Parution : 15/05/2009
ISBN : 9782915378856
64 pages (11 x 17 cm)

8.00 €

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The Cure

Let’s Go To Bed

Annie Maisonneuve revisite ses années adolescentes où, exilée familiale chez une tante, elle subissait le dépaysement et l’autorité mesquine et où seuls l’album de The Cure Let’s Go To Bed et son écoute obsessionnelle lui semblaient avoir quelque sens dans un monde barbant.
Agnès Léglise – Rock&Folk

Et puis, subitement, l’improbable. […] Une voix. Parce qu’au-delà ou avant l’air connu, il y a une voix. Celle de Robert Smith. […] Une voix sensuelle donc, et familière aussi, mais ça, c’est à force de l’écouter, forcément, ça crée des liens. Bref, Robert s’est mis à chanter au-dessus de la mélasse, des steaks congelés, des poireaux en promo, des ménagères de moins de cinquante ans, des caissières exténuées, des strings flétris, des bouteilles de lave-glace, des tubes de dentifrice, de la tante et de la grand-mère, et de tous les psychodrames en train de se jouer. Honnêtement, sa voix n’avait rien à faire là et j’étais à deux doigts d’aller demander en caisse centrale ce qu’ils avaient fait de la musique d’ambiance, voire de rédiger sur l’un des blocs – notes prévus pour les réclamations, un petit texte indigné. Mais cela aurait été bouder ma bouée de secours. L’indécence de la situation provenait du décalage, j’adorais l’indécence.

Revue de presse

- The Cure Mathilde Janin Openmag
- Solo Agnès Léglise Rock&Folk juillet 2009
- The Cure - Let's Go To Bed Parano inside-rock.fr 26/05/09

- The Cure
[...] Dans la même collection sort également un texte d’Annie Maisonneuve sur les Cure, Let’s Go To Bed, qui emprunte quant à lui, la forme du récit : celui d’une adolescente éloignée de son foyer en plein éclatement, pour rejoindre le domicile d’une tante peu aimante et un nouveau collège… Elle se réfugie alors dans Staring at the Sea, la plus célèbre compilation des simples de ce groupe. Mauvaise orientation scolaire, liens éclatés, indifférences aux autres, regard sans concession sur la médiocrité des adultes… Certes, tout y est. [...]
Mathilde Janin
Openmag

- Solo
Il y a plusieurs façons de parler musique et les éditions Le Mot Et Le Reste, nouveaux venus talentueux sur le terrain du rock, ont choisi, avec cette collection Solo, d’aborder la chose par le biais de courts essais, chaque fois centrés sur un album précis et dont l’auteur rend compte à son gré, dans des évocations plus ou moins autobiographiques de ce qu’il signifie pour lui et ce qu’il ressentit lors de l’écoute mais, là où d’autres éditeurs n’ont jamais réussi à assurer à l’idée cohérence et valeur artistique, cette collection Solo vient, elle, à point nommé encourager ceux qui espéraient encore voir émerger une littérature française autour de ce vaste sujet qu’est le rock et dont jusqu’alors, seuls les auteurs anglo saxons semblaient tirer quelque substantifique matos. Annie Maisonneuve revisite ses années adolescentes où, exilée familiale chez une tante, elle subissait le dépaysement et l’autorité mesquine et où seuls l’album de The Cure Let’s Go To Bed et son écoute obsessionnelle lui semblaient avoir quelque sens dans un monde barbant, absurde ou ridicule et son court récit brasse parfaitement cette évocation bretonne d’années d’ennui adolescent avec un joli portrait de jeune fille maussade mais fait aussi, c’est le but de l’affaire, partager ou revivre le plaisir enchanteur que l’album lui procurait alors. […]
Agnès Léglise
Rock&Folk juillet 2009

- The Cure - Let's Go To Bed

À l’adolescence, le rock est parfois l’unique secours d’un quotidien douloureux. Quand la famille est défaillante, vénéneuse, insupportable, quand le bahut est un purgatoire, et l’avenir un horizon trop lointain. On connaît la chanson : l’âge ingrat et ses inévitables conflits, ses tâtonnements, ses émois. Sauf que, parfois, la violence est réelle et la douleur diffuse. Le rock fait alors office de Temesta. On devient vite accroc d’une voix. Surtout si c’est celle de Robert Smith.
Avec ce premier livre, le 10ème de la collection solo, Annie Maisonneuve ressuscite ses années noires, ses années Cure. Celles d’une révolte muette où tout est dit en chanson. Confrontation à l’autorité imbécile, errance dans une ville inconnue, spleen et idéal. Et puis la rage, qui s’apaise le temps d’un album, la compilation Staring At The Sea. The Cure est l’un des rares groupes new wave à être sorti indemne des années 80. Les modes passent, les années défilent, mais l’émotion reste intacte. Robert Smith est probablement l’équivalent hirsute de Boris Vian. La voix d’une innocence, plongée dans le chaos du monde.
The Cure – Let’s Go To Bed est donc un livre à deux voix, le groupe, l’auteur, qui se trouvent par accident et ne se quittent plus. Les mots sont tantôt drôles, tantôt durs, le ton jamais résigné. L’ironie mordante d’Annie Maisonneuve fait mouche, revisitant sans complaisance sa propre histoire et réglant quelques comptes au passage. Son regard défait l’absurde fardeau familial pour mieux s’en détacher. “J’adorais l’indécence”, écrit-elle. On la croit volontiers, tant elle sait convaincre le lecteur.

Parano
inside-rock.fr 26/05/09
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