encore Ă  la fin des annĂ©es 70 dans Façade qui annonce le revirement amorcĂ© par le mouvement punk. Un index des titres de pĂ©riodiques aurait peut-ĂȘtre permis de circuler plus Ă  son aise dans ce livre, mais le classement autour de grands pĂ©riodiques comme ceux dĂ©jĂ  nommĂ©s, mais aussi Le Torchon brĂ»le, La Gueule ouverte et Le FlĂ©au social rend l’approche aisĂ©e et donne presque un certain ordre dans les diverses tendances qui se croisaient alors (sexualitĂ©, musique, fĂ©minisme, Ă©cologie ou rĂ©volution) et qui constituaient une nouvelle culture, toujours ignorĂ©e de l’universitĂ©, mais qui a eu certainement autant sinon plus d’échos que maints philosophes dont la pensĂ©e n’a jamais eu la puissance de rĂȘve d’une chanson de Dylan, d’un livre de Kerouac ou d’un poĂšme de Ginsberg et qu’on y Ă©tudie besogneusement.

Thierry L'AMINOT
Etudes Jean-Jacques Rousseau n°18 ÉtĂ© 2011

- Presse parallĂšle

On se souvient de la une de Hara-Kiri hebdo lorsque le gĂ©nĂ©ral de Gaulle meurt le 9 novembre 1970 : “Bal tragique Ă  Colombey – 1 mort” titre alors le journal satirique. Ce crime de lĂšse-gĂ©nĂ©ral vaudra Ă  la publication du professeur Choron d’ĂȘtre interdite Ă  la vente aux mineurs. Qu’importe ! Charlie hebdo lui succĂšdera. C’est l’un des rares rescapĂ©s d’une free press Ă  la française sous de Gaulle et Pompidou dont Steven Jezo-Vannier retrace l’histoire avec rigueur et Ă©rudition.

Sous de Gaulle, le ministĂšre de l’information contrĂŽle la totalitĂ© de l’audiovisuel public. Mais dans cette “sociĂ©tĂ© rigide fondĂ©e sur l’ordre et la discipline”, tout le monde ne se tait pas. En 1958, l’Internationale Situationniste tirent la premiĂšre suivie par des publications d’obĂ©diences diverses : ClartĂ©, Action, Vive la rĂ©volution. MalgrĂ© des points communs, la contre-culture française n’est pas l’amĂ©ricaine. La lutte contre la guerre d’AlgĂ©rie et pour l’avortement la façonnent. Puis mai 68 libĂšre les Ă©nergies et donne un coup de vieux aux idĂ©ologies dans un pays oĂč les moins de vingt ans reprĂ©sentent un tiers de la population.

PrĂ©curseurs, Actuel et Rock et Folk sont vite suivis par LibĂ©ration, L’Idiot International, L’EnragĂ©, Tout !, Le Parapluie. Les femmes et les homosexuels s’émancipent avec Le Torchon brĂ»le, L’Antinorm, Le FlĂ©au social, la pop et le rock ont droit de citĂ© avec Best, Le Pop, Extra, la BD voit naĂźtre Zinc, Fluide Glacial, L’Echo des savanes, l’écologie trouve dans La Gueule ouverte son premier organe. Tous participent de ce mouvement underground que Steven Jezo-Vannier analyse sans nostalgie, mais qui avertit : “La contre-culture des annĂ©es 70 a bravĂ© les interdits; aujourd’hui, il est temps de rĂ©sister contre leur retour.”

Evene

Olivier Bailly
Evene Août 2011

- Easy Rider n°1117

Entre plusieurs morceaux de rock et une actu BD, Sex Pistols, l’aventure intĂ©rieure et Presse parallĂšle Ă©taient les 2 livres de la semaine de l’émission Easy Rider.

Extrait : “Et puis un excellent bouquin aussi pour vous sur les plages cet Ă©tĂ© : Presse ParallĂšle de Steven Jezo-Vannier, qui avait dĂ©jĂ  signĂ© un San Francisco, l’utopie libertaire des sixties, Ă©galement chez le mot et le reste. Alors ça raconte quoi ? ça raconte la contre-culture en France, dans les annĂ©es 1970, la naissance de la presse parallĂšle sur les cendres de Mai 68, des titres les plus connus (Hara-Kiri, Libé ) aux moins connus (Le Sauvage 
). On parle d’Actuel, bien sĂ»r, et nous sommes, Ă  radio PFM, un peu les enfants d’Actuel. C’est trĂšs, trĂšs bien fait (
).

Pour Ă©couter l’intĂ©gralitĂ© de l’émission :

EASYRIDER

Olivier Valerio
Radio PFM 24 juillet 2011