Parution : 16/09/2021
ISBN : 9782361398446
324 pages (14,8 x 21cm)

Alternative nation

La scène indépendante américaine 1979-2001

Cette anthologie sort des sentiers battus et revient sur un des derniers virages majeurs du rock américain.
Au début des années quatre-vingt, tandis que la révolution conservatrice de Ronald Reagan fait son entrée à la Maison-Blanche, une nouvelle scène américaine, aussi fauchée qu’inspirée, émerge dans le sillage du punk. Sous l’impulsion de labels indépendants, de fanzines enflammés et de radios étudiantes défricheuses, le rock alternatif prospère, du country punk à la lo-fi, du grunge aux riot grrrls. Il ne manque qu’une étincelle pour que les losers se transforment en winners : elle s’appelle Nevermind, deuxième album de Nirvana, paru en 1991. Cette scène connaît alors une nouvelle jeunesse grâce à des artistes et des groupes comme Beck ou Pavement, mais se retrouve aussi menacée d’affadissement, avant que l’élection de George W. Bush puis les attentats du 11 Septembre ne balayent son restant d’insouciance. Alternative Nation revient sur ces deux décennies prolifiques du rock américain, de ses classiques à ses trésors cachés.

Revue de presse

- Alternative nation Alyssa Martini Karoo 25 octobre 2021
- L’homme "born in the USA" ou le Patriotisme critique Charles Dantzig France Culture // Personnages en personne 17 octobre 2021
- Interview de Jean-Marie Pottier Anthony Chanthanakone Philosophie Magazine 13 octobre 2021
- “Alternative Nation”, petites et grande histoire du rock indé U.S. Julien Courbe Magic 11 octobre 2021
- Interview de Jean-Marie Pottier Philippe Mathé Ouest France 1er octobre 2021
- Il y a trente ans, Nirvana faisait entrer l'underground dans le mainstream Brice Miclet Slate 25 septembre 2021
- 30 ans après : ces quatre albums révolutionnaires qui sont sortis la même semaine Adrien Toffolet France Inter 25 septembre 2021
- Culte ! Nirvana, la génération désenchantée du rock Eric Cornet France 2 // Journal 20h 24 septembre 2021
- Alternative nation Ellen Ichters RTS // Spectrum 20 septembre 2021

- Alternative nation

Paru le 16 septembre aux éditions le Mot et le Reste, Alternative Nation de Jean-Marie Pottier est un portrait franc et richement documenté d’une Amérique alternative pré-2000 vrombissante de créativité et de contestations.

Dans ce guide anthologique musical, le journaliste et auteur français revient sur le développement de toute une scène plongée longtemps dans l’underground, mais non moins frémissante d’ambitions et de rébellion, qui se cristallise par l’explosion d’un disque en 1991 : Nevermind de Nirvana. Cette date marque, pour l’auteur, un point de presque non-retour dans l’histoire de toute la partie cachée de « l’Iceberg Nevermind », qui, en la dévoilant à un plus grand public, y plantera ses points positifs et négatifs, mais en tortillera aussi le sens. […]

Ce livre s’adresse aux amoureux de ce genre musical et de ces scènes alternatives, aux nostalgiques mais aussi ceux qui souhaiteraient mieux comprendre ce pan de l’histoire musicale, comment s’est façonné ce rock et cette pop que l’on peut aujourd’hui entendre à parts presques égales sur les radios mainstream et dans les scènes plus underground/alternatives. Mais également à ceux qui s’intéressent plus généralement à l’histoire culturelle et politique américaine. […]

Un autre point majeur est que Pottier, en journaliste spécialisé en politiques et cultures américaines, prend cette histoire musicale sous ce prisme et permet ainsi de montrer sous un jour nouveau un mouvement et genre que l’on qualifie d’apolitiques. Il met en lumière son essence et évolution au départ de révoltes (qui basculeront progressivement dans un défaitisme) contre une société américaine conservatrice et réactionnaire, en plein essor du néolibéralisme, tout comme il remettait en question le fonctionnement de l’industrie musicale. C’est l’Histoire de ces freaks qui cherchaient aussi le succès populaire, mais par un autre médium (et d’abord de leurs propres moyens), sans les contraintes qu’impliquent les majors. Il fait se succéder au fil des pages, non sans un certain humour, les noms des différents présidents américains chronologiquement et les réactions respectives de certains personnages et groupes de cette scène alternative, comme un prolongement au punk qui s’opposait alors au conservatisme anglais. […]

À la suite de son exploration de l’histoire du mouvement, l’auteur propose une sélection discographique chronologique. S’il prévient et assume par avance que l’objectivité et l’exhaustivité totales sont quasi impossibles dans ce genre d’initiative, il dit avoir tenté d’illustrer 20 ans de rock alternatif américain avec le plus de variété possible. On y retrouve autant les classiques profitant d’une critique et description fournies dans une plume inspirée et poétique, complétant davantage le contexte et historique de la première partie, que des suggestions de pépites plus méconnues mais ayant aussi apporté leur brique à ce genre. Chaque album est accompagné de recommandations supplémentaires en rapport avec le groupe ou qui lui sont similaires. Peu probable donc de ne pas ressortir de cette lecture riche d’au moins une nouvelle trouvaille.
L’auteur a également partagé une playlist en parallèle à son guide reprenant quelques titres qui y sont mentionnés, mais aussi avec des oublis ou ajouts semblant volontaires, plus easy-listening dans l’ensemble.

Une chronique à retrouver dans son intégralité sur Karoo

Alyssa Martini
Karoo 25 octobre 2021

- L’homme "born in the USA" ou le Patriotisme critique

Enraciné, ou qui “n’a nulle part où aller, qui est l’Américain, “né aux USA”? Un patriote buté? Un critique de son pays pour le rendre meilleur? Entre blues dépressif et refrain puissant, rugi par Bruce Springsteen, la chanson “Born in the USA” reste une de ses chansons “des plus incomprises”.

Qu’est-ce qui fait qu’on est Américain? Qu’est-ce qu’être né aux Etats-Unis, s’interroge Bruce Springsteen, dans cette chanson et bien d’autres, qui reprennent souvent le mot « born” (être né), depuis « Born to run »? Quel Américain? Le social prévaut-il sur la communauté? Une communauté empêche-t-elle qu’on en soutienne une autre, comme Springsteen l’a fait avec les Noirs et les gays? Et qu’est-ce que la virilité telle qu’on l’apprend à l’homme né aux USA?

Pour en parler, Charles Dantzig reçoit le journaliste Jean-Marie Pottier, auteur de plusieurs ouvrages sur la musique et qui publie ces jours-ci Alternative nation : la scène indépendante americaine 1979–2001 (Le Mot et le Reste, 2021)

Réécouter l’émission sur France Culture

Charles Dantzig
France Culture // Personnages en personne 17 octobre 2021

- Interview de Jean-Marie Pottier

Jean-Marie Pottier, journaliste indépendant et collaborateur chez Philosophie magazine, publie une passionnante histoire du rock alternatif aux États-Unis, Alternative Nation. La scène indépendante américaine (1979–2001) (Le Mot et le Reste, 2021). En sa compagnie, explorons ce genre musical et voyons comment il révèle un certain esprit fin de siècle…

On a l’impression que le rock alternatif se définit toujours en creux, par ce qu’il n’est pas. Peut-on en donner une définition plus substantielle et positive ?
Jean-Marie Pottier : Le rock indépendant s’inscrit effectivement dès ses origines dans une forme d’opposition. Mais ce n’est pas pour autant une opposition négative, il y a du constructif aussi dans cette démarche. L’un des principes fondateurs de l’indie rock américain est de recréer les conditions du live, en rejetant toute forme d’artificialité, en contraste avec la musique pop des années 1980, qui, de Michael Jackson à Madonna, produit des sons très léchés et travaillés. Cette volonté de sortir des standards de la musique commerciale s’observe aussi dans l’image que les groupes de rock indé transmettent. Les clips sont simples voire minimalistes. Alors qu’au même moment, MTV domine avec ses clips hyperscénarisés, que Michael Jackson promeut l’album le plus vendu de tous les temps, Thriller, grâce à un clip du réalisateur John Landis, un groupe, les Replacements, filme simplement, pour le clip de son single Bastards of Young, un plan-séquence en noir et blanc sur une enceinte devant laquelle une main fume une cigarette. Les pochettes de disques sont aussi très basiques. La pochette du premier album du groupe R.E.M., Murmur, montre un paysage abandonné en Géorgie, avec une ancienne voie ferrée recouverte par la végétation. Ce mouvement d’opposition artistique à l’encontre des standards musicaux mais aussi visuels de l’époque a créé une véritable esthétique du rock indé. […]

Retrouvez l’interview de Jean-Marie Pottier en intégralité sur Philosophie Magazine

Anthony Chanthanakone
Philosophie Magazine 13 octobre 2021

- “Alternative Nation”, petites et grande histoire du rock indé U.S.

Pour son quatrième ouvrage, Jean-Marie Pottier (également journaliste pour Magic RPM) raconte l’histoire d’un rock américain “indépendant” qui, en l’espace de deux décennies, a presque autant tutoyé les stars que visité les bas-fonds de l’Amérique. Une anthologie, de Black Flag à Wilco, avec Nirvana en figure de proue…
[…]

100 PAGES POUR L’HISTOIRE, 200 POUR LES DISQUES

Ces raccourcis commodes relèvent d’une évolution somme toute classique, décrite dès le début du vingtième siècle par le philosophe allemand Theodor Adorno : une musique de niche qui perd son âme et son essence en devenant progressivement un divertissement de masse. Cette facilité, Jean-Marie Pottier ne tombe évidemment pas dedans dans son livre Alternative Nation (la scène indépendante américaine 1979–2001). En une centaine de pages, il relate l’histoire de cette scène indépendante américaine. En deux centaines d’autres, il la documente encore plus précisément, en évoquant cent albums emblématiques, évidents, mésestimés, rares ou passé inaperçus. Et brosse ainsi un portrait fascinant et érudit de cette nation alternative.

Dans sa première partie, le livre se décline en roman d’historien et narre les carrières et évolutions souvent contrariées des protagonistes de cette histoire. D’anecdotes en analyses, d’une côte à l’autre du pays, d’un label à ses groupes, c’est tout une cartographie qui s’anime et prend sens.

VOTRE DISQUE CULTE

Jean-Marie Pottier, avec sa connaissance encyclopédique et son sens de la hauteur, tisse une toile et relie les disques et les musiciens entre eux. De Seattle à Chapell Hill, de Chicago à Athens, des groupes naissent (et disparaissent), des musiciens passent d’une formation à une autre, des scènes locales se créent, des revendications politiques émergent (et s’éteignent) et au fil de l’histoire Black Flag croise R.E.M, les Meat Puppets flirtent avec Beck, les Minutemen s’acoquinent avec Trumans Water… A moins qu’on ne fantasme ses souvenirs d’adolescence.

Dans sa seconde partie, c’est un exercice déjà éprouvé, notamment dans Indie Pop en 2016, auquel s’adonne l’auteur : raconter, plutôt que chroniquer, cent albums… Comme il le précise, notre disque culte, notre trésor caché, ne s’y trouve (probablement, peut-être) pas. Mais cent d’autres y sont narrés chronologiquement, remis en perspective et décrits avec force anecdotes et citations.

Des cultissimes mais finalement peu écoutés Flipper, Unrest aux évidences Pavement, Swell, Fugazi, Sebadoh (on pourrait en citer des dizaines), c’est une bacchanale de guitares rugueuses, chants écorchés et rythmiques stridentes. On y trouvera forcément de nouveaux groupes à découvrir et à chérir… et, comme le fait brillamment Jean-Marie Pottier, à passer à d’autres plus tard.

Un article à retrouver sur Magic

Julien Courbe
Magic 11 octobre 2021

- Interview de Jean-Marie Pottier

ENTRETIEN. Nirvana, Sonic Youth, Pixies, REM… Un livre retrace vingt ans de rock américain

Le journaliste Jean-Marie Pottier, auteur de plusieurs livres sur le rock, récidive avec « Alternative Nation » où il explore la scène indépendante américaine de 1979 à 2001. Un ouvrage qui parle de musique, forcément, mais raconte aussi une époque à travers des disques qui ont fait l’histoire, la petite comme la grande.

En 1991, lors du fameux passage de Nirvana aux TransMusicales, Jean-Marie Pottier avait 9 ans. Il avait beau habiter à l’époque Rennes, il y avait peu de chance qu’il se rende à ce concert. « J’ai de vagues souvenirs de la mort de Cobain en 1994 mais c’est surtout à la fin des années 1990 que je me suis plongé dans le rock alternatif américain », explique-t-il.

Grâce à Internet, il découvre des groupes qui ont longtemps habité les marges avant, pour certains, de connaître un succès international. C’est l’histoire, les histoires, qu’il raconte dans Alternative Nation, la scène indépendante américaine (1979–2001), à travers notamment une centaine de disques.
Un ouvrage à la fois pointu et accessible, porte d’entrée idéale pour ceux qui veulent découvrir un pan de l’histoire de la musique américaine moderne mais aussi suffisamment complet pour contenter, voire surprendre les fondus du genre qui pensaient tout avoir entendu sur et de cette époque foisonnante.

Ouest France : Il y a six ans, vous publiiez Indie pop, une histoire de la pop anglaise, de 1979 à 1997. Est-ce que ce Alternative Nation qui sort chez Le Mot et Le Reste en est le pendant américain ?
Jean-Marie Pottier : Oui, parce qu’à chaque fois le livre démarre avec ce qui vient après le punk. Aux États-Unis, ce sera le hardcore. Cela correspond aussi avec le début d’un basculement idéologique vers le conservatisme avec Thatcher au Royaume-Uni et Reagan aux USA, qui ne sera élu qu’en 1980 mais qui se déclare en 1979. C’est à chaque fois une époque qui bascule politiquement et musicalement.
[…]

Lire l’interview en intégralité sur Ouest France

Philippe Mathé
Ouest France 1er octobre 2021

- Il y a trente ans, Nirvana faisait entrer l'underground dans le mainstream

«Nevermind» ne s’est pas fait sans quelques trahisons à l’esprit et aux préceptes punk si chers aux trois musiciens.

Tout commence par quatre accords de guitare, parmi les plus connus de l’histoire du rock. Puis un break de batterie monstrueux retentit juste avant le vacarme. Voici les premières notes de «Smells Like Teen Spirit», premier titre du deuxième album de Nirvana, Nevermind, sorti le 24 septembre 1991. C’était donc il y a tout juste trente ans.
Ce son, cette manière de faire sonner le rock avec une clarté presque inédite et une force décuplée a profondément marqué l’histoire de la musique moderne. Avec Nevermind, ce sont les années 1990 qui démarrent en trombe, avec les changements de paradigmes musicaux et commerciaux que cela implique.

Les éclats pop

Dans son livre Alternative Nation – La scène indépendante américaine 1979–2001 (paru le 16 septembre 2021), le journaliste Jean-Marie Pottier résume bien le contexte dans lequel cet album a vu le jour: «En 1990, pour la première fois depuis longtemps, aucun groupe de rock n’avait réussi à se frayer un chemin en tête des charts albums hebdomadaires, dominés par le rappeur MC Hammer et la fraude Milli Vanilli, par la chanteuse irlandaise Sinéad O’Connor et le boys band New Kids On The Block. La rébellion ne semblait pas s’incarner dans le rock à guitares mais plutôt dans le hip-hop du Fear Of A Black Planet de Public Enemy ou du Niggaz4Life de N.W.A..» Pourtant, ce que s’apprête à faire Nirvana va envoyer valser les canons en vigueur. […]

Retrouvez l’article en intégralité sur Slate

Brice Miclet
Slate 25 septembre 2021

- 30 ans après : ces quatre albums révolutionnaires qui sont sortis la même semaine

[…] La semaine du 23 septembre 1991 est synonyme de révolution. En l’espace de deux jours, les lundis 23 et mardi 24 septembre, plusieurs albums majeurs sortent aux États-Unis et en Europe. En France, “La Zoubida” de Vincent Lagaf’ est numéro un du Top 50 depuis le milieu de l’été, et “L’autre…” de Mylène Farmer est l’album le plus vendu depuis le mois de mai. Pendant ce temps, Nirvana, les Red Hot Chili Peppers, A Tribe Called Quest, et Primal Scream écrivent chacun de leur côté une nouvelle page de l’Histoire de la musique et marquent une jeunesse un peu perdue avec quatre albums tout simplement légendaires.

Cette semaine précise est “un moment charnière” aux yeux de Jean-Marie Pottier, auteur du livre Alternative Nation. La scène indépendante américaine 1979–2001, le moment le plus emblématique de l’histoire musicale où “l’underground est devenu mainstream”, où l’avant-garde a brisé la porte du grand public.

La fin d’une ère
Ces groupes sont non seulement sortis de l’ombre, mais ils sont surtout entrés en résonance avec la société. En septembre 1991, le monde a vécu une année de grands chamboulements : fin de la guerre du Golfe en février, abolition de l’Apartheid en Afrique du Sud en juin, l’Arménie prend son indépendance ce même mois… C’est aussi la fin d’une époque aux États-Unis et au Royaume-Uni. Une période dure.

Ces albums arrivent dans un contexte : “C’est un peu un hasard que ces quatre albums, qui sont différents par bien des aspects, sortent cette semaine-là, mais à la fois ce n’est pas un hasard dans le sens où ils actent la fin des années 80, avec toutes les connotations qui vont avec : le culte de l’argent, le militarisme agressif, les années Reagan et Thatcher. Ces albums incarnent un peu cette ambiance, avec un discours différent, pas nécessairement plus politique, mais un ton plus narquois, nonchalant, décontracté par certains côtés, ou aussi une certaine angoisse face à ce climat un peu crépusculaire en Amérique ou au Royaume-Uni”, explique Jean-Marie Pottier. […]

Retrouvez l’article et l’interview en intégralité sur France Inter

Adrien Toffolet
France Inter 25 septembre 2021

- Culte ! Nirvana, la génération désenchantée du rock

Jean-Marie Pottier était dans le Journal de 20h de France 2 pour un sujet autour des trente ans de Nevermind de Nirvana.

À revoir sur France 2, à partir de 34’‘40

Eric Cornet
France 2 // Journal 20h 24 septembre 2021

- Alternative nation

Retour dans cette série Spectrum, sur le mouvement du Rock Alternatif aux Etats-Unis, avec Jean-Marie Pottier, journaliste et auteur de “Alternative Nation – La scène indépendante américaine 1979 – 2001.

Réécouter l’émission sur la RTS

Ellen Ichters
RTS // Spectrum 20 septembre 2021
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