Parution : 16/02/2017
ISBN : 9782360542376
160 pages (14,8 x 21 cm)

Syd Barrett le rock et autres trucs

Jean-Michel Espitallier prend sa plume si particulière pour nous emmener aux côtés de Syd Barrett, de la jeunesse des 60’s et 70’s, de son espoir, de ses désirs.
Figure mythique du rock, membre fondateur de Pink Floyd dont il est le principal auteur et compositeur jusqu’au premier album The Piper at the Gates of Dawn, Syd Barrett sera viré du groupe dès 1968 en raison de ses excès de drogues et d’une santé mentale inquiétante. Il a 22 ans. La légende débute. Certains disent que le Floyd ne peut exister sans lui, d’autres que son éviction permettra au groupe de trouver le son qui le rendra célèbre. Jean-Michel Espitallier, lui, cherche plutôt à comprendre les mécanismes qui créèrent la légende de Syd Barret. Dans un style unique, drôle et érudit il en dresse un portrait touchant, à moins que ce ne soit le portrait de toute une époque. Il parle de Syd bien sûr mais aussi de lui-même et de leur vraie-fausse rencontre, des années soixante et soixante-dix, du rock et de ses légendes, de Rimbaud, des feux follets qui marquèrent les arts avant de s’éteindre, des fans et de la jeunesse éternelle, de son besoin constant de réinvention.

Lire un extrait

Revue de presse

- Interview de Jean-Michel Espitallier - Poésie et idoles Manou Farine France Culture // Poésie et ainsi de suite 14 avril 2017
- Syd Barrett Thibaut Allemand Let's Motiv avril 2017
- Syd Barrett m'était conté ! François Angelier France Culture 7 mars 2017
- Syd Barrett, poudre de Pink Floyd Jean Rouzaud novaplanet.com 28 février 2017

- Interview de Jean-Michel Espitallier - Poésie et idoles

Deux invités et des cordes. Cummings, Beckett, Cadiot, Goethe, Alféri…une bande de poètes donne de la voix à Rodolphe Burger et sa guitare pour son nouvel album Good. Le guitariste Syd Barrett donne du texte et autres trucs au poète Jean-Michel Espitallier. Bref, on n’écrit jamais seul.

Jean-Michel Espitallier, poète, et batteur. Dans Syd Barrett, le rock et autres trucs (éditions Le mot et le reste), il dresse un portrait fantasque du principal auteur et compositeur de Pink Floyd jusqu’au premier album The Piper At The Gates Of Dawn, cherchant davantage à comprendre les mécanismes qui créèrent sa légende. Il parle de Syd bien sûr, mais aussi de lui-même et de leur vraie-fausse rencontre, des années soixante et soixante-dix, du rock et de ses mythes, de Rimbaud, des fans, de la jeunesse éternelle et son besoin constant de réinvention.

Une émission à réécouter sur le site de France Culture

Manou Farine
France Culture // Poésie et ainsi de suite 14 avril 2017

- Syd Barrett
Inutile de retracer le bref parcours de Syd Barrett, génie brisé de Pink Floyd, brûlé aux acides et au Mandrax à 22 ans. S’ensuivront deux albums (indispensables) dans les seventies et la mort (physique) en 2006. Qui ne surprit pas – après tout, il était déjà parti. Son histoire, aussi triste que fascinante, a fait l’objet de moult ouvrages. Pourquoi évoquer celui-ci? Car il ne s’agit pas à proprement parler d’une biographie. Oh, Espitallier est un fan du natif de Cambridge, et ce livre dépeint cette vie chaotique. Mais là n’est pas l’essentiel : le Français emprunte une autre voie pour évoquer son idole. Intime, sa prose éminemment littéraire se penche sur son propre rapport au songwriter (le fil rouge étant sa rencontre “manquée” avec Syd) et, n’oubliant pas le collectif (vous, nous), interroge la mythologie du rock et la fascination pour le tragique. il s’intéresse aussi à la réception (et au souvenir) des sixties dans la mémoire populaire. Dressant un judicieux parallèle entre Barrett et Rimbaud, il achève sa quête en passant en revue tous les disparus, de Bettie Page à W. De Kooning, de Greta Garbo à Ambrose Bierce, au fil de pages s’effaçant peu à peu – au sens propre. Parfait.
Thibaut Allemand
Let's Motiv avril 2017

- Syd Barrett m'était conté !

Un essai poétique et biographique de Jean-Michel Espitallier évoque un des plus grands poètes du rock.

C’est Syd Barré qu’on devrait écrire. Barré, car tout le monde l’a cru tel et vu tel pendant la plus grande partie de sa vie. Barré, car il s’est éclipsé, a disparu, un jour, à un tournant, devenant un des plus forts mythes vivants et secrets cachés du rock mondial. Un des plus grands mages anglais avec Blake, Crowley ou Shelley, co-fondateur des Pink Floyd et auteur de leur premier album, The Piper At The Gates of Dawn, il est saqué du groupe en 1968, à 22 ans, miné par LSD and C° et déjà gagné par de violents problèmes psychiques. Les albums qu’il signera par la suite, The madcap laughs et Barrett , ancreront définitivement son mythe de poète maudit et d’expérimentateur hors-norme. Fasciné par la figure de Syd Barrett, le poète et musicien Jean-Michel Espitallier nous en livre, pris dans une évocation flamboyante du Swinging London, un portrait biographique poétique et fasciné.

La chronique est à écouter ici.

François Angelier
France Culture 7 mars 2017

- Syd Barrett, poudre de Pink Floyd

Jean-Michel Espitallier est un poète et un écrivain, cultivé et drôle. Les éditions Le mot et le Reste rééditent son livre sur Syd Barrett, le membre mythique des Pink Floyd, qui, après quelques morceaux étincelants, fit une plongée libre dans le LSD, et disparu par étapes, entre 1967 et 1972.

Mythe rimbaldien

Il devint un mythe rimbaldien, car Rimbaud , comme lui, avait tout abandonné de la poésie pour se lancer dans le trafic d’armes en Ethiopie ! Ce livre raconte la période précédant le vaisseau spatial Pink Floyd, mais surtout la formation d’un personnage étrange, à partir de Roger Keith Barrett (1946–2006), habitant de Cambridge et future icône du rock psychédélique. C’est donc entre 1962 et 1966 que ce garçon va être aspiré par la Beatlemania, et la vague de la « British Invasion », accumulant groupes rock et tentatives diverses.

Entré dans un Art College à Cambridge, il y rencontre David Gilmour (futur Pink Floyd), et s’essaie à la peinture…et aux stupéfiants. Et là, la démarche classique des potes de collège, qui enrôlent un à un les membres du énième groupe qui va enfin marcher, manager et label compris. L’auteur joue et répète ces gammes du rock, du succès, des dérapages, des coups de génie et des coups du sort qui ont fait le parcours du combattant rock, et va être modulé à l’infini dans les 50 années à suivre !

Remarque importante : on ne peut imaginer ce qu’a été la folie des hallucinogènes, dès 1964, et la frénésie avec laquelle une génération entière s’est jeté dessus. Les récits abondent du Swinging London, sous LSD : une véritable passion venue de Californie, mais portée à un extrême de style de vie, à Londres ! Syd Barrett est au cœur de ce cyclone : il est vite entouré des plus extraordinaires poètes et musiciens, Robert Wyatt, Kevin Ayers et les tribus de Gong et Soft Machine, tous amateurs de jazz, de musiques rares ou baroques, et des paroliers Inspirés… Il crée le nom Pink Floyd avec le prénom de deux bluesmen qu’il croise.

Auteur de trois singles, puis des titres du futur premier album du groupe, Syd Barrett met en route la mise à feu de la fusée Pink Floyd, qui devient le groupe psyché le plus célèbre de la planète pop rock, dès 1966. Et c’est en 1967 que, secoué par le génie des Beatles (Revolver et Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band) deux albums qui ont abasourdi le monde), emporté par les expériences de toutes sortes : argent, sexe, errance, crises, mélanges ahurissant de substances, visions, mutisme ou exhibitionnisme, la créativité de SB tourne au cauchemar. En deux années de folie, d’excès, de délires, devenu un pur poète psyché, vêtu de satin, de couleurs fluos, maquillé, échevelé, pieds nus ou en platform boots en lézard, affichant un comportement erratique ou hébété, Barrett est abandonné…

Le sabordage plus chic que le succès ?

Mais sa légende est en train de naitre. Lâché par ses managers, puis par son groupe, ou Gilmour va remplacer à la guitare celui qui est absent, en retard ou pas en état d’aligner deux notes ! Début des mystères, de la disparition et d’un jeu de cache-cache avec les journalistes rock qui va durer jusqu’à sa mort, 40 ans plus tard. Et voilà ces « autres trucs » dont parle l’auteur : la folie, l’attitude suicidaire, l’inversion des valeurs, le monde la tête en bas, le mal qui est bien, le système pop rock, fait de flashes, de quiproquos, de romantisme punk, d’électricité et de visions, de fétichisme, de masochisme des stars crucifiées…

Dans son ouvrage, Espitallier compare Barrett à Rimbaud, mais aussi à Nietzsche, le surhomme visionnaire, solitaire qui finit fou, isolé par sa pureté et ses exigences, et analyse avec humour les éléments indispensables et extrêmes qui ont fait de lui l’archétype de l’idole : nouveauté, succès, drogues, folie… Beaucoup d’anecdotes, des tas de légendes plus ou moins débiles, mais en allant voir sur le net ou en écoutant des morceaux, on aperçoit ce visage pâle aux immenses yeux noirs, ces couleurs floues et ces ballades à la guitare qui deviennent planantes, et tournent parfois au dévissage galactique, saturé noise.

Les Pink Floyd perpétueront ce « message » barrettien, avec des claviers bidouillés par eux, pour des échos, glissendos et réverbs qui ont fait date. Le personnage « Too fast to live, too young to die », inscrit donc les commandements d’un rock illimité et d’un comportement considéré comme anti-matérialiste, suicidaire mais résolument poétique ? Il fut appelé le « Diamant Noir ». A vous de voir si le sabordage va plus loin que la réussite, et si le détachement matériel allant jusqu’à l’oubli de soi, est plus noble et chic que le succès.

Syd Barrett. Le Rock et autres trucs. Jean-Michel Espitallier. Editions Le Mot et le Reste. 150 pages. 15 euros. Le livre réunit tous les éléments connus et les hypothèses sur le personnage, dont sa fascination pour les Beatles et pour Lennon, et aussi tout ce qu’il a provoqué, inventé ou pas, et qui est devenu la légende du rock, ainsi que les liens avec d’autres légendes.

Jean Rouzaud
novaplanet.com 28 février 2017
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