Parution : 07/01/2021
ISBN : 9782361396923
176 pages (11 x 17,6 cm)

La cascade aux miroirs

“Mêlant aux coups de théâtre d’une nature obsédante les obscures pulsions de personnages esseulées et l’âpre beauté des liens du sang, André Bucher nous envoûte à nouveau d’une dramaturgie aux accents panthéistes.”

Alain Bosmans, Le Dauphiné libéré

24 juin 2004. Sur la jetée des Saintes-Maries-de-la-Mer se profile la silhouette d’un homme, minuscule. Autrefois nommé Sam Démon, chauffeur de car et pompier volontaire, il a toujours vécu avec sa mère Élise au bord d’une étrange cascade entourée de miroirs, surplombant le 
village des Eaux-Maigres, dans le Jabron, mais c’était avant le gigantesque incendie qui a éclaté en 2002, aux abords de la petite ferme maternelle. Sur un coup de tête, Sam a usurpé l’identité d’un jeune ornithologue qu’il venait d’échouer à sauver. Mort pour tous, il a cru embarquer pour une vie nouvelle qui se révèle bientôt fantomatique, hantée par les délires d’Élise, créature à l’amour tentaculaire.

Revue de presse

- La Cascade aux miroirs Simone Tremblay La livrophage 10 avril 2021
- La Cascade aux miroirs : un environnement saturé Vincent Penninckx Le Suricate Magazine 7 janvier

- La Cascade aux miroirs

Sam est chauffeur de car et pompier volontaire. Quand un gigantesque incendie éclate, dans cette vallée du Jabron, un homme trouve la mort et Sam, brusquement, décide de s’émanciper de sa mère, il usurpe l’identité de cet ornithologue et s’en va aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Tout le monde supposera que c’est lui retrouvé calciné, et considéré comme mort.

Cette usurpation va si loin qu’il rencontre Rose, l’amie de Pascal – c’était son prénom – et évidemment tombe amoureux d’elle.

Ce pourrait être une histoire non pas banale, mais limitée à « l’intrigue ». Or, c’est André Bucher qui écrit. Et rien n’est plat ni lisse avec cet auteur. Tout s’anime et prend vie, jusqu’au moindre caillou. Tout devient fantasque, comme l’est Élise, un bien étrange personnage, on pourrait pour faire court dire qu’elle est folle. Elle est surtout hors circuits fréquentés, hors normes, un peu sorcière ou magicienne, elle est une âme en peine de la perte de son amour, elle est celle qui a accroché des miroirs autour de la paroi, là où jaillissait jadis une cascade, voulant ainsi faire revenir ce qui n’est plus. Belle métaphore. [...]

On suivra donc Sam sur les pas de la vie de Pascal, mais hanté tout le temps par sa mère, parce qu’il l’aime.

On peut se dire que tout est terriblement improbable dans cette histoire, et par certains côtés ça l’est. Et alors? Ceci est un roman, ceci est une fiction qui se voue à la poésie, à une approche de l’humanité différente et à une narration qui prend en compte ce qui est dans la tête et le cœur d’Élise et Sam. Et rien n’y est simple, tout est questionnement, ces deux êtres sont absolument partie du lieu, chaque feuille qui bouge, chaque animal qui se montre, chaque coup de vent les touche, et agit sur eux. Je ne sais pas si je m’exprime bien, mais il est toujours difficile de parler des livres d’André Bucher – et c’est un compliment. Je ne crois pas connaître quelqu’un qui ose aller si loin en décrivant ce qui ressemble chez Élise à des états de transe ou de délires, quasi permanents. Si, Richard Brautigan, qui est une référence pour Bucher il me semble, comme Thomas McGuane par exemple, Jim Harrison , Carson McCullers… Mais Brautigan, bien que plus sobre dans son écriture, une évidence en lisant André Bucher. Sans toutefois y ressembler, car le décor, la géographie font la différence. La nature est omniprésente, les oiseaux, les arbres, la météo même ont façonné Sam qui est cependant plus en prise avec le monde du quotidien, on va le voir. [...]

Je m’arrête, ce livre n’est fait que pour être lu, je ne sais même pas si l’interpréter ou le commenter est bon ou utile. On lit et on y entre comme dans un conte fantastique, une surprise à chaque page, une envolée dans le décor de la vallée du Jabron. Mais des vies pourtant bien réelles. Vues du dedans, pas du dehors. Une fin magnifique et dans le droit fil du texte, avec quelques vers d’Emily Dickinson:

« Balayer le cœur avec soin
Mettre l’amour de côté
Nous ne nous en servirons plus
Avant l’éternité »

J’ai beaucoup aimé l’absent, Pascal et sa passion des oiseaux.
André Bucher, Toujours beau, et surprenant.

Une chronique à retrouver en intégralité sur La livrophage

Simone Tremblay
La livrophage 10 avril 2021

- La Cascade aux miroirs : un environnement saturé

Paru dans un premier temps en 2009 aux éditions Denoël, La Cascade aux miroirs d’André Bucher ressort en ce mois de janvier dans une nouvelle édition, chez Le mot et le reste. Auteur proche de la nature, il utilise sa plume pour nous faire ressentir toute la beauté et la violence de celle-ci, quitte à nous en saturer.

24 juin 2004. Sur la jetée des Saintes-Maries-de-la-Mer se profile la silhouette d’un homme, minuscule. Autrefois nommé Sam Démon, chauffeur de car et pompier volontaire, il a toujours vécu avec sa mère Élise au bord d’une étrange cascade entourée de miroirs, surplombant le village des Eaux-Maigres, dans le Jabron, mais c’était avant le gigantesque incendie qui a éclaté en 2002, aux abords de la petite ferme maternelle. Sur un coup de tête, Sam a usurpé l’identité d’un jeune ornithologue qu’il venait d’échouer à sauver. Mort pour tous, il a cru embarquer pour une vie nouvelle qui se révèle bientôt fantomatique, hantée par les délires d’Élise, créature à l’amour tentaculaire.

Partant d’une excellente idée, l’usurpation d’identité et ses conséquences, l’auteur perd rapidement le fil conducteur de l’histoire pour se concentrer sur les délires de la mère de Sam et ses tentatives pour faire ressurgir une source tarie. Le lecteur voudrait suivre le parcours de Sam et sa quête d’identité face à une mère que la raison a abandonnée depuis de nombreuses années, mais se trouve à chaque fois rattrapé par les élucubrations d’Elise et sa foi animiste. André Bucher est certes un passionné qui tente de célébrer la beauté de la nature mais à force de surcharger son récit de description et de réflexions quasi mystiques, il fait perdre aux lecteurs le fil de l’histoire et les détourne du roman.

Au final, La Cascade aux miroirs s’adresse à ceux qui raffolent de métaphores anthropomorphes sur la nature et de mysticisme et aux amateurs de bons mots qui n’ont pas peur de relire plusieurs fois certains passages pour en retirer tout le sens. Les autres se trouveront décontenancés par l’écriture laborieuse et le manque de fil conducteur. Un livre qui n’est pas à conseiller à tous donc.

Une chronique à retrouver sur Le Suricate Magazine

Vincent Penninckx
Le Suricate Magazine 7 janvier
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